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Entretien avec M. Moussa Fall, Coordinateur national du dialogue : “Les résultats de la phase préparatoire du dialogue incitent à l’optimisme”
Le Calame — Vous venez de remettre au président de la République la feuille de route pour le dialogue politique. Diriez-vous, au terme de sept mois de rencontres et d’écoutes, que la mission est accomplie ?
Moussa Fall : Je pense avoir respecté les termes de référence qui m’avaient été donnés par son Excellence le Président de la République. Ces termes de référence m’avaient fixé comme mission de recueillir les propositions des acteurs politiques, d’en faire la synthèse et de proposer un cadre consensuel pour l’organisation d’un dialogue national « inclusif afin de repenser le modèle démocratique et de s’entendre sur un nouveau contrat social pour renforcer nos institutions et gérer notre avenir avec sérénité et dans l’intérêt supérieur de la Nation », pour reprendre les mots du programme de campagne du président de la République pour son second mandat.
J’ai voulu engager cette mission en donnant la parole aux parties prenantes, pour en recueillir les attentes et les propositions, sur la base d’un questionnaire précis. Les réponses qui me sont parvenues et les entretiens que j’ai eus ont été traités avec toute la neutralité et l’objectivité requises pour refléter les propositions des acteurs politiques, de la société civile et des différentes personnalités consultées.
A cet effet, j’ai mis en place une équipe technique compétente, qui m’a beaucoup aidé dans ce travail. Une première feuille de route provisoire a été préparée et partagée avec les parties prenantes, pour observations.
C’est après réception de celles-ci que nous avons finalisé notre rapport de fin de mission, qui établit le bilan du travail effectué, analyse les propositions faites par les acteurs et suggère les différentes étapes du processus envisagé. Nous n’avons, tout au long de cette période, enregistré aucune critique de fond, ni sur la méthodologie, ni sur le résultat du travail. Je ne voudrais pas verser dans l’autosatisfaction, mais je pense que les résultats de cette phase préparatoire incitent à l’optimisme quant à la réussite des prochaines étapes.
-Cette feuille de route est donc la synthèse de l’ensemble des propositions des acteurs politiques, des candidats à la dernière présidentielle, de personnalités indépendantes et d’organisations de la société civile. Quelles impressions vous ont laissé tous ces acteurs rencontrés ?
-Tout au long de ces derniers mois, j’ai eu le privilège de rencontrer près de 1500 personnes, individuellement ou collectivement ; des personnes que je ne connaissais souvent pas. Mon premier constat est la grande richesse du potentiel humain de notre pays : j’ai pu voir des jeunes qui s’intéressent à la chose publique et veulent s’y investir ; des femmes engagées pour des causes politiques et sociétales, et des formations politiques proposant des visions articulées.
Tous ont exprimé leur intérêt pour le dialogue et leur engagement à en assurer la réussite. Tous, comme je l’ai dit, convergent dans l’énoncé des thèmes proposés à l’agenda du dialogue. Les priorités qui se dégagent des réponses au questionnaire placent notamment l’unité nationale en tête des préoccupations pour 75% des interlocuteurs, la qualité de la gouvernance en seconde position, avec 69% et la réforme du système électoral en troisième position, avec 66.8%.
Ces chiffres reflètent un consensus sur l’importance de traiter ces défis, qui aidera sans doute à la réussite du dialogue. J’ai eu aussi l’occasion de constater l’absence de rejet de l’autre et d’inimitié que l’on se serait attendu à retrouver dans les rapports entre courants politiques antagoniques. Ces constats reflètent une évolution positive de notre culture politique, que j’espère durable.
-Au cours de la conférence de presse que vous avez tenue au lendemain de votre rencontre avec le président de la République, vous avez indiqué que les propositions des uns et des autres se recoupaient. Pensez-vous qu’il n’y aura pas, a priori, des difficultés pour que les acteurs s’entendent et accordent leurs violons ?
-Je tiens à le préciser, d’emblée, ce n’est pas parce que la perception des défis et les préoccupations sont relativement identiques que les acteurs pourront s’entendre facilement sur les solutions à retenir. Tous sont pour la consolidation de l’unité nationale, en faveur d’une meilleure gouvernance et du renforcement du système démocratique ; tous se disent engagés contre la corruption et pour une plus grande inclusion sociale. Mais, de là à s’entendre sur les voies et moyens pour y parvenir, il y a, bien évidemment, de nombreuses différences, qui ne pourront être comblées qu’à travers le dialogue.
On dit souvent que le diable est dans les détails. L’enjeu du dialogue est, précisément, de dépasser ces différences partisanes pour formuler des propositions de réformes acceptables pour tous, afin de renforcer la cohésion sociale et la stabilité de notre système politique.
