Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Et si King parlait de la Mauritanie avant l’heure ?

Samba Thiam : Dans une  de ses lettres tirée de ‘’ History of our time ‘’ Martin Luther King  disait  que ,  face à la  lutte pour l’émancipation des Blacks Américains, il existait deux  types de forces d’opposition , deux  groupes de Noirs américains .

Un  premier groupe -ajusté au Système-( subdivisé en 2 sous-groupes) :

– le 1er sous-groupe était composé de cette catégorie  de  personnes  qui , parce qu’elles avaient été tellement écrasées par le Système, ont  perdu tout respect de soi , toute personnalité et se sont ajustées au Système ,  renonçant à toute résistance .

– le  second sous-groupe ,  constitué d’individus appartenant à la classe moyenne , ajustés au Système , qui , parce qu’ils jouissent d’un certain degré d’instruction et d’une certaine sécurité économique , profitent  du Système  et y demeurent insensibles  .

Le second  groupe est  composé, nous dit King, de ces gens  qui , gagnés par la désillusion, l’amertume  et la haine  du fait du Système , ont perdu  tout espoir en l’homme Blanc , considéré comme Satan .

 KING ajoutait ,  incidemment , une sorte de 3e force  n’appartenant  ni  à l’un ni à l’autre de ces  groupes , à laquelle lui et ses compagnons se rattachaient  …

Je crois que ce tableau récapitulatif recoupait  d’assez près,  pour ne pas dire totalement,   notre réalité mauritanienne actuelle  …

Mais arrêtons-nous  sur  le  cas de ces éléments appartenant au sous-groupe no 2 , c’est – à  dire  ces jeunes cadres négro-africains dotés d’un background académique et économique  qui aujourd’hui  se tiennent  à distance  de la lutte ;  réfugiés dans les institutions internationales , Compagnies et Sociétés  étrangères, Ong , ambassades  pour les uns ,ou  occupant des positions  intéressantes  au niveau national , pour les autres .

 L’ensemble de ces cadres se sentent en sécurité… ; sécurité  ’illusoire cependant …tant que le Système perdure  et  continue de prendre de l’essor… Loin de mourir par l’effet d’une dialectique interne comme le pose  une certaine analyse,  entendue  trop souvent  ça et là .

J’entends dire , en effet , que le Système est arrivé à son stade terminal , qu’il aurait atteint  son  développement ultime  indépassable et que,  en  raison même  de la  loi de la dialectique qui touche  au  processus d’évolution des choses ,   il va nécessairement mourir de lui-même …

Analyse simpliste , schéma  explicatif – joujou dirait l’autre…

 Parce que  dans  le mouvement dialectique  qui  nous occupe , le processus   n’est  pas  totalement qu’intrinsèque …Un  facteur  exogène  doit entrer  en jeu  qui participe de la maturation et de ‘’ l’implosion du Système’’ : l’action des opprimés !   il y eut la  révolution de 1917  non pas seulement parce que  le ‘’système Tzarien’’ était arrivé à son stade suprême  de décomposition , mais aussi –et même surtout –  par  l’action  bolchevique … Chez nous également l’addition de ce facteur exogène me parait indispensable ;  or il n’est pas là encore  ou, tout au moins,  ne se perçoit  que timidement.

Je dirais ensuite –tout  le conforte  – que dans l’instant qui nous occupe le Système  prend de l’expansion ;  aussi longtemps  qu’il se crée  un vide , un vide à combler.. .Chasser le dernier Négro-africain casé quelque part  et récupérer son poste  sera sa logique, permanente .  Ce sera, en premier, les positions convoitées qui seront visées  puis au tour de postes subalternes.   Pourquoi ?

