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Vous avez bien dit “57 années d’indépendance !?”
La semaine dernière, nous avons célébré le 57ème anniversaire de l’indépendance. C’est un rituel immuable. Pour certains d’entre nous, il est d’importance, pour d’autres, il n’a pas une grande signification.
C’est le jour du passage à la liberté, pour les uns et pour les autres, c’est juste une passation de service entre deux ordres assez peu différents, à la limite, un simple transfert de l’hégémonie française à celui d’un groupe d’individus qui a fini par se confondre au Système.
Pour une partie de la population, il revêt une toute autre signification : il serait plutôt le symbole du sang et celui des martyrs à Sorimalé, Inal et entre autres sites qui abritent les fosses communes des leurs ! En tout état de cause, les Mauritaniens, aussi indifférents ou engagés soient-ils dans la consécration de la Nation Mauritanie, sont unanimes à dire qu’ils ont fêté dans un climat général de malaise.
N’en déplaise aux opportunistes tapis dans l’ombre, aux laudateurs du régime et aux tenanciers de “L’épicerie”, l’écrasante majorité du peuple mauritanien est empêtrée dans le mal vivre .
Qu’ils soient dans la nébuleuse de l’opposition, ou même au sein de la majorité, ils sont tous, unanimes à dire que la Mauritanie ne mérite pas son sort, qu’elle peine à se constituer en Etat fort et développé, qu’elle est dans une impasse qui ne finit point.
Depuis l’arrivée des militaires en 1978, la Mauritanie va de mal en pis au gré des médiocres régimes qui se sont succédé à sa tête. Les Mauritaniens vous le diront tous : 57 ans après la proclamation de leur indépendance, les choses n’ont toujours pas évolué dans la normalité.
En tout cas, pas dans le sens d’un développement socio-économique de leur rêve. C’est pourquoi, ils ont marre de vivre l’hypocrisie comme une valeur et le mensonge comme une vertu. Ils n’en peuvent plus de voir que dans cette société, toutes les valeurs et les bonnes mœurs sociales ont foutu le camp.
Ils ne supportent plus que le mensonge, la triche et l’exploitation éhontée de la position ou du rapport temporel des forces, soient les seuls instruments magiques qu’utilisent les “puissants” pour imposer leur ordre immoral. Ils en ont la chair de poule de ne mériter que la totale soumission ou le mépris.
Ils en ont marre de la Mauritanie du détourneur qui se sert en criant gare aux corrompus et aux gabégistes. De la Mauritanie des “vertus” qui consacre les fumiers, finance les corrompus, adule les voleurs des marchés publics et propulse les plus médiocres par dévotion à leur ascendance tribale ou ethnique.
De la Mauritanie des laudateurs qui donne du pays le reflet de la Patrie au million d’hypocrites et de laudateurs. De la Mauritanie du tribalisme, du régionalisme et du caporalisme de Papa qui fait du médiocre un roi et du méritant moins qu’un vaurien !
Projetés au bord du gouffre par ceux qui les gouvernent, les Mauritaniens aspirent, dans une grande partie, à voir leur pays vivre dans un minimum de normalité sur tous les plans. Ils rêvent de s’épanouir dans une patrie où tout est limpide et clair ; où le développement des structures étatiques se passe dans les meilleures des mondes possibles, où les rapports entre communautés sont équilibrés et pacifiés dans le respect des spécificités et des droits de chacun.
Partout et en toutes circonstances, les mauritaniens de toutes conditions, implorent le ciel pour que les valeurs de citoyenneté, fondées sur l’abnégation dans le service de la collectivité, l’honnêteté avec soi-même et avec les autres pour le bien-être de tous, deviennent une réalité que tout le monde intègre dans sa philosophie et son savoir vivre quotidien.
Nous ne devons pas nous leurrer, un pays ne peut pas être construit sur le mensonge. Et notre mensonge national dure depuis plus depuis l’arrivée des militaires en 1978, si ce n’est bien avant en 1960. Parce que nos dirigeants n’ont pas été toujours au rendez-vous. Nos intellectuels n’ont pas été toujours capables.
De l’indépendance à ce jour, nos commerçants n’ont jamais cessé de nous dépuceler et nos enseignants n’ont cessé de nous pourrir les esprits.
