Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Déclaration de la coordination des Mauritaniens de Belgique

altDepuis bientôt trois mois, un événement dont on aurait bien voulu se passer occupe le devant de la scène l’actualité politique dans notre pays. Il s’agit d’une opération de recensement des populations qui cache mal ses intentions politiques d’exclusion et de marginalisation des populations noires. L’organisation d’un recensement pour réactualiser le fichier d’état civil, en soi est une opération administrative et technique utile. Mais , il est curieux de constater, de façon flagrante, que son instrumentalisation idéologique et politiques a été bien perçue par les populations concernés et les acteurs politiques conscientss de la radicalisation dusystèmee raciste et esclavagiste, lancée par le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

En effet, en dépit de nombreusesss réactions, manifestationsprotestations, dénonciations et indignations, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Mauritanie, Ould Abdel Aziz a réitère, par son discours du 05 aout 2011, sa volonté de poursuivre le déroulement du recensement tant décrié et impopulaire, par ses intentions racistes.
Par cette opération de recensementtt, le président Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement viennent rappeler à lcommunautété noire que la politique raciste et esclavagiste ne fléchira pas dans son objectif de réduire le poids démographique des populations noires. Transformer la minorité maure en majorité dans le pays, est la visée politique manifeste de cette opération.

Nous condamnons avec fermeté cette violation grave des droits fondamentaux des populations négro-africaines et exigeons en conséquence, l’arrêt immédiat du déroulement des opérations et invitons le président mauritanien à faire preuve de bon sens et aux conséquences incalculables.

Nous condamnons, par la même occasion, les violations, les brimades, les arrestations des militants de l’IRA dans leur lutte juste et courageuse pour l’éradication de l’esclavage dans notre pays.

Nous invitons les organisations mauritaniennes, la société civile, les leaders d’opinion, l’UE, l’ONU, l’Union Africaine, et les organisations de défense des droits humains à faire pression sur le gouvernement mauritanien pour exiger la cessation du déroulement de cette opération préjudiciable à la stabilité dans notre pays et dans la sous région.

Bruxelles le 14 aout 2011
La Coordination des Mauritaniens de Belgique

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IRA-Mauritanie: Droit de réponse au Ministère public : Ministère public des maîtres d’esclaves

altNous avons lu la déclaration publiée par l’instance dénommée le ministère public auprès de la justice de Nouakchott. Celle-ci n’est, en fait, proprement, qu’un instrument d’enregistrement entre les mains des maîtres d’esclaves et leurs genres parmi les iniques. La déclaration dit que neuf (9) militants de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionnistes (MM. Saleck ould Inalla, Tourad Ould Zeïd, Moulaye Abdel Kerim, Cheikhna Ould Cheyakh, El Mokhtar Ould Mohamed, Ahmed Salem Ould Ethmane, Sabar Ould El Houcei, Aliyine Ould Sidi et Boulkheïr Cheikh Dieng) ont été déferrés devant le parquet au terme de l’enquête préliminaire.    

Les neufs militants des droits humains arrêtés par les officiers et responsables de « la police des maîtres d’esclaves », ont tous subi, cinq jours durant, torture, diète et  toutes les autres formes de traitement barbare. Ceci continua tout le long de leur détention où ils avaient été retenus séparément dans des les différents commissariats de la capitale, Nouakchott.

Pendant cette période, leurs parents et leurs avocats ont été empêchés de leur rendre visite et même de savoir leurs lieux de détentions. Ils endurèrent des tortures inhumaines dont le dessein était de parvenir à leur extorquer de faux-aveux ou des témoignages fallacieux contre Initiative  pour la Résurgence du mouvement abolitionniste et son président Biram Ould Dah Ould Abeid.

