Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Ahmedou Ould Abdallah à Biladi : “Diriger un Etat n’est pas un butin de guerre”

 Ahmedou Ould Abdallah à Biladi : RMI BiladiBiladi : Excellence, actualité oblige, que pensez-vous du traitement de la pandémie du Covid-19 par nos autorités nationales ? Et que peut-on faire pour envisager sereinement l’avenir ?

Ahmedou O. Abdallah (AOA): Comme bon nombre d’observateurs, je me réjouis de la réponse rapide, déterminée et organisée du gouvernement face à cette pandémie.

* Je m’en réjouis d’autant plus qu’elle a été difficile à prendre, à mettre en œuvre avec fermeté et encore plus à poursuivre le temps requis. Malgré notre inexpérience en ce domaine, tout a été fait sans grand tintamarre ou discours populistes si fréquents dans nos pays.

Les ministères les plus concernés – Santé, Intérieur, Défense – ont agi en bonne équipe, avec fermeté et souplesse. Cette approche forme et prépare citoyens et institutions à la responsabilité collective et à l’esprit national.

Par les risques mortels qui lui sont associés d’une part et par la réaction gouvernementale pour y faire face d’autre part, cette crise consolidera les bases de l‘Etat national. En effet, face à ce danger, l’organisation de la réponse et sa mise en œuvre sont venues du centre du pouvoir national et pas d’une entité internationale.

Chez nous, comme de par le monde, le Covid-19 a créé, ou réhabilité, l’état nation. Pas le nationalisme chauvin mais l’évidente réalité: la sécurité de tous est de la responsabilité de l’Etat, le décideur visible et assumé.

Cette naissance, ou renaissance, de l’état national, le décideur en premier sur le front, le Covid-19 vient de la confirmer chez nous mais aussi en Europe et en Asie par exemple. La solidarité entre compatriotes y est plus forte et plus acceptée qu’à l’intérieur d’un vaste ensemble régional. Face au Covid-19, le devoir de protection des citoyens a bousculé les organisations régionales des plus solides quand bien même elles demeurent des institutions essentielles.

Biladi : La Mauritanie, comme la région et d’ailleurs le reste du monde, est impactée, surtout économiquement et socialement, par cette terrible pandémie du Covid-19. A votre avis, que peut entreprendre le gouvernement pour faire face à cette situation ?

AOA: Comme la plupart des gouvernements de la région et du monde, le nôtre a dû et continue à faire face à une “guerre imprévue’’ et à durée encore indéterminée. Mais on en connait les conséquences économiques et la possibilité de prendre, autant que faire se peut, des mesures préventives.

L’économie étant mondialisée, les réponses varient selon les pays : développés, intermédiaires et autres. Tout en pensant “qu’il n’y a pas d’alternative à l’optimisme’’, nous devons rester solidaires et, si possible, disciplinés pour gérer les difficultés à venir.

Ainsi, les Investissements -Directs Etrangers – IDE – seront-ils ou plus faibles ou différés. Notre projet phare de gaz naturel Ahmeyim tombe dans cette catégorie. Heureusement, il est entre les mains de BP, un géant qui a connu et bien géré des cas plus graves. Mieux, la crise et d’autres facteurs ont ramené les hydrocarbures à de très bas prix, autour de 30 USD le baril. Pas si mauvais pour notre pays.

Les transferts de fonds effectués par nos commerçants et travailleurs établis à l’extérieur seront atteints. Souvent informels, ils vont directement aux familles des intéressés. Autre perte, le tourisme souffrira davantage qu’avec le terrorisme, réduisant revenus et emplois.

Face à ces difficultés, il y existe des raisons de garder un optimisme fut-il prudent. D’abord, notre production d’or, formelle et informelle, reste importante et augmente. Une valeur refuge actuellement cotée à plus de 1700 USD l’once. La production du fer restera liée à la reprise de l’économie mondiale et particulièrement celle de la Chine. Par ailleurs, le secteur de la pèche de surface et de fond, produit de qualité, devrait reprendre, tout comme les exportations de bétail sur pieds, dès la fin des confinements.

Certes, il faut vendre pour générer des revenus mais il faut aussi éviter les gaspillages et les déperditions des fonds par gestion hasardeuse ou par déficit de transparence. Dieu sait pourtant que le pays dispose de bonnes expertises dans les domaines miniers en particulier.

