Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Meeting UPR : Pari gagné ?

L’Union pour la République (UPR), principal parti de la majorité présidentielle a réussi le pari de la mobilisation lors du meeting qu’il a organisé, le samedi 25 décembre, dans l’après-midi, à l’ancien aéroport de Nouakchott, sous le thème de l’« équité ». C’est en tout cas le moins que l’on puisse dire, eu égard à la forte foule qu’il y a eu. Comment ? C’est la question que les observateurs se posent. Parce que ce sont des vagues de citoyens qui sont venus de tous les quartiers de Nouakchott, à pied ou à bord de véhicules. On a senti comme une espèce de « compétition » des différentes fédérations et hauts cadres dans la mobilisation. On s’est, par la même occasion, rappelé des méga meetings d’Ould Abdel Aziz en 2009 à la centrale thermique de Nouakchott quand il clôturait sa campagne présidentielle ou celle de l’aéroport en 2019, au terme d’une tournée au profit de son alter ego et candidat, Ould Ghazwani. Ce mega meeting renseigne que des leçons apprises depuis le PRDS de Ould Taya restent, au vu des pratiques, toujours vivantes. En dépit de belles paroles dont on nous arrose, les autorités mauritaniennes, les hauts responsables continuent à démontrer au peuple mauritanien combien ils sont passés maîtres dans la métamorphose politique. L’opportunisme et l’hypocrisie quand elles nous tiennent !

Un nouveau tournant ?

Si l’objectif de ce meeting était de réaffirmer le soutien du parti au président de la République, à ses engagements, l’UPR peut se frotter les mains. Et si on était dans une compétition électorale, on peut affirmer sans gros risque de se tromper que le président Ghazwani sortira victorieux, haut la main au premier tour de son 2e mandat. Seulement, on n’en est pas encore là. Il lui reste presque la moitié du parcours. Le président et son parti ont réussi cette rentrée politique et partant à renvoyer aux oubliettes, aussi bien l’ancien président Aziz qui ne baisse pas les bras et dont les soutiens continuent à se battre pour le sauver, mais également l’opposition dont les grands partis ont presque sombré dans un mutisme préoccupant

C’est là une situation paradoxale dans la mesure où ce meeting intervient dans un contexte social particulièrement difficile. Les prix des denrées de première nécessité ne cessent de flamber, rendant davantage précaire la vie de la majorité des populations. Au vu du meeting, on comprend pourquoi les mauritaniens qui grognent dans leur majorité ne manifestent pas, comme ailleurs contre la hausse des prix. Pourtant dans les rues, bureaux et transports, ils ne cessent de pester contre le pouvoir, contre la dégradation continue de leurs conditions de vie, contre les lenteurs dans les changements qu’ils attendent de leur Rais, lequel vient de se rendre compte, deux après son élection que ses promesses tardent à profiter aux populations. Aussi, il aura fallu que le président fasse le constat pour que l’UPR se rappelle peut-être que celui qu’elle avait choisi comme « référence » contre celui qui l’avait fondée, que celui-ci a besoin de son soutien. Un soutien pas très déterminant depuis son congrès de fin décembre 2019. Comme on dit ailleurs, quand le président tousse, c’est le gouvernement ou le Parlement qui s’enrhume.

Le contexte politique est quant à lui aussi grippé ; le dialogue en gestation peine à accoucher d’un consensus autour d’un comité de pilotage. Et si cela met en mal l’opposition, cette situation réjouit certains faucons de l’UPR et du gouvernement, opposés à toute idée de dialogue.

Au sortir de ce meeting dit de l’« équité », le président est conforté par sa majorité et peut désormais aborder un nouveau tournant dans sa gouvernance. Le recentrage de l’Inspection générale d’Etat, rattachée désormais à la présidence de la République et les changements opérés, il y a quelques jours à la tête des forces armées et de sécurité seraient-ils un prélude à la refonte du gouvernement et des établissements publics qui servent à caser « les recyclés » qui perpétuent la gabegie ? On ne fait pas du neuf avec du vieux, surtout quand l’équipe peine à gagner parce que constituée de gens « mouillés » jusqu’au cou. On a vu comment certains ont essayer de se repositionner à l’occasion du meeting de l’équité. Recyclage quand tu nous tiens !

