Category Archives: presse
Quand le pouvoir perd ses amis
Le vide se fait encore autour du régime actuel qui semble se distinguer par sa prestance à multiplier les foyers de tension et à révulser, même ses propres alliés. Un renversement de tendance qui profite à l’opposition qui se renforce de jour en jour. Dernier rallié de taille, l’ancien chef d’Etat-major des forces armées, Abderrahmane Ould Boubaca, mais aussi Mohamed Salem Ould Lekhal (notre photo) qui appelle à l’organisation d’élections présidentielles.
Trois ans après l’euphorie créée par le slogan “Président des pauvres “, la désillusion est de plus en plus grande chez quelques uns des grands soutiens de la première heure du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Parmi les grands déçus du phénomène Aziz, le président du parti AJD/MR, Sarr Ibrahima qui avait cru à l’engagement du nouveau régime dans le règlement du passif humanitaire et de la fracture intercommunautaire. Après avoir attendu des promesses qui ne venaient pas, et assisté à l’application de politiques contraires à ses engagements politiques, il a claqué la porte. Le même sentiment de frustration gagne plusieurs pans des alliés du régime, tel le parti ADIL de Yahya Ould Ahmed Laghdaf qui avait rejoint la majorité avec armes et bagages, avant d’exprimer sa déception, comme celui qui vient de constater qu’il avait cru à un mirage. Seul l’orgueil empêche encore ses dirigeants d’annoncer leur retrait de la majorité, même si leur attelage à cet ensemble reste purement factuel.
La grogne d’anciens officiers.
Il y a deux jours, le colonel Mohamed Salem Ould Lekhal, président du parti Hamam et l’un des opposants dialoguistes, vient de capituler. Il a déclaré se retirer du groupe des quatre partis politiques qui avaient apporté leur caution au soi-disant dialogue qui était sensé ouvrir au régime de Mohamed Ould Abdel Aziz les portes de Bruxelles. Mais l’Europe est restée indifférente à ce scénario joué à cinq et attend toujours ce fameux dialogue inclusif avec l’opposition démocratique. Le retrait fracassant de Mohamed Salem Ould Lekhal est un coup dur pour le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz et de ses alliés qui avait tant galvaudé le dialogue supposé. En déclarant ce dialogue nul, l’un de ses plus grands protagonistes jette ainsi le discrédit sur tout un processus pour lequel la Mauritanie est restée longtemps attentive. Certains parlent même d’une trahison au nom du peuple mauritanien qui ne pensait pas que ses dirigeants pouvaient jouer de la comédie pendant un mois autour d’un accord préétabli et monnayé à forts prix. Hormis les grands électeurs, les défections au niveau individuel se comptent par centaines, la plupart déçu par des promesses non tenues et des engagements non respectés. Un autre officier de taille, l’ancien chef d’Etat-major des forces armées, Abderrahmane Ould Boubacar vient de rallier l’opposition démocratique qu’il a accueillie aux portes de la ville d’Aleg. Ce revirement, ajouté à celui du colonel Ould Lekhal marque un tournant décisif, pour qui connaît le poids de l’armée et de ses officiers, même retraités, dans les rapports de force politique en Mauritanie.
