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La Mauritanie exclue de l’Agoa pour pratique d’esclavage
VOA Afrique:Donald Trump a informé le Congrès et le gouvernement de la Mauritanie qu’il mettait fin à l’admissibilité de leur pays aux avantages en matière de préférence commerciale en vertu de la Loi sur la croissance et les perspectives économiques en Afrique (Agoa), à compter du 1er janvier 2019.
Le décret signé par le président américain met en cause les pratiques de travail forcé et l’esclavage moderne, selon un décret présidentiel publié par le Bureau américain en charge du commerce que VOA Afrique a vu.
La décision est prise au terme d’une revue annuelle qui établit que la Mauritanie ne progressait pas suffisamment dans la mise en place de la protection des droits des travailleurs internationalement reconnus.
“La Mauritanie ne respecte pas les critères d’éligibilité de l’Agoa. En particulier, la Mauritanie n’a pas progressé dans la lutte contre le travail forcé, précisément contre le fléau de l’esclavage héréditaire. En outre, le Gouvernement mauritanien continue à limiter la capacité de la société civile à travailler librement pour résoudre les problèmes liés à la lutte contre l’esclavage”, indique le document.
“Les pratiques de travail forcé ou obligatoire telles que l’esclavage héréditaire n’ont pas leur place au XXIe siècle”, commente le représentant adjoint du commerce des États-Unis, C.J. Mahoney.
“Cette action souligne la détermination de notre administration à mettre fin à l’esclavage moderne et à appliquer les dispositions relatives au travail dans nos lois et accords commerciaux. Nous espérons que la Mauritanie travaillera avec nous pour éliminer le travail forcé et l’esclavage héréditaire afin que son éligibilité à l’Agoa soit rétablie à l’avenir”, explique Mahoney.
L’annonce du bureau américain du commerce prévient que les États-Unis continueront à vérifier si la Mauritanie continue de progresser dans la protection des droits des travailleurs internationalement reconnus (notamment en ce qui concerne le travail forcé), conformément aux critères d’éligibilité à l’Agoa.
Eddy Isango
VOA Afrique
Marché de la capitale .. Un volcan de colère qui risque d’exploser pour enflammer une révolution
Dans un long compte rendu publié récemment, Badou Ould Mohamed Vall M’ Boussabou, aborde la question très sensible du transfert (ou remplacement ) de l’ancien marché central de la capitale au nouveau marché, adjacent au premier, construit par le gouvernement.
Il considère que cette question provoquerait de grands agissements de contestations populaires qui, selon lui, conduiraient au prolongement en Mauritanie, des soulèvements du « printemps arabe ».
Il écrit entre autre:
……Il y a plusieurs années, un rapport publié par le gouvernement confirmait que le marché de la capitale s’est détérioré et peut décliner à tout moment, ajoutant que sa démolition est devenue une obligation du gouvernement pour protéger la vie des gens.
Le rapport était très choquant (aux yeux des commerçants), mais il a ensuite été redressé par un autre rapport plus persuasif, car établi par des spécialistes, ingénieurs en génie civil du ministère de l’habitat.
Le contenu du dernier rapport privilégie la possibilité de restauration en premier lieu du marché, plutôt que sa démolition, confirmant que le marché n’a besoin que d’une restauration pour rester convenable.
Ce dernier rapport a été bien accueilli par les propriétaires des boutiques du marché, déclarant qu’ils sont tout à fait disposés, à supporter les charges et frais de restauration du marché si le gouvernement acceptait.
En cette époque le Premier ministre sortant, Yahya Ould Hademine avait convoqué des représentants des commerçants. Au cours de la discussion, il les a convaincus que l’Etat avait construit le nouveau marché pour compenser l’ancien marché, déclarant à la lettre : « quiconque possédait une boutique, le gouvernement lui donnerait une, en échange et celui qui en possédait dix, on lui en donnerait dix. »
Les commerçants acceptèrent la proposition, d’autant plus qu’elle émane du chef de gouvernement de l’Etat, une personnalité supposée posée et honnête. Cependant, les choses ne se sont passées, plus tard, comme l’entendaient les commerçants. Il s’est avéré que les promesses du Premier ministre n’étaient que de la poudre aux yeux, en attendant le moment de les mettre face au fait accompli…
Le nouveau marché est prêt et au lieu de compenser les commerçants de l’ancien marché avec des boutiques dans le nouveau, ils ont été traités avec provocation, en considérant que leurs droits font désormais partie du passé enseveli, sous les ruines de l’ancien marché après sa démolition.
