Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Une série documentaire de Netflix qui dépeint la reine Cléopâtre VII comme une Africaine noire a suscité la controverse en Égypte.

Un avocat a déposé une plainte accusant African Queens : Queen Cleopatra de violer les lois sur les médias et de viser à “effacer l’identité égyptienne”.

Un archéologue de renom a insisté sur le fait que Cléopâtre avait “la peau claire, pas noire”.

Mais le producteur a déclaré que “son héritage est très controversé” et l’actrice qui l’incarne a répondu aux critiques : “Si vous n’aimez pas le casting, ne regardez pas la série”.

Adele James a fait ce commentaire dans un message Twitter contenant des captures d’écran de commentaires injurieux comprenant des insultes racistes.

Cléopâtre est née dans la ville égyptienne d’Alexandrie en 69 avant J.-C. et est devenue la dernière reine d’une dynastie de langue grecque fondée par Ptolémée, le général macédonien d’Alexandre le Grand.

Elle succède à son père Ptolémée XII en 51 av. J.-C. et règne jusqu’à sa mort en 30 av J6C. Par la suite, l’Égypte est tombée sous la domination romaine.

L’identité de la mère de Cléopâtre n’est pas connue, et les historiens affirment qu’il est possible qu’elle, ou toute autre ancêtre féminine, soit une Égyptienne autochtone ou originaire d’une autre région d’Afrique.

Le site web complémentaire de Netflix, Tudum, a indiqué en février que le choix d’Adele James, une actrice britannique métisse, pour incarner Cléopâtre dans sa nouvelle série documentaire était “un clin d’œil à la conversation qui dure depuis des siècles sur la race de la souveraine”.

L’actrice américaine Jada Pinkett Smith, productrice exécutive et narratrice, aurait déclaré : “nous n’avons pas souvent l’occasion d’aborder la question de la race, nous n’avons pas souvent l’occasion de voir ou d’entendre des histoires sur les reines noires, et c’était vraiment important pour moi, pour ma fille et pour ma communauté de pouvoir connaître ces histoires parce qu’il y en a des tonnes !”

Mais lorsque la bande-annonce a été diffusée la semaine dernière, de nombreux Égyptiens ont condamné la représentation de Cléopâtre.

Zahi Hawass, éminent égyptologue et ancien ministre des antiquités, a déclaré au journal al-Masry al-Youm : “il s’agit d’un faux. Cléopâtre était grecque, ce qui signifie qu’elle avait la peau claire, et non noire”.

M. Hawass a déclaré que les seuls souverains égyptiens connus pour avoir été noirs étaient les rois kushites de la 25e dynastie (747-656 av. J.-C.).

“Netflix tente de semer la confusion en diffusant des faits faux et trompeurs selon lesquels l’origine de la civilisation égyptienne est noire”, a-t-il ajouté, appelant les Égyptiens à prendre position contre le géant de la diffusion en continu.

Dimanche, l’avocat Mahmoud al-Semary a déposé une plainte auprès du procureur général, lui demandant de prendre “les mesures légales nécessaires” et de bloquer l’accès aux services de Netflix en Égypte.

Il a affirmé que la série comprenait du matériel visuel et du contenu qui violaient les lois égyptiennes sur les médias et a accusé Netflix d’essayer de “promouvoir la pensée afrocentrique […] qui comprend des slogans et des écrits visant à déformer et à effacer l’identité égyptienne”.

Il y a trois ans, le projet d’un film sur Cléopâtre avec l’actrice israélienne Gal Gadot a déclenché un débat houleux sur les réseaux sociaux, certaines personnes insistant sur le fait que le rôle devrait plutôt revenir à une actrice arabe ou africaine.

Gal Gadot a par la suite défendu la décision de casting, en déclarant : “nous cherchions une Macédonienne, nous cherchions une actrice macédonienne capable de jouer Cléopâtre. Elle n’était pas là, et j’étais très passionnée par Cléopâtre”.

BBC.COM

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Député pour l’Europe : pourquoi il ne faut voter que pour Bocar Oumar Ba

S’il y en a un parmi les candidats, qui s’apprêtent à briguer la députation pour la diaspora mauritanienne en Europe le 13 mai 2023, qui mérite notre vote c’est bien Bocar Oumar Ba. Nul besoin de fermer des portes et d’ouvrir d’autres pour vérifier son engagement, sa constance ou ses capacités. Pas besoin d’enquête.

