Cinéma : Un film sur le conflit sénégalo-mauritanien
Culturim – ”Tribunal du Fleuve”. C’est le titre d’un long métrage qui sera bientôt porté sur l’écran par le jeune cinéaste sénégalais Alassane Diago. Nous l’avons croisé sur les rives du fleuve Sénégal, sillonnant les camps de réfugiés mauritaniens, la caméra en bandoulière.
”Je suis de Agnam, mais originaire de Néré en Mauritanie”, confie-t-il. Le film qu’il compte réaliser sera le troisième long métrage. L’homme est le réalisateur du long métrage documentaire ”Les larmes de l’émigration” sorti en 2010, de ”La Vie n’est pas immobile”, sorti en 2012.
Diago a assisté Chantal Richard dans la production de ‘‘Lili-et-le-baobab” en 2014 au village de Agnam Lidoubé dans le Matam.
Vivant à Paris, il est depuis plus d ‘un mois sur le terrain ”pour travailler sur le long métrage qui retrace le conflit senegalo- mauritanien. De nombreuses rencontres avec les réfugiés pour le montage de ce qui sera le Tribunal du Fleuve, ou procès, dans le but de reconstituer l’histoire d’un conflit en partant de l’indépendance à nos jours”.
Pour le cinéaste ”un diagnostic s’impose car estime-t-il il y a trop de zones d’ombres”. Il fera dans notre entretien un récapitulatif à partir du manifeste des 19, au conflit de Diawara. Il fera ressortir dans ces propos, le tâtonnement des organismes onusiens chargés de la question des déportés, le sort des apatrides dans leur propre pays suite au retour organisé en 2007.
Tribunal du Fleuve est un film produit par les sociétés française l’Atelier documentaire et sénégalaise Karoninka. Le film a bénéficié de l’aide au développement long métrage de la région d’Aquitaine, un fonds qui appuie des projets de développement ou productions audiovisuelles à l’image de sa production qui aurait été sélectionné. Alassane Diago, selon son enquête et sa documentation : ”Le Sénégal n’aura été qu’un prétexte, mais le conflit est inter-mauritanien et c’est ce que nous allons montrer à travers notre réalisation”.
Alassane a à son actif à la suite de sa production: Les Larmes de l’émigration, le salut de la critique et les félicitations de la critique internationale pour de nombreuses sélections dans des festivals avec primes à l’appui. Il a été grand prix du jury du meilleur documentaire, du prix Casa Africa au festival du ciné africano de Tarifa (Espagne). Le grand prix du public pour le meilleur long métrage documentaire au festival international du film francophone de Namur (Belgique).
Espérons que Tribunal du Fleuve en attente sur la rampe de lancement sera certainement couronné du même succès.
ADN
©Cridem 2016