Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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L’impossible unité nationale : Les principaux obstacles (cinquième partie)/Par le colonel (E/R) Oumar ould Beibacar

altL’esclavage

Le premier obstacle est, incontestablement, le problème de l’esclavage qui sévit dans toutes nos communautés, même s’il est plus apparent chez les Maures. Ce fléau dont souffre la composante harratine, exploitée, discriminée et marginalisée, depuis des siècles, et que le pouvoir militaire cherche, coûte que coûte depuis son avènement, à entretenir et à perpétuer, au mépris de la Constitution et de la loi, sans doute pour mieux nous diviser afin de mieux régner. Ce fléau dont il nie l’existence, au moment où il fonde des tribunaux spéciaux pour le réprimer. Un fléau en train de faire exploser, à moyen terme, la communauté maure. 

Le sort des Matchoudos, esclaves toucouleurs et des Komés, esclaves des soninkés, les oubliés de la République et de la Liberté, qui ne figurent même pas sur l’agenda  des abolitionnistes, doit être traité sans passion, avec beaucoup de sérieux et d’appréhension.  Ceux-ci étant de la même couleur et portant, parfois, les mêmes noms que leurs maîtres, donnent l’impression de vivre dans un système égalitaire, alors qu’ils sont victimes de beaucoup de discriminations dissimulées.

Leurs traits portent souvent les stigmates de leurs souffrances morales et psychologiques. Spoliés, terrorisés, frustrés et privés de leur dignité, de leurs terres et, parfois, de leurs biens, ils subissent, en silence, l’arbitraire quotidien de leurs maîtres qu’ils ne peuvent dénoncer. Certains, comme les Komés, de la communauté la plus esclavagiste du pays, à savoir des soninkés du Guidimakha, souffrent de discrimination, parfois même à titre posthume. Ils n’ont même pas, semble-t-il, le droit de prier dans la même mosquée que leurs maîtres et après leur mort, ils n’ont pas le droit d’être enterrés dans le même cimetière.

Les langues maternelles ou nationales

Le deuxième obstacle à l’unité nationale est, incontestablement, le problème linguistique. La Mauritanie n’est pas l’Egypte, la Mauritanie n’est pas l’Irak ou la Syrie, la Mauritanie n’est pas la Libye. La Mauritanie est une république islamique où cohabitent des arabo-afro-berbères ou beïdanes et des négro-mauritaniens unis par des liens séculaires de civilisation et de religion. Elle constitue un trait d’union entre le monde arabe et le monde africain, c’est un pays multinational et pluriculturel fortement arabisé par l’islam.

La nation est composée de quatre communautés : la communauté maure qui parle le Hassaniya, la communauté peuhle qui parle le pulaar, la communauté soninké qui parle le soninké et la communauté Wolof qui parle le Wolof. A cause de l’Islam, l’arabe est incontestablement la langue unitaire pour toutes ces communautés, à condition qu’elle soit acceptée par tous, dans le respect mutuel  de leurs différences, et qu’elle aboutisse au rétablissement d’une meilleure harmonie et d’une meilleure confiance, entres toutes nos communautés. Et, surtout, ne pas donner l’impression d’être une langue de domination, une langue d’exclusion.

La transcription en lettres arabes, des langues négro-mauritaniennes facilitera, indubitablement, leur assimilation par la composante maure. Je me souviens qu’en 1969-72, quand mon père polyglotte était le chef d’arrondissement à Mbagne, il recevait, très souvent, des visiteurs pour leur lire des correspondances, en provenance de leurs proches au Sénégal, écrites en pulaar, avec des caractères arabes et leur écrivait, en retour, des réponses, suivant le même procédé. 

Cependant, leur transcription en lettres latines, effective depuis plusieurs décennies, est aussi indispensable, puisqu’elle permet, à nos composantes négro-mauritaniennes, d’abord d’affirmer leur différence, et, aussi, de maintenir des liens harmonieux avec leurs frères de même ethnie qui se trouvent dans les pays voisins et dans tout le continent.

