Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 12/11/2025

A mes compatriotes arabophones, 

L’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 (Loi numéro 93-23 du 14 juin 1993 portant Amnistie) n’est pas une menace, ni pour l’Etat, ni pour une communauté bien précise. Elle ne peut être une menace que pour les criminels qui ont commis des atrocités à l’encontre d’une frange de notre population. Nous ne devons pas nous identifier aux criminels. 

Nous devons TOUS demander l’abrogation de cette loi, comme point de départ pour une approche consensuelle, basée sur la justice et la réconciliation. C’est une cause juste et une cause de tous les mauritaniens, ce n’est pas la cause de certaines organisations ni la cause d’une communauté. Son abrogation va faciliter la réconciliation, en permettant de clôturer définitivement ce dossier qu’on traîne comme un boulet. Un véritable serpent de mer.

L’abrogation de cette loi scélérate et l’engagement d’un processus de justice transitionnelle ne signifie pas nécessairement un règlement de comptes, mais une juste reconnaissance des fautes et des crimes commis et une réparation équitable et surtout des mesures de non répétition.

 Il revient à l’Etat de dégager sa responsabilité, en demandant pardon, parce que le régime incarnait l’Etat à un certain moment et en dédommageant les victimes, en créant les conditions d’un dialogue qui permet de tirer au clair ce qui s’est passé, de situer les responsabilités et de prendre des mesures destinées à éviter la répétition de tels actes.

Il existe deux niveaux de responsabilité, un niveau politique qui relève du chef de l’Etat de l’époque, qui n’a pas nécessairement donné les ordres, mais qui a créé le contexte propice aux exactions et surtout n’a pas agi pour en punir les coupables ; et un niveau de responsabilité personnelle, qui incombe aux exécutants et aux donneurs d’ordre, qui sont plus ou moins connus. 

Un tel processus ne signifie nullement de s’attaquer à l’armée nationale. Si l’Etat doit être tenu pour responsable, à titre politique, il serait faux et abusif de considérer que l’institution militaire serait responsable en tant que corps. Les exactions commises ont été très localisées (essentiellement dans trois bases militaires) et n’ont impliqué qu’un nombre limité de donneurs d’ordre et d’exécutants, à telle enseigne que longtemps durant la très grande majorité des militaires ignorait complètement ce qui s’était passé. Ce serait aussi un abus de penser que l’armée nationale est solidaire d’une petite poignée de tortionnaires.

Toutefois, certaines acteurs cultivent délibérément la confusion et l’amalgame. Ils devraient pourtant savoir que ce processus ne passe pas par la justice ordinaire. Il s’agit d’une problématique politique qui ne peut être résolue à travers un processus judiciaire ordinaire, encore moins au niveau des instances internationales. L’activisme dans les sphères internationales, même s’il peut accélérer la prise de conscience de la nécessité d’une solution, parasite fortement un tel processus et empêche l’émergence d’un consensus national sur la question. C’est pourquoi il serait recommandé d’avoir recours à la justice transitionnelle qui met en place des mécanismes adaptés pour prendre en compte la dimension politique du problème.  

Pour autant, la gravité des actes commis est telle qu’elle continue de miner la cohésion nationale. Le pays ne pouvant s’accommoder de la persistance d’un contentieux non résolu ni d’approches partielles qui ont prévalu depuis ces tristes événements, seul un processus associant l’ensemble des parties prenantes, y compris les ayants droits des victimes, l’armée, les partis politiques, la société civile…permettrait de faire lumière sur ce qui s’est réellement passé et de jeter les bases d’une réconciliation durable. Le processus de dialogue qui va s’ouvrir incessamment est l’opportunité idéale pour clore définitivement ce dossier.

NB : Ce texte, en cours de traduction, sera publié en arabe, incha Allah.

Mohamed El Mounir

Sénégal : conflit autour de la présidence de la coalition Diomaye

APANEWS – Alors que le chef de l’État annonce le remplacement de la présidente de la coalition « Diomaye président » par l’ancienne Première ministre Aminata Touré, le PASTEF conteste son autorité et rejette cette nomination, révélant au grand jour les fractures au sein de la famille politique qui a remporté l’élection présidentielle de mars 2024.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) dirigé par son Premier ministre Ousmane Sonko, affichent publiquement leurs divergences sur la restructuration de la coalition « Diomaye Président », comme en témoignent deux documents rendus publics mardi soir.

Dans une lettre d’information datée du 11 novembre 2025, le chef de l’État annonce avoir mis fin, depuis le 10 septembre dernier, aux fonctions d’Aïssatou Mbodj à la tête de la coalition présidentielle. Il justifie cette décision par la nécessité d’une « réorganisation » pour rendre la coalition « plus opérationnelle, mieux structurée et pleinement performante ».

Le président Faye a désigné Aminata Touré, ancienne superviseure générale de sa campagne électorale, pour conduire ce processus de restructuration, déplorant « la léthargie et les facteurs de division » qui persistent deux mois après sa demande initiale.

Dans un communiqué publié le même jour, le Bureau politique national du PASTEF conteste frontalement les décisions présidentielles. Le parti souligne que le processus de restructuration « a déjà été entrepris » sous la conduite d’Aïssatou Mbodj, aboutissant à la production de textes préparatoires incluant une charte, un règlement intérieur et une proposition de nouveau nom : « APTE (Alliance patriotique pour le travail et l’éthique) ».

Le PASTEF rappelle que « Bassirou Diomaye Faye n’a pas le pouvoir de démettre Aïssatou Mbodj, qui a été désignée par la Conférence des leaders », ajoutant que « la coalition n’a jamais eu comme président Bassirou Diomaye Faye, qui en était uniquement le candidat ».

Le parti se démarque également d’Aminata Touré, affirmant ne partager avec elle « ni les mêmes valeurs ni les mêmes principes ». Le PASTEF annonce poursuivre son propre agenda, notamment « parachever la coalition APTE, sous la présidence de Aïssatou Mbodj ».

Bassirou Diomaye Faye avait été désigné candidat du PASTEF à l’élection présidentielle initialement prévue en février 2024 et reportée à mars de la même année, après qu’Ousmane Sonko, leader du parti, s’était vu empêcher d’être candidat.

Alors secrétaire général du PASTEF, le candidat de la coalition Diomaye Président a remporté le scrutin face à Amadou Bâ, candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar de l’ancien président, Macky Sall. Après son accession à la magistrature suprême, le chef de l’État a démissionné des instances de décisions du PASTEF.

AC/Sf/APA