Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Une CVE nouvelle est née et s’apprête à lancer son implantation

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Au cours d’une conférence de presse organisée, ce samedi 16 novembre 2019, à midi, à la CASE, la coalition vivre ensemble (CVE), nouvelle version a dévoilé ses nouvelles instances.

Première remarque, elle ne compte plus dans ses rangs ni l’Alliance pour la Justice et la démocratie, (AJD/MR) de Ibrahima Moctar Sarr, ni les forces progressistes du changement (FPC) de Samba Thiam, ni Touche pas à Ma nationalité de Dr. Dia Alassane. Des divergences, apparues depuis bien longtemps, il faut le souligner, les ont amenés à quitter le navire. Chose prévisible depuis octobre dernier quand des communiqués contradictoires sur les perspectives d’avenir de la CVE ont inondé la presse et les réseaux sociaux. L’AJD et les FPC penchaient, eux, pour une plateforme et non un cadre « rigide » ou un « parti politique ». Même s’ils ont choisi de quitter la CVE, annonce Dr Kane Hamidou Baba, président de ce regroupement, « nous ne fermons la porte à personne et la CVE reste ouverte à tous les partis politiques, mouvements, associations ou personnalités, de tous les bords politiques, soucieux de l’avenir d’une Mauritanie, de son unité nationale, de l’ancrage de la démocratie et des programmes de développement économique et social dans l’équité. » Et Dr Kane de préciser qu’en mettant en place une nouvelle CVE, ses responsables répondent à l’appel des populations qui ont exprimé leur volonté de voir la Coalition se poursuivre, se consolider et se renforcer afin de répondre à leurs aspirations.

La CVE nouvelle est constituée désormais du MPR, du FRUD, du FP, d’Arc en Ciel, du PlEJ, des FLAM, de Kawtal, d’un groupe de réflexion, des personnalités et de l’UNDD. Elle s’est dotée de trois organes : le comité de pilotage qui oriente, suit et contrôle l’action de la Coalition, il est présidé par Bâ Mamadou Alassane ; une commission exécutive, organe de gestion politique et administrative, présidée par Dr. Kane Hamidou Baba et d’un comité des sages chargé du fonctionnement apaisé de tous les organes. L’adhésion à la CVE est ouverte à tous les partis politiques, associations de la société civile ou des indépendants organisés. Le nouveau bureau comprend au total 17 personnes.

Après avoir répondu aux questions des journalistes sur le départ de l’AJD, des FPC et de TPMN, sur la pétition en cours des jeunes de cette dernière organisation invitant à revenir sur les raisons qui ont conduit à la création de la CVE afin d’éviter la scission, sur sa rencontre avec le président Ghazwani, Kane Hamidou Baba s’est dit convaincu que la voie suivie par lui et ses amis de la nouvelle CVE est la meilleure pour ses militants, sympathisants mais aussi et surtout pour la Mauritanie entière et que le résultat du travail d’implantation qui va démarrer aussitôt après la conférence de presse le prouvera amplement.

Prenant la parole à cette occasion, le président du front national, (FP) Ch’bih Cheik Melainine a affirmé que cette CVE est une chance pour la Mauritanie, il a appelé tous les mauritaniens à y adhérer parce qu’elle offre l’occasion de renforcer l’unité nationale, de bannir les exclusions…

LE CALAME

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« La CVE met en place ses nouvelles instances »

« La CVE met en place ses nouvelles instances »CVE – La Coalition Vivre Ensemble (CVE) a tenu une conférence de presse animée par son président, Dr KANE Hamidou Baba, ce samedi 16 Novembre 2019 à a salle polyvalente de la CASE.

L’événement a enregistré la présence massive des sympathisants de la CVE et de nombreux journalistes de la presse nationale et internationale.

Voici dans son intégralité la teneur du communiqué ayant sanctionné cette conférence de presse.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Fidèle à sa plateforme du 06 avril 2019 et aux conclusions ayant clôturé quatre mois de discussions et de propositions dont l’impérieuse nécessité de maintenir, de renforcer et de consolider la Coalition Vivre Ensemble (CVE), celle-ci s’engage à mettre en œuvre sa charte tenant compte de ses objectifs, son domaine de compétences, ses structures et leur mode de fonctionnement.

