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Violence notée dans le recensement en Mauritanie : Les Flam indexent le pouvoir arabe
Dans un communiqué, les forces pour la libération de la Mauritanie (Flam) s’inclinent devant la mémoire de Lamine Magane et Moussa Bassel, «tombés sous les balles du système inique mis en place dans cette Mauritanie». Ces deux personnes ont été tuées, précise le communiqué, «parce qu’elles ont osé revendiquer leur droit à la citoyenneté dans ce pays que certains voudraient arabe contre vents et marée, tout comme les 513 militaires négro-mauritaniens suppliciés dans les garnisons de la honte». Et les Flam d’avertir sur les risques d’embrasement du sud dont le seul et unique responsable est le Président Ould Abdel Aziz. Avant d’en appeler à la volonté internationale pour que cessent le génocide, les politiques d’exclusion et d’oppression continues des négro-mauritaniens.
LE QUOTIDIEN-SENEGAL
Mauritanie : la contestation du recensement s’envenime, heurts à Nouakchott
La répression de manifestations de jeunes Négro-Mauritaniens a fait un mort dans le sud du pays mardi et, à Nouakchott, des heurts ont éclatés jeudi entre la police et des manifestants. Ceux-ci réclament l’arrêt du recensement qu’ils jugent raciste et discriminatoire. Le président de l’Assemblée nationale en demande quant à lui la suspension, pour préserver la cohésion sociale. Le 28 septembre, le Sud de la Mauritanie s’est réveillé dans le calme. La veille, de violents affrontements avaient opposé les forces de l’ordre aux jeunes Négro-Mauritaniens. Ces derniers, âgés de 10 à 20 ans, manifestaient depuis le 24 septembre à Maghama et Kaédi contre le recensement de la population, qu´ils jugent discriminatoire. Mais, derrière cette apparente accalmie, les tensions restent vives, comme le montrent les nouveaux heurts qui se sont produits à Nouakchott jeudi 29 septembre. La police a bloqué une manifestation de jeunes qui marchaient vers l’Assemblée nationale pour demander aux députés de rejoindre leur cause.
Mardi, la protestation avait pris une tournure dramatique à Maghama, où un adolescent de 19 ans, Lamine Mangane, a été tué d’une balle dans la poitrine. Neuf jeunes ont été gravement blessés. À Kaédi, où des édifices publics et des commerces ont été pillés et incendiés, une quarantaine de personnes ont été arrêtées, dont la moitié ont été libérées suite à une trêve.
« La photo de Lamine circule à Maghama, les gens sont complètement révoltés, confie Ibrahima Diallo, représentant des FLAM (Forces de libération africaines de Mauritanie ) à Paris. Les mères se mettent à la place de celle de Lamine et elles n’hésitent plus à sortir dans la rue. Il est devenu un des martyrs de la Mauritanie. » Les manifestants réclament aussi que les gendarmes, auteurs des tirs, soient immédiatement sanctionnés.
“Les manifestants n’ont plus rien à perdre”
« Les policiers se sont déchaînés sur des adolescents, poursuit Ibrahima Diallo. Ils cherchent à faire peur aux gens, mais ceux-ci n’ont plus rien à perdre et la mobilisation prend de l’ampleur. » Alors que les premières manifestations, en mai, ne rassemblaient que quelques centaines de personnes, elles en mobilisent désormais des milliers. Elles ont lieu dans toutes les grandes villes du Sud de la Mauritanie, ainsi qu’à New-York, Montréal, Bruxelles, Paris et Dakar.
Le 27 septembre, Mohamed Ould Boilil, le ministre de l’Intérieur, a indiqué que le recensement se poursuivait et qu’il « ne sera permis à quiconque de troubler la quiétude des citoyens ou de perturber l’ordre public. » Une déclaration qui a contribué à envenimer une situation déjà tendue. D’autant que le ministre avait reçu le 25 septembre à Nouakchott les dirigeants du collectif « Touche pas à ma nationalité. » « Il leur a dit qu’il allait revenir sur la composition des commissions nationales d’enrôlement, qu’aucun Mauritanien ne serait laissé en dehors de ces enregistrements et qu’il se donnait le temps de les revoir et de leur proposer des choses concrètes », assure Ibrahima Diallo.
