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Des manifestants demandent des reformes ou la chute du régime
Des centaines de mauritaniens se sont rassemblés en milieu de matinée du 25 avril aux alentours de la «place des Blocs» au centre ville de Nouakchott. Portant des drapeaux et lançant des slogans demandant des reformes sinon la chute du régime et le départ du président Mohamed Ould Abdel Aziz, les manifestants ont été empêchés d’accéder à la «place des Blocs» avant d’être dispersés par la police. Des députés de l’opposition venus surveiller le déroulement de la manifestation ont été à leur tour empêchés par la police d’accéder à la «place des Blocs» mais ont pu suivre la répression policière supervisée par le directeur régional de la sûreté contre les manifestants dont plusieurs ont été arrêtés. Parmi ceux-ci Cheikh Ould Jiddou et Mohamed Zeine Ould Cheikh Saadbouh. Trois femmes ont également été interpellées avant d’être relâchées par la suite. Les responsables des groupes parlementaires de l’opposition se sont rendus dans les commissariats de police où ont été transférés des manifestants arrêtés et emmenés vers ces lieux pour être -comme d’habitude- violentés.
Le président du groupe parlementaire RFD M. Abderrahmane Ould Mini a dénoncé l’accueil réservé aux députés par le commissariat de «Tevragh Zeina 3» dont les policiers ont empêchés ces honorables élus du peuple de visiter les manifestants détenus.
La manifestation du 25 avril placée sous le signe de «journée de la colère» a été déclenchée par la coordination de la jeunesse du 25 février qui organise depuis deux mois des manifestations du genre.
Tahalil HEBDO
Libération des étudiants détenus par la police Ksar II
Des sources concordantes ont indiqué à ANI que les six (6) étudiants détenus au commissariat II du Ksar, suite aux heurts survenus mercredi dernier à l’Université de Nouakchott, ont été libérés hier nuit, après près de 72H détention préventive. Il est à noter que les associations estudiantines (SENEM et UNEM) avaient auparavant manifesté, dans un communiqué de presse conjoint, leur «rejet de toute forme de violence» et leur «condamnation des velléités d’aggraver la situation», appelant ainsi, «l’ensemble des étudiants afin qu’ils prennent distance de tout acte pouvant envenimer la situation et compromettre la cohésion, l’unité et l’entente en leur sein». De même que nombre de partis politiques, d’associations de la société civile avaient exprimé leur solidarité avec les étudiants détenus et demandé à les libérer après les bonnes dispositions manifestées conjointement par les associations estudiantines rivales.
ANI
La police réprime aux gaz lacrymogènes la manif du “25 avril”
La police antiémeute mauritanienne a réprimé aujourd’hui à Nouakchott à coups de matraques et de jets nourris de grenades lacrymogènes une manifestation de plusieurs centaines de jeunes se réclamant du mouvement « 25 février ». Les jeunes manifestants demandent, entre autres, des réformes dans la gestion des affaires publiques, des opportunités d’emploi, et une amélioration des conditions de vie des population. Très tôt le matin, les forces de l’ordre avaient quadrillé le périmètre des « Blocs rouges » où les jeunes devaient converger. Plusieurs arrestations ont été signalées. Une vingtaine de manifestants seraient au frais dans différents commissariats de police de la capitale. Officieusement, la police reconnaît avoir arrêté huit jeunes « révolutionnaires ».
Les heurts entre policiers et manifestants ont réussi à perturber la circulation pendant plusieurs heures. Au niveau de l’immeuble « BMCI », l’usage massif de gaz lacrymogènes a créé un vent de panique. Plusieurs passants ont dû s’engouffrer dans le bâtiment pour éviter de faire les frais des échauffourées. Aux alentours immédiats de l’immeuble, de grosses fumées blanches polluaient l’atmosphère. Les sapeurs pompiers qui étaient aux aguets ont réussi à éteindre le feu qui avait pris dans une Mercedes blanche.
Il est à noter que plusieurs députés de l’opposition se sont dirigés vers la place des “Blocs rouges” avant d’être bloqués par la police.
Les parlementaires soutiennent qu’ils étaient là pour dissuader tout acte de répression violente de la part de la police contre les manifestants.