En définitive, au-delà de la crise du Covid-19, tout le monde a besoin de tout le monde pour produire, vendre et acheter. Notre pays doit y être prêt dès la fin des confinements.

Biladi : Vous avez été parmi ceux qui se sont ouvertement opposés au changement de certains symboles de l’Etat (identité nationale, drapeau, etc) y compris dans une interview au journal Biladi en 2016. Y a-t-il quelque chose à entreprendre pour les faire revenir ?

AOA: L’identité nationale est “la marque déposée’’, le patrimoine immatériel d’un pays. Partie de son histoire, elle transcende les politiques gouvernementales. Des symboles y sont associés : culture, noms de familles et de lieux, drapeau, hymne national, etc. Qu’une personne décide, à elle seule, de changer ces fondamentaux est incompréhensible et sur ce point notre silence fut, pour le moins, un manque de vigilance.

Face au combat contre le Covid-19, la solidarité des citoyens est intimement liée à l’idée d’appartenance à une communauté. Toute nation a ses symboles et ses spécificités dont précisément les patronymes. Dans le Golfe aucun Etat n’a osé supprimer le AL si spécifique à la région. Ni les Ecossais et les Hollandais se dessaisir des Mc et Van si communs. Aujourd’hui, tout mauritanien recensé a un Numéro d’Identité Nationale spécifique à lui. Aucune confusion n’étant guère possible entre individus, pour quoi imposer cette mutilation ?

Le Marechal Mobutu du Congo a changé le nom du pays et ses symboles et Kadhafi en fit autant pour la Libye. Dans les deux cas, les autorités qui les suivirent eurent la sagesse d’y revenir dessus sans débats et sans délais.

En attendant une enquête judiciaire sur les marchés de l’Etat Civil des années 2011/ 2016, mes vœux les plus chers, au-delà de la victoire sur Covid-19, est que le Président Ould Ghazwani fasse à ses compatriote, et se fasse à lui-même, un cadeau de fin de Ramadan. Ce cadeau serait : la restauration du drapeau et de l’hymne national, le nom de Moktar Ould Daddah pour l’aéroport de Nouakchott et la liberté aux citoyens de garder leurs patronymes.

Biladi : Notre pays connait actuellement un grand débat relatif à son passé politique proche et lointain. Comment voyez-vous ce débat ?

AOA: Les débats techniques sont toujours les bienvenus. Ils peuvent enrichir les gouvernements et le public pour une meilleure compréhension des questions nationales et internationales.

Dans le contexte actuel, des discussions sur le Covid-19 seraient fort opportunes. Face à un danger réel et dont le remède reste encore à trouver, se concentrer sur ce qui renforce le front intérieur et la future économie nationale me semble bien indiqué.

S’agissant de la Commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des affaires publiques au cours des années 2009 – 20019, il convient de féliciter le Parlement pour son établissement. Et aussi le gouvernement pour ne pas s’y être opposé. Cette Commission est une première et, par sa seule mise en place, d’ores et déjà une réussite. Il lui reste, par les compétences avérées de certains de ces membres, à mener un travail objectif à bon terme.

L’impunité dévalorise les fonctions gouvernementales, discrédite le service public, aggrave les inégalités et mine le sentiment national. Il est permis d’espérer que les travaux de cette Commission aideront à y mettre fin, au moins pour un temps.

Il convient de former un consensus national pour l’aider à mener sa mission avec sérieux et dans la sérénité. A cet égard, il est important de souligner que le mandat de la Commission est, me semble-t-il, de mener une investigation sur la gestion publique d’une période donnée et non sur elle-même, ses membres ou d’autres personnalités politiques. Curieusement, certaines personnes ne semblent pas vouloir comprendre, ou accepter, ce mandat.

Cette Commission est la bienvenue et doit bénéficier d’un vaste consensus politique des nationaux et de nos partenaires. Je la vois aussi comme une mesure de prévention et de dissuasion contre les incuries des élites publiques et privées en Mauritanie et dans la région. Diriger un Etat n’est pas un butin de guerre.

Propos recueillis par Moussa O. Hamed

cridem

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Mauritanie – Administration territoriale, le plus large mouvement de l’histoire et le plus décrié par une certaine frange

altLes nominations opérées au niveau de l’Administration territoire au cours du Conseil des ministres du jeudi 30 avril 2020 sont les plus vastes connues à ce jour. Alors que les partisans du pouvoir de Mohamed Cheikh Ghazwani considèrent ce mouvement comme le plus important jusque-là opéré depuis sa prise de pouvoir, et qu’il a été caractérisé par le rajeunissement de l’administration territoriale, les détracteurs voient par contre à travers ces nominations fleuves une grave atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale eu égard au peu de places accordées aux Négro-mauritaniens.

