Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 08/12/2025

LE PROTOCOLE DU CAP MANUEL : AUTOPSIE D’UN PACTE TRAHI

Par Mbaye Oppa

Il se trame quelque chose de grave au sommet de l’État. Le silence apparent, les sourires diplomatiques et les discours calibrés masquent une fracture politique profonde entre deux anciens compagnons de lutte : Ousmane SONKO et Bassirou Diomaye FAYE. Une fracture qui prend racine dans un pacte secret, conçu entre les murs de la prison du Cap Manuel, et qui s’effrite aujourd’hui sous le poids des ambitions contrariées, des agendas personnels et des calculs tactiques.

Le pacte initial : DIOMAYE par intérim, El-Malick en superviseur, SONKO en ligne d’arrivée

En prison, face à une interdiction de candidature qui pesait sur SONKO, les deux hommes auraient convenu d’un scénario politique à trois actes :

Acte I: DIOMAYE candidat à la présidentielle, avec le soutien massif du PASTEF et de SONKO, pour porter une victoire symbolique, révolutionnaire, mais contrôlée.

Acte II : Une fois élu, DIOMAYE devait dissoudre l’Assemblée nationale, provoquer des législatives favorables à la majorité présidentielle, puis démissionner volontairement quelques temps après pour ouvrir la voie à une présidentielle anticipée sous la supervision du Président de l’Assemblée nationale, El-Malick.

Acte III : Avec une situation maîtrisée, Sonko redevenait éligible, reprenait le flambeau et s’installait à la magistrature suprême, selon les plans.

Ce plan audacieux, surnommé dans certains cercles le “Protocole du Cap Manuel”, reposait sur une loyauté totale et un contrôle étroit de la temporalité politique.

Le rôle de Cheikh DIBA : garant de la patience économique

Pour faire patienter la base militante et occuper l’espace politique, il fallait gagner du temps, sans créer de chaos économique. C’est là qu’intervient Cheikh DIBA, figure technique, réputé proche des deux hommes, et négociateur silencieux des conditions d’amnistie et de libération. Son rôle : maintenir le statu quo budgétaire, créer une illusion de continuité, tout en préparant discrètement le terrain à la transition programmée. Le refus d’engagements économiques forts, la focalisation sur des chiffres “falsifiés” ou “manipulés”, et les discours contre l’héritage de Macky SALL, tout cela ne serait qu’un rideau de fumée, en attendant la bascule politique planifiée.

Le point de rupture : l’ambition, l’argent et la peur

Mais les choses ont mal tourné. D’un côté, SONKO devient impatient, voire gourmand. Les enjeux économiques liés à certains postes clés, les circuits de financement et les compensations promises ne suivent pas. DIBA résiste, refuse de couvrir certains abus, et rompt progressivement le fil de la complaisance. 

De l’autre côté, SONKO sent le vent tourner. Il pressent un danger : la justice pourrait prendre un acte qui compromettrait son éligibilité. Il pousse alors pour une manœuvre brutale : limogeage du Ministre de la Justice, M. Ousmane DIAGNE, promotion de magistrats-PASTEFiens, dissolution de la Cour suprême, nomination de juges “conformes”, réforme de la magistrature. Il veut reprendre la main sur le judiciaire et éviter l’arrêt fatal. Mais DIOMAYE s’y oppose. Il refuse de franchir cette ligne rouge institutionnelle. Il ne veut pas d’une rupture frontale avec les principes de l’État de droit. Il freine. Et c’est là que tout s’écroule : la justice confirme le rabat d’arrêt sur l’affaire Mame Mbaye NIANG-Ousmane SONKO,  le rendant inéligible pour cinq ans. Le scénario est mort. Le protocole est caduque !!!

La méfiance installée : la guerre froide commence

Pour SONKO, c’est une trahison déguisée. Il soupçonne son ancien frère de lutte d’avoir écouté les sirènes du système, de s’être laissé convaincre qu’il valait mieux le sacrifier pour asseoir sa propre légitimité jusqu’en 2029. Il voit dans le silence de DIOMAYE une forme de complicité passive. Une froideur calculée. Un coup d’État doux.