« L’équité », disent-ils

Le meeting de l’UPR a été l’occasion de revisiter les thèmes de prédilection du président de la République, mainte fois répétés dans ses discours dont celui récent d’Ouadane. C’est celui- là qui a été le déclic pour sortir l’UPR du silence.

 Aussi, le président de l’UPR a-t-il repris ces thématiques. Il d’agit des archaïsmes sociaux et leurs pesanteurs sur certaines composantes du pays, victimes de marginalisation. « Le temps de la hiérarchisation sociale est révolu », a déclaré Ould Taleb Amar devant un public acquis à la cause ghazwanienne. Il a rappelé la volonté du président de la République de « rebâtir une société unique qui ne présente pas les personnes sur la base de leur appartenance à telle ou telle frange sociale. »  Enfin, pour le président de l’UPR, l’« État ne reconnaîtra le citoyen que sur la base de son rendement pour son pays et à son peuple », et « la justice est désormais consolidée et bâtie sur des bases solides et sures ». Il a aussi évoqué l’unité nationale, la cohésion sociale mais également les réalisations du président Ghazwani, lequel s’est offusqué, il y a quelques semaines des retards dans l’exécution de ses engagements électoraux.

En effet, dans son discours d’Ouadane, le président a prononcé plusieurs fois ce vocable d’ « unité nationale » dont on parle depuis des années sans qu’on sache exactement ce qu’il faut y mettre comme contenu, au point qu’il risque de devenir un slogan creux comme la « lutte contre la gabegie », «le président des pauvres » dont le nombre ne cesse d’augmenter dans le pays. Parce que depuis les évènements de 87-90, très peu de progrès ont été notés dans le règlement du passif humanitaire et les efforts faits pour régler la problématique de l’esclavage n’ont profité que très peu aux victimes de cette pratique et de ses séquelles. ANAIR, TADAAMOUN et aujourd’hui TAAZOUR ont nourri beaucoup plus les hommes d’affaires, les fonctionnaires qui y travaillent et entretenu le clientélisme à travers de juteux marchés qu’à leurs cibles. Il ne suffit pas de parler de cette unité nationale mais la mettre en œuvre, d’enrayer les pratiques qui l’entravent au lieu de traiter ceux qui en parlent de racistes, d’extrémistes et de traitres, A côté des « nominations et établissements monocolores », dénoncés par certains acteurs politiques, il y a aussi ce qui se passe dans les médias publics où des actes sont posés tous les jours pour donner à certains l’impression d’être des  citoyens étrangers dans leur propre pays. La HAPA a eu le courage de dénoncer ce non-respect de la diversité telle que préconisée par la Constitution. Construire l’Unité nationale passe par le respect de l’autre dans sa différence, non dans une volonté de l’« assimiler» à marche forcée.

On ne peut pas construire une unité nationale en oubliant de montrer dans des manifestations pareilles, ce que le pays compte comme diversité (Festival des villes du patrimoine). C’est l’une des raisons qui fait que nombre de citoyens ne se sentent pas concernés par ce genre de manifestations.

 

Exhibition de signes ostentatoires

Dans le contexte de COVID et de grande précarité de la majorité de la population, certains responsables devraient s’abstenir d’exhiber un luxe insolent dans les manifestions politiques. Ce qu’on a vu comme voitures de luxe dont certaines V8 sans immatriculation est tout simplement frustrant, voire provocant. On a assisté comme à un salon d’autos dernier cri. Bon Dieu, d’où ont-ils tiré cette richesse ? L’ont-elles acquise honnêtement ? On peut en douter. La gabegie et la vente de produits illicites pourraient aussi être à l’origine de ces richesses ostentatoires. Pour les étaler, certains responsables de Moughataa n’ont pas hésité à planter des tentes pour installer, avec nourriture et eau des populations dont certaines ignorent pourquoi elles sont là. D’autres distribuent masques et des bouteilles d’eau aux passants. Certaines sociétés ont déporté sur le terrain leur logistique pour se faire voir. On aura tout vu. Comme toujours ! C’est dire combien la tâche d’ éradiquer la gabegie avec ses corollaires, le faux et l’usage  de faux, le trafic d’influence et autres, l’incivisme, les inégalités reste encore comme une illusion.