Nos médecins et nos pharmaciens ont passé leur temps à nous intoxiquer et nous suicider en cobayes passifs pendant que nos érudits nous empoisonnaient les têtes. Nos fonctionnaires nous ont sans cesse arnaqués. Depuis 1960, nos journalistes n’ont cessé de nous leurrer pendant que les professionnels des médias nous mentaient.
Notre opposition nous a longtemps baratinés. Notre majorité nous a trahis. Nos députés nous ont marchandés, achetés négociés pour nous vendre. Nos diplomates nous ont négligés à l’étranger face á l’adversité sans contrepartie pour la patrie.
Aujourd’hui, seul notre attachement au rêve nous permet de maintenir un semblant d’État. 57 ans durant, le peuple n’a eu que le rêve et l’espoir, à se mettre sous les dents.
Omar. El Moctar
L’AUTHENTIQUE
Démonétisation de l’Ouguiya: Économiquement et à l’écart de la politique partisane
La décision prise par la Banque Centrale de Mauritanie de démonétiser la monnaie nationale, actuellement en circulation (MRO), et d’émettre une nouvelle Ouguiya (MRU), dont l’unité vaut dix unités de la monnaie actuelle, à partir du mois de janvier prochain, n’est un effet q’un changement de la valeur nominale de la monnaie actuelle (suppression d’un zéro). Cette transition n’aura aucun impact direct sur l’économie réelle ou sur le niveau de production (ni positif ni négatif) si elle se réalise d’une manière prudente et efficace. Elle n’affectera pas non plus le pouvoir d’achat, l’investissement, l’épargne, l’inflation ou le nouveau taux de change de la nouvelle Ouguiya par rapport aux autres devises (10 fois plus forte, nominalement).À condition qu’il n’y ait pas d’accord préalable entre les autorités mauritaniennes et le Fonds Monétaire International pour dévaluer la monnaie mauritanienne dans l’avenir proche et qu’il y ait une politique économique, financière et monétaire transparente et efficace.
En pratique, cette transition aura un impact positif sur les transactions et les opérations bancaires et contribuera également à la réinjection de liquidité dans le circuit bancaire à court et à moyen terme.
Ceci dit , la démonétisation de l’actuelle Ouguiya et la réduction de la valeur nominale de sa future version peuvent créer une confusion dans le calcul de certains citoyens, ce qui peut conduire à leur scepticisme quant à l’objectivité de cette décision.
Cela peut constituer un défi et exige généralement des autorités l’organisation d’une vaste campagne de sensibilisation, en particulier auprès des citoyens à faible revenu, et qu’elles donnent le temps nécessaire pour réaliser cette transition de la meilleure façon possible.
En fin et à l’écart de la politique partisane, cette démonétisation en elle-même est une décision qui revient aux autorités et pourrait être considérée comme une réalisation. Mais à court terme, elle n’est pas nécessairement considérée comme une réforme économique dû à l’absence d’impact direct sur les agrégats macroéconomiques( PIB, balance des paiements, chômage, inflation … etc). En ce qui concerne le long terme, nous devons tous attendre pour savoir quel sera l’impact économique de cette démonétisation. Wait and see!
Qu’Allah le Tout-puissant nous accorde sa bénédiction.
Sid’Ahmed Maurice Benza
Mauriweb
Madame Houlèye Sall, présidente du collectif des veuves des militaires négro-mauritaniens exécutés dans les années 89 – 90 : ‘’Comment peut-on imaginer, un seul instant, que je puisse signer un accord qui …
… garantit l’immunité et l’impunité des criminels qui ont assassiné mon fils ?’’
Au lendemain de la libération des veuves et orphelins, arrêtés, à Kaédi, pour avoir tenté de manifester, à l’occasion du 57èmeanniversaire de l’Indépendance, Le Calame a rendu visite à la présidente du collectif des veuves, madame Houlèye Sall, à son domicile du 5ème arrondissement (Sebkha), près de Robinet Sarakhollé. Une vieille dame très remontée et amère. Elle prenait son petit déjeuner, sous l’œil attentif de son petit-fils. Houlèye Sall est la maman du lieutenant Sall Abdoulaye, mort à Inal, en 1990 et dont le képi continue à trôner au dessus du lit de sa mère.