Pour DIOMAYE, au contraire, il s’agissait de protéger la République, d’empêcher une dérive autocratique, de rompre avec la logique des deals de coulisses, de ne pas reproduire ce contre quoi ils ont tous deux lutté.

« Qu’on me laisse gouverner » : la menace derrière la phrase

Dans ce contexte, la fameuse phrase de SONKO « qu’il règle le problème ou qu’on me laisse gouverner » prend un tout autre sens. Ce n’est pas une doléance. C’est un ultimatum politique : « Ou bien DIOMAYE trouve une solution pour me rendre éligible, ou bien il me cède le pouvoir réel, celui de faire plier la République pour annuler la sentence. » SONKO ne réclame pas seulement de l’espace, il veut le levier de la revanche. Et s’il ne l’obtient pas, il est prêt à briser l’unité du pouvoir, quitte à faire du toj-toj (imploser l’expérience DIOMAYE) comme aimait le dire Me Madické NIANG.

La suite : entre révolutionnaire déçu et président désillusionné

Le véritable problème entre SONKO et DIOMAYE, ce n’est ni une divergence idéologique, ni une dispute de style. C’est la rupture d’un pacte politique secret, conçu dans l’ombre et désormais impossible à exécuter. Le Cap Manuel devait être un tremplin. Il est devenu une prison psychologique. DIOMAYE ne veut pas marcher sur la ligne rouge. SONKO pense qu’il a été vendu.

La suite ? Seul Dieu sait. En attendant : une guerre froide larvée au sommet, un pouvoir bicéphale devenu belligène, et un peuple qui attend encore les fruits d’un changement pour l’instant confisqué.

DÉCLARATION

​Le Regroupement des Partis et Mouvements de l’Opposition Démocratique a appris avec une vive préoccupation la mise sous contrôle judiciaire de Mr Yacoub Ahmed Lemeabott. président du parti mouvement KAVANA depuis quelques jours. Cette mesure coercitive fait suite à l’opportunité qu’il a offerte  à un citoyen de s’exprimer dans un live, pour  dénoncer des injustices dont elle aurait fait l’objet et impliquant un haut responsable d’une Agence de  l’État.

​Le Regroupement s’inquiète de la facilité déconcertante avec laquelle l’appareil judiciaire est actionné dès qu’il s’agit de restreindre la liberté de parole des leaders de l’opposition ou des citoyens qui manifestent pacifiquement et sont brutalisés et arrêtés .

​Face à cette situation, le Regroupement :

-​Dénonce l’usage de la justice comme levier de pression politique et d’intimidation contre les acteurs de l’opposition et de la société civile.

-​Exige la levée immédiate des mesures restrictives pesant sur Mr Yacoub Ahmed Lemrabott. 

-Appelle au strict respect des règles de droit et à la préservation de l’indépendance de la justice, qui ne doit en aucun cas servir d’instrument de règlement de comptes.

-Réitère la nécessité de créer un climat d’apaisement favorable au dialogue national inclusif impliquant la libération de tous les détenus politiques.

Fait à Nouakchott  le 6 décembre 2025

Le Regroupement des Partis de l’Opposition Démocratique:

– FRUD 

– APP

– FPC

– RDP

– UFP

– PMA

– PAREN/VE

– UNAD

– MP

– UFC

– RMD

– REENDO

– WAAD

– MPP

– PTC

Plateforme de l’Opposition

DIALOGUE NATIONAL 2025

Sommaire

  1. Unité nationale et cohésion sociale
  2. L’esclavage et ses séquelles
  3. L’exclusion et les discriminations
  4. Le passif humanitaire
  5. L’enrôlement biométrique des populations
  6. Les problèmes des Terres
  1. Etat de droit et démocratie pluraliste
  2. L’état de droit
  3. La démocratie pluraliste

    1. Les partis politiques

         2. Le système électoral

  • Les principales institutions de la République
  1. Gouvernance
  2. Corruption et Népotisme
  3. Contrôle et Transparence
  4. Redistribution et partage équitable des richesses
  5. Efficacité économique et transformation structurelle
  6. Décentralisation et Développement local
  7. Politique environnementale
  1. Diaspora et Emigration
  2. Une diaspora dynamique
  3. Une émigration accélérée
  • Autres axes
  • Secteur judiciaire
  • Secteur Education
  • Secteur Santé
  • Secteur Economie
  • Secteur Défense et sécurité
  • Secteur des médias