La trajectoire politique de Bocar, son engagement très tôt contre les injustices que vivent certains de nos compatriotes, sa constance reconnue dans cet engagement de vie malgré les contingences et les tentations, sa détermination et sa pugnacité à porter avec humilité ce combat, sa conviction à persévérer, son expertise et sa pertinence lui confèrent la légitimité à vouloir représenter la diaspora vivant dans cet espace européen qu’il a investi des décennies durant.

Il mesure parfaitement les souffrances et les préoccupations de nos compatriotes installés en Europe bien malgré eux pour beaucoup. Il connait les articulations de cette mise à l’écart avec la question nationale, le vivre–ensemble,….l’exclusion de la diaspora considérée insoumise, rebelle, du camp de l’opposition au système….

Le choix d’un député de la diaspora mauritanienne en Europe par des Mauritaniens vivant en Europe, pour la première fois, vient donc à point nommé pour celui qui a toujours été cohérent, fait de la justice et de la légitimité une condition nécessaire de représentation et de don de soi.

En fait, quel député voulons-nous pour la diaspora ?

Un député qui va ajouter sa voix à celles des députés du système d’oppression et d’exclusion (circulez, il n’y a rien à voir, il n’y a rien à dire, tout se passe bien !). Certainement non.

Un député qui va réellement poser en vue de résoudre les problèmes que vit la diaspora mauritanienne en Europe dans les termes qui conviennent parce-qu’ il les aura partagés avec elle en amont, parce-que tout simplement il les vit, il les porte et les défend depuis toujours. Certainement oui.

Les problèmes majeurs de la diaspora mauritanienne en France, par exemple, ont trait à l’accès à l’état civil. Nombre de nos compatriotes ne peuvent toujours pas bénéficier de multiples régularisations : séjour en France au titre de parents d’enfants bénéficiant d’une protection internationale, séjour ininterrompu en France pendant un certain nombre d’années ou au titre de la scolarité des enfants… La faute à l’impossibilité de présentation de passeport ou tout autre pièce d’état civil. Faute de documents délivrés par la Mauritanie, pas de régularisation.

C’est à un sort identique que sont voués certaines catégories de travailleurs à contrat précaire qui perdent leur emploi et les noirs mauritaniens qui décèdent sans avoir pu être enrôlés pour des raisons souvent liées à des entraves à caractère discriminatoire. Ils ne peuvent reposer auprès des leurs en Mauritanie. Souffrance à la vie, souffrance à la mort.

 
Réponses pertinentes 

Le relatif assouplissement des conditions de l’enrôlement ne saurait occulter l’importance des difficultés que nos compatriotes continuent de rencontrer pour se faire recenser, recenser des enfants nés ici, renouveler un passeport ou encore accéder à un tout papier d’état civil délivré par l’ambassade pour certains étudiants qui n’ont pas de bras longs.

Sur chacun de ces problèmes, comme sur d’autres, le programme de Bocar Oumar Ba est porteur d’éléments de réponses pertinents. Nous, marginalisés – exclus du jeu politique et des centres de décisions, nous opprimés contraints à l’exil, devrions tous nous reconnaître dans sa ligne programmatique. Sa candidature épouse parfaitement les contours du combat pour le vivre-ensemble et plus largement pour la résolution de la question nationale et sociale.

Son prochain meeting de campagne qui aura lieu, cette fois, à Mantes-la-Jolie (région parisienne) à l’Agora, 254, boulevard du Maréchal Juin, samedi 29 avril à de 13 heures à 20 heures, sera l’occasion d’échanges fructueux avec le candidat.

En Europe, si nous portons notre choix sur le ticket Bocar Oumar Ba et Djeinaba Kamara, notre diaspora se donne les moyens d’une représentation anti-système, intelligente, aguerrie et politique qui se battra à l’assemblée nationale de manière effective pour trouver des solutions politiques aux problèmes d’exclusion systémique vécus au quotidien en terres étrangères du fait des autorités de notre pays.