Au même moment, ils furent invités à évacuer leurs boutiques et à chercher refuge loin du vieux marché, étant entendu que les boutiques du nouveau marché ont été attribuées à des nouveaux acquéreurs, dont la majorité n’était pas lotie dans l’ancien marché.
Certains commerçants ont accusé les ministres des Finances et du budget de s’être attribués 12 concessions du nouveau marché, répartis comme suit: Sept (7) aux noms des parents du ministre des Finances et cinq ( 5) aux noms des parents du ministre du Budget.
Ces commerçants considèrent que la rapidité avec laquelle les démarches en cours, d’évacuation de l’ancien marché, sont entreprises, ne sont qu’une manœuvre des deux ministres pour accélérer les recettes et revenus de leurs boutiques dans le nouveau marché.
Afin d’accélérer le processus d’évacuation de l’ancien marché, le ministre du Budget, qui n’est pas compétent en ce domaine, a ordonné au directeur de la Somelec qui ne dépend pas de lui administrativement, de couper l’électricité au niveau de l’ancien marché, au mépris flagrant des lois de l’État et l’irresponsabilité dans l’attribution des taches et pouvoirs.
La Somelec ne peut déconnecter d’électricité quiconque propriétaire de boutiques ou domicile, qui paie régulièrement ses factures, sans fournir de justifications, précédés d’avertissements préalables.
La décision de couper l’ électricité au niveau de l’ancien marché, a été réalisée, à la sauvette, dans certains locaux, par des agents Somelec, qui ont vite pris la fuite, craignant d’être lynchés par les commerçants colère.
Ces actions ont enflammé le cœur des commerçants qui se voient subir clairement et ouvertement des sanctions, sans culpabilité, sinon que d’autres personnes souhaitent s’enrichir rapidement au détriment de leur appauvrissement à eux.
Ce sentiment a incité beaucoup d’entre eux à être prêts à sortir dans des manifestations qu’ils avaient débutées pacifiquement.
Aujourd’hui, cette souplesse a commencé à s’estomper, en l’absence de réponse officielle convaincante des autorités. Les volcans de colère, contenus en eux, peuvent exploser d’un moment à l’autre.
Ce qui pourrait conduire à des manifestations qui ne resteront certainement pas pacifiques longtemps.
La chose la plus dangereuse est que ces manifestations ne passeront pas, sans être exploitées par des parties qui cherchent des occasions, pour enflammer un « printemps arabe » en Mauritanie. Dans le passé, on disait : « mieux vaut couper le cou (de quelqu’un ) … que (lui ) couper les moyens de subsistance » ..
Compte rendu de Badou Ould Mohamed Vall M’Boussabou
Source : http://alaraby.info/node/7640
Traduit par Adrar.info
Le collectif des veuves écrit aux députés pour réclamer l’abolition de la loi d’amnistie protégeant les auteurs des crimes des années 86 -91
Le collectif des veuves de militaires, gendarmes, gardes douaniers, policiers et civils, tous noirs, dont certains furent déportés au Mali et au Sénégal, d’autres arrêtés, emprisonnés, torturés et assassinés, comme les 28 soldats exécutés, dans la nuit du 27 au 28 novembre dans la garnison militaire d’Inal (Nord du pays), au cours des événements douloureux des années 86, 89, 90 et 91 ont adressé une lettre aux nouveaux députés de l’Assemblée Nationale, investis, le 1er octobre dernier.
Dans cette correspondance en date du 12 octobre 18, et signée de la présidente du collectif, Mme Houalye Sall, dont une copie est parvenue à notre rédaction, les veuves attirent l’attention des députés de la nouvelle Assemblée Nationale sur le sort des épouses, mères, fils, sœurs et proches qui courent depuis plus de 28 ans derrière des droits qui se résument en DEVOIRS de VERITE, de MEMOIRE, de JUSTICE et de REPARATION.
Elles rappellent que face à leur revendication, le pouvoir de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, sous lequel ces violations graves des droits de l’homme n’avaient trouvé pour seule réponse que le vote d’une loi d’amnistie pour protéger les auteurs. Depuis lors, les veuves se battent ; elles ont porté plainte, marché et organisé des sit-in pour réclamer l’abrogation de cette loi jugée « scélérate » afin de leur permettre de faire valoir les droits susmentionnés.