Le Ministère de l’Intérieur vient d’opérer le plus vaste mouvement de l’administration territoriale sous l’ère Ghazwani. Un remaniement décidé au cours du Conseil des Ministres du jeudi 30 avril 2020 et qui a touché plusieurs régions du pays, mais qui a aussi fait couler beaucoup d’encre. Nominations de Walis, de Walis Mouçaid, de Hakems et de leurs adjoints, de chefs d’arrondissement, de directeurs de cabinets, de conseillers et de chargés de mission. Au total, plus d’une centaine de changements au niveau du commandement, tant au niveau central qu’au niveau local. Il y a eu des permutations, des nouveaux promus, des promotions et des départs.

Pour les partisans de Mohamed Ghazwani, ce changement constitue l’une des premières mesures prises par un pouvoir qui cherche à placer ses hommes de confiance et à rompre avec un héritage laissé par l’ancien pouvoir. Parmi les nouveaux promus au niveau de l’administration territoriale, plusieurs jeunes issus des dernières promotions de l’Ecole Nationale d’Administration qui font leurs premiers pas dans le commandement, mais aussi plusieurs fonctionnaires qui dormaient au niveau de l’administration centrale sans aucune charge.

Débat autour des quotas

Ce remaniement massif au niveau de l’administration territoriale anime les débats dans les réseaux sociaux. La polémique enfle d’une manière jamais égalée, au point que de virulentes empoignades commencent à attiser les flammes communautaristes et les tensions sociales. Pour la communauté négro-africaine, ces nominations ne sont qu’un continuum d’un «système raciste et raciale qui consolide la mainmise de la communauté maure sur les commandes de l’Etat au détriment des autres composantes de la Nation».

Sur ce plan, les comptes sont tout de suite faits. Sur les 18 Walis et Walis Mouçaid, seuls 3 négro-africains ont été promus. Sur les 13 chargés de mission, les négro-africains ne sont que 4, zéro sur 5 au niveau de l’Inspection interne, 1 négro-africain sur les 7 attachés de cabinet, 1 négro-africain directeur sur les 16 directeurs nommés, 2 sur 9 conseillers. Sur les 19 conseillers et directeurs de cabinet au niveau des Wilayas, un seul négro-africain, 7 négro-africains sur les 69 Hakems, Hakems Mouçaid et Chefs d’Arrondissement, avec un 1 seul Hakem négro-africain.

Ainsi, sur un total de 163 nominés, les Négro-africains ne sont que 18, soit à peu près 11% des postes, contre 89 % occupés par leurs compatriotes maures.

Donc, le dernier remaniement au niveau de l’administration territoriale n’a fait que raviver un vieux et éternel débat en Mauritanie autour de la représentativité communautaire dans un pays déchiré par des tensions sociales et raciales. Certains n’ont pas hésité à reprendre la terminologie «Apartheid» collée à la Mauritanie et que les élites négro-africaines et Harratines ne cessent de dénoncer.

La question genre complètement occultée

Beaucoup de féministes voient pour la plupart d’entre elles, à travers le dernier mouvement au sein de l’Administration territoriale, une note martiale et masochiste, eu égard au peu de femmes qui ont été promues. Avec zéro femme au niveau des chargés de mission, deux femmes conseillères sur 9 et 1 femme à l’Inspection Interne sur 5, la gente féminine semble ainsi être les moins visibles dans l’administration du Ministère de l’Intérieur. Elles ne sont en effet que 5 au niveau central, contre Zéro Wali, zéro Wali Mouçaid, 1 seule conseillère de Wali et 3 Hakems, Hakem Mouçaid sur un effectif de 70.

Cheikh Aïdara

Source : Thaqafa

kassataya.com

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La récidive d’un obsédé de l’arabité exclusive / Par Boubacar Diagana et Ciré Ba

|Libre Expression| La récidive d’un obsédé de l’arabité exclusiveDans un long article paru dans Cridem, M. Mohamed Yeslem Yarba Beihatt délivre un carton rouge au ministre de la fonction publique qu’il menace au passage d’éviction. Rien de moins. L’intéressé a, à l’occasion du 1er mai, osé prononcer un discours en français. Infamie suprême!