Gestion partisane
Il faut dire que la gestion partisane et familiale de la Mauritanie telle qu’elle est instaurée actuellement par le clan Aziz rebute plus d’un Mauritanien, qui croit assister à la réminiscence sous nos cieux du clan Duvalier. L’économie nationale a perdu ainsi au cours de ces trois années la plupart de ses opérateurs qui ont déserté le champ pour investir ailleurs, hors des sautes d’humeur péremptoire. En plus de la chasse aux sorcières lancées contre le privé mauritanien, l’emprisonnement de cadres compétents pour leur option politique, les fournisseurs courent depuis trois ans, derrière des dettes envers l’Etat, d’une valeur de 60 Milliards d’UM et que le Trésor public refuse d’honorer. Avec une dette intérieure de 100 milliards d’UM, opérateurs et banques con fondus, le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz cherche à appauvrir tout le monde pour mériter réellement son titre de “Président des pauvres”. Pourtant, le budget de l’Etat ne cesse de s’accroître sans que le niveau de vie des habitants ne soit amélioré. A ces contreperformances économiques s’ajoutent d’autres contreperformances sur le plan politique et social, avec la grogne qui gagne tous les secteurs de l’Etat, alors que les partis politiques sont réduits à deux clans, ceux qu’il faut manipuler et ceux qu’il faut abattre. Pire, un travail de sape tend à diviser l’opposition et à éclater la société civile, avec des doublons créées tous azimuts au sein des organisations hostiles au pouvoir.
La santé s’est réduite ces derniers temps à des dépenses de prestiges pour des bâtiments neufs, dans un contexte de déficit chronique en personnel qualifié, en spécialistes et en consommables. L’enseignement est pour sa part devenu le domaine du grand mercenariat, avec des écoles étrangères qui essaiment à chaque coin de rue, sans aucun contrôle sur les matières enseignées. Certains parmi ses établissements sont mêmes devenus de véritables centres de débauche. La jeunesse mauritanienne est ainsi livrée à des corps enseignants étrangers qui pourront à loisir les dépraver et les élever sur d’autres valeurs autres que celles héritées de leurs parents.
Tous les autres chantiers engagés, que ce soit dans le domaine de l’urbanisme et de la restructuration des habitats précaires s’enlisent, avec des violations graves de la propriété privée et des passes droits qui grossissent chaque jour le rang des mécontents. La plupart des locaux et installations de l’administration régionale se trouvent pour la plupart dans des états avancés de dégradation, même si des améliorations notoires ont été notées sur le plan des routes.
Sur le plan diplomatique, le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz s’est distingué par son talent à fâcher les voisins, telle la crise qui sourd avec le Mali depuis la guerre touarègue. Mis à part les déclarations des plus hautes autorités qui semblent prendre fait et cause pour la rébellion touarègue, Nouakchott accueillerait ses plus hauts dignitaires ainsi que leur cellule de communication. Il y a eu des clashs avec l’Algérie avant que les rapports ne s’améliorent, des hauts et des bas avec le Sénégal, sur le problème du transport terrestre et de la pêche, un froid glacial avec le Maroc. Puis la dernière bourde, ce voyage insensé du Premier ministre en Syrie pour jouer aux facilitateurs au moment où ce pays est mis aux bancs de la communauté internationale, bannie par les pays du Golfe, principaux bailleurs de la Mauritanie. Avec la gestion improvisée du pays, le mécontentement populaire est devenu l’image iconoclaste de la Mauritanien nouvelle. Les remous secouent ainsi tous les secteurs, avec les grèves en boucle des syndicats estudiantins, celles des travailleurs du secteur privé et des fonctionnaires de l’enseignement. Pire, le mouvement a gagné même plusieurs régions intérieures, alors que toutes les contestations étaient habituellement circonscrites à Nouakchott et à Nouadhibou.
Cheikh Aïdara.L´AUTHENTIQUE
Mauritanie: Libération de 13 étudiants dont 5 filles
ALAKHBAR (Nouakchott) – Les autorités viennent de libérer l’ensemble des étudiantes détenues, au nombre de 5, en plus de 8 des étudiants, et ce après leurs comparution ce mardi devant le Procureur de la République à Nouakchott.
Dizaines des étudiants de l’université de Nouakchott, arrêtés suite aux récentes émeutes universitaires, ont été déférés aujourd’hui devant le Procureur de la République à Nouakchott.
Dans le même temps les forces de l’ordre ont dispersé un sit-in des membres du Comité de soutien auxdits étudiants, devant le Palais de justice.
