Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Le collectif “Silence ! On tue nos enfants” s’est fait entendre

content_imageLe collectif “Silence ! On tue nos enfants” a organisé une marche, ce vendredi, pour dénoncer les enlèvements d’enfants qui font l’actualité au Sénégal ces derniers jours. Partis du Rond-point Vieux Sing Faye, les manifestants se sont arrêtés devant la Rts.

Après avoir attendu en vain de pouvoir s’exprimer devant les caméras de la chaîne nationale, les têtes de file de manifestation durent lire leur mémorandum devant la presse privée uniquement.

Coordonnateur du Comité initiative des intellectuels du Sénégal (CIIS), Pr Malick Ndiaye, était de la partie.

“Je suis venu parce que tout simplement la société sénégalaise est en train de se recomposer sur un axe qui n’a plus rien à voir avec la classe politique qu’elle soit de l’opposition ou du pouvoir. Maintenant, ce sont les enfants qui manifestent. La semaine dernière, c’était des élèves qui sont sortis pour demander le droit de poursuivre leurs études… Aujourd’hui, ce sont nos enfants, les bébés, contre des crimes odieux, les viols, les assassinats.”

Le sociologue de poursuivre : “Mais c’est incroyable, ce qui s’est passé à Khombole. On a extrait le sang d’une jeune fille et on lui a coupé les cheveux. Cela veut dire qu’il y a des sortes de magiciens qui, à la veille des élections politiques qui se profilent, sont en train de faire des sacrifices humains. Donc, les urgences citoyennes sont là. C’est pour cela que beaucoup de collègues des universités sont venus.”

seneweb

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Insécurité au Sahel: du tabou à la paresse (Par Abdel Nasser Ethmane)

Insécurité au Sahel: du tabou à la paresse (Par Abdel Nasser Ethmane)Impact- Le 3 mars 2018, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim), une coalition proche d’Alqaida revendiquait le raid sanglant de la veille, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.
Le 21 février, la tribune d’un « collectif de chercheurs », récemment publiée sur la page de Monde-Afrique, suggère, à la France, de « rompre avec la rhétorique martiale au Sahel ». Les auteurs plaident la négociation avec les groupes jihadistes, un moratoire sur les frappes contre ceux-ci et une meilleure attention à la « réalité » de l’équilibre des forces, pour parvenir à l’invention de modes de règlement, par les sociétés en butte à l’extension de l’islamisme belligène.

Le texte, sacrifiant en cela à la complaisance du tiers-mondisme décati, suppose que la France empêcherait, les Etats du champ, d’expérimenter de telles ouvertures.

Au demeurant, l’ensemble de l’exposé s’avèrerait recevable, n’étaient l’abus de naïveté et le flagrant délit de bonne foi, deux griefs dont s’accommode si mal la crédibilité intellectuelle des signataires.

Défaut de diagnostic

L’expansion du péril jihadiste ne provient pas seulement d’un échec imputable à une faillite de politiques publiques ou conséquence d’un accident de régulation, particulier à l’espace musulman ; que faudrait-il penser de la somme des injustices dans le reste monde où ne prévaut, pourtant, la tentation du meurtre suicidaire et de la terreur de masse au motif de la foi.

Il s’agit, d’évidence, d’une dynamique de dissémination-contagion à l’œuvre au delà du Continent, sur l’intégralité de la mappemonde ; le déferlement jusqu’ici sous-estimé, met en scène un projet de domination universel, sous la conduite de volontaires souvent instruits et d’un degré de conviction, bien dissociable d’un arbitraire qu’ils subiraient au point de s’exonérer de leur libre-arbitre. Qui offre sa vie ne triche. Aussi, convient-il de tordre le coup à la générosité galvaudée selon quoi l’extrémiste religieux sur-réagirait à la méchanceté des hommes.

En vertu de ce préjugé à mi-chemin entre le marxisme du dimanche et la clairvoyance de bistrot, l’apprenti jihadiste trouverait, a contrario, dans un supplément d’équité et de redistribution, l’excuse de déposer les armes. Certes, la corruption des élites africaines, l’explosion de la démographie, la déforestation et le resserrement de la gouvernance autour de coteries acclimatées à la pratique impunie de la prébende, constituent le terreau d’une certaine porosité aux prédicateurs de la catastrophe. Partout et de toute époque, quand la nature se rend hostile, l’esprit embrumé se projette dans l’absolu de la récompense post-mortem.