Nombreux soutiens
Les revendications des manifestants sont claires et inchangées : ils demandent l’arrêt pur et simple du recensement. « Il est mal organisé et très discriminatoire, s’indigne Haimout Ba, représentant de l’UFP (Union des Forces de Progrès, parti d’opposition) en France. S’il était digne de nom, il ne susciterait pas d’emblée l’hostilité de la population ! Le but est de contrôler tous les leviers de l’État en justifiant que les Noirs Mauritaniens y sont moins représentés car ils sont moins représentés démographiquement. »
Les soutiens aux Négro-Mauritaniens se font de plus en plus nombreux. Le 28 septembre, la Coalition de la majorité présidentielle (CMP) a appelé le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour permettre le retour au calme. Messaoud Ould Boulkheir, le président de l’Assemblée nationale a demandé la suspension du recensement. Et l’organisation anti-esclavagiste Ira a condamné les violences subies par les manifestants. « Le mouvement se radicalise, prévient Haimout Ba. Si le pacte social s’effondre, le pays basculera dans la guerre civile.
Justine Spiegel
JEUNE AFRIQUE.COM
Héros hier, déserteurs aujourd’hui !
Dans le vocabulaire militaire, le déserteur est quelqu’un qui a quitté son poste sans en avertir sa hiérarchie.En temps de guerre, c’est la faute la plus grave commise par un militaire et passible d’ailleurs de la peine capitale.Mais qu’en est-il des militaires négro-africains victimes de la barbarie humaine dans presque toutes les garnisons militaires du pays entre 1987 et 1991?Même si l’argument attribué à la commission chargée du règlement du passif humanitaire et aux autorités pouvait s’avérer fondé (bien qu’il fut totalement faux), cela ne saurait priveraux victimes que nous sommes les droits les plus légitimes dans un pays présumé de droit car tout celui qui aurait co mmis cet acte, en ces temps-là, ne l’aurait fait que dans le but de sauver sa peau devant une horde d’assassins qui, justement, n’avaient qu’une seule idée en tête : tuer (ce que personne ne peut aujourd’hui réfuter en Mauritanie). Je tiens pour responsable de ce complot ourdi contre moi et mes frères d’infortune ceux qui aujourd’hui profitent de leur statut et privilèges pour barrer la route à leurs frères d’arme d’hier pour le recouvrement de certains de leurs droits.
On ne saurait s’empêcher de prime à bord de poser cette question à ceux qui nous taxent de déserteur : quel intérêt leur dicte de nous traiter de déserteurs et de bandits égarés au point de nous faire perdre nos droits? Pourquoi ne pas traiter de bandits ceux qui, ont fait couler le sang de pauvres innocents ? Permettez-moi quand même de dire tout mon dépit, moi qui, incorporé le 15/08/1976 et servi loyalement mon pays, sera arrêté à l’aéroport un jour de 1989 de triste mémoire, au retour d’un stage au Maroc pour un Brevet Technique de Gestion du Matériel, et conduit en prison sur les ordres de l’actuel Directeur de la Sûreté, Ould Hadi. Tout ce que j’avais comme bagages, effets personnels et argent en devises m’avaient été retiré par l’élément de la police militaire ayant procédé à mon arrestation. Trois mois d’arrêt ; trois mois de vie inhumaine et, au bout, la radiation du corps de l’armée à compter du 27/11/1989 par décision n°696/EMN-2168/B1995/Eff du 13/09/1989, avec un « non autorisé à engager ». Pourquoi, dans ce cas, m’envoyer en formation si c’est pour être radié dès mon retour au pays avec tout ce que cela coûte comme moyens financiers ? Pour rappel, j’ai fait toute la campagne du Sahara ; et jusqu’à ma libération, jamais je n’ai eu à subir un seul jour d’arrêt, même avec les commandants de formations les plus aigris – pour ne pas dire les plus chauvins ; au contraire, partout où j’ai passé, j’ai toujours été bien noté. Et c’est aujourd’hui que l’étiquette de « déserteurs », de bandits est collée à la peau de soldats ayant servi le pays avec loyauté. Si ce sont des négres de service qui se permettent par leurs agissements de conduire à une omission délibérée de militaires (bien connus et reconnus) d’un passif aussi lourd, c’est cruel de voir des victimes se transformer en bourreaux. Un homme prêt à vendre ses frères pour ses intérêts égoïstes est le pire des traites.