 
                                                                                                                                                                             Dalay Lam

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Soutenons et protégeons Samba Thiam, soutenons les principes, par Boubacar Diagana & Ciré Ba

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Les clameurs du «discours de Ouadane» se sont évanouies cédant la place aux interrogations.

Qu’adviendra-t-il des mots? Que restera-t-il de cette « invocation rituelle », que sont devenus les appels à l’unité nationale, des exhortations à «dépasser les survivances des injustices», à «rompre définitivement avec les préjugés et les stéréotypes» et à en «apurer les discours et les comportements»? Les mots survivront probablement.

Les actes ne suivront pas. Perdureront les comportements et les pratiques de toujours. On sait à quel point ils sont à rebours des incantations «ouadaniennes».

Les faits sont têtus

Ils demeureront ce qu’ils sont, résisteront et finiront par disqualifier totalement les incantations. C’est qu’ils sont, et de loin, de meilleurs révélateurs de la réalité profonde d’un pays, du pays, et du visage démasqué de ceux qui le régissent : un pouvoir évoluant en circuit fermé, fait d’entre-soi, fondé sur l’exclusion, le racisme, les discriminations, les pratiques éliminationnistes, d’invisibilisation et d’effacement des «indésirables». Des pratiques anciennes et ancrées qui persistent avec une implacable constance à harceler et à frapper toujours les mêmes.

La communauté et le mouvement négro-africains mauritaniens en sont la cible désignée et permanente. Les haalpulaar en ou ful6e sont de cette cible le cœur. Tous sont relégués au rang de parias et sont boudés par l’action et la parole publiques. Le discours de Ouadane ne pouvait faire exception. Il n’a pas fait exception. Le lire attentivement suffit pour s’en persuader. Qui sont donc identifiées à travers ces «franges qui ont permis de venir à bout des conditions naturelles difficiles»? A qui songeait le chef de l’Etat quand il vante ceux sans les « efforts légendaires » desquels « la cité n’aurait pas vu le jour et n’aurait pas survécu et résisté aux aléas du temps » ? Il n’y a d’ailleurs aucun mal à célébrer ceux qui le méritent. Bien au contraire. Encore faut-il les nommer. Ce serait tellement mieux. Comme tout discours, surtout quand il se veut porteur de récit réputé national, celui de Ouadane est situé. Il l’est au sens strict du terme : topographique. C’est tout.

Et c’est ce qu’a compris Samba Thiam écrivant très simplement : « j’ai lu le discours de Ouadane. Il ne me parle pas ; Il ne nous parle pas» et désignant ses vrais destinataires : «il semble s’adresser aux Haratine-Abeid». Nous y voilà. A ce stade, une précision s’impose. Elle est loin d’être superflue car veillent les censeurs sans scrupules et en mal de polémiques intéressées. La précision est typographique. Avez-vous observé que dans le texte de M .Thiam, les mots Haratine et Abeid sont séparés par un tiret , un signe distinctif, censé tout naturellement distinguer? Il n’y avait, à dire vrai, pour qui est honnête, dans le propos aucune équivoque, aucun jugement de valeur, a fortiori péjoratif. Juste l’énoncé d’un fait. Pourquoi alors les réactions qu’il a suscitées? Qui a sonné l’hallali, lancé la chasse à courre et déclenché la curée ciblant nommément un homme, un dirigeant politique?

Indexer clairement le dirigeant politique Samba Thiam, c’est l’exposer dangereusement à la vindicte populaire

Décréter (à tort de surcroît) que cet homme est à lui seul l’ennemi juré d’une communauté qui, comme toutes les communautés humaines, peut receler des extrémistes, des maximalistes, c’est l’exposer et exposer ses proches à des risques. Qu’est-ce qui peut donc bien expliquer ou justifier le départ que l’on dirait concerté de tirs au bazooka dans la même direction? D’où vient la belle synchronisation qui fait se coordonner des acteurs qui, d’ordinaire, ne font pas cause commune? Comment, en clair, expliquer l’alliance de suprémacistes et racistes maures avec un leader autoproclamé, fut-il de seconde zone, de la communauté et de la cause haratines? Précisons à toutes fins utiles que cette communauté, pas plus qu’aucune autre composante nationale, n’est en tant que telle concernée par les présents questionnements. Cela devrait aller sans dire mais au point où nous en sommes, cela ira forcément mieux en le disant. Et c’est triste. A qui la faute? Principalement aux amateurs de débats inutilement incendiaires.

