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Ould Boïlil : Pas de réfugiés mauritaniens au Mali
ALAKHBAR (Nouakchott) – Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Mohamed Ould Boïlil a affirmé ce dimanche devant le parlement que son gouvernement “ne reconnait pas l’existence des refugiés mauritaniens au Mali”. “Ce dossier n’a jamais été ouvert au ministère et les autorités ne sont pas responsables du rapatriement des réfugié qui n’existent pas” a-t-il affirmé en réponse aux questions de Kadiata Malick Diallo, député de l’UFP. Le rapatriement dépend de la volonté des autorités et du Haut Commissariat aux Refugiés (HCR). “Nous avons trois phases dont deux sont été achevées et la dernière phase démarrera dans le mois de Novembre” a-t-il ajouté à propos des réfugiés mauritaniens au Sénégal.
Quelle disposition prendra le gouvernement à propos du dossier des refugiés, du problème de l’enrôlement et le problème foncier, demande Kadiata Malick Diallo, à Ould Boilil. Elle a d’ailleurs soulevé les promesses faites à ces réfugiés à propos de réinsertion de leur réinsertion dans la vie active et à l’éducation des leurs enfants.
Quant au député Sy Samba, il a pour sa part, ajouté que “les droits sont bafoués les problèmes sont nombreux et les conséquences sont néfastes” en Mauritanie. Il a particulièrement mis le gouvernement en garde contre ” les promesses non respectés”.
Et Sy Samba de dire que “si l’Etat nie le cas de refugiés mauritaniens au Mali, ce dossier a bien été discuté entre le HCR et l’Etat mauritanien. Par contre, ces refugiés attendent un lendemain meilleur. Mais il y’a un manque de volonté politique pour résoudre ce genre de problèmes »” a-t-il indiqué.
ALERTE: ” Touche pas à ma nationalité” apporte un démenti formel à l’article publié par ANI
Ce Dimanche 09 octobre un article non signé a été publié par le site ANI proche du gouvernement Mauritanien et par Cridem. Cet article non signé fait état d’un accord contracté entre les responsables du mouvement”Touche pas à ma nationalité” et les autorités Mauritaniennes.
Le mouvement “Touche pas à ma nationalité”, par la voix de son coordonnateur Abdoul Birane Wane dément toute négociation avec les autorités Mauritaniennes et dénonce la campagne d’intoxication orchestrée par les autorités avec la complicité de l’agence ANI Nous rappelons que ,le mouvement reste ferme sur ses revendications et ne cédera ni à la corruption ni à l’intimidation et à la terreur. Aucune négociation ne peut avoir lieu avec des autorités qui ordonnent de tirer à balles réelles sur des adolescents et cautionnent la torture.
Si des cadres corrompus originaires de la vallée ont été dépêchés pour sauver le régime d’Ould Abdel Aziz, aucun accord n’a été signé entre eux et le mouvement, il s’agit de mensonges grossiers. C’est triste de voir des responsables d’Etat agir de cette manière.
Une fois de plus, nous réaffirmons de manière claire qu’aucun accord tacite ou officiel n’a eu lieu entre le mouvement”Touche pas à ma nationalité” et les autorités Mauritaniennes. Nous appelons nos militants à plus de vigilance. La stratégie de diviser et semer le doute entre les leaders du mouvements ne peut plus fonctionner,on est plus que jamais décidés à aller jusqu’au bout de notre combat.
Par la même occasion nous rappelons que toute information concernant le mouvement et qui ne proviendrait pas du coordonnateur ou du Porte-parole, Dia alassane n’engage aucunement le mouvement. A cette occasion, nous demandons à nos militants de se mobiliser pour nos prochaines marches avec ou sans l’autorisation des autorités.
Nouakchott le 09 octobre 2011
Le Coordinateur Abdoul Birane Wane.
info: www.flamnet.info
Expropriation foncière : Le pouvoir dépossède les paysans de leurs champs !