Les prétentions de crimes contre la paix civile, la résistance et la rébellion contre les forces publiques sont des accusations dénuées de fondement. Ce sont des manœuvres vindicatives qui, du reste, cachent des velléités d’acharnement inouï visant à dénaturer les comportements et les positions ô combien sages et non-violents ainsi que les discours didactiques dont le mérité avait été l’éclairage de l’opinion, notamment, les populations de la maoughataa(prefecture) du Ksar vivant dans les environs de la brigade des mineurs, lieu du sit-in pacifique des militants d’IRA- Mauritanie. Bref, toutes les allocutions tenues, les mots des orateurs et les slogans brandis par les communs des militants insistaient sur la condamnation de l’esclavage, de l’oppression et du racisme. Ils appelaient les autorités sécuritaires, judiciaires et politiques à appliquer de façon formelle les lois criminalisant l’esclavage.

Quant à la résistance, elle est pacifique. Elle s’est limitée à s’asseoir face des véhicules de la police dont les membres avaient en charge l’application des décisions judiciaires iniques et odieuses violant ainsi l’esprit de la loi pour blanchir Aïchetou Mint Seïbott pourtant accusée de pratiquer l’un des plus horribles crimes sur une fille mineure qu’elle a cachée ou tuée  sous la bénédiction des hautes autorités soucieuses d’inhumer toute trace de preuve qui l’inculpera.

S’agissant de la présomption de rébellion contre les forces publiques, nous affirmons sans ambages que notre rébellion plutôt c’est celle de la conscience. En fait, nous refusons moralement de légitimer les pratiques iniques des autorités publiques caractérisées par l’humiliation des « Hratin », autrement dits , les esclaves et anciens esclaves ; sachant du reste, que le pouvoir appartient exclusivement à la composante arabo-berbère dont le mode de vie est fondé sur la possession des personnes et leur mise en esclavage « comme si les êtres humains n’étaient qu’un troupeau de bêtes de somme ». Il n’y avait nulle  mutinerie encore moins de résistance physique ou armée qui serait menée par les militants de l’organisation en sit-in pacifique à la brigade. Ce sont ces derniers qui au contraire furent visés par un violent assaut lequel les couvrit d’un épais nuage de fumée de gaz lacrymogène, asphyxiant en conséquence et brûlant les militants avant que les forces de l’ordre ne se ruèrent sur eux avec une violence d’une très rare brutalité à coups de matraques et de bâtons. Et ce sont des agissements qui n’ont aucunement ébranlé  la quiétude des foules déterminées à n’opposer aucune réaction, autre que de rester assis ou de se coucher à même la terre refusant cependant de fuir.

Nous défions le ministère public beydhane(arabo-berbère),  leur Ministère de Justice et toutes leurs forces de l’ordre de présenter un policier blessé, une pierre, un bâton ou un instrument tranchant pris avec un des militants pacifiques que seul animé le désir et la volonté de voir la loi appliquée.

Pour ce qui du mensonge du Procureur de la République lequel prétend que nous avons investi la brigade au ksar, cassé ses portes, brisé ses bureaux et détruits son équipement tout en agressant par des coups et toutes autres formes d’insultes les membres de la police, nous répondons par ce qui suit :

