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L’éditorial du calame: Ne pas prévoir, c’est quoi ?
Si l’on en croit le site Al Akhbar (généralement bien informé), le gouvernement vient d’attribuer un marché de gré à gré, de près de 14 milliards d’ouguiyas, à une société de la place, pour la construction d’un nouveau palais des congrès, non loin du nouvel aéroport de Nouakchott. L’homme d’affaires, qui dirige cette heureuse société, commence à entrer, de plus en plus, dans les grâces du pouvoir. Il s’est, en effet, déjà vu attribuer un agrément bancaire et une usine de décorticage du riz – à… Néma, alors qu’il est produit à Rosso ! – à plus d’un milliard d’ouguiyas, alors que sa société n’a même pas participé à l’appel d’offres. Il y en a qui ont de la veine, vous dis-je. Mais là où il y a un hic, c’est quand notre guide éclairé se permet de déclarer – les enregistrements sont là – que plus jamais les marchés publics ne se feront de gré à gré. Tant que lui sera au pouvoir, en tout cas. Alors, en sus des deux marchés susdits, à qui ont été attribués le canal de Keur Macène (facturé quatre fois son prix et qui a donné lieu à de faramineuses commissions), le barrage de Seguelil et les routes que l’ENER devait construire ? Les exemples ne manquent pas. Ces dernières années, le financement des infrastructures est désormais imputé sur le budget de l’Etat, alors qu’en principe, ce sont les bailleurs de fonds et les partenaires techniques et financiers qui doivent s’en charger. Vous savez pourquoi ? Ceux qui mettent la main à la poche sont très regardants sur les procédures et il n’est pas facile de leur faire avaler n’importe quoi. Quand c’est l’Etat qui finance, on tord facilement le cou aux textes et, par le fait du prince, on choisit l’adjudicataire qui a ses faveurs. Une anomalie budgétaire bénéfique, pour certains, mais qui se répercute, immanquablement, sur le fonctionnement de l’Etat, les services sociaux de base et creuse un peu le déficit budgétaire. Il est vrai que notre capacité d’endettement a atteint près de 74 % du PIB (si l’on en croit le dernier rapport du FMI) mais ce n’est pas une raison pour charger encore plus la barque. A quoi sert, par exemple, un nouveau palais des congrès, quand on en a déjà un qui reste pratiquement vide toute l’année ? N’aurait-il pas été plus conséquent d’orienter ces quatorze milliards vers quelque chose de plus judicieux, comme la construction d’hôpitaux ou de dispensaires et leur équipement ? La construction ou la réhabilitation de routes ? Un réseau d’assainissement à Nouakchott ?
Dans un pays qui manque de tout, dépenser autant d’argent, pour le prestige, relève du crime économique. A l’heure où le déficit pluviométrique se creuse dangereusement, ce qui risque de provoquer, dans les mois à venir, une hécatombe au sein du cheptel et une terrible famine, dans les zones rurales, il aurait été plus sage d’orienter cet argent ou, au moins, une partie, dans un plan d’urgence. On sauverait ainsi des milliers, pour ne pas dire des millions, de têtes de bétail et l’on empêcherait, du coup, un nouvel exode rural désastreux. Gouverner, c’est prévoir. Alors ne pas prévoir, c’est quoi ?
Ahmed Ould Cheikh
le calame
La problématique de l ‘esclavage en Mauritanie n’est point une affaire Américaine/ ParDr Mouhamed Lemine Ould EL KETTAB
Vendredi 8 septembre 2017, un groupe de ressortissants américains a débarqué sans crier gare, à l’aéroport international de Nouakchott.
Ces personnes ne disposant pas de visas d’entrée au pays, les autorités compétentes mauritaniennes, leur ont refusé l’accès en Mauritanie et leur ont fait rebrousser chemin en direction de Paris à bord d’un avion d’Air France ; car ces personnes n’avaient jugé utile ni d’édifier ces autorités sur les motifs de leur visite ni de leur communiquer le programme de leur séjours dans le pays. Elles sont aux dernières nouvelles à Dakar, d’où elles s’emploient résolument à exécuter leur plan et donc d’accomplir la mission qu’elles ont préalablement définie.