« Droit de réponse aux propos graves du président des FPC». Tel est le titre dramatisant à souhait d’un article surjouant l’indignation et dont le signataire est réputé pour n’avoir ni retenue ni pondération. Son texte d’une violence aussi inutile qu’incompréhensible impute mille et un griefs au dirigeant des Forces Progressistes du Changement (FPC) dont celui et, en fait le seul explicité, d’user d’un « qualificatif irrespectueux à l’adresse de toute la communauté Haratine» et «de traiter toute la communauté Haratine de Abeid». Vous avez bien lu : toute la communauté Haratine! Et de poursuivre, menaçant à l’égard du président Thiam: «Osera-t-il nous sortir qu’il ignorait le sens et la différence entre ces deux noms, dont l’un est le contraire de l’autre». «Haratine veut dire affranchi alors que Abeid veut dire esclave». Nous y revoilà. Aussi curieux que cela puisse paraître, il est donc reproché à Samba Thiam, de la part de celui-là même dont le combat contre cette pratique ignoble est le credo, d’avoir décrit (et non « traité ») d’« esclaves » ceux qui, de manière ignoble, sont considérés et traités (cette fois le mot est approprié) comme tels par certains de nos compatriotes.

Le sens de la stigmatisation est bizarrement inversé. On ignorait que dire d’un dominé que c’est un dominé, d’une victime de discrimination que c’est une victime de discrimination, c’était la « traiter» ou l’insulter. Et pourtant ! «Au nom de quoi Samba Thiam continue de vomir publiquement la communauté Haratine»? Rien évidemment n’accrédite cette accusation absurde dans le texte incriminé. Il suffit de s’y reporter. Une fois encore, curieux raisonnement que celui qui considère que nommer des dominés, des victimes, des exclus, des asservis et par là même dénoncer les dominations, l’exclusion, l’asservissement d’êtres humains, ce serait donc «vomir» les intéressés. Les arguties sémantiques servant de bouées auraient-elles plus d’importance et de pertinence que la réalité de la domination? Faisons abstraction de la distinction établie par M. Thiam lui-même. Devrait-on considérer que le simple fait d’être « affranchi » efface par lui-même ipso facto la domination en tant que rapport, le mépris, les représentations et la chaîne des séquelles générées dérivant du statut antérieur? Dans ce cas, quel est l’objet du combat des différents mouvements haratines d’hier et d’aujourd’hui? N’est-ce pas une tentative de minorer le combat nécessaire mené notamment par nos compatriotes haratines que d’exagérer des nuances renvoyant davantage à des statuts formels, de relativiser la réalité et les mutations du joug subi?

Le combat contre l’esclavage, la chosification de l’homme, ses séquelles, quels qu’en soient les auteurs et à quelque communauté qu’ils appartiennent, doit être mené par et au sein de toutes nos composantes nationales car il est tout simplement le nôtre. Le signataire de l’article au vitriol regrette que, «au lieu de se féliciter», Samba Thiam « exprime clairement son mécontentement vis-à-vis d’un discours du chef de l’Etat qui dénonce la discrimination tribale qui frappe une frange importante de la population mauritanienne». Comme si tel était l’objet des objections de M.Thiam. Qu’elle est curieuse, cette injonction à «se féliciter» et donc à féliciter le puissant de l’instant ! Serait-ce la vraie raison de la colère? L’outrecuidant M. Thiam a osé ne pas « se féliciter» du discours de Ouadane. Crime de lèse-majesté!