1-       Nous demandons à ce procureur et la justice toute entière de procéder, mercredi prochain, pendant le procès de nos camarades, à la convocation des membres de la police en exercice à la brigade des mineurs pour qu’ils témoignent au sujet des allégations du procureur de la République par rapport à la dite violation des locaux, les coups reçus, les saccages faits mais également les cause de ces derniers. Ainsi tant la justice que le public sauront évidemment ce qui s’est réellement passé. Car toute la lumière serait faite, les preuves à l’appui, grâce aux révélations que feront à cette occasion les membres de cette brigade. Aussi saura-ton combien le procureur est à cet égard audacieux voire téméraire quant à mentir et en agir par le mensonge  en plein mois saint de ramadan. Encre faut-il que l’on demande la policière dénommée El Arbiya Mint Taleb Ahmed qui la frappé par un coup de pierre sur le flanc. Ensuite, que l’on demande aussi au policier Bekaye Ould El ghassem d’avouer qui lui donné un coup de pierre dans la jambe. Enfin que l’on interroge le policier El Kharchi Ould Saleh qui avait tenté de lui briser le crâne avec un morceau de brique. Tous  répondront que c’est l’ivrogne zélé et ami du général Ould Abdel Aziz, en l’occurrence, « Mahmoudy Ould Seïbott et sa bande quand, armés ils se sont introduits sans ménagement dans la brigade insultant à tue-tête la police, la justice et les manifestants. Ils ont envahi les locaux du commissariat, brutalisant alors les policiers et détruisant tout sur leur passage jusqu’au téléviseur. Des policiers connivents leur ont suggéré de s’attaquer aux manifestants, entre autres, le président Biram Ould Dah Ould Abeïd. Mais la vigilance des militants permit d’en déjouer le plan. Ils ont aisément maîtrisés les assaillants, les ont déshabillés et les remis à la police. Ils n’eurent pour toutes corrections que de légères fessées  en guise de réprimande et de leçon civique… Au cours de tout le sit-in d’IRA, aucun des militants n’a franchi la porte de la brigade, hormis notre avocat Maître Mohamed Ould Bilal à deux reprises et à chaque fois c’est quant  le  chef de la brigade des mineurs, Aïchetou Mint Soeuïd’Ahmed, demande à IRA déléguer un représentant avec elle va discuter de l’évolution du dossier. En dépit de tout  cela la police n’hésita pas brutaliser, battre, brûler et arrêter les militants au vu et su des voisins du commissariat au Ksar… Nous insistons, en fait, sur la nécessité de convoquer l’inspectrice de la police, chef de brigade des mineurs Aïchetou Mint Soeïd’Ahmed pour témoigner sur cette affaire. La justice a par acquit de conscience le devoir de tenir compte du témoignage des habitants voisins de la brigade. Il ya lieu, également, d’interroger les forces anti-émeute, qui ont exécuté l’assaut contre les défenseurs des droits humains pour dire où se trouvaient les militants de IRA au moment de l’assaut et ou les détenus avaient ils été trouvés arrêtés. ? Les défenseurs des droits humains était-ils dans les locaux de la police ? ou bien dehors, en face de la brigade ?

2-      Nous demandons, enfin, à la justice d’exiger du parquet des maîtres d’esclaves une seule preuve qui corroborerait qu’un policier ait fait l’objet de brutalité, ou que sa tenue ait été déchiré e ou froissée; de présenter le moindre fait pouvant être interprété comme une agression à l’actif des membres de IRA. En revanche, nous avons appris qu’après l’arrestation des militants et leurs transferts dans les commissariats, un des officiers du nom de « Ismaël Diakité » s’est livré à humilier et torturer Boulkheïr Ould Cheikh Dieng. Or ce dernier, jeune peu âgé, a des problèmes psychiques. Nous détenons un dossier médical qui atteste son état. Violenté et touché dans son orgueil par l’officier, Boulkheïr a réagi, dans un état de dépression contre celui-ci par une gifle quelques instants avant qu’il ne s’effondre en crise.

Nous demandons donc à la justice de mener une enquête juste et transparente sur l’agression verbale, physique et matérielle violente perpétrée par le clan armé des Seïbott à la manière des Janjawides, aussi bien sur la brigade des mineurs que sur les manifestants pacifiques trouvés en sit-in. Nous exigeons également de la justice de chercher l’arme à feu introduite au commissariat par Moahmoudy Ould Seïbott. Il va, pour ce fait, falloir interroger l’inspectrice de police Aïcha Mint Soueïd’Ahmed sur les mesures qu’elle aurait prise à l’encontre du clan des Seïbott lequel a violé la police et agressé ses membres. L’inspectrice a le devoir d’édifier le monde sur l’arme qui était en possession du criminel Mahmoudy Ould Seïbott, l’ami du général et son compagnon… Il faudra aussi savoir quelle autorité supérieure a donné l’ordre à cette inspectrice, de libérer la bande Saibott, en leur rendant leur arme à feu, après les avoir mis à l’arrêt quand les militants d’IRA les ont maitrisé ? Pourquoi cette femme, responsable de la brigade des mineurs, à libérer cette bande, une impunité on ne peut plus affligeante, pour la police humiliée par les actes et les propos de cette bande, pour l’Etat, pour et la société.