Je me rappelle, qu’à la fin des années quatre-vingt, au cours d’une discussion avec de hauts cadres nationalistes arabes, en présence d’un membre du CMSN, au sujet de l’institut des langues, un de mes interlocuteurs m’avait dit : « Ils sont de vrais racistes, ces négro-mauritaniens qui travaillent à l’Institut des langues, puisqu’ils exigent la transcription de leurs langues en lettres latines ». Je lui avais répondu : « il s’agit là d’un faux problème, il faut solliciter vos riches leaders, irakien et libyen, pour nous financer des instituts de langues ou la transcription se fera en lettres arabes, personne ne pourra la refuser et ce sera l’exception mauritanienne ».

L’essentiel est d’enseigner ces langues, même avec des lettres chinoises. Quant au choix par les experts négro-mauritaniens de l’institut des langues c’est leur plein droit, d’abord il ne s’agit pas d’un choix, parce que ces langues sont déjà enseignées dans plusieurs pays africains, avec ce caractère latin. Ensuite ces négro-mauritaniens forment des communautés. Prenons l’exemple des peuhls : il y en a vingt millions, dans tout le continent africain, dont moins d’un million en Mauritanie. Ils sont présents au Sénégal, en Guinée, au Mali, au Niger, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo, au Burkina, au Tchad, au Cameroun, en Centrafrique et ailleurs.  Ils ont tous le droit à la différence et au plein épanouissement, dans leur communauté.

Ils veulent former des docteurs et des ingénieurs dans leurs langues maternelles, mais quels seront leurs débouchés? – Le problème, ce n’est pas de former des hauts cadres, pour leur trouver des débouchés. Le problème, c’est de communiquer avec ces composantes, dans leurs langues maternelles. Le préfet, le médecin, l’enseignant, le garde, le gendarme, le policier ou le fonctionnaire quelconque qui travaille à Mbagne, à Sélibabi ou à Rosso doit pouvoir s’exprimer respectivement, en pulaar, en soninké et/ou en ouolof. Il est grand temps qu’on se parle mutuellement, chacun dans sa langue maternelle, au lieu de continuer éternellement à se regarder en chiens de faïence.

L’Institut des langues fit, incontestablement, un travail remarquable qui donna un résultat très satisfaisant, avant d’être saboté par la junte militaire qui cherche, toujours, à brouiller les cartes, en entretenant un climat de méfiance entre nos communautés, avec des desseins personnels et égoïstes. Le renforcement de toute cohésion nationale passe, nécessairement, par la valorisation des nos langues maternelles. Il est triste de constater qu’après plusieurs siècles  de vie commune, la majeure partie des intellectuels arabo-afro-berbères ne peuvent pas distinguer entre le pulaar, le soninké et le wolof.

Malheureusement, le pouvoir actuel veut s’éterniser et n’accorde aucune importance à l’enseignement de nos langues maternelles, malgré le plébiscite des dialoguistes qui ont unanimement salué l’enseignement des trois langues négro-africaines. Il faut, nécessairement, enseigner nos quatre langues maternelles. J’avais conseillé, aux écoles Diam Ly, fondées par mon frère et ami feu Ly Jibril Hamet, un fervent défenseur de l’enseignement des langues nationales, de prévoir, dans leur programme, une ou deux heures par semaine, au cycle primaire, pour l’enseignement de la langue pulaar, même à titre facultatif, je suis persuadé que beaucoup de parents d’élèves non peuhls seraient comblés d’apprendre que leurs enfants pourront parler le pular cette deuxième langue maternelle après le hassaniya, dès la fin du fondamental.

Seules des initiatives de ce genre peuvent, à mon avis, nous amener à réaliser l’enseignement de nos langues maternelles à travers nos écoles privées, en l’absence d’une volonté  politique nationale compromise par le pouvoir militaire, depuis son avènement. De quelle logique peut-on accepter aux turcs d’enseigner leur langue obligatoirement dans leurs écoles privées de Nouakchott, et refuser, aux nationaux, d’enseigner leur langue maternelle, dans leur école privée ?

Le hassaniya dont l’enseignement ne fut pas à l’ordre du jour vient, cependant  de marquer des points en dehors de nos frontières. En Avril 2017,  « le petit Prince », d’Antoine de Saint-Exupéry, publié en 1943, en français et en anglais, fut traduit dans une 300ème langue : le hassaniya. Pour  surmonter  le problème de l’enseignement des langues nationales, ‘’seule une politique linguistique et culturelle judicieusement pensée, clairement exprimée, largement discutée et approuvée unirait nos communautés nationales au lieu de les opposer’’, dixit Alfa Ibrahim Sow.