Avec Djeinaba et Bocar, notre citoyenneté mauritanienne sera restaurée. Elle redeviendra pleine et entière. Le moment est venu. Alors, dans le secret de l’isoloir, votre main ne doit pas trembler. Elle doit être ferme pour élire le député Bocar Oumar Ba qui n’a jamais faibli. Un plébiscite, pourquoi pas !

Ciré Ba et Boubacar Diagana – Paris, le 23/04/2023

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DÉBAT: AFFAIRE DU GÉNÉRAL OULD MEGUET 

Ma réponse au journaleux “blanchisseur” du présumé Général-tortionnaire qui voulait “dénégrifier” la Mauritanie!

(1ère partie)

” Il faut répondre à l´insensé selon sa folie afin qu´il ne s´imagine pas être sage “.GUY DEBORD.

Cette belle citation sied bien au cou du farfelu journaleux Ahmed ould Soueid dit Chezvlane. Faut-il répondre aux frasques de l´inénarrable scribouillard, je me suis posé la question. Des plumes plus fines et acerbes que la nôtre ayant déjà décrit et écrit sur le narcissisme caractérisé du petit Ould Soueïd pour lui ôter à jamais toute envie de récidiver dans la médiocrité et le ridicule. Peine perdue, nos compatriotes qui s´étaient penchés sur le cas de ce pisseur de copie en ont eu à leurs frais. Puisque incorrigible, il récidive en s´offrant un spectacle plus caustique et de mauvaise odeur. La récidivite est une maladie bizarre qui ne frappe fort heureusement que

 d´avérés gesticulateurs et autres petits affabulateurs. En cela elle ressemble au vertigo par le contour équestre qu´elle donne aux reptations des victimes. Imaginez une coquille grouillante tant par sa viduité que par le tintamarre qu´y installe notre malade et vous aurez cet écrivaillon de pacotilles, Ahmed ould Soueid. Le comble c´est que notre fameux et fumeux “blanchisseur” de tortionnaires ne s´en rend pas compte.  

Peu chaut à Ahmerde chezvlane de savoir si ses outils oratoires pour cultiver sa médiocrité sont adéquats ou non. A croire ce qui compte pour ce péquin c´est seulement d´étaler ses sornettes pour prouver aux yeux de tous qu´il s´en coltine une sacrée couche sur les endosses. Mais je lui pardonne cet excès de langage car je sens son immaturité et enfantillage. 

On aura noté que dans la bouche de l´écrivassier 

l´injure suprême que  l´on puisse faire à quelqu´un est de le traiter de :” raciste, animal, de miteux phaco, esprit féminin,…” et quoi d´autre dans son vocabulaire vulgaire de la rue ? Nous en connaissons pourtant de plus infâmantes, abreuvées de l´eau “Makandjame” sous les sables de Bilbassi, mais nous ne tomberons pas si bas au débat de bas étage que veut nous imposer le tartuffe. 

L’erreur dans l’analyse est apparemment devenue la marque ou la qualité première du petit journaleux imposteur.  Son nouveau texte intitulé : “Affaire Meguett suite et fin : pour Gabriel Hatti et l’ambassade britannique à Nouakchott, ma réponse au flamiste Dr Pullo Gaynaako”, c´est du rechauffé de ses récentes sorties ou justifications à une balle, rien de nouveau dans l´argutie developpée à part les balivernes, des philippiques pour ne pas dire des insultes, des propos de Merlan, du barati de maquignon. 

La réalité aussi est que notre blogueur ou journaleux- auto proclamé, n´a jamais été une foudre de guerre en réflexion sérieuse mais plutôt un tartarin plus tarte que le vrai. Emporté par son désir hypocrite de défendre le diable, le monstre, le régime militaire, le Système il en fait un chouille trop et verse facilo dans des absurdités impossibles. On en pleure à force d´en rire. Comme il

 l´avoue lui même ce qui l´inquiète ce ne sont pas ses sornettes mais les “likes” de Gabriel Hatti et de la chargée de la presse de l´ambassade britannique à Nouakchott. Il écrit sans sourciller: 

“Je vous réponds aussi afin d’éclairer la jeune femme qui suit les activités de la presse pour le compte de l’ambassade britannique qui comme monsieur Hatti a cliqué ” j’aime ” à propos de votre article ce qui signifie ” j’apprécie ” ou juste ” lu”.(sic).

