Category Archives: presse
Djigo Moussa, à propos de la mise a disposition de terres au profit d’investisseurs saoudiens : « C’est la mort programmée de l’élevage local… »
Djigo Moussa est président du comité de suivi des affaires foncières, une structure mise en place par les représentants de 60 villages de la Moughata’a de Boghé pour produire un document par lequel, les populations feront valoir leurs droits sur les terres du Brakna mises à disposition d’investisseurs saoudiens par les autorités mauritaniennes. M. Djigo est un ancien cadre de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) où il occupa pendant de longues années le poste de chef de service de travail et migrants. Depuis 2002 après avoir démissionné de cette boîte, il travaille à la mairie de Boghé comme responsable du service technique de la commune. Il a accepté de répondre à nos questions.
Le Quotidien de Nouakchott : Le gouvernement Mauritanien vient de rendre publique un avis par lequel, il annonce son intention de mettre une importante superficie de terrains à usage agricole situées dans la Wilaya du Brakna à la disposition d’investisseurs saoudiens. En tant que citoyen président du comité de suivi des affaires foncières mis en place par les représentants de 60 villages qui s’opposent à ce projet, et un citoyen Mauritanien tout court, qu’en pensez vous ?
Djigo Moussa : La crise alimentaire mondiale de ces dernières années, l’accentuation du réchauffement climatique et ses effets notamment la raréfaction de l’eau (surtout dans les pays de la péninsule arabique), la recherches de solutions alternatives par les biocarburants, constituent aujourd’hui un leitmotiv pour les dirigeants des pays riches et/ou émergeants. Ces pays se projettent déjà dans l’avenir pendant que nos dirigeants paradent dans l’insouciance pour ne pas dire l’inconscience. Les tentatives de résolution de ces problèmes et leurs effets politiques, sociaux et économiques, empreintes des voies inattendues, insolites voire perverses. Les voies forcent les portes des pays pauvres de la planète, en particulier les portes des pays africains. Mais de tous les pays pauvres, les pays les plus facilement forcées-avec désinvolture- sont des pays où la démocratie est encore un habit. Il est surprenant après plus de cinquante ans d’indépendance que les administrations compétentes de l’Etat, ne sachent pas la nature de zone de grand pastoralisme de cette partie qu’ils projettent de concéder aux Saoudiens.
Voilà qu’après 50 ans d’indépendance que l’Etat Mauritanien reste encore à faire. Jusqu’ici, les intérêts des affairistes viennent avant ceux, fondamentaux, essentiels, communs, du peuple Mauritanien dans ses différentes composantes. Voilà, des investisseurs qui veulent se libérer de leur dépendance alimentaire avec l’aide de nos dirigeants et nous laisser nous, les citoyens, continuer à dépendre des importations, dans un contexte mondial de rareté chaque jour plus importante, des produits alimentaires.
Voilà des investisseurs qui cherchent à se faire concéder nos terres pour les biocarburants alors que nos populations continuent à végéter dans la misère et mourir de faim pendant que nos populations restent encore soutenues, à bras le corps, par les organisations internationales.
Voilà des investisseurs qui viennent chez nous pour préserver et économiser leurs réserves d’eau et utiliser les nôtres pendant que nos populations vivent dans l’eau et ne savent qu’en faire. Le Crédit Agricole leur étant totalement fermé mais ouvert exclusivement aux parasites du pouvoir.
Le contrat-bail que l’Etat a fait ou fera avec les investisseurs est tout sauf lisible ; un contrat lisible devrait être connu de l’administration, des élus (députés et sénateurs) et la ou les contreparties devraient être connues, les retombées prévues précisées. Tout porte à croire que c’est un projet conçu entre l’Etat Mauritanien et des affairistes nationaux d’une part et les investisseurs Saoudiens d’autre part. Dans ces conditions, il y’aura un contrat officiel insignifiant du point de vue des avantages pour le pays et un contrat de l’ombre qui sera de loin le plus important et par lequel des comptes à étranger des hommes du pouvoir et de leurs lieutenants seront remplis de pétrodollars.
Quotidien de Nouakchott : Pouvez-vous nous fournir des indications plus détaillée sur la position exacte des populations de Boghé exprimée à travers les représentants de 60 villages qui vous ont désigné à la tête du comité de suivi ?
