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Communiqué du Coordinateur du TPMN
J’adresse mes sincères remerciements à l’endroit de tous ceux qui m’ont soutenu moralement durant toutes les épreuves que j’ai endurées ces dernières semaines. Je tiens particulièrement à renouveler ma profonde considération et sympathie à l’ensemble des militants, proches et compatriotes de toutes les composantes du pays qui ont compati à ma douleur suite au décès de mon père. Tout en me remettant à la volonté d’Allah le miséricordieux et l’éternel, je loue le tout-puissant de m’avoir permis de dépasser par la foi cette douloureuse séparation avec un être cher.
J’appelle aussi tous les Mauritaniens épris de paix et de justice à se donner la main pour mettre fin à toutes les formes de discriminations et d’exclusions qui frappent une grande frange de la population mauritanienne.
J’invite les citoyens honnêtes soucieux de l’avenir de ce pays au bord du gouffre de condamner l’usage de méthodes rétrogrades, illégales et antidémocratiques pour briser les mouvements luttant pour l’égalité entre les fils de ce pays ainsi que de l’amélioration de leur quotidien , tout en rejetant avec force la politique du Président Aziz indifférent à la détresse du peuple et aujourd’hui, manifestement désavoué par la majorité des Mauritaniens.
La dégradation de la situation économique, politique et sociale du pays n’est que la conséquence de cette politique aveugle caractérisée par l’improvisation et la démagogie instaurée par le Président qui appauvrit et qui refuse de reconnaitre ses échecs.
TPMN qui m’a renouvelé sa confiance se prépare à engager des actions pacifiques mais fermes pour mettre le Président Aziz devant ses responsabilités. Devant le peuple mauritanien il sera responsable de toute instabilité que le pays pourrait traverser.
Abdoul Birane Wane
Coordinateur de Touche pas à ma nationalité
Violence contre les femmes: Tahra Mint Hembara brise un tabou en racontant son calvaire…
Jeudi matin, lors de la conférence de presse des organisatrices de la marche du 8 mars contre les violences sexuelles à l’égard des femmes, Tahra Mint Hembara est sortie de ses gonds pour faire une déclaration tonitruante, au siège de la Fondation Moktar Ould Daddah. “Je suis une femme qui se sent concernée par tout ce qui touche la société mauritanienne et plus particulièrement les femmes”, dit Tahra Mint Hembara. Au sujet des violences faites à l’égard des femmes, je crois qu’il va falloir qu’on crève l’abcès. Je voudrais mobiliser toutes les femmes qui ont été victimes de violences sexuelles. Ces femmes qui se taisent, qui sont battues tous les jours, chez elles, ont honte. Pourquoi ont-elles honte ? Elles ne doivent pas avoir honte à dire qu’elles ont été battues par un homme”. Jusque-là, tout va. Elle émeut toute l’assistance lorsque subitement elle décide de rompre le silence en confiant qu’elle a été, elle-même, victime de violences. “J’ai été, un soir, battue par un homme qui était mon mari. J’ai failli en mourir vraiment. Je n’ai jamais été battue de ma vie. Ce soir-là, j’ai failli vraiment mourir, j’ai vu ma vie m’échapper.
Cet homme-là s’appelle Abdallah Ould Hormatalla. Il est là et se promène en toute quiétude. Cet homme-là a déjà battu plusieurs femmes. Si je l’avais su, je ne l’aurai jamais revu encore moins l’épouser. D’autres femmes à qui il avait fait subir le même sort que moi se sont tues, elles ont leurs raisons que je respecte. Ce n’est pas à moi de donner leurs noms.
Mais, moi, je ne me tais pas. Je n’ai aucun complexe et je le dis haut et fort. Cet homme-là doit être mis au banc de la société. Des femmes sont mortes à cause de leurs maris. C’est très grave. C’est pour cette raison qu’il ne faudrait pas se taire.
Les hommes de bonne volonté doivent nous aider et les femmes doivent conjuguer leurs efforts pour s’en sortir. Et se taire, c’est quelque part être complice même si ce n’est pas facile d’en parler mais il faut avoir le courage“, a-t-elle ajouté. Pour faire entendre sa voix, Tahra Mint Hembara sera en tête du cortège avec la chanson qui dénonce ces violences lors de la marche des femmes mauritaniennes, le 8 mars 2012.
Babacar Baye Ndiaye.
Le ministre de l´intérieur Ould Boïlil qualifie les étudiants négro-mauritaniens détenus de « bande de criminels qui méritent d’être exécutés ».
