Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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DÉCLARATION DE PRESSE DU COLLECTIF DES VEUVES ET ALLIANCE DES ORPHELINS DES VICTIMES CIVILES ET MILITAIRES DE MAURITANIE

30 novembre 2025  Nouakchott

Nous, veuves et Orphelins des Victimes Civiles et Militaires de Mauritanie, prenons aujourd’hui la parole avec la dignité, la douleur et la détermination de celles qui savent que la justice n’est pas une option mais un devoir. Trente-cinq ans après les pendaisons d’Inal, après l’assassinat de plus de 520 militaires noirs mauritaniens dans des camps de torture disséminés à travers le pays, après des décennies de mensonges, de déni et de lois scélérates, notre engagement demeure indéfectible, incorruptible et impossible à réduire au silence.

La nuit du 27 au 28 novembre 1990 n’a jamais pris fin pour nous. Elle se prolonge chaque jour tant que les corps de nos maris, de nos frères et de nos pères n’ont pas été retrouvés, tant qu’aucune vérité n’a été révélée, tant qu’aucune justice n’a été rendue, tant que ceux qui ont ordonné et exécuté ces crimes continuent d’être protégés par l’État et honorés dans ses institutions.

Face aux tentatives visant à maquiller un pseudo-règlement du passif humanitaire, à détourner notre lutte ou à nous instrumentaliser, nous affirmons avec force que nous ne reconnaîtrons jamais un processus dépourvu de vérité, de justice, de réparations et de garanties de non-répétition. Aucun voyage, aucune cérémonie, aucune mise en scène ne pourra se substituer à un règlement global conforme aux standards internationaux de la justice transitionnelle. Nous n’accepterons jamais que la mémoire de nos morts serve d’alibi à une normalisation politique fondée sur l’oubli. Notre engagement n’est pas négociable, et notre parole ne peut être achetée.

Dans ce contexte déjà lourd, nous dénonçons avec gravité les arrestations qui ont suivi la marche pacifique organisée pour réclamer justice. Treize personnes sont actuellement détenues dans sept commissariats différents, parmi lesquelles une jeune fille mineure née en 2009, deux orphelins, la vice-présidente du collectif des veuves et plusieurs blessés graves laissés sans soins. Dans certains commissariats, notamment à Sebkha 1, l’accès aux détenus est refusé, et des personnes comme Mariem Bocar Sy souffrent depuis des heures sans prise en charge. Nous rappelons que marcher pacifiquement, exiger justice et vérité, honorer la mémoire des victimes et demander la fin de l’impunité ne constitue en aucun cas un crime. Militer pour la justice ne le sera jamais. Nous exigeons leur libération immédiate et inconditionnelle.

Le refus de l’État mauritanien de régler le passif humanitaire ne constitue pas seulement une injustice nationale : c’est une violation manifeste de ses engagements internationaux. En continuant d’ignorer la vérité et de protéger les responsables des crimes, la Mauritanie viole le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la Convention contre la torture, qui imposent toutes l’obligation d’enquêter, de poursuivre, de garantir des recours effectifs et de protéger la dignité humaine. Or, depuis des décennies, nos droits les plus élémentaires droit à la vérité, droit à la justice, droit à la sépulture, droit au deuil nous sont refusés.

Il est d’autant plus tragique que l’Union africaine ait placé l’année 2025 sous le thème de « Justice et Réparation », pendant que la Mauritanie, qui présidait encore l’organisation en 2024, continue d’ignorer ses propres victimes et de nier son histoire. Ce contraste révèle une profonde contradiction entre les discours officiels et la réalité vécue par les citoyens noirs mauritaniens, en particulier par les familles des disparus et des exécutés.

Aujourd’hui, nous réaffirmons avec force que notre engagement n’est pas seulement un devoir envers nos morts, mais un acte de résistance contre l’effacement et le mensonge. Tant que les tombes n’auront pas été retrouvées, tant que la loi d’amnistie de 1993 restera en vigueur, tant que les sites de torture ne seront pas identifiés, tant que les criminels continueront de bénéficier de protections institutionnelles, tant que nos enfants seront arrêtés pour avoir réclamé justice, nous resterons debout, unies, déterminées. Nous n’avons pas peur. Nous ne céderons jamais. Et nous irons jusqu’au bout pour que vérité, justice et mémoire triomphent enfin dans ce pays qui est aussi le nôtre.