 Pourquoi a-t-il peur des appréciations des Occidentaux, lui le fervent défenseur de l´arabisation forcée en tant que langue officielle? On comprend sa trouille parce qu´il ne pourra plus les arnaquer par son double langage, parce que démasqué par nous-mêmes?

Le deuxième mensonge grossier c´est quand le porte-faix du présumé général-génocidaire dit encore :

 “…au nom de mon honneur face aux impardonnables accusations du flamiste Kaw Touré qui, en censurant mes arguments sur sa page Facebook, me traite de ” petit journaleux politicien griot apologiste du présumé tortionnaire le général Ould Meguett” pour avoir écrit un article dont il n’ose pas publier le lien sur sa page” Au nom de son honneur, assène t-il  comme s’il en lui restait encore?

 Un autre mensonge en cette période du Ramadan. Il m´a identifié et j´ai accepté son posting: “​Tortionnaire ? La vérité à propos du général Meguett preuves incontestables à l’appui…” . Un texte qui était pourtant visible et lisible sur mon mur Facebook et qui a permis à certains compatriotes justes comme Ssalekfal Mohamed  de le remettre à sa pupitre. 

Qui disait chassez le naturel il revient au galop? menteur un jour, menteur pour toujours. “Kazzaab”, Ahmed ould Soueid l´est incontestablement!

Comme nous sommes dans une prétendue république islamique notre journaleux menteur doit savoir que le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) a dit : 

« Prenez garde au mensonge, car le mensonge mène à la perversion, et la perversion mène au feu. Et l’homme ne cesse de mentir jusqu’à être inscrit comme menteur auprès d’Allah » (Al Boukhari et Muslim). Éloignons-nous du feu éternel en bannissant le mensonge dans nos rangs. Nous devons nous parer de cette noble qualité, d’autant plus qu’Allah nous a commandé d’être avec la vérité. En effet, Il a dit : 

{Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques} (Sourate 9 : Verset 119). Cet ordre émane donc de notre Créateur mais également de Son Envoyé (‘alayhi salat wa salam) qui a dit : ” Je vous commande d’être sincère, car la sincérité mène à la piété, et la piété mène au paradis.” 

Ah-merde veut apparemment nous faire croire que le problème des NOIRS ou la question nationale et sociale n´existe pas en Mauritanie, il n´est que la création artificielle et imaginaire des poulains de Samba Thiam. Les déportations, les fosses communes de Sori Male, de Wothie, de N’beyka, 

d´Azlat, de Djreïda ne sont que le produit de

 l´imaginaire débordant et fertile de Kaaw Touré et de Pullo Gaynaako ? La prison mouroir de Oualata, l´Enfer d´Inal ne sont que des simples spéculations littéraires de nos écrivains? Il doit avoir le courage de le dire ouvertement et explicitement sans détours lyriques. 

Sincèrement je pense que le texte de CHEZVlane cousu de fil blanc des mouettes n´est qu´une simple “offre de service” auprès des bras armés et autres sergents recruteurs conservateurs et con–serviteurs du Système.

(A suivre)

Kaaw Touré.

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Ould Meguett, tête de listes aux législatives du parti INSAF – Déclaration du Fonadh

Fonadh – Nous nous rappelons tous, de la tragédie que la Mauritanie a connue entre les années 86 et 93, avec de violations massives des Droits Humains caractérisées par des déportations, des exactions extrajudiciaires, tortures, viols, spoliations des terres agricoles et habitats……dont les principales victimes sont des populations noires de Mauritanie.

Cette tragédie a porté gravement atteinte non seulement à l’mage du pays ; mais aussi et surtout à la cohabitation pacifique, à l’unité et à la cohésion Nationale.

Nous avions espéré, qu’après cette histoire sombre de notre pays, que les autorités nationales malgré tous les discours sur le renforcement de l’unité, la cohésion nationale n’allaient pas s’engager dans des initiatives allant dans le sens de remuer le couteau dans la plaie, qui fait souffrir encore une partie importante des citoyens.

