Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: June 2026

REPONSE AUX CHAUVINS …

En vérité tout est parti  du discours de Kaédi  du Président Ghazouani, à travers  un passage  qui disait en substance,  que chaque Communauté avait  eu son lot de souffrance, ses  déboires avec  l’Etat, par allusion au Passif  pour  lequel il fallait tourner la page .  J’avais été le seul à l’époque à me démarquer , à tout le moins à nuancer cette manière de poser les choses qui  comparait  l’incomparable  et   minimisait, de facto,  la dimension gravissime  du ‘’Passif ‘’.  

Ce fut la première brèche ouverte qui a  offert  à ce groupe –champion du négationisme  et du suprémacisme – l’occasion de tenter, ces derniers temps,  de diluer voire de banaliser le dossier du ‘’ Passif humanitaire ‘’ ,considéré comme  une injustice comme les autres…

« Le Passif  » fut un crime d’Etat , un crime de masse pensé et planifié , un génocide en un mot ….Pas une injustice.

Après cette première brèche , le Président en ouvrit une seconde qui alluma les appétits, en laissant  filtrer  l’éventualité  de réparations financières , chiffrées  en  dizaines  de milliards  d’ouguyas… Si au tout début  un petit de groupe de militaires  s’agita autour , cette nouvelle offre  éguisa   des appétis féroces ‘’. Connaissant notre rapport fusionnel  à l’argent, ces sous en perspective furent l’élément déclencheur de la ‘’ruée vers l’or, sonnant le ralliement …  Pour l’homo-mauritanicus’’ ,c’est connu, l’argent constitue la  valeur cardinale essentielle qui, seule,  compte …

C’est  tout cela ensemble qui a poussé ce groupe d’hommes  aux intentions pernicieuses,  truffé de chauvins , d’essayer de diluer ,disons  de banaliser la question du  « passif  humanitaire » ‘’, par des amalgames fantaisistes  et de mauvaise foi …

Si nous concédons que des groupes politiques ou syndicaux   eurent maille à partir avec tel ou tel régime , à un moment donné de l’histoire , en subissant  des violences  et des répressions de toutes sortes ,  il  n’a jamais été question de  ‘’ l’effacement’’ de leur communauté respective ou de leur groupe ethnique , à  la manière de ‘’la solution finale ‘’ . Les répressions ayant touché les Nasseriens , les baathistes , le MdI  , d’autres putschistes  et même El hor , ces répréssions   n’avaient pas eu pour but  d’éliminer physiquement les fractions tribales ou la communauté bidhaan ou  haratine , en tant que telle. .  Aucun de ces  groupes ethniques, dans leur  répréssion ,  n’avait fait  l’objet de plan de liquidation .

Or dans le cas du Passif  , l’intention de l’Etat ,soutenu par des fractions politiques extrémistes et racistes , était manifestement  de liquider physiquement les Peuls , essentiellement,  d’épurer ethniquement le territoire  ,  à l’image de ce qui s’est passé au Rwanda !  

L’élément distinctif fondamental  entre ces violences et le Passif  c’est  le mobile de cette répression –  intention cachée , planification , expression  génocidaire- . Ce que, du reste, confirme, en filigrane, cette note confidentiellle de  Gabriel Cymper –ministre de l’interieur- envoyée  aux administrateurs des  régions : « Les Halpulareen tentent de destabiliser la Mauritanie en remettant en cause son arabité . La  base sociale sur laquelle se développe ce particularisme –tributaire de l’hégémonisme sénégalais – c’est la composition ethnique  du peuplement local actuel,  majoritairement halpulareen . En modifiant radicalement   la composition de ce peuplement , on prive ce particularisme de tout développement futur » fin de citation.

L’intention est on ne peut plus clair…

.

Soit dit en passant , dans le posting  de ce groupe  tous les groupes politiques ayant été victimes de répression , de torture   jusqu’à ce que  mort  s’en suive  ont été cités ; tous,  à l’exception des  Flamistes  ,  morts  à  Walata . Révélateur non ? Que faut-il penser , par ailleurs, de la moralité d’un  groupe qui a le toupet  et  l’indécence  d’ évoquer le ‘’coup de 1962’’, que l’on  sait  piloté de l’extérieur, hostile à l’indépendance du pays qu’il combattait ? N’est-ce pas là une insulte  et  à tout le moins  de la  provocation ? Par ailleurs , Il est surprenant de constater que des  chefs de partis, membres du ‘’pôle des 15’’ ,  soient signataires de ce torchon , alors que notre plateforme commune a nettement tranché  ces questions :  solution juste et équitable du Passif  humanitaire à travers les quatre devoirs , en même temps que ‘’ réparations pour toutes les victimes d’injustices  et de l’arbitraire de l’Etat ’’ . Quelle confiance avec  des partenaires  à  multiples facettes ?  