I- Unité nationale et Cohésion sociale

La question centrale du vivre ensemble ou de l’unité nationale que sous-tendent la question de l’esclavage et de ses séquelles, l’exclusion de certaines composantes nationales, les innombrables injustices vécues au quotidien, les inégalités et discriminations en tous genres constituent le défi le plus important auquel notre pays est confronté, engendrant des crises récurrentes de 1966 à 1990, avec comme point culminant la tragédie appelée par euphémisme « Passif humanitaire ».

AL’esclavage et ses séquelles

    a- diagnostic

La composante haratine, victime d’un asservissement multiséculaire, reste confrontée à la misère et maintenue dans des conditions serviles avilissantes. L’indigence dans laquelle végètent les adwabas notamment illustre le désintérêt de l’Etat à leur endroit. Il en est de même pour certains groupes dits serviles à l’intérieur des autres communautés.

b- Propositions de solution

procéder à une évaluation des dispositifs institutionnels et législatifs sur la question

– mener une enquête indépendante de portée nationale sur la question

– appliquer rigoureusement les textes et lois en vigueur criminalisant l’esclavage,

– affaiblir et endiguer l’influence des chefs traditionnels et du tribalisme.

– réparer les injustices historiques (victimes d’esclavage) en instituant des politiques hardies de discrimination positive et d’autonomisation sociale et économique qui pourraient se traduire par une sorte de plan Marshal, à durée déterminée, à l’endroit des haratines.

B- L’exclusion et les discriminations

a- diagnostic

Les communautés nationales wolof, soninké et pulaar vivent une exclusion croissante en raison du refus persistant du pouvoir de respecter et d’acter la diversité culturelle, linguistique et ethnique du pays qui se traduit, par leur effacement au plan politique, économique, médiatique, culturel, linguistique, scolaire et social ; des inégalités également dans l’éducation particulièrement à travers les examens et les concours à l’emploi, les grandes écoles et les écoles spéciales, dans le recrutement des forces armées et de sécurité. Enfin, s’y ajoutent, l’épineuse question des terres agricoles et la blessure profonde du Passif humanitaire.

b- Propositions de solution

– Reconnaître et acter les droits de toutes les composantes nationales à travers leur présence effective dans l’espace public et notamment dans les grandes institutions de la république (Présidence, Primature, Présidence de l’assemblée, Cour Suprême, Cour constitutionnelle, Cour des comptes, Conseil économique et social), et dans les directions des établissements publics, des médias et lors des évènements officiels de manière à garantir que les institutions de l’Etat reflètent la diversité

– Reconnaître les droits culturels de toutes les composantes nationales

– Officialiser les langues Wolof, Pulaar et Soninké

– Donner à la langue arabe toute la place qu’elle mérite dans tous les domaines

– Remettre dans leurs droits les citoyens mauritaniens francophones de formation de plus en plus marginalisés actuellement

 – Eliminer les politiques discriminatoires, l’exclusion de communautés et de groupes sociaux par plus d’ouverture et d’équité et au besoin par des sanctions

L’égalité des chances dans l’équité constitue un facteur cardinal de la cohésion sociale nationale, en même temps que le plurilinguisme officiel assure une plus grande cohésion nationale

CLe Passif humanitaire 

a- diagnostic

Il s’agit d’évènements graves et tragiques survenus par le passé résultant de crises identitaires récurrentes, ayant affecté particulièrement la communauté Pulaar du pays. Ces événements se sont traduits par des déportations de populations, des spoliations de biens, des radiations et des exécutions extra-judiciaires massives.

b- propositions de solution

– Solder le Passif humanitaire en mettant en place une commission nationale consensuelle indépendante « Vérité/Réconciliation » conforme à nos valeurs, dotée de pouvoirs réels (enquêtes, sanctions, pardon et réparations) qui devra jouer un rôle de catharsis.

