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Passage de Bouamatou devant la commission de désignation de l’opposition: Moulié sollicité
L’Alliance de l’Opposition Démocratique Mauritanienne (AODM) sollicite Robert Moulié, ambassadeur de France en Mauritanie de bien vouloir entreprendre, auprès des autorités « les démarches (…) appropriées pour que les poursuites engagées arbitrairement contre Mohamed Ould Bouamatou ne l’empêchent pas de se présenter devant la commission de désignation du candidat de l’opposition.
L’homme d’affaires en exil figure parmi les candidats pouvant être présentés par l’Alliance de l’opposition à l’élection présidentielle prochaine.
Selon la missive adressée au diplomate français, « les poursuites contre Ould Bouamatou sont éminemment politiques. Elles constituent des mesures de représailles évidentes faisant suite à son engagement en faveur de l’opposition, des droits de l’homme et de l’Etat de droit».
L’Alliance rappelle que « plusieurs organisations internationales, dont Interpol et le Groupe de travail sur la détention arbitraire du Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies, n’ont pas manqué de critiquer ces poursuites. Interpol avait d’ailleurs refusé de diffuser le Mandat d’arrêt le concernant, voyant dans cette affaire « un caractère politique prédominant ».
L’Alliance s’attèle activement au choix d’un candidat consensuel à l’élection présidentielle. Elle pense « qu’avoir un candidat unique (lui) permettra de mieux défendre les valeurs démocratiques du pays et de sensibiliser davantage la population mauritanienne sur les enjeux de cette élection, alors que le candidat de la Majorité présidentielle cherchera, à n’en point douter, à utiliser les moyens de l’Etat pour mener sa campagne ».
le calame
Mauritanie : L’opposition demande l’annulation du mandat d’arrêt contre O. Bouamatou
Alakhbar – L’opposition mauritanienne demande aux chanceliers occidentaux à Nouakchott d’intervenir pour l’annulation du mandat d’arrêt contre l’opposant et milliardaire Mohamed Ould Bouamatou.
Selon l’opposition, les poursuites contre Ould Bouamatou empêchent à ce dernier de rencontrer le Comité en charge de désigner le candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2019.
L’opposition estime également que ce mandat d’arrêt est une “représaille” du régime de Oud Abdel Aziz “contre le ralliement” de Bouamatou à l’opposition et son “soutien aux droits de l’homme”.
Mohamed Bouamatou est visé depuis le 31 aout 2017 par un mandat d’arrêt de la justice mauritanienne dans une affaire de corruption présumée des sénateurs qui avaient rejeté un projet de suppression du Sénat.
alakhbar
Ghazwani : un candidat « otage » ?
Bien qu’il ait été officiellement désigné – ou obligé… – par son alter ego, le candidat de la majorité présidentielle persévère à garder le silence. Toujours à son poste de ministre de la Défense, au gouvernement, et à son logement, à l’état-major des armées. Les membres du parti au pouvoir, l’UPR, et autres opportunistes de tout acabit s’égosillent donc seuls sur les qualités et mérites de l’énigmatique dauphin. L’UPR – plus exactement, son président – fut le premier à apporter son soutien au candidat intronisé à la succession de l’actuel président de la République. Pour maître Sidi Mohamed ould Maham, également porte-parole du gouvernement, Ghazwani est le meilleur choix pour continuer l’œuvre de son compagnon, Mohamed ould Abdel Aziz, pour la stabilité et le développement du pays. Il l’a dit devant les députés et maires de la majorité qu’il a rencontrés, leur demandant de soutenir « cet homme de confiance, maîtrisant tous les dossiers de l’Etat. Ould Maham enchaine les réunions, tressant des lauriers au probable successeur d’Ould Abdel Aziz, proclamant que l’actuel ministre de la Défense est le seul à même de répondre aux aspirations de la population mauritanienne.