Ex sous-officier Diago Aboubakr
TPMN: L’action du mouvement n’est pas dirigée contre les arabo-berbères
ALAKHBAR (Nouakchott)-La police a “libéré des prisonniers” qui “brûlaient et cassaient” pour “discréditer la marche et justifier la répression violente”, a déclaré Abdoul Birane Wane, coordinateur de Touche pas à ma nationalité; Le coordinateur, qui était en conférence de presse ce matin au Fonadh, a ajouté que la marche était “pacifique” et destinée à “remettre une lettre aux députés pour qu’ils prennent leur responsabilité en tant qu’élus”. Il a précisé que “nous sommes contre ceux qui cassent les boutiques de maures” et “précisons que l’action de Touche pas à ma nationalité n’est pas dirigée contre les citoyens arabo-berbères”. Le coordinateur a également révélé que les arrêtés lors des manifestations sont “dispersés dans les commissariats” et la police “refuse qu’on leur apporte à manger”. Il a déploré qu’il y a parmi eux “des étrangers: un sénégalais qui vendait des “Roubmaye(robes de femmes)” et un autre mécanicien sénégalais pris de son lieu de travail”.
“La police a violé les domiciles dans les quartiers de forte présence étrangère pour nous pousser à crier pour leur libération”, a-t-il ajouté. Mais, nous prenons nos militants en charge. Cependant, en tant que humain, nous nous soucions du sort de ces étrangers qui, selon lui, est de la responsablité des organismes des droits humains.
“Les autorités ne veulent pas apaiser la situation”, a-t-il déploré. Le discours du ministre de l’intérieur, “qui est censé garantir la sécurité de tous les mauritaniens, est venu mettre de l’huile sur le feu”. Ce, “pendant qu’à Maghama, les gens pensaient leurs blessures et enterraient Mangane”.
De son côté, Ba Mamadou Alassane, président du (PLEJ) Parti pour la Légalité et la Justice a témoigné qu’alors que les jeunes à Maghama sollicitaient son “aide pour manifester pacifiquement, les grenades nous tombèrent dessus”. Il a ajouté que “nous avons demandé que ceux qui ont tiré des balles soient démis et jugés”. Précisant que “le premier responsable, c’est le pouvoir en place incarné par Aziz”. Pour lui, “ce problème concerne tous les mauritaniens, “donc les arabes doivent aussi se mobiliser, rappelant que nous avons toujours appelé à l’Unité nationale mais dans l’égalité des chances”.
Il a appelé les jeunes du mouvement Touche pas à ma nationalité à faire preuve de prudence par rapport aux manipulations des médias publics contre eux.
A propos de la délégation ministérielle qui visitait les blessés à Kaédi, Ba Mamadou Alassane a martelé “qu’au lieu de verser des larmes de crocodile, ils devaient tous démissionner de l’UPR.”
Mamadou Sarr, secrétaire exécutif du Fonadh, lui, a affirmé que c’est Ould Abdel Aziz le responsable de la situation, parce qu’il aurait pu mettre fin à cela. Il a averti qu’il y a des personnes tapis à l’ombre qui veulent réactiver les événements de 1989, mais 89 et 2011 ne sont pas les mêmes.
Continuer, a-t-il ajouté s’adressant aux militants de Touche pas à ma nationalité, à être des militants pacifiques et rigoureux. Il y aura un moment donné le pouvoir est obligé de négocier”.
Sara a aussi appelé tous les mauritaniens à “sortir et à se battre pour préserver notre unité nationale”. Ce, avant qu’il s’interrogeait sur pourquoi on s’en prend à une catégorie alors que d’autres protestent devant le palais.
Ahmed Wadia(Essirage) a affirmé ,quant à lui, que le discours clair de Touche pas à ma nationalité a dévoilé les manipulations du régime qui continue à diffuser les mauritaniens. Le mouvement ne prône pas la violence, a-t-il précisé. Il défend tous les mauritaniens. Aziz doit comprendre que les citoyens sont unis autour de justice et de l’islam.