Dans quel but et pour quel gain? Le supprimer, le jeter dans la corbeille et vider celle-ci

Retenons au passage que, dans sa verve, le «polémiste » a, sans s’en rendre compte, donné raison à celui qu’il attaque quand il accole le mot « tribal» à discrimination. Est-il besoin de préciser que «tribal» et «national» relèvent de deux échelons différents? Et que si le chef de l’Etat a fait le choix de dénoncer des «discriminations tribales” c’est bien qu’il assume celui de s’adresser prioritairement à un segment de la population à ce sujet. On notera curieusement que Samba Thiam est accusé délibérément et allègrement de glisser vers les «Haalpoulaaren» (c’est l’orthographe choisie par l’intéressé) entendus globalement comme communauté dont les « adages féodaux» ne portent que mépris éternel et irréductible des haratines. Il est également question d’ «excitation brutale ethnicisée » pour qualifier le propos de Samba Thiam (accusé pourtant par ailleurs de ne représenter que lui-même) en réponse au discours de Ouadane. Double globalisation alors même que le texte est signé du seul Samba Thiam. On aurait voulu créer des tensions intercommunautaires qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

La logique de l’amalgame et du mensonge est en branle avec tous les risques de dérives qu’elle comporte et que comporte toute tentative de communautarisation de divergences politiques. Dans quel but et pour quel gain? La fuite en avant atteint sa vitesse de croisière quand sont brandis en guise de menaces à l’égard de Samba Thiam des textes dont une loi réprimant les «pratiques esclavagistes». L’outrance et la démesure atteignent leur comble. Samba Thiam fait figure d’esclavagiste. On touche le fond.

Le débat public mérite mieux. Il doit, il devrait être régi par des règles, s’inscrire dans un cadre et surtout respecter une certaine éthique. Tous les coups ne sont pas permis. On doit «viser» les idées et non la tête de ceux qui les émettent car viser la tête c’est tirer pour tuer. Quant à allumer la mèche de la division et des tensions entre nos communautés, c’est prendre le risque de l’irréparable. Merci d’en prendre conscience alors qu’il est temps.

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 25/12/2021

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Mauritanie : le Général Moktar Ould Bella, nouveau patron des armées mauritaniennes

Le Général de division Mohamed Ould Bamba Ould Meguett quitte son poste de chef d’état-major des armées mauritaniennes (CEMAM).

La Présidence de la République a rendu public, mercredi, un décret nommant un Chef d’État-major général des armées, a indiqué mercredi 22 décembre, l’Agence mauritanienne d’information (AMI) qui cite un communiqué de la présidence mauritanienne.

« Par décret en date de ce jour, le Général Moktar Ould Bella, est nommé Chef d’État-major général des armées », a précisé l’Agence mauritanienne d’Information (AMI).

Pour rappel, le Général de Brigade Moctar Ould Bella était jusqu’ici le numéro 2 des armées mauritaniennes. Le Général de Brigade Moctar Ould Bella remplace le Général de division Mohamed Ould Bamba Ould Meguett

Par La rédaction de Cridem

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CONTRIBUTION : Je suis Samba Thiam

Chaque fois que la vaillante jeunesse négro-mauritanienne résiste aux projets sournois d’assimilation de la part de l’Etat mauritanien, la stupidosphère   nationaliste arabe se déchaine contre le leader des FPC. Tels des bourdons, ils polluent les réseaux sociaux, empêchant la tenue de tout débat sérieux. Aux idées, ils opposent des invectives; face aux projets, ils objectent par la distorsion, devant une vision, ils répondent par la diabolisation.

Un membre de cette horde, Sidi Ali O. Balamash s’est fendu récemment jusqu’aux tripes dans un article insipide pour dégurgiter sa haine sur Samba Thiam, dont la détermination inébranlable face aux tentatives d’annihilation des Noirs de Mauritanie fait de lui une sorte de scélérat aux yeux de certaines franges de la communauté arabo-berbère. Et pourtant, tous ceux qui l’écoutent avec la raison, l’approchent sans arrière-pensées et le pratiquent sans parti pris, découvrent un homme loin de l’image de paria qu’on nous dépeint à tour de crises. C’est un homme politique qui pose les problèmes de fond, invite à leurs discussions et propose des solutions. Sa méthode à lui est franche, sans langue de bois, ni faux fuyants. Il ne fait pas dans le louvoiement et ne caresse pas dans le sens des poils. 