Pour solde de tous comptes, le ministre est en outre gratifié de gentillesses du genre «illettré», «incompétent» dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Lisons plutôt M. Beihatt: «Dites-vous que si vous persistiez à continuer pour tenir vos discours dans une langue autre que l’Arabe, celle officielle de notre pays, vous n’aurez plus droit à rester dans votre poste. Oui, et de la manière la plus simple au monde. Pour motif d’incapacité. C’est-à-dire que, si vous ne pouvez pas prononcer un discours en Arabe, cela veut dire, que, vous êtes incompétent. C’est que vous n’êtes pas digne de la confiance placée en vous. Parce que, en ce moment, la meilleure excuse qu’on peut vous donner, est que vous êtes «illettré».

Et nous qui croyions que les ministres étaient nommés par le Chef de l’Etat sur proposition du 1er ministre! Le meilleur ou le pire, c’est qu’à suivre le raisonnement de M. Beihatt, le pauvre ministre n’aurait pas non plus le droit de prononcer son discours en Sooninke, sa langue maternelle reconnue pourtant comme une des langues nationales du pays de par une constitution qu’il invoque à tort et à travers. En dehors de l’arabe, point de salut. Qu’on se le tienne pour dit.

Grand seigneur, le censeur laisse tout de même une seconde chance au ministre. Celui-ci est sommé fissa d’aller suivre des cours intensifs d’arabe auprès de son excellence, l’ambassadeur France en Mauritanie. Autrement dit, l’ambassadeur français devrait, avec grand plaisir, former en arabe des responsables mauritaniens dans le but de leur permettre de ne plus s’exprimer en français. Logique. Toujours très cohérent, l’inspiré M. Beihatt, n’hésitait pourtant pas, dans un article publié sur Cridem le 23 décembre 2019, en guise de cadeau de Noël sans doute, à étriller le diplomate français. Pour lui, le diplomate ne devrait pas aborder le problème de la langue en Mauritanie au risque de compromettre les intérêts de son pays et de voir l’anglais encouragé à prendre la place de langue de Molière en Mauritanie par représailles. Car, «si vous n’êtes pas encore au courant, dans quel cas, je le regretterais fort – ; je vous le fais savoir : le rapport entre la langue du colon, le français, pour bien nommer les choses, et celle officielle de la République Islamique de Mauritanie, l’arabe ; ce rapport-là, était la cause malheureuse des événements regrettables de 1966» affirme M.Behatt. Qu’était-il donc reproché à l’ambassadeur? En réponse à la question suivante d’un média local: «Que pensez-vous du recul de la langue française en Mauritanie ?, le diplomate avait répondu: «Voici une question que l’on me pose en français et à laquelle je répondrais donc avec plaisir en français. Avec la langue arabe et les langues nationales, la Mauritanie possède un patrimoine linguistique de grande valeur, dont elle peut légitimement être fière…». Rien de plus.

C’est donc l’ennemi juré d’il y a peu qui est recommandé pour combler les lacunes en arabe du ministre «francophone». Il serait intéressant au passage de recenser les établissements et pays de formation des membres du gouvernement, académies militaires comprises. Passons. Rappelons également que le nouvel ami ambassadeur était également accusé, en décembre 2019, de chercher à attiser le feu en Mauritanie et était invité à s’occuper de ses patois en Métropole. C’est dire si notre «procureur» excelle dans les raccourcis et les inversions de rôles. Rien n’est trop beau pour faire accepter l’inacceptable. Une constante émerge de ses écrits malgré les ruses et les ficelles plus ou moins grosses: la volonté affichée d’asseoir l’hégémonie d’une composante nationale sur et au détriment des autres. En un mot comme en mille, l’objectif est celui-là. Car au-delà de la langue, c’est bien de domination, d’exclusion économique et de disqualification des autres composantes nationales qu’il s’agit.