Liste des personnes détenues :

1. Moussa Thiam

2. Abdallah Ould Mohamed Mahmoud (blessé grave)

3. Moctar Keita

4. Moussa Soumaré (orphelin)

5. Kaaw Lô

6. Dieynaba Ndiom

7. Baalal Maimouna Sall (vice-présidente du collectif des veuves)

8. Jemila Ahmed

9. Hawa Diallo

10. Moctar Diaw

11. Mariem Bocar Sy (orpheline – malade, sans accès aux soins)

12. Moctar Gourmo Ndiaye dit Bayal

13. Boudalaye Diouma Sy

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 Commémoration du 28 novembre : Déclaration de presse des FPC

Le 28 Novembre ne pourra plus jamais être, pour tous, ce jour d’optimisme symbolisant la renaissance à la dignité et à la liberté du peuple mauritanien tout entier.

Depuis le 28 novembre 1990, ce qui aurait dû rester un grand jour- symbole de notre libération du colonialisme français s’est transformé en un Jour de douleur, de deuil, de grande tristesse pour toute la communauté négro-africaine, et en particulier pour toutes celles et tous ceux qui ont perdu des êtres chers.

En effet, le 28 novembre 1990, le pouvoir arabo-berbère, symbolisé par le régime du Colonel ould Taya, fait pendre, de sang froid par leurs frères d’arme, 28 soldats noirs mauritaniens, pour fêter le trentième anniversaire du pays !

Ils ont été pendus pour célébrer l’arabité exclusive de la Mauritanie, en solidarité avec l’Irak de Saddam Hussein, et parce qu’ils étaient noirs et non arabes. Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes…

Par devoir de mémoire et par exigence morale, nous Forces Progressistes du Changement ( FPC), demandons à toutes celles et à tous ceux qui aspirent à l’unité de notre pays – la Mauritanie- à ceux qui croient au respect des droits humains, d’avoir, en ce jour, une pensée pieuse de recueillement pour ces victimes du racisme, du chauvinisme et de la barbarie humaine. Les FPC apportent leur soutien à ceux qui restent encore attachés au devoir de justice et de vérité.

Nous Forces Progressistes du Changement ( FPC), exigeons du gouvernement mauritanien actuel qui tente par des artifices de solder ce dossier :

– La restitution des dépouilles des pendus du 28 novembre 1990 à leurs familles,

– L’ application du devoir de vérité, du devoir de justice, du devoir de mémoire, des réparations matérielles et morales pleines et entières; au bout du processus la nécessité du pardon.

La Paix des cœurs et des esprits, pour une véritable réconciliation nationale, passe nécessairement par là.

La lutte continue!

Nouakchott le 28 Novembre 2025

Le département de la Communication

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 Entretien avec M. Moussa Fall, Coordinateur national du dialogue : “Les résultats de la phase préparatoire du dialogue incitent à l’optimisme”

Le Calame — Vous venez de remettre au président de la République la feuille de route pour le dialogue politique. Diriez-vous, au terme de sept mois de rencontres et d’écoutes, que la mission est accomplie ?

Moussa Fall : Je pense avoir respecté les termes de référence qui m’avaient été donnés par son Excellence le Président de la République. Ces termes de référence m’avaient fixé comme mission de recueillir les propositions des acteurs politiques, d’en faire la synthèse et de proposer un cadre consensuel pour l’organisation d’un dialogue national « inclusif afin de repenser le modèle démocratique et de s’entendre sur un nouveau contrat social pour renforcer nos institutions et gérer notre avenir avec sérénité et dans l’intérêt supérieur de la Nation », pour reprendre les mots du programme de campagne du président de la République pour son second mandat.

J’ai voulu engager cette mission en donnant la parole aux parties prenantes, pour en recueillir les attentes et les propositions, sur la base d’un questionnaire précis. Les réponses qui me sont parvenues et les entretiens que j’ai eus ont été traités avec toute la neutralité et l’objectivité requises pour refléter les propositions des acteurs politiques, de la société civile et des différentes personnalités consultées.

A cet effet, j’ai mis en place une équipe technique compétente, qui m’a beaucoup aidé dans ce travail. Une première feuille de route provisoire a été préparée et partagée avec les parties prenantes, pour observations.

C’est après réception de celles-ci que nous avons finalisé notre rapport de fin de mission, qui établit le bilan du travail effectué, analyse les propositions faites par les acteurs et suggère les différentes étapes du processus envisagé. Nous n’avons, tout au long de cette période, enregistré aucune critique de fond, ni sur la méthodologie, ni sur le résultat du travail. Je ne voudrais pas verser dans l’autosatisfaction, mais je pense que les résultats de cette phase préparatoire incitent à l’optimisme quant à la réussite des prochaines étapes.