Cela demande beaucoup de travail en amont. Trop souvent, en effet, nous avons pris l’habitude soit de critiquer tout, sans proposer des solutions alternatives, soit d’applaudir aveuglement, sans esprit critique. Le dialogue offre justement l’occasion de faire des propositions concrètes et de convaincre les autres parties prenantes de leur pertinence.
-Quels sont les points saillants contenus dans la feuille de route que vous avez réussi à concocter ?
-La feuille de route suggérée se décline en cinq parties, correspondant aux réponses aux questions soumises aux parties prenantes : (I) Les attendus du dialogue : à savoir le renforcement de l’unité nationale ; l’amélioration de la gouvernance et le renforcement du système démocratique ; (II) Les thèmes à débattre : L’unité nationale ; la bonne gouvernance ; le système démocratique et l’inclusion sociale. (III) Les participants au dialogue : Les partis politiques ; les anciens candidats aux présidentielles, les organisations de la société civile, les syndicats, les personnalités indépendantes et la diaspora ; (IV) La méthodologie à mettre en œuvre pour l’organisation du dialogue ; et (V) la nature, les prérogatives et le mode de fonctionnement du mécanisme à mettre en place pour le suivi de la mise en œuvre des conclusions du dialogue.
-Quel sentiment avez-vous eu au sortir de l’audience avec le président de la République ? Vous a-t-il évoqué les prochaines étapes ?
-J’ai retenu, au terme de l’audience, l’intérêt qu’accorde Son Excellence le Président de la République au dialogue et à la réconciliation des Mauritaniens, qui constituent l’un des axes majeurs de sa politique. Son intention est d’organiser le processus dans les conditions optimales pour lui donner toutes les chances de réussite, afin de s’entendre sur les réformes dont le pays a besoin. A cet effet, la consigne donnée par le président est de veiller à l’inclusion de toutes les parties prenantes.
-Certains acteurs politiques et simples citoyens craignent que les résolutions adoptées connaissent le même sort que celles des dialogues précédents. Qu’en pensez-vous, vous qui les avez vécus ?
-Je crains que ceux dont vous parlez n’aient pas bien écouté ou compris l’approche envisagée. Le président de la République s’est d’abord engagé à mettre en œuvre les conclusions du dialogue. De même, la feuille de route prévoit un mécanisme consensuel de suivi des recommandations issues des débats. Pourquoi, dans ces conditions, toujours rester dans le scepticisme ? Pourquoi ne pas donner une chance au processus ainsi engagé? Certaines expériences malheureuses pourraient effectivement inciter à la prudence, mais une attitude positive et optimiste aiderait grandement à dépasser ou à relativiser les divergences et les querelles stériles.
-Lors de votre première conférence de presse, vous aviez déclaré que le dialogue que le président vous a chargé de préparer se veut inclusif et sans aucun sujet tabou. Avez-vous réussi le pari ?
-Je ne peux pas prétendre avoir réussi, à ce stade, à impliquer tous les acteurs dans le processus. Certains restent encore en dehors de cette dynamique. J’ai investi beaucoup d’efforts pour les convaincre et les poursuivrai, en espérant des évolutions positives avant l’ouverture officielle du dialogue.
-Vous avez déploré le refus du député Biram Dah Abeid, président du parti RAG et le parti Alliance pour la justice et la démocratie, Mouvement pour la Rénovation (AJD/ MR), de participer au processus de dialogue. Quelles sont les raisons que leurs dirigeants vous ont données? Pensez-vous qu’ils pourraient prendre le train en marche ?
-Avec Biram Dah Abeid, les relations sont fréquentes, et je m’en félicite. Il pose des conditions préalables à sa participation au dialogue. Toutefois, ces conditions se situent en dehors de mon champ d’action. J’ai tenté de créer des conditions favorables à une normalisation des relations entre l’un des principaux leaders de l’opposition et le pouvoir en place. Ces efforts n’ont pas, pour le moment, pu aboutir, mais j’entends les poursuivre dans la période à venir. Pour l’AJD/MR, les discussions vont continuer. J’ai formulé le vœu de rencontrer les partisans du boycott pour discuter avec eux et leur donner des précisions supplémentaires, qui les aideraient à prendre leur décision. Je réitère ici cet appel, en espérant qu’il sera entendu.
-Certains Mauritaniens pensent que le règlement de certains problèmes du pays (injustices, mauvaise gouvernance, gabegie…) ne se fera pas par le dialogue, mais avec la volonté politique du pouvoir. Partagez-vous cet avis ?
-Il faut les deux. Le dialogue permettra de dresser un diagnostic partagé et de définir les mesures à même de traiter les défis constatés. La volonté politique ne se substitue pas au consensus, mais permettrait de le traduire en actes politiques. Le consensus autour des recommandations et des réformes proposées leur confèrera la crédibilité nécessaire à leur mise en œuvre.