A notre grande surprise, nous venons de prendre connaissance de la composition de certaines listes électorales sur lesquelles, des personnes présumées tortionnaires de militaires négro-africains dans les années 90, dont le Général à la retraite Mohamed Ould Meguett comme tête de listes aux législatives du parti INSAF.

Cette désignation, consacre aux yeux de toutes les personnes éprises de paix et de justice, l’impunité, le mépris des victimes, des ayants droits et de leurs familles.

Face à cette situation, le FONADH et ses organisations membres,

– dénoncent vigoureusement cette action de réhabilitation pour ne pas dire promotion d’un présumé tortionnaire pour siéger au sein d’une auguste institution comme l’Assemblée nationale.

– Interpelle le parti INSAF en particulier son président et son SG, afin de retirer cette candidature au fin du respecter la mémoire et la dignité de victimes innocentes.

– Appelle le peuple Mauritanien, les partis politiques et la société civile à lui barrer la route

Fait à Nouakchott, le 12 Avril 2023

Les organisations membres du FONADH signataires

• Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH)

• Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés (CRADPOCIT)

• Collectif des Veuves

• Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des droits de l’homme (CSVVDH)

• Groupe d’Etudes et de Recherches sur la Démocratie et le Développement Economique et Social (GERDDES) en Mauritanie

• Ligue Africaine de Droits de l’Homme / Section Mauritanie

• Regroupement des Victimes des Evénements 89 -91 (REVE)

• SOS-Esclaves

• Association des Femmes Chefs de Familles (AFCF)

• Association Mauritanienne pour la Promotion de la Culture et de la Langue Sooninke (AMPCLS)

• Association pour la Renaissance du Pulaar en R.I.M (ARPRIM)

• Association pour la Promotion de la Langue Wolof en RIM (APROLAWORIM)

• Association d’Appui au Développement à la Base des Communautés (SALNDOU)

• Association pour le Développement Intègre de l’Enfant (APDE)

• Association pour le Renforcement de la Démocratie et l’Education Citoyenne (ARDEC)

• Ligue Mauritanienne des Droits de l’Homme(LMDH)

• Collectif des Anciens Fonctionnaires de la Police Victimes des Evénements de 1989

• Union Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal (UNRMS)

• Association Mauritanienne pour la Promotion et l’Education des Filles (AMPEF)

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Mauritanie – Contexte électoral : Un peu de matière et de méthode à débattre

Dans le contexte démocratique, une élection est un moment critique, un instant d’une rare gravité quant à la vie publique. L’enjeu est d’une telle tragédie que l’acte du vote, emblème populaire de l’occasion, en devient une formalité quelque puisse être fondamentale l’importance de son rôle dans la délibération.

Ce qui doit occuper le devant de la scène publique, c’est bien un débat actif, libre et généralisé, qui puisse faire exprimer le peuple dans ses structures les plus touchées par l’action politique, de sorte à situer le plus clairement possible chaque candidat, chaque programme et chaque parti. Cette condition semble être nécessaire en ceci qu’elle aide à éclairer le chemin qui mène le citoyen à l’urne, mais aussi dans son aspect de lutte contre les tares électorales telles que l’achat de conscience ou, plus exactement, le détournement de conscience – qui, je le rappelle, est un autre type de détournement qui jouit d’une grande impunité.

Ainsi, il n’est de meilleure occasion pour discuter des préoccupations du peuple ; non seulement de ses rapports avec le système gouvernant, ou de l’allocation et de la qualité des institutions et des services, mais aussi des inégalités et des injustices qui affectent sa vie quotidienne et la condition des citoyens.

Dans cette contribution au débat, je me propose de faire une brève discussion de quelques sujets qui me paraissent intimement concernés. Je vais exposer donc trois dignités de base quotidiennement bafouées dans le pays : la dignité sociale, la dignité culturelle, la dignité humaine.