Pour revenir  encore au  Passif humanitaire , rappelons  en guise de conclusion ,qu’il se distingue nettement de toutes ces exactions ou violations pré-citées  de par ,

–   L’ amplitude ; toute la vallée du fleuve fut touchée par des exécutions extrajudiciaires sommaires , des viols massifs et collectifs , des déportations de populations ,des radiations administratives ciblées , des spoliations de biens et de terres  de culture , 

– La durée –de 1988 à 1991- (d’aucuns remontent à 1986); Six longues  années d’enfer,  dont les conséquences s’installent durablement et affectent encore aujourd’hui des dizaines de milliers de vie à travers le Système raciste en place qui en découle ! Système que décrivait Mandéla en ces termes : ‘’ Utiliser la force numérique et la force de  travail des Noirs  pour les transformer en instruments , sans qu’aucune possibilité  ne  leur soit laissée  de sortir  de cette situation ’’.

–   La cruauté ; (pendaisons , écartelement d’hommes entre deux voitures, enterrement de vivants , des hommes, la corde au cou ,les mains liées  derrière le dos,  tirés par une voiture).

Voilà pourquoi  nous disons à ces auteurs que vouloir faire l’amalgame entre ces violations  des droits humains et le ‘’Passif’’ c’est faire preuve de légéreté  grave et  de  mauvaise foi évidente  !

S’il  faut souhaiter la réparation de toutes les injustices , de tous les arbitraires de l’Etat  pour apaiser les cœurs et les esprits , il ne faut cependant  pas confondre les  genres ou les dossiers .Il faut séparer distinctement les choses … Libre à l’Etat d’élargir l’assiette pour un apaisement général, mais sans confusion de genres ! 

Il y a  tant de chauvins et de racistes déguisés en  progressistes  dans cette république  que nous aurions  tant  aimé  entendre  les autres , les vrais…

( je suis heureux de retrouver le nom de Taleb khyar que je suis depuis des décennies et qui n’a jamais varié ,dans une short  liste . Il  faut saluer  le  courage intellectuel  de ces quelques éléments composant cette liste qui dérogent…)  .

Samba Thiam président, des FPC

Mauritanie – Après le dernier round du mercredi : Un dialogue mort-né ?

Le Calame – Le dialogue national mauritanien est-il en état de mort clinique ?  La réunion restreinte du 3 Juin 2026 entre le coordinateur national, Moussa Fall, et les chefs de file des différents pôles politiques s’est soldée par un échec prévisible. Aucun compromis, aucune avancée. Chaque camp se mure dans ses certitudes. Jusqu’ici, les efforts du facilitateur se brisent sur le mur des égoïsmes partisans. Face à ce surplace chronique, une question taraude les observateurs avertis : Mohamed ould Ghazouani veut-il réellement ce dialogue ? Initiateur du processus et chef d’une majorité hégémonique, le président de la République avait pourtant affiché de grandes ambitions en remettant sa lettre de mission à Moussa Fall, ainsi que s’en félicitait celui-ci lors de sa première conférence de presse en Avril 2025. Quatorze mois plus tard, la mayonnaise n’a jamais pris. Les discussions préliminaires sur la feuille de route s’enlisent. À ce stade, ce n’est plus de la lenteur, c’est une fin de partie qui ne dit pas son nom.

Le contraste est saisissant avec l’euphorie des débuts. À l’origine, la classe politique avait unanimement salué l’initiative présidentielle et la méthode Fall. Reçus en audience au palais de la République, les chefs de parti en étaient sortis rassurés par les promesses du « Raïs », qui s’engageait alors à appliquer scrupuleusement les résolutions consensuelles qui naîtraient des prochaines discussions. L’alignement apparent des agendas et l’urgence des réformes laissaient présager un dénouement historique. Moussa Fall lui-même théorisait cette rupture avec les grandes messes du passé : « Contrairement aux dialogues précédents, le Président n’a pas voulu imposer une structure rigide. Il a défini des objectifs, laissant aux acteurs politiques et civils la co-responsabilité du contenu ». Porté par un optimisme volontariste, il affirmait alors que l’état d’esprit des Mauritaniens avait changé, exigeant une concertation sincère et féconde.