Mais, de l’avis de nombre d’observateurs, l’Union Pour la République dont le président s’active tant n’aurait pas été associée au choix du dauphin. Tout s’est passé au sein d‘un cercle restreint de gradés. C’est dire que le principal parti de la majorité n’a fait que prendre le train en marche et doit, par conséquent, se mettre au pas. La réunion, fin Janvier, avec les députés et les parlementaires, n’avait pour seul objectif que d’entourer la candidature annoncée d’Ould Ghazwani d’un maximum de consensus. Le mot est lâché.
Le communiqué de la présidence mettant fin aux gesticulations des députés réclamant un troisième mandat, alors même que la Constitution l’interdit – un vœu longtemps entretenu par un Ould Abdel Aziz, flouant ses véritables intentions, tout en répétant, à qui voulait l’entendre, qu’il respecterait la loi fondamentale – a surtout révélé une cassure, au sein de la majorité présidentielle. Un certain nombre de députés s’étaient opposés ouvertement à l’option du troisième mandat. Tandis que, du côté de la Grande Muette, des rumeurs distillées donnaient à croire qu’elle avait arrêté son choix sur son patron, le général Ghazwani. Une atmosphère quelque peu malsaine, accentuée par d’autres rumeurs sur l’opposition de certains membres du gouvernement et de députés, principalement les partisans du troisième mandat, à la candidature du général. Une rencontre, entre le candidat désigné et les présumés hostiles à sa candidature, est venue clore cette polémique, qualifiée, par certains, de « manipulation ». Peut-être mais, alors, de quel cercle ?
Les mots utilisés, pour présenter le ministre de la Défense en candidat « personnel » du président Ould Abdel Aziz, laissent, de surcroît, les observateurs perplexes. Selon leur lexique, Ould Ghazwani ne se serait pas imposé en incontournable, pour succéder à son alter ego. Il a été choisi, désigné ou obligé, par notre président-fondateur, à la poursuite – pourquoi pas sous contrôle ? – de la « révolution ». En tournée dans les régions du pays, le ministre de l’Intérieur s’est appliqué à vanter les réalisations du Président, en ne pipant mot – un non-fait troublant unanimement relevé par les observateurs – sur le candidat Ghazwani, lors de l’étape de Tidjikja, capitale du Tagant. Alors, le général Ghazwani qui semblait bénéficier – en tout cas jusque-là – de circonstances favorables, serait-il un candidat otage de son mentor ?
Toutes choses qui ne manquent pas de polluer le processus de succession du Président sortant lequel aurait chargé le président de l’UPR de notifier, aux anciens parlementaires, réunis, voici deux jours, à l’hôtel Mauri-Center, et à tout le microcosme politique de la majorité qu’Ould Ghazwani est seul et unique candidat d’Ould Abdel Aziz et de la majorité et que tous battront campagne pour le faire élire. A chacun, donc, de s’impliquer en cet objectif. Des propos qui viennent écarter les rumeurs selon lesquelles l’ex-Premier ministre, Moulaye ould Mohamed Laghdaf, briguerait la magistrature suprême. Et quand on sait les rapports que celui-ci entretenait avec Ould Abdel Aziz, le Rubicon est vite franchi, par les détracteurs du tombeur de Sidioca.
Aujourd’hui, les dés sont jetés. Ould Ghazwani est le candidat d’Ould Abdel Aziz et de sa majorité. Son intronisation officielle est attendue dans les jours prochains. Des informations circulent, dans les salons, évoquant d’intenses préparatifs, au niveau du gouvernement et de l’UPR. Des invitations, à des chefs d’Etat, de gouvernements et d’organisations internationales, seraient en passe d’être lancées. Le président Ould Abdel Aziz voudrait conférer, à cette cérémonie d’investiture, annoncée au 23 Février, un cachet particulier. Un évènement médiatique, à la veille même du congrès de l’UPR, le 2 Mars. Mais, à en croire certaines rumeurs, divers cercles du pouvoir prôneraient le report du congrès au lendemain de l’élection présidentielle, craignant l’immanquable étalage des divisions, à cette foire d’empoignes, susceptible d’impacter négativement sur le consensus recherché autour du général Ghazwani. Si les dés sont jetés, les jeux sont-ils faits ?
