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Mauritanie : 1,4 million d’inscrits sur la liste électorale
Le Recensement Administratifs à Vocation Electorale a été bouclé mardi et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a publié le nombre d’inscrits sur la liste électorale :
Hod el-Chargui 152444
Hod el-Gharbi 120475
Assaba 128483
Gorgol 109304
Brakna 153885
Trarza 167512
Adrar 45285
Nouadhibou 67177
Tagant 45285
Guidimakha 74726
Tiris Zemmour 26314
Inchiri 17219
Nouakchott – Ouest 97409
Nouakchott – Sud 113767
Nouakchott – Nord 109142
Total 1428.867
Alakhbar
Présidentielle au Mali: second tour entre le sortant et le chef de l’opposition (officiel)
VOA Afrique – Le second tour de la présidentielle au Mali opposera le 12 août le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, au chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, a annoncé jeudi soir le ministre de l’Administration territoriale, Mohamed Ag ErlafK.
Au premier tour qui s’est tenu le 29 juillet, M. Keïta est arrivé en tête avec 41,42% des voix, contre 17,80% pour Soumaïla Cissé, selon les résultats officiels provisoires portant sur l’ensemble des suffrages, a précisé le ministre lors d’une annonce à la télévision publique ORTM.
La participation a été de 43,06%.
Avec AFP
Mauritanie: l’unité nationale et la cohésion sociale en question
Unité nationale – Le champ politique de la Mauritanie est marqué par le caractère trop autocentré de la quasi-totalité des acteurs opérant dans l’espace politique national, l’absence de la communication, du dialogue entre le pouvoir et l’opposition, d’une part, entre les partis politiques eux –mêmes et les acteurs de la société civile, d’autre part, lesquelles malgré les efforts consentis ici et là, se pose le problème de la visibilité dans la lutte pour une solution négociée et acceptable de la problématique de l’unité nationale et la cohésion sociale.
Les ethnies interrogent les lieux de diffusion de la connaissance (l’école), de la foi (mosquée), de la culture et de l’information (médias), du pouvoir (gouvernement et administration). Elles se rendent à l’évidence d’une politique raciale opérée par tous les pouvoirs publics de ce pays, dès l’accession du pays à la souveraineté internationale.
A ces traits généraux, s’ajoutent l’absence de la volonté politique et par conséquent l’inexistence d’une stratégie nationale concertée.
Ces données fondamentales pour définir un axe prioritaire orienté vers l’action structurante de concertation en direction des acteurs politiques pour la tenue d’une convention nationale demeure plus qu’une nécessité.
La création d’un cadre organisé en concertation avec les partis et organisations intéressées par cette problématique, instituant un dialogue participatif dans le processus de formulation et de mise en œuvre d’une stratégie autour de la problématique est impérieuse.
Cela, c’est la sagesse et pour mettre fin à ces causes, il faut analyser sérieusement la situation car en traitant de ces problèmes, il faut se garder de tout schématiser, parce que la réalité est infiniment plus complexe que tous les schémas et toutes les législations.
Le Professeur Jean STAROBINSKI aux trente quatrième session des Rencontres Internationales de Genève sur la question de l’identité : « On s’aperçoit que c’est là aujourd’hui un puissant motif de rassemblement, et un redoutable facteur de division Quoique qu’il en soit, la notion d’identité ethnique, culturelle, ou nationale se montre agissante sur presque tous les continents, et ses conséquences occupent souvent le premier plan d’une actualité tragique. La montée des identités rivales, soutenues par des souvenirs ancestraux belliqueux, provoquent des luttes inexpiables au moment même où devrait prévaloir la lutte contre la pauvreté. Les anciennes solidarités se rappellent au souvenir des individus, quand ils ne peuvent plus compter sur les structures étatiques de récente apparition. L’idée plus ou moins mythique des origines communes l’emporte alors sur toute autre considération ».
Les identités culturelles ne s’affrontent pas sur le terrain politique mais les nationalismes, leur expression idéologique. Ce type de conflits, autre que ceux de classes sont au cœur d’une problématique causée par le rapport entre nation et nationalités : la Question Nationale.
Elle exprime les contradictions entre nations (dominants et dominés) et entre nationalités au sein d’un état.
En Mauritanie, le problème auquel on pense le plus facilement est la difficile cohabitation entre les communautés arabo-berbères et négro-africaines ainsi que la question de l’esclavage des couches harratines. Les diverses ethnies (pular, soninké, wolof, bambara et harratine) qui composent le pays ne veulent pas être soumises à la seule ethnie arabe et réagissent évidemment de manière parfois primitive à ce qu’elles considèrent comme des tentatives d’uniformisation, d’exclusion et de racisme d’état qui se manifeste dans les domaines politique, économique, culturel, social et même symbolique.