ALAKHBAR (Nouakchott) – La FIDH, l’OMCT, l’AEDH, l’UIDH, AI, AFCF, SOS esclaves, ainsi que l’AMDH accueillent “avec soulagement” l’ajournement du procès et la libération, ce jour, de six étudiants et représentants syndicaux estudiantins mauritaniens. Les organisations demeurent préoccupées par leur situation alors que le 26 février 2012, le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, M. Mohamed Ould Boilil tenait devant le parlement un discours incendiaire dans lequel il a qualifié les étudiants poursuivis de « bande de criminels qui méritent d’être exécutés ». “Nos organisations demeurent toutefois vivement préoccupées par leur sort, puisque certains risquent encore la peine de mort, et exhortent les autorités mauritaniennes à abandonner des poursuites arbitraires et excessives à leur encontre et le cas échéant à leur garantir un procès juste et équitable” ont déclaré les organisations.
Les organisations dénoncent de tels propos qui font échos au caractère disproportionné des inculpations et des peines encourues, et demandent instamment aux autorités mauritaniennes d’abandonner toutes charges criminelles et manifestement abusives contre les étudiants et le cas échéant, leur garantir un procès juste et équitable conformément aux dispositions des instruments régionaux et internationaux des droits de l’Homme auxquels la Mauritanie est partie tel que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaines des droits de l’Homme et des Peuples.
Le 27 février 2012, six étudiants et représentants syndicaux estudiantins arrêtés à la suite des récentes manifestations estudiantines dans la capitale devaient passer en jugement devant la Cour criminelle de Nouakchott dans le cadre de la procédure accélérée de flagrant délit. MM. Souleymane Kebé, membre du bureau exécutif du Syndicat national des étudiants mauritaniens (SNEM), Boubacar Diallo, Aly Idrissa Sow, Moustapha Aly Thiam, Abdarrahmane Kamara,et Boubou Thiam ont finalement été relâchés et leur procès ajourné sine die.
« Nous avons évité un procès expéditif pour les six étudiants » a déclaré Me Fatimata Mbaye, présidente de l’AMDH et vice-présidente de la FIDH. « Mais l’épée de Damoclès reste toujours suspendue sur leur tête tant que les charges totalement abusives n’auront pas été abandonnées » a-t-elle ajoutée.
Les six étudiants demeurent en effet inculpés depuis le 23 février dernier par le parquet de Nouakchott pour « crimes visant à déstabiliser l’État par le massacre ou la dévastation » ainsi que « attroupements illégaux ». Ils encourent des peines allant de 10 ans de travaux forcés à la peine de mort. L’audience prévue initialement à partir de 1er mars, a ensuite été avancée le 27 février ce qui, selon les avocats des détenus, ne pouvait pas permettre de garantir la tenue d’un procès équitable et empêchait les observateurs étrangers d’assister au procès. L’audience qui s’est ouverte le 27 février au matin a finalement été reportée sine die et les étudiants incarcérés ont été relâchés. Les étudiants détenus n’avaient pas eu accès à leurs avocats et ont été torturés durant leur garde à vue. Par ailleurs, cinq étudiants sont toujours recherchés dans le cadre de la même procédure : MM. Bakary Bathily, secrétaire général du SNEM qui avait été gravement torturé le 24 septembre 2011, Mamadou Ly, Babou Mohamed Salem, Alpha Oumar Bal, et « Illa ».
Ces faits interviennent dans un contexte de restriction et de répression accrue en Mauritanie contre les défenseurs des droits de l’Homme et contre toute personne souhaitant manifester pacifiquement son opposition aux décisions des autorités. Ainsi depuis plusieurs mois, les manifestations et toute expression contestataire contre par exemple le caractère discriminatoire du recensement des populations, la persistance de la pratique de l’esclavage ou encore des mesures économiques sont systématiquement et durement réprimées.
Face à cette situation, les organisations demandent à la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples, toujours réunie en 11ème session extra-ordinaire à Banjul (Gambie) d’appeler les autorités mauritaniennes à cesser les atteintes aux libertés garanties par la Charte africaine notamment les actes de tortures, à garantir effectivement les libertés d’opinion et de manifestation et le cas échéant à demander à la Mauritanie la non-exécution des peines prononcées au regard du caractère manifestement disproportionné des accusations et des peines encourues par les étudiants.
L´enfer du commissariat du Ksar: tortures pour faire avouer aux détenus que le SNEM était manipulé par Touche pas à ma nationalité, les Flam et même l’Ambassade de France.
Lundi 27 février, dans le milieu étudiant, tout le monde retient son souffle. C’est jour de procès pour six des étudiants raflés le 11 février dernier. Le tour qu’a pris le procès ne laisse présager rien de bon. Après les avoir accusés de flagrant délit, le parquet a finalement décidé de juger Diallo Boubacar, Kebé Souleymane, Thiam Souleymane, Moustapha Alioune Thiam et Sow Aliou Idriss, tous affiliés au Syndicat national des Etudiants de Mauritanie (SNEM) pour crimes. Mais au fil des heures la confiance gagne petit à petit les esprits. Et pour cause. De sources sûres on affirme que le Régisseur a proposé une remise de liberté provisoire aux accusés. Leurs amis, dès cet instant affichent leur optimisme quant à la suite des événements. Ils n’auront pas tort. En effet à partir de 12 heures et demie, Souleymane Kebé, à l’instar de ses codétenus, est remis en liberté, après plusieurs jours de détention au commissariat de Ksar 1, puis à la prison de Dar Naïm. Ce frêle garçon, inscrit en 4e année à la faculté, comme ses co-accusés, vient de vivre plus de dix jours d’enfer.