– Application des devoirs de Vérité, de Justice, de Mémoire

– procéder à l’indemnisation et aux réparations au profit des victimes du Passif humanitaire

– Instituer une journée nationale de commémoration des martyrs et ériger un monument dédié. En dernier ressort on ne saurait faire l’économie de la Vérité si l’on vise la réconciliation nationale sur ce dossier.

– Ramener les réfugiés identifiés, installés au Mali et au Sénégal désireux de rentrer

– Solder tous les cas de victimes avérées d’injustices créées par l’arbitraire de l’Administration (spoliations, radiations administratives, licenciements abusifs, blocage de plan de carrière) pour créer un climat d’apaisement général.

D- L’enrôlement biométrique des populations

a- Diagnostic

Depuis 2009, l’enrôlement de certaines composantes nationales se passe difficilement. Il y a le constat d’une absence de volonté politique, une obstruction persistante à résoudre définitivement ce problème. Des milliers de mauritaniens et notamment des enfants en âge de scolarité demeurent les victimes, particulièrement dans la vallée du fleuve et dans d’autres zones reculées du territoire national. Des enfants scolarisés sur attestation provisoire finissent par abandonner l’école à cause de ces tracasseries et blocages.

b- Propositions de solution

affirmer la volonté politique ferme sans concession d’enrôler tous les citoyens

Alléger et simplifier les conditions de l’enrôlement

– Multiplier et diversifier les commissions techniques et de supervision    

– Accroître le matériel nécessaire (groupe électrogène, ordinateurs, internet)

– Sanctionner et relever de leur fonction les agents responsables de blocage

– Envisager des unités mobiles pour clore enfin le processus d’enrôlement.

E- Problèmes des Terres

a- diagnostic

La gestion du foncier agricole en particulier est source de conflits récurrents, soit entre propriétaires légitimes et ceux qui travaillent la terre, soit en raison des politiques de spoliation des paysans par l’Etat

b- Propositions de solution :

– Restituer les terres spoliées des résidents et des déportés de retour

– Mettre en œuvre une réforme foncière participative, uniforme sur toute l’étendue du territoire qui établit un équilibre entre droit de propriété et droits légitimes de ceux qui l’exploitent

– Lutter contre la spéculation foncière et réformer le secteur des domaines pour limiter les attributions à double ou triple emplois de parcelles en milieu urbain.

II- ETAT DE DROIT ET DEMOCRATIE      PLURALISTE

La crise de notre système politique est patente depuis le lancement officiel du “processus démocratique” en 1991 et ce malgré les efforts déployés notamment par l’opposition pour corriger ses dysfonctionnements et permettre d’édifier un véritable Etat de droit et une démocratie pluraliste solide.

A. L’Etat de droit 

a. Diagnostic 

Les faiblesses structurelles de l’Etat de droit dans notre pays se traduisent notamment par :

– une administration publique totalement inféodée et instrumentalisée par le régime politique en place notamment le parti présidentiel (nominations, avantages matériels et financiers, impunité, règlements de compte ciblés) 

– La permanence de pratiques abusives (détournement et abus de pouvoir, corruption)

– L’intrusion de l’Armée dans le champ politique

– La confusion des pouvoirs et la mise sous tutelle de la justice 

– La dévalorisation des principes fondamentaux et la disqualification des voies de recours indépendants et efficients face à l’arbitraire et aux injustices 

– La violation systématique des libertés fondamentales (liberté d’opinion, de presse, d’association, de réunion, de manifestations)

b. Propositions de solution

– Instaurer un système de gestion et de redistribution des ressources (attributions foncières, licences de pêche, permis miniers) sur la base de la systématisation de la numérisation et l’anonymisation dans leur accès 

– Généraliser le système obligatoire de déclaration et de publication de patrimoine pour tout membre de la haute fonction publique et pour tout candidat à une élection démocratique, ainsi que leurs conjoints, parents directs et enfants.