Ces individus disent qu’ils appartiennent à des ONG Américaines concernées par la lutte contre l’esclavage et que l’objet de leur venue en Mauritanie , au demeurant , est de prendre la mesure de l’ampleur des pratiques esclavagistes sur lesquelles ils disposent d’informations alarmantes, qu’ils prennent sans réserve pour argent contant. A cet égard, il convient de dire sans ambages, que le sentiment anti-esclavagiste est, en lui-même, on ne peut plus, noble et que le combat contre ce fléau d’un autre temps est une activité absolument méritoire et tout à fait respectable ; en raison, entre autres, du souci de la préservation de la dignité humaine qui la sous-tend.
Il faut cependant préciser à cet égard, que ce qui vaut pour la lutte contre l’esclavage, vaut pour la lutte contre les autres formes d’oppression, de tyrannie et de violence sous toutes leurs formes. Il demeure néanmoins que la rationalité, le bon sens et le souci d’efficacité voire de crédibilité, à cet égard, requièrent que le degré de priorité et d’urgence qu’il faut prendre en compte pour entreprendre de remédier aux désastres et fléaux qui adviennent dans un pays ou un autre, ainsi que l’importance qui doit leur être accordée, doivent être commensurables avec le degré de gravité et l’ampleur du dégât que ce désastre ou ce fléau est susceptible de causer, à court, à moyen et à long terme . C’est dire qu’il devrait logiquement y avoir une hiérarchisations des priorités à observer en la matière en fonction du degré d’urgence et de dangerosité suivant lesquelles une intervention salvatrice devrait être envisagée par les bons samaritains.
Or cette urgence se mesure à l’aune des menaces à la cohésion sociales des peuples, la stabilité des nations et à la sécurité régionale et internationale. Compte tenu donc de ces considérations, il aurait été plus indiqué , plus logique et surtout plus prioritaire pour ces militants des droits humains Américains, sans doute mus par des sentiments généreux, venus de si loin dans notre pays pour engager une lutte contre les séquelles et les retombées d’un esclavage déjà socialement battu en brèches par les patriotes anti-esclavagistes mauritaniens et est juridiquement criminalisé et combattu par les Autorités du pays .Da plus, étant données la paix sociale, la stabilité politique, la sécurité et la sérénité qui prévalent en Mauritanie dans le contexte international actuel tourmenté, le combat contre l’esclavage en Mauritanie que les militants Américains sont venus de si loin mener chez nous, n’est aucunement une urgente nécessité, car, Dieu merci, il n’y a pas feu en la demeure à moins que d’aucuns veillent l’y mettre .
Il est par contre beaucoup plus judicieux pour ces militants manifestement très dévoués – ce qui es tout à fait à leur honneur- de rentrer sans plus tarder aux Etats-Unis pour prendre part à la lutte acharnée menée dans ce pays pour remédier à la situation désastreuse des Africains-Américains, des Américains d’origine Asiatique, des latinos et des Indiens
( menacés, eux, d’extinction), d’autant que les affrontements raciaux sanglants qui éclatent de façon répétitive dans presque tous les Etats Américains, constituent une menace très sérieuse pour la cohésion et la stabilité de ce grand pays dont la sérénité est fondamentale pour la sécurité internationale .
Il va sans dire que ces explosions de violence ne sont pas fortuites, beaucoup s’en faut ! Elles sont au contraire, symptomatiques d’un profond malaise vécu par les Africains-Américains et les autres minorités du pays. Ce malaise résulte à l’évidence du racisme patent dont les noirs américains sont les premières victimes. Il provient aussi de la marginalisation voire de l’exclusion pure et simple qui est leur lot quotidien dans leur propre pays. Les chiffres suivants en sont une preuve on ne peut plus éloquente.
Les noirs Américains qui représentent 12,5% de la population sont quasiment exclus des postes élevés de responsabilités tels que les ministres, les ambassadeurs et les hautes fonctions fédérales.De plus, bien qu’ils constituent 17% de l’armée fédérale ils ne représentent que 9% du corps des officiers supérieurs.