– L’absence des partis politiques non représentés au Parlement et au sein de l’institution de l’opposition démocratique à l’audience accordée par le président de la République aux partis reconnus ne sonne-t-elle pas comme un refus de voir ces partis participer au dialogue ?
-Pas à mon avis. L’Institution de l’Opposition Démocratique se réunit tous les trimestres avec les plus hautes autorités de l’Etat pour concertation et échanges d’informations. Les autres formations de l’opposition ne sont pas, il est vrai, associées à ces rencontres. Cependant, elles se sont accordées, récemment, pour présenter leurs propositions au sujet du dialogue. En outre, elles ont exprimé le souhait de rencontrer le président de la République. J’attends de connaitre la composition de leur délégation et l’agenda proposé pour solliciter une telle audience.
Propos recueillis par Dalay Lam
Justice posthume ou impunité éternelle ?
Justice posthume ou impunité éternelle ?
Il est de bon ton, chez certains juristes de confort, d’affirmer que l’abrogation d’une loi d’amnistie ne sert plus à rien… puisque les criminels sont morts.
Cette théorie repose sur une logique glaçante : la tombe comme solution juridique, le temps comme mécanisme de blanchiment, l’oubli comme politique d’État.
Mais l’histoire, elle, nous enseigne tout le contraire.
En Allemagne, des anciens nazis de 95 ans ont été poursuivis pour complicité de crimes contre l’humanité. Pas pour se venger. Mais pour marquer, au nom de la société, que l’impunité ne doit jamais être éternelle.
En Argentine, même après la mort des généraux de la dictature, l’État a rouvert les dossiers, reconnu les crimes, nommé les victimes et jugé les survivants du système.
En Afrique du Sud, après l’apartheid, une commission vérité a mis au jour les crimes de l’État, non pour punir systématiquement, mais pour dire : ceci est arrivé, voici qui l’a fait, voilà qui en a souffert. L’amnistie y fut conditionnée à la vérité. Pas au silence.
Et au Rwanda, des milliers de personnes ont été jugées des années après le génocide. Même quand les principaux responsables étaient morts, le système de justice communautaire (gacaca) a permis à la vérité d’émerger, aux responsabilités d’être établies, aux mémoires d’être respectées.
En réalité, la justice n’a jamais été une affaire de biologie. Ce n’est pas parce que les bourreaux disparaissent que les crimes cessent d’exister. Ce n’est pas parce qu’on indemnise une victime qu’on annule le crime.
Et ce n’est pas parce qu’un État a peur d’affronter son passé qu’il doit construire son avenir sur le déni.
Abroger une loi d’amnistie, même tardivement, est un acte symbolique puissant. Cela signifie : nous ne validons pas l’oubli, nous ne normalisons pas l’impunité, nous ne blanchissons pas l’histoire.
Car tant que cette loi existe, elle protège encore les vivants, les complices, les ordonnateurs, les idéologues.
Et elle envoie un message funeste : le crime d’État peut être négocié, soldé, effacé.
Or, il n’y a pas de paix durable sans mémoire. Il n’y a pas de réconciliation sans justice. Et il n’y a pas de dignité nationale sans vérité….. Wetov
Al Akhbar (Nouakchott) – La Chambre criminelle de la Cour provinciale de Nouakchott-Ouest a condamné 25 officiers de l’armée à quatre ans de prison et les a rétrogradés au grade de second soldat pour désertion.
La Chambre criminelle de la Cour provinciale de Nouakchott-Ouest a condamné 25 officiers de l’armée à quatre ans de prison et les a rétrogradés au grade de second soldat pour désertion.
Le tribunal a également émis des mandats d’arrêt à leur encontre et a mis à leur charge les frais et honoraires d’avocat.
Les officiers ont été reconnus coupables du délit de désertion par la chambre, qui comprenait deux conseillers militaires, l’un étant colonel et l’autre major.
La liste des condamnés comprend 11 capitaines, 13 premiers lieutenants et un lieutenant :
Avec le grade de capitaine :
1. Mohammed Boon Abdullah Al-Ateeq
2. Ahmed Mohammed Sintes
3. Altrad Mustafa Alsalek Kamra
4. Mohammed Al Hafiz Mohammed Boon
5. Yaslak Ibrahim Hamdino
6. Sheikh Maalainainin Ismail Shiba
7. Mohamed Aldein Kahms
8. Bakr Omar Fall
9. Mohamed Saleh Sidi Mahmoud
10. Sayed Ahmed Ahmed Eida
11. Sheikh Ibrahim Eidah
avec le grade de lieutenant :
12. Amina Mohammed Sheikh Abdulrahman
13. Alhaj Abdul Rahman bin Ahmeda
14. Sayed Mohammed Mohammed Alhanshi
15. Al Shaikh Hamoud Meh
16. Ahmed Mohammed Al Bukhari
17. Al Sass Al Marwani Al Bashir
18. Al Sheikh Mohammed Al Mustafa
19. Mohammed Salimo Al Abad Al Zain Al Qasim
20. Mohamed Ahmed Gido Khina
21. Cheikh Mohamed Lugzaf Mohamed Alsalek
22. Abdullah Mohammed Mahmoud Al-Mein
23. Aal Sheikh Abdullah Sayed Amin
24. Mohamed Abdullah Ahmed Salem Marrakchi
avec le grade de lieutenant :
25. Alhassan Atqana
Le jugement à leur encontre a fait l’objet d’un appel et est maintenant devant la Cour d’appel en attente d’une décision.