A cause  (et en réponse) de la demande d’emplois pressante et  qui  ira croissante  de jeunes arabo-berbères sortis de formation -– les seuls quasiment  en formation* actuellement – que le Système  serait contraint  de satisfaire ! Tous les paliers seront touchés , du Prof de fac au gardien et femme de ménage . Ne perdons pas  de vue  que  l’épuration –expansion du Système –,de manière significative , débuta  avec la déportation massive des fonctionnaires noirs de la fonction publique,  pour se  poursuivre  par  la mise à la retraite massive de ceux –là qui  y avaient échappé  .

C’est pour dire , en  raccourci , qu’à mon sens  le Système est bien plus en phase d’expansion qu’en phase d’ agonie . C’est  également pourquoi  je  pense  que  ces cadres précités –malgré leur background –  se nourrissent en fait d’illusion  de ‘’sécurité économique’’ ! Cette sécurité  ne saurait demeurer  à cause du rouleau compresseur du Système…

Déjà dans nos institutions internes , groupes de réflexion , séminaires , ateliers, colloques , dans les nominations en conseils des ministres, les  Négro-mauritaniens   apparaissons  comme des appendices, des saillies . Ce peu  , lui aussi , sera réduit  à sa plus simple expression  …

Pour arriver à leur dessein, les tenants du Système useront de  stratagèmes du genre   ‘’souveraineté nationale’’ ,  ‘’ mauritanisation des cadres’’ qui rime  – on le sait , au vu des précédents  –  avec  blanchissement  des postes, comme on l’a vu à la SNIM. N’oublions pas, par ailleurs, le dégraissage – épuration ethnique de 1989 – de la fonction publique  exécuté et  maquillé  en application  de  ‘’ plan d’ajustement structurel ‘’  ; avec la complaisance  voire la complicité de la Banque mondiale …

 Les régimes arabo-berbères  exerceront, assurément ,  des  pressions fortes et continues  sur  les organismes et partenaires étrangers  qui  finiront, nécessairement,  par fléchir, céder ; respect diplomatique ou/et  intérêt  économique  oblige(nt) ‘’, comme par  le passé.  Les Etats  n’ont pas d’âme… dit-on , les institutions non plus .

Le Système est entrain de prospérer , de se perpétuer, manifestement, loin d’arriver à son terme,  telle est la réalité factuelle des choses   …

Nos  cadres négro-africains  devront  donc  ouvrir  les yeux  et comprendre qu’ils sont menacés dans leurs intérêts vitaux ,comprendre  qu’ils seront rattrapés où qu’ils se trouvent, quel  que  soit  leur  degré de servilité au Système …

Alors, se ressaisir , agir pour stopper  le Système  ou  rester dans  la capitulation  face à lui  ?

L’alternative  est posée,  et posée à chacun de ces  éléments  du   groupe  …

‘’ Face aux  grands périls  le salut n’est que dans la grandeur ’’(C   DEGAULLE) .

 

Notes :

 * Quand on sait  que c’est le bras droit de Yehdih – lui-même conseiller occulte du Président-  qui tient le service des examens et concours  il n’y aurait  là rien de   surprenant !

Nouakchott  Samedi -17-03- 2017

Samba Thiam

 

 

 

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Les sénateurs rejettent les amendements constitutionnels …33 Contre, 20 Pour

Les sénateurs rejettent les amendements constitutionnels …33 Contre, 20 PourEssahra – Les sénateurs ont refusé, vendredi 17 mars courant, avant minuit, le projet de révision constitutionnelle, objet d’examen et de concertation depuis le début de la semaine, au niveau de la chambre haute.

33 sénateurs ont voté contre, révèlent des sources, selon lesquelles, les résultats du vote se présentent comme suit :

– Nombre des sénateurs : 56,

– Non : 33

– Oui : 20

– Neutre : 01

Ce rejet pourrait provoquer un séisme politique dans le pays, estiment des observateurs avertis.