Depuis 16 jours, une délégation intercommunale de Boghé se trouve à Nouakchott. Objectif : sensibiliser les cadres ressortissants de cette localité sur l’accaparement de leur terre par les autorités publiques au profit d’investisseurs saoudiens de la Société Tabouk Eziraiya-Groupe Errajihi.Ouvrant le bal des allocutions, le Secrétaire Exécutif du Forum des organisations nationales de droits de l’homme (Fonadh) Sarr Mamadou Moctar, a planté d’emblée le décor de cette conférence de presse organisée par une délégation intercommunale de la Moughataâ de Boghé en ces termes : «Depuis une dizaine de jours, une délégation intercommunale de Boghé, composée de 7 personnes, est venue à Nouakchott pour dénoncer des faits et gestes du pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz. En effet, l’Etat a décidé de mettre un vaste terrain à usage agricole à la disposition des investisseurs saoudiens de la société Tabouk Eziraiya-Groupe Errajihi. Ils vous parleront de la situation de l’accaparement de terre dans cette zone. Ils ont tenu faire cette présente conférence de presse pour informer les populations». Pour sa part, Djigo Moussa Abou, Chef de la délégation, a laissé entendre: «Nous sommes venus dans la ville de Nouakchott avec le but de dénoncer l’accaparement de nos terres par les autorités publiques. Nous avons commencé notre travail de sensibilisation depuis dans nos différentes communes». Et de rappeler : «Au mois de mai passé, trois des communes de Boghé- hormis celle de Dar El Barka, qui n’est pas directement concernée- sont en train d’être expropriées leur terre agricole au profit d’une société saoudienne dénommée Tabouk Eziraiya-Groupe Errajihi. En conséquence, nous nous sommes organisés pour contrecarrer cette décision du pouvoir. C’est ainsi que nous avons pris notre bâton de pèlerins pour entamer une campagne de sensibilisation dans les différentes communes concernées, mais aussi à Nouakchott pour voir les cadres ressortissants de ces trois communes, qui composent plus de 60 villages. Et nous disons à tous que nous refusons catégoriquement de l’accaparement de nos terres agricoles estimées à 4.000 Hectares par les autorités publiques au profit des investisseurs étrangers. Pour cause, nous avons produit un doucement dans les limites légales de 60 jours et nous l’avons déposé. Je dois vous dire que nous avons développé nos différents arguments dans ledit document. Des argumentaires environnementaux, juridiques, économiques, agro-pastoraux qui sont fondés sur les codes juridiques et environnementaux».
«Nos terres sont mises en valeur selon les moyens du paysan»
Evoquant des rencontres effectuées par la délégation intercommunale, Cheikh Tidiane Ould Bleyel a dit «Depuis que nous sommes à Nouakchott, nous avons rencontré plusieurs personnalités publiques et ressortissantes de nos différentes localités notamment le ministre des Finances et son homologue du Développement rural. Le premier nous a très bien reçus il a dit qu’il nous soutient dans notre combat parce qu’il est fils de la localité. Et le deuxième nous a dit qu’il ne s’agit pas d’accaparement de terre, mais d’une étude de domanialité de ces terres. Sur ce, nous lui avons évoqué tout d’abord l’organe local qui est en charge de la gestion domaniale en zone rurale tel que le dicte l’article 25 du décret n°2010-080 du 31 mars 2010 abrogeant et remplaçant le décret n° 2000/89 du 17 juillet 2000 portant application de l’ordonnance 83-127 du 05 juin 1983». A en croire les membres de la délégation intercommunale, le pouvoir du président veut les accaparer de leur terre en parlant de la domanialité de ces terres donc de leurs mises en valeurs. Mais ils se défendent que leurs «terres sont mises, mais elle le sont suivant la dimension des moyens du paysan»
Camara Mamady –Le Rénovateur
Maghama: Deux jours d’émeutes, un enterrement et l’autorité en déroute
ALAKHBAR (Maghama) – Le 26 septembre, la gendarmerie de Mghama tire et ” tue un manifestant du mouvement “Touche pas ma nationalité”. Dans la foulée, le Hakem de la Moughataa “prend la fuite”. Alakhbar reconstitue les faits sur témoignage de quatre manifestants.“Lundi 26 septembre à 17 heures GMT, Maghama (sud Mauritanie) s’embrase. La police, la gendarmerie et les jeunes du mouvement Touche pas à ma nationalité s’affrontent un jeune étudiant d’une vingtaine d’années rapporte “Nous étions tous regroupés sur le Terrain Public, désormais “Place Tahrir” depuis le déclanchement des émeutes contre l’enrôlement. On s’apprêtait à converger vers la Moughataa pour déposer une lettre de doléances mais la police avait décidé de briser le mouvement et ce malgré la détermination des jeunes, la lettre n’arrivera jamais à destination. À quelques encablures du commissariat vers 18 heures la police nous intercepte et jette des grenades sur nous. Nous ripostâmes en jetant des pierres.