RIM24
Commémoration des déportations à Paris : Déclaration et reportage-photos
Le 24 avril 1989 l’Etat mauritanien, dirigé à l’époque par le Colonel MaouyaOuld Sidi Ahmed OuldTaya, procédera à la déportation de près de 200.000 Noirs mauritaniens non arabes. En très peu de jours toutes les villes du pays, particulièrement celles du Sud se retrouveront en état de siège, et leurs populations martyrisées par une soldatesque raciste mobilisée par un pouvoir ethno fasciste. Aux humiliations, tortures, expropriations et exécutions sommaires et autres cruautés, ce seront des villages, des familles entières, qui seront jetés hors de leur pays ; la Mauritanie. Aussi, aucune frange des populations noires ne fut épargnée : des fonctionnaires de l’Etat aux éleveurs et agriculteurs, des grands-parents aux petits-enfants, des familles seront séparées.
Si, à partir de 2008, suite aux accords tripartites HCR, Gouvernements du Sénégal et de la Mauritanie, près de 20.000 des déportés ont été rapatriés, près de 5000 inscrits pour leur retour dans leur pays d’origine se sont vu signifier la fin du programme de rapatriement par le gouvernement de Mohamed Ould Abdel Aziz. Le fils spirituel du Nazi Ould Taya, qui refuse de reconnaître aux déportés noirs mauritaniens au Mali la qualité de déportés, a décidé de manière unilatérale de mettre fin à cet engagement international contracté par la Mauritanie sous Sidi Ould Cheikh Abdellahi.
A la reconnaissance par Sidi Ould Cheikh Abdallah suivie de la symbolique prière aux Morts de Mohamed Ould Abdel Aziz, force est de constater que
les 20.000 rapatriés se retrouvent aujourd’hui déportés chez eux et dans le dénuement le plus abject. Parqués aux abords immédiats de leurs anciennes maisons et terres, humiliés par l’impossibilité de leur rétablissement administratif (refus systématique des autorités administratives de leur rétablir leurs documents d’état civil), quelques-uns d’entre eux ont, d’ailleurs, repris le chemin de l’exil. Le rapatriement est vécu dans l’amertume et l’impossible « vivre ensemble » par les populations noires.
Les Noirs de Mauritanie sont convaincus que l’essentiel reste à faire, à savoir :
· Le retour de tous les déportés sous la garantie et la supervision de l’Union Européenne, des Etats–Unis, de l’Union Africaine, des Nations Unies et du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) en collaboration avec les pays d’accueil : le Sénégal et le Mali ;
· Le rétablissement dans leurs droits absolus de l’ensemble des déportés qui passe obligatoirement par leurs réinstallations respectives dans leurs villages d’origine, la restitution de leurs terres de culture et de leurs papiers d’Etat civil, la réintégration des fonctionnaires dans la Fonction publique, et en règle générale la réinsertion dans le tissu économique de toutes les victimes de cette tragédie ;
· La mise en place d’une Commission internationale d’enquête pour identifier et juger les coupables avec à leur tête Maouya Ould Sidi Ahmed Taya pour crime contre l’humanité.
Nous exigeons une solution définitive de cette tragédie pour instaurer une paix pérenne dans une Mauritanie juste et égalitaire pour tous.
Le principe moral du système maure (féodalité et Etat) repose sur l’infériorité du Noir. La communauté noire de Mauritanie a deux composantes : Les Haratine et les Négro-mauritaniens.
La première est victime de l’esclavage, la seconde du racisme. Là où règne l’esclavage, le racisme n’est pas nécessaire parce que l’esclavage recèle en lui-même une dimension raciale (l’infériorité du groupe qui subit l’esclavage). Cependant, là où l’esclavage ne peut être pratiqué, le racisme devient un recours inévitable pour exclure et exploiter le groupe visé.
Nous exigeons l’abolition effective du racisme et de l’esclavage
Seule l’unité nous permettra de mettre fin à l’esclavage et le racisme en Mauritanie
Fait à Paris, le 24 avril 2011
Les signataires : AHME, CAMME, FLAM, IRA-M/F, OCVIDH, OTMF, PLEJ

Déclaration de la FONADH: Avril 1989, avril 2011 : vingt deux ans déjà ! Vingt deux ans de souffrance et d’amertume.