Au Sahel – pourquoi ne pas commencer par une image aussi concrète – le sol, appauvri, ne nourrit plus les habitants. Ceux-ci, en surnombre, s’exilent s’ils le peuvent ou succombent au mirage d’une mise éperdue sur une éternité dont les vendeurs rivalisent de réclame ; finalement, eux, les démunis, que perdraient-ils d’investir dans l’absolu?

Il n’est pas fortuit que les principaux foyers de l’extrémisme religieux recoupent des zones de désertification et de surnatalité. Aux paysans désemparés du Liptako Gourma, sur les confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, les jihadistes apportent la promesse du paradis et, les gouvernements respectifs, un peu de réconfort matériel. Guidés par l’instinct de d’adapter aux avatars d’une adversité sans cesse en mutation, les populations locales jouent la duplicité comme joker de la survie ; à l’instar d’autres pays d’Afrique où la Salafia emménage sous les dehors d’une observance quiétiste du rite, les autochtones accueillent les deux propositions de l’alternative, en dépit de leur incompatibilité ; mieux, ils les conjuguent au présent de l’anxiété, qui est le temps du doute.

Cette ambivalence expose, au scepticisme, le postulat d’une ruralité victime du centre de pouvoir, du moins dédaignée par lui; à croire l’approche dite du « développement », le jihadisme, ainsi excusé et justifié, s’assurerait ancrage mental, base de repli et de recrutement, voire profondeur de champ stratégique, du simple fait de son aptitude à capter et canaliser les frustrations de la majorité opprimée. De ce désaccord avec les signataires de la tribune, procède un grief encore plus empirique.

Le passé, un livre édifiant

Déjà, aux 18ème et 19 ème siècles, les régions de l’actuelle belligérance asymétrique, trahissaient une vulnérabilité similaire. Ousman Dan Fodio, théologien peulh, théorisait, déclenchait puis inspirait le jihad offensif, au-delà des frontières de l’actuel Nigeria, en direction du Tchad et de la Centrafrique. Sur ses brisées, Sékou Amadou, du Massina, El Hadj Oumar Tall au Fouta, Samory Touré dans le Wassoulou, et Modibo Adama fondateur de l’empire Adamaoua, prolongeaient la conversion sous la contrainte, pour l’avènement du sur-musulman puritain. Wahhabites avant la fortune des hydrocarbures, ils prescrivaient de s’en tenir à la lettre du Coran et de la Sunna et réprouvaient, par l’épée, l’innovation ou Bid’a.

Aujourd’hui, les héritiers de ces moines-soldats veillent entre les dunes du Sahara, prêts à fondre sur le Continent afin de le conformer et soumettre à la volonté de Dieu. Dans l’historicité de ces atavismes de coercition confessionnelle, la géographie et l’ethnicité défient le paradigme du déficit d’Etat de droit; des millions de subsahariens se sont occis, au prétexte de la pureté et du salut ; la vague, percluse de ses excès, s’épuisa, un jour, pour renaître, à présent, sous nos yeux effarés. Fossoyeurs de leur singularité comme culture et récit anthropologique, acteurs d’un mimétisme qui les condamne à singer en vain le mode de vie de l’Arabie au 7ème siècle, des foules de musulmans souffrent d’une souche achevée de schizophrénie et nul ne l’ose dire.

Autant la majorité condamne la brutalité jihadiste, autant elle en accepte le postulat moral et se le transmet, ingénument. Jamais l’Organisation de la coopération islamique (Oci), non plus ses représentations et démembrements en Afrique, n’invitèrent les foules, à manifester contre Daesh, dès la fin d’un office du vendredi. D’ailleurs, il suffit d’aller entendre la bonne parole, d’une mosquée, à la suivante, à l’affût d’une nuance dans le sermon hebdomadaire.

Sur 90% des cas, vous risquez de devoir écouter l’identique litanie de la culpabilité, l’obsession du péché sexuel, le châtiment dans les deux vies et les descriptions de l’enfer, toute grandiloquence enrobée de malédictions et de haine envers le mécréant croisé, le juif, l’athée, la fille en jeans moulant, les francs-maçons et des délires de même facture ; la stigmatisation de la femme, cette tentatrice perpétuelle, ressortit, ici, du refrain.