#Al Akhbar
Samba Thiam reçoit les jeunes de l’IRA et du parti RAG au siège des FPC : Un vibrant hommage à l’unité et à la lutte
Ce mercredi 8 janvier 2025, Samba Thiam, président des Forces Progressistes pour le Changement (FPC), a accueilli au siège de son parti une délégation de jeunes militants de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) et du parti RAG. Cette rencontre, à l’initiative des jeunes, visait à exprimer leur reconnaissance à cet homme de conviction et à réaffirmer leur attachement à l’unité des forces progressistes en Mauritanie.
Les jeunes, dans un vibrant hommage, ont salué l’engagement indéfectible de Samba Thiam pour la justice et l’égalité. Ils n’ont pas hésité à désavouer publiquement les manœuvres du ministre de l’Intérieur, qu’ils accusent d’avoir tenté de diviser Samba Thiam et Biram Dah Abeid, deux figures emblématiques de la lutte pour les droits humains et la fin des discriminations en Mauritanie.
Dans une déclaration empreinte de sagesse et de fermeté, Samba Thiam s’est dit honoré par cette visite spontanée et a salué le courage des jeunes qui, « à visage découvert », ont dénoncé les dérives du ministre. Il les a encouragés à s’approprier pleinement la lutte, à porter haut le flambeau des revendications populaires et à transmettre le message avec détermination.
« L’enjeu fondamental réside dans le maintien de la coalition des forces progressistes. C’est cette union qui permettra enfin un changement réel en Mauritanie, pour le plus grand bonheur du peuple », a-t-il affirmé avec conviction.
La rencontre a également été l’occasion pour Samba Thiam d’appeler la jeunesse à persévérer dans l’effort collectif, à dépasser les divisions et à garder le cap sur les objectifs communs. Selon lui, cette solidarité est la clé pour transformer les espoirs en actions concrètes et les rêves en réalités.
Cet échange au siège des FPC illustre une nouvelle fois la détermination des jeunes militants à jouer un rôle actif dans la construction d’une Mauritanie plus juste et égalitaire. Il témoigne également de la force des liens qui unissent les figures de la lutte et les générations montantes, dans une quête inlassable de justice et de dignité.
BTVRIM
استقبال سامبا تِيام لشباب حركة إيرا وحزب راغ بمقر حزب القوى التقدمية للتغيير: إشادة حارة بالوحدة والنضال
في يوم الأربعاء 8 يناير 2025، استقبل سامبا تِيام، رئيس حزب القوى التقدمية للتغيير (FPC)، بمقر حزبه وفداً من الشباب المناضلين في مبادرة إحياء الحركة الانعتاقية (إيرا) وحزب راغ. جاءت هذه المبادرة من الشباب للتعبير عن تقديرهم لهذا الرجل الملتزم بالقضايا العادلة، ولتأكيد تمسكهم بوحدة القوى التقدمية في موريتانيا.
وقد أشاد الشباب، خلال هذا اللقاء الحار، بالتزام سامبا تِيام الراسخ بالعدالة والمساواة. كما لم يترددوا في رفض المناورات التي قام بها وزير الداخلية، متهمين إياه بمحاولة زرع الفتنة بين سامبا تِيام وبيرام الداه اعبيد، وهما رمزان بارزان في النضال من أجل حقوق الإنسان وإنهاء التمييز في موريتانيا.
وفي تصريح اتسم بالحكمة والحزم، أعرب سامبا تِيام عن شرفه بهذه الزيارة العفوية، مثنياً على شجاعة الشباب الذين “بوجوه مكشوفة” أدانوا تجاوزات الوزير. كما دعاهم إلى تبني النضال بكل مسؤولية، ورفع راية المطالب الشعبية، ونقل الرسالة بعزم وإصرار.
وقال سامبا تِيام: “إن التحدي الأساسي يكمن في الحفاظ على التحالف بين القوى التقدمية. فهذا التحالف هو السبيل لتحقيق تغيير حقيقي في موريتانيا، من أجل سعادة الشعب ورفاهيته”.