Les apparences sont parfois trompeuses…
DL
le calame
Mokhtar Echinguiti: l’Islam a engagé ses pratiquants à protéger les sites d’adoration des autres (Vidéo)
Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant. » (S22, v40)
Requiem de l’opposition mauritanienne ?
L ‘accouchement est en cours. Dans la douleur. Une césarienne sera probablement nécessaire. Rassurez-vous : vous n’êtes pas dans une maternité mais dans une réunion du comité, désigné par l’opposition, pour dénicher l’oiseau rare : le candidat unique qui portera ses couleurs, lors de la présidentielle de Juin prochain. Inutile de le ressasser : les débats sont longs, parfois houleux. On pose la question qui tue : Le candidat doit-il être issu d’un parti d’opposition ou non, s’il a la capacité de rassembler ? Les critères de sélection sont passés en revue et les candidats au peigne fin. Des noms émergent. On élimine certains, on en garde d’autres sous la main. Les infos fuitent avec parcimonie. Ahmed ould Daddah étant hors-jeu – limite d’âge… – on parle de Mohamed ould Maouloud qui serait, dit-on, intéressé. L’homme n’a plus rien à prouver, sur le plan du combat politique pour une véritable démocratie en Mauritanie mais il n’arrive pas à réunir le consensus pour porter l’étendard de l’opposition réunie. Les islamistes rechignent, en effet, à soutenir un homme de gauche. Mahfoudh ould Bettah ? Il n’a pas de grand parti derrière lui ni beaucoup de moyens pour financer sa campagne. Un temps pressenti, Mohamed Mahmoud ould Mohamed Saleh, un brillant professeur de Droit, proche du RFD dont il fut le directeur de campagne, lors de la présidentielle de 2007, a poliment décliné l’offre. Cheikh ould Hannena, le leader des sénateurs frondeurs ? Issu du grand Est, il peut être un bon cheval mais n’a pas une grande expérience politique. Et pour arriver en tête, dans une course aussi serrée que la présidentielle, il faut avoir, non seulement, du souffle mais, aussi, une solide assise financière. Sidi Mohamed ould Boubacar ? Deux fois Premier ministre (1992-1996 et 2005-2007), plusieurs fois ministre et ambassadeur, il a, incontestablement, une grande expérience et peut, sans doute, mobiliser des moyens. Mais il a l’inconvénient d’avoir servi, jusqu’à sa chute, un régime que cette opposition a combattu. Sa gestion remarquable de la transition 2005-2007 lui vaudra-t-elle absolution ? Le fait qu’il ait toujours gardé le silence, face aux dérives du pouvoir actuel, ne joue pas en sa faveur. Certains militants de l’opposition commencent, d’ailleurs, à lui en faire reproche. Mieux vaut tard que jamais, pourrait-il leur répliquer : juste à côté de nous, Macky Sall fut ministre puis Premier ministre de Wade, avant de prendre ses distances vis à vis de son mentor et le défier, lors de la présidentielle de 2012. L’opposition sénégalaise avait flairé le bon coup et misa sur lui, en le soutenant au second tour. Vu l’enjeu, elle ne s’embarrassa ni de considérations partisanes ni de sentiments.
Bref, qui d’autre de cette liste, pourrait-il être cette arlésienne de candidat unique ? Mohamed ould Bouamatou ? Le nom de l’homme d’affaires, devenu opposant pur et dur, subissant, depuis plus de sept ans, les affres du régime, a été également cité. Doté de solides relations, à l’extérieur et à l’intérieur, qu’il peut activer à bon escient, il a, en outre, l’énorme avantage de pouvoir financer, lui-même, sa campagne électorale. A condition, bien sûr, qu’il accepte d’entrer dans la danse et que l’opposition unanime le désigne. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. L’homme garde toujours le silence sur ses intentions et l’opposition arrivera difficilement à s’entendre. Or le temps presse. L’autre camp commence déjà à fourbir ses armes. Et, comme en 2007, 2009 et 2014, l’opposition risque fort rater encore le train. Par sa seule faute mais, cette fois, la goutte risque de faire déborder le vase. Ainsi gira une opposition auto-noyée dans ses atermoiements ?
Ahmed ould Cheikh
le calame