-Cette feuille de route est donc la synthèse de l’ensemble des propositions des acteurs politiques, des candidats à la dernière présidentielle, de personnalités indépendantes et d’organisations de la société civile. Quelles impressions vous ont laissé tous ces acteurs rencontrés ?

-Tout au long de ces derniers mois, j’ai eu le privilège de rencontrer près de 1500 personnes, individuellement ou collectivement ; des personnes que je ne connaissais souvent pas. Mon premier constat est la grande richesse du potentiel humain de notre pays : j’ai pu voir des jeunes qui s’intéressent à la chose publique et veulent s’y investir ; des femmes engagées pour des causes politiques et sociétales, et des formations politiques proposant des visions articulées.

Tous ont exprimé leur intérêt pour le dialogue et leur engagement à en assurer la réussite. Tous, comme je l’ai dit, convergent dans l’énoncé des thèmes proposés à l’agenda du dialogue. Les priorités qui se dégagent des réponses au questionnaire placent notamment l’unité nationale en tête des préoccupations pour 75% des interlocuteurs, la qualité de la gouvernance en seconde position, avec 69% et la réforme du système électoral en troisième position, avec 66.8%.

Ces chiffres reflètent un consensus sur l’importance de traiter ces défis, qui aidera sans doute à la réussite du dialogue. J’ai eu aussi l’occasion de constater l’absence de rejet de l’autre et d’inimitié que l’on se serait attendu à retrouver dans les rapports entre courants politiques antagoniques. Ces constats reflètent une évolution positive de notre culture politique, que j’espère durable.

-Au cours de la conférence de presse que vous avez tenue au lendemain de votre rencontre avec le président de la République, vous avez indiqué que les propositions des uns et des autres se recoupaient. Pensez-vous qu’il n’y aura pas, a priori, des difficultés pour que les acteurs s’entendent et accordent leurs violons ?

-Je tiens à le préciser, d’emblée, ce n’est pas parce que la perception des défis et les préoccupations sont relativement identiques que les acteurs pourront s’entendre facilement sur les solutions à retenir. Tous sont pour la consolidation de l’unité nationale, en faveur d’une meilleure gouvernance et du renforcement du système démocratique ; tous se disent engagés contre la corruption et pour une plus grande inclusion sociale. Mais, de là à s’entendre sur les voies et moyens pour y parvenir, il y a, bien évidemment, de nombreuses différences, qui ne pourront être comblées qu’à travers le dialogue.

On dit souvent que le diable est dans les détails. L’enjeu du dialogue est, précisément, de dépasser ces différences partisanes pour formuler des propositions de réformes acceptables pour tous, afin de renforcer la cohésion sociale et la stabilité de notre système politique.

Cela demande beaucoup de travail en amont. Trop souvent, en effet, nous avons pris l’habitude soit de critiquer tout, sans proposer des solutions alternatives, soit d’applaudir aveuglement, sans esprit critique. Le dialogue offre justement l’occasion de faire des propositions concrètes et de convaincre les autres parties prenantes de leur pertinence.

-Quels sont les points saillants contenus dans la feuille de route que vous avez réussi à concocter ?

-La feuille de route suggérée se décline en cinq parties, correspondant aux réponses aux questions soumises aux parties prenantes : (I) Les attendus du dialogue : à savoir le renforcement de l’unité nationale ; l’amélioration de la gouvernance et le renforcement du système démocratique ; (II) Les thèmes à débattre : L’unité nationale ; la bonne gouvernance ; le système démocratique et l’inclusion sociale. (III) Les participants au dialogue : Les partis politiques ; les anciens candidats aux présidentielles, les organisations de la société civile, les syndicats, les personnalités indépendantes et la diaspora ; (IV) La méthodologie à mettre en œuvre pour l’organisation du dialogue ; et (V) la nature, les prérogatives et le mode de fonctionnement du mécanisme à mettre en place pour le suivi de la mise en œuvre des conclusions du dialogue.

-Quel sentiment avez-vous eu au sortir de l’audience avec le président de la République ? Vous a-t-il évoqué les prochaines étapes ?