Seuls ont étaient permis de rentrer dans le Palais les avocats ; Maîtres Fatimata Mbaye, Ahmed Salem Ould Bouhoubeina, El Hadj Diqllo, qui constituent le collectif de défense des étudiants et l’activiste des droits de l’homme Lalla Aïcha Ouedrago.
Ould Taya, l’écrivain
On le savait officier de l’armée, l’homme qui a bâti un système si fort qu’il ne pouvait être menacé que par l’entourage très immédiat, on le découvre aussi écrivain et visionnaire. L’ancien Président Maouiya Ould Taya (1984-2005) vient de publier un livre sur le printemps arabe. Sous le titre : «Le Salut des Arabes» Ould Taya présente à travers des échanges avec des journalistes, sa vision des défis qui assaillent la nation arabe et l’incapacité de celle-ci à accompagner l’évolution du monde moderne et être gouvernée démocratiquement. Maouiya, consacre une partie de son œuvre aux espoirs et inquiétudes soulèvées par le printemps arabe.
Tahalil-hebdo
Crises sociales : Haro sur le SNEM
Depuis le début des agitations à l’université, la police semble s’être donnée comme mission de neutraliser tous les éléments qui s’activent dans l’animation de la contestation. Elle a ainsi opéré plusieurs coups de filets contre des étudiants de tous bords.
L’année 2012 a commencé par des troubles sociaux qui n’arrêtent pas d’indisposer les pouvoirs publics. Derniers événements en date, ceux-là qui proviennent du monde estudiantin. C’est dans ce cadre que des dizaines d’étudiants de l’ISERI et d’autres de l’université, pour la plupart proches de la mouvance islamique, ont été mis au violon pendant quelques jours à la fin janvier. D’autres jeunes, affiliés au Mouvement du 25 Février ont été, eux aussi, violemment matés et interpellés pendant quelques heures à la suite d’une manifestation organisée, le 11 février.
Ce jour du 11 février, la manifestation du Mouvement du 25 Février coïncidait avec une imposante action contestataire organisée par les étudiants de l’université de Nouakchott pour protester contre l’exclusion de leurs collègues et l’organisation par l’administration des facultés d’examens partiels, ce qui entérinerait, de facto, la décision de l’exclusion contestée.
Comme d’habitude, ici aussi, la police n’y ira pas du dos de la cuillère, d’autant qu’un grave acte de violence a été commis. Il s’agit, en l’occurrence de l’incendie de 4 bus de transport public dont les auteurs courent toujours. Même si cet acte s’est produit loin de la scène des manifestations et à deux heures avant le début du rassemblement des étudiants et des activistes du 25 Février, la police semble croire dur comme fer que les agitateurs de la scène seraient derrière le crime. De leur part, les étudiants et les activistes du 25 Février condamnent l’acte et rendent la police et le pouvoir qui pourraient, selon eux, être derrière cet acte pour discréditer leur action pacifique. Des arrestations furent opérées dans tous les milieux estudiantins.
Après moins de 48 heures de leur détention, les jeunes du 25 Février, dont une forte majorité constituée essentiellement d’enfants de la bourgeoisie, sont libérés après d’énormes pressions de la rue, entretenues notamment par les partis d’opposition et les organisations des défense des droits de l’homme.
