Category Archives: presse
Les organisations de la société civile écrivent au ministre de l´intérieur
Forum des Organisations Nationales des Droits Humains en Mauritanie (FONADH)
Réseau d’Organisations de la Société Civile pour la Promotion de la Citoyenneté (RPC)
Publiez Ce Vous Payez (PCQVP)
Nouakchott, 23/06/2011
A Monsieur le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation
Objet : Enrôlement des populations
Monsieur le Ministre,
Dans un Pays qui a été marqué, dans un passé récent par une politique d’exclusion et de discrimination, dont la manifestation criminelle suprême, fut la déportation de dizaines de milliers de citoyens, dans la violence et l’humiliation, au seul prétexte qu’ils ne sont pas arabo-berbères donc pas Mauritaniens, nous venons, par la présente lettre, attirer votre attention sur les conditions déplorables dans lesquelles se déroulent les opérations d’enrôlement des populations sur le Registre d’Etat Civil dans les Moughataa du District de Nouakchott.
Nous avions, à l’époque, lors du démarrage de cette opération et à travers une pétition et des canaux divers, souligné notre préoccupation quant aux conditions opaques dans lesquelles s’effectue le recensement. Notre inquiétude était grande car la composition des membres des Centres d’Accueil des Citoyens (CAC) ne reflétait pas la Mauritanie plurielle. En effet, sur les 54 membres devant diriger les opérations dans les différentes moughattas du pays, on note avec regret, seulement 4 citoyens négro-mauritaniens. il nous parait important de rappeler à l’attention des pouvoirs publics que pour entamer avec des chances de succès notre nécessaire réconciliation, pour l’émergence d’une Nation mauritanienne riche de nos diversités, tous les espaces de vie et de travail doivent être partagés. A cela s’ajoute l’absence de textes clairs et précis expliquant et réglementant le processus de cet enrôlement.
Malheureusement, le démarrage laborieux de cette opération à Nouakchott confirme nos craintes. De toutes parts, des plaintes des populations qui expriment leurs ressentiments et inquiétudes sont signalées quant à :
– l’attitude peu responsable des personnes chargées de cet enrôlement, qui agissent selon leur désir et à la tête de la personne qui se présente pour le recensement. Ils agissent comme de véritables comités de contrôle de la mauritanité qui rappelle les procédés de contrôle de l’ivoirité.
– le caractère provocateur des questions posées est notoire. Il s’agit de questions du genre : Etes-vous Peul ou Haal pulaar ? citez les quartiers de telle ville ? citez les noms des maires, sénateurs de telle localité ? ce qui, de notre avis, ne répond à aucune procédure légale, d’autant plus qu’il n’est pas de la mission de cette commission d’enquêter, encore moins de statuer sur la mauritanité (nationalité) de quelqu’un, qui reste du ressort de la justice.
– Le refus de recenser les personnes (surtout) les femmes mariées à des Mauritaniens depuis plus de vingt ans et qui ont acquis la nationalité selon les textes qui étaient en vigueur. Aujourd’hui, on veut leur appliquer le nouveau code de la nationalité alors que le principe de la rétroactivité dans ce cas n’est pas prévu par la loi.
– le fait de lier l’enrôlement des personnes adultes (plus de 45 ans) à l’enrôlement de leurs parents (père) ou la délivrance, le cas échéant, d’un certificat de décès est inadmissible parce que violant le droit et la liberté du citoyen de choisir librement sa nationalité.
Ce comportement inadmissible incite certains citoyens à déclarer le décès de leurs parents vivants pour pouvoir se recenser eux mêmes étant donné que leurs parents sont d’un âge très avancé ou vivent dans des zones enclavées.
Cette situation est d’autant plus grave qu’elle vise plus particulièrement, la composante négro-mauritanienne uniquement.
Par ailleurs, l’absence d’informations sur la procédure ouvre la voie au déchainement des passions, à la corruption et au passe-droit ; sans oublier la paralysie générale dans laquelle se trouvent tous ceux qui n’ont pas de pièces d’état civil ou dont les pièces ont expiré et qui doivent attendre obligatoirement que leurs parents soient recensés, alors que ces derniers se trouvent dans des lieux inaccessibles ;
Pour toutes ces raisons, et compte tenu du caractère discriminatoire de cette opération à l’égard de certaines composantes ethniques (principalement la composante négro- mauritanienne), faisant de cette opération qui devrait être citoyenne, un enjeu de division avec des relents sectaires, nous demandons :
– la vulgarisation des textes qui régissent l’enrôlement pour permettre à tous les citoyens de connaître leurs droits,
– la suspension pure et simple de cette opération en attendant la clarification du processus,
– l’ouverture d’un dialogue franc entre les principaux acteurs : société civile, partis politiques et administration pour redéfinir les conditions de l’enrôlement,
– le respect de la diversité dans le choix des responsables de cette opération.
Comptant sur votre compréhension, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Ministre, nos meilleures salutations.