Que tout le peuple mauritanien sache que jamais IRA n’abandonnera cette affaire que lorsque les écheveaux  de ce crime contre la vérité, l’égalité, la justice, l’Etat et la société mauritanienne toute entière seront démêlés.

Nouakchott, le 14 Août 2010

IRA- Mauritanie

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Où sont- ils nos Imams des grandes mosquées de Nouakchott ?

altIl est curieux, je suis sidéré, pendant ce mois béni du ramadan, de ne pas entendre nos Imans sur toute l’actualité du pays et plus précisément sur l’enrôlement discriminatoire orienté et motivé par l’exclusion des milliers et milliers de Mauritaniens de l’intérieur et de l’extérieur du pays et pourtant,ils nous écoutent en parler dans la rue, dans les mosquées et dans tous les lieux publics. Préoccupés par leur salaire, puisque la fonction d’Iman de mosquée est politisée par le général Abdel en aziz , qui fait de nos hommes religieux de véritables parias, des marionnettes à la solde de sa politique raciste et discriminatoire à l’endroit des Haratines, wolof,  soninké , peulh et Bamabana, ils ne font que suivre l’homme du pain pour quelques jours et pourtant celui de Dieu est éternel, immanquable et plus digne.
C’est tout même choquant voire révoltant de ne pas entendre ces soient disant érudits qui rabâchent en longueur de journée des textes sacrés du coran et pourtant pendant plus de vingt ans, ils assistent à des assassinats, à des pendaisons, à des déportations , à des viols , à des dé possessions et autres traitements de toute nature contraire aux préceptes des textes de l’Iman mais,ils n’ont jusque là jamais lever le petit  doigt pour soutenir dans  ces épreuves d’ inhumanité et  d’humiliation  leurs compatriotes , ils se contentent de plaire à tout pouvoir et à ne voir que leur salaire de la honte pavé  de bonnes intention vers le chemin de l’enfer, personne n’en doute.
Que faut il attendre de cette classe de religieux politisés ? Il n’ y a rien à dire , et je demande à  tous ceux qui prient derrière eux de changer de mosquée ou de prier chez eux.Il n’ y a pire musulman que celui qui connait les souffrances, les injustices, les malheurs de son voisin et qui ne dit mot et c’est bien la cas de ces hommes depuis Le ramadan d’Avril 1989 jusqu’à ce jour ou les populations noires sont massacrés sans qu’ils ne prêchent, la vérité et la lisent de manière audible au pouvoir raciste de Nouakchott.


Depuis le début de l’enrôlement raciste du général, essayons de les compter, combien sont ils , ceux  de la communauté Arabo-Berbère, religieux, intellectuels, commerçants et politiques qui se sont mobilisés à nos côtés pour dénoncer cette politique périlleuse du général Abdel Aziz., ils sont à compter au bout des doigts, et pourtant nous sommes bien au pays des milles poètes , ou rien ne se passe sans les commentaires dans les salons et dans les bureaux.Il m’est arrivé de compter dans l’année le nombre de messages de soutiens et de mobilisation à destinations des frères palestiniens et n’en compter aucune à l’endroit de nos paisibles citoyens déportés au Sénégal et au Mali   et à l’endroit de nos frères Haratines sous le joug de l’esclavage sans que les Imans ne puissent dire la vérité sur ces questions de sociétales assez tendues.
Que restera -t-il de notre cohabitation  si l’un veut nier l’appartenance de l’autre dans ce pays ?  si par des méthodes de domination chacun veut nier voire tuer la culture de l’autre?
Alors réveillons de suite, nos ancêtres et qu’ils nous disent pourquoi, ils ont choisi le sol mauritanien comme résidence et avec d’ autres cultures
Réveillons les signataires du congrès d’Aleg pour qu’ils rectifient leurs accords, il y en a qui ne sont plus de cet accord, ils veulent être Arabes, mais surement pas musulmans.
C’est peut être la seule occasion ou nous devons manifester ensemble notre mécontentement général, c”était la seule occasion ou nous aurions fait la révolution du peuple ensemble comme en Tunisie en disant à ces autorités racistes ” dégagez”!
C’est peut être raté ou je me trompe de la réaction tardive de mon peuple, j’ai hâte d’en savoir plus  et je ne comprends toujours pas.
Me radicaliser, je le serai peut être, j’attends de voir de comprendre  vers ou nous allons.
Ma patience aura certainement des limites.
Que Dieu protège la MAURITANIE de ces  pires ennemis, pour ces vrais amis, je m’en occuperai personnellement.