Des milliers d’enfants, élèves des écoles et instituts coraniques grandissent dans ce lien réfractaire à la modernité et terminent leur cursus par l’acquisition d’un diplôme d’inadaptation structurelle à l’hyper-compétitivité du monde, pour reprendre la phrase de Norbert Trenkle; dans sa démonstration « Pourquoi l’islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion », l’essayiste allemand insinue que l’exigence, la rigueur et la rationalité du système de production occidental poussent les identités périphériques et concurrentes, à s’aligner ou emprunter le détour de la violence brute, pour combler un retard quasi-irrattrapable, au regard des critères élémentaires du capitalisme.

Ainsi, le jihad agressif offrirait, aux ratés et frustrés du globe, la rédemption de leur médiocrité dans la tension messianique au martyre. Sous peine de paraître insistant, nous supposerons, tout de même, les peuples du Sahel protagonistes de leur destin et, à ce titre, un brin majeurs. Aucune autorité ne les oblige à consommer le wahhabisme, un article qui répugne, désormais, à l’Arabie Saoudite, son laboratoire certifié.

Les Munichois de l’Afrique

Une société en train de sécréter les germes de l’autodestruction, ne saurait tirer, d’au dehors, la thérapie de sa rémission. A ciel ouvert, le Sahel musulman produit, en excédent, la sève de l’intolérance et de l’uniformisation qu’aucun jihadiste ne renierait. Au fil des réunions d’experts auxquelles il nous fut permis d’assister, la discussion du substrat religieux embarrasse et suscite le silence sinon des circonlocutions d’évitement, autant dire la fuite en avant dans le déni ; l’expression « extrémisme violent » découle de ce camouflage, chaque jour tissé par-dessus la matrice du conflit, le noyau de sa germination.

Les sociologues, économistes et autres techniciens de la « résilience » éludent délibérément, la saturation des espaces de sociabilité par l’injonction d’outre-tombe ; beaucoup se refusent à admettre que l’enseignement méthodique de la culpabilité et de l’inquiétude plongent le croyant dans la panique du jugement dernier et le rendent malléable aux techniques prosélytes de persuasion. Compte tenu de la sophistication du conditionnement au culte de la mort volontaire qui libère, la fréquence modeste des attentats-kamikazes tient de l’exploit ou de la chance.

Or, au lieu d’œuvrer à l’éclosion d’une riposte idéologique qui concilie joie terrestre, faculté de croire et amour du prochain, l’interrogation du corpus sunnite et la réforme de son exégèse piétinent ; sans cesse différé derrière l’embrouillamini des projets de développement et des urgences de défense nationale, le rapport apaisé du musulman à sa religion s’érode, s’amenuise au profit d’un nihilisme qu’il serait fort hasardeux de réputer minoritaire. La laïcité des Etats subsahariens se rétrécit à un article de la Constitution. Les pouvoirs, sous pression du chantage à la tranquillité de court terme, cèdent au bricolage de compromis mensuels, dans l’illusion de récolter la paix, enfin.

Lorsque les rédacteurs de la fameuse tribune étayent la distinction entre les mouvements armés et leur branche pacifique parmi les « sympathisants » de d’Iyad Ag-Ghali, explicitement désignés « sans fonction militaire », la perplexité du lecteur le dispute à la stupéfaction. Après tout, Joseph Goebbels, non plus, ne se tenait à l’entrée des chambres à gaz. Aussi, sarcasme mis à part, aimerions-nous savoir si l’éventualité du moratoire des frappes françaises contre les sanctuaires terroristes au Sahara-Sahel s’accompagnerait d’une aimable trêve à l’exécution des tueries de civils, ressortissants du Dar el harb. Non, les jihadistes ne veulent pas négocier, ils entendent asseoir un ordre de frayeur et d’angoisse qui occulte la femme, congédie l’art, élimine l’apostat et réduit l’économie à l’exercice du commerce. Il suffit de relire « La Gestion de la barbarie », manifeste en comparaison duquel Mein Kampf pâlit, un tantinet.