Les signataires :
Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)
1. Association des Femmes Chefs de familles (AFCF),
2. Association Mauritanienne des Droits cde l’Homme (AMDH),
3. Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture SOONINKE (AMPLCS),
4. Association pour la Renaissance du Pulaar en RIM (ARPRIM),
5. Association pour le Renforcement de la Démocratie et de l’Education Citoyenne (ARDEC),
6. Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits Humains en Mauritanie(CSVVDHM),
7. Groupes d’Etudes et de Recherches sur le Démocratie et le Développement Economique et Social (GERRDES),
8. Ligue Africaine des Droits de l’Homme (Section Mauritanie),
9. Ligue Mauritanienne des Droits de l’homme (LMDH),
10. Regroupement des Victimes des Evénements de 1989- 1991 (REVE),
11. Collectif des Veuves,
12. Collectif des Rescapés Militaires
13. SOS – Esclaves.
Réseau d’Organisations de la société Civile pour la Promotion de la Citoyenneté (RPC)
Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP)
«Touche pas ma nationalité» veut arrêter «le recensement injuste»
Nouakchott-(Alakhbar) – Le recensement à vocation d’État civil, entrepris par le Ministère de l’intérieur, provoque beaucoup de craintes au sein de la population. Les citoyens mauritaniens sont confrontés à des obstacles incessants et tracassant, provoquant un sentiment partagé d’exclusion chez communauté négro-mauritanienne. Les réseaux sociaux sur l’internet se sont mis dans la lutte. Depuis, une semaine, sur Facebook, les jeunes nouackchottois et ceux de la diaspora négro mauritanienne, s’activent énergiquement pour dénoncer, ce qu’ils appellent “un crime programmé contre les noirs par l’Etat”. En effet, une page facebook a été créée sous le nom ” Ne touche pas à ma nationalité”. ” Je suis noir et Mauritanien” est le slogan partagé au sein du groupe, constate-t-on. Alakhbar info a interrogé, l’initiateur de ce groupe M.Yacoub Bâ et conseiller municipal à la commune de Sebkha.
Interpellé sur la naissance spontanée de ce groupe, Monsieur Bâ nous confie : ” Je suis conseiller municipal et de ce fait des personnes viennent me voir pour me parler des tracasseries et des humiliations qu’ils vivent au centre de recensement. Moi-même, j’ai plusieurs proches qui ont été injustement rejetés. J’ai décidé de créer ce groupe pour conscientiser et sensibiliser l’opinion publique sur les injustices que nous vivons quasi-quotidiennement depuis le lancement de cette opération ».
Je vous donne l’exemple de mon oncle qui s’appelle Abdallahi Niass, qui est de Debaye, dans le Trarza et qui a servi toute sa vie au ministère des
Finances aujourd’hui à la retraite. II a été rejeté par un petit gars qui s’est mis à lui poser des questions du genre « Connaissez-vous untel ? Ou se situe Dabaye ?, ajoute le conseiller municipal. Pour le conseiller municipal, les objectifs le groupe « Ne touche pas à ma nationalité », se donne les objectifs suivants: “se faire entendre en organisant des sit-in, des manifestations voire plus, pour poser les conditions claires et justes pour tous les citoyens et faire arrêter ce recensement. Nous avons programmé en effet un sit-in jeudi 30 juin à 10 heurs, devant le centre d’accueil situé à la maison du livre de Sebkha.
Alakhbar a aussi interrogé des personnalités politiques investis dans la sensibilisation et la mobilisation du groupe. Pour Kaw Touré, le porte-parole des Forces de libération africaines de Mauritanie acteur au sein du groupe : “l´objectif du groupe n’est rien d´autre que celui de sensibiliser et mobiliser l´opinion nationale et internationale sur cette politique de “dénégrification” du pays. Après l’échec de la politique de la déportation physique des négro-mauritaniens en 89-90, maintenant on veut seulement leur bannir et les priver de leurs droits civiques à travers ce recensement honteux et abject, alerte-t-il.
Énergiquement engagé dans la dénonciation du recensement, Mohamed Abdallah pense que le groupe à besoin d’être ouvert à tous et même si on est certain que c’est un problème des noirs. On essaie de parler des autres puisque ce recensement posent aussi problème aux maures. On a par exemple créerle même groupe en arabe pour les mauritaniens qui ne lisent pas le français”. Pour lui, il reste de prouver les aberrations par des preuves à l’appui, notamment des témoignages des victimes, en se servant de Youtube, note-il.
Créé il y a deux jours, le groupe comptabilise déjà plus 300 membres issus de toutes les composantes nationales.
ALAKHBAR-INFO
Destin post-électoral à plusieurs variantes
La classe politique nationale est à la recherche de son destin. Presque deux ans après l’élection présidentielle, elle n’a pas encore vu le bout du tunnel.Déroutée par l’impact de la défaite sévère infligée par l’homme qu’elle avait combattu de toutes ses forces pendant et après le coup d’Etat militaire, sans armes efficaces, l’opposition démocratique est sortie titubante comme un homme qui a du mal à retrouver ses jambes.Elle a, dans un réflexe de conservation de son rang, tenté de se réorganiser dans un cadre de concertation qui ne lui a pas assuré son unité et sa personnalité.