Adama Niang

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Des étudiants mauritaniens militants de l’IRA interpellés par la police sénégalaise

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Des étudiants mauritaniens militants de l’IRA-Mauritanie (Section Sénégal), qui protestaient vendredi matin(12 août), devant l’ambassade de Mauritanie au Sénégal, contre l’esclavage et le recensement en Mauritanie, auraient été réprimandés par la police sénégalaise, sur ordre du conseiller de l’ambassadeur de Mauritanie au Sénégal, Massar Cissakho. « Monsieur Massar Cissokho a ordonné à la police de déloger les manifestants qui occupaient l’ambassade dans le cadre d’ une manifestation pacifique sous prétexte qu’ils dérangeaient et qu’ils n’avaient pas le droit d’occuper l’ambassade pour une manifestation », a affirmé un étudiant mauritanien militant de l’IRA-Mauritanie (Section Sénégal). Ce dernier a expliqué que la police sénégalaise serait arrivée sur les lieux aux environs de dix heures pour tenter de négocier avec les manifestants en vue de leur faire quitter les lieux, ajoutant que devant le refus de ces derniers, la police aurait fait usage de la force contre les manifestants qui ont été pourchassés à coup de matraques. Les manifestants auraient escaladé les murs de l’ambassade pour pouvoir occuper son enceinte car le Conseiller de l’ambassadeur avait demandé au vigile de fermer la porte d’entrée de l’ambassade.

 

Info2larue

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FLAMNET-INFO: Dr Bocar Alpha Ba – Ancien ministre de la Santé, premier directeur général de l’Hôpital , un des pères fondateurs de la Mauritanie interdit d´enrôlement!!

altAncien ministre de la Santé, premier directeur général de l’Hôpital national, Dr Ba Bocar Alpha est l’un des tout premiers médecins du pays. Technocrate, il n’a pas hésité à démissionner de sa fonction de ministre de la Santé parce que, dit-il, « j’étais médecin et je ne voulais pas mener une vie de politicien». Fervent défenseur de l’unité nationale, Dr Ba a demandé aux Mauritaniens, surtout aux générations montantes, de considérer que leur pays a encore besoin d’être construit. Ces générations doivent comprendre que l’intérêt de la Mauritanie doit primer sur l’intérêt particulier et que ce n’est pas parce qu’on n’est responsable de quelque chose qu’on doit en faire sa chose personnelle

«  D’abord, je vous remercie de venir jusqu’à moi qui n’ai plus aucune signification, pour me demander de me remémorer le passé récent de notre pays. Par la grâce de Dieu, j’ai été assez représentatif de tous les passages de la Mauritanie, de l’indépendance à nos jours.

L’indépendance, pour nous, était un miracle.

Toutes les autres colonies ont eu à faire la guerre de libération par les armes. Nous, nous avons acquis notre indépendance par la parole.

Ça n’a pas été plus facile mais plus efficace.

Nous étions convaincus que la Mauritanie ne pouvait avoir son indépendance que dans la paix et dans l’unité de son peuple et en cela, Dieu nous a aidés. Le colonisateur, avec le peu qu’il connaissait de la Mauritanie, a estimé qu’elle pouvait faire d’elle ce qu’elle voulait et qu’il allait lui octroyer son indépendance au moment où il le voudra.

Ils se sont évidemment détrompés assez rapidement.

Par la grâce de Dieu, nous avons posé, dès le départ, nos véritables problèmes. Il s’agit du problème de l’unité nationale ; le but suprême que nous voulions coûte que coûte réaliser. Cette unité nationale est notre vocation.