Cela vaut également pour les autres minorités du pays. Cette exclusion, ce mépris, et ce racisme dont sont victimes les citoyens noirs américains, sont en grande partie, à l’origine des affrontements raciaux sanglants qui explosent de manière récurrente dans tous les états Américains et dont on peut citer à titre d’exemple :
– Les événements de Missouri en Aout 2014
– La tuerie de Charleston, South Carolina en 2015
– Les incidents sanglants de Bâton Rouge, de Falcon Hights et de dallas en 2016, pour ne citer que ceux-ci.
Par ailleurs le rapport de l’Organisation Américaine : US HUMAN RIGHTS NETWORK publié en Aout 2010, fait ressortir que « le racisme s’étend à tous les domaines de la vie aux Etats-Unis et qu’il existe au niveau de toutes les collectivités locales ».
De plus des statistiques ont fait ressortir que le taux de chômage parmi la communauté noire dépasse les 15,5% soit 2 fois plus que chez les blancs ; et que 40% de la population carcérale sont des noirs.
D’autres études ont montré que l’intensité de la violence exercée contre les noirs a atteint en 2016 un degré jamais enregistré depuis plusieurs décennies ; ces études ont fait ressortir également qu’un homme noir sur 3 est derrière les barreaux ! Il y’a lieu de préciser dans cet ordre d’idées que les autres minorités constituées par les Indiens, les Asiatiques, et les Latinos qui représentent 5% de la population, n’ont point un meilleur sort que les Africains-Américains. Cette situation affligeante de la société américaine frappent les observateurs et doit préoccuper les militants de droits de l’homme surtout américains et particulièrement ceux qui s’inquiètent beaucoup de l’esclavage en Mauritanie et volent au secours des victimes de ce phénomène dans notre pays ; bien qu’il soit, grâce à Dieu, à l’abri des affrontements raciaux récurrents qui ensanglantent périodiquement de nombreux états Américains et dont l’ampleur peut s’élargir considérablement avec la suppression envisagée par l’Administration Tramp du programme social dit Obama care qui était destiné à alléger les souffrances des plus démunis qui sont en majorité les citoyens noirs.
Par ailleurs, parmi les foyers de tension extrême totalement embrasés où des violences inouïes, les atrocités indescriptibles, les exactions horrifiantes et inqualifiables des droits de l’homme, telles que les exécutions sommaires, les viols caractérisés, les épurations ethniques et qui méritent d’être placées au top des priorités des militants des droits humains où qu’ils se trouvent, y compris ceux qui ne semblent n’avoir d’yeux que pour le phénomène d’esclavage en Mauritanie ; parmi ces foyers , dis-je, il y’a le cataclysme apocalyptique qui se déroule actuellement au Miramar , en Birmanie et dont est victime le peuple de Rohingyas ; Il y’a aussi la catastrophe qui se déroule au Yémen , sans parler des atteintes atroces aux droits humains en l’occurrence ( les assassinats, les expropriations, les déportations massives, les emprisonnements arbitraires, les spoliations et les déportations)…que les Autorités d’occupation Israéliennes font subir quotidiennement aux palestiniens ; sans oublier les exactions cruelles commises par les milices sectaires contre les populations Sunnites en Syrie et en Irak… Toutes ces atteintes extrêmement graves portées aux droits humains les plus élémentaires auraient logiquement dû inciter les militants de droits de l’homme accourus dans un pays apaisé tel que la Mauritanie, à voler sans tarder au secours des victimes Rohingyas, Yéménites ,Palestinien ect..Qui ont besoin eux, plus urgemment d’être assistés, secourus et consolés que les victimes d’un esclavagisme circonscrit, localisé et en régression.
Ce sont là des questions que l’on ne peut s’empêcher de se poser quand on voit l’ordre de priorité suivant lequel opèrent les militants Américains qui se sont précipités éperdument dans notre pays pour soit disant lutter contre les victimes de l’esclavage atroce supposé sévir à grande échelle en Mauritanie !