– Réviser les principales lois sur les libertés publiques et du code de procédure pénale notamment en matière de presse, de réunion, de voyage, de manifestations publiques, de cyber libertés, de protection des biens et des personnes ; et élaborer un code des libertés publiques avec des mécanismes juridictionnels de protection des libertés fondamentales comme les référés libertés et des structures spécifiques de protection de certaines libertés particulières (médiateurs et lanceurs d’alerte en matière de presse, de lutte contre les discriminations, d’esclavage, de tribalisme)

– Mettre en œuvre un projet de réforme de la justice en cours spécialement les aspects concernant le conseil de la Magistrature, l’accès à la justice, l’exigence de traduction dans les langues nationales, l’amélioration des conditions de vie des membres du corps judiciaire, l’humanisation des établissements pénitenciers

– imposer le respect du principe de la diversité dans toutes les administrations publiques en instaurant le principe suivant lequel toute haute fonction, tout département ministériel, toute administration et collectivité territoriale doit nécessairement être constituée par une équipe dirigée par un responsable principal issue d’une communauté et assisté par des adjoints appartenant à d’autres ensembles identitaires (sexe, ethnies, régions)

– Retrait total des forces armées de la vie politique du pays

B. La démocratie pluraliste 

1.  Les Partis politiques

a. Diagnostic

Le statut des partis, dès le départ, présentait de nombreuses défaillances. La plus importante était celle de leurs rapports avec le ministère de l’intérieur. Après bien des ajustements le statut avait pu permettre la constitution de nombreux partis sur la base d’une conception relativement libérale proche d’un régime déclaratif mais formulé d’une manière ambiguë. Aussi, l’opposition a toujours réclamé la levée de cette ambiguïté et la confirmation pure et simple du régime déclaratif. Mais récemment, le pouvoir s’est engagé dans une direction opposée en adoptant de manière unilatérale un régime liberticide des partis   

A cela s’ajoute le fait que le régime de financement des partis ne permet pas réellement une vie décente pour l’immense majorité d’entre eux, condamnés à végéter et finalement à disparaître sous l’emprise de la loi des quotas notamment. Il y a une véritable crise statutaire des partis. 

b. Propositions de solution

– Révision en profondeur de la nouvelle loi sur les partis politiques

– Adoption d’un régime déclaratif pour la création des partis politiques 

– Amélioration substantielle des conditions du financement des partis politiques

– interdiction formelle du nomadisme politique

2. Le système électoral

a- Diagnostic

Le système électoral est la grande faiblesse de notre démocratie pluraliste. Ce système constitue une véritable machine destinée à rendre impossible toute alternance par les urnes.

– Absence d’un véritable code électoral à la place des textes actuels épars, contradictoires les uns par rapport aux autres et peu fiables.

– Découpage territorial déséquilibré et inégalitaire entre les régions, les électeurs 

– Mode de scrutin fortement majoritaire et favorable aux partis au pouvoir

– Liste électorale non fiable occasionnant toutes sortes de tripatouillages

– Système aberrant et anti démocratique de “parrainage” des candidatures 

– Dispositif de contrôle du matériel électoral en particulier informatique impossible

– Marginalisation de l’opposition dans l’administration des bureaux de vote

– Persistance des bureaux de vote fictifs

– Exclusion de la plus grande partie de la diaspora du processus de vote (absence de bureaux de vote dans de nombreux pays)

– Refus de la systématisation de la délivrance des PV des bureaux de vote

– Persistance du vote militaire

– Faiblesse du dispositif de participation des observateurs nationaux et internationaux

– système de dépouillement des bulletins opaque

– Institutions de contrôle électoral sous tutelle politico-administrative du pouvoir et de ses démembrements (CENI, Conseil Constitutionnel, Cour Suprême)

b. Propositions de solution

– Élaboration d’un véritable code électoral consensuel comprenant tous les aspects et dimensions des processus électoraux standards 

– Audit de l’ensemble du système électoral (textes, fichier, découpage, vote)

– Révision du statut de toutes les institutions et de tous les mécanismes de régulation et de contrôle électoral 

– Interdiction de l’enregistrement des électeurs à distance pour les non-résidents dans le cadre des élections locales (municipales, régionales, députation de circonscription) tout en permettant le vote pour les listes nationales des députés à toute personne inscrite sur la liste électorale quel que soit le lieu de résidence.

