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Les FLAM proposent une plate-forme d’union pour l’opposition mauritanienne
Le président des Forces africaines de libération de Mauritanie (FLAM), Samba Thiam, a proposé mardi à Paris un regroupement sans exclusive de l’opposition de son pays autour d’une plate-forme portant sur les réformes de l’armée, du système éducatif et l’abolition de l’esclavage.
S’exprimant au cours d’un entretien accordé à la PANA, il a estimé urgent et nécessaire de réaliser la plus large unité de l’opposition mauritanienne afin de venir à bout du système politique actuel.«La lutte devient de plus en plus dure. Nous ne pouvons nous autoriser à continuer le combat sans aucune unité. A cet effet, nous devons faire des concessions, taire nos divergences et arriver à une base minimale d’entente», a déclaré M. Thiam.
Selon le président des FLAM, le consensus entre les forces «progressistes» mauritaniennes devrait également porter sur la reconnaissance du caractère multiracial et multiculturel de la Mauritanie.
«A ce stade, la plate-forme devrait au moins conduire à une unité d’action et à une lutte coordonnée. Il nous paraît tout à fait envisageable, dans le respect de nos différences, de conduire ensemble des marches pacifiques de protestation ou des sit-in communs», a-t-il poursuivi.
Il a estimé que l’espoir de réformes suscité par l’élection en juillet 2009 du président mauritanien, Mohamed Ould Albel Aziz, s’est définitivement évanoui.
«Le système ayant repris le dessus, il ne nous reste qu’une seule alternative : s’unir ou périr», a affirmé M. Thiam.
Après 28 années de lutte pour un nouvel ordre social en Mauritanie, les FLAM ont annoncé leur intention de rentrer au pays pour travailler au regroupement de l’ensemble de l’opposition.
PANA
Un événement à caractère discriminatoire à la station Radio Guidimakha
Dans le cadre de sa politique de décentralisation de l’information d’une part et d’une meilleure représentativité des langues nationales dan les médias d’Etat d’autre part, il avait été créé dans toutes les capitales régionales de la Mauritanie des stations relais qui, après les principales éditions d’information de la radio nationale, jouissaient d’une certaine autonomie qui leur permettait de développer des programmes aussi divers que proches des aspirations des populations profondes.
Au Guidimakha, les locuteurs de la langue poular avaient eu le bonheur d’être entretenus par l’éloquent, l’agréable et très cultivé Guelongal. Seulement, le samedi, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre son studio, un de ses collègues lui dit que son émission était suspendue ! Guelongal qui lui répondit n’avoir pas reçu de « note de service » dans ce sens, entra quand même en studio et commença son émission en poular, mais la ligne téléphonique, qui devait permettre aux auditeurs de donner leurs avis en direct, fut interrompue…
Au sortir de son émission le concerné appela son directeur de station pour demander des explications sur sa « prétendue » suspension, celui-ci lui répondit qu’il avait juste reçu des instructions de ses supérieurs de Nouakchott. Le lendemain (29/05/12), Guelongal fut interdit d’entrer dans les locaux de la dite station, on lui signifia verbalement qu’il devrait rallier Nouakchott.
Saisie par ses militants au Guidimakha, l’IMEJ a cherché à en savoir plus sur les raisons de la suspension des émissions en poulaar à la station radio du Guidimakha où elles représentaient 30% aux côtés du Hassania 30% et du Soninké 40%.
Est-ce une tentative de sabotage du directeur de la station sous couvert d’une instruction supérieure ? Où est ce un revirement du régime de Ould Abdel AZIZ qui tout en faisant croire qu’il œuvre pour la libéralisation progressive des ondes, continue à surveiller et museler l’information ? Une chose est en tout cas certaine, les population peules du Guidimakha sont particulièrement remontées contre ce qu’elles considèrent comme une nouvelle gifle à leur langue et à leur identité et entendent exprimer leur mécontentement par une marche de protestation cet après midi du lundi 30/05/12.
Pour sa part, l’IMEJ
– condamne cette suspension impromptue et injustifiée des émissions en poulaar et demande sa levée immédiate ;
– apporte son soutien à Guelongal qui a su, en si peu de temps, commuer avec les populations du Guidimakha
– demande le respect de la liberté d’expression comme stipulée clairement dans notre constitution ;
– exhorte les autorités à accepter, en dehors de toute discrimination, l’expression et l’épanouissement des langues et cultures nationales comme gage de la diversité mauritanienne.