L’arabe n’est pas une langue nationale

L’arabe est une langue divine, une langue universelle. C’est la langue du Coran, de l’islam et des musulmans ; donc la langue de tous les Mauritaniens, sans exception aucune, quelles que soient leurs origines ou leur couleur. Elle est langue officielle de la République islamique de Mauritanie. Cependant l’arabe n’est pas une langue nationale, puisque seuls les intellectuels la parlent. Nous, les Maures, nous l’apprenons à l’école, avec nos frères négro-mauritaniens. Je me rappelle qu’au collège de Kiffa, un des meilleurs élèves  en arabe était un jeune peuhl, nommé Ba  Abou Gallo. Il était en 4ème quand j’étais en 6ème, notre professeur d’arabe, Mohamed Yahya ould Ahmed El Hady, ne ratait jamais l’occasion de nous faire les éloges de cet excellent arabisant. 

Un maure qui n’a pas appris la langue arabe ne comprend pas le contenu de la khotba, l’important discours religieux tenu par les imams, lors du rassemblement du Vendredi. Certes, le hassaniya est un dialecte très proche de l’arabe mais il est très différent. Aussi les arabophones qui ne connaissent pas le hassaniya n’en comprennent absolument rien. L’arabe et le hassaniya sont deux langues différentes.

J’ai un ami et parent, un brigadier de la Garde à la retraite, qui fréquente régulièrement les mosquées, depuis plus d’un quart de siècle. Sachant qu’il ne connaît pas l’arabe, je lui ai posé une question sur le contenu de la khotba, à l’issue d’une prière du vendredi que nous avions effectuée ensemble. « L’imam est très fort dans le domaine religieux », me répondit-il, « c’est un grand savant.   – mais, moi, je ne parle pas de l’imam, seulement du contenu de sa khotba ». Il m’avait répliqué au sujet des khotbas : je ne comprends pas grand chose, je ne comprends que les prières, mais je sais qu’elles sont très importantes.

Aussi beaucoup d’intellectuels négro-mauritaniens francophones, ainsi que des centaines de milliers d’analphabètes maures et noirs, passent tout le temps de la khotba à glisser, entre leurs doigts, les grains de leurs chapelet, en récitant des prières, sans rien comprendre au discours de l’Imam. A l’exception du pédagogue Mohamed ould Sidi Yahya qui déclame sa khotba en hassaniya, en traduisant les versets du Coran et les hadiths du Prophète, et d’un imam peuhl, dans une mosquée d’El Mina, au Sud du carrefour Yero Sarr, qui fait la même chose en pulaar, tous les autres imams font leurs khotbas en arabe classique et ne donnent aucune chance, à leurs nombreux auditeurs non arabophones, d’en comprendre quelque chose. Or, à quoi sert une khotba que personne ne comprend ?

Un bilinguisme nécessaire

Pourtant, la mise en œuvre d’un système éducatif adéquat, fondé sur un bilinguisme franco-arabe identique à celui pratiqué, par la Tunisie, depuis 1956, pays musulman de rite malékite, peuplé presque uniquement d’arabes, fruit d’une solution consensuelle, accompagnée d’un enseignement des quatre langues nationales serait une bonne chose, en attendant des jours meilleurs.

Le français n’est plus une langue étrangère à la Mauritanie, il y est devenu une langue locale. Cela fait plus d’un siècle que cette langue côtoie, chez nous, la langue arabe. Nos archives de cent ans, ainsi qu’une partie de notre histoire récente, sont écrites en français. Notre administration fonctionne avec cette langue et la plupart de nos meilleurs cadres sont formés en France ou dans des pays francophones.

Les ordonnances et analyses médicales demandées, par tous nos médecins, y compris les arabophones, ainsi que les résultats des laboratoires, plus les permis d’occuper et titres fonciers sont écrits en français. Toute la comptabilité nationale, publique et privée, ainsi que le réseau administratif de commandement, fonctionne toujours dans la langue de Molière. Les banques, l’accès à Internet, le code de la route, entre autres, exigent un minimum de connaissance de la langue française. Tous les panneaux et plaques de signalisation et d’indication, à l’intérieur des villes, ainsi que dans les bureaux publics ou privés, sont écrits en arabe et en français. Dans le contexte régional et international actuel, nos officiers et nos sous-officiers sont obligés de donner et de recevoir les commandements uniquement en français, pour faire face aux défis sécuritaires.