L’association de diffusion et de défense de la langue arabe en Mauritanie n’en fait pas mystère qui, le 9 septembre 2019, en appelait à stopper l’usage de la langue française dans les documents officiels du pays, qualifiant au passage les autres langues nationales, pourtant reconnues comme telles à savoir le Pulaar, le Sooninke et le Wolof de «dialectes des communautés négro-africaines». Au mépris des compatriotes de la Vallée, l’association enfonçait le clou: «s’adresser délibérément aux gens avec ce qu’ils ne comprennent pas constitue une préméditation qui ressemble à un défi». Ces chantres affichés et déraisonnables d’une Mauritanie exclusivement arabe font mine d’oublier que depuis des décennies, les représentants de l’Etat, de son administration et des services déconcentrés ne s’embarrassent plus guère de soucis d’équilibre puisqu’ils ne communiquent qu’en arabe et bien souvent en se passant allègrement de traduction.

Dans le double souci du respect du Vivre ensemble et de la volonté d’ouverture au monde, ils gagneraient à méditer les initiatives positives à l’exemple de celle du Maroc qui vient de mettre en place un Conseil national des langues et de la culture marocaine visant également à la facilitation de l’apprentissage des langues étrangères les plus parlées dans le monde dont le français. Le Maroc dont la population berbère, estimée entre 15 et 20 millions de personnes, vit souvent dans l’Atlas ou en campagne et n’apprend l’arabe qu’à l’école comme les populations de notre vallée, a officialisé la langue amazighe (berbère) en 2011.

Une loi généralisant l’usage de cette langue dans les administrations et à l’école a été votée à l’unanimité par les députés marocains le 10 juin 2019. Cette loi permettra la délivrance de cartes d’identité, de passeports ou d’actes de mariages en langue amazighe.

Il serait enfin temps de comprendre que les postures idéologiques, les pétitions de principe du genre «Ici c’est la Mauritanie… Ce n’est pas l’Occitanie… Le pays des plus grands savants, «érudits» de la langue Arabe…Ici, c’est la langue arabe qui est la langue officielle…» tiennent plus du coup d’épée dans l’eau. Cela peut faire plaisir mais d’un plaisir sans lendemain. Il suffit d’un sérieux problème de santé-(que nous ne souhaitons évidemment à personne) appelant une évacuation sanitaire pour s’en rendre compte.

A propos de la promotion du Tamazigh au Maroc, cf France info Afrique du 13 juin 2019. Une chaîne de télévision, Tamazight TV, est consacrée à la culture berbère. En savoir plus sur la mise en place de ce Conseil http://aujourdhui.ma/culture/conseil-national-des-langues-et-de-la-culture-marocaine-cest-fait-les-attributions-et-missions-publiees-au-bo?fbclid=IwAR05juN3kkZmoH4sPqWQrf3ubbYobEw0Za31h3i2lMlPW9OJMpaXLehUxRM

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 03/05/2020

Kassataya

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Colonel Ould Taya! Libère-toi, libère nous: Dis-nous la vérité, Toute la vérité /Par Prof. Boubacar N’Diaye

Colonel Ould Taya! Libère-toi, libère nous: Dis-nous la vérité, Toute la vérité /Par Prof. Boubacar N’DiayeLe Calame– Colonel,

Connaissant l’attachement de tout officier à son grade, aboutissement d’une formation rigoureuse y compris l’inculcation de l’éthique et des hautes valeurs qui sont censées s’y attacher, je me permets de m’adresser à toi par ton grade à ta démission de l’armée. Je suis sûr que tu ne m’en tiendras pas rigueur, pas plus que pour le tutoiement, d’ailleurs.


Tout cela ne devrait plus avoir autant d’importance pour toi maintenant. En fait, je m’adresse à toi ainsi pour la troisième fois. La toute dernière fois, je t’ai adressé une missive sous le couvert d’un site d’information bien de chez nous. C’était alors à la veille du nouvel an 2017.

La conjoncture nationale (et internationale) d’alors m’y avait poussé. Entre autre, je t’y posai plusieurs questions ayant trait à cette conjoncture, dont certaines sans doute impertinentes. La plupart avaient trait à l’héritage qu’a laissé ton—long—passage à la tête de notre pays. Je reviendrai sur la toute première fois que je me suis adressé à toi un peu plus loin.

C’était il y a si longtemps déjà. Cette correspondance-là avait, elle aussi, trait au même sujet—l’impact et les séquelles de ta présidence qui, je dois l’avouer, m’obsèdent -littéralement- toujours.

C’est cette obsession et la mémoire de mes nombreux amis et connaissances qui ont été affectés qui, de temps en temps, me poussent à me mettre au clavier et qui donc, aujourd’hui, m’amènent à t’écrire un fois de plus.