– Suppression de la gestion du processus électoral par le ministère de l’intérieur dont les larges prérogatives actuelles sur le plan technique (programmes, systèmes informatiques, établissement des listes, gestion du matériel électoral) lui permettent d’avoir la maîtrise stratégique du processus électoral

– Révision de la composition et du fonctionnement de la CENI pour lui accorder une réelle indépendance, en la dotant des moyens nécessaires pour gérer le processus électoral y compris la désignation de l’ensemble de son personnel central et local chargé de l’inscription des électeurs, de la distribution des cartes, de la sensibilisation et de la communication.

– Révision du découpage des circonscriptions électorales

– Révision et suppression de l’observatoire national actuel des élections

– Découplage des élections municipales, régionales et élections législatives.

– Retour du mode de scrutin de l’élection municipale à deux tours

– Admission de la presse indépendante pendant le dépouillement afin de relayer en temps réel les résultats des votes

C. Les principales institutions de la République

a. Diagnostic

L’une des sources majeures des faiblesses de la démocratie pluraliste et de l’Etat de droit est constituée par la configuration même des institutions de la république telle qu’établie par la constitution :

– Concentration des pouvoirs en faveur de l’exécutif au détriment de l’assemblée nationale et du pouvoir judiciaire affaiblis et aux moyens dérisoires face à l’exécutif 

– Concentration des pouvoirs au sein de l’exécutif en faveur d’un président de la république omnipotent 

– Administration publique déresponsabilisée et instrumentalisée comme un simple levier aux mains du président de la république 

– Système institutionnel non représentatif de la diversité socio-culturelle du pays

– Secteur judiciaire monocolore et monolinguistique inféodé à l’exécutif

– Hiérarchie militaire et sécuritaire composée d’une seule communauté ethnique. 

b. Propositions de solution

– Rééquilibrer les rapports entre le président de la république et le premier ministre qui doit apparaître comme un vrai chef de gouvernement et non comme un simple commis du président 

– Soumettre toutes les nominations de la Haute fonction publique au débat parlementaire 

– Compléter et verrouiller la disposition d’interdiction de 3ème mandat par l’interdiction de candidature immédiate d’un proche direct du président sortant 

 – Interdire que les titulaires des fonctions de Président de la république, premier ministre, président de l’assemblée nationale, président de la cour suprême et président du conseil constitutionnel appartiennent à la même communauté ethnolinguistique. La représentativité de toutes les communautés doit y être la règle 

– Marquer l’indépendance de la Justice

– Réformer le secteur judiciaire de manière à refléter la diversité communautaire

– Installer une hiérarchie sécuritaire et militaire qui reflète la diversité communautaire du pays.

III- La gouvernance

La gouvernance est le cœur de l’action d’un Etat qui veut assumer pleinement ses fonctions structurantes en tant qu’architecte du vivre-ensemble et du bien commun de sa population.

A. Corruption et népotisme

a- Diagnostic :

La corruption, le népotisme et les détournements de fonds publics sont devenus des pratiques structurelles au sein de l’administration. Ils traduisent une logique d’appropriation privée de l’appareil d’État et ancrent une culture de prédation incompatible avec les exigences de transparence, de justice et d’intérêt général.

Facteurs explicatifs :

– Absence de critères objectifs et transparents dans le recrutement.

– Système budgétaire opaque, déconnecté des résultats concrets.

– Mécanismes de contrôle inefficaces et non indépendants.

– Impunité persistante affaiblissant la crédibilité des institutions.

– Marginalisation de l’éducation civique dans le système scolaire.

– Emprise des tribus sur l’Etat

b- Propositions :

– Codification de l’administration publique.

– Promulgation d’une loi instituant un Code de l’administration publique.

– Définition claire des profils de hauts postes.

– Approbation parlementaire obligatoire pour certaines nominations.

– Interdiction du recyclage des fonctionnaires sanctionnés.

– Création d’une commission permanente d’évaluation des profils.

– Réforme de la gestion budgétaire.

– Adoption d’un budget-programme fondé sur des objectifs mesurables et des indicateurs de performance (inspiration : Maroc 2015, Sénégal 2020).