Ces déboires ont commencé le 12 février. A cette date, Souleymane et un certain nombre de ses camarades rendaient visite à une amie interpellée et gardée à vue au commissariat de Dar Naïm 1, sous l’accusation qu’elle aurait participé à la mise à feu des bus qui avait eu lieu la veille. Arrivés sur les lieux, ils sont invités à pénétrer dans le commissariat pour saluer leur camarade. Kebé n’en sortira de sitôt : «Une fois à l’intérieur du commissariat, j’ai vu un individu que je voyais régulièrement à l’Université. Il m’a fixé des yeux, avant de détourner le regard comme pour faire signe aux policiers de me retenir. On m’a alors isolé dans une salle», témoigne Souleymane d’une voix assurée.
Le soir aux environs d’onze heures il est conduit au commissariat de Ksar 1. «Arrivé au Ksar j’étais déshabillé, enfermé dans une cellule qui ressemble à y voir de près à des toilettes mal entretenues. Il y avait des déchets partout», raconte l’intéressé. Un peu plus tard deux policiers viennent le chercher pour lui attacher les mains dans le dos de sorte que son sang ne circule même plus. Il restera ainsi jusqu’au matin.
Séances de tortures
«Aux environs de huit heures, on m’a conduit dans une salle de torture. Des tortionnaires étaient là devant moi, ils m’ont sonné de leur donner le nom ceux qui avaient brûlé les trois bus de transport incendiés le 11 février, ce que je ne pouvais pas faire puisque pas les coupables. Ils m’ont alors déshabillé, serré les mains dans le dos avec des menottes auxquelles il avait accroché une corde puis se sont mis à tirer sur la corde. Cela produisit une douleur si animale que mes doigts ne fonctionnement pas correctement aujourd’hui encore. Et là ils m’ont tabassé».
Ensuite Souleymane est conduit chez le commissaire qui faisait semblant d’être convaincu que Kebé connaissait les coupables. Et puisque qu’aucun nom n’a été avancé par Souleymane, il ordonne une nouvelle fois aux tortionnaires de s’occuper à nouveau de ce dernier.
Kebé était à nouveau menotté. Les yeux serrés avec un ruban, alors que les policiers lui administraient des coups de matraques dans la plante des pieds. Ayant l’impression qu’il va exploser l’étudiant fini par affirme qu’il va donner des noms. Mais une fois devant le commissaire, il ne dira rien puisqu’il ne connait pas les coupables recherchés par la police.
Au cours de son séjour long de dix jours, à Ksar 1, Souleymane sera torturé quatre voire cinq fois par jour. Le commissaire de Ksar 1 ainsi que son collègue de la sûreté régionale, cherchait en fait à lui faire dire que le SNEM était manipulé par Touche pas à ma nationalité, les Flam et même l’Ambassade de France. Selon Souleymane tous les étudiants affiliés au SNEM qui sont passés au commissariat de Ksar 1 ont subi des traitements inhumains. Leur incarcération – alors qu’ils n’étaient pas les seuls étudiants à se révolter contre les conditions d’études au sein de l’université – ne vise qu’à saper l’unité entre les étudiants qui sont en train de dépasser les considérations d’ordre communautaire pour agir comme un seul homme. Après cette expérience, que compte faire Souleymane va-t-il continuer le combat : «bien sûr que oui» rétorque l’intéressé. «Nous (les étudiants de l’université) allons continuer à lutter tous ensemble en faisant recours à des moyens légaux comme d’habitude», conclut-il.
Samba Camara -Taqadoumy
Expliquant sa défaite dans la banlieue, le ministre Aminata Lô parle d’ethnicisme
Pour expliquer sa défaite dans son fief, le ministre de l’Action sociale, Aminata Lô, n’a pas cherché de midi à quatorze heures. Elle a tout simplement fait savoir que « dans certaines localités, il y a eu des votes ethniques en faveur de Macky Sall “. A son avis, tout le monde a fait le constat que la communauté hal pulaar a fortement voté pour ce dernier. Si cela se confirme, il faut se dire que le Sénégal va régresser. « Les Wolofs vont voter pour leur parents, les sérères vont en faire de même et nous risquons d’assister à un problème ethnique », a souligné la responsable libérale dans la banlieue dakaroise. C’est ça, oui ! Continuez à chercher des explications toutes aussi cousues de fil blanc les unes que les autres pour expliquer la débâcle du Vieux… On prend note !
SENEWEB.