M. Balamash, dans une incohérence débile, juxtapose des énormités inouïes. Tantôt c’est ” les berbères sont des Arabes purs “, tantôt ” l’élite française d’aujourd’hui parle anglais” ; parfois ce sont ” les dialectes locaux”. Bref… aucune réplique consistante au texte de Samba Thiam sur le discours de Ouadane.

Juste quelques précisions en passant : les Berbères ne sont ni des Arabes purs ou des Arabes de piètre qualité ; ils ne sont pas arabes tout court. Si vous doutez encore, demandez à ce journaliste saoudien qui a requis l’exclusion des pays du Maghreb de la coupe arabe des nations par ce qu’ils ne sont pas…arabes !

Chaque fois que l’opportunité leur a été offerte, les Berbères ont choisi de ne pas être arabes, mais Amazigh. Ce fut le cas dans les pays du Maghreb y compris la Libye où des voix se lèvent de plus en plus pour exiger la reconnaissance de l’identité Amazigh du pays. C’est cette opportunité qu’on leur refuse en Mauritanie depuis la bataille de Shar bouba.  Youssouf ben Tachefin n’est pas un arabe, c’est un métis Sanhadja de mère noire.

Excédé par cette confusion entretenue, Nizar Al Qabbani, dans un texte devenu célèbre exprime son agacement ainsi: << Non, nous ne sommes pas des arabes. Assez de mensonge, de tromperie, de fraude, de faiblesse, d’impuissance et de peur. Le syrien n’est pas arabe, l’irakien n’est pas arabe, l’égyptien n’est pas arabe, le libanais n’est pas arabe…Nous sommes des levantins, nous sommes des byzantins, des syriaques…nous somme des phéniciens>>.


Bien qu’agaçantes, ces sorties des Balamash et de son genre ne doivent ébranler aucune personne avertie. Ce sont là, les derniers soubresauts d’une bête à l’agonie, une sorte de baroud d’honneur de mauvais aloi. En effet, depuis que leur tête pensante, Al Mal-oune Saddam a été retiré du trou dans lequel il se cachait comme un rat d’égout et que le régime du rejeton de leur éminence grise ne tient en Syrie qu’à l’aide de l’ennemi juré “Al Fours Al majous”, les baathistes authentiques se sont terrés de disgrâce. Les nôtres, toute honte bue, continuent à s’acharner sur la communauté noire à la poursuite de leur chimère renvoyée aux calendes grecques partout dans le monde arabe.


Souweidi Ali conteste tout de go à notre président l’emploi du prénom “nous” remettant en cause son statut d’un des leaders de la communauté négro-mauritanienne. Laissez-moi vous dire, monsieur, que Samba Thiam parle pour moi, il parle pour Amadou Sarr, la fille de notre martyr Sarr Amadou, il parle pour Thomas Diallo sauvagement agressé par la soldatesque du régime. Il parle pour toutes les victimes du racisme d’Etat en Mauritanie, il parle pour tout le pays. Il pense ce que nous pensons; il dit ce que nous disons, seulement mieux et avec un courage rarement égalé.
Le discours de Ouadane ne nous parle pas. Il ne nous parle pas parce qu’il fait fi de nos réalités quotidiennes, faites de marginalisation politiques, d’exclusion économique et d’oppression culturelle, le tout enrobé dans une perfide sournoiserie et amplifiée par le jacassement des acabits de la trempe de O. Balamash avec une insolence sans commune mesure.


Le Président Ghazouani ne s’adresse pas à nous, car l’unité nationale qu’il prône nous exclut de facto. Il veut la faire sur nous, pas avec nous. Son unité nationale, à lui, passe sous silence la question de cohabitation, pour nous la principale contradiction. C’est une invite à la communauté dominante à taire ses querelles pour préserver son ascendance. C’est une sorte d’appel à un sursaut face au péril noir. C’est ainsi que nous l’analysons, eu égard à l’absence totale de nos préoccupations. L’accaparement des terres de la vallée ? Ni vu ni entendu. Le non enrôlement des négro-africains ? Une pure invention de Samba Thiam et de ses gens. Le non-accès des enfants noirs aux écoles d’excellence ? Pas de souci, elles sont faites pour les excellents…

Voilà pourquoi le discours de Ghazouani à Ouadane ne nous parle pas.