Il a ajouté que la déclaration du ministère de l’intérieur n’a convaincu personne. Il a dénoncé aussi que Ould Abdel Aziz a donné 37 milliards à son proche qui s’occupe du recensement.
et la seule solution au probleme de l’enrôlement c’est de le suspendre et reprendre l’opération sur des bases claires, a-t-il conclu.
Recensement: ce qui met les Noirs de Mauritanie en colère
NOUAKCHOTT -AFP— Questions “uniquementréservées aux Noirs”, pièces administratives quasi-impossibles à fournir, enquêteurs en majorité maures: pour les Noirs de Mauritanie, le recensement en cours dans leur pays a pour seul but de les marginaliser, ce dont se défend le gouvernement.
A l’appel du mouvement Touche pas à ma nationalité, à la pointe de la contestation anti-recensement, la mobilisation est forte et a pris ces derniers jours, dans le Sud et à Nouakchott, une tournure violente: un mort et une quinzaine de blessés, voitures et maisons incendiées, commerces saccagés.
Le gouvernement du président Mohamed Ould Abdel Aziz a lancé le recensement en mai pour mettre en place un nouveau système d’identification des Mauritaniens, après avoir promulgué un nouveau Code civil en décembre 2010.
“C’est une déportation administrative qui est aujourd’hui envisagée, après les déportations physiques de 1989-1990”, s’insurge Dia Gando, militant de Touche pas à ma nationalité à Kaédi, ville à dominante noire de la vallée du fleuve Sénégal (sud), théâtre de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.
Entre 1989 et 1991, plusieurs dizaines de milliers de Négro-Mauritaniens avaient dû fuir ou avaient été chassés de leur pays après un déchaînement de violences interethniques, sous le régime de l’ancien président Maaouiya Ould Taya (1984-2005). Ils s’étaient réfugiés au Sénégal et au Mali voisins.
Plus de 20.000 d’entre eux ont été depuis rapatriés par le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR).
Les Noirs du pays craignent aujourd’hui une remise en question de leur nationalité qu’il leur est demandé de prouver par des pièces administratives presque “impossibles à réunir”, telles que des actes de décès d’arrière-grands-parents, selon des organisations de défense des droits humains.
“Comment comprendre autrement que nous sommes visés par ce recensement si la commission d’enquête demande par exemple à un Négro-Mauritanien de prouver sa +mauritanité+ en s’exprimant en hassanya (dialecte maure) ou en récitant une partie du Coran ?”, s’interroge Dia Gando.
“D’où vient votre père?”
Selon Wane Abdul Birane, un des leaders de Touche pas à ma nationalité, des questions fâcheuses sont posées “exclusivement aux Noirs pour les empêcher de se faire enrôler (recenser) et les déposséder de leur nationalité”.
“On nous demande: +D’où vient votre père?+. S’il vient du Sénégal ou du Mali par exemple, ou si vous êtes vous-même né ailleurs qu’en Mauritanie, vous êtes d’office exclu”, affirme-t-il.
Il reconnaît que des questions similaires peuvent être posées aux Arabes du pays, mais “leurs conséquences pour les deux communautés ne sont jamais identiques, les Négro-Mauritaniens étant ciblés par des groupes (…) chauvins qui tentent de les exclure”.
“Les commissions dominées par les Maures nous demandent, pour confirmer notre nationalité, si nous connaissons tel maire de telle ville, tel centre d’intérêt de telle zone, ou tel notable dans telle région qui n’est pas la nôtre”, ce qui est “révoltant et nous confirme dans nos craintes”, estime Niang Abou, instituteur.
Autant d’accusations réfutées par les autorités de Mauritanie, vaste pays désertique à la charnière entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Ses trois millions d’habitants sont d’origines diverses: Maures blancs et noirs, Noirs ayant leurs racines en Afrique subsaharienne.
L’opération en cours “n’exclura personne et finira, à terme, par donner leurs droits à tous les citoyens, sans exclusive”, affirme Rabih Rabbou, directeur chargé de l’état civil.
Selon le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ould Boilil, l’unique but du recensement est d’instaurer “un système d’état civil biométrique moderne et fiable. L’Etat, convaincu qu’il y va de l’intérêt national, est résolument engagé à mener cette opération stratégique pour l’avenir du pays”.
Copyright © 2011 AFP