Le Contexte

Colonel,


La Mauritanie semble être à un tournant décisif de son évolution. Comme tu le sais, depuis l’an dernier, Aziz a quitté le pouvoir, et semble avoir été entièrement éliminé de la scène politique, pour le moment du moins.

Pour beaucoup, la passation de pouvoir du 2 aout 2019 entre deux officiers -pour une fois sans coup d’état (littéral)- est un signe que, peut-être bien, de nouvelles perspectives, prometteuses, s’ouvrent pour le pays. Fasse Dieu qu’il en soit ainsi!

C’est certainement un (tout petit) bon signe également, que des exilés de renom ont pu retourner au pays. Tous ceux qui ont goûté au fiel de l’exil en sont heureux pour eux, leurs familles, et leurs amis politiques.

Cependant, l’on ne peut que déplorer que les milliers d’exilés plus indigents et anonymes continuent de languir dans les camps au Sénégal et au Mali sans bénéficier de la même sollicitude de la classe politique et intellectuelle dont les pressions ont facilité le retour de ces illustres victimes de ce qu’il faut bien appeler « l’Azizisme ».

Grâce à une variation du même phénomène, d’exil (même doré),tu en sais quelque chose toi aussi, n’est-ce- pas ? De ton retour prochain dans tonpays, il serait question, ce qui sûrement marquera l’évolution politique et sociale du pays. Dans le même esprit, l’on ne pourra que nous en réjouir pour toi, les tiens, et les nostalgiques de ton régime.

Certains ont évoqué ton âge avancé et même ta santé qui serait précaire. C’est dans ce contexte donc que j’ai décidé de t’écrire cette lettre ouverte un peu singulière, il est vrai. Il arrive un temps, dit-on, quand l’heure de vérité sonne et l’Homme est face à son Créateur, les non-croyants diraient face à sa conscience.

La pandémie qui préoccupe toute l’humanité en ce moment m’a rappelé, en ce qui me concerne, la précarité de la condition humaine, et son corollaire et raccourci :La mortalité.

L’héritage de ton régime

Colonel,


Comme tu le sais bien, ce pays que tu as dirigé pendant 21 ans va mal. Il va vraiment mal. Je le dis tout net, tu y es personnellement pour quelque chose. Une plaie béante a résulté de ce que l’on appelle encore avec une certaine pruderie « les années de braise » ou « les évènements ».Certains, plus entendus, continuent de s’y référer comme « les évènements douloureux ».

D’autres, plus directs, parlent de ces « évènements »plutôt comme « une tentative de génocide ». Bien sûr, quelque nom qu’on y accole, ces évènements de 1989 à 1992 ont été précédés et suivis d’actes et de politiques délibérées qui leur ont enlevé le caractère fortuit, accidentel, qui est toujours présumé aux incidents qui les ont déclenchés.

En conséquence de tout cela, bien des milliers de tes compatriotes sont encore réfugiés au Sénégal et au Mali, des milliers d’autres ont été contraints de refaire leur vie loin de leur pays où leurs talents et connaissances ont été souvent mis à profit et récompensés par d’autres pays que celui qu’ils aiment et auraient préféré servir.

Tu le sais aussi, au cours de ces « années de braise », des centaines, voire des milliers de tes concitoyens ont été torturés, tués, des exactions sans nom commises contre des dizaines de milliers dans la Vallée et ailleurs. A résulté de ces faits et bien d’autres encore, un sentiment encore ancré chez la majorité de tes concitoyens qu’ils sont des citoyens de seconde zone, des étrangers dans leur propre pays.

Tout cela a contribué à créer la plaie que je viens d’évoquer, ainsi que la douleur et le risque de pestilence qui accompagnent toute plaie. C’est bien connu, les blessures psychologiques sont toujours les plus difficiles à guérir. Je crains que c’est là, hélas, un traumatisme national dont nous n’avons pas encore totalement soldé le coût.

Colonel,

Malgré tout cela, depuis que tu as quitté le pouvoir, tu t’es muré dans un silence qui est resté insondable. Tu n’as jamais été loquace, il est vrai, mais contrairement à d’autres, ce silence n’est pas doré. Ce long silence a pesé lourd sur ton pays.

Comme une chape de plomb. Il a, entre autres, permis à certains de tes concitoyens de continuer à nier ce qui, plus que tout autre fait ou politique, a marqué ta présidence, et ignorer ou minimiser les conséquences qui en ont découlé pour le tissu social et la République. Il faut bien le dire, les onze ans de pouvoir d’Aziz n’ont pas aidé non plus, bien au contraire.

