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L’art de la politique a ses règles ! Par Brahim Bilal Ramdhane, Président de la fondation SAHEL
Fondation SAHEL – Quand le président Sadate a signé les accords controversés de Camp David … Il a annoncé pour se justifier qu’il est le président de l’Egypte et pas du monde arabe. Autrement dit, les intérêts de son pays priment sur ceux des autres…
Ça s’appelle le “réalisme politique” qui ne se mesure pas en termes de morale et de valeurs suprêmes mais plutôt en fonction de ce qu’on perd et de se qu’on gagne… Et c’est ainsi que l’occident a pris le dessus en matière de développement et de création de richesses pendant que les idéologues d’orient endorment leurs peuples avec de belles théories sans véritable intérêt pour leur vie de tous les jours.
Quoi qu’on dise et quelle que soit sa position du moment, Messaoud Ould Boulkheir restera une icône de la lutte pour la liberté et la justice et mérite à ce titre respect et considération, indépendamment des divergences légitimes qui peuvent exister avec certaines de ses opinions politiques.
Il est responsable avant tout des intérêts de son parti qui peuvent lui dicter certaines décisions conformément au principe de « réalisme politique »... Et comme il l’a si bien dit, il n’est redevable à aucun parti et à aucun groupe. N’a-t-il pas créé son propre parti pour pouvoir prendre les décisions en toute indépendance?
Ceux qui profitent de la situation pour déverser leurs insanités sur ce grand leader doivent savoir qu’ils se mettent sur le dos non seulement son entourage et ses proches mais aussi tous ceux qui se reconnaissent en lui et en fin de compte ils ne font du tort qu’à eux mêmes par l’extrême bassesse de leurs propos.
Les opinions et les ambitions de certains ne doivent pas faire oublier le respect d’un homme qui a consacré sa vie à la lutte pour une cause juste qu’il a réussi à faire entrer dans l’enceinte du parlement et qu’il a défendu avec force et conviction.
Son réalisme politique a permis la promulgation de la loi 048/2007 incriminant les pratiques esclavagistes et l’inscription dans la loi fondamentale de la république de cette tare comme étant un crime contre l’humanité..
Ce sont ces lois et ces acquis qui ont donné un sens à la lutte contre l’esclavage en Mauritanie.. C’est Messoud et ses camarades d’el Hor qui ont donné l’élan de ce noble combat .. Des milliers d’esclaves ont été libérés et le sujet n’est plus tabous..
Doyen Messoud Ould Boulkheir á toujours été un homme juste et véridique ..Quoi que diront les délateurs, les hypocrites auteurs de balbutiements vindicatifs, il restera toujours un grand homme qui a posé les bases d’une période glorieuse de la lutte de libération et d’émancipation des Haratines avant qu’elle ne fût dénaturée et bâtardisée par les imposteurs.
On peut ne pas être d’accord avec lui, mais nous sommes obligés de le respecter .
Brahim Bilal Ramdhane
Président de la fondation SAHEL
cridem
Mariem Mint Derwich : La diabolisation de Tawassoul par l’UPR a quelque chose d’indécent
Non pas que j’aie un quelconque penchant pour l’Islam politique. Loin, trés loin de là. J’ai toujours pensé que mêler l’intime, la Foi, à la Chose Publique est un contre sens absolu et qu’il faut d’abord être au lieu de vouloir le pouvoir au nom de la Foi.
Je reste persuadée que l’islam dit « politique » n’a pas de sens. Aucun. Hormis celui d’une vision sociétale qui se voudrait exclusive, même si les apparences ( la place des femmes au sein de l’appareil politique de ce parti, la très visible et bien travaillée adhérence au processus démocratique, etc etc…) semblent dire le contraire.
Tawassoul reste et restera un parti religieux.
Ce qui, dans notre pays, nonobstant les cris d’orfraie de l’UPR, n’est pas différent de notre gouvernance ( il n’y à qu’à se rappeler le vote des lois sur l’apostasie ou sur le fait de « critiquer » – même si je n’ai toujours pas compris ce qu’englobe ce terme- la branche religieuse dans laquelle nous sommes élevés, le malékisme) et de l’utilisation de la religion par le pouvoir comme moyen populiste de surfer sur des colères.
Quand on a fait condamner à mort ( ce sont bien NOS lois n’est ce pas?) un jeune homme pour crime d’apostasie, quand un président est sorti devant une foule assoiffée de sang pour promettre la vengeance, quand toute la classe politique, ou presque toute, s’est empressée de justifier la condamnation à mort de Mkhaytir, quand une loi devant défendre les femmes contre le viol, l’accusation de zina, les violences conjugales etc, a été rejetée par les membres de ce même UPR au nom de l’Islam, quand on a fait voter une loi qui lamine toute notion de repentir en cas d’accusation d’apostasie, de repentir et de pardon, quand est accepté le mariage de petites filles, de quel extrémisme parle t’on?