– Renforcement de la culture civique.

– Réintégration de l’éducation civique avec un coefficient significatif.

– Pédagogie active : jeux de rôle, mini-projets citoyens.

– Implication accrue de la société civile dans le contrôle social.

– Limitation de l’hégémonie des tribus sur l’Etat par la suppression des rentes attribuées

B. Contrôle et transparence

a- Diagnostic :

Les dispositifs actuels de contrôle souffrent d’un manque d’indépendance, de moyens, et de portée réelle. Leur action reste symbolique.

Constats

– Commission anticorruption non indépendante

– Cour des comptes sans autonomie et sous-dotée

– Inspection générale d’État dépendante, sans mission préventive

b- Propositions :

– Autonomiser les organes de contrôle

– Doter la commission anticorruption d’un budget propre, d’un pouvoir de saisine directe de la justice et d’une autonomie fonctionnelle

– Réformer la Cour des comptes

– Rendre les modalités de nomination plus transparentes

– Renforcer des effectifs et des prérogatives

– Refonder l’Inspection générale d’État en lui donnant une indépendance d’action

– Effectuer des missions régulières et préventives, produire des rapports publics consultables par le Parlement et les citoyens.

C. Redistribution et partage équitable des richesses

a- Diagnostic :

La redistribution reste ponctuelle, assistancielle et peu structurante. Les inégalités sociales et territoriales perdurent et se creusent encore plus.

b- Propositions :

– Instaurer une redistribution fondée sur l’équité territoriale et sociale qui tient de la démographie et de la justice sociale

– Investir dans les infrastructures de base (éducation, santé, logement, routes, énergie, barrages)

– Réduire les disparités régionales

– Instaurer une fiscalité progressive et solidaire.

D. Efficacité économique et transformation structurelle

a- Diagnostic

– L’économie reste extravertie, dépendante de l’exportation de matières premières

– La création de valeur ajoutée et d’emplois durables est faible.

b- Propositions de solution

– Élaborer une stratégie nationale de transformation industrielle.

– Développer des chaînes de valeur.

– Créer de filières industrielles porteuses et génératrices d’emplois

E. Décentralisation et développement local

a- Diagnostic

La décentralisation, amorcée depuis 1987, reste largement inachevée. Les collectivités locales souffrent de nombreuses faiblesses :

– Faibles capacités institutionnelles et administratives.

– Incompétence généralisée liée au manque de formation des élus et à l’absence de métiers territoriaux structurés.

– Insuffisance des ressources financières.

– Forte dépendance vis-à-vis du budget de l’État.

– Faible autonomie fiscale et déséquilibres territoriaux marqués.

– Nécessité de revoir le découpage administratif pour une meilleure cohérence économique.

– Centralisation excessive du pouvoir.

– Double tutelle des collectivités ralentissant leur action.

– Problèmes de gouvernance locale : politisation, manque de transparence, clientélisme.

– Inégalités régionales et sociales, marginalisation des zones rurales.

– Enjeux sociopolitiques et sécuritaires : faibles capacités locales de prévention des conflits.

b- Propositions :

– Réforme des textes de la décentralisation

– Création de filières spécialisées pour les métiers territoriaux

– Transfert effectif des compétences avec budgets correspondants

– Élaboration d’une stratégie nationale de réduction des inégalités territoriales

– Renforcement des capacités des élus et du personnel local

– Instauration de mécanismes de redevabilité et de participation citoyenne

La réussite de la décentralisation est une condition essentielle de la cohésion nationale, de la stabilité démocratique et du développement équilibré du pays

F. Politique environnementale

a- Diagnostic :

La dégradation environnementale affecte la sécurité alimentaire, la santé publique et la stabilité sociale.