Durant son éphémère présidence, et tout à son honneur, le Président Ould Cheikh Abdallahi s’est bien essayé –vaillamment- à prendre à bras-le-corps ce lourd héritage que ton régime lui a légué. A essayer de guérir cette plaie, pour ainsi dire. Tu le sais sans doute, beaucoup croient que ce volontarisme et ce sens du devoir de réparation ne seraient pas étrangers à son renversement par Aziz et ses acolytes (pas seulement le quarteron !).

C’est dire donc que même si tu as quitté le pouvoir par la force près de quinze ans déjà, ton ombre, plutôt le spectre de ces « années de braise » et leurs conséquences ont continué de planer sur ton pays.

Ceci est indéniable. Tu le sais aussi, la polémique en cours sur la pertinence du concept d’Apartheid pour notre pays est aussi directement liée à ce qui s‘est passé sous ta présidence et son prolongement— à bien des égards—que furent les onze ans de Aziz.

Même si certains ne le savent pas, pour avoir côtoyé et associé à ton pouvoir certains idéologues, toi, tu sais que, bien plus que le raccourci « développement séparé » et ses substrats infâmes « Blancs seulement », « Noirs seulement », et l’arsenal juridique scélérat, l’Apartheid s’était, avant tout et essentiellement, une idéologie suprémaciste qui a sécrété une volonté de domination aussi fanatique que lâche.

Et, bien sûr, la dénégation de l’existence de l’esclavage (celui-ci d’ailleurs est lié à ladite idéologie) et la répression féroce contre ceux qui dénonçaient cette politique -pendant et après ton régime-continuent à avoir d’autres conséquences néfastes pour le pays.

L’heure de Vérité

Colonel,


Un Président des États Unis, Harry S. Truman, avait, de son temps, introduit dans le jargon politique anglo-saxon la maxime « The Buck stops here ». Ce qui veut dire qu’en tant que président, il était, en dernier ressort, le seul responsable de tout ce qui se faisait dans son administration et l’assumait.

Comme tu le sais, pour les officiers en particulier, la même exigence d’assumer tout ce qui arrive sous son commandement existe bien dans la noble profession des armes qui fut la tienne.

C’est en référence à tout cela que je t’écris pour te conjurer de faire tienne pour l’Histoire cette maxime. Colonel Ould Taya, Fais tienne cette maxime. En un mot : Assume et…brise ton silence ! Parle nous de ce qui s’est passé pendant ces « années de braise »! Nul mieux que toi n’a plus d’autorité pour le faire. Libère toi ! Libère nous tous.

En parlant, en assumant, tu libèreras en effet beaucoup de monde. Tu libèreras ceux qui ne savent toujours pas. Tu libèreras les vrais innocents. Tu libèreras aussi les tortionnaires, les meurtriers, ceux coupables ou complices d’exactions. Tu libèreras les idéologues qui se sont soûlé aux sources nauséeuses de la suprématie culturelle des abords du Tigre et de l’Euphrate, ou du Nil, ou même de contrées moins fertiles.

Ceux-là même qui ont conçu, planifié et mis en œuvre tout cela, et qui continuent aujourd’hui encore de sévir, poursuivant les mêmes objectifs. Tu libèreras les victimes (celles qui ont survécu) qui se demandent toujours quel crime elles ont bien pu commettre pour mériter leur sort.

Tu libèreras les braves gens qui ont dit « non ! », ont résisté et payé le prix. Tu libèreras ceux qui s’y sont accommodés. Tu libèreras ceux qui ont trahi. Tu libèreras les lâches qui ont préféré détourner le regard. Tu libèreras le reste du monde qui s’en est plus ou moins lavé les mains. Tu libèreras tes collaborateurs. Tu libèreras tous tes successeurs. Surtout, tu te libèreras toi-même. Tu feras triompher La Vérité, enfin.

Ce faisant, tu contribueras à écrire une autre page de l’histoire de ce pays. Il t’appartient de décider quel Ould Taya tu veux que l’Histoire retienne.

Je t’en conjure donc, colonel Ould Taya, libère-toi, libère-nous tous !Le temps continue de faire son œuvre et nul n’est éternel. N’est-ce-pas ?