Nous avons une religion fédératrice, qui rassemble.

Les problèmes que nous avons rencontrés à l’indépendance, c’est que de toutes les indépendances, celle de la Mauritanie a été la plus discutée et la plus députée, mais nous avons été un petit groupe, avec Sidi El Moctar N’Diaye, notre député, Moktar Ould Daddah, le plus ancien des étudiants de Mauritanie que nous connaissions avant son retour en Mauritanie.

Nous étions restés en relation permanente avec lui pour bâtir l’avenir de notre pays. Nous étions aux premières loges, au moment où tous les problèmes d’indépendance se posaient.

Moi, j’étais médecin à Boutilimit pendant quatre ans. C’est en ce moment que s’est tenu le Congrès d’Aleg.

Nous irons à l’ indépendance tous et unis

Au Congrès d’Aleg, toutes les tribus de Mauritanie, toutes les familles étaient représentées, les familles maraboutiques, guerrières et les gens du Fleuve. Quand tout ce monde s’est retrouvé, nous avons posé le problème de l’indépendance de la Mauritanie. Personne ne croyait que la Mauritanie allait demander son indépendance. Le miracle est que nos anciens, nos chefs de tribus, ont suivi notre idée. Quand au Congrès d’Aleg, tout ça s’est dessiné, les anciens ont dit, vous les jeunes, faites ce qu’il faut, nous suivrons. Nous n’avons même pas besoin de postes. Voilà comment nous avons lancé l’indépendance de la Mauritanie dans l’unité. Auparavant, certains disaient: il faut que le Nord parte de son côté et que le Sud en fasse autant. Nous avons dit Niet. Nous irons à l’indépendance tous et unis. Nous avons donc imposé l’unité et l’union. Grâce à Dieu, tout s’est bien passé sans crash.

J’ai dit auparavant que notre indépendance était la plus discutée parce qu’il y avait la main du Maroc qui voulait nous phagocyter. Nous avons fait comprendre au Maroc que l’indépendance de la Mauritanie ne signifie pas sa rupture avec ce pays ni avec ceux du Nord mais que nous sommes un trait d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Nous avions l’éducation et l’expérience qu’il fallait et la volonté de créer un ensemble humain harmonieux.

Il ne faut pas oublier que bon nombre de citoyens du Sud faisaient leur humanité religieuse dans le Nord. Cela a servi. Chacun avait la bonne parole et la Mauritanie s’est ainsi faite. Elle s’est faite avec des personnalités remarquables. Je cite Sidi El Moctar N’Diaye qui a été un élément fédérateur, un trait d’union. Je cite Moctar Ould Daddah qui, revenu de France où il poursuivait des études, a trouvé un terrain favorable et sans qu’il ne l’ait demandé, nous l’avons mis en avant.

Ainsi, il a été le premier président de la Mauritanie indépendante. C’est de son temps que la Mauritanie a réalisé son indépendance totale.

L’indépendance de la Mauritanie, en parfait accord entre les gens du Nord et ceux du Sud

Ceci dit, un certain nombre d’empêchements, que nous avons eu l’intelligence d’éviter, parce que certains gens du fleuve disaient, il faut qu’on aille à l’indépendance mais avec le Sénégal parce que le fleuve est un fleuve Sénégal mais nous, nous avons dit que le peuple maure et nous constituons le même peuple et nous n’acceptons pas d’être divisés racialement. Voila pourquoi l’indépendance de la Mauritanie s’est faite en parfait accord entre les gens du Nord et ceux du Sud.

La Mauritanie était déjà faite dans les coeurs, chez-moi, par exemple, pendant plusieurs mois de l’année, on retrouve Mohamed Bouna Moctar. Quand Abdallah Ould Cheikh Sidiya venait, on m’avertissait, et je partais chez lui.