كما استغل هذا اللقاء لدعوة الشباب إلى المثابرة في العمل الجماعي، وتجاوز الانقسامات، والتركيز على الأهداف المشتركة. وأكد أن هذه الوحدة هي المفتاح لتحويل الآمال إلى أفعال ملموسة، والأحلام إلى واقع حقيقي.
هذا اللقاء، الذي احتضنه مقر حزب القوى التقدمية للتغيير، يجسد مرة أخرى إصرار الشباب المناضلين على لعب دور فاعل في بناء موريتانيا أكثر عدلاً ومساواة. كما يُظهر قوة الروابط التي تجمع بين رموز النضال والجيل الصاعد في سعيهم الدؤوب نحو العدالة والكرامة.
بي تي في ريم (BTVRIM)



M. Samba Thiam, président des FPC : “Un dialogue, même avec des partenaires rompus au louvoiement, est toujours à prendre”
Le Calame – La rentrée scolaire est marquée par des manifs de protestations de parents d’élèves et de promoteurs des écoles privées contre l’application de la loi d’orientation votée en 2022 qui supprime le français en 1ère, 2ème et 3ème année du Fondamental public et privé, tout en consacrant la primauté de l’arabe sur les autres langues nationales que sont le pulaar, le soninké et le wolof. Comprenez-vous cette réaction que vous avez qualifiée de tardive dans une interview sur un media privé ?
Samba Thiam : Ayant appartenu moi-même à la famille enseignante et au corps de contrôle du milieu scolaire, je ne comprends que très bien ces réactions, légitimes, de parents d’élèves et de collègues, affligés par ce qui arrive à leurs enfants à cause de l’incompétence et de l’idéologie chauvine qui nous gouvernent. Mais, bon : même tardive, une réaction vaut mieux que rester bras croisés. Mieux vaut tard que jamais dit-on…pourvu que cette levée de boucliers ne s’éteigne pas à son tour comme un feu de paille.
Cette loi d’orientation que nous avions vigoureusement dénoncée très tôt en son temps est nocive à tous égards. Elle consacre, à la fois, un enseignement de classes entre riches et pauvres et l’inégalité structurelle face à l’acquisition du savoir entre enfants de composantes nationales différentes.
Ceux-là bénéficieront des privilèges de la fortune, ceux-ci resteront parqués dans une école publique délaissée, pléthorique, « insécure » où les uns seront enracinés dans leur culture, les autres se verront déniés ce même droit naturel… Bref, cette réforme est tout, sauf patriotique !
Si l’action des manifestants que je salue au passage bénéficie de toute ma solidarité, j’aurais toutefois souhaité qu’on ne prenne pasl’accessoire pour l’essentiel. Non pas ce dédain, en filigrane, de l’école publique, délibérément délaissée au profit du privé, mais plutôt l’exigence de son redressement, pour une éducation de qualité pour tous. Garder le Privé certes, mais sous contrôle rigoureux, tant que le Public sera incapable d’absorber les cohortes d’enfants en âge d’être scolarisés.
L’idée du nivellement à la base des différences sociales au Primaire n’est pas mauvaise en soi : elle répond à un des principes fondamentaux de l’école de la République héritée de la révolution, pour gommer, à défaut atténuer, les différences de statut social entre enfants issus de milieux différents. Nous en sommes tous le produit. Seulement cela requiert des conditions minimales de planification et non pas cet esprit d’improvisation permanente qui nous gouverne.
Notre École est malade par la faute des idéologies importées, du complexe identitaire et de la passivité des victimes. En vérité, le problème n’est pas tant le Système que les victimes elles-mêmes.
Sinon, comment comprendre cette situation de sauve-qui-peut qui amène bon nombre de parents d’élèves à opter pour « l’alternative » d’inscrire leur progéniture au Sénégal ou à retirer, purement et simplement, des marmots de 11 /12 ans de l’école pour en faire des apprentis mécaniciens, chauffeurs, plombiers, soudeurs, etc. ? Nous y sommes ! Avec ce système ultra-chauvin,nous atteignons le but ultime de l’apartheid que décrivait Mandela : « utiliser la force numérique et la force de travail des Noirs pour les transformer en instruments, sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissée de sortir de cette situation ». En plus de cette volonté tenace d’assimilation des négro-africains propre àla Mauritanie…
Du reste il n’y a pas mieux que maître Taleb Khiyar pour décrire, dans son style tranché, les maux réels de notre système éducatif. « Chez nous », dit-il, « la culture est pensée ou perçue par nos leaders historiques comme un instrument de conquête et de confiscation du pouvoir ». Elle fut, en effet et de l’aveu même de feu Bedreddine, l’instrument principal utilisé – à travers la langue– pour changer le rapport de forces post-indépendance – autre obsession… – avec et après Moctar.