A ces militants dont la philanthropie est très sélective et circonstanciée, il convient de dire qu’il faut avoir une attitude rationnelle, logique et partant crédible et convaincante. Il doit en outre leur être dit qu’il faut d’abord balayer devant sa porte car charité bien ordonnée commence par soi-même, comme on dit.
Pour ce qui est de l’esclavage en Mauritanie, qui est en fait quelle que soit son étendue, une plaie douloureuse qui doit de toute urgence être pansée, traitée et guérie par les efforts des patriotes anti esclavagistes authentiques , responsables et sincères, par ceux des autorités et ceux des victimes elles-mêmes et qui ne doivent d’ailleurs plus accepter d’être maintenues en esclavage par des individus ignorants et arriérés qui vivent dans une autre chronologie.
Notre pays ne doit cependant pas accepter que quiconque lui dicte la conduite à suivre face aux problèmes auxquels il est confronté ; car on n’a pas de leçons à recevoir de qui que ce soit en matière d’éthique et de démocratie surtout pas de la part de ceux dont le palmarès est bien connu en matière d’agression, d’occupation, de déstabilisation, des manœuvres pour l’émiettement des nations et de menaces ourdies contre la sécurité internationale .
Nos militants authentiques des droits humains auxquels il est loisible de mener à bien leurs actions humanitaires, doivent toutefois et à tous prix éviter de se laisser noyauter et manipuler par des organisations étrangères aux desseins obscures et aux agendas flous et qui sont très souvent des paravents utilisés pour la réalisations d’objectifs occultes et inavoués des puissances hégémonistes et très souvent à la faveur des divisions des composantes sociales des nations dans le but prémédité de favoriser la création d’entités fantoches à couteaux tirés et aux ordres de ces puissances. Les exemples de l’Irak, de la Lybie, de la Syrie et du Yémen sont plus qu’édifiants à cet égard.
La Mauritanie est au demeurant pleinement consciente de cet état de fait et fera de son mieux pour éviter de tomber dans ce piège.
Les forces vives patriotiques du pays quels que soient leurs champs d’activités et les causes qu’elles défendent, sont pour la plus part trop averties et responsables pour écouter les chants de sirènes qui appellent pour la perdition ou se laisser leurrer par des miroirs aux alouettes nuisibles aux intérêts fondamentaux de leurs pays, en l’occurrence la cohésion sociale, l’unité nationale, la sécurité et la stabilité de la nation Mauritanienne.
Ces objectifs stratégiques, la Mauritanie y tient fortement et toute amitié offerte par une tierce partie qui ne tienne pas compte, de ces objectifs, le pays n’en a cure.
Le célébré poète Arabe Abou Taleb Al Mutanabbi n’a-t-il pas dit en substance dans l’un de ses fameux poèmes :
« il est des inimitiés pouvant être bénéfiques, et des amitiés susceptibles d’être nuisibles. »
Dr Mouhamed Lemine Ould EL KETTAB
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Lamine Mangane au Mémorial des défenseurs des droits humains assassinés d’Amnesty International
TPMN – Le portrait de Lamine Mangane figure désormais en bonne et due place au Mémorial initié par Amnesty international en hommage aux militants des droits de l’homme assassinés dans le monde.
Lamine Mangane est tombé le 27 septembre 2011, à l’âge de seize ans, sous les balles de la gendarmerie de Maghama pour avoir osé protester, à l’appel de Touche pas à ma nationalité, contre la nature raciste et discriminatoire de l’enrôlement initié par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et pour avoir osé réclamer la citoyenneté pleine et entière pour tous les Mauritaniens.
Une plainte a certes été déposée depuis par Bala Mangane, père de la victime, mais elle n’a jamais connu le moindre début d’exécution du fait de l’obstruction systématique de l’Etat, juge et partie. Touche pas à ma nationalité et les organisations partenaires ne ménagent cependant aucun effort pour que le dossier ne soit pas simplement enterré.
Le travail de lobbying initié par l’organisation et ses partenaires avait conduit à l’inscription explicite du règlement du cas Lamine Mangane parmi les recommandations faites à la Mauritanie en 2013 par le Comité des droits de l’homme de l’ONU lors de sa 109ème session.