Ayant posé les jalons de l’unité, nous avons créé le premier gouvernement qui avait pour tâche de confirmer l’unité de la Mauritanie. Ce qu’on a considéré comme des frictions n’était pas autre chose que les péripéties d’idées nouvelles qui remuaient les populations mais nous avons eu la sagesse de donner à ces idées nouvelles la place qu’elles méritent sans que cela dérange l’assise de la communauté mauritanienne dans toutes ses composantes.

Ceux qui ont fait la Mauritanie, c’est d’abord les griots qui ont chanté l’indépendance, ce sont les grands chefs qui ont voulu cette indépendance.

Hamam Fall, qu’Allah ait son âme, est l’un de ceux qui ont contribué à bâtir l’unité nationale. C’est un mouvement qui n’a pas de limitation, ni ethnique ni régional. Ce sont des gens qui se sont cooptés pour que la Mauritanie soit indépendante.

Les premiers défis étaient d’abord de consolider l’indépendance et d’arracher au colonisateur, la Mauritanie en tant que telle car le colonisateur avait des relations avec certaines fractions.

A travers ces relations, ils ont voulu parfois mettre les bâtons dans les roues mais Dieu veillait.

La priorité des priorités était d’abord de construire Nouakchott qui n’était qu’une halte sur la route Rosso – Atar. Il fallait créer, ex nihilo, une administration avec ce qu’on avait sous la main.

S’agissant des difficultés, au niveau de la santé, la Mauritanie n’avait rien. Nous avions des dispensaires sans médicaments. C’est moi qui ai posé la première pierre de l’actuel hôpital national en tant que ministre de la Santé. Avant la fin des travaux, j’ai démissionné du gouvernement.

Beaucoup de gens l’ont interprété comme des divergences que j’avais avec Moctar avec lequel il était exclu que je sois en désaccord. La mère de Moctar Ould Daddah, Khadijétou Mint Brahim est comme ma propre mère. Quand j’étais à Boutilimitt, elle m’estimait comme son propre enfant.

Je vis de l’air que je respire en Mauritanie

Je l’ai considérée, jusqu’à sa mort, comme ma maman et je me suis toujours considéré en fils et je l’ai entretenue malgré mes moyens modestes. En fait, la raison de ma démission est que j’étais médecin je ne voulais pas mener une vie de politicien. J’ai repris mon métier et me suis mis à la disposition de mon pays. Ainsi, j’ai été nommé premier directeur de l’hôpital national. Il n’ y avait qu’un seul médecin mauritanien au départ. On y comptait quelques infirmiers dont Ould Ahmed Damou que j’ai formé moi-même. Nous avons bénéficié de l’assistance technique française. Certains de ces coopérants ont voulu se comporter en petits colons, je leur ai dit qu’ils doivent travailler sur nos instructions sinon je les embarque dans l’avion. Tel a été d’ailleurs le cas de l’un d’entre eux. En ce moment-là, les soins étaient gratuits. J’ai usé de mes relations personnelles que j’ai tissées pendant que j’étais ministre de la Santé pour demander de l’aide à certains pays amis. Je dois souligner que l’Egypte, au temps où elle était dirigée par Gemal Abdel Nasser, nous avait beaucoup aidés.

Ensuite, une grande organisation internationale est venue me proposer un poste à l’étranger que j’ai décliné car je vis de l’air que respire en Mauritanie. Pourquoi voulez-vous que je change, leur ai-je répondu.

Le conseil que je donnerai aux Mauritaniens, c’est de se convaincre que leur pays continu à être construit. Ils doivent comprendre que l’intérêt de la Mauritanie doit primer sur l’intérêt particulier. Ils doivent comprendre également que ce n’est pas parce qu’on n’est responsable de quelque chose qu’on doit en faire sa chose personnelle. Beaucoup de Mauritaniens pensent que quand on est nommé à une fonction, c’est pour sa famille. Ce n’est pas vrai. La Mauritanie a besoin, dans le coeur de tous les responsables, qu’on soit plus serviteur de la communauté que de s’enrichir à son détriment.

Avec l’aide de Dieu, la Mauritanie est, et continuera à être ».

Transcrit et réécrit par

Babouna DIAGANA

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