Aujourd’hui, le réveil est brutal. Le capital confiance est dilapidé. Si le coordinateur promet une ultime réunion de la dernière chance, le scepticisme est général. L’histoire bégaye : chacun garde en mémoire le fiasco de 2023, où le dialogue avait capoté à la veille de son lancement, face au boycott intransigeant de poids lourds de l’opposition comme Messaoud Ould Boulkheïr et Biram Dah Abeïd. Mais, cette fois, le blocage n’est pas venu de l’opposition : il est imputé au camp présidentiel.

Si ce nouveau processus s’effondre, la responsabilité des élites politiques sera immense. À commencer par celle du chef de l’État. Rien n’obligeait le président Ghazouani à ouvrir ce chantier, si ce n’est la poursuite de sa stratégie de décrispation entamée dès son élection en Juin 2019. Ses partisans aiment à le rappeler : le pays ne traverse aucune crise institutionnelle majeure et le pouvoir s’appuie sur une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Dès lors, un second échec consécutif sonnerait comme un aveu de faiblesse politique. L’opinion publique y verrait le signe inquiétant d’un président qui ne contrôle plus ses propres troupes. Quant à l’opposition, elle s’apprête à rater le coche. Incapable d’imposer un rapport de force favorable par les urnes ou dans la rue, elle rate une occasion en or de graver ses priorités dans un agenda consensuel. En restant inflexible, ne se prive-t-elle pas du seul levier qui lui aurait permis d’aborder les prochaines échéances électorales avec un minimum de sérénité ?

Dalay Lam

Source : Le Calame (Mauritanie)

Dialogue politique : l’Opposition reste sur sa faim !

La Dépêche — Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani s’est déclaré ouvert à une révision de la loi dite des « symboles », tout en défendant son application actuelle, lors d’une réunion de près de neuf heures tenue lundi soir avec les dirigeants des partis de l’opposition.

Une réunion qualifié « d’austère » car aucun buffet n’était prévu. Néanmoins, la rencontre a porté sur le dialogue politique, les libertés publiques, le contrôle parlementaire et les conditions de vie des populations.

Au cours de cet échange, qui s’est déroulé de 18 heures à 1 heure du matin, le chef de l’État a affirmé son soutien à la mise en place de commissions d’enquête parlementaires, tout en recommandant de limiter leurs travaux à deux ou trois dossiers en raison de la durée légale de leur mandat.

Concernant le dialogue politique en préparation, il a indiqué qu’il ne demanderait ni à la majorité ni à l’opposition de modifier leurs positions respectives.

Le président a également abordé plusieurs questions liées aux libertés politiques. Il a évoqué les discussions engagées avec le ministre de l’Intérieur au sujet de l’agrément du parti Forces progressistes pour le changement, exprimant l’espoir d’une issue favorable. Il a par ailleurs justifié l’interpellation des parlementaires Mariem Cheikh et Gamou Achour en invoquant une situation de flagrant délit.

Les questions économiques et sociales ont occupé une place importante dans les débats. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a défendu les mesures gouvernementales concernant les prix des carburants et a fait intervenir le président de la Commission des hydrocarbures, Ahmed Ould Jalloun, afin de répondre aux préoccupations soulevées par les responsables de l’opposition.

La réunion, qui a débuté par les interventions de Mohamed Ould Maouloud et Hamadi Ould Sidi Mokhtar avant d’être élargie à l’ensemble des participants, s’est achevée par la présentation d’un ensemble de mesures sociales destinées à soutenir les ménages les plus modestes. Le président a également annoncé étudier la possibilité de lever le couvre-feu actuellement en vigueur dans le pays.

CRIDEM

LARENCONTRE AVEC LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Nous avons été hier invités en tant que ‘’Pôle des 15’’ de l’Opposition à un échange avec le Président de la République . Echange long ,même trop long, dispersé mais intéressant par ce qu’il révèle…

D’un côté , il s’agissait d’ informer sur ce qui a été fait pour contenir les conséquences de la crise des hydrocarbures au regard des efforts accomplis , de l’autre, apprécier mais encore porter des attentes ,exprimer l’espoir de voir le président s’impliquer pour débloquer, enfin, le dialogue en panne …