Par contre l’autre discours de Ouadane, le sermon de l’imam de la mosquée nous a donné en partie, du  baume au cœur. Un exemple de courage et de piété, cet homme de Dieu n’a pas manqué de rappeler au président ses obligations envers ses administrés, et l’a tenu responsable des malheurs de son peuple, notamment l’effusion de sang et le détournement des deniers publics par la classe dirigeante.

J’aurai aimé savoir la réaction de O. Balamash sur cet autre discours de Ouadane.

La Lutte continue

Abou Hamidou Sy

FPC/Amérique du Nord

20 Decembre 2021

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Le dialogue en gestation : Processus… covidé ?

Le processus de dialogue entamé depuis quelques mois serait-il déjà grippé ? Depuis la dernière réunion entre les acteurs de la majorité et de l’opposition, il semble en tout cas au point mort… ou presque. Lors de cette première rencontre convoquée par le président de l’UPR, les deux camps avaient à explorer les voies et moyens de mettre en place la commission de supervision des concertations. Chaque camp devait ensuite désigner ses représentants à ladite commission de pilotage. Depuis, les observateurs attendent.

Selon diverses sources concordantes, l’opposition peinerait à accorder les violons de ses membres. À commencer du président de l’APP, Messaoud ould Boulkheïr, toujours réticent à participer au dialogue dans les conditions actuelles. Pour lui, les concertations en vue ne devraient pas se jouer seulement entre les partis politiques :le sien réclame l’implication du président de la République afin d’apporter la caution de l’État au processus. L’homme fort de l’APP ne serait pas content, prétendent ses détracteurs, du traitement dont il serait l’objet de la part du président Ghazwani et de son parti qui n’avait pas apprécié les déclarations du leader hartani lors d’un meeting de huit partis de l’opposition. Certains de ses soutiens reprochent à Messaoud d’avoir trop fortement défendu la cause des Négro-africains – cela n’a pourtant rien de nouveau –  oubliant son invitation au président de la République à démissionner, si celui-ci n’osait pas affronter les difficultés du pays.

Ceci rappelé, le président Messaoud et le président Ould Seyidi de Tawassoul avaient été, au lendemain de ladite rencontre des huit partis de l’opposition,  conviés par le président de l’UPR à une rencontre à la Présidence mais les deux hommes avaient décliné l’offre. Cette attitude  avait déplu au pouvoir dont le premier chef ne semble pas décider à recevoir le leader haratine. Une rencontre entre les deux pourrait peut-être fait bouger les lignes… Pour certains analystes, Messaoud ould Boulkeïr estimerait que le président Ghazwani semble accorder plus d’intérêt à des acteurs politiques loin de sa trempe, alors qu’il avait été, lui, un des premiers soutiens du candidat.

L’autre réticence proviendrait du président de l’IRA, Biram Dah Abeid. Le député de Sawab a choisi de faire cavalier seul, réussissant à tirer avec lui le président du parti dont il est député. Ould Homa qui composait avec le reste de l’opposition ne participe plus, selon nos sources, aux réunions de celle-ci. Biram a opposé un niet catégorique à la délégation venue à son domicile pour le convaincre de rejoindre le collectif des opposants. Selon diverses confidences, il aurait même tenu des propos peu courtois à ses visiteurs. Et le voilà suspecté, depuis, de rouler pour une place parmi les six que l’opposition devrait envoyer à la commission de préparation du dialogue. Sa proximité avec Ghazwani expliquerait-elle cette posture du président de l’IRA tout auréolé des succès de ses récents voyages au Nigéria et aux USA ?

Mais que gagneraient l’APP et l’IRA/RAG à se détacher de l’opposition et à faire cavaliers seuls ? Que peuvent-ils faire en dehors de celle-ci, aussi perturbée soit-elle ? Peuvent-ils assumer la responsabilité de faire pâtir le dialogue que tous réclament ? Telles sont les  questions que nombre d’observateurs se posent. Face à l’attitude des deux leaders récalcitrants, le reste de l’opposition : Tawassoul, UFP, RFD, CVE et CVE/VR (coalitions de partis politiques à leadership négro-africain) et UNAD poursuivent leur bonhomme de chemin. Ils doivent d’ailleurs se réunir sous peu pour désigner enfin leurs représentants au comité de pilotage.  Ils espèrent que d’ici là les deux autres partis finiront par les rejoindre ; sinon, à tout le moins, le président Messaoud.