Depuis avril 1989, une partie de la population mauritanienne vit le calvaire des conséquences désastreuses de ce qu’il est convenu d’appeler la crise sénégalo-mauritanienne. Ces évènements ont été marqués par des violations très graves de droits humains (exécutions extra – judiciaires, déportations, licenciements abusifs, extorsions de biens, viols, etc.). Tous ces crimes et délits ont été commis contre la personne des populations négro-africaines, dans un mouvement soutenu de délit de facies, sous-tendu par une politique de chauvinisme officiel. Pendant plusieurs années, ces crimes ont été couverts par le régime sanguinaire du dictateur, le Colonel Maouya Ould Sid’Ahmed Taya. En dépit des dénonciations par les victimes ellesmêmes, la communauté internationale et différents démocrates à traves le monde, le colonel / dictateur a développé la politique de l’omerta en direction de la composante arabo – berbères de la population mauritanienne, justifiant ainsi les pratiques discriminatoires et d’exclusion, maintes fois dénoncées par des pans entiers de la population négro – africaine. Et, pour couronner la politique d’impunité, le dictateur a fait adopter une loi d’amnistie en 1993, en faveur des criminels.
Cette politique a été malheureusement inculquée aux jeunes générations, qui étaient déjà officiellement séparées par un système scolaire à deux vitesses (arabophone pour les arabo- berbères et soit disant francophone pour les Négro – Africains). Ce système a grandement contribué à isoler les composantes négro-africaines de la population hassanophone. En effet, pendant plus de deux décennies, les enfants arabo- berbères et négro-africains ne se croisaient même plus dans des cours de récréation…Et, tout le système éducatif était bâti sur le terreau
du chauvinisme d’Etat : « la Mauritanie est un pays arabe ». Même si des démocrates sincères arabo- berbères n’approuvaient pas ce raisonnement, leurs voix discordantes étaient étouffées par la clameur raciste.
Aujourd’hui encore, on peut dire avec une observatrice avertie de la scène politico-sociale de la Mauritanie que « les Négro – Africains sont translucides pour les Maures », pour souligner la non prise en considération de cette composante dans les schémas mentaux de la plupart des compatriotes arabo- berbères.
C’est une des raisons qui explique que les lourdes conséquences des douloureux évènements sont presque exclusivement portées par les seules populations négro – africaines et, particulièrement, les principales victimes parmi elles. En effet, si jusqu’en 1992, des pans entiers de l’opinion arabo- berbères était abusée par la propagande du chauvinisme officiel, force est de constater qu’avec l’éclosion de la presse privée et du multipartisme, des révélations importantes ont été portées à l’opinion publique nationale et internationale. Toutefois, hormis des déclarations sporadiques de certains partis d’opposition, seules les organisations de droits humains et les associations de victimes ont
bravé l’hostilité du régime dictatorial de Taya, pour dénoncer ce qui est un véritable génocide.
Aujourd’hui encore, les victimes de ces douloureux évènements attendent toujours des solutions adéquates, susceptibles de renforcer réellement la cohésion entre les différentes composantes de la population mauritanienne.
En effet, si le discours du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, du 29 juin 2007 était un acte courageux, d’une part et la prière de l’absent du Président Mohamed Ould Abdel Aziz du 25 mars 2009, un acte symbolique d’autre part, force est de constater qu’aucune demande de pardon, de la part d’un des responsables des nombreux crimes et exactions n’a été enregistré depuis 1989.
En outre, si le retour organisé des déportés mauritaniens au Sénégal a permis un petit soulagement de la part des victimes, c’est grâce à une action concertée de l’Etat mauritanien, celui du Sénégal et du HCR ; et ce, en dépit de la mauvaise volonté manifeste des représentants locaux des pouvoirs publics. Comment en effet expliquer que depuis 2008, début des opérations de rapatriement volontaire, aucun rapatrié ni aucune communauté de rapatriés n’ont récupéré un lopin de terre de culture. Or, les terres du bassin du fleuve Sénégal, leurs terroirs d’origine, sont réputées être leurs terres ancestrales. Nulle part le geste symbolique du député Ghassem Ould Bellali, qui a rendu 220 ha de terres irrigables au Trarza, n’a été imité…
Il est en effet pour le moins curieux de constater qu’aucun règlement de litige foncier, depuis 2008, n’a abouti à une restitution de terre cultivable à des rapatriés, en dépit des vociférations quotidiennes sur la nécessité de l’unité nationale (…) et des montages alambiqués d’opérations pompeusement baptisées « prévention et gestion de conflits… » .