La complication

L’Islam dit « traditionnel », notamment en sa version tempérée que le soufisme incarne, se livrait, depuis la colonisation, à une médiation de proximité, pour amortir le choc entre la capitale et les multitudes excentrées. A cette posture, l’Afrique de l’Ouest doit, sachons le valoriser, des décennies de stabilité, du moins sur le terrain des croyances. Qu’est-ce qui change ? Discrédité en sa compromission avec des régimes d’une appétence discutable à la vertu et encore moins enclins à la transparence, le leadership spirituel n’a cessé de perdre de son aura ; sur ses décombres, les pétrodollars du Golfe consolidaient, pendant 40 années de labour, l’effritement d’une piété de l’Afrique noire, au profit d’une importation sectaire et simplificatrice ; de là, le jihadisme prospère, maintenant.

En août 2017, à la faveur d’une étude d’une admirable sagacité, Moussa Tchangari décortiquait la perte d’influence, par les notables du magistère religieux, auprès d’ouailles en désarroi terminal ; témoins des collusions clientélistes de la mosquée et des régimes de fraude et de prédation, les pratiquants tournent également le dos aux marabouts et féticheurs ; ils escomptent, dans la littéralité du retour aux sources originelles de l’Islam, le prêt-à-penser qui rassure, encadre et exonère, même s’il n’améliore le quotidien.

Des rescapés de l’endoctrinement relatent la fixation sur la mort, la dévaluation de la vie et l’impatience à la quitter pour rejoindre le cercle des élus. Qui aurait la curiosité et la patience de suivre les débats des groupes de discussion confessionnels sur Facebook, mesurerait, assez vite, le stade élevé de radicalisation et de raccourci conspirationniste chez les jeunes musulmans de l’aire saharo-sahélienne.

Certes, l’effet de mode y contribue mais il se dégage, d’une observation assidue des polémiques, la permanence d’un discours de la rumination et de l’acrimonie, qu’irriguent divers affluents, tels le racisme anti-blanc, un zeste de panafricanisme hystérique, l’imagerie de faux miracles par détournement de photo de vidéo et, bien entendu, la détestation viscérale de l’Occident, promoteur du vice, ennemi d’Allah, pilleur de nos richesses, à jamais justiciable des crimes de la colonisation et, pourtant, objet secret de nos fantasmes de jouissance et de liberté.

Dès janvier 2016, le documentaire Salafistes de François Margolin et Lemine Ould M. Salem démontrait le niveau inédit de connivence entre les praticiens de la guerre sainte et les jurisconsultes et « érudits » qui leur dispensent la fatwa, par téléphone, à mille lieux de la bataille; le film dévoile le dialogue des mujahidin, avec leurs émules et cependant directeurs de conscience, basés en Mauritanie et parfaitement identifiables.

Peine perdue

Ni la France ni une quelconque puissance extra-africaine n’a vocation à envoyer ses fils mourir pour protéger les africains. A moins de cultiver le goût immodéré du masochisme, les vieilles démocraties ne reçoivent, en retour, qu’ingratitude et suspicion illégitime. Quand le militaire blanc vole à notre secours, nous hurlons volontiers à l’ingérence et suspectons la mise à sac de nos ressources ou quelque ruse oblique de l’impérialisme.

Si le sauveur s’abstient et nous abandonne à l’incertitude du théâtre des opérations, nous nous empressons d’entonner la trompette du reproche invariable, « que fait l’Occident ?» Oui, sans nier la prévoyance et l’extrême utilité d’une association de l’Algérie à l’initiative du G5 Sahel, les alliés d’Europe et d’Amérique s’enliseraient, en revanche, à vouloir défendre, contre eux-mêmes, des dirigeants et des peuples qui entretiennent, à la maison, la fabrique du fanatisme ; l’incurie et la rapine des premiers, pousse les seconds à se réfugier, par affliction, dans la copie du pire modèle d’arabité, celui qui lie la délivrance au trépas. En février 2018, Ahmedou Ould Abdallah conférait, à la lucidité de l’observation, valeur d’avertissement ; dans une séquence de franchise inaccoutumée en public sous la plume d’un ex- décideur des Nations unies, il éveille le Monde libre aux pièges de la manipulation par des kleptocraties perfidement rétives à ses valeurs.