Djigo Moussa : Les délégués des différents villages de la commune de Boghé comme de tous les quartiers de la ville de Boghé, comme toutes les organisations d’agriculteurs et d’éleveurs comme des organisations des femmes et des jeunes, se sont réunis le jeudi, 26 Mai pour réaffirmer sans équivoque et de manière unanime, leur rejet solennel et total du projet de l’Etat de concéder cette zone agropastorale aux Saoudiens. Je dis réaffirmé parce qu’il a paru du fait d’une réaction antérieure qui prête à interprétation, que ce projet était susceptible d’être accepté sous certaines conditions. Il n’en est rien. Cette rédaction était une tricherie conçue par un homme qui ne représente que sa seule personne. La position des populations, c’est non.
Ce projet se fonde ; d’une part, sur les dispositions pertinentes de la législation foncière et domaniale du pays, notamment du décret N° 2010-080 abrogeant et remplaçant le décret N° 2000/089 du 17 juillet 2000 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 05 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale et d’autre part, sur le fait qu’un tel projet constitue, objectivement un attentat à la vie du cheptel et des populations des localités concernées, étant donné que c’est la seule zone de grand pastoralisme du département.
Quotidien de Nouakchott : Quel sera, selon vous l’impact du projet Saoudien, sur la vie des populations et du cheptel de la région au cas le président de la république, M. Mohamed O Abdel Aziz déciderait d’attribuer cet espace vital aux investisseurs du royaume d’Arabie Saoudite ?
Djigo Moussa : L’impact ne peut être que négatif. A la fois du point de vue du pastoralisme, du point de vue économique et social que du point de vue environnemental et sanitaire. Je pense un tout premier lieu que l’Etat Mauritanien est entrain, en toute connaissance de cause, d’attenter à la vie des populations du département, car, ces populations vivent pour une bonne partie d’entre elles, principalement des revenus de l’élevage. Or, la seule zone pastorale dans laquelle se menait cet élevage est précisément celle que l’Etat veut attribuer. Cela signifie pour ma part la mort programmé de l’élevage local. Il y’a une deuxième conséquence de la mise en œuvre de ce projet : les terres agricoles riveraines du fleuve ne pourront plus être cultivées car le cheptel se rabattra forcément au sud pour se préserver et s’abreuver, s’il ne passe pas au Gorgol, au Guidimakha, au Mali ou au Sénégal. Les champs deviendront des pâturages (ils l’étaient déjà, mais à un moindre degré). La troisième conséquence, ce sera la résurgence, la multiplication, l’amplification des conflits entre agriculteurs et paysans. La quatrième conséquence, au sud du pays, il n y’a pas suffisamment de forages pastoraux capables d’abreuver le cheptel qui dépendait avant de mares, de marigots, des dépressions, des puits pastoraux que contenaient la zone. La cinquième conséquence est que la pression sur la faune sera d’autant plus importante qu’elle s’appliquera sur une partie très réduite de parcours, et à terme, tout pâturage disparaîtra. La sixième conséquence, c’est que ce projet, qu’il utilise l’eau provenant de forages ou de l’eau provenant du fleuve, aura des répercussions à long terme sur nos réserves d’eau, épuisera rapidement les nappes phréatiques et accéléra le phénomène de la sécheresse. La septième conséquence sera que le paludisme, auparavant circonscrit au sud remontera au nord et le répit annuel que connaissait les populations et le bétail prendra fin de manière définitive.
Enfin, le bétail cherchant de l’eau et des pâturages et qui sera forcément attiré par ces nouvelles zones humides et vertes, provoquera des dégâts qui seront sources de conflits entre pasteurs et nouveaux occupants du terrain.
Le Quotidien de Nouakchott : Comment compter vous réagir pour faire échec à ce projet du gouvernement Mauritanien ?