Maître Taleb Khiyar – encore lui – de poursuivre avec plus de clarification : « La crise identitaire en Mauritanie existe en raison de plusieurs facteurs dont le plus important est l’école républicaine […] où un enseignement suprématiste faisant l’apologie de la supériorité d’une culture, d’une race, d’une langue sur les autres est dispensé ». Qui dit mieux ?
– La loi d’orientation en question préconise une phase-test de l’enseignement des langues pulaar, soninké et wolof alors que vous et d’autres organisations comme OLAN réclamez d’abord l’officialisation de ces langues avant leur introduction dans le système éducatif. À votre avis, pourquoi le système en place refuse d’accéder à cette requête ?
– Écoutez, cette loi d’orientation, cette expérimentation en cours, tout cela n’est qu’une vaste supercherie, une forfaiture. Sinon pourquoi recourir à une nouvelle expérimentation alors que les résultats de l’expérience passée de l’ILN sont là et concluants, de l’avis de tous ? Le personnel vit toujours, la documentation existe mais l’on a préféré faire table rase de tout cela… Pourquoi ?Ensuite, quand on mène une expérience-test, le statu quo demeure d’habitude l’élément de comparaison en fin de processus.
Mais à quoi assiste-t-on actuellement ? Tandis que se mène le test, on accélère en même temps le processus d’arabisation du Fondamental en gommant la langue française du cursus ! Dès lors, il est facile de présager le résultat qui nous sera servi : « ce test est un échec et allez ouste, mettez-vous tous à l’arabe ! » Qui va gober ce piège à nigauds, sinon les plus naïfs ou ceux qui préfèrent regarder ailleurs ? L’officialisation est là pour garantir la pérennité du statut de ces langues comme langues de travail et véhicules d’enseignement et nous prémunir des caprices et humeurs de nos dirigeants.
Voilà où nous conduit « l’École Républicaine » mystificatrice de Ghazouani ; terme galvaudé en référence à l’École de Jules Ferry :au lieu de niveler les différences sociales entre enfants de la République devant l’acquisition du savoir, elle les creuse, les accentue davantage, à travers toutes sortes de discriminations ethniques, raciales et sociales.
Lorsque nous dénoncions les pièges de cette loi d’orientation, monsieur Ba et sa négrita s’égosillaient après les débats au palais du Congrès pour dire « qu’il y avait là quelque chose de hautement positif et qu’il fallait voir le verre à moitié plein ». D’où les missions dans la Vallée pour plaider l’adhésion des populations à ce qui se tramait. Mais je persiste !
Soit dit en passant, lorsqu’il s’était agi d’inviter un ressortissant mauritanien très averti sur la question, alors en plein débat, des langues nationales, monsieur Ba s’était cabré, allez savoir pourquoi ! Or, à travers des conférences de presse que cet homme qualifié animerait, nous cherchions à éclairer davantage l’opinion nationale, toutes tendances confondues, sur les enjeux et les contours de cette réforme (scélérate) en gestation. Monsieur Ba ne voulut rien entendre et refusa net de coopérer… Qu’est-ce à dire ?
Revenons à la posture bornée de nos gouvernants face auxquels une question mérite d’être posée, parce qu’elle interpelle et alerte à la fois : pourquoi donc le Maroc et l’Algérie – arabes parmi les arabes – acceptent-ils d’officialiser le tamazigh, alors que la Mauritanie campe dans son refus de faire de même pour le wolof,le pulaar et le Soninké ? Non, ils n’ont pas renoncé à leur agenda initial, ces tenants du Système ! Unifier, uniformiser et non pas unir ; gommer l’autre identité négro-africaine du pays, telle demeure l’intention, l’objectif. Or on ne saurait construire un vivre ensemble en effaçant quiconque. Encore une fois, cette voie est sans issue : il faut se ressaisir !
– Depuis quelques semaines, les populations de la Vallée sont confrontées à de désastreuses inondations. Comment jugez-vous la réaction du gouvernement ?
– Extrêmement insuffisante, pour ne pas dire quasiment nulle, au regard du constat dressé par la mission que nous avons dépêchée sur place. Vous devez l’avoir constatée par vous-même, cette différence de mobilisation de l’État et de ses hommes d’affaires,sans commune mesure avec le cas de Tintane, il y a de cela quelques années. Quelques kilogrammes de sucre, quelques litres d’huile bon marché et une poignée de riz à quelques familles, ça ne soulage pas des souffrances de ce type. La gestion du sinistre sur les deux rives du fleuve par les gouvernements sénégalais et mauritanien est loin d’être comparable ! Ceci pour dire que lapartie « Fraternité-Justice » de notre devise nationale sonne faux. Il faut en tirer les leçons.
– La Coalition Biram président 2024 a entamé il y a quelques semaines une restructuration. On parle d’une coalition anti-système. Pouvez-vous nous dire ce que vous entendez par ce vocable ? Quels sont les objectifs de cette coalition et où en sont les travaux des commissions ?