Finalement, au début de cette missive, j’ai évoqué une première ‘lettre ouverte’ que je t’ai adressée il y a de cela si longtemps. Que les temps ont changé ! Que d’eau a coulé sous les ponts depuis ! C’était au tout début des années 2000. Avant Juin 2003. Tu étais alors triomphant, méprisant même. Tu semblais en effet avoir mis le pays sous coupe réglée.

La plupart de tes opposants étaient soit en prison soit forcés de s’exiler ou d’entrer dans la clandestinité. Les autres semblaient avoir été matés. Certains se bousculaient déjà pour se rendre, déposer les armes, et à tes pieds, le drapeau blanc. Pour cela, tous les prétextes étaient bons. Et c’était sous « l’ère démocratique » !

C’était le temps de la rage impuissante pour certains d’entre nous. Il ne semblait nous rester que nos yeux pour pleurer et nos dents à grincer. C’est donc dans un tel contexte de démoralisation que je signai cette lettre sous un pseudonyme–ta police politique était redoutable… –« Et nous irons cracher sur ta tombe. »

Oui, je le concède, un titre peu charitable et ‘culturellement incorrect’ pour un musulman. Il ne me surprendrait qu’ils s’en trouvent encore aujourd’hui qui s’en scandaliseront. Ceux-là même qui, sans état d’âme, auront passé par pertes et profits la torture et l’assassinat de milliers, la déportation de dizaines de milliers, et la condamnation à la misère et au dénuement de millions de leurs compatriotes (pendant et après lesdites « années de braise »), résultat de l’exclusion et de la prédation érigées en système de gouvernement.

Avec le recul et un plus de tempérance, j’ai mis ce titre et le contenu rageur de la lettre sur le compte de ce que j’ai appelé ma « guérilla personnelle pour la démocratie » en Mauritanie.

En fait, tu t’en es tiré, et notre pays avec toi, plutôt à bon compte, cette guérilla étant une guérilla des mots seulement (usant souvent le camouflage de la pseudonymie). Dans tout autre pays que le nôtre, ce qu’ont subi certains Mauritaniens sous ton régime aurait, presqu’inévitablement, conduit à une guérilla, une vraie, armée.

Aux conséquences toujours catastrophiques. Cette lettre-là était surtout en forme de baroud d’honneur désespéré pour rejeter, d’une part la démission, la résignation qui alors tentait un grand nombre et, d’autre part, l’impunité qui semblait inéluctable du fait de ce que même tes opposants les moins pusillanime savaient appelé alors ta « victoire sur toute la ligne ».

Par souci de transparence, il m’a paru approprié d’évoquer cette autre lettre ouverte d’il y a presque 20 ans, elle aussi d’un genre particulier, pour la situer dans le contexte qui était le sien. Encore une fois, que de changements depuis !

Aujourd’hui, Je ne te souhaite que longue vie et retour dans ton pays. Mais aujourd’hui, il s’agit aussi de l’avenir de ce pays et ce que tu pourrais faire de bien pour cet avenir. Cet avenir devra comprendre aussi, (enfin, enfin !) le retour organisé des derniers exilés (tu devrais y œuvrer). Qui n’en conviendrait pas ?

C’est pour cela que je te conjure, encore une fois, de parler, de nous dire la vérité, toute la vérité, de te libérer et de nous libérer tous avec toi pour qu’enfin, nous puissions faire face à nos démons et les exorciser une fois pour toutes, afin de guérir et cicatriser notre plaie.

Il en est grand temps.

le calame

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Les États-Unis autorisent en urgence l’antiviral remdesivir pour traiter le coronavirus

Les États-Unis autorisent en urgence l'antiviral remdesivir pour traiter le coronavirusRFI– L’Agence américaine du médicament (FDA) a accordé une autorisation d’utilisation pour l’antiviral remdesivir, qui écourte la durée de rétablissement des patients atteints du Covid-19, a annoncé vendredi le président des Etats-Unis Donald Trump.

“Je suis heureux d’annoncer que Gilead a obtenu de la FDA l’autorisation d’utilisation en urgence pour le remdesivir”, a indiqué M. Trump depuis la Maison Blanche.

Médicament expérimental qui avait initialement été développé pour soigner les malades de la fièvre hémorragique Ebola, le remdesivir est le premier médicament ayant prouvé son efficacité contre le nouveau coronavirus.
Selon une étude menée par les Instituts de santé américains, il écourte de plusieurs jours la durée de rétablissement des patients atteints du Covid-19.

rfi
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