Pour le Bureau exécutif
son Président BA Mamadou Kalidou
Initiative Mauritanienne pour l’Egalité et la Justice (IMEJ)
Les militants des FLAM examinent en France leur retour en Mauritanie
Les Forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM) examinent leur retour en Mauritanie et les conditions d’une unité de l’ensemble de l’opposition du pays au cours de leur VIIème congrès qui a débuté samedi à Champs-sur-Marne, en région parisienne, en France. S’exprimant à l’ouverture du congrès, le président des FLAM, Samba Thiam a exhorté les militants de son organisation à débattre de la question du redéploiement général du mouvement à la lumière de 28 années de lutte. « Le congrès discutera sans tabou de cette question du redéploiement. La question du retour des FLAM en Mauritanie pour poursuivre le combat sur le terrain sera naturellement discutée. Il appartiendra au congrès de donner une orientation claire sur ce retour qui nous paraît tout à fait envisageable aujourd’hui », a-t-il dit. Le président des FLAM a plaidé pour l’unité de l’opposition mauritanienne, estimant qu’il serait illusoire qu’une organisation puisse à elle seule mettre fin au système «discriminatoire et mono-ethnique» mauritanien.
«Il n’y a plus de place pour la lutte en ordre dispersé devant la persistance d’un système discriminatoire à caractère raciste qui rend notre avenir en Mauritanie chaque jour plus incertain. A situation nouvelle, stratégie nouvelle», a martelé M. Thiam qui vit en exil aux Etats-Unis.
Il a estimé que les FLAM ne doivent plus assumer seules le poids de la lutte pour le nouvel ordre social et démocratique en Mauritanie fondé sur le caractère multiracial et multiculturel du pays.
«Nous avons porté, presque seuls, pendant près de 20 ans, tout le poids de la lutte. Nous devons nous saisir maintenant de toute opportunité offerte d’en partager le fardeau avec d’autres forces, mieux, nous devons forcer ces opportunités», a déclaré M. Thiam.
«L’heure semble donc venue de travailler pour l’unité de la résistance dans la fusion des forces et des énergies si nous voulons ensemble hâter la fin du système», a poursuivi l’ancien détenu à la tristement célèbre prison de Oualata.
Selon lui, l’unité de l’opposition mauritanienne pourrait se faire autour de quelques points essentiels parmi lesquels la réforme de l’armée, la haute administration et l’éducation pour tenir compte de l’identité «bi-ethnique et multiculturelle» du pays.
«Ces questions ajoutées à la fin de l’esclavage, le renforcement de la démocratie nous semblent constituer une base naturelle de convergence», a affirmé M. Thiam.
Venus des Etats-Unis, d’Afrique et d’Europe, les délégués des FLAM débattront pendant trois jours de la situation socio-politique en Mauritanie, du passif humanitaire, du sort des réfugiés négro-mauritaniens au Sénégal et au Mali, la question agraire dans la vallée du fleuve Sénégal et de l’esclavage.
Ils procéderont également au renouvellement des instances dirigeantes de leur mouvement, dont le conseil national et le bureau national.
Le congrès est dédié à feu Aboubakri Bâ et Mamadou Amadou Sow, deux figures historiques de la lutte des FLAM.
PANA
Un haut conseil de l’éducation serait-il nécessaire ?
Il ne sert à rien diront à première vue certains, de multiplier la création de structures si en retour on n’aboutit pas à des résultats.Trêve de gâchis! Mais face à la situation actuelle que traverse l’école mauritanienne, il urge de trouver des solutions pour redresser un système chancelant dans sa totalité qui ne manque pas d’hommes à la hauteur mais de véritables artisans en mesure de changer le destin tragique qui menace de mort clinique l’école mauritanienne. Ce ne sont pas aussi les réformes à elles seules qui sont responsables de la dégradation des niveaux. C’est plus à cause de l’incohérence des décisions , du choix arbitraire des responsables , de l’instabilité des organigrammes au sein de l’administration, des restructurations permanentes qui brouillent toutes les cartes prévisionnelles et maintiennent dans la médiocrité une machine totalement défaillante, de la précarité des conditions des enseignants etc. .