– Oui, nous avons entamé la phase de restructuration et de réorganisation de notre rassemblement. Il se dénomme désormais « Coalition anti-Système ». Notre objectif, voire notre but ultime,est de changer, démanteler le système pernicieux qui nous mal-gouverne depuis soixante-quatre ans ; en corriger les graves dysfonctionnements de tous ordres qui menacent la stabilité du pays, plombent son développement, freinent sa mutation en un État moderne, véritablement uni, égalitaire, fraternel et démocratique. Nous voulons apporter ce changement, au bénéfice de tous les Mauritaniens sans distinguo, avec le concours de toutes les forces vives du pays, mues par la même volonté et qui souhaitent y être associées.
Quant au travail des sous-commissions, il est presque terminé. Il reste juste quelques petits réglages à faire et nous comptons bien tenir notre promesse, c’est- à-dire acter notre rentrée politique à la mi-Novembre 2024, sauf cas de force majeure.
– Comment avez-vous accueilli la main tendue du président de la République alors que votre candidat n’a pas reconnu pas la victoire de son concurrent ?
– Cela n’a rien à voir. Comment voudriez-vous que l’on réagisse face à des offres de quelqu’un si déroutant, illisible et autour duquel tout est nébuleux, fuyant ? Cela dit, un dialogue, même avec des partenaires rompus au louvoiement et si souvent prompts à prendre des chemins de traverse, est toujours à prendre, à mon avis. Bref, il faut se forcer à l’optimisme, continuer à espérer…espérer voir s’instaurer, enfin, un vrai dialogue. D’un dialogue sérieux et sincère, il sort toujours quelque chose. Attendons donc de voir venir…
– Quelles sont les chances de la tenue d’un dialogue inclusif proposé par Ghazouani ? À votre avis, à quoi pourrait-il servir dans une arène politique caractérisée par des méfiances entre ses acteurs ?
– Je crois avoir répondu de biais à cette question mais c’est vrai que cela va être très compliqué. Pour notre part, nous nous attellerons à tenter de rassembler l’opposition, celle désireuse de changer réellement les choses sans petits calculs politiciens mesquins.
– Dans une récente déclaration, le président Biram invite les acteurs politiques de l’opposition à trouver un consensus en vue d’imposer une « alternative au système en place ».Comment avez-vous trouvé cet appel ? A-t-il une chance de prospérer ?
– Appel bienvenu et à point nommé ! Quant à savoir s’il a des chances de prospérer, je dirais que nous devons garder l’espoir. L’espoir, cette flamme qui maintient et fait vivre, dans un pays où tout vous incite, à tous égards et tous les jours, à vous laisser allerau courant, baisser les bras, capituler…
– Dans son discours d’investiture, Ghazouani s’est à nouveau beaucoup engagé. Qu’est-ce que cela vous inspire?
– Combien de fois a-t-on eu droit à des promesses depuis 2019 ? Combien ont été tenues ? Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, nous dit l’adage populaire…
– La déclaration de politique générale du Premier ministre devant le Parlement vous a-t-elle rassuré ?
– Franchement, j’ai un moment cru à ce Premier ministre, venu plein de fougue et de tonus, avec la volonté, je crois, de secouer le cocotier… J’y ai cru comme beaucoup de gens. Mais à l’arrivée –à tout le moins au vu du développement des choses – on constate que tout s’est dégonflé comme un ballon de baudruche. Cela dit,je pense sincèrement que c’est à sa décharge. En effet, si la rumeur, persistante, sur l’existence de deux groupes – colombes et faucons – au sein du gouvernement se révélait avérée, alors on pourrait conclure qu’on s’est « proprement » moqué d’Ould Diay.
On n’a pas joué franc jeu avec lui… Un peu comme si l’on avait posé le jeu suivant : « voilà une mission grandiose confiée à un Premier ministre mais sans marge de manœuvres, à la merci d’un lobby couvert, presque choyé qui dispose, lui, de coudées franches et ne se privera pas de mettre des bâtons dans les roues dudit PM, en toute impunité !»
À quel résultat s’attendre en de telles conditions, si ce n’est un fiasco ? Vu sous cet angle, le pauvre Ould Diay serait donc bien plus à plaindre qu’à blâmer, disons-le. Ne lui en voulons donc pas. Mais tout cela pour montrer quoi ? Qu’il n’y a véritablement pas de volonté politique réelle de changement, du côté du grand chef.Pas encore… ou, plutôt, encore et toujours pas : ne soyons pas dupes, c’est encore du faire-semblant, toujours notre faire-semblant habituel.