Djigo Moussa : Nous sensibiliseront toutes les populations du département, tous les élus, tous les ressortissants demeurant à Nouakchott et à l’intérieur du pays et à l’étranger autour de notre refus. Nous saisirons la presse nationale et internationale, l’ensemble des partis politiques, des organisations de la société civile du pays. Nous saisirons un avocat et nous porterons cette affaire devant les juridictions compétentes. Nous comptons aller plus loin en saisissant la commission des Nations Unies chargée des affaires foncières. Une série de marches de protestation sont programmées dans notre plan d’action à la fois au plan local que celui de Nouakchott. Nous établirons une liste noire de nos cadres dont le comportement nous apparaitra suspect. Nous mobiliseront les populations pour des journées ville morte. A l’administration locale, nous remettrons un dossier circonstancié et documenté dans lequel nous exprimerons notre refus et les raisons qui le fondent. Enfin, nous solliciterons de tous nos marabouts, des prières contre tous ceux qui sont derrière ce projet. Je vous remercie.
Propos recueillis par Thièrno Souleymane CP Brakna Quotidien de Nouakchott.
Le parti Hatem se retire de la majorité présidentielle
Le parti Hatem de Saleh Ould Hanenna a annoncé, lundi, son retrait de la majorité présidentielle, aprés avoir appartenu, pendant trois ans, aux soutiens du président Moahmed Ould Abdel Aziz. Ce nouveau positionnement de Ould Hanenna a été annoncé au cours d’une conférence de presse animée par les dirigeants de ce parti, au cours de laquelle Saleh Ould Hanenna en a expliqué les motivations, notamment « l’absence de concertation au sein des soutiens du président Mohaed Ould Abdel Aziz et la gestion unilatérale des affaires politiques ». Dans une déclaration rendue publique en marge de cette conférence de presse, le parti Hatem a lancé un appel à l’endroit « des forces vives du pays afin qu’elles agissent pour éviter le pire à un moment où le pays risque de s’acheminer vers l’impasse et de se retrouver au bord du précipice»
ANI
Le virus qui tue la popularité des opposants mauritaniens
Les ennuis du pouvoir politique viennent très souvent de son opposition.En démocratie, plus cette dernière est forte grande sera sa capacité de frappe.Au contraire, quand l’opposition est fébrile, le jeu politique profite à la majorité et c’est tout le système démocratique qui s’enlise.La force d’une opposition ne tient pas seulement à sa hargne combative mais dans l’ordre de ses priorités, la clairvoyance de ses idées et la pertinence de ses objectifs. Un parti politique conséquent dans son combat, fidèle à ses principes vaut plus qu’une formation nomadisant au gré des opportunités politiques . Et ce n’est pas pour rien qu’en démocratie les compétitions politiques aiguisent les appétits et les moindres événements alimentent la polémique.
Une opposition qui veut garder sa ligne et rester libre accepte difficilement de pactiser avec le pouvoir sauf si des circonstances particulières le permettent. Une opposition qui veut sombrer perd sa crédibilité en misant sur des prébendes politiques qui la musellent et détruisent son discours. En Mauritanie le respect voué à l’opposition depuis la période de Taya tient au fait que ses leaders sont restés attachés à des idéaux auxquels se reconnaissaient la majorité des mauritaniens désireux de rompre avec la pensée unique d’antan. L’impossible dialogue entre les acteurs de l’opposition et ceux du pouvoir était déterminé par cette divergence de vue sur des questions de fonds et sur la préservation par l’opposition de ce qui fonde sa raison d’être : la contestation de tout le système instauré par Taya. Pourtant l’ex-dictateur voulait s’appuyer sur son opposition radicale pour légitimer son pouvoir sans y arriver. Et c’est ce qui donnait d’ailleurs plus de sens au combat de cette opposition écoutée à l’intérieur et respectée à l’extérieur. Mais quand un leader charismatique prépare ses valises pour un séjour à l’anti-chambre du dialogue sans conditions évidentes, son franc- parler perd de son poids auprès de l’opinion. Quand Ahmed Ould Daddah avait apporté son soutien à la fronde contre Sidioca, sa côte de popularité s’était rétrécie comme une peau de chagrin. Le célèbre opposant historique a perdu du terrain en se classant en troisième position derrière le candidat Aziz et après