Enjeux critiques :

– Avancée du désert

– Dégradation des ressources en eau

– Surexploitation et pollution marines

– Urbanisation sauvage, déforestation

– Faiblesse des mécanismes de contrôle

b- Propositions :

– Gouvernance environnementale renforcée

– Création d’une Autorité nationale indépendante pour l’environnement et le climat

– Mise en place d’une plateforme de coordination intersectorielle

– Formation et professionnalisation

– Création d’une École nationale de l’environnement et de la transition écologique

– Renforcement des capacités de contrôle

– Recrutement et équipement d’une police de l’environnement professionnelle

-Décentralisation de l’action environnementale via les conseils régionaux de l’environnement

IV Diaspora et Emigration

A. Une diaspora dynamique

a- Diagnostic

Une diaspora très importante et dynamique mais ignorée. En 2023, les transferts de fonds ont représenté près de 70 millions USD, soit 0,57 % du PIB, selon la Banque mondiale.

Pourtant, la diaspora ne bénéficie d’aucune représentation politique directe ni de mécanisme structuré d’influence sur les décisions nationales.

Elle est souvent sollicitée uniquement pour les collectes de fonds.

bPropositions de solution

– Participation politique de la diaspora : Accorder le droit de vote à distance (électronique ou consulaire) et Réserver 02 à 04 sièges à la diaspora à l’Assemblée nationale

– Création d’un Haut Conseil de la diaspora : Organe élu par les Mauritaniens de l’extérieur. Statut autonome avec droit de proposition législative consultative.

 – Volet Diplomatique pour les Mauritaniens à l’étranger : Garantir aux Mauritaniens vivant à l’étranger une présence diplomatique de proximité, protectrice et efficace. Création et multiplication de consulats mauritaniens dans les grandes villes où vivent des milliers de Mauritaniens souvent éloignés de toute représentation officielle

– Mise en place d’un fonds d’urgence pour les Mauritaniens à l’étranger

– Accompagnement des étudiants et travailleurs à l’étranger

– Valorisation des compétences et des talents de la diaspora

– Lancement d’un programme “Mauritaniens d’excellence à l’étranger”

– Création de Banque de la diaspora

B. Une émigration accélérée

a- Diagnostic

– Une jeunesse abandonnée : 23,7 % des jeunes de 15 à 24 ans sont au chômage, dont près d’un tiers de jeunes femmes (ONS, 2023). Les politiques de l’emploi sont inopérantes : pistons et clientélisme remplacent la compétence.

– Un enseignement déconnecté des réalités économiques : les filières professionnelles sont dévalorisées.

– La jeunesse est exclue du jeu politique par un verrouillage institutionnel, et les

jeunes rapatriés font face à un accueil inexistant.

bPropositions de solution

– Lutte contre l’émigration clandestine : création de milliers d’emplois sur 5 ans

– Déploiement de formations techniques dans les zones marginalisées

– Création d’un Fonds national pour la jeunesse marginalisée, piloté par le

Ministère de l’Emploi, l’ANAPEJ, les collectivités locales et cofinancé par des

bailleurs

V. Autres axes

Concomitamment à l’approfondissement des grands thèmes les axes ci-après feront l’objet d’ateliers 

  1. Secteur judiciaire
  2. Secteur Education
  3. Secteur Santé
  4. Secteur Economie
  5. Secteur Défense et sécurité

MEMO DIRECTIF

Les thèmes devant faire l’objet de commissions spécialisées (composées d’experts mis à disposition par les membres signataires de la feuille de route de l’opposition) devant approfondir le sujet pour être bien armé lors du dialogue national :

  1. La forme constitutionnelle de la république et séparation de pouvoirs
  2. Le clivage politique et asymétrie de la dichotomie opposition-majorité
  3. L’esclavage et ses séquelles
  4. L’exclusion et les discriminations
  5. Le passif humanitaire
  6. Le problème des terres
  7. Le statut des partis politiques
  8. Le système électoral
  9. La corruption et le népotisme
  10. La redistribution et le partage équitable des richesses
  11. La décentralisation et le développement local
  12. La diaspora et l’émigration

Modèle de plan de présentation du thème par la commission spécialisée :

  1. Rappel de l’importance politique du thème
  2. Présentation des lois et des règlements régissant le thème
  3. Une présentation détaillée de nos propositions sur la base de celles avancées dans la plateforme validée par les signataires

NB : faire des propositions simples, claires et applicables immédiatement

        Chaque commission sera présidée par un ou deux signataires de la plateforme