Cette politique exclusiviste est bien perceptible au niveau des symboles, des sceaux et des armoiries de l’Etat mauritanien qui refuse systématiquement d’assumer la diversité de ses composantes nationales et sociales.
Au nom de la sauvegarde d’une identité, tenue pour une fin absolue, tous les moyens deviennent excusables. Dans l’incertitude sur le but futur de l’histoire universelle, l’on cherche refuge, sinon dans le passé ravivé du groupe particulier, du moins dans le « nous »restreint qui récuse sommairement le droit dont se réclament les « autres ». Oui, c’est une obligation morale que de reconnaître et de respecter les identités ethniques et culturelles, surtout lorsqu’elles sont minoritaires. Mais dans cette obligation résulte une conséquence évidente : nulle identité n’a un titre quelconque à s’affirmer comme la seule instance « légitimante », c’est-à-dire comme une valeur première et sans appel, sauf à voir sévir la guerre de tous contre tous. L’identité ne sera jamais le fondement d’une éthique.
Le développement de l’homme mauritanien passera par les voies obligées de l’unité nationale et la démocratie. Leur corollaire, une justice de transition devra servir la société apaisée que nous voulons. Car la paix n’est pas l’absence de conflit ; la paix est le fruit de la justice.
Cette dialectique, entre l’unité, la justice et la paix devrait constituer le triptyque de l’approche de dialogue permanent et non contingent, en direction des questions nationales majeures (esclavage, passif humanitaire, cohabitation) pour l’Etat multinational mauritanien.
MATAKA
SENALIOUNE
Élections du 1er Septembre/ majorité présidentielle : Pourquoi faire ?
Les listes candidates du principal parti de la majorité présidentielle (UPR) ont été rendues publiques en fin de semaine dernière. Après quelques retouches, bien entendu, et autres grincements de dents. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment l’Union Pour la République entend capitaliser – traduire dans les urnes –son million et demi d’adhérents. Un gros et difficile défi que ce parti qui vient d’être redynamisé s’attèle à relever. Difficile, d’abord dans la mesure où il devra gérer d’abord ses mécontents qui n’ont pas été casés quelque part ; ensuite dans l’obligation de faire face à une opposition déterminée à ne pas se laisser marcher dessus.
La campagne de réimplantation que l’UPR a organisée, il y a quelques mois, a remis sur le tapis les querelles de tendances, en hibernation depuis les élections de 2013. Partout, les hauts responsables du parti, dont certains ne devraient même pas descendre sur le terrain, ont cherché à se construire ou à consolider des bases politiques, pour peser et profiter des mannes de l’État. Résultats des courses, de profondes divergences qui ont impacté sur les investitures de l’UPR, vite obligé de revoir sa copie. La mise à la touche de certaines grosses pointures dont le président en personne du parti, le classement, dans les profondeurs, des listes nationale, régionale et des femmes, ne manqueront probablement pas de jouer sur les résultats du parti.
Ses investitures laissent songeurs les observateurs. Le pouvoir ou la présidence aurait, comme en 2013, placé des personnes de haut rang en des listes de divers petits partis de la majorité. Ont profité de cette générosité Sursaut, Karama, Islah… Ces renforts expédiés en signe de générosité pourraient être, tout aussi bien, interprétés en reproches adressés à l’UPR qui se retrouverait, ainsi, affaibli. Pour Moussa Fall, président du MCD, membre du FNDU, ces « colis » aux partis-« satellites » prouvent que l’UPR, est, à elle seule, incapable de s’octroyer une majorité, lors des élections. Et qu’il s’agit donc, pour le pouvoir,de ménager sa monture. Dans quel but ?
Plan A, plan B…
Les observateurs avertis de la scène politique croient savoir que le président Ould Abdel Aziz et/ou ses proches tentent de construire une majorité dans l’optique dans d’un troisième mandat. Même si le principal intéressé s’obstine à répéter qu’il ne le briguera pas, la majorité de l’opinion, avec, en tête, l’opposition qui parle de « conversion » du million d’adhérents de l’UPR en électeurs, n’en doute pas. Raison pour laquelle elle continue à mettre la pression sur la CENI et à alerter l’opinion nationale et internationale ; mettant en garde contre les dérives d’un processus électoral conduit, de manière unilatérale, par le pouvoir qui a déjà démontré sa « mainmise » sur l’organe de contrôle des élections.
Doté d’une majorité confortable ou mécanique, le pouvoir pourrait être tenté par un congrès parlementaire, avant la fin de la présente législature ou au début de l’année 2019. Ainsi pourrait-il faire sauter l’article 26 de la Constitution qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Avec quels risques incalculables pour le pays ? La question du troisième mandat vient d’ailleurs d’être remise au goût du jour, par le porte-parole du gouvernement, affirmant, pour la énième fois, que le président ne quitterait pas le pouvoir en 2019.