Le français nous permet de communiquer avec nos voisins arabes et africains. C’est, incontestablement, un atout majeur dans le développement socio-économique de notre pays et fait désormais partie intégrante de notre patrimoine culturel : il est grand temps de l’adopter et de cesser de le vilipender, pour des intérêts égoïstes et racistes.

Le français est une langue riche et universelle, véhicule d’une grande civilisation qui a engendré la révolution de 1789, porteuse des valeurs de liberté, d’égalité et de justice. Une langue qui nous a permis d’accéder à la modernité et au savoir scientifique et technologique. Une langue véhiculaire, qui nous a permis de consolider notre unité nationale et de communiquer avec d’autres peuples, et particulièrement les peuples riverains.

Au cours d’une visite officielle auprès de la gendarmerie algérienne, en 2004, d’une délégation d’officiers de la Garde nationale, ayant constaté que les officiers algériens parlaient beaucoup en français, j’ai demandé, à l’un d’eux, pourquoi utilisaient-ils tant la langue française ? Il me répondit : « Pour nous les Algériens, le français est un butin de guerre ». Je répliquai : « Pour nous les Mauritaniens, le français est notre butin de paix ». Le français,  une langue qui nous a pacifiés, fait désormais partie intégrante de notre patrimoine culturel, qu’on le veuille ou non. Elle n’est plus une langue étrangère. C’est une langue nécessaire, une langue utile, une langue indispensable pour notre développement. (À suivre).

le calame

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Biram Dah Abeïd écroué : Du déjà vu

altBiram Dah Abeïd retourne en prison, pour la énième fois. Le leader abolitionniste a été mis sous mandat de dépôt, au soir du lundi 13 Août, vers 18 h45,à la maison d’arrêt de Dar Naïm, sous forte escorte policière. Les forces anti-émeutes ont fait usage de grenades lacrymogènes, pour disperser la foule venue, en masse, manifester sa solidarité à l’égard du président d’IRA et réclamer sa libération immédiate. Biram a pu s’adresser, quelques minutes, à ses militants.

 Après une longue audition, le juge d’instruction avait suivi la demande du procureur de la République du tribunal de Nouakchott-Sud. Deux chefs d’inculpation sont retenus par le ministère public à son encontre, à savoir : « incitation à la violence et menace portée sur la vie des personnes », en vertu des articles 32, 33 de la loi 017-16 portant sur la liberté de la presse, article 24 de la loi sur la cybercriminalité. Le leader abolitionniste avait été arrêté mardi dernier et détenu, depuis, au commissariat de police de Riyadh 1, suite à une plainte du journaliste Deddah ould Abdellahi, pour « diffamation ». Le plaignant a été entendu en premier, avant de quitter le tribunal sous forte escorte policière. Depuis l’aube, les militants abolitionnistes avaient rallié, dans un premier temps, ledit commissariat de police, avant d’affluer au parquet de Nouakchott-Sud.

Biram est tête de liste de la coalition RAG/Sawab à la députation. La CENI avait délivré, jeudi, le récépissé définitif à cette liste. Le leader abolitionniste  a refusé de répondre aux questions des enquêteurs, en se murant dans un silence de cimetière. C’est de son lieu de détention qu’il a envoyé la missive suivante aux militants et militantes d’IRA.

‘’Chers compatriotes, chers frères et sœurs de la coalition de Sawab et parti RAG/IRA, la couardise de Mohamed ould Abdel Aziz et de son pouvoir ne lui permettent pas de me laisser me présenter librement, aux futures élections municipales, législatives et régionales. Aussi a-t-il procédé à mon arrestation, après avoir échafaudé d’un plan fondé sur la malveillance, le mensonge et la mauvaise foi, supervisé par la police politique, depuis la salle où a été organisé le partenariat entre les ailes politiques de Sawab et d’IRA.

Sûr de ne pouvoir être présent avec vous, lors de cette importante bataille électorale, dans l’histoire de nos combats et des êtres libres de Mauritanie, je n’ai aucun doute que vous allez gérer, comme d’habitude, ce nouveau choc et que vous allez administrer, à ce régime qui torture, divise et appauvrit le peuple, une défaite électorale sans précédent. À cette fin, je vous exhorte à vous concentrer sur la bataille électorale et ses exigences, sans vous détourner vers quoi que ce soit d’autre, comme  manifester en vue de ma libération : ce n’est pas une priorité, pour le moment.