La dignité sociale :

Elle est essentiellement la proie du système féodal et des réflexes patriarcaux multi-échelles. La caste est encore une réalité vive en Mauritanie dans la mesure où elle est prise en compte comme condition d’une transaction sociale fondamentale : le mariage. Le système social que nous avons hérité, et dont nous avons tant de difficultés à révolutionner vers un régime égalitaire, met en action une vie sociale dans laquelle une noblesse détient un pouvoir multiforme face à des castes assignées à des rôles subalternes et un groupe spécial voué à la servitude. Ce régime de vie sociale est un générateur permanent d’inégalités et d’injustices.

Mais, contrairement à ce que l’on peut croire, ces inégalités ne portent pas que sur des paramètres symboliques, elles sont aussi économiques et politiques. Les terres héritées de l’ancien système sont, en général, détenues par les descendants de cette noblesse. Le pouvoir religieux est concentré dans des familles de la noblesse qui, par le biais des liens du mariage, assurent à la fois son partage et sa restriction au sein de la caste. Or, et le pouvoir religieux et la détention des terres constituent des facteurs économiques et politiques. Il est indéniable qu’ils participent, loin de tout système de mérite et de toute approche de redistribution, à alimenter les inégalités.

Pour ce qui est des terres, le sens égalitariste peut remercier la course vers l’émigration, accentuée par l’avancée de la sécheresse, qui avait participé, à une mesure appréciable, à la libération de ceux qui, sans terres, étaient voués à de misérables conditions de dépendance. Malheureusement, comme l’on peut le comprendre sans peine, ce relâchement est de portée très limitée ; l’émigration, n’ayant pas de convictions politiques en soi, n’a été qu’une condition positive pour cette problématique, mais aucunement elle n’a été une mesure pour la résoudre. Les concernés trimbalent encore leurs lots de souffrance. Le phénomène abolitionniste, bien qu’ayant reçu le soutien et la sympathie de plusieurs figures dont celles issues de ladite noblesse, est cependant contré, et souvent avec violence, par le féodalisme. Donc le féodalisme, en tant que système, est réfractaire à l’idée de capituler même si quelques rares individus issus du milieu féodal actent contre ce système. On est là typiquement face à un phénomène, quasi-universel dans les luttes, où le comportement de quelques individus se retrouve à l’opposé de celui de la structure dans laquelle ils sont rattachés. Une subtilité souvent broyée sur le ring des luttes. Je le souligne parce que ces membres en question souffrent de leur achronie au sein des archaïsmes qui les entourent. Pour ceux parmi eux qui sont de caractère à aller au bout de leurs idées, la peine inévitable à essuyer est leur répudiation pure et simple par leur milieu social.

Toujours est-il qu’il faut rappeler que la cellule unitaire qui fait la base de notre société est la famille, et qu’au noyau de celle-ci agit une interaction fondamentale qu’est le lien du mariage ; c’est ce dernier qui assure la liaison du sang et des fortes prérogatives qui y sont rattachées. Or ce lien est interdit entre castes ; nous sommes ainsi en droit de dire que nous vivons dans des apartheids sociaux qui ont toutes les clés pour ouvrir d’autres.

L’autre figure sociale atteinte dans sa condition est la femme. Au moins pour ceux sédentaires parmi les anciens États, où la taille des cités faisait florir les marchés et des commerces de toutes sortes, les femmes avaient un pouvoir et une place qui ne demandaient qu’à s’étendre. La parité, quelque furent ses défauts notamment en politique, était de loin plus convaincante que ce qui est vécu aujourd’hui ; j’en veux pour preuve la place culturelle plutôt égalitaire dont les vestiges sont très éloquents et l’absence de contraintes vestimentaires et de déplacement pour n’en citer que celles-ci.

Dans la transaction qui s’est opérée entre l’ancien et le nouveau cadre de vie, la place de la femme semble régresser dans plusieurs de ses aspects. Le système moderne implanté par des hommes à leur image (les administrateurs coloniaux étaient tous des hommes), calibré pour interagir avec de correspondants masculins, les systèmes postcoloniaux bâtis dans le mimétisme de leur géniteur colonial…

Tout ceci a concouru à établir une culture d’éloignement des femmes des positions de pouvoir, encore plus que ne le faisaient les anciens États précoloniaux où le pouvoir politique était englouti dans sa dimension militaire, et où l’administration et les institutions civiles n’avaient pas d’existence véritable, contribuant à retreindre le pouvoir effectif aux mains des combattants les plus belliqueux. Ceci explique le peu d’action qu’avait le pouvoir de l’époque sur la vie quotidienne des citoyens. Celle-ci était plus régie par l’organisation sociale et les pratiques culturelles que par une administration politique. Ainsi par le rôle qu’occupait la femme dans la chaine économique et dans le lieu culturel et social, sa place a été de plusieurs dimensions supérieure à celle qu’elle a dans un système où l’administration, de par sa construction, donne à l’homme la part essentielle tout en reléguant le champ traditionnel au second plan.