Voilà pourquoi ce Premier ministre ne pourra s’attaquer à la corruption, à la gabegie ou au désordre qui ont pris racine ; ni à rien d’autre : ni œuvrer à l’ancrage de l’État, en luttant contre cette mentalité rétive au travail, à l’ordre et à l’application de la loi ; ni combattre l’insécurité inquiétante qui grandit ; ni régler la question lancinante de l’unité nationale ; ni aborder les réformes démocratiques indispensables… au finish, rien.
Rien parce qu’il n’y a pas de volonté politique réelle au plus haut niveau de l’État de nous sortir du système morbide qui sert un clan, des lobbies, des tribus… Et que nous sommes en plein dans la navigation à vue et qu’on s’y complait. Bref : malgré son côté généreux par endroits, le discours du Premier ministre restera condamné à demeurer un discours, rien qu’un discours, un chapelet de promesses sans aucune chance de matérialisation. Voilà pourquoi personne n’a vu un acte fort posé pour arrêter la dérive qui se poursuit à tous les niveaux.
– Depuis quelques semaines, le processus du dossier « Passif humanitaire » connaît comme une évolution. Les listes des victimes militaires et civiles ont été renvoyées aux intéressés pour « correction, rectification, complément, etc. ». En quoi consiste le règlement recherché par le pouvoir et les organisations des victimes ? S’achemine-t-on enfin vers le bout du tunnel ? Les réparations ne risquent-elles pas primer sur les autres doléances ?
– Je ne sais pas d’où vous tenez ces informations mais je n’ai pas le sentiment que vous ayez les bonnes. À ma connaissance – et, croyez-moi, j’ai de bonnes sources… – tout ce qui a été dit ici relève de ragots. Le dossier n’a pas quitté un instant les bureaux du Commissariat aux droits de l’Homme. Il n’y aucune liste émanant de ce dernier pour corrections ou rectifications de quoi que ce soit.
Tout ce raffut et ces micmacs émanent d’un groupe de rescapés militaires spécialistes de l’arnaque, assez portés sur l’argent et qui ne se soucient vraiment que du volet « réparations »de cette affaire. Par ailleurs, s’il devait y avoir corrections ou rectifications de quoi que ce soit, elles viendraient directement des bureaux du commissaire ! Ensuite cette révision des listes, si elle avait lieu, interviendrait vers le bouclage du dossier.
Placer les charrues avant les bœufs, serait-ce leur scénario de règlement de celui-ci ? À l’identique de celui d’un ex-ministre et de son staff : « les veuves n’ont qu’à se présenter au stade, pleurnicher un peu puis un gradé du haut commandement militaire demandera pardon et le tour sera joué ! » On passerait ensuite à la distribution des sous, des millions d’ouguiyas par victime, laisse-t-on distiller pour appâter les gourmands ou vaincre la résistance des hésitants…Quelle honte ! Quelqu’un ne disait-il que « lorsqu’un homme commence à tomber dans l’infamie, il n’y a pas de limite à sa chute » ?
– En plus de la reconnaissance de votre parti – les FPC –courez-vous toujours derrière la régularisation de vos droits à la retraite en tant que fonctionnaire ? Où en êtes-vous dans cet autre combat ?
– Où en suis-je ? Toujours au même point ! En représailles à ma posture campée dans l’opposition, ils ont décidé de me priver de mon droit légitime et de s’entêter à me faire plier ; forcer mon allégeance, en somme. Mais à chacun sa petite dignité…
– Un avocat s’est étonné dans une tribune que ceux qui ont accepté de perdre leur « berbéritude » ne veulent pas que les négro-africains s’accrochent à leur « négritude ». Que vous inspire cette sortie ?
– Je crois que vous faîtes ici allusion à maître Taleb Khiyar, encore lui, « wa khayart » ! Mais – bien avant lui, il faut le rappeler – l’un des premiers à se dresser contre cette posture paradoxale – pour ne pas dire imposture – ce fut Mohamed ould Cheikh, député de Moctar : un juste parmi les justes. Il le fit en termes vifs et crus que je crois pouvoir restituer de mémoire : « vouloir que ceux qui savent à quoi s’identifier abandonnent leurs valeurs propres pour être embrigadés dans l’aventure de ceux qui se cherchent une identité est non seulement de l’arbitraire mais surtout une politique culturelle imbécile ». On ne saurait mieux dire les choses, avouons-le !
– Les Nations-Unies viennent de féliciter la Mauritanie pour ses progrès accomplis en matière de respect des droits de l’Homme. Qu’en pensez-vous ?
– Laissez-moi rire ! Des manifestations bien plus souvent interdites, des activistes et bloggeurs arrêtés à tout va, sept jeunes morts par la répression ou sous la torture policière depuis 2019, tout cela montre bien que ces complaisantes institutions internationales ont perdu toute crédibilité !
Propos recueillis par Dalay Lam
le calame