L’intégration de Sawab et du RAG issu d’IRA, dans une coalition soutenant Biram Dah Abeid à la présidentielle, marque un rapprochement et une concrétisation d’unité, entre plusieurs communautés et ethnies nationales. C’est un danger pour la stratégie de Mohamed ould Abdel Aziz et de son pouvoir, fondée sur la division et l’exacerbation des tensions communautaires. Le chef du régime Mohamed ould Abdel Aziz redoute l’élection de Biram ould Dah Abeid au Parlement qui lui accorderait l’immunité parlementaire. Mais je lui rappelle que mon immunité est d’Allah le Tout Puissant et Miséricordieux ».

Rappel des faits

C’est l’ancien candidat à la présidentielle de 2014 en personne qui a donné, sur Whatsapp, l’info de son arrestation mardi, à son domicile, avant que ses proches collaborateurs ne partagent cette alerte sur les réseaux sociaux. Des policiers s’étaient présentés, chez lui, lui notifiant  avoir reçu « l’ordre d’en haut » de l’arrêter et qu’en conséquence, «  je devais les suivre au commissariat », a indiqué Biram. Le leader abolitionniste n’y va par quatre chemins, pour expliquer les raisons de son arrestation : «la cause immédiate […] pourrait être liée aux activités populaires que j’ai entamées, il y a quelques nuits». Autre raison  avancée par la tête de liste RAG/SAWAB : « c’est lié, je le sais, au fait que la CENI doit nous remettre, aujourd’hui, un reçu définitif pour la liste nationale des députés, candidate aux élections ». Serein, Biram terminait son message par la phrase suivante : « Je ferme et rends mon téléphone,  pour suivre la police qui attendait que je m’habille ».

On apprenait, plus tard dans la journée, que c’est suite à une plainte du journaliste Deddah ould Abdellahi, pour « injures », que le leader abolitionniste avait été appréhendé. Soupçonnant l’ex-correspondant d’Al Jazira à Sao Paulo d’être un « espion au service d’Ould Meguett », le directeur général de la Sûreté nationale, Biram avait décoché quelques flèches empoisonnées à son égard. Jugées violentes, ces charges aient  fait le tour de la Toile. Deddah avait interviewé  Biram, en Juin dernier, juste après la signature de l’alliance électorale RAG/Sawab. Le journaliste s’était appliqué à « manipuler l’interview, non seulement en dénaturant les propos de Biram mais, aussi, en en extrayant quelques éléments, hors contexte, pour appuyer telle ou telle de ses propres informations », indique un proche du leader abolitionniste.

De fait, l’intégrale de l’interview n’a jamais été diffusée, corroborant ainsi les dires des abolitionnistes. Recevant une délégation de l’Association des journalistes mauritaniens, Biram avait renouvelé ses accusations. À la demande d’excuses formulée par les syndicalistes, Biram avait opposé un niet catégorique. La commission de communication de l’organisation réfute cependant toute allégation de différend avec un journaliste. « Il n’existe aucun problème, avec un quelconque journaliste. Le président Biram Dah Abeid est arrêté suite aux instructions des plus hautes autorités de l’État et les raisons sont d’ordres politique ».

En réponse à Deddah qui insinue l’idée d’une tentative de corruption, pour obtenir le retrait de sa plainte, les abolitionnistes démentent tout aussi catégoriquement : « IRA-Mauritanie est connue pour sa pauvreté et ne peut, en aucun cas, corrompre, ni acheter les consciences des individus et se réserve le droit de poursuivre en justice les auteurs de ces calomnies. […] Les autorités auront beau susciter des plaintes contre nous, manœuvrer pour ralentir notre marche, la coalition aile politique

IRA-Sawab continuera sur sa lancée et rien ne peut l’empêcher de briguer le suffrage des électeurs ».

Tentative d’intimidation

En fin de journée de mardi, Oumar ould Yali et Abdessalam ould Horma, respectivement tête de liste au Conseil régional et tête de liste à Nouakchott ont  qualifié l’arrestation de Biram Dah Abeïd , tête de liste nationale à la députation, de « politique » et se disent « surpris du timing » et des conditions obscures entourant cette interpellation.