Malgré une expérience appréciable et des atouts nombreux, les forces de l’opposition ne se sont pas données les moyens de réorienter le jeu politique, de redéfinir les concepts et d’influencer les décisions. A défaut de renverser la balance et de décrisper la scène politique par des offensives de charme, l’opposition est restée figée sur une position fainéante en faisant tantôt du surplace tantôt en donnant l’impression de déranger le président de sa tanière sans le faire réellement . Ould Abdel Aziz à qui il ne reste plus qu’à maquiller son putsch par une élection présidentielle où il est sorti vainqueur, veut colorer son édifice par une ouverture à l’opposition. Plusieurs fois ce ballon d’essai fut lancé dans la cour de la COD sans être saisi par une opposition ne croyant pas à la sincérité de l’homme fort du pays. Dans un long bras de fer qui opposa le bloc Aziz à celui de la COD, le chemin du dialogue devenait de plus en hypothéquer par l’intransigeance réciproque. Mais , en dépit de sa position de favori , le président Aziz semble comprendre que sans ouverture démocratique, le pays ne sera pas à bout de crises politiques préjudiciables à la paix et à l’unité nationale. Il a beau prendre des décisions, entamer des chantiers, s’attaquer à la gabegie, mais sans la participation de l’opposition à tout ce processus de construction, l’œuvre que veut réaliser la nouvelle équipe dirigeante ne se sera pas une tâche aisée. Pour sa part l’opposition est condamnée soit à mettre de l’eau dans son sirop, sinon à s’enfermer dans un radicalisme viscéral. Accepter de dialoguer n’est pas une perte de temps. Tant que les arguments développés servent à faire avancer la machine, les acteurs politiques doivent continuer à débattre pour la recherche de solutions idoines. En outre le dialogue n’est pas une alternative qui se résume à deux termes antinomiques : accepter ou à refuser. C’est un processus de concertation entre les acteurs engagés dans une volonté de se retrouver autour d’un cadre de discussion avec des avancées et de reculades qui peuvent à la longue aboutir à des conclusions constructives. L’essentiel n’est pas de tirer un bénéfice politique personnel mais de débarrasser le paysage politique de ses pesanteurs et le placer dans une dynamique transformation. Il s’agit donc moins d’un marché à signer dans une sorte de partage des richesses du pays mais de gérer ensemble les atouts par les idées et les expériences des uns et des autres.
Cheikh Tidiane Dia -LE RÉNOVATEUR
Le jeune Gaye Amadou Tidjane admis en classe supérieure mais exclu quand-même!!!
Si l’admission en classe supérieure est un motif de satisfaction, l’élève Gaye Amadou Tidjane, inscrit en 3ème A, titulaire du matricule 2756, au Lycée Privé du Sahel, ne s’en délectera pas. Et pour cause, il est déclaré admis en classe supérieure mais exclu par une mesure sans appel prise par son directeur qui a préféré user de son autorité pour mettre son cachet sévère sur un bulletin orné d’un travail honorable attesté par les mentions des professeurs. Deuxième de sa classe, avec une moyenne générale de 11,68, il se retrouve sans autre forme de procès bouté hors de la classe (voir fac-similé du bulletin), par la volonté d’un homme qui s’appelle Daniel Lobé qui n’est rien d’autre que le proviseur de ce lycée, qui apparemment a ses propres lois qui le singularise du reste des écoles.
Si le pauvre petit Gaye n’a pas compris les mobiles de ce renvoi, chose normal, (car rien à ses yeux ne le justifie), ses parents eux ont une
explication à fournir. Toutes les appréciations faites par les professeurs sont unanimes pour louer le travail de cet élève. Le problème est tout autre. Il s’agirait d’un règlement de compte entre le directeur du Lycée privé du Sahel et la mère de Gaye Amadou Tidjane. Madame Sall ex-employée dans cette école privée, laquelle servait comme directrice de la Maternelle de ce groupe scolaire avant d’ouvrir sa propre structure, « Le Paradis des enfants » qui, aux yeux de son ancien employeur est un concurrent de taille. N’approuvant pas cette initiative de la part d’une femme qui veut gérer ses propres affaires, Lobbé fidèle à ses humeurs vengeresses, dont il est si bien reconnaissable n’a eu d’autre arme que de se déchaîner sur le parcours excellent d’un élève à travers lequel il porta une gifle à un système lui qui se moque de ses institutions. L’élève qui en toute évidence, a tous les atouts pour s’inscrire ailleurs que dans cette école qui répugne le bon travail se souviendra encore longtemps, devenu même adulte que l’injustice est l’ennemi de la réussite.
Amadou Diaara-LE RÉNOVATEUR