C’est ce même travail qui a permis, en ce 6ème anniversaire du décès de Lamine Mangane, de faire figurer le portrait du jeune militant au panthéon des défenseurs des droits humains assassinés d’Amnesty international.
Le portrait est accessible à l’adresse suivante
https://hrdmemorial.org/hrdrecord/lamine-mangane/
Nouakchott, le 25 septembre 2017,
La Cellule de Communication
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Pour honorer la mémoire de Lamine MANGANE, premier martyr du mouvement, froidement assassiné le 27 septembre 2011 à Maghama par les forces de répression du régime raciste et esclavagiste du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, Touche pas à ma nationalité vous convie à deux événements majeurs.
Un sit in sera organisé dans la matinée du mercredi 27 septembre 2017 à partir de 10 heures devant les locaux du ministère de la justice pour dénoncer l’impunité et exiger la traduction en justice des auteurs du crime. Il s’ensuivra dans l’après-midi, après la prière d’Al Asr, une lecture du coran pour le repos de l’âme de notre martyr à El Mina à la mosquée située à côté du Terrain Camara (non loin du carrefour Yéro SARR).
Nouakchott, le 25 septembre 2017
La Cellule de Communication
Mauritanie : le quatrième anniversaire des FPC à Nouakchott
Le 24 septembre 2013.Une date.Une histoire de deux des militants des FPC les plus célèbres, le chef historique Samba Thiam et son porte-parole Kaaw Bilbassi Touré regagnaient la terre natale après 23 années d’exil aux Etats -Unis et en Suède.
Les deux hommes entendent poursuivre la longue marche vers la liberté qui a commencé en 86 , avec la publication du manifeste du négro-mauritanien qui leur valu avec les autres dirigeants du mouvement , la prison et la mort pour quatre d’entre eux.
Ce retour marque la fin d’une époque , la lutte armée et le début d’une autre, l’espoir d’une réconciliation nationale. Le redéploiement dans le pays commence à porter ses fruits nonobstant la non reconnaissance du parti par les autorités de Nouakchott.
4 ans déjà. Figure de l’opposition mauritanienne, hors système , le président des FPC peut regarder ses 23 années d’exil aux Etats-Unis comme une expérience du passé et les quatre années depuis son retour comme la deuxième étape de la longue marche vers la liberté à construire notamment avec son fidèle porte-parole Kaaw Bilbassi Touré et le plus jeune prisonnier politique du régime de Ould Taya en 86 suite à la publication du manifeste du négro-mauritanien.
Les deux hommes ont réussi le redéploiement des forces en se dotant d’abord d’un siège dans le quartier périphérique de la Sebkha dans la capitale mauritanienne pour former les militants et faire vivre le parti tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Cette implantation a porté ses fruits en faisant des FPC un parti crédible et plus près des préoccupations des populations les plus démunies.
Une reconnaissance au sein de la classe politique qui fait du leader négro mauritanien un incontournable dans le dialogue politique.
Ses idées forces sur la cohabitation , en particulier ses propositions sur l’autonomie des régions du Sud font l’unanimité des observateurs.
Le président Samba Thiam et son porte-parole ont réussi en quatre ans à dédiaboliser le mouvement flamiste et apporter une fraîcheur à la lutte contre le racisme d’Etat et un nouveau souffle à l’opposition démocratique mauritanienne grâce à des prises de position justes sur la question nationale aujourd’hui complètement abandonnée par le président Ould Aziz.
En soufflant ces quatre bougies , les deux combattants de la liberté entendent montrer qu’ils sont sur le bon chemin pour amener les mauritaniens à la réconciliation nationale.
Et que la non reconnaissance des FPC n’est pas un handicap mais au contraire une force pour surmonter toutes les épreuves.
Les FPC font partie aujourd’hui du paysage politique et leur crédibilité en tant qu’opposition hors système est reconnu par tous les mauritaniens.
Yaya Cherif Kane
Les centres d’état civil en Mauritanie : corruption et gabegie. Pr ELY Mustapha
Pr ELY Mustapha – Tout celui (ou celle) qui verrait sa pièce d’identité ou son passeport mauritanien expirer devrait savoir qu’il (ou elle) va emprunter un chemin de croix. La bêtise n’épargnant pas les gouvernants, en Mauritanie ils en ont fait un art de tous les jours la poussant à son extrême.