Dans une discussion à bâtons rompus, « Mère Houlèye », pour les intimes, livre son sentiment sur la libération des veuves et orphelins arrêtés, le 28 Novembre à Kaédi, réaffirme la détermination des unes et des autres à se battre, pour que lumière soit faite, sur les tueries de leurs enfants, de leurs maris ou de leurs pères, par des « criminels » dont certains continuent à se pavaner dans de luxueuses voitures, occupant des postes de choix. Mère Houlèye revient sur la signature d’un accord, à la Présidence en 2009, et sur les pécules distribués aux veuves et ayants droit des victimes, accuse le président de COVIRE, Sy Abou et son groupe, de l’avoir « roulée dans la farine, pour assouvir leur objectif. Tant que la justice n’est pas rendue, il n’y aura pas de pardon, et, sans ce pardon, il n’y aura pas de paix, les enfants qui ont grandi aujourd’hui se battront pour venger leur papa », martèle cette dame de plus de 60 ans révolus.
Houlèye Sall ne pardonne pas à ceux qui l’ont conduite au palais présidentiel, la veille de la prière de Kaédi, pour lui faire signer, vers 4 heures du matin, un soit disant accord, pardonnant ceux qui ont tué son fils. Pour Houlèye, le président de COVIRE, son groupe et le général Dia portent une lourde responsabilité dans cette affaire et ils en répondront « devant Dieu et les hommes. Comment peut-on imaginer, un seul instant, que j’ai paraphé cet accord, pour absoudre ceux qui ont commis des crimes de sang contre nos êtres les plus chers ? », s’est-elle insurgée.
Le Calame : Quel est votre sentiment, après avoir appris la libération des veuves et orphelins arrêtés le 28 Novembre dernier à Kaédi ?
Houlèye Sall : Un sentiment de soulagement, pour ces personnes qui vont retrouver leur famille respective ; mais, aussi, un sentiment de révolte, face à cette énième injustice à notre égard. Ces femmes et enfants n’ont fait que manifester pacifiquement, pour que lumière soit faite sur la mort de leurs pères et maris qui accomplissaient, avec honneur et fierté, leur mission de défense de la Patrie, des hommes assassinés, à la fleur de l’âge, abandonnant femmes et enfants. Il n’y a rien d’illégal dans la manifestation de ces veuves et orphelins. Pour réclamer justice et punition, contre les auteurs des crimes de sang que rien ne saurait justifier, sauf la haine et le racisme, ils ont été arrêtés, violentés et jetés en prison. C’est révoltant, non ? Ces femmes et leurs enfants se battent, depuis près de trente ans déjà, pour crier leur colère, réclamer justice, pouvoir faire le deuil de maris et pères. Au lieu de leur prêter attention, on les charge, lors de leurs manifestations pacifiques. On nous a battus, on nous a arrosés de gaz lacrymogènes mais cela n’entame, en rien, notre détermination à obtenir justice. Ce ne sont pas les petits pécules distribués, à la sauvette, par des gens malhonnêtes du COVIRE et leur acolyte, le général Dia, qui cloront ce dossier, c’est nous faire injure que nous demander de renoncer à un droit.
Je signale que nous venions d’organiser un sit-in, suite à l’arrestation de nos collègues, devant le ministère de la Justice au cours duquel nos enfants et leurs mamans se sont battus, contre les forces de l’ordre. D’ailleurs, une des veuves, épouse de N’Dongo Saidou, a été sauvagement molestée et blessée, elle a été conduite, la nuit, à l’hôpital, pour des soins. Voilà ce que le gouvernement nous oppose depuis des années.
Je tiens, ici, à rappeler que nous ne baisserons jamais les bras. Tant que justice ne sera pas rendue, il n’y aura pas de pardon et, sans le pardon, il n’y aura pas de paix ; nos enfants ont grandi, ils vengeront cette injustice.
–Le gouvernement a décidé de clore le dossier dit « passif humanitaire » mais vous continuez à réclamer justice. N’aviez-vous pas signé un accord, la veille de la prière de Kaédi, le 25 Mars 2009, avec le président Aziz, pour apurer cette affaire ?
-Je ne peux pas pardonner à ces gens qui m’ont induit en erreur, pour se faire bonne conscience, auprès du président Aziz, en trompant les veuves, orphelins et rescapés. Ces gens ont sali ma personne et celle de mon fils, le lieutenant Sall Abdoulaye, paix à son âme ! Comment peut-on imaginer, un seul instant que je puisse signer un accord qui garantit l’immunité et l’impunité des criminels qui ont assassiné mon fils ? Je ne le ferai jamais.
