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La Mauritanie inquiète pour ses ressortissants négro-africains en Libye
L’ambassade de Mauritanie en Libye aurait exprimé son inquiétude à propos d’une trentaine de mauritaniens issus de la communauté négro-africaine résidente en Libye. Selon le site essirage .net qui a rapporté cette information samedi, des responsables de la représentation diplomatique mauritanienne ont craint pour leurs compatriotes les effets d’une vengeance des familles libyennes en colère contre des colonies africaines qu’elles prendraient pour responsable de soutien au guide libyen Mouammar Kadhafi. La trentaine de personnes dont les responsables de l’ambassade de Mauritanie se soucieraient du sort résident à Bengazi d’où sont partie les premières expressions du soulèvement contre Kadhafi.
Des familles ont ainsi demandé que les autorités volent à leur secours alors que Bengazi est restée coupé des autres centres de la Libye. Indique essirage.net qui poursuit que les autorités diplomatiques mauritaniennes ont fondé leurs crainte sur le fait que la plupart des négro-africains de Mauritanie ne parlent pas l’arabe. Fait qui les exposerait encore plus à l’ire des populations surexcitées qui pourraient les confondre aux autres africains tenus pour mercenaires de Kadhafi.
Par ailleurs des milieux médiatiques et scientifiques ont parlé de la présence de mauritaniens aux côtés des pros Kadhafi.
Samedi un premier convoi de mauritaniens rapatriés de Libye a atterri à Nouakchott. 114 personnes ont pu regagner le pays après une dizaine de jours d’inquiétude.
ESSIRAGE
Remaniement : Juppé au Quai d’Orsay, Longuet à la défense, Guéant à l’intérieur
Sans doute une première :Nicolas Sarkozy a annoncé lui-même, dans une courte allocution prononcée dimanche 27 février, les principaux changements au sein du gouvernement. Ceux-ci correspondent à ce qu’annonçaient les médias ces dernières heures. Alain Juppé reprend le Quai d´Orsay. C’était le grand favori, il obtient le poste sans surprise. Alain Juppé passe de la défense aux affaires étrangères, un poste qu’il a déjà occupé de 1993 à 1995. Michèle Alliot-Marie a dû se résoudre à démissionner à contre-coeur. Nicolas Sarkozy, lors de son allocution, n’a pas eu un mot pour sa ministre démissionnaire. Alain Juppé bénéficie d’une forte aura à ce poste, qu’il aurait pu obtenir en novembre lors du précédent remaniement. Mais il avait alors exigé d’avoir les coudées franches par rapport à l’Elysée. On peut supposer que les mêmes exigences ont, cette fois, été satisfaites. Reste à voir comment Alain Juppé incarnera cette fonction et s’il saura y faire preuve d’autonomie.
Gérard Longuet passe à la défense. Il faisait partie des aigris du remaniement de novembre 2010, à qui on avait promis un poste sans qu’il l’obtienne au final. Il peut se réjouir. Le président du groupe UMP au Sénat, retrouve donc un portefeuille. De filiation libérale, après une jeunesse passée au sein du groupuscule d’extrême-droite “Occident”, Gérard Longuet fut ministre des télécommunications sous Edouard Balladur. Il a aussi connu les foudres de la justice. Mis en examen dans le cadre du financement occulte du parti républicain (PR), il bénéficie de la loi d’amnistie de 1990 et obtient un non-lieu. Il sera relaxé deux fois dans deux autres affaires. Connu pour son franc-parler, Gérard Longuet avait multiplié les prises de position iconoclastes, estimant par exemple qu’il fallait “choisir” entre les 35 heures et sortie de l’euro. Sa nomination semble plus dictée par des considérations d’équilibre politique au sein de la majorité que par l’intérêt du sénateur pour les questions de défense.
Claude Guéant obtient l’intérieur. Signe de fébrilité à l’approche de 2012 ? Nicolas Sarkozy a choisi de se séparer de Brice Hortefeux pour faire entrer Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée et homme de l’ombre du chef de l’Etat, place Beauvau. Une nomination qui sonne comme une volonté de reprendre la main sur les questions de sécurité, alors que les sondages indiquent que Nicolas Sarkozy est perçu comme moins crédible sur ces thématiques, qui sont pourtant pour beaucoup dans cette élection.