L’autre option pourrait être le changement de régime, avec un Premier ministre doté de l’essentiel des pouvoirs. Un rôle qui reviendrait au Président actuel, au lendemain de son départ du pouvoir en 2019. De l’avis de tous, Ould Abdel Aziz n’aurait donc pas fini d’échafauder son scénario – plan A, plan B… plan C ? – visant à lui permettre de garder le pouvoir. Dans le cas susdit, quel rôle reviendrait au général-chef d’état-major des armées, Ghazwani, le plus souvent cité en potentiel remplaçant du général-président ? Accepterait-il de jouer la marionnette ? Mystère ! Deux choses sont cependant sûres : en un, bien malin qui saura prévoir ce qui se passera d’ici là. En deux, les élections de Septembre seront un sérieux test pour le pouvoir en place. De la victoire, dans la transparence ou non, à l’inattendue défaite, leur verdict écrira l’agenda d’Ould Abdel Aziz que des proches poussent à parjurer, en modifiant la Constitution et reniant ainsi son serment. Une autre histoire sur laquelle il nous faudra revenir… si telle est la volonté de Dieu.
DL
Source: http://lecalame.info
L’Editorial du Calame : Bienvenue au cirque !
Dans un mois jour pour jour, les Mauritaniens sont appelés à élire leurs conseils régionaux, députés et maires, dans une opération qui s’apparentera plus à une foire d’empoigne qu’à des élections proprement dites.
À part une dizaine de formations qui peuvent se prévaloir de programme plus ou moins cohérent, la centaine d’autres qui se lanceront dans la bataille n’ont de partis que le nom. La décision du gouvernement de dissoudre tout parti qui ne se présente pas à deux consultations électorales successives ou n’obtient pas plus de 1 % de votants les a soudainement réveillés de leur torpeur.
Résultat des courses : certains ont cédé leurs partis gracieusement, d’autres ont carrément vendu des places sur leurs listes – les meilleures, bien évidemment –, tous ont accueilli des mécontents, particulièrement du parti/État qui n’est pas parvenu à satisfaire les demandes des milliers de candidats à la candidature.
Rien qu’à Nouakchott, plus de quarante listes se disputeront les suffrages des électeurs, dans chaque moughataa, sans compter les listes nationales qui dépassent la centaine. A l’intérieur du pays, la concurrence, aiguisée par les enjeux locaux et un tribalisme exacerbé, fait voler l’électorat en éclats.
Avec de non-négligeables risques de débordement. Face à cette inflation de candidats, de partis et de logos, comment la Commission électorale pourra-t-elle confectionner les bulletins de vote, les acheminer à l’intérieur du pays dans des délais aussi courts ; en bref, organiser des élections transparentes et crédibles ? Cela relève, au bas mot, des travaux d’Hercule.
Et, si jamais la consultation est organisée comme prévu, comment les électeurs arriveront-ils à s’y retrouver, avec autant de bulletins de vote ? Lors des élections de 2013, avec moins de formations politiques, le parti arrivé en tête fut celui des bulletins nuls.
Imaginez le pauvre citoyen perdu, derrière l’isoloir, avec des logos pleins la tête, ne sachant pas quoi faire. Ce serait un miracle si tout le monde réussissait à voter correctement. Une fois l’opération achevée, ce qui ne sera pas une mince affaire, il est illusoire de penser un instant qu’un parti pourrait obtenir une majorité à l’Assemblée nationale.
L’UPR – PRDS nouvelle version, l’argent en moins – risque de payer très cher ses mauvais choix. Il est contesté partout et certains gros bonnets n’hésitent plus à soutenir ouvertement des listes concurrentes.
L’opposition risque, elle aussi, de faire les frais de ses atermoiements et de son manque de moyens. Beaucoup de petits partis devraient, du coup, profiter de la situation et, jouant sur la fibre tribale et régionale, obtiendront des postes de maire et de député un peu partout dans le pays.
En temps normal, il aurait été pratiquement impossible de fédérer autant de monde dans une majorité parlementaire mais les choses ont changé en catimini. La loi sur la transhumance politique a été abrogée en douce et n’importe quel député peut quitter son parti et conserver son mandat.
Sentant le vent du boulet, Ould Abdel Aziz a voulu prendre les devants et préparer, comme en 2006, un bataillon de députés, issus de divers horizons, pour se constituer, au final, une majorité à sa botte. Et si tout ceci n’était, somme toute, qu’un cirque destiné nous faire avaler, au final, de nouvelles couleuvres ?
Ahmed Ould Cheikh
le calame