Dans leur correspondance, les veuves disent attendre, des nouveaux élus un accompagnement dans leur combat pour l’abolition de la loi d’amnistie et partant, le triomphe de la vérité.
le calame
L’Alliance Electorale de l’Opposition dénonce la non-représentation de toutes les composantes du pays au sommet des institutions
« Après l’élection du président de l’assemblée nationale, la nomination du nouveau gouvernement, que répondez-vous à ceux qui estiment qu’il y a une surexposition communautaire au sommet des institutions en Mauritanie, que toutes les composantes nationales n’y sont pas représentées ? »
Cette question a été posée aux représentants de l’Alliance électorale de l’opposition démocratique (AEOD) mauritanienne, mercredi, au cours d’une conférence de presse à Nouakchott. Réponse d’Ahmed Ould Daddah, président du RFD et de Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP.
Ahmed Ould Dadddah : « Si vous touchez à l’une des composantes de l’œil, vous risquez d’avoir de sérieux problèmes de vision. »
«La Mauritanie est comme l’œil avec le blanc et le noir. Si vous touchez à l’une des composantes de l’œil, vous risquez d’avoir de sérieux problèmes de vision. Je ne suis très porté vers les équilibres, mais l’important est que la Mauritanie, telle qu’elle est, non pas telle que l’on veut qu’elle soit, soit présente, vue et vécue dans toutes les administrations, dans toutes les structures publiques et, à fortiori au niveau du gouvernement de la République. Donc, tout ce qui fait fi de cette règle de bonne entente, de bonne coexistence non seulement pacifique mais féconde, est mauvais pour la Mauritanie, pour les mauritaniens et constitue une menace pour l’avenir de ce pays, de ce peuple.»
Mohamed Ould Maouloud : « Cette marginalisation, exclusion est une menace très forte.»
« La gouvernance en matière de gestions des grands équilibres du pays et de la représentation de toutes les composantes de notre peuple dans le visage institutionnel était une préoccupation permanente de tous les gouvernements. Même s’ils avaient d’autres faiblesses, ces gouvernements tenaient plus ou moins, le plus souvent moins, de donner au pays une image où chacun se retrouve dans les institutions.
Pour la première fois, nous avons un gouvernement qui ne tient pas compte de cela, qui ne semble pas préoccupé de donner à chaque mauritanien l’impression qu’il est représenté dans les institutions du pays. En se comportant ainsi, il va provoquer des réactions qui, justement, portent atteinte à la cohésion nationale. Il est le responsable principal des torts, des dommages que peut subir l’unité nationale par ce comportement. Très clairement, il est chauvin. Il considère qu’il y a une communauté qui est seule à avoir le droit d’être visible dans les institutions du pays. Et les autres, on peut les oublier, les négliger.
Après avoir bouclé ces nominations dans les institutions, il est clair, comme l’a dit le président Ahmed Ould Daddah, que l’œil de la Mauritanie, telle qu’on le voit aujourd’hui, est tout blanc. Et, un œil tout blanc est aveugle et extrêmement dangereux pour la cohésion nationale. Je pense que tout le monde doit dénoncer cela et doit considérer que nous avons besoin de la cohésion nationale. Chaque communauté nationale a le droit de se sentir représentée à tous les niveaux. Cette marginalisation, exclusion est une menace très forte.