Brice Hortefeux n’est plus ministre. Brice Hortefeux, fidèle d’entre les fidèles, perd son poste quatre mois à peine après l’avoir obtenu. Le ministre, déjà condamné par deux fois par la justice pour ses propos sur les “auvergnats”, mais aussi pour atteinte à la présomption d’innocence, deux condamnations pour lesquelles il a fait appel, devra de nouveau faire face à la justice prochainement. Dégagé de son poste ministériel, on peut imaginer qu’il jouera, dans son nouveau poste de conseiller politique du président, un rôle dans la préparation de la campagne de 2012.
Patrick Ollier reste ministre. Le ministre des relations avec le Parlement, compagnon de Michèle Alliot- Marie, avait également été mis en cause pour son voyage en Tunisie fin décembre. Ses amités avec le régime libyen de Kadhafi lui ont valu des critiques. Vendredi, il assurait encore que si Michèle Alliot-Marie quittait le gouvernement, il partirait aussi. Il est finalement resté à son poste.
Le Monde.fr
Le Premier ministre, Mohammed Ghannouchi, quitte ses fonctions
AFP – Le Premier ministre tunisien de transition Mohammed Ghannouchi a démissionné dimanche, emporté par 48 heures de contestations et de violences à Tunis qui ont fait au moins trois morts, ouvrant une période d’incertitude un mois et demi après la chute de Ben Ali. “J’ai décidé de démissionner de ma fonction de Premier ministre” (…) Je ne serai pas le Premier ministre de la répression, a déclaré M. Ghannouchi lors d’une conférence de presse à Tunis, dont le centre-ville est depuis 48 heures le théâtre de batailles de rue entre forces de l’ordre et manifestants. “Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes”, a poursuivi le Premier ministre démissionnaire pour expliquer sa décision.En milieu d’après-midi, on ignorait encore si la démission de M. Ghannouchi était d’effet immédiat ou s’il avait été chargé d’expédier les affaires courants par le président, lui aussi par interim, Foued Mebazaa.
Dimanche matin, le coeur de la capitale tunisienne avait encore des allures champ de bataille. Scandant des slogans hostiles au gouvernement, des protestataires tentaient de s’approcher en petits groupes du ministère de l’Intérieur, sur l’avenue Habib Bourguiba, épicentre des émeutes, auquel ils s’étaient déjà attaqués la veille.La police a riposté en tirant en l’air et à coup de grenades lacrymogènes. Certaines interpellations ont été très violentes, selon des témoins, et des jeunes manifestants “suppliaient” les policiers d’arrêter de les tabasser.Des jeunes lançaient des pierres sur des immeubles pour briser les vitres et avaient dressé des barricades pour freiner l’avancée des policiers.Les heurts se sont rapidement arrêtés sitôt connue la nouvelle de la démission du Premier ministre, une annonce qui n’a toutefois pas été saluée par une explosion de joie.
Depuis sa nomination comme premier chef du gouvernement de l’après-Ben Ali, Mohammed Ghannouchi n’a pratiquement pas eu une journée de répit depuis la chute et la fuite de l’ancien président le 14 janvier. La première équipe qu’il avait a formée, avec notamment des poids-lourds de l’ancien régime, n’a pas tenu deux semaines. Au bout de cinq jours de manifestations sous ses fenêtres, celui qui fut le dernier Premier ministre de Ben Ali onze ans durant avait jeté l’éponge le 27 janvier et formé une nouvelle équipe expurgée des “bénalistes” trop voyants, tout en sauvant sa tête.Un mois plus tard jour pour jour, Mohammed Ghannouchi a cette fois décidé de partir après une manifestation monstre et surtout de très violents affrontements.Vendredi, le gouvernement de transition, réuni en conseil des ministres, pensait pouvoir encore calmer le jeu, alors que la rue grondait, en annonçant des élections “au plus tard mi-juillet”.Cela n’avait pas réussi à mettre fin au raz de marée qui avait envahi le coeur de la ville avec comme objectif d’arracher la démission pure et simple de tout le cabinet.En début d’après-midi, devant la place de la Kasbah noire de monde, des policiers avaient avancé le chiffre de “plus de 100.000 manifestants”, soit la plus grande manifestation depuis la chute du régime de Ben Ali. Le centre de Tunis résonnait de slogans déterminés: “Ghannouchi dégage!”, “Ghannouchi prends tes chiens et démissionne!”, “Non à la confiscation de la révolution!”.”Nous sommes là aujourd’hui pour faire tomber le gouvernement”, affirmait Tibini Mohamed, un étudiant de 25 ans.L’objectif a été atteint 48 heures plus tard.