Alors, n’ayons réserve ni pudeur à le reconnaitre, tant que l’Afrique ne dénichera, des profondeurs de sa mémoire, de quoi opposer une réplique d’immunité au néo-nazisme du Salaf, l’aide extérieure ne lui servirait qu’à s’aliéner, dans la dépendance d’une tutelle protectrice. Que nous recevions de nos amis, le concours logistique, la formation, l’entrainement et la technologie du renseignement, l’épreuve en cours demeure notre impasse. Nous ferions preuve de cynisme, de la leur prétendre imposer.

A trop contourner le questionnement sur les limites du sacré et son articulation à l’intérêt général, le Continent couve des générations spontanées de missionnaires du jihad ; en prolifération continue, elles s’apprêtent à assurer la succession d’Alqaida et de Daesh pour repartir à l’assaut de nos différences, faire subir, à nos enfants, les affres de la Grande Discorde, cette guerre civile dans l’Islam, dont l’historien tunisien Hichem Djait dénudait, en 1989, la férocité et la trivialité. Surtout, ne le répétez à voix haute, vous froisseriez, sinon, la susceptibilité chatouilleuse des musulmans. Chut, ne stigmatisons personne, cantonnons le défi à un problème de partage, fermons les yeux, Incha Allah, ça va passer….

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Abdel Nasser Ethmane est fonctionnaire international, diplômé de sciences politiques, droit de l’Homme et polémologie, analyste des enjeux globaux de sécurité en Afrique de l’Ouest et du Nord.

cridem

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Contribution au débat politique en Mauritanie : Impossible de se taire quand la situation est critique

Contribution au débat politique en Mauritanie : Impossible de se taire quand la situation est critiqueInitiatives News – Certains amis tentent de me convaincre de l’inefficacité de l’expression de mon opinion sur les réseaux sociaux, je ne peux m’empêcher de participer au débat concernant mon pays, la Mauritanie.

Ces amis prétendent que le pays est pris en otage et que ma voix n’y changerait rien. À leurs yeux, croire le contraire est prétentieux d’autant plus que je ne dispose pas d’expertise particulière me permettant d’émettre un avis fiable sur la politique et la situation du pays. Je ne suis ni sociologue ni littéraire et encore moins politicien.

Mes amis ont certainement raison. Cependant, vue la situation critique actuelle de la Mauritanie que j’aime plus que tout, il est impossible de se taire. Je me dois d’utiliser cette plateforme pour alerter l’opinion nationale.

Les promesses de 2005 diluées dans les ambitions d’un homme

Je voudrais adresser à ceux qui se réjouissent de l’intention de Mr. Ould Abdel Aziz de vouloir quitter le pouvoir en 2019. Comment pouvons-nous être aussi dupes ? Avons-nous déjà oublié la promesse solennelle, annoncée sur la Voix de l’Amérique, après le coup d’état de 2005, dans laquelle Ould Abdel Aziz déclarait de vive voix que le monde serait cette fois ci surpris puisque la junte, contrairement à l’habitude, était déterminée à remettre le pouvoir aux civils et à observer une neutralité absolue par rapport aux futures élections. L’objectif disait-il était de conforter la confiance du peuple dans le processus électoral.

A l’époque, tout comme d’ailleurs beaucoup de mes compatriotes, j’avais cru tout bonnement à l’honnêteté de l’homme. Ainsi, quand j’ai été approché par certains employés de notre ambassade à Washington DC pour aider dans la campagne de sensibilisation, j’étais honoré et ravi. Je me suis retrouvé à défendre la cause des putschistes auprès de mes amis mauritaniens de différentes mouvances politiques aux USA et avec qui j’avais entretenu au fil des années de bons rapports.

Par exemple, j’ai discuté avec les partisans du FLAM, lors de l’une de leur conférence au siège de Pulaar Speaking Association à Brooklyn, New York. Je m’étais battu auprès de ces derniers pour qu’ils renouent le contact avec les nouvelles autorités et cessent les hostilités.

De même, je suis allé au State Département, NED, NDI et au Congrès pour exhorter de mon humble voix les autorités américaines, encore hostile à l’époque, de suivre le peuple mauritanien qui supportait dans sa large majorité ce changement.