Deux problématiques se posent notamment :

1) Les nouveaux chemins d’acquisition aux tuyaux économiques (salaires) sont ouverts aux sortants de la nouvelle école dans laquelle les femmes ont moultes difficultés à prospérer. Un conflit existe bel et bien entre les exigences sociales et les exigences de l’école. Ce conflit est plus contraignant pour la femme que pour l’homme, qui le subit aussi au fur et à mesure qu’il avance dans les études. Dans l’absence d’ingéniosité à transformer et l’école et la société pour l’avènement d’une formule salutaire qui résoudrait ce conflit, l’éducation moderne de la femme est globalement sacrifiée, son champ de perspectives d’épanouissement rétréci ;

2) Au niveau du droit, nous vivons dans un pays où la protection de la femme n’est pas assurée. La jeune femme victime de viol risque une sanction pénale, du fait de la loi contre le péché de la chair, en plus de ne jamais pouvoir échapper à la sanction sociale et au harcèlement généralisé. Elle est ainsi réduite au silence.

Par ailleurs, la femme est de plus en plus assignée sous un ‘voile’ qui continue ronger expression publique. Un phénomène de harcèlement consistant à la ramener à «sa place » s’est accentuée avec l’avènement des réseaux sociaux où, à chaque altercation, elle voit sa vie privée, réelle ou fantasmée, profanée devant la foule.

La dignité culturelle :

La discrimination culturelle est un problème fondamental qui a surgi dès les premières heures de l’État mauritanien. Nous sommes là typiquement devant un fait d’État en cela que ce problème est purement le fruit d’une idéologie fondatrice de l’État et sur la base de laquelle s’érigent ses institutions, instruments de sa mise en œuvre.

La Mauritanie est un pays multilingue, multiculturel. Et comme tout pays multiculturel, une question essentielle se pose quant à son affirmation identitaire : opte-t-elle pour l’affirmation de sa multiculturalité ? Et dans ce cas une gestion culturelle basée sur un principe égalitaire lui incombe. Ou choisit-elle de promouvoir une culture à développer au détriment des autres ? Dans ce cas, sous l’action de l’inégalité des moyens, les autres cultures verront leur présence décliner jusqu’au néant. Les deux types de modèles sont expérimentés dans le monde. Le premier est celui de la Suisse pour ne citer que ce pays, le second c’est celui de la France. Quant aux effets de chacun de ces modèles, le constat est simple : quand des langues comme le normand, le gascon, l’occitan, que rien ne semblait menacer, se sont retrouvés en voie de disparition en France jacobine sous l’action d’un français armé, une langue comme le romanche, que tout menaçait, s’est vue se maintenir et se développer sur les montagnes d’une Suisse multiculturelle.

Pour ce qui est de la Mauritanie, de la constitution à l’administration, des canaux audiovisuels de l’État à l’école républicaine, le choix de l’unilinguisme ne fait pas de doute. Seulement, une fois que l’on dit que l’unilinguisme a été choisi, faudrait-il encore avoir la suite dans les idées à poursuivre la réflexion sur ce que cela implique, à court, moyen et long terme. Tous les exemples d’expérimentation d’une telle politique sont unanimes sur l’issue : la disparition des cultures non choisies. Là-dessus même les mécanismes par lesquels cette disparition procède sont bien compris.