Ainsi, le passeport Mauritanien ne se renouvelle, qu’en Mauritanie, aucune possibilité non plus de prolonger sa validité auprès d’une ambassade ou consulat de Mauritanie à l’étranger, ainsi si votre passeport expire et que vous êtes au bout du monde, vous devrez voyager en Mauritanie pour le renouveler.
Et là, encore, vous allez vous rendre compte de l’extrême gabegie ou injustice qui règne dans ce pays. Et vous comprendrez très vite que ce n’est pas le service public qui guide l’administration de l’état civil mais la corruption qui règne en ses centres.
Voici raconté mon périple pour renouveler mon passeport qui expira deux jours avant mon arrivée à Nouakchott.
La machine temporelle
Première chose que j’appris en me présentant dans le premier centre d’état civil, c’est que ce dernier était devenu un véritable business. Toute une mafia d’individus, policiers, agents administratifs, s’est transformée en intermédiaires, dont le rôle est de vous faire obtenir vos documents d’état civil, pièce d’identité et passeport en un temps record contre monnaie sonnante et trébuchante.
Comment cela fonctionne-t-il ? Machiavéliques. Ils ont inventé deux mécanismes bureaucratiques perfides:
– Le fractionnement multiple d’une tâche administrative unique :la machine à remonter le passé.
– Le saut administratif en chaine d’attente : la machine pour voyager dans le futur
Le fractionnement d’une tâche administrative : la machine à remonter le passé.
Cela fonctionne de la manière suivante : lorsqu’un agent est chargé de réaliser une tâche simple, il la fractionne, avec la complicité de collègues, pour la rendre complexe de telle sorte qu’à chacune des étapes de la chaine il obtient un bakchich pour vous permettre de passer à l’étape suivante ou mieux vous faire sauter des étapes.
Chaque étape est faite pour vous faire remonter dans le passé. C’est une machine à vous réclamer tous vos anciens documents, les vôtres et ceux de vos proches (mort ou vivants, existant ou ayant existé).
Ainsi, lorsque vous vous présentez, pour le renouvellement d’un passeport on vous réclame votre carte d’identité nationale et si vous ne l’avez pas, il faut l’obtenir et c’est encore une autre descente aux enfers. Ainsi la perte justifiée de votre carte d’identité n’est pas acceptéemême si l’existence de votre passeport périmé prouve bien qu’il a été confectionné sur votre pièce d’identité.
Vous irez donc chez le collègue chargé des pièces d’identité qui vous dira que, dans tous les cas, la pièce d’identité ne peut être délivrée que dans un minimum de trois semaines et il vous renvoie chez un autre collègue qui vous dira que la pièce d’identité ne pourra être délivrée que si vous rapportez toutes les preuves civiles de l’existence de vos ascendants , père et mère et de vos descendants si vous en avez (titre de recensement, acte de naissance, attestation de nationalité etc. etc.) et que, s’ils sont au bout du monde vous devrez y retourner pour les rapporter et s’ils sont décédés vous devrez en rapporter la preuve.
Et que tous ces actes doivent porter un patronyme unique et commun et gare à un nom de famille mal transcrit. C’est encore une autre voie sinueuse à prendre dans laquelle interviendront d’autres agents qui fractionneront à leur tour la procédure administrative à leur profit.
Les pauvres gens sont pris dans ce piège machiavélique et des familles entières dorment souvent sur place pour être aux premières loges lors de l’ouverture des centres mais on les refoule souvent en fin d’heure faute de pouvoir satisfaire les exigences paperassière de l’administration de l’état civil.
Les personnes possédant quelques moyens sont les seules à pouvoir s’en sortir, car le fractionnement injustifié d’une tâche ne sert que la poche des administratifs véreux, il suffit alors de graisser leurs pattes à chaque étape de la chaine. Et cela est d’autant plus révoltant que beaucoup des documents requis ne sont nullement nécessaires à la confection du document en question.