« Les policiers se sont présentés à 5 heures du matin pour embarquer Biram Dah Abeïd mais il leur a fait attendre le lever du jour, on ne sait jamais ce qui se passe la nuit, en ce pays », relate Oumar Ould Yali, s’appuyant sur les rapports de témoins oculaires,  lors d’un point de presse tenu, mardi 7 Août, au siège de Sawab. Pour l’ancien ministre de l’Hydraulique et de l’énergie, « l’arrestation de Biram intervient dans un moment très particulier […] et ne peut être qu’une tentative d’entraver le processus démocratique, en général, et, plus particulièrement, la jonction entre Sawab et RAG qui fait tant trembler les autorités. Opposé à toute démocratie et tout développement du pays, le pouvoir n’est pas encore prêt à ôter sa main du processus démocratique. » Pour le président Abdessalam Horma, « l’arrestation de Biram est condamnable » et se veut « tentative d’intimidation de cette coalition, avant l’élection du 1er Septembre prochain ». Le président de Sawab ajoute : « Mais ces pratiques de l’ère d’exception et des polices politiques n’ont plus d’effet sur les Mauritaniens qui ont franchi la barrière de la peur ».

 « La situation est grave », résume Ould Yali. « Mais l’alliance électorale Sawab/RAG usera de toutes

les voies possibles et légales, pour qu’il y ait des élections transparentes, avec un résultat transparent ». Et de lancer, avec Abdessalam Horma, un appel à toutes les formations politiques, à la

Société civile et aux forces éprises de paix,  pour la libération, sans condition et rapide, de Biram Dah Abeïd.

Compte rendu THIAM

Encadré

Ould Messaoud écroué à la prison de Dar Naïm

Abdallahi Houssein Ould Messaoud, membre de  la section de Toujounine de IRA Mauritanie, a été lui aussi mis sous mandat de dépôt, par le juge d’instruction du tribunal de Nouakchott Sud. Il est accusé d’avoir participé à la campagne de dénigrement de l’ex journaliste de la TVM, Deddah Ould Abdellahi, auteur de la plainte. C’est ainsi que Abdallahi a été inculpé pour « incitation à la violence et menace portée sur la vie d’autrui ».

Le leader abolitionniste et le militant de IRA étaient défendus par un pool d’avocats dirigé par Me Cheikh Ould Hindi, en compagnie de Me Bah Ould M’Bareck et Me Teyib.

le calame

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Alerte! Biram Dah Abeïd écroué

altBiram Dah Abeïd a été mis sous mandat de dépôt, lundi soir (13 août), à la maison d’arrêt de Dar Naïm, après une longue audition, par le parquet du tribunal de Nouakchott. Deux chefs d’inculpation sont retenues par le ministère public à son encontre à savoir : « incitation à la violence et menace portée sur la vie des personnes », en vertu des articles 32, 33 de la loi 017-16 portant sur la liberté de la presse, article 24 de la loi sur la cybercriminalité.
Le leader abolitionniste avait été arrêté mardi dernier et détenu depuis lors au commissariat de police de Riadh 1, suite à une plainte du journaliste Deddeh Ould Abdellahi pour « diffamation ». Le plaignant avait été entendu en premier lieu et quitté le tribunal sous une forte escorte policière. Depuis l’aube, les militants abolitionnistes avaient rallié dans un premier temps le commissariat de police de Riadh 1 avant d’affluer fortement au parquet de Nouakchott sud quadrillé par un impressionnant dispositif policier.
Biram est tête de liste de la coalition RAG/Sawab à la députation. La CENI avait délivré le jeudi le récepissé définitif à cette liste.