Voilà ce qui s’est passé. Depuis sa fondation, le collectif des veuves s’est assigné, comme objectif, de faire la lumière sur ce qui s’est passé dans les casernes militaires et autres et qui s’est soldé par la liquidation physique de militaires négro-mauritaniens, dans les années 89 et 90. Nous réclamons la vérité et la justice. Au cours d’une rencontre au siège de COVIRE, le président de ce collectif, Sy Abou, me tira en aparté, pour me dire que nous allions partir pour un rendez-vous important, quelque part. Le crépuscule approchait quand il me fit monter dans sa voiture. Après un long détour, on arriva à un endroit que je reconnus tout de suite : le Sénat, et, alors que je le lui faisais observer, il me répondit que nous allions à la Présidence. Après une longue attente, dans une salle du Palais, on me conduisit dans une autre où attendaient le général Dia Adama et un gendarme de couleur noire, pour me faire signer un papier. Je fis remarquer que je ne savais signer que par une croix, le gendarme assis à ma gauche me montra où apposer la signature. Raky Bary, une veuve, signa après moi. Les douze autres rescapés en firent de même.
Nous sommes sortis du Palais vers 3 heures du matin, il faisait grand froid et je ne suis revenue chez moi que vers la prière du matin. Mais avant de nous séparer, on me dit qu’on devrait aller à Kaédi. J’ai fait savoir que je ne pouvais pas, j’avais mal aux jambes, le président Sy Abou m’a répondu qu’il n’y avait pas de souci puisqu’on allait me transporter dans une voiture de luxe. Mais ce que je réaffirme surtout, ici, c’est qu’on m’a fait signer un document dont je ne connaissais pas la teneur, je ne sais ni lire ni écrire ; même un numéro de téléphone, c’est mon petit-fils qui me le compose. On m’a trompée, une fois encore, et l’on ne m’a même pas remis copie du document. Dès lors que peut valoir celui-ci ? Peut-on qualifier ça d’accord ? Il s’agit d’une duperie de Sy Abou et de ses acolytes, je ne leur pardonnerai pas devant Dieu. Ils vivront dans la honte, ici et là. A Kaédi, ce qui devait arriver arriva.
-Et les réparations qui ont été données aux veuves, orphelins, rescapés et autres ayants droit ?
– Au cours d’une autre rencontre avec le Président – quatorze hommes et deux autres femmes, l’orpheline Hawa Dia et Ramata Sarayel – dont l’attente aura duré de 8 à 14 heures, j’ai dit, au président Aziz qui nous raccompagnait, sur le perron de la Présidence, que « les veuves souffrent parce que ceux qui leur assuraient le quotidien ont été tués ; elles sont devenues des domestiques, des mendiantes et autres. Parce que, depuis que dure notre calvaire, aucun gouvernement n’a pensé à nous, s’il pouvait faire un geste à notre endroit, afin de nous aider à éduquer nos enfants ». Mes propos furent traduits par Sidibé Abou, au Président qui promit de faire un geste, selon ses moyens, en indiquant qu’il me prenait pour sa maman, avant d’ajouter, au passage, que les veuves étaient libres de saisir la justice, contre les auteurs des tueries. Il a même ajouté : « quelqu’un vous apportera ce geste ». Il a d’ailleurs respecté cet engagement, puisque qu’on nous a apporté l’argent, jusque dans ma chambre, ici, à la maison. J’ai aussitôt informé les veuves, orphelines et rescapés.