Traduit de l’Arabe par Cridem

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OULD ABDEL AZIZ : “LE CONFLIT ENTRE NÉGRO MAURITANIENS ET BAATHISTES EST À L’ORIGINE DE L’ECHEC DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR”

OULD ABDEL AZIZ : Lors d’une rencontre avec le syndicat de l’enseignement supérieure que dirige Mohamed Lemine Ould Chamoukh ,le president Mohamed Ould Abdel Aziz a surpris ses interlocuteurs qui enumeraient les problemes de leur secteur, en disant que

: l’échec de l’enseignement supérieur est dù au conflit qui opposait les baasistes et les negro Mauritaniens, au cours des dernières décennies, rejettant sur ce « conflit » la responsabilité de la réalite actuelle de l’enseignement superieur .

Cette déclaration a surpris l’auditoire, dont certains pensent que Ould Abdel Aziz a obtenu ces informations auprés de certains membres du syndicat lui-même.

Syndicat qu’on taxe de proche des islamistes , vue que sa direction actuelle représentée par Ould Chamoukh et certains membres du Bureau exécutif, étaient des elements actifs du mouvement islamiste.

Est ce que Ould Chamoukh et ses collègues ont ils voulu régler de vieux comptes avec les baasistes et les negro mauritaniens à travers Ould Abdel Aziz ..?

Source:http://adrar-info.net

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Mauritanie : Aziz «avoue avoir assisté à la persécution des noirs en 89» (Hanana)

Mauritanie : Aziz «avoue avoir assisté à la persécution des noirs en 89» (Hanana)Le Président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, , s’est enfoncé dans ses contrevérités et son discours contradictoire a confié à Alakhbar Saleh Ould Hanana en réaction au discours de Aziz à Nouadhibou où il effectue une visite de trois jours.

«Ironie du sort ! Comment prétend-il une quelconque responsabilité de l’opposition, qui n’est même pas encore au pouvoir, de la situation désastreuse du pays ? Plutôt c’est Aziz qui a été toujours acteur dans ce régime. Et lorsqu’il a senti la menace, il coupé la tête du système, par un coup d’Etat, pour entretenir le reste», a ajouté Ould Hanana.

«Ould Abdel Aziz se moque des difficultés du peuple : il nie l’existence de la sécheresse, ce qui confirme qu’il est déconnecté de la réalité et des souffrances des mauritaniens», a-t-il estimé.

«Y a-t-il mensonge plus grave que de dire qu’il n’existe plus de marché de gré-à-gré, alors que le phénomène est visible de tous», s’est-il interrogé.

«Le seul point positif dans le discours de Ould Abdel Aziz c’est qu’il reconnait, pour la première fois, avoir assisté à l’exécution sommaire des négro-mauritaniens, en avouant connaitre les acteurs ; il doit donc être traduit devant la justice», a constaté Ould Hanana.

«Même dans ses mensonge Ould Abdel Aziz fait preuve de manque de cohérence ; il dit qu’il ne n’a jamais négocié avec Aqmi. Mais qui a libéré le gendarme mauritanien en échange d’un membre d’Aqmi. Tout ceci est-il tombé du ciel !», s’exclame Ould Hanana.

«La vérité est que Ould Abdel Aziz à du mal à avaler la pilule de la grande marche de l’opposition.»

« Ould Abdel Aziz demande où nous étions? la réponse est simple : nous étions entre prisonnier et déportés quand il défendait lui le système de Ould Taya»

Source: http://www.fr.alakhbar.info

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SERIGNE CHEIKH AHMAD TIDIANE SY ” AL MAKHTOUM”, UNE FIGURE DE L’ISLAM DU FUTUR

altDakar, 16 mars (APS) – Le khalife général des tidjanes, Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy “Al Maktoum”, rappelé à Dieu dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’âge de 91 ans, est l’une des figures musulmanes sénégalaises dont la grande érudition et la noblesse d’esprit ont préservé le prestige du Sénégal à travers le monde.