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Procès de la balle de Tweyla: le verdict

altL’ancien sénateur Mohamed ould Ghadda,  et l’ex sergent Mohamed ould Mohamed MBareck,  ont été condamnés à  6 mois de prison, dont 3 fermes, pour « calomnie »  ce lundi par le tribunal correctionnel de Nouakchott Ouest.
Le parquet avait requis une peine de 5 ans de prison ferme et 200.000 nouvelles ouguiyas d’amende, à travers un  réquisitoire prononcé un peu plutôt dans la journée.
Pour sa part, la défense  dénonçait  un procès purement  politique et vide du point du droit, plaidant l’acquittement.
Au cours des débats, le sous-officier s’est rétracté par rapport aux déclarations à l’origine des poursuites.
Une « dérobade » que  Mohamed ould Ghadda a mise au  compte « des pressions énormes exercées » sur MBareck, tout en réaffirmant « la véracité » de la déclaration contenue dans l’image diffusée sur sa page « Facebook ».
Cette décision est l’épilogue d’un procès ouvert la semaine dernière et dont l’audience avait été suspendue juste avant le week-end.
Mohamed ould Ghadda et Mohamed ould MBareck étaient poursuivis dans une affaire numéro RP 585/2017, suite à la publication d’une vidéo de l’ancien sous-officier remettant en cause la thèse officielle au sujet de la blessure par balle du président Mohamed ould Abdel Aziz à Tweila (40 kilomètres au Nord de Nouakchott), en novembre 2012.
Détenu à titre préventif depuis le 01 septembre 2017, Mohamed ould Ghadda est également poursuivi pour «corruption » dans le cadre d’une information relative aux péripéties du référendum controversé ayant débouché sur la suppression du sénat, l’ancienne chambre haute du parlement.
Le banquier Mohamed ould Bouamatou, et Mohamed ould Debagh, un de ses proches, sont également sous le coup d’un mandat international pour les mêmes motifs.
11 anciens sénateurs, des syndicalistes et des acteurs de médias sont aussi  sous contrôle judiciaire dans le cadre de l’information relative au dossier du sénat supprimé.

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Economie: décès de Samir Amin, une des figures de l’altermondialisme en Afrique

altL’économiste et altermondialiste Samir Amin est décédé dimanche 12 août à Paris, à l’âge de 87 ans. Théoricien du marxisme et du maoïsme, ce Franco-Egyptien était l’une des figures de proue des mouvements altermondialistes. Professeur à Poitiers, Vincennes et surtout à Dakar où il a contribué à fonder l’Institut africain de développement économique et de planification, Samir Amin a irrigué par sa pensée plusieurs générations d’universitaires dans les pays en développement.

« Marx n’a jamais été aussi utile », disait Samir Amin, qui fut sans conteste l’un des esprits les plus lucides du vingtième siècle dans la critique du système capitaliste mondialisé. Pour lui la logique capitaliste du profit entraîne la destruction des bases de la reproduction de la vie sur la planète.

Cette critique fondamentale s’accompagne tout au long de sa vie d’une analyse sans concession des rapports de domination entre le centre, les pays capitalistes développés, et la périphérie, le Tiers-monde.

Agrégé en Sciences économiques, formé à Paris dans les années cinquante, il publie en 1973, Le développement inégal, ouvrage majeur qui le propulse dans le champ antimondialiste qui deviendra deux décennies plus tard, l’altermondialisme.

Grand défenseur des jeunes nations africaines, ce précurseur a toujours concilié son travail universitaire avec un engagement militant. Conseillé du gouvernement malien de 1960 à 1963, il fonde à Dakar, l’Institut africain de développement économique et de planification.

Il participe aussi à la création, d’Enda-Tiers Monde, l’une des premières ONG africaines. Pour lui il faut redéfinir l’ordre mondial basé sur le capitalisme financier et supprimer ses institutions comme l’OMC, le FMi et la Banque mondiale. Une pensée dense et radicale qui a inspiré plusieurs générations d’économistes africains.

RFI

Agrégé en Sciences économiques, formé à Paris dans les années cinquante, il publie en 1973, Le développement inégal, ouvrage majeur qui le propulse dans le champ antimondialiste qui deviendra deux décennies plus tard, l’altermondialisme.

Grand défenseur des jeunes nations africaines, ce précurseur a toujours concilié son travail universitaire avec un engagement militant. Conseillé du gouvernement malien de 1960 à 1963, il fonde à Dakar, l’Institut africain de développement économique et de planification.

Il participe aussi à la création, d’Enda-Tiers Monde, l’une des premières ONG africaines. Pour lui il faut redéfinir l’ordre mondial basé sur le capitalisme financier et supprimer ses institutions comme l’OMC, le FMi et la Banque mondiale. Une pensée dense et radicale qui a inspiré plusieurs générations d’économistes africains.

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