La démocratie ne se justifie pas par le fait de « piper » les dés. Elle ne se justifie pas par à coup.
L’incurie et le populisme ont accouché de ce que je craignais depuis longtemps : l’islam politique comme arbitre…
Paradoxe du jeu de poker menteur…
Dis moi qui est ton « extrémiste » je te dirai qui tu es…
Le débat ne devrait même pas être là. Il n’est pas là. Mais il a l’avantage d’amuser la galerie et d’éloigner encore un peu plus une vraie réflexion sur ce qui devrait être et non pas ce qui est.
Nous en sommes encore au ras des pâquerettes en matière de consciences. Et de démocratie…
En tous cas je ne vois pas de différences…
Nous n’avançons pas d’un pouce malgré les apparences. Pas d’un pouce. Et l’immobilité n’a jamais fait un Etat.
Le politique qui se fait religieux, que ce soit le religieux du pouvoir ou le religieux des Frères Musulmans est la fracture acceptée, chacun justifiant le religieux politique par le fait que nous sommes musulmans ( avec la contradiction d’un parti musulman dans un pays musulman…..). Et le piège s’est refermé. Depuis longtemps. C’est ça le vrai débat.
Pas les accusations d’extrémisme…
Mariem Derwich
Adrar-info
L’Association des Oulémas : Nous renouvelons notre soutien à la direction nationale et au projet politique de l’UPR
L’Association des Oulémas (guides religieux) mauritaniens a confirmé son soutien à la direction nationale et au projet politique de l’Union pour la République (UPR).
Elle a déclaré dans un communiqué que sa position était «celle qu’elle avait exprimé antérieurement en faveur de la direction nationale et de son option politique ».
L’Association a ajouté dans une déclaration signée par son secrétaire général, Cheikh Hamden Ould Tah, que en conséquence, elle affirme son « engagement dans les choix de la direction nationale quant au second tour des élections et souhaite que l’on y adhère et que l’on y travaille ».
Source : https://alakhbar.info/?q=node/13292
Traduit par Adrar-Info
Tawassoul est “un parti extrémiste dangereux pour la Mauritanie” (Ministre de la Défense)
Jeune Afrique – Bathia Mamadou Diallo, ministre de la Défense et président de la commission de redynamisation de l’Union pour la République (UPR), se dit satisfait du premier tour des élections du 1er septembre en Mauritanie.
Bathia Mamadou Diallo est une pièce essentielle sur l’échiquier du président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz. Bien qu’il soit issu du ministère de l’Intérieur où il était spécialiste des collectivités territoriales, il occupe le poste de ministre de la Défense.
Depuis la fin du printemps, il préside la commission de réforme dite « de redynamisation » de l’Union pour la République (UPR), le parti présidentiel dont le chef de l’État était particulièrement mécontent en raison de sa faible mobilisation lors du référendum constitutionnel d’août 2018.
À 63 ans, il fait partie des proches que Mohamed Ould Abdelaziz entend mettre sur orbite avant son départ prévu pour 2019. Membre du directoire qui pilote la campagne électorale de ce parti, le ministre – d’origine négro-mauritanienne – se félicite de la bonne tenue du premier tour des élections du 1er septembre, malgré les cafouillages qui ont perturbé la publication des résultats et prédit que son parti aura la majorité absolue dans la prochaine Assemblée nationale.
Jeune Afrique : Comment appréciez-vous le déroulement des scrutins des élections nationales, régionales et municipales ?
Bathia Mamadou Diallo : Ils se sont déroulés dans les limites de la compétition électorale et, de l’avis de tous, dans la transparence la plus totale, même si les uns et les autres ont attendu les résultats dans l’anxiété.
Il y a eu pourtant de sévères cafouillages dans plusieurs circonscriptions et 520 000 bulletins de vote sur 2,7 millions de suffrages exprimés ont été considérés comme nuls…
Les différents scrutins ont été difficiles à comprendre pour un grand nombre de personnes analphabètes. Ce phénomène de votes annulés affecte chacun des partis en présence et pas seulement l’opposition.
Comment analysez-vous les résultats du premier tour ?
Nous sommes très satisfaits. D’abord parce que, sur les 157 sièges de députés à pourvoir, l’UPR en a obtenu 67 et que nous sommes en bonne posture pour le deuxième tour. Il reste 22 sièges à pourvoir et c’est nous qui allons les prendre. L’objectif d’obtenir la majorité absolue, que nous visions, est atteint grâce à une forte mobilisation. Nous avons aussi remporté quatre conseils régionaux sur treize et entre 70% et 80% des conseils municipaux.
Notre deuxième satisfaction est que ce résultat exprime une adhésion populaire aux projets du président de la République.