 
Le défunt khalife tire un double privilège de son état-civil. La Tidjaniyya, confrérie soufie, est fondée par son homonyme, l’Algérien Aboul Abbas Ahmad At-Tidjani (1737-1815), puis largement propagée par son grand-père, El Hadji Malick Sy, hagiographe du prophète Mohamed (PSL).
 
Natif de Saint-Louis (nord) comme son père, Ababacar Sy, khalife des tidjanes de 1922 à 1957, dont il est le troisième fils, Serigne Cheikh Tidiane Sy a accédé au khalifat en 2012, prenant le relais de Serigne Mansour Sy “Borom Daara Ji” (le maître de l’école coranique, Ndlr) à la suite du décès de ce dernier.
 
Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy laisse apparaître le parcours d’un guide spirituel qui s’est affranchi du conservatisme propre à l’islam au Sénégal, pour s’efforcer de se donner une identité propre à lui, celle d’un homme d’ouverture. 
 
Au-delà de la considération tirée de son ascendance (descendant d’El-Hadji Malick Sy, de l’almamy du Rip et du Bour Sine), son influence dans les milieux musulmans sénégalais est le résultat de son itinéraire personnel. 
 
Très tôt, Serigne Cheikh Tidiane a tenté de réformer son entourage familial. Il installe le téléphone pour le khalife et commence à habituer son monde au port de la tenue dite occidentale et aux apparitions publiques, le chef décoiffé. 
 
Cette ouverture suscite des controverses. Par exemple, chez les religieux, le bonnet est un élément du complet. Au cours d’une causerie religieuse, le 26 mai 1950 à Tivaouane (ouest), le jeune marabout soutenait : “La religion ne doit pas rendre neutre son sujet aux travaux de réformes mondiales. (…) Apprendre ses devoirs religieux et les mettre en pratique n’exclut nullement les travaux manuels et d’esprit qui conduisent à l’amélioration du sort de l’humanité. C’est là un autre champ qu’il ne faut pas fuir pour aucun prétexte.” 
 
Une dimension plurielle
 
Plusieurs registres – intellectuel, social, théologique, politique et économique – caractérisent son parcours. Cette dimension plurielle marque ses conférences publiques ou sa causerie à l’occasion de la commémoration de la naissance du prophète Mohamed (571-622). 
 
D’ailleurs, depuis près d’une décennie, le cheikh la célèbre, seul avec ses fidèles aux Champ des courses de Tivaouane. Ce “gamou” (célébration) est le troisième organisé, concurremment, à côté de celui de ses frères et celui de ses cousins. La première scission date du début des années 50, suite à un conflit entre Khalifa Babacar et ses demi-frères. 
 
Cette vielle division est intervenue un demi-siècle après le lancement par El-Hadji Malick Sy de la nouvelle impulsion qu’il a apportée à l’anniversaire de la “Mawlidi nabi”, en le célébrant avec le “Bourda”, le chef-d’œuvre de Mohamed Bouchri. 
 
Ce sont des écrits panégyriques sur le prophète, qui sont chantés sur une décade avant la veille du “gamou”. Le jour-j, les conférenciers de ces trois pôles commentent le “Khilasu Zahab” ou “Mimiya”, œuvre majeure de leur aïeul sur la vie du prophète. 
 
Tivaouane est l’attraction des musulmans sénégalais à l’occasion de la célébration du Maouloud, cette commémoration de la naissance du prophète Mohamed (PSL), dans cette ville, depuis son lancement par El-Hadji Malick Sy. 
 
L’avènement de ce savant et mystique (1855-1922) a été annoncé par El-Hadji Oumar Foutiyou Tall comme son successeur à la tête de la Tijaniyya. 
 
“Une fidélité sans faille”
 
Dans sa formation spirituelle, Cheikh Ahmad Tidiane “Al Maktoum” revendique “une fidélité sans faille aux enseignements de Serigne Babacar Sy”, son père qu’il prend pour “seul et unique maître spirituel”. Toutefois, il ne cache pas une pleine admiration pour son formateur Serigne Alioune Guèye, ainsi qu’il aime à citer ses autres professeurs de sciences islamiques, l’imam Moussa Niang et Chaybatou Fall. 
 