-J’ai retenu, au terme de l’audience, l’intérêt qu’accorde Son Excellence le Président de la République au dialogue et à la réconciliation des Mauritaniens, qui constituent l’un des axes majeurs de sa politique. Son intention est d’organiser le processus dans les conditions optimales pour lui donner toutes les chances de réussite, afin de s’entendre sur les réformes dont le pays a besoin. A cet effet, la consigne donnée par le président est de veiller à l’inclusion de toutes les parties prenantes.

-Certains acteurs politiques et simples citoyens craignent que les résolutions adoptées connaissent le même sort que celles des dialogues précédents. Qu’en pensez-vous, vous qui les avez vécus ?

-Je crains que ceux dont vous parlez n’aient pas bien écouté ou compris l’approche envisagée. Le président de la République s’est d’abord engagé à mettre en œuvre les conclusions du dialogue. De même, la feuille de route prévoit un mécanisme consensuel de suivi des recommandations issues des débats. Pourquoi, dans ces conditions, toujours rester dans le scepticisme ? Pourquoi ne pas donner une chance au processus ainsi engagé? Certaines expériences malheureuses pourraient effectivement inciter à la prudence, mais une attitude positive et optimiste aiderait grandement à dépasser ou à relativiser les divergences et les querelles stériles.

-Lors de votre première conférence de presse, vous aviez déclaré que le dialogue que le président vous a chargé de préparer se veut inclusif et sans aucun sujet tabou. Avez-vous réussi le pari ?

-Je ne peux pas prétendre avoir réussi, à ce stade, à impliquer tous les acteurs dans le processus. Certains restent encore en dehors de cette dynamique. J’ai investi beaucoup d’efforts pour les convaincre et les poursuivrai, en espérant des évolutions positives avant l’ouverture officielle du dialogue.

-Vous avez déploré le refus du député Biram Dah Abeid, président du parti RAG et le parti Alliance pour la justice et la démocratie, Mouvement pour la Rénovation (AJD/ MR), de participer au processus de dialogue. Quelles sont les raisons que leurs dirigeants vous ont données? Pensez-vous qu’ils pourraient prendre le train en marche ?

-Avec Biram Dah Abeid, les relations sont fréquentes, et je m’en félicite. Il pose des conditions préalables à sa participation au dialogue. Toutefois, ces conditions se situent en dehors de mon champ d’action. J’ai tenté de créer des conditions favorables à une normalisation des relations entre l’un des principaux leaders de l’opposition et le pouvoir en place. Ces efforts n’ont pas, pour le moment, pu aboutir, mais j’entends les poursuivre dans la période à venir. Pour l’AJD/MR, les discussions vont continuer. J’ai formulé le vœu de rencontrer les partisans du boycott pour discuter avec eux et leur donner des précisions supplémentaires, qui les aideraient à prendre leur décision. Je réitère ici cet appel, en espérant qu’il sera entendu.

-Certains Mauritaniens pensent que le règlement de certains problèmes du pays (injustices, mauvaise gouvernance, gabegie…) ne se fera pas par le dialogue, mais avec la volonté politique du pouvoir. Partagez-vous cet avis ?

-Il faut les deux. Le dialogue permettra de dresser un diagnostic partagé et de définir les mesures à même de traiter les défis constatés. La volonté politique ne se substitue pas au consensus, mais permettrait de le traduire en actes politiques. Le consensus autour des recommandations et des réformes proposées leur confèrera la crédibilité nécessaire à leur mise en œuvre.

– L’absence des partis politiques non représentés au Parlement et au sein de l’institution de l’opposition démocratique à l’audience accordée par le président de la République aux partis reconnus ne sonne-t-elle pas comme un refus de voir ces partis participer au dialogue ?

-Pas à mon avis. L’Institution de l’Opposition Démocratique se réunit tous les trimestres avec les plus hautes autorités de l’Etat pour concertation et échanges d’informations. Les autres formations de l’opposition ne sont pas, il est vrai, associées à ces rencontres. Cependant, elles se sont accordées, récemment, pour présenter leurs propositions au sujet du dialogue. En outre, elles ont exprimé le souhait de rencontrer le président de la République. J’attends de connaitre la composition de leur délégation et l’agenda proposé pour solliciter une telle audience.

Propos recueillis par Dalay Lam

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Justice posthume ou impunité éternelle ?

Justice posthume ou impunité éternelle ?

Il est de bon ton, chez certains juristes de confort, d’affirmer que l’abrogation d’une loi d’amnistie ne sert plus à rien… puisque les criminels sont morts.