le candidat Messaoud durant l’élection présidentielle de 2008. Ce faux pas a continué de poursuivre Ahmed Ould Daddah comme une malédiction chinoise. Ses sorties politiques ont perdu de leurs charmes et l’homme de grands carnavals politiques a différé ses messes politiques. Cette trajectoire vespérale est en train de faire un effet domino dans le paysage politique depuis que Aziz tend une main invisible à ses adversaires qu’il catalogue dans le registre d’opposants devenus fréquentables et qui ne se gênent pas de conjuguer le verbe s’opposer à tous les temps du passé. Quand IMS, le leader de l’AJD/ Mr a déposé ses baluchons dans la cour de la majorité nombreux furent ses militants qui croyaient être trompés par leurs organes de sens. La popularité de l’homme en a sans doute pâti dans les milieux radicaux hostiles à des solutions biaisées du débat national. A qui le tour pour s’engouffrer dans ce cerf volant d’une opposition qui plane au-dessus des plages du palais présidentiel ? L’avenir proche nous le dira…
Cheikh Tidiane Dia-Le rénovateur
Le ministre de l’intérieur interpelé à propos du registre d’état civil en cours
Le ministre de l’intérieur Mohamed Ould Boilil a été interpelé, dimanche, en plénière de l’assemblée nationale, par le député UFP Khadijta Malick Diallo à propos du déroulement des opérations d’enregistrement des populations sur le registre d’état civil.La parlementaire a émis des remarques concernant cette opération lancée depuis pus d’un mois et qui , selon elle, « se déroule, presque, dans le secret, sans être accompagnée d’une campagne de sensibilisation indispensable pour orienter les population ». Elle a, en outre, ajouté, que « les moins de 3 ans et les mauritaniens nés à l’étranger demeurent, pour le moment, privés de l’enregistrement.
Par ailleurs, le député UPR Moulay Ould Brahim a dressé, au cours de la même séance une question, au ministre du commerce, relative à l’opération « Tadamoun », qu’il a retirée au dernier moment.
ANI
Dénombrement de la population : Une opération de recensement ou d’exclusion des négro-mauritaniens?
Samba Sarr est bien ton nom? Tu es peul et tu es de Boghé! Alors tu dois connaître Ba Sileye et peux nous dire le nom de sa femme? Tu ressembles plus à un soninké ?Voilà un dialogue irréel ayant eu lieu dans un centre de recensement à Tevragh Zeina.Evidemment, le concerné a fini par s’énerver pour que les choses reviennent à la normale.Ba A.est votre nom?Après un coup d’œil minutieux sur les pièces originales présentées, les membres de la commission de recensement les remettent à l’intéressé l’invitent à effectuer le reste des formalités.
Cela se passait dans un centre de recensement à Sebkha. Celui-là, je ne le connais pas ! Donc pas de recensement pour ce demandeur ! Celui qui a répondu en ces termes à ce demandeur Halpular est aussi un Halpular mais membre de la commission d’un centre à El Mina. D’autres questions blessantes du genre : « Connais-tu le coran ? » ont été posées à certains. Ces propos ont été rapportés par des citoyens ayant subi avec ou sans succès (malgré la production de documents clairs et incontestables), l’épreuve souvent humiliante du recensement – exclusion. Tu es née à Dakar, nous ne pouvons pas te recenser ! Malgré le changement de centre, cette mauritanienne soninké native du Sénégal n’a pas pu se faire recenser car rencontrant toujours la même réponse étonnante. Le nombre de nos concitoyens d’origine Arabe, Halpular, Wolof ou Soninké nés à l’étranger de parents mauritaniens est important. Cela n’est pas spécifique à notre pays, c’est le cas dans tous les autres pays. Les codes de la nationalité y compris le notre régissent bien ces cas. Cette catégorie de citoyens touchent toutes les communautés nationales tels les arabes nés à Louga ou Saint Louis ou Djeddah, et les négro-africains nés à Dagana, à Saint Louis, à Dakar, etc. Les parents mauritaniens installés dans ces pays de naissance de ces enfants étaient soit des diplomates, soit des commerçants ou de simples travailleurs immigrés. Plus grave encore, souvent ce traitement infligé à nos compatriotes nés à l’étranger prend un caractère discriminatoire de type ethnique. Les premiers témoignages vont manifestement et de façon claire vers une application mauvaise et très sou vent discriminatoire de cette loi. Les cas rapportés sont nombreux même si les situations sont