Imaginez donc mon inquiétude et ma surprise quand j’appris que ce même CMJD, qui criait haut et fort sa totale neutralité, avait failli à sa promesse en élisant de s’immiscer dans les élections. Pour moi, cela signifiait une seule chose : Ould Abdel Aziz n’avait pas à cœur l’intérêt national et était plutôt à la quête de ses intérêts personnels.

Je me souviens pourtant de ma grande émotion et fierté lorsque je suivais en direct à la télévision les images d’investiture du nouveau Président, Mr. Sidi Ould Cheikh Abdallahi en présence de son principal adversaire et d’une large représentation de la Communauté Internationale. Malgré mes réserves par rapport au processus, et ma déception par rapport aux comportements de Ould Abdel Aziz, j’étais apaisé puisque je savais le nouvel élu intègre.

2008, le coup de massue contre le peuple

Puis le coup d’état de 2008. Le coup de trop. Ce coup d’état symbolisait aux yeux des mauritaniens le mépris de l’état de droit que le peuple s’était battu à rétablir. Ce coup était venu remettre les pendules à zéro.

Il représentait un coup de massue à la volonté du peuple, mais surtout une insulte à notre armée nationale qui devenait de facto un instrument au service des vices d’un seul homme.

Au fur et à mesure des années, le pays a totalement perdu tout ce qui lui restait de sa crédibilité. Il est devenu la propriété d’Ould Abdel Aziz, qui fait de lui ce qu’il lui passe par l’esprit, sans se soucier des conséquences. Cette individualisation de la prise de décision, par une personne inapte intellectuellement, a eu des conséquences graves sur le fonctionnement du pays.

Désormais, l’administration est bourrée d’incompétents incapables d’élaborer une vision claire. Les nominations se font sur la base du clientélisme ainsi que les attributions des marchés. L’état est tout simplement devenu inexistant.

Pourtant, les dix-neuf mois du pouvoir du CMJD et la subséquente élection du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi avaient fait renaitre l’espoir chez les mauritaniens. J’ai encore en mémoire une discussion à propos des multiples coups d’états avec un officiel du département d’état américain chez qui des représentants de notre ambassade étaient venus plaider en faveur du dernier changement. Il leur disait en substance, «vous voilà les mêmes, qui usaient de tous les arguments hier pour persuader les autorités américaines que Ould Taya était le meilleur président. Ould Taya étant parti, vous reveniez à la charge pour totalement renoncer vos arguments du passé, et tentiez de nous convaincre que l’action du CMJD était salvatrice. Nous avions accepté d’adopter votre position. Quand Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été élu au cours d’une élection libre et transparente, la Mauritanie avait présenté l’évènement comme un rejet de la population des procédures du passé et l’avènement d’une ère nouvelle, qui allait permettre de nouvelles perspectives.

Une année après vous reveniez encore pour nous expliquer que la situation n’était pas aussi bonne qu’en apparence et qu’en vérité la vraie démocratie allait débuter sous le nouveau régime du Général Aziz » ! Il concluait en disant si ce discours semblait logique en Mauritanie, aux USA on ne pourrait jamais changer d’administration ainsi !

A l’orée de 2019, éviter la nouvelle désillusion

Aujourd’hui, après tant de mensonges et de dégâts, il est impossible de croire qu’Aziz s’en ira volontairement et ne se mêlera plus des affaires d’état en 2019. Pouvons-nous réellement croire qu’il prendra le risque après avoir perpétué de graves entraves contre l’état depuis plus d’une décennie, de vivre une retraite « paisible » ?

La morale de l’histoire est que Ould Abdel Aziz n’est pas dupe. Il sait bien que le rétablissement d’une vraie démocratie en Mauritanie jouera contre lui. Il ne peut y avoir un état de droit en Mauritanie sans qu’il soit jugé pour ses crimes.

J’exhorte mes concitoyens de continuer la lutte et de ne pas accepter d’entrer dans son jeu. Nous savons tous déjà qu’il soutiendra un candidat, qui sera soit sa marionnette personnelle pour continuer la dilapidation de nos biens, ou un cheval de Troyes pour retourner au pouvoir de manière plus directe.

*Software engineer,

Mohamed Vall Ould Sidatt

–Washington DC-USA

cridem

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L’Editorial du Calame : Mille cent sept preuves implacables

L'Editorial du Calame : Mille cent sept preuves implacablesUn quart de siècle. Oui, cela fera exactement un quart de siècle, en Juillet 2018, que notre Calame s’évertue à tenir, chaque semaine, les annales de la plus noble aspiration populaire : former une nation juste, fraternelle, fermement campée sur sa foi et ouverte au Monde.