D’ailleurs, il faut préciser que les promesses de restitution de biens, avant le début des opérations, les dispositions de la Circulaire No 003, du 04 mai 2009 du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation répétant les mêmes promesses, n’ont abouti à aucun règlement à ce jour. Pourtant, les populations rapatriées, ainsi que la plupart des populations d’accueil, ne manquent pas de manifester leur bonne volonté, pour des solutions apaisées. Il suffit simplement de constater qu’aucun acte de vengeance ou de justicier n’a été commis par les victimes depuis 1989…
Il est aussi affligeant de constater que près de la moitié des rapatriés, dans le cadre de l’Accord tripartite de novembre 2007, attend toujours de recevoir ses pièces d’état civil.
Quant aux réfugiés rapatriés avant l’Accord tripartite (soit auto – rapatriés, soit rapatriés dans le cadre du Programme Spécial d’Insertion Rapide), ils n’ont pas fini de ronger leurs freins. Non seulement ils n’ont reçu aucune assistance de la part de l’Etat, mais encore, ils courent toujours derrière la récupération tantôt d’un champ, tantôt d’une demeure, tantôt encore d’un emploi, tantôt enfin d’une pièce d’état civil.
On ne peut pas nier qu’avec l’ANAIR, les rapatriés bénéficient de quelques réalisations non négligeables (forages, aménagements hydro-agricoles, acquisition de vaches laitières, boutiques communautaires, etc.) ; même si ces réalisations sont en-deçà de leurs attentes.
Toutefois, les programmes d’insertion durable restent à être réalisés. D’une façon générale, les conséquences néfastes des évènements de 1989 demeurent intactes : les déportés ne sont pas tous rapatriés et ceux qui le sont, vivent dans une certaine précarité.
Ceux qui sont au Mali, leur cas n’a même pas encore été examiné. Et on déclare la fin des opérations de rapatriement…
Les victimes des exécutions extra – judiciaires (rescapés, veuves et orphelins) vivent une profonde amertume, après une opération de cosmétique politique de soit disant indemnisation des veuves. Cette opération n’a concerné qu’un nombre réduit de victimes. Et on déclare clos le dossier du passif humanitaire…
La régularisation de la situation administrative des fonctionnaires et agents de l’Etat est annoncée avec grand tapage, après une opération de recensement terminée depuis plus d’un an, les intéressés attendent toujours.
Le recrutement parmi ces victimes de 94 personnes relevant du ministère chargé de l’Education Nationale, n’a même pas permis un début de réparation. Et on déclare que la situation des enseignants est réglée.
Quant aux autres victimes, les plus nombreuses du reste, leur situation n’a même pas été évoquée à ce jour. En examinant l’ensemble de cette question, on peut déclarer que le pouvoir politique fait semblant de régler une situation, de plus en plus dure pour les victimes. Plusieurs d’entre elles vont même jusqu’à déclarer qu’il vaut mieux refuser d’aborder cette douloureuse question, plutôt que de faire semblant de s’en préoccuper. C’est pourquoi et en raison des réactions au pourrissement de situations économiques, politiques et sociales dans les pays qui nous entourent, il est urgent d’écouter enfin la voix des victimes et de chercher des solutions négociées, seules garantes du renforcementde la cohésion entre les composantes de la population de la Mauritanie. Une véritable réconciliation ne peut se faire sans justice.
Les organisations signataires:
1. Association des Femmes Chefs de familles (AFCF),
2. Association Mauritanienne des Droits cde l’Homme (AMDH),
3. Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture SOONINKE
(AMPLCS),
4. Association pour la Renaissance du Pulaar en RIM (ARPRIM),
5. Association pour le Renforcement de la Démocratie et de l’Education Citoyenne (ARDEC),
6. Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits Humains en
Mauritanie(CSVVDHM),
7. Groupes d’Etudes et de Recherches sur le Démocratie et le Développement Economique et
Social (GERRDES),
8. Ligue Africaine des Droits de l’Homme (Section Mauritanie)
9. Ligue Mauritanienne des Droits de l’homme (LMDH),
10. Regroupement des Victimes des Evénements de 1989- 1991 (REVE),
11. Mouvement des Veuves, des Rescapés, Unis pour la Dignité Humaine (MVRUDH),
12. SOS – Esclaves.