Aussi rappelle-t-il souvent son passage entre les mains de son oncle paternel El-Hadji Abdoul Aziz Sy et les leçons de diction de ce savant et pédagogue de renom. Ils ont vécu ensemble à Guinguinéo (centre). L’écho des cantiques de Dabbah retentit encore au Sénégal, près de 20 ans après sa disparition. 
 
Les contemporains de Cheikh Tidiane “Al Maktoum” à Tivaouane retiennent de lui “un apprenant surdoué”, un “talibé” (disciple) qui récitait sans anicroche ses leçons alors qu’il revenait d’autres occupations pendant que ses camarades apprenaient. 
 
Déjà à l’âge de 14 ans, il a bouclé prématurément les cycles inférieur et moyen des études islamiques. A 16 ans, il publie son premier livre : “Les vices des marabouts”. Plus tard, il écrit “L’inconnu de la nation sénégalaise : El-Hadji Malick Sy”. A la trentaine, Cheikh Ahmad Tidiane effectue son premier voyage à Paris où il vit, bien plus tard pendant cinq ans, une sorte d’exil. 
 
Des relations en dents de scie
 
Cette précocité intellectuelle fait qu’il joue les premiers rôles dans l’entourage de son père. Aux toutes dernières années du califat de Serigne Babacar, Cheikh animait le “gamou”, sur sa désignation, et était l’interlocuteur des “dahiras” (cercles de “talibés”) et des délégations officielles.
 
Cette maturité le met en contact avec les hommes politiques, avec lesquels les relations évoluent en dents de scie. Il fut le fondateur du Parti de la solidarité sénégalaise (PSS, opposition à Senghor), avec plusieurs politiques, notamment Ibrahima Seydou Ndao et Me Moustapha Wade, ainsi que le marabout Cheikh Ibrahima Niasse. En 1959, la contestation de résultats électoraux jugés “tronqués” par le PSS et le PAI (gauche) vaudra à Cheikh un séjour carcéral. 
 
Des années plus tard, Senghor le nomme ambassadeur au Caire, auprès de la République arabe unie (Egypte et Syrie). La fin ne fut pas prospère. Aux accusations de “fautes de gestion” se mêlent celles d’un “approchement inquiétant avec les milieux arabo-musulmans”. L’inquiétude venait surtout des autorités françaises et des pro-Français dans l’entourage de Senghor.
 
Un fait : le marabout-ambassadeur développait la coopération culturelle et faisait venir des milliers d’ouvrages destinés aux arabisants sénégalais.
 
“Au risque de me répéter, je vous rappelle que votre rôle est avant tout d’étudier et d’organiser la nature qui est en nous et hors de nous, pour l’avènement de la justice, de la bonté et de la paix”, déclarait-il au cours d’une conférence religieuse, en mai 1961 à Rufisque, dans la région de Dakar. 
 
Avec les régimes successifs avant et après l’indépendance, son parcours politique est parsemé de contacts et de distances. Mais, chez les intellectuels, notamment les lettrés en arabe, Serigne Cheikh Tidiane incarne le renouveau de l’islam au Sénégal. 
 
En 1955, le jeune marabout tidjane monte l’Association éducative islamique, en même temps qu’il lance le journal “L’islam éternel”. Aussi multiplie-t-il les conférences thématiques sur l’islam, la société, la science, la culture et la politique. Son vieil auditoire se souvient de cette conférence portant sur “Islam et négritude”. 
 
“En lui, Cheikh Tidiane, s’est réalisée la double quête de l’+Insanoul kamil+ (l’homme parfait) dans la perspective islamique : cet être spirituel qui vivra pour Dieu seulement, en duo avec l’être terrestre qui travaillera et se battra comme s’il ne devra jamais quitter ce bas monde”, écrivait, dans le journal “Le Monde islamique”, d’octobre 1995, Cheikh Abdoulaye Dièye. 
 