Pour, justement, faire face à tous ces torts faits aux piliers essentiels de la stabilité de la Mauritanie, il faut le respect de la volonté populaire qui est toujours mise en cause. Nous venons de voir un pouvoir s’engager ouvertement, scandaleusement dans une compétition électorale municipale (second tour des municipales repris à Arafat et El Mina) en utilisant l’Etat, ses ministres, sa police, son armée, ses chefs de services pour imposer un choix aux populations. Ça montre que nous sommes face à un pouvoir qui ne respecte pas le peuple dans son ensemble. C’est pourquoi, nous opposition, appelons le peuple, les communautés, à s’unir, justement, pour en finir avec ce pouvoir qui divise, qui marginalise. »
Le Quotidien de Nouakchott via cridem
Bricolage gouvernemental
En moins de quarante huit heures, le nouveau premier ministre, Ahmed Salem Ould Béchir a ‘’formé’’ son gouvernement. Sans grande surprise. Ceux qui s’attendaient à un grand chambardement ont été certainement déçus. Le remaniement attendu a été juste une flopée de permutations entre anciens ministres dans des départements copiés-collés faits et défaits dans la précipitation au gré de la volonté de faire du surplace. Parmi les nouveaux il ya Djinda Ball promue à la jeunesse et sports. Pour cette native Halpoular de Kaédi, femme d’affaires et de communication qui parrainait le magazine Epok, c’est une nouvelle expérience pour cette jeune femme qui milite à l’Union Pour la République. L’entrée la plus emblématique et peut être la plus inattendue est celle du général Ghazouani au gouvernement en tant que ministre de la défense. Pour cette fois quand même, c’en est véritablement un. Ce général très discret, compagnon de route du président Aziz et que toutes les rumeurs donnaient comme son dauphin a été muté,- pour cause de retraite, d’une position stratégique de chef général des forces armées à celle plus protocolaire de ministre de tutelle de toute l’institution militaire qui tient en otage le pays depuis quarante ans. Selon les observateurs, la nomination de Ghazouani à la défense repose la question de savoir si Aziz quittera effectivement le pouvoir en 2019 et le cas échéant qui va le remplacer à la présidence de la république. A la veille des élections municipales, régionales et législatives, Ould Abdel Aziz avait dit à ses ministres au cours d’un conseil que ceux qui ne feront pas montre de popularité vont quitter. Or, parmi ceux qui seront restés, plusieurs ont été platement battus chez eux. C’est entre autres le cas d’Amédi Camara et d’Isselmou Ould Sid’El Moktar Ould Lehbib qui ont été battus respectivement à Kaédi et El Kediya (Tagant). La sortie sans appel de Mohamed Abdallahi Ould Oudaa, de Diallo Mamadou Bathia, de Coumba Bâ, de Mint Soueine’e et du tonitruant Mohamed Lemine Cheikh fait penser à une cynique politique de deux poids, deux mesures. Naha Mint Mouknass, présidente du deuxième parti de la majorité et nouvellement élue députée, a été envoyée au pilori. Elle n’a certainement pas demandé à être parachutée à la tête de l’un des départements les plus compliqués de la république. Le retour au gouvernement de Sidi Mohamed Ould Maham comme ministre de la culture et porte parole du gouvernement est une autre preuve que Mohamed Ould Abdel Aziz place ses hommes forts à des postes stratégiques dans la perspective de quelque chose. Les titulaires des ministères régaliens n’ont pas changé. Les calculs des adversaires internes de l’irracontable ministre de l’économie et des finances sont tombés à l’eau. La dernière défaite de l’UPR à Arafat ne semble pas avoir impacté sur la confiance que Ould Abdel Aziz voue au très controversé Moktar Ould Diay. La fusion entre l’agriculture et l’élevage qui redeviennent ministre du développement rural replonge le pays dans les années quatre vingt. Surtout que selon un docteur vétérinaire, la séparation de ces deux secteurs a permis de faire de grosses avancées. L’éclatement du ministère de la modernisation de l’administration et de la formation professionnelle dont une partie a été rattachée à l’éducation nationale (formation professionnelle) et une autre (modernisation de l’administration) à la fonction publique, au travail et à l’emploi démontre que c’est l’improvisation et l’amateurisme qui prévalent en lieu et place de la vision stratégique sur la base de laquelle la mouture des départements sectoriels devrait être conçue. Jusque là deux postes très importants sont vacants et devraient être pourvus rapidement. Aux commandes des forces armées et de sécurités deux noms sont avancés. On parle des généraux Mohamed Ould Meguett et Dah Ould El Mamy, respectivement patron de la direction générale de la sureté nationale et des douanes. Alors que pour la direction de l’Union Pour la République, le vice-président de l’Assemblée Nationale, Boidiel Ould Houmeid qui vient de dissoudre son parti dans celui du pouvoir serait pressenti. A quelques six mois de la présidentielle, Mohamed Ould Abdel Aziz ne semble pas encore avoir complètement muri son plan. La recomposition de la scène politique a cependant commencé avec le sabordement de certains partis. Les formations de l’opposition (RFD, UFP et Tawassoul) n’ont pas encore repris le souffle après des élections municipales, législatives et régionales aux résultats mitigés. Mais le temps n’attend pas. Cela va sans dire. Mais cela va encore mieux en le disant.
