Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

In memoriam-Un combattant hors pair et un patriote s’en est allé : Le Docteur Amath Bâ n’ est plus

altJ´ai appris avec quelques semaines de retard, le décès de notre vieil ami et compagnon, de lutte. La dernière visite que je lui ai rendue avec Abdoul Ismaila Bâ à son domicile au quartier « Sacré Cœur » date d’environ une année.Il était déjà, très éprouvé. Son épouse qui connaissait notre vieille amitié a fondu en larmes quand, je me suis installé dans son salon en attendant qui il se lève de sa longue sieste. Durant son parcours, tant en Mauritanie, en France, qu’au Sénégal, il était toujours à l’avant-garde des luttes politiques et syndicales. Durant son séjour mémorable à Boghé, il s’est présenté en 1952 aux élections territoriales en candidat allié au parti mauritanien de l’Entente de Horma Ould Babane. Dès la création du conseil de la jeunesse Africaine, Ali Amadi Kane s’est lancé dans la lutte anticolonialiste Puis il se rendit en France pour poursuivre ses études de Médecine comme beaucoup de jeunes médecins africains de sa génération comme Bâ Bocar Alpha, Racine Touré, Sy Amadou Aly, Jacques Baronni … Au cours de ses études, il adhéra au parti africain de l’indépendance, puis à la fameuse Fédération des étudiants d’ Afrique Noire en France (FEANF), au sein desquels il militait au premiers rang, prenant toujours les risques et payant le prix s’il le fallait . On a l’habitude de dire que les peuples mauritanien et sénégalais sont un même peuple dans deux états :Dr Amath Bâ était quant à lui militant d’ ici et de là-bas . Après son retour au Sénégal pour exercer son métier de médecin en qualité de chef du centre médico-social à Dakar-plateau, il continua à recevoir et à soigner les nombreux malades venant de Mauritanie, que l’on orientait volontiers vers lui. Par ailleurs, il continuait à entretenir d’étroites relation militantes et fraternelles, tant avec les politiques qu’avec les syndicalistes mauritaniens.

Les péripéties du combat révolutionnaire m’ont personnellement mis en contant avec le docteur Amath Bâ au mois de mars 1966 à Dakar, à l’occasion d’une de mes missions clandestines au titre du parti africain de l’indépendance à un moment où ses cadres sénégalais étaient souris à une traque infernale, arrêtés et emprisonnés sans procès ; le bras armé du régime étant en ancien dirigeant du parti même, Ousmane Camara devenu un Directeur de la sureté du régime. Je venais d’Algérie et de France où la direction du parti avait trouvé asile. Or en cette même période la Mauritanie vivait une crise aigue, suite à la publication de la lettre des 19 cadres nègro-africains de février, qui avaient été embastillés à Nbeyka au Tagant. A l’issue de ma mission au Sénégal, j’ai pris contact ; en infraction aux directives de ma mission ; avec les compatriotes mauritaniens dont Sy Alassane Goral, professeur de physique nucléaire à l’université de Dakar. Nous avons décidé de la tenue d’une réunion de concertation à domicile du docteur Amath, qui habitait à l’époque au quartier Fann. Il a été décidé que je devais poursuivre ma mission à Nouakchott avec un arrêt à Rosso, pour contacter des amis . A mon retour en France, nous devions constituer des avocats pour les compatriotes emprisonnés avec l’ aide de la fédération internationale des juristes Démocrates dont le secrétaire général était maître Joe Nordmann. Docteur Amath nous a non seulement reçu chez lui, mais après la réunion, il m’a habillé et m’a prodigué en tête-à-tête des conseils que je n’oublierai jamais. Les amis mauritaniens, de plusieurs générations, qui l’ont connu et apprécié son attachement au peuple Mauritanien, qu’ il a connu mieux que quiconque, qui ont partagé son combat progressiste, présentent par ma voix, leurs condoléance attristées à sa famille et à tous nos amis communs .Que la terre du Sénégal lui soit légère et qu’Allah l’ accueille en son Saint Paradis.

We Inna lillahi We Inna Ileyhi Rajioun

Nouakchott, le 7 février 2012

Ladji Traoré

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