Ainsi parmi les pièces que l’on vous réclame pour renouveler votre passeport, les actes de naissance de vos enfants et celui de votre épouse. Et n’essayez pas d’expliquer à l’administratif en question que le passeport est un titre personnel de voyage et que vos caractéristiques physiques, taille et couleur des yeux, sont plus importantes que les documents qu’il demande.
Quant aux documents exagérément demandés par l’administration des centres pour confectionner on les retrouve par poubelles entières jetés à même le sol devant ces mêmes centres.
– La machine administrative pour voyager dans le futur
Si vous êtes assez riche, vous pourrez éviter tous les tracas de ces fractionnements, de la machine à remonter le passé en achetant un ticket pour la machine administrative pour voyager dans le futur. Les agents des centres peuvent vous faire un saut gigantesque dans le futur.
Et ô miracle ! Obtenir vos documents civils en un temps record. Votre pièce d’identité que l’on vous avait annoncée dans 3 semaines, vous pouvez l’obtenir en trois jours chrono, votre passeport idem.
Comment cette machine fonctionne-t-elle ? Comme toute machine qui voyage dans le futur, vous projeter à un niveau avancée de la chaine d’attente de ceux qui ont déposé et attendent depuis des mois leurs documents.
Ainsi si vous avez le numéro 450 dans la liste d’attente, cela signifie que vous n’obtiendrez votre passeport qu’après plusieurs dizaines de jours, sinon des semaines (si par miracle vous avez échappé à la machine à remonter le passé), alors on vous recommande des agents bien connus de tous qui viendront vous proposer de raccourcir la chaine et vous faire passer au numéro 1.
Cela signifie que vous allez passer directement à la photo, à la prise d’empreinte et à la validation de votre document (condition de son envoi et impression à l’Agence du registre de la population et des titres sécurisés). La somme requise pour obtenir ce ticket peut varier de 20000 UM à 50 000 UM. Les agents qui interviennent sont aussi divers que des agents de police, des agents de centres que des intermédiaires civils.
La gabegie généralisée
Cette arnaque sournoise et pénalisante de toute justice, se déroule dans un environnement administratif des plus exécrables. Les citoyens sont traités comme des moins que rien. Bousculés, alignés devant des bureaux sales, aux portes bringuebalantes, comme du bétail dans une atmosphère insipide de vociférations et d’invectives venant de partout et surtout de l’intérieur des bureaux.
Le demandeur d’un état civil est traité avec des égards de chien battu. Des centres où règne une chaleur souvent étouffante et où femme, avec enfants, et hommes de tous âges assis à même le sol, attendent depuis des jours leur tour,d’autres sous les arbres environnants et dans la canicule sont résignés à attendre que quelque agent passe pour l’agripper à propos de leur documents. Tristes paysages humains de désolation et de révolte contenue.
La relation du citoyen avec l’administratif à l’intérieur du centre est caractérisée par le dédain, le rabrouement et surtout des menaces parfois non voilées de ne pas le servir. Il fait alors des pieds et des jambes pour rester dans la file et garder espoir d’avoir à franchir une quelconque étape de son long et pénible périple pour obtenir des documents auxquels il a droit.
Triste réalité que ces centres où des groupuscules organisés font la loi et qui vendent les passe-droits contre monnaie sonnante et trébuchante.
La corruption à tous les échelons.
Mon sentiment le plus profond est que l’administration de l’état civil est une machine de découragement de franges entières de la population pour l’obtention de leurs documents d’état civil, notamment les pauvres, les démunis et les sans soutien. L’exclusion aussi de la population émigré qui outre les voyages obligés au pays, pour renouveler ses documents d’état civil, est soumise à la production d’une infinité de documents inutiles (d’ascendants et de descendants) qui constituent un véritable handicap.
Mon séjour pour obtenir mon passeport fut un véritable voyage à travers une administration d’état civil qui, à l’image du pays, est un véritable lieu de corruption et de gabegie où les citoyens souffrent le martyr.
Pr ELY Mustapha.
Vidéo : Les documents d’états civils pour la confection de titres sécurisés dans les poubelles
https://www.youtube.com/watch?v=rt2wuKlxZaY
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