Cette théorie repose sur une logique glaçante : la tombe comme solution juridique, le temps comme mécanisme de blanchiment, l’oubli comme politique d’État.

Mais l’histoire, elle, nous enseigne tout le contraire.

En Allemagne, des anciens nazis de 95 ans ont été poursuivis pour complicité de crimes contre l’humanité. Pas pour se venger. Mais pour marquer, au nom de la société, que l’impunité ne doit jamais être éternelle.

En Argentine, même après la mort des généraux de la dictature, l’État a rouvert les dossiers, reconnu les crimes, nommé les victimes et jugé les survivants du système.

En Afrique du Sud, après l’apartheid, une commission vérité a mis au jour les crimes de l’État, non pour punir systématiquement, mais pour dire : ceci est arrivé, voici qui l’a fait, voilà qui en a souffert. L’amnistie y fut conditionnée à la vérité. Pas au silence.

Et au Rwanda, des milliers de personnes ont été jugées des années après le génocide. Même quand les principaux responsables étaient morts, le système de justice communautaire (gacaca) a permis à la vérité d’émerger, aux responsabilités d’être établies, aux mémoires d’être respectées.

En réalité, la justice n’a jamais été une affaire de biologie. Ce n’est pas parce que les bourreaux disparaissent que les crimes cessent d’exister. Ce n’est pas parce qu’on indemnise une victime qu’on annule le crime.

Et ce n’est pas parce qu’un État a peur d’affronter son passé qu’il doit construire son avenir sur le déni.

Abroger une loi d’amnistie, même tardivement, est un acte symbolique puissant. Cela signifie : nous ne validons pas l’oubli, nous ne normalisons pas l’impunité, nous ne blanchissons pas l’histoire.

Car tant que cette loi existe, elle protège encore les vivants, les complices, les ordonnateurs, les idéologues.

Et elle envoie un message funeste : le crime d’État peut être négocié, soldé, effacé.

Or, il n’y a pas de paix durable sans mémoire. Il n’y a pas de réconciliation sans justice. Et il n’y a pas de dignité nationale sans vérité….. Wetov

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Al Akhbar (Nouakchott) – La Chambre criminelle de la Cour provinciale de Nouakchott-Ouest a condamné 25 officiers de l’armée à quatre ans de prison et les a rétrogradés au grade de second soldat pour désertion.

La Chambre criminelle de la Cour provinciale de Nouakchott-Ouest a condamné 25 officiers de l’armée à quatre ans de prison et les a rétrogradés au grade de second soldat pour désertion.

Le tribunal a également émis des mandats d’arrêt à leur encontre et a mis à leur charge les frais et honoraires d’avocat.

Les officiers ont été reconnus coupables du délit de désertion par la chambre, qui comprenait deux conseillers militaires, l’un étant colonel et l’autre major.

La liste des condamnés comprend 11 capitaines, 13 premiers lieutenants et un lieutenant :

Avec le grade de capitaine :

1. Mohammed Boon Abdullah Al-Ateeq 

2. Ahmed Mohammed Sintes

3. Altrad Mustafa Alsalek Kamra 

4. Mohammed Al Hafiz Mohammed Boon

5. Yaslak Ibrahim Hamdino

6. Sheikh Maalainainin Ismail Shiba

7. Mohamed Aldein Kahms

8. Bakr Omar Fall 

9. Mohamed Saleh Sidi Mahmoud

10. Sayed Ahmed Ahmed Eida 

11. Sheikh Ibrahim Eidah 

avec le grade de lieutenant :

12. Amina Mohammed Sheikh Abdulrahman 

13. Alhaj Abdul Rahman bin Ahmeda

14. Sayed Mohammed Mohammed Alhanshi 

15. Al Shaikh Hamoud Meh

16. Ahmed Mohammed Al Bukhari 

17. Al Sass Al Marwani Al Bashir 

18. Al Sheikh Mohammed Al Mustafa 

19. Mohammed Salimo Al Abad Al Zain Al Qasim 

20. Mohamed Ahmed Gido Khina

21. Cheikh Mohamed Lugzaf Mohamed Alsalek 

22. Abdullah Mohammed Mahmoud Al-Mein 

23. Aal Sheikh Abdullah Sayed Amin

24. Mohamed Abdullah Ahmed Salem Marrakchi 

avec le grade de lieutenant :

25. Alhassan Atqana

Le jugement à leur encontre a fait l’objet d’un appel et est maintenant devant la Cour d’appel en attente d’une décision.

#Al Akhbar

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