Rapidement, la police changera son fusil d’épaule. Au lieu de pourchasser tous les étudiants ou d’entrer en discussions avec eux pour apaiser la situation, elle décide de s’acharner contre les étudiants affiliés au Syndicat National des Etudiants de Mauritanie (SNEM). Elle mènera des actions de répression contre eux, procédera à des poursuites dans les rues et opérera des arrestations anarchiques. Elle installera la terreur même dans les domiciles des parents des étudiants qu’elle violera sans aucun scrupule, parfois tard dans la soirée. Ceci est arrivé à la SOCOGIM, à El Mina, dans les Medina et à la Capitale. Plusieurs dizaines d’étudiants, dont 8 filles, seraient détenus dans des conditions particulières voire indignes dans des commissariats de Nouakchott. Les familles ne sont pas informées et tous ceux qui s’aventurent à se présenter dans un commissariat localisé sont systématiquement repoussés. Tous les étudiants arrêtés n’ont pas été localisés. Nombre d’entre eux ont disparu de la scène sans laisser de trace et nul ne sait encore où ils se trouvent, tout contact avec eux étant perdu. On accuse une nouvelle unité spéciale de la police, chargée d’opérer des arrestations clandestines d’avoir enlevé ces jeunes. On évoque notamment la disparition depuis quelques jours du SG du SNIM, Bathily Bakary que la police recherchait depuis quelque jours. Le jeune a disparu de la circulation. Pour éviter l’arrestation, beaucoup d’étudiants ont déserté leurs domiciles pour se réfugier chez des proches. Certains étudiants ne se gênent plus pour parler d’une attitude digne de militants du KKK au sein de la police dont certains agents tiennent des propos injurieux et racistes contre eux.
Face à cette situation, les partis politiques et des associations des droits de l’homme semblent faire le blocus, gardant un silence coupable. Sommes-nous en train de vivre une préparation psychologique de l’opinion à un 89 bis comme seul rempart contre les prémices de la révolution des jeunes qui se profile à l’horizon ???
MOMS- L´Authentique
Sit-in devant le commissariat de Ksar 1 : Les mamans réclament la libération de leurs filles étudiantes
” Nous ne voudrions pas que nos filles s’éternisent et dorment dans le commissariat de police”.Les alentours du Commissariat de Ksar 1 ont été envahis, mercredi 15 février 2012 par des groupes de femmes qui y ont organisé un sit-in pour réclamer la libération de leurs filles dont certains sont détenues depuis six jours suite à la série d’arrestations des étudiants de l’Université de Nouakchott. Elles étaient près d’une centaine de femmes à brandir des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les mots ” LIBEREZ NOS FILLES devant le Commissariat de Ksar1 dans la journée du mercredi. Interrogée sur l’objet de leur sit-in, Mme Lalla Aîcha, Militante des droits de l’homme a affirmé : ” je suis là avec les mères des étudiantes arrêtées lors des manifestations pacifiques à l’Université de Nouakchott. Ces dernières ont arrêtées il y a plusieurs jours sans qu’aucune nouvelle d’elles ne soit parvenue à leurs familles “.
Nous sommes des mères, des sœurs, dira-t-elle, en substance ajoutant ” nous voulons leur libration même si ça doit s’effectuer sous caution ou sous garantie pour qu’elles rentrent chez elles et au moment venu ils pourront les rappeler et continuer leurs enquêtes “. Et de poursuivre : “ nous ne voudrions pas que nos filles s’éternisent et dorment dans le commissariat parce que nous n’avons pas confiance “.
Pour Mme Aissata Diary Sall, mère d’une détenue, ” organiser une manifestation pacifique dans l’enceinte de l’Université est un droit connu, mais arrêter des filles et les faire dormir dans des commissariats pendant plusieurs jours, ça sort de l’ordinaire “.
” Si on interroge le commissaire ou l’inspecteur, sur les raisons d’un tel état de fait, ils nous répondent que les ordres viennent d’en haut. Nous voudrons bien savoir où se trouve de là-haut “ ajoute Coumba, une autre mère de fille détenue qui fera ensuite remarquer que tant que els filles sont détenues, ses camarades et elles resteront dans la rue. Et Ramatoulaye, mère d’une détenue d’ajouter : ” nous sommes des femmes et nous savons les problèmes des femmes… Alors qu’ils laissent nos filles dormir à coté de leurs mamans même se elles doivent se presenter chaque jour au Commissariat “.
Cheikh Oumar N’Diaye.L´AUTHENTIQUE