Vaut mieux « tirer la leçon des expériences d’autrui », prévient le président du Parlement en Mauritanie
Le président de l’Assemblée nationale en Mauritanie, Messoud Ould Boulkheir, a prévenu qu’il est du devoir de Mauritaniens « en ce tournant décisif qu’amorce » la région, « de tirer la leçon des expériences d’autrui avant, qu’à Dieu ne plaise », ils ne vivent « l’amertume ou les affres » de leur « propre expérience ». Ould Boulkheir qui prononçait un discours de clôture d’une session parlementaire extraordinaire, samedi soir à Nouakchott, a donné comme « preuve » de cette lecture des choses les évènements qui se déroulent depuis une semaine en Libye.
Il a évoqué les « profondes mutations » que connaît l’environnement géographique immédiat de la Mauritanie, appelant tous ses concitoyens, quels que soient leurs « choix politiques, à réfléchir en patriotes honnêtes et loyaux, soucieux de préserver l’unité, la prospérité et l’indépendance de leur pays ». Opposant au régime du président Mohamed Ould Abdelaziz, le chef du Parlement a fait remarquer qu’après « avoir longtemps enduré les conséquences d’une crise économique dévastatrice, les peuples arabes, d’Est à l’Ouest, gagnés par la colère, sont à l’origine de profondes et parfois douloureuses mutations, que nul ne pouvait prévoir ».
« C’est comme si ces peuples, après avoir longtemps patienté et supporté, sont plus que jamais aujourd’hui décidés à prendre en main leur propre destin en défiant tous les dangers », a-t-il analysé.
APA
Côte d’Ivoire: la RTI coupée à Abidjan, conséquence des violences
En Côte d’Ivoire, la majorité des habitants de la région d’Abidjan ne peuvent plus voir les programmes de la RTI ce dimanche 27 février. Le signal hertzien est coupé. Cet évènement est à mettre en relation avec les violences qui cette nuit encore ont frappé la commune d’Abobo. La télévision nationale est depuis le début de la crise post électorale un relais de communication important pour le pouvoir de Laurent Gbagbo. La radio nationale émet encore, les abonnés des bouquets satellites peuvent encore regarder les programmes de la première et de la deuxième chaîne mais pour tous les Abidjanais qui n’ont qu’une simple antenne hertzienne, c’est écran noir depuis ce matin. Le centre émetteur de la RTI qui est un site hautement stratégique se trouve à Abobo et d’après des habitants sur place, celui-ci a été incendié. On ne connaît pas encore les circonstances exactes de cet acte mais tout porte à croire que l’émetteur a été attaqué par le commando d’insurgés qui affronte depuis plusieurs semaines les forces loyales à Laurent Gbagbo. Samedi après midi et pendant toute la nuit, les combats ont fait rage dans cette commune majoritairement favorable à Alassane Ouattara. Un habitant du secteur de PK 18 situé au nord-ouest d’Abobo, affirme avoir vu 10 corps ce matin et assure que la nuit a été notamment marquée par des tirs d’obus et de roquettes. Avant d’expliquer que dans son quartier, il n’y a plus rien à manger et qu’il n’y a même plus d’eau potable. Les forces de défense et de sécurité ont envoyé des renforts sur place. Des blindés se sont positionnés aux abords des quartiers sous contrôle des insurgés. Dans ces conditions, les habitants d’Abobo restent terrés chez eux et ceux qui le peuvent continuent de fuir vers d’autres communes de la capitale économique ivoirienne.
RFI