Vous estimez que le parti islamiste Tawassoul n’a pas réalisé un très bon score ?
Ils ont eu 14 élus, ce qui est une préoccupation pour nous car il s’agit d’un parti extrémiste dangereux pour la Mauritanie. Nous allons contrecarrer ses projets et il n’atteindra pas le niveau qu’il avait atteint dans la précédente Assemblée. Nous amplifierons notre mobilisation au deuxième tour pour faire reculer l’extrémisme. Mais, je ne me fais pas d’inquiétude : le peuple le rejettera.
Par Alain Faujas
cridem
Pour que la langue arabe ne soit plus un outil de sous-développement
Ils défendaient une seule langue comme on pouvait défendre, dans le temps, un seul parti, une seule foi, etc. Ils disaient : «soyons unis en tout, chassons la différence, la pluralité, la mixité, chassons la fitna!»
Le problème de la langue arabe, c’est qu’elle est défendue par des gens qui la considèrent comme un objet sacré. Il ne faut pas la toucher, il ne faut pas la souiller. Parce que c’est un péché?
Ces gens ignorent que la langue arabe a bien évolué depuis le temps des premiers Arabes. Ils ignorent aussi que le parler arabe a influencé bien des langues vivantes, étrangères. Et fort heureusement, d’ailleurs.
Quand on ouvre un dictionnaire français, on retrouve quantité de mots arabes, souvent empruntés au dialecte et au parler de tous les jours. C’est tant mieux, personne ne s’en plaint. Ces mêmes mots n’arrivent pourtant pas à « pénétrer » le dictionnaire arabe. Parce qu’il ne faut pas déranger la belle au bois dormant, la sainte-nitouche : la langue arabe verrouillée et montée par une garde armée jusqu’aux dents!
Ceux qui crient au loup devant ce qu’ils appellent la darijisation / profanation de la langue arabe sont les mêmes qui combattaient, hier, les langues étrangères au Maroc. Ils partent toujours du principe que le moindre apport extérieur est une menace pour la langue arabe, que cet apport vienne de la langue française ou de la darija, considérée comme une sous-langue vulgaire et destinée à crétiniser les masses.
Ce sont les mêmes, aussi, qui ont longtemps retardé la réhabilitation de la langue amazighe. Ils défendaient une seule langue comme on pouvait défendre, dans le temps, un seul parti, une seule foi, etc. Ils disaient: «soyons unis en tout, chassons la différence, la pluralité, la mixité, chassons la fitna!»
Vous l’avez peut-être compris mais ce débat-là nous emmène bien au-delà des frontières de la langue, ou des langues. Au Maroc, cette question a toujours été passionnée et, pire encore, idéologisée. Elle charrie des valeurs, des symboles, mais aussi des clichés et des idées vieilles comme le monde.
En gros, nous avons grandi avec l’idée que l’arabe est la langue de la tradition, du savoir religieux, et de ce cordon ombilical qui nous relie à la culture et à la géographie du monde arabe. Dans le même temps, nous avons d’abord perçu le français comme une greffe liée à l’occupation du Maroc, ensuite comme la langue des élites économiques, du savoir scientifique et finalement de la modernité.
En gros, l’arabe pour le peuple, le français pour l’élite.
Depuis le protectorat, cette idée perdure et prospère. Elle lie l’arabe à des questions d’identité et d’appartenance. D’où son caractère soi-disant sacré. Le retour de la darija (qui reste, quoi qu’on en dise, la première et la plus ancienne «langue» du pays) et de l’amazigh sont considérés comme des assauts menés contre la langue arabe. Et c’est le lobby francophone, d’essence colonialiste, qui manipulerait les assaillants, empressé d’en finir avec l’Arabe en nous.
Ça nous emmène loin, tout ça…
Voilà pourquoi l’introduction, en cette rentrée scolaire, de quelques vocables en darija a créé tout un débat et une polémique autour des manuels scolaires. Trois petits mots ont déclenché une tempête…
Les gardiens du temple crient au complot. C’est tout ce qu’ils savent faire. Mais la tempête passera. Alors on pourra expliquer à ces gens, très tranquillement, ceci : il n’y a pas de langue pure ou impure. Il n’y a pas de guerre des langues. La seule guerre à mener est celle contre l’analphabétisme, qui touche encore de très larges pans de la société marocaine. Laissez la langue arabe s’ouvrir sur son environnement, laissez-là respirer, évoluer, rajeunissez-là, c’est un mal nécessaire, qui lui fera le plus grand bien.
En cadenassant cette langue magnifique, ce n’est pas la langue arabe que vous défendez mais la fermeture des esprits. Ouvrez les yeux, vous êtes en train de faire de cette belle langue un outil de sous-développement.
Karim Boukhari
Source : Le 360.ma (Maroc) – Le 08 septembre 2018