L’État mauritanien, dans une loi qui a fait couler beaucoup d’encre, a proposé en 2022 une réforme contenant un article qui traite de la politique linguistique. Un article qui rappelle dans sa substance le décret de 1979 sur l’expérimentation des langues pulaar, wolof et sooninke. Seulement, l’article ne laisse aucun doute sur le choix de l’arabe comme langue de la Mauritanie sur tous les plans. L’absence de décision juridique concernant l’usage des langues pulaar, sooninke et wolof, en particulier dans l’administration, qui donnerait ainsi des perspectives d’employabilité, met en lumière l’absence d’une politique égalitaire. Tout montre que le modèle proposé par cette loi est un modèle de transition vers l’unilinguisme arabisant plutôt qu’une étape vers le multilinguisme institutionnalisé.

De plus, l’école, les médias, les espaces de pouvoirs et de services sont des lieux culturellement discriminants qui n’ont aucune autre exigence que le fait de parler l’arabe, ou disons le hassaniya.

La pulwolsooninkité n’apparait dans l’image officielle de la Mauritanie que dans de rares manifestations folkloriques, ou pour teindre les longues queues dans les centres d’État civil où la même frange de la population quémande une nationalité qui lui est pourtant due.

La dignité humaine :

Nous en avons déjà parlé dans le cadre social et culturel ; la dignité humaine est en effet atteinte dans l’oppression sociale et culturelle. Mais au-delà de ces deux processus identifiables et attribuables à des systèmes bien cernés, le peuple, dans sa globalité, souffre des conditions de vie dignes d’un autre temps. Un service de santé extrêmement défaillant, en particulier dans le monde rural. Les citoyens obligés de traverser les frontières pour trouver soins et soulagement à leurs souffrances. Ceux qui n’en ont pas les moyens sont impitoyablement abandonnés à leur sort.

Des citoyens régulièrement réprimés pour avoir consommé un droit fondamental de manifester, d’autres tués à coup de bavures policières dans les cellules de commissariats. L’éducation périclite ; des collégiens qui ne savent ni lire ni écrire du fait du manque de rigueur d’un système idéologisé et négligé. Les diplômés qui s’entassent dans le chômage, en même temps que des milliers de milliards sont empochés des recettes de ressources vendues. Un pays où l’âge médian tourne autour de 20 ans (la moitié des mauritaniens a moins de 20 ans), muni des ressources aussi diversifiées que les mines, l’océan, un fleuve à la bordure duquel s’étendent de vastes terres cultivables, est incompatible avec le portrait de paupérisation continue qu’il ne cesse de renvoyer. Les deux supports de base d’une économie productive sont réunis. La corruption omniprésente est à combattre avec vigueur, elle constitue la plus grande embuche à la gestion rationnelle et intelligente des forces productives, des ressources naturelles et la mise en place des conditions matérielles d’un développement économique.

Pour ne pas étirer la discussion, je conclus ce panorama de quelques problématiques parmi d’autres qui se posent à la Mauritanie. Je n’ai pas axé ma discussion sur les procédures défectueuses des institutions de l’État même si j’y fais allusion par endroit. J’ai privilégié m’appesantir, pour ce qui est de l’État, sur ses fondations inégalitaires. Par ailleurs, comme dans toutes mes analyses, le centre de mon référentiel est le peuple. Les concepts d’État, de république et de nation n’ont d’importance à mes yeux que dans la mesure où ils s’emploient au service du peuple. Car oui, ces conceptions, quelque pugnace que puisse être leur nature, resteront éphémères face à la longévité des peuples. Le génie du peuple c’est de savoir conserver son facteur humain tout en étant une si grande structure. La folie des États c’est de s’échiner à vouloir l’effacer au sein des cadres rigides qui n’ont jamais prévu la souplesse de s’infléchir pour amortir l’effet des vents de sa destruction.

Dans un tel État, la sagesse millénaire des peuples, du fond de ses plus grandes trouvailles culturelles, doit s’exprimer. Et nous devons l’écouter.

Nous devons refuser cette façon sournoise de tuer les débats par la fuite, cette façon d’envoyer une médiocre image de notre pays où tout se règle entre le boutiquier et le client, où tout s’achète et a un prix. Cette attitude n’est pas moins une corruption quand elle est usitée pour faire sauter une contravention que pour expier un crime. Elle est encore plus ignoble quand elle est employée comme procédure privilégiée d’adhésion électorale.

Mouhamadou Sy

Le 02 avril 2023

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