Les échauffourées dureront environ deux heures. Finalement, la police et la gendarmerie locales brisent “l’Intifadas”. Elles y parviendront en faisant usage de gaz lacrymogènes. “Nous étions obligés de battre en retrait” soutient un autre mais les forces de sécurité, à bord de véhicules, nous poursuivront jusqu’à l’intérieur des maisons. Partout, l’odeur de gaz lacrymogène empestent, tout le monde suffoque”.
A 20 heures. Enfin le calme revient, mais, les manifestants déplorent un blessé: “Ousmane Mangane (cousin de Lamine Mangane qui sera tué par balle plus tard) a été touché à l’épaule”
Mardi, 27 septembre
Mardi, 27 septembre à 09 heures GMT, les manifestants se regroupement à nouveau à ladite “Place Tahrir”. Objectif la Maison du livre, devenu le Centre d’accueil des citoyens (CAC), lieu de l’enrôlement. “Cette fois-ci, comme les autorités ignoraient nos doléances, nous étions décidés à saccager définitivement les lieux de ce Enrôlement raciste”, affirme un “talibé (élève coranique)” frôlant la vingtaine. “A 11 heures, le CAC est réduit en cendres: Ordinateurs, tables, dossiers…nous avons tout saccagé “, ajoute le talibé manifestant.
Les manifestants auront également incendié à 11: 30 GMT le Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC). Un chômeur, parmi les manifestant, âgé de 28 ans justifie: “Nous avons brûlé le centre et saccagé les véhicules qui étaient parqués devant: trois ambulances, deux camions-frigos dentistes, un autre camion et un tracteur”. Le chômeur manifestant se demande dans un mélange des genre “A quoi servaient ces véhicules, prétendument destinés à l’usage des populations. En cas d’urgence, nous évoquions nous-mêmes nos malades”.
A 12 heures, les locaux de l’Elevage sont partiellement détruits, “parce que le vétérinaire qui y est désigné pour la ville n’est jamais sur place. Quand on veut soigner nos bêtes, on est contraint de payer”se justifie notre interlocuteur. ” Dans notre élan contestataire ajoute-t-il, nous fumes attendris par les objurgations larmoyantes de l’Inspecteur qui nous suppliait d’arrêter”.
Puis, à 12: 30 GMT, les manifestants convergèrent à nouveau à la” Place Tahrir”. Leur prochaine étape sera la Moughataa. Entre la Place Tahrir et la Moughataa, se trouve la Brigade de la gendarmerie. “Là, le drame. A 13 heures, le Commandant de la gendarmerie voulait nous obliger à rebrousser chemin. On n’aura pas le temps de répondre, car des balles réelles sifflaient de par tout déjà. Et dans ce jeu assassin c’est le commandant qui tire le premier et à hauteur d’hommes et les autres gendarmes de le suivre. Une balle atteint en pleine poitrine Lamine Mangane.
Agé seulement de 17 ans il rend son ultime soupir sur le coup” s’indigne un jeune qui se prétend ami de la victime et notre bonhomme de fondre en larmes avant de reprendre : “C’est le Commandant qui l’a intentionnellement tué”.