Sneiba El Kory.
le calame
En moins de quarante huit heures, le nouveau premier ministre, Ahmed Salem Ould Béchir a ‘’formé’’ son gouvernement. Sans grande surprise. Ceux qui s’attendaient à un grand chambardement ont été certainement déçus. Le remaniement attendu a été juste une flopée de permutations entre anciens ministres dans des départements copiés-collés faits et défaits dans la précipitation au gré de la volonté de faire du surplace. Parmi les nouveaux il ya Djinda Ball promue à la jeunesse et sports. Pour cette native Halpoular de Kaédi, femme d’affaires et de communication qui parrainait le magazine Epok, c’est une nouvelle expérience pour cette jeune femme qui milite à l’Union Pour la République. L’entrée la plus emblématique et peut être la plus inattendue est celle du général Ghazouani au gouvernement en tant que ministre de la défense. Pour cette fois quand même, c’en est véritablement un. Ce général très discret, compagnon de route du président Aziz et que toutes les rumeurs donnaient comme son dauphin a été muté,- pour cause de retraite, d’une position stratégique de chef général des forces armées à celle plus protocolaire de ministre de tutelle de toute l’institution militaire qui tient en otage le pays depuis quarante ans. Selon les observateurs, la nomination de Ghazouani à la défense repose la question de savoir si Aziz quittera effectivement le pouvoir en 2019 et le cas échéant qui va le remplacer à la présidence de la république. A la veille des élections municipales, régionales et législatives, Ould Abdel Aziz avait dit à ses ministres au cours d’un conseil que ceux qui ne feront pas montre de popularité vont quitter. Or, parmi ceux qui seront restés, plusieurs ont été platement battus chez eux. C’est entre autres le cas d’Amédi Camara et d’Isselmou Ould Sid’El Moktar Ould Lehbib qui ont été battus respectivement à Kaédi et El Kediya (Tagant). La sortie sans appel de Mohamed Abdallahi Ould Oudaa, de Diallo Mamadou Bathia, de Coumba Bâ, de Mint Soueine’e et du tonitruant Mohamed Lemine Cheikh fait penser à une cynique politique de deux poids, deux mesures. Naha Mint Mouknass, présidente du deuxième parti de la majorité et nouvellement élue députée, a été envoyée au pilori. Elle n’a certainement pas demandé à être parachutée à la tête de l’un des départements les plus compliqués de la république. Le retour au gouvernement de Sidi Mohamed Ould Maham comme ministre de la culture et porte parole du gouvernement est une autre preuve que Mohamed Ould Abdel Aziz place ses hommes forts à des postes stratégiques dans la perspective de quelque chose. Les titulaires des ministères régaliens n’ont pas changé. Les calculs des adversaires internes de l’irracontable ministre de l’économie et des finances sont tombés à l’eau. La dernière défaite de l’UPR à Arafat ne semble pas avoir impacté sur la confiance que Ould Abdel Aziz voue au très controversé Moktar Ould Diay. La fusion entre l’agriculture et l’élevage qui redeviennent ministre du développement rural replonge le pays dans les années quatre vingt. Surtout que selon un docteur vétérinaire, la séparation de ces deux secteurs a permis de faire de grosses avancées. L’éclatement du ministère de la modernisation de l’administration et de la formation professionnelle dont une partie a été rattachée à l’éducation nationale (formation professionnelle) et une autre (modernisation de l’administration) à la fonction publique, au travail et à l’emploi démontre que c’est l’improvisation et l’amateurisme qui prévalent en lieu et place de la vision stratégique sur la base de laquelle la mouture des départements sectoriels devrait être conçue. Jusque là deux postes très importants sont vacants et devraient être pourvus rapidement. Aux commandes des forces armées et de sécurités deux noms sont avancés. On parle des généraux Mohamed Ould Meguett et Dah Ould El Mamy, respectivement patron de la direction générale de la sureté nationale et des douanes. Alors que pour la direction de l’Union Pour la République, le vice-président de l’Assemblée Nationale, Boidiel Ould Houmeid qui vient de dissoudre son parti dans celui du pouvoir serait pressenti. A quelques six mois de la présidentielle, Mohamed Ould Abdel Aziz ne semble pas encore avoir complètement muri son plan. La recomposition de la scène politique a cependant commencé avec le sabordement de certains partis. Les formations de l’opposition (RFD, UFP et Tawassoul) n’ont pas encore repris le souffle après des élections municipales, législatives et régionales aux résultats mitigés. Mais le temps n’attend pas. Cela va sans dire. Mais cela va encore mieux en le disant.