Durant quatre mois, j’ai reçu et hébergé des veuves et ayants droit qui venaient récupérer leurs pécules. Abou Sy et son groupe ont profité de cette situation pour voler les misérables dames et autres. Je peux vous citer le cas du soldat Dia Saidou Yero dont la sœur qui a marché et manifesté avec nous n’a reçu ni réparation ni terrain. Le colonel Dia est venu chez moi, pour nous dire que la répartition était ainsi faite : 15 millions pour les officiers mariés et ayant des enfants, 10 millions pour ceux qui n’en avaient pas, 8 millions pour les sous-officiers et 5,5 millions, pour les caporaux et soldats ; mais, au cours d’une au cours d’une troisième réunion avec Sy Abou, son groupe et Thiam de Maafoondu, on nous fit entendre que les montants étaient revus à la baisse : 2 millions pour les officiers mariés et 800 mille pour les soldats…Ce sont des voleurs, ils ont procédé à la distribution de l’argent. Cette discussion marque ma rupture avec ce groupe de COVIRE. Sy Abou commença alors à débaucher des veuves du collectif ; pis, il vint me voir, à la maison, pour m’intimider, en disant que plus aucune veuve ne resterait avec moi, ce à quoi j’ai répondu : « C’est ce que tu fais à la maman de ton frère d’armes, le lieutenant Sall ? Dieu te le fera payer ». Il a fini par transformer ces veuves en mendiantes, il les utilisait pour demander de l’argent, auprès des hauts responsables de l’Etat. Mais quand les sources ont tari, les femmes ont commencé à rappliquer, grâce à l’intervention décisive d’Aissata Diaary Sall et de Farmata Salif. Le collectif s’est reconstitué et s’est renforcé.
-Quel message adressez-vous aux veuves, aux orphelins et aux rescapés ?
-Je leur demande de resserrer leurs rangs et de poursuivre leur noble combat, pour le triomphe de la vérité, pour la justice. C’est un combat de longue haleine, mais, au bout, il y a la victoire. Je sais qu’elles sont déterminées et, devant elles, il y a, aujourd’hui, leurs orphelins qui reprendront le flambeau. Tant que les auteurs de cette tuerie ne seront pas jugés, il n’y aura pas de repos pour nous, de paix pour ces criminels.
– Certains mauritaniens continuent à douter de la véracité de ces massacres de militaires négro-mauritaniens. Que leur répondez-vous ?
– C’est très simple : qu’ils aillent s’informer auprès de certains bourreaux dont les noms sont connus de tous, il y a un rapport et des notes des garnisons militaires. En tant que journaliste, vous avez dû lire la liste des présumés tortionnaires, elle est très longue. Ceux qui continuent de douter de la gravité des actes posés peuvent interroger Ould Boilil qui commandait la garnison d’Inal, Ely Ould Dah, Ould Lekwar, Ould Mahjoub…Certains de ces présumés bourreaux occupent les plus hauts postes de responsabilité. Non sans arrogance. Il n’est donc un secret pour personne que les auteurs des tueries sont connus de tous. Quand la justice décidera d’ouvrir ce dossier, la liste risque d’être très longue. Nous exigeons et attendons ce jour avec impatience. Il viendra, incha Allah !
Propos recueillis par Dalay Lam
le calame
Mauritanie : A compter du 1/1/2018, les transactions commerciales seront effectuées, uniquement, par les nouveaux billets/pièces (BCM)
ALAKHBAR (Nouakchott) – A compter du 1er Janvier 2018, les transactions commerciales seront effectuées, uniquement, par les nouveaux billets et/ou les nouvelles pièces de l’Ouguiya, selon un communiqué de presse de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM).
Le communiqué a ajouté que “les anciens billets demeureront échangeables contre de nouveaux billets uniquement auprès des guichets de la Banque Centrale” et ce “pour un délai de 6 mois”. Pour leur part, les citoyens «sont priés d’éviter tout échange en dehors des canaux officiels qui leur seront communiqués ultérieurement”.
Cette nouvelle gamme de l’Ouguiya sera caractérisée, selon le communiqué, “par deux changements majeurs; à savoir le changement de base et la généralisation du polymère pour tous les billets”. Elle a estimé que ces modifications vont “rendre notre monnaie nationale plus forte, plus sûre et plus respectueuse des normes de santé, d’hygiène et d’environnement».
Le communiqué a expliqué que «chaque nouveau billet ou pièce comportera un zéro de moins que l’ancien mais la valeur restera inchangée».
Source : Alakhbar.info (Le 5 décembre 2017)
Edito Le Calame : Tout nouveau, tout beau ?
Le nouveau drapeau, cher à notre guide éclairé, a été enfin hissé le 28 Novembre, le nouvel hymne aussi chanté, la nouvelle ouguiya sera mise en circulation à partir du 1er Janvier prochain. La Mauritanie nouvelle est en marche. Militaire. Au forceps.
Dans la douleur. Alors que personne n’en veut. Les sénateurs en premier, qui ont pris leur courage à deux mains pour dire non. Le peuple ensuite, en boudant les urnes, lors du referendum qui devait permettre son éclosion et qui ne fut qu’une mascarade sans nom.