Examinons d’abord la forme …

Je découvre un président avec de grandes qualités humaines ; patient , calme , ouvert , impassible et presque permissif face à des postures parfois désinvoltes qui frisent les dérapages… Une Opposition ,par certains éléments ,qui révèle un nationalisme intolérant et chauvin qui refuse la traduction, alors que tous ne parlaient pas Hassanya. C’est le camp du Président qui traduit , insiste et en rappelle la nécéssité , c’est notre camp de l’opposition qui fait fi du rappel… Alors que la traduction est une des règles essentielles du fonctionnement du Pôle. La traduction est un droit -pour permettre à tous d’être au même niveau dans le débat- en même temps qu’un respect implicite de notre diversité-, même si certaines victimes se jouent de cette dimension , à leur perte, pour des raisons obscures …

Autre élément notable , un ‘’pôle des 15’’ dans un cafouis indescriptible où chaque membre tient à s’exprimer ; Ca va dans tous les sens , alors que le président du pôle a passé correctement le message.. Un discours décousu , sans fil directeur , répétitif à géner…Des jeunes loups aux dents longues, qui cherchent de la visibilité… S’asseoir auprès d’un Président ça fait gloriole ! Il faut forcer la dose en lui adressant la parole , et parfois même tomber dans la polémique. Parler en désordre de tous les sujets, pêle-mêle , même des plus superficiels et personnels . Le ‘’m’as-tu-vu’’ en somme…assez courant chez le genre humain !

Maintenant venons en au fond

Le Président ouvre la séance en nous expliquant avec force détails et chiffres à l’appui , de ce qui avait été fait, depuis notre dernière rencontre , pour contenir la crise , ou du moins ses conséquences négatives sur les populations… En termes d’appui aux familles démunies, aux handicapés, aux fonctionnaires, aux retraités ,aux malades etc, à travers une rallonge de plusieurs milliards d’ouguyas .

Le sentiment général qui se dégage ,je crois , de l’appréciation collective était que , si nous ne contestions pas ces mesures , leur impact sur le terrain ne nous semblait pas visible . En effet , les prix ,-tous les prix-flambent à commencer par les denrées de 1ere nécéssité , les viandes , le poisson, par répercussion du prix du transport ( Taxis ,routiers etc ).

Efforts financiers , sans nul doute , mais effet presque nul à l’arrivée …comme sentiment général.

Sur ce point des mesures correctives , la question a été posée au Président : qu’attendait –il de nous , de l’Opposition, en nous informant de cette situation ? Juste nous informer , en spectateurs passifs , ou faire de nous des acteurs ‘’actifs’’ ? J’ai eu le sentiment que sur cette question le Président a botté en touche .

Autre point sur lequel un certain nombre de camarades , à commencer par le president Maouloud , sont revenus : la question du dialogue…bloqué. L’opposition souhaitait que le Président mette le holà dans les rangs de sa Majorité . Là , il m’a semblé tiquer un peu , avant de mettre fermement les points sur les « i » ; il n’était pas question de contraindre sa Majorité a changer de posture, renvoyant dos à dos cette Majorité et l’Opposition dans la responsabilité du blocage du dialogue. Ambiguité on ne peut plus claire pour qui veut décrypter…

J’ai eu , par ailleurs ,le sentiment ,dans les limites de ma compréhension (en raison de l’absence de traduction bien souvent ), que les questions des libertés fondamentales , les tensions dans la vallée du fleuve autour des terres , l’apaisement du climat social n’ont pas été abordées ou l’ont été insuffisamment. ..hélas !

Maintenant , quelle lecture des motivations sur les non- dits de cette rencontre , et quelle perspective pour l’Opposition ?

Le Président brandit l’instabilité qui nous entoure à nos frontières en appelant à une ‘’Opposition responsable’’ ; appelant toujours au dialogue sur les grandes questions d’intérêt national….

Décryptons : tenez vous tranquilles, pour nous éviter des turbulences , mais ne perdez pas espoir …vous aurez quand meme votre dialogue !

Stratégie de ‘’ containement’’ subtil ?

A l’opposition de choisir , entre un dialogue mais pas dans les conditions souhaitées de départ ou la voie de l’opposition frontale.

Je ne suis pas sùr , par ma part , aux yeux de la composition de cette opposition , de sa fragilité en raison de l’origine de ses jeunes loups aux dents longues , désireux de se faire adouber, pour un bon nombre parmi eux, que le choix de cette derniere option prévale .

Mais bon, wait and see…Personne n’est devin.

Samba Thiam President des FPC