diamétralement différentes. D’un coté, il y a des membres de nombreux centres se croyant investis d’un pouvoir de police pour apprécier la « mauritanité » des personnes venant se faire recenser et de l’autre une minorité de personnes appliquant strictement les procédures prévues. Rappelons ici, qu’il s’agit d’un recensement général de l’ensemble des personnes résidant en Mauritanie, les nationaux comme les étrangers. Les mauritaniens âgés de plus de 45 ans sont actuellement concernés dans cette 1ère phase. Et comme le prévoit les dispositions réglementaires, les citoyens doivent se présenter avec leurs originaux et copies de cartes d’identité nationale et d’extrait de naissance. Les membres de la commission de recensement, après vérification de l’authenticité et de la légalité des documents présentés doivent immédiatement procéder au recensement des demandeurs. L’appréciation ne peut en aucune manière portée sur des éléments personnels ou à caractère discriminatoire. Que des commissions de recensement s’arrogent le droit de refuser de recenser un mauritanien parce qu’il a un accent saoudien, sénégalais, français ou qu’il ne parle pas l’arabe. Que ces même commissions s’octroient le pouvoir de contrôler la nationalité de leur compatriote alors qu’ils ne sont ni juges ni autorité administrative habilitée et enfin qu’eux même ne présentent aucune garantie de leur nationalité sinon la même carte d’identité nationale que leur présente leur concitoyen venu pour se faire recenser. Quand la loi confère la nationalité à une personne et lui délivre une carte nationale d’identité, elle prévoit aussi les autorités compétentes pour les vérifier en cas de besoin et manifestement les membres de ces commissions n’en font pas partie. Leur rôle se limite uniquement à vérifier si les personnes se présentant disposent des documents demandés. Aller au delà de ce rôle constitue un abus d’autorité et surtout conduit à des actes extrêmement dangereux pour la cohésion et l’unité nationale. La vocation d’un recensement est de dénombrer le nombre de résidents dans un pays qu’ils soient nationaux ou étrangers. Telle la tâche principale des commissions de recensement. Toutes les personnes ayant ou pas les documents requis (soit les 2 documents, soit seulement la carte d’identité, soit seulement l’acte de naissance, né soit en Mauritanie, soit à l’étranger…) peuvent et doivent être recensées. Le reste est un simple jeu de tri informatique à la portée de n’importe quel élève du secondaire pour le classement par catégorie, statut, par origine, par naissance …etc. Au bout des tris, des contrôles poussés ou d’autres compléments d’information pourront être demandés par la commission ou apportés par le demandeur à recenser. Devant cette situation où de nombreux citoyens possédant les documents requis, en particulier originaires de la communauté négro-africaine, n’ont pu se faire recenser dans certains centres, les autorités de tutelle doivent immédiatement se saisir de cette situation pour clarifier le rôle de ces commissions de recensement et apporter des solutions énergiques et définitives aux nombreuses dérives constatées. De nombreux cas en instance demandent aussi une solution rapide tels les mauritaniens n’ayant jamais été recensés, ceux ayant perdu leurs documents requis, les déportés ayant été rapatriés et ceux qui ne le sont pas encore, ceux n’ayant jamais eu de carte d’identité et tant d’autres catégories. Ils sont estimés entre 15% et 25% des citoyens répartis dans toutes les communautés nationales et dans l’ensemble du pays. Par ailleurs, la non implication des autorités locales (mairies) traditionnellement et planétairement compétentes pour tous les actes d’état civil réduit considérablement la qualité de la prestation et augmente les risques d’exclusion et de discrimination latente en cette période d’instabilité de l’unité nationale. L’Agence de l’état civil et la loi dont elle se réfère a subi de nombreuses critiques tant au niveau du parlement que des médias. Les réserves émises relatives à sa création, à sa composition et à sa qualification doivent la pousser à plus de vigilance et de contrôle interne de ses organes et de ses agents qui manifestement pour certains méconnaissent la nature de leur mission mettant ainsi an danger la fragile cohésion nationale et l’unité nationale à reconstruire.
EHOT – LE RÉNOVATEUR