Neuf autres manifestants seront blessés, tous par balle. Parmi eux, une fillette de 8 ans touchée à l’aine. Un jeune homme de 14 ans est aussi du nombre des blessés. Tous les blessés seront évacués à l’hôpital régional de Kaédi à quelques 120 kilomètres de Maghama (et 5 heures de pistes impraticables, constate les envoyés spéciaux d’Alkhbar.)
Notre interlocuteur de rappeler par ailleurs qu’au moment où les blessés sont évacués, les gendarmes regagnaient leur caserne. Vers 14 heures, nous nous sommes rendus à la gendarmerie tentant en vain de défoncer le portail. Et à 15 heures, arrivèrent les renforts en provenance de Kaédi.
Mercredi, 28 septembre
Mercredi, 28 septembre à 10 heures, Lamine Mangane est inhumé. Aucun heurt avec les forces de l’ordre, peut-être grâce à l’intervention des notables et du député Niang Mamadou.
L’enterrement terminé, les jeunes retournent à la Place Tahrir. Ils passent d’abord au centre ville et brûlent, à côté du marché, la maison de Mohamed O.Mbeirik, un boulanger. “Il avait à deux reprise brandit une arme contre nous. Deux autres maisons de policiers sont après brûlées. Ils nous avaient empêchés de soumettre nos doléances au Hakem” nous déclare un manifestant.
Le Hakem “en déroute”
Le Hakem d’ailleurs n’aura pas assisté à tous ces événements car dans la confusion, il a pris la poudre d’escampette. Il ne reviendra qu’une fois les renforts de Kaédi arrivés.
Propos de la population de Maghama recueillis par les envoyés spéciaux d’Alakhbar
Mauritanie – Marche sans violences à Nouakchott contre le recensement
Des centaines de Mauritaniens noirs ont marché samedi à Nouakchott à l’appel du mouvement “Touche pas à ma nationalité” (TPN), réclamant “l’arrêt immédiat” du recensement en cours dans leur pays qu’ils jugent “discriminatoire”, a constaté un journaliste de l’AFP. La marche, qui était autorisée, s’est déroulée sans violences sous haute surveillance policière sur environ un kilomètre depuis le centre-ville. Scandant des slogans hostiles au régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, les manifestants ont fini leur parcours à l’Assemblée nationale où ils déposé une lettre “aux élus de la République” dans laquelle ils demandent “l’arrêt immédiat du recensement” lancé en mai en Mauritanie pour une durée non déterminée.
Dans leur lettre, réceptionnée par des députés de trois partis d’opposition, ils dénoncent également les violences policières contre des manifestants le 29 septembre à Nouakchott et, auparavant, à Kaédi et Maghama (sud) où un manifestant avait été tué par balle par un gendarme. “Nous sommes contre ce recensement discriminatoire, nous voulons qu’il soit arrêté, tout comme nous dénonçons la violence policière et nous exigeons une enquête indépendante sur le cas de Maghama”, a affirmé à l’AFP leur porte-parole, Wane Abdoul Birane.
Lors de la manifestation de samedi, “nous avons démontré que si cela ne dépendait que de nous, aucune violence n’aura lieu, et nous affirmons que notre combat se poursuivra, avec ou sans autorisation” des dirigeants, a-t-il averti. Selon un porte-parole de TPN, quatre militants du mouvement ont été présentés jeudi à un juge qui a ordonné leur incarcération. Ils étaient parmi 56 personnes arrêtées au cours de la manifestation du 29 septembre à Nouakchott, 26 des manifestants ont été libérés, d’après le porte-parole.
Les autres manifestants toujours détenus “ne sont pas nos militants” mais “peut-être des étrangers interpellés par la police et dont nous ignorons totalement les nationalités et la situation”, a-t-il précisé.
Les Noirs de Mauritanie dénoncent le recensement, affirmant craindre une remise en question de leur nationalité qu’il leur est demandé de prouver par des pièces, d’après les ONG, souvent impossibles à réunir.
Selon le gouvernement, l’opération vise uniquement à instaurer “un système d’état civil biométrique moderne et fiable”.
©Agence France-Presse