Il y a aussi que les deux camps – opposition et pouvoir – ne s’accordent pas sur la présidence de la commission de pilotage. L’opposition penche pour une personnalité d’envergure et consensuelle désignée par le président de la République : une façon d’impliquer davantage celui-ci. Car Ghazwani a voulu rester, jusqu’à ce jour, « au-dessus de la mêlée des parti politiques » mais cette position lui ôterait, selon l’opposition, toute responsabilité, notamment quand il s’agira de mettre en œuvre les résolutions adoptées lors des concertations. Quant à l’UPR, elle voudrait, selon des sources dignes de foi, soit assurer ladite présidence, soit voir se mettre en place une coprésidence majorité-opposition. Et s’en tenir, au final, à la volonté du président de la République.

Mort-né ?

L’absence de dialogue pourrait faire l’affaire des « faucons » du régime clamant qu’il n’y a pas de crise nécessitant des concertations nationales, ce que le Président lui-même disait, avant de céder aux plaintes de l’opposition. Toute lenteur pourrait apporter de l’eau à leur moulin, jouant également sur l’agenda politique en perspective. En ce que, s’étirant en longueur, le dialogue pourrait occuper le gouvernement et tous les acteurs politiques ; en somme, l’ensemble du pays. Certaines résolutions du dialogue pourraient-elles demander quelques modifications de la Constitution ?II faudrait alors passer par référendum ou voie parlementaire…Alors que les législatives pointent à l’horizon 2023, suivies, l’année suivante, de la présidentielle. Des arguments que les faucons useront pour battre en brèche le dialogue.

Ils redoutent que celui-ci ne serve de prétexte pour passer aux cribles les insuffisances du gouvernement, loin, comme le sait tout le monde, de faire l’unanimité : il peine non seulement à évacuer le dossier de l’ex-président Ould Abdel Aziz et à lutter efficacement contre la gabegie mais aussi à enrayer la hausse continue des prix des produits vitaux. L’équipe de Mohamed Bilal est qualifiée d’«amorphe » ; l’incompétence de certains départements ministériels et leur incapacité à absorber les investissements ont été épinglées par certaines grosses pointures du gouvernement. Le Premier ministre a lui-même reconnu, devant le Parlement, les insuffisances et lenteurs dans l’exécution du programme électoral du président de la République… On se souvient des rumeurs selon lesquelles, mécontent de l’action de son gouvernement, le président de la République avait quitté le Conseil des ministres sans lever la séance. Depuis quelques jours, d’autres rumeurs évoquant l’imminence d’un remaniement du gouvernement circulent en conséquence dans les bureaux et salons… Et l’on n’oubliera pas, ici, que les rumeurs, en Mauritanie, sont souvent des « fuites » de salons de hauts responsables de l’État. 

La réalité est que la gouvernance d’Ould Bilal ne fait que peu d’heureux. Aussi note-t-on comme une lame de fond, encore timide certes mais perceptible, au sein de la population, surtout la plus démunie qui n’arrête pas de s’appauvrir. Même si les citoyens ne sortent pas dans la rue pour protester contre la dégradation continue de leurs conditions de vie, celle-là est bel et bien vécue et ressentie cruellement. Des voix s’élèvent pour dire que Ghazwani ne fait pas mieux qu’Ould Abdel Aziz dans le domaine économique et social. Bon nombre de mauritaniens reprochent à leur raïs de « se murer dans un silence préoccupant »  ou de se complaire dans l’autosatisfaction, comme lors de son discours du 28 Novembre. Une attitude dénoncée par le président Messaoud ould Boulkheïr, déclarant au cours d’un meeting : « […] un président qui n’ose pas prendre des décisions audacieuses doit démissionner ». Une déclaration qui suscita, comme dit tantôt, une réaction musclée de l’UPR.

Dalay Lam

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