En lutte donc, contre tout ce qui s’y oppose : l’iniquité, l’oppression raciale, ethnique, tribale, statutaire, la xénophobie, le népotisme, le racket, le détournement des biens publics, la corruption, la mal-gouvernance… toutes choses, en somme, si odieuses aux commandements divins.

Le Calame a donc évoqué, évoque et évoquera, incha Allah, tant que leurs effets pèseront sur la Nation, les sujets qui fâchent : l’esclavage, le passif humanitaire – avec, notamment, le célèbre « La terre accuse ! » sur les fosses communes de Sory Malé, au Brakna – le tribalisme, la pauvreté statutaire, la mainmise du pouvoir, sur tous les pouvoirs, au profit d’une ultraminorité…

Le simple constat de s’être retrouvé interdit de parution, à trois reprises, et censuré, une trentaine de fois, entre 1993 et 2005, prouve combien cette ultraminorité était virulente et combien Le Calame visait juste.

Il était, tout comme le RFD, les FLAM, El Hor et tant d’autres, taxé, par cette clique, d’ennemi de la Nation, pêcheur en eaux troubles… Se seraient-elles purifiées, ces eaux, avec le bannissement, en Août 2005, du bouc émissaire Ould Taya, dans le luxueux désert qatari? Il n’aura pas fallu trois ans pour devoir reconnaître qu’on en était bien loin.

Et Le Calame de reprendre donc sa tâche, inlassablement. Bien avant Daddah, bien avant Bouamatou, un temps leurrés, eux, par la rectification azizienne si attentive à de ne jamais paraître ce qu’elle n’a jamais cessé d’être :

une vulgaire boutique de maquillage réactionnaire ; et modifiant, en conséquence, sensiblement la stratégie de sa clique à notre encontre : exclusion de tous les voyages officiels, de toutes les rencontres du Président avec la presse, interdiction formelle, à toutes les structures de l’État, d’y souscrire abonnement ou y publier annonce. Bref, l’étranglement économique, plutôt que la censure.

Entreprise tout aussi vaine car il ne manque pas – et fasse Le Seigneur de Vérité que cela dure ! – de patriotes assez convaincus de l’utilité d’une presse libre pour nous soutenir.

Forts de cette conviction, aucun d’entre eux ne s’aviserait à nous dicter un quelconque de nos articles. Ils savent cependant que nous accueillerons, comme nous l’avons toujours fait, d’autant plus volontiers les leurs que l’autre presse ne les acceptera jamais.

Où sont donc les corrompus, un jour bâillonnés, l’autre obligés de ne se faire la voix que de leur maître ? Certainement pas au Calame ! N’importe lequel d’entre nous peut en témoigner devant n’importe quel tribunal : quels que soient sa naissance, sa couleur de peau, son sexe, son statut social, nul, en notre journal, n’est le valet de quiconque.

C’est cette liberté qu’Ould Abdel Aziz veut restreindre, en plaçant notre directeur de publication sous contrôle judiciaire, depuis près de six mois, avec interdiction de quitter Nouakchott. Et, en prime sordide, une campagne sournoise et fielleuse de dénigrement, dans les salons nouakchottois et sur les réseaux sociaux… C’est intolérable et nous, rédacteurs du Calame, ne le tolérons pas !

Nous, rédacteurs du Calame, dénonçons, tous ensemble et d’un seul bloc, ce criant arbitraire et demandons, à tous les patriotes, à tous les démocrates, à tous les journalistes soucieux de leur liberté, d’agir, avec nous, pour que cela cesse, sans plus tarder !

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ? Dénoncé la prise du pouvoir par les armes, le pillage du pays en bande organisée, la mainmise sur ses ressources, le délabrement des secteurs sociaux, la hausse des prix, le népotisme érigé en mode gouvernance, la déliquescence de l’économie ?

Si dénoncer de telles tares équivaut à comploter contre la Nation, alors, nous tous, rédacteurs du Calame, sommes des comploteurs et, même placés sous contrôle judiciaire, continuerons à comploter contre l’inadmissible.