On ne peut pas changer un système si on ne connaît pas ce dont il souffre. D’où l’idée de faire un diagnostic médical complet et sans complaisance de tous les maux en vue de dresser un bilan complet sur la base duquel prescrire les remèdes nécessaires. Il faut à cet effet que les décideurs pensent à confier ce travail à un organe consultatif investi de prérogatives qu’il faut pour installer un cadre permanent de concertation et de recherche continue de solutions. Car les systèmes évoluent, les outils d’appréciation aussi. D’où la nécessité d’adapter les politiques éducatives aux évolutions de l’universalité. L’institution d’un haut conseil de l’éducation permettrait de combler le vide existant. Et ce d’autant plus qu’on a l’impression qu’à chaque fois que la crise perdure, on pense aussitôt aux états -généraux de l’éducation comme l’ultime secours pour sauver le système. Tels que conçus, ces états- généraux de l’éducation ne sont pas l’approche qu’il faut aujourd’hui, pour sortir le système éducatif national de l’impasse. Il vaut mieux se passer d’un énième cadre d’échange créé à la hâte qui ne changera jamais de méthode et qui engloutira des fonds énormes pour des résultats invisibles basés sur des recommandations produites pêle-mêle et jetées au bout du compte dans les tiroirs. Le travail que doit nécessiter le redressement de la machine demande de la rigueur, de l’expertise et de la volonté de rompre avec un système paternaliste soumis à la loi l’orthodoxie éculée et du dogmatisme restrictif. Il faut agir de manière transversale sur tous les pans du système. Se départir de vieux clichés idéologiques pour libérer l’école de ses pesanteurs politiques. La création d’un haut conseil de l’éducation un HCE (à ne pas confondre avec celui de la transition militaire passée) permettrait à la fois de gérer de manière transitionnelle les différentes étapes de ce redressement en vue de la remettre sur les rails. Peu importe par ailleurs la dénomination à donner à cette haute instance. C’est sa mission qui est la plus essentielle et son efficacité. Les paliers qui le composeront doivent tenir compte de toutes les exigences d’un système moderne plurilinguistique, pluridisciplinaire et hautement scientifique supporté par une forte teneur pédagogique. Une fois cet organe créé, son cadre juridique et institutionnel défini, il faudrait lui confier un mandat lui doter des ressources nécessaires pour qu’il élabore sa feuille de route. C’est, nous semble-t-il une option qui mérite d’être explorée et approfondie et une modeste contribution au débat que nous avions lancé depuis quelques années autour du paradigme qu’il faut pour sortir l’école d’une crise structurelle dans laquelle il se morfond …
Cheikh Tidiane Dia –LE RÉNOVATEUR
L´Edito du Calame: Gare à la soudanisation !
Lors d’un point de presse improvisé, Ahmed Ould Neinny, le ministre des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, a déclaré que le président de la République a demandé, à son département, de dresser la cartographie des sépultures des personnes disparues, depuis l’indépendance, et dont leurs familles ignorent le lieu d’inhumation. Ce plan vise, selon lui, à mettre un terme aux souffrances des familles et à réhabiliter les victimes, notamment les auteurs du coup d’Etat avorté du 16 mars 1981 et les Négro-africains de 1989-1990, victimes d’exécutions extra-judicaires. L’initiative est louable, nul n’ayant le droit d’empêcher quiconque de se recueillir sur la tombe d’un défunt, à plus forte raison sur celle d’un parent. La presse, les organisations des droits de l’Homme et les familles des disparus n’ont eu de cesse de réclamer cette réhabilitation. Des centaines de mauritaniens exécutés, victimes de l’arbitraire et de la bêtise humaine, ne peuvent passer pour pertes et profits. Un pays ne peut se tourner vers le futur, avant d’avoir soldé les comptes du passé. Mais attention! Un sujet aussi sensible a besoin de beaucoup de tact et de diplomatie. De peur de réveiller les démons de la division. Les extrémistes des deux camps sont à l’affût et ne rateront pas une si belle occasion de mettre de l’huile sur le feu.
Déjà, l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) exige, dans un communiqué, «l’éviction, des charges publiques et de la représentation du peuple, de toutes les personnes identifiées ou accusées, par les victimes ou leurs ayant droits, comme ayant participé, de près ou de loin, activement ou passivement, à cette épuration ethnique», ainsi que «l’arrestation, immédiate, de tous les auteurs des crimes génocidaires et leur traduction devant la justice, qu’ils aient été décideurs, exécutants ou idéologues». Elle engage, également, l’Etat à «procéder à des enquêtes ADN, pour identifier les dépouilles et les remettre à leur famille respective». Ces requêtes ont-elles une chance d’être entendues? Il y a de fortes chances que ce vœu restera pieux. Ould Abdel Aziz n’acceptera, jamais, d’ouvrir cette boîte de Pandore, les auteurs des exactions étant, tous, des militaires. Et même s’il le voulait, rien n’indique que ses frères d’armes le laisseraient agir. Il y va, donc, de son intérêt à s’en tenir à la «prière de l’Absent» et aux indemnisations qu’il a, déjà, consenties aux familles des victimes, lesquelles auront, enfin, la possibilité de connaître où les leurs sont enterrés. Certes, il est encore possible de faire mieux, en rendant, solennellement, hommage aux disparus, en demandant pardon, au nom de la Nation, ou en décrétant une journée des martyrs, par exemple. Mais sans trop tirer sur la corde. Notre pays a traversé une sombre période. Faisons en sorte de soigner ses plaies, toujours béantes, pour la dépasser sans passion. Il y va de notre survie. Personne n’a intérêt à ce que notre Etat, fragile, traverse de nouvelles zones de turbulences. Nos ennemis guettent nos moindres mouvements et gestes. Et ne manqueront aucune occasion de nous tourner en nouveau Soudan.
AOC- LE CALAME