Elle verra le jour, malgré tout, « contre vents et marées », à l’instar de celle du Père fondateur. Sauf que l’avatar du « président-(re)fondateur » cher à l’humoriste Mamane sera l’exact opposé de sa matrice : divisé, écartelé, injuste et insipide.
Feu Mokhtar ould Daddah faisait l’unanimité, par son charisme, son sens du sacrifice, sa vaste culture, sa diplomatie hors normes et son désintérêt pour les biens matériels. Il n’avait, en effet, ni comptes en banque garnis, ni marchés, ni banques, ni terrains bien placés, ni matériel de BTP à louer. Il avait fait don de sa personne à la Mauritanie. Faites la différence avec ce que nous endurons, depuis 1978 et, surtout, depuis 2008.
Et vous verrez que c’est le jour et la nuit. Nous sommes devenus une république bananière où le chef a droit de vie et de mort sur nous, décide de tout et n’en fait qu’à sa tête. Il a multiplié notre dette à l’infini et s’apprête à diviser notre monnaie par dix, tout comme ses promesses électorales.
Une autre façon de nous tourner en bourrique, en dévaluant l’ouguiya en douce, conformément aux injonctions du FMI. Mais la pilule sera d’autant plus dure à avaler que le pouvoir d’achat est largement érodé, les salaires stagnent et les prix flambent. Si l’on ajoute, à ce sombre tableau, l’implacable sécheresse, la situation risque de ne pas être de tout repos, pour un pouvoir largement décrié. Et qui ne tente, en rien, de remonter la pente. Au contraire, il multiplie ses ennemis, à l’intérieur et à l’extérieur.
A couteaux tirés avec les sénateurs, les journalistes, les syndicalistes et tout un peuple à qui il n’offre ni enseignement de qualité, ni système de santé fiable, encore moins de justice sociale. Il ne s’entend avec aucun de ses voisins immédiats.
Pire, il se permet même de divulguer, à travers les réseaux sociaux, des messages où l’on entend des chefs d’Etat étrangers discuter avec un membre de son opposition en exil. Une monumentale erreur diplomatique qui risque de lui porter un grave préjudice et écorner un peu plus son image. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a boudé l’important sommet UE/Afrique qui vient de se tenir à Abidjan. Il se déplaçait pourtant pour beaucoup moins que ça. Notre diplomatie, vous dis-je, n’est plus ce qu’elle était.
Quelles perspectives, alors, pour un pays à bout de souffle, endetté jusqu’à la moelle et dont les principales sources de devises se réduisent comme peau de chagrin ? Le gaz en 2020-2021 sur lequel se fondent, désormais, tous les espoirs ?
Comme le gisement pétrolier de Chinguitti, il risque de n’être, lui aussi, qu’une (nouvelle) chimère. Le Sénégal et la Mauritanie, qui se partagent le champ gazier de Tortue, n’ont toujours pas signé l’accord sans lequel la compagnie BP ne pourra démarrer la mise en place des installations, en vue de son exploitation. Le Sénégal, sur lequel la France exerce une énorme pression pour ne pas signer, ne fait pas montre de trop d’empressement.
Il détient déjà un champ équivalent, Yakaar, dont l’exploitation commencera au cours des prochaines années, ainsi qu’un autre, de pétrole celui-là (dénommé SNE), et qui produira 125.000 barils/jour. Mais pourquoi, vous demandez-vous, la France interviendrait-elle dans ce dossier ?
Parce qu’elle reproche, à Ould Abdel Aziz, d’avoir exclu Total, de traîner les pieds, dans la mise en place de la force conjointe du G5 Sahel, et de lui avoir fait faux bond, lors de l’opération Serval, en 2013, au Mali. De quoi irriter l’ancienne puissance coloniale qui voit toujours d’un mauvais œil qu’un membre de son pré carré pépie à son gré. Bref, aussi nouvelle qu’elle paraisse, la Mauritanie d’Ould Abdel Aziz n’a pas la côte du marché.
Et végète ce faisant, dans nos pires travers nationaux : vue courte, opportunisme au jour le jour, repliement identitaire et tout le tintouin pour le triomphe programmé de la zizanie… Tout nouveau, peut-être, mais tout beau, il n’y a que les autruches, la tête bien enfoncée dans le sable, pour en frétiller d’aise.
Ahmed Ould Cheikh
le calame