Osez, messieurs de la prétendue « justice » réputée libre et indépendante, insensible à la corruption, nous mettre, chacun d’entre nous, en examen, afin d’examiner notre engagement envers la Nation ! 1107 éditions sont à votre disposition : témoins à charge ou à décharge ? Osez donc, messieurs les incorruptibles : nous nous chargerons, nous, d’établir tribune, en votre tribunal, avec des preuves, implacables, à l’appui…

En un seul bloc sans faille

La rédaction du Calame

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Le plan d’Aziz pour garder la main après 2019

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Les évènements se précipitent pour donner une image plus claire de ce que mijote la majorité pour que son « champion », le président Aziz, reste aux commandes, après 2019, même en ayant quitté la présidence ! 

La restructuration du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR) se précise maintenant comme une action de « récupération », exactement comme la mise à mort du sénat, en août 2017.

A la fin de son mandat, Aziz a eu deux « illuminations » : le sénat est « inutile et incertain » et le « machin » UPR ne joue pas son rôle ! Pourtant, la vérité est ailleurs. Le président aurait pu dire, tout simplement : A nouvelle situation, nouveaux moyens pour continuer à assurer ma mainmise sur le pouvoir.

L’UPR sera plus puissant que le parlement et le gouvernement si l’échafaudage imaginé par Aziz résiste aux multiples pressions (intérieures et extérieures) . Le chef du bureau exécutif de cinq membres que le parti au pouvoir suggère sera plus puissant que le président de la République. Le rôle de « coordination » est un euphémisme pour dire que cette instance sera le poste de commandement (PC) à partir duquel Aziz continuera à donner ses ordres au gouvernement et au parlement dont les patrons (le Premier ministre et le président de l’assemblée) se trouvent justement sous sa coupe au sein du triumvirat « président de l’UPR-Premier ministre-président de l’assemblée » dont le rôle est de contrôler le « pouvoir » du président de la République « élu », après avoir été désigné pour succéder à l’actuel homme fort du pays.

Mais tout doit être bâti sur la confiance pour que ce plan fonctionne. Ce montage, qui est une variante de celui élaboré par Aziz et Ghazouani (alors hommes forts de l’armée), a besoin de la conjugaison de plusieurs circonstances favorables pour fonctionner sans dérapages.

Il faut d’abord que le reste de la majorité (et même au sein de l’UPR) que tous ceux qui gravitent aujourd’hui autour du pouvoir soient sur la même longueur d’onde. A défaut de cela, le prix à payer pour la fidélisation des leaders d’opinion et des grands électeurs (chefs de tribus, présidents de partis, d’ONG, généraux, etc) sera exorbitant. D’ailleurs, cette partie de la manœuvre a déjà commencé avec la promotion au grade de général de colonels dont il faut s’assurer le soutien, et la nomination au secrétariat général de la présidence d’un « cheikh » de Boutilimit, ville de l’opposant historique Ahmed Ould Daddah.

La survie du Système passe par la mobilisation autour de ce plan que révèlent les paroles du président Aziz quand il dit : « rien ne changera, même quand je ne serai plus à la présidence ».

Il faut aussi, pour y arriver, que l’Armée soit « sous contrôle », ce qui laisse supposer que, contrairement, à ce qui se dit, le président travaillera au maintien du général Ghazouani à la tête de la Grande muette, le temps qu’il faudra pour favoriser son retour à la présidence. Ce qui laisse supposer que le président qui viendra, après 2019, sera, lui aussi, victime d’une « rectification » dont la durée sera plus ou moins longue en fonction de la situation qui prévaudra.

Ainsi, il y a de fortes chances que ce plan réussisse si le peuple (et non l’opposition) ne se dresse pas contre la situation vécue en 2008, en refusant de suivre l’UPR dans cette nouvelle mise en scène. Le calvaire vécu durant les deux mandats d’Aziz peut servir de catalyseur pour provoquer une alternance à la sénégalaise quand, le président Wade, désireux de prolonger son pouvoir, en tripotant la constitution, en 2012, a été chassé par le verdict des urnes. La seule chose que peut faire l’opposition, dès à présent, est de travailler pour que les élections se déroulent en toute transparence.

Mohamed Ould Brahim (Le Courrier du Nord via cridem)

mauriweb

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