“La pureté et l’originalité de son style”
 
“Poète moi-même, j’ai déjà trop jeune été émerveillé par la pureté et l’originalité de son style et la noblesse que véhiculait sa poésie. Son tout est poème, finesse et intelligence et on le perçoit bien à travers ses sorties. De son habillement à son gestuel en passant par son verbe évocateur”, ajoutait le défunt religieux et homme politique sénégalais. 
 
Mystique, intellectuel et politique, Cheikh Tidiane garde à son tableau de chasse la figure de l’homme d’affaires. Producteur d’arachides dans le Saloum (centre), il s’est ensuite intéressé à l’industrie (huilerie et tomate conservée) avant de devenir actionnaire majoritaire dans l’unique cimenterie du pays à l’époque, la SOCOCIM de Rufisque. 
 
Sa brouille avec le régime d’Abdou Diouf lui vaudra bien des ennuis dans ce portefeuille. Sont également évoqués ses intérêts passés dans les secteurs du transport. 
 
Au fil du temps, le poids de l’âge et l’étendue des responsabilités l’ont amené à se retirer de plus en plus du monde profane.
 
Dans une analyse datée de septembre 1995 et consacrée aux relations entre l’islam et le monde occidental, suite à une appréciation positive du Prince Charles d’Angleterre sur la contribution de la religion musulmane dans le progrès de l’Europe, Cheikh Tidiane Sy le soutenait ainsi : “Ce n’est pas parce qu’il y a des incultes parmi les Occidentaux et des révoltés parmi les musulmans que tout doit s’écrouler. Il faut aider les uns et les autres à être moins récalcitrants.” 
 
“On ne parlera ni le français ni je ne sais quoi” 
 
Cependant, après le déclenchement de la guerre en Irak, au début des années 90, par les forces anglo-américaines, le chef religieux sénégalais avait vivement protesté contre les divers soubassements de l’attaque armée. 
 
Le jeudi 15 mai 2003, à l’occasion du “gamou”, il plaidait pour une réforme des systèmes internationaux. “Les systèmes financiers, politiques et religieux sont tous mal fichus. On ne peut pas mondialiser la bêtise ! Le constat d’échec des systèmes est patent. Ceux qui prônent la mondialisation, eux-mêmes, s’y perdent tous les jours.” 
 
“L’homme est le premier projet de Dieu et sa dernière créature. A travers lui, le Seigneur témoigne de son omniscience que tout fidèle doit méditer. Le règne de l’aveuglement généralisé rend nécessaire pour le musulman un retour aux sources divines : Allah, le prophète et le Coran. Tout ce qui peut sauver l’être humain, c’est sa détermination à prêter attention aux pouvoirs du Seigneur et Dieu a fait de son envoyé (le prophète Mohamed) un sol vierge pour l’avènement du Coran”, ajoutait-il.
 
Lors du “gamou” de 2007, Serigne Cheikh Tidiane Sy “Al Maktoum” invitait les adultes, en particulier les maîtres coraniques, à savoir “se comporter convenablement avec les enfants, à être gentils avec eux”. “Il y a en qui ne savent que gronder ou violenter les enfants alors que cela ne se fait pas. Tout comme il est formellement interdit, en islam, de transformer les enfants en mendiants errant en guenilles dans les rues. D’ailleurs, pour faire exaucer un vœu personnel, passons par les enfants”, disait-il. 
 
Serigne Cheikh, c’est surtout la maîtrise de la parabole comme méthode d’éducation allusive. Il la couple souvent avec l’humour ou la dérision. “Tâchez-vous d’apprendre l’arabe classique, la langue du prophète, qui est aussi celle de l’au-delà parce qu’on n’y parlera ni le français ni je ne sais quoi.” 

SAB/BK/ESF

 

Source : Leral.net

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