La CVE se veut un cadre d’échanges, de réflexions, de propositions et d’actions regroupant des partis politiques, des organisations de la société civile et des personnalités indépendantes, organisées ou pas, mais tous soucieux du renforcement de l’unité nationale, de l’ancrage de la démocratie et des programmes de développement économique et social dans l’équité.

C’est pourquoi, il a été confié à la CVE des domaines exclusifs, dont la question du dialogue politique et la gestion de toute consultation électorale. Pour ce faire, la CVE s’est dotée de trois organes dont un Comité de pilotage qui oriente, suit et contrôle l’action de la CVE ; une Commission Exécutive qui est l’organe de gestion politique et administrative ; ainsi qu’un Comité des sages, chargé du fonctionnement apaisé de tous les organes de la CVE.

L’adhésion à la CVE se fait de deux manières : (i) elle est ouverte à toute structure partageant ses valeurs (partis politiques, Organisations de la Société civile, Indépendants organisés), et dont l’admission ouvre la possibilité d’être membre du comité de pilotage ; et (ii) elle est également ouverte à toute personne désirant y adhérer sous réserve de se conformer aux conditions requises pour acquérir sa qualité d’adhérent.

Les organes dirigeants de la CVE sont composés comme suit :

Président du Comité de pilotage : Mamadou Alassane BA

Vice-Président : Tijane KOITA

Président de la CVE, Président de la Commission Exécutive : Hamidou Baba KANE

1er Vice-Président : Chbih Cheikh Malainine

2ème Vice-Président : Amadou Tidjane DIOP

Chargé de mission : Alassane Hamady Soma BA dit BALAS

Porte-parole : Mohamed Mahmoud TOLBA

Porte-parole : Djiby BA dit Guélongal

Commission Chargée du Développement, Président : El hadj Oumar TALL

Commission Chargée des Relations Extérieures, Président : Djiby SOW

Commission Chargée de la Diaspora, Président : Ousmane Amadou ANNE

Commission chargée de l’Education et des Affaires culturelles, Président : Aboubakry Souleimane BA

Commission chargée de la Santé, Présidente : Djeynaba DIABIRA

Commission chargée des Finances, Président, Président : Hadrami Mohamed VEIDAR

Commission chargée des Droits de l’Homme, Présidente : Mariam SIDIBE

Commission chargée de l’Action Sociale et de la Solidarité, Présidente : Binta KANE

Commission Chargée de la Communication, Président : Rachid LY

Commission chargée de l’organisation, Président : Moussa Dia

Fait à Nouakchott, le 16 Novembre 2019

Commission communication de la CVE

 

CRIDEM

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TPMN au Palais des Nations de Genève pour participer à une conférence-débat sur le thème “No birth registration, no rights”

TPMN au Palais des Nations de Genève pour participer à une conférence-débat sur le thème Touche pas à ma nationalité a eu l’honneur de participer à la conférence «Eradiquer le fléau des enfants fantômes – No birth registration, no rights », organisée au siège des Nations Unies à Genève, sous l’égide de l’ong Regards de femmes (RDF) et de l’Association du notariat francophone.

Cette conférence qui a vu la participation d’activistes des droits humains venus de différents horizons, notamment d’Afrique, a été rehaussée par la présence de nombreuses personnalités du système onusien et de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Les échanges ont permis au public présent de prendre conscience de l’ampleur du phénomène des enfants ne disposant pas des pièces d’état civil et n’ayant donc pas d’existence juridique dans leurs pays.

Ainsi, selon les chiffres de l’Unicef, près de 45 % des enfants africains de moins de cinq ne sont pas déclarés et ne disposent donc pas d’état civil. En Mauritanie, ils seraient près de 34%, selon des chiffres publiés par l’Unicef en 2015. Selon les mêmes chiffres, seuls 40 % des familles défavorisées ont réussi à déclarer leurs enfants à l’état civil.

TPMN s’est attaché à montrer que, au-delà du phénomène des enfants fantômes, l’état civil mauritanien a la particularité d’être sous-tendu par un enrôlement dont le caractère raciste et discriminatoire vis-à-vis de la composante noire du pays n’est plus à démontrer.

TPMN n’a pas manqué de s’appesantir sur cet enrôlement qu’il a toujours qualifié de génocide biométrique et sur son lot de conséquences en termes d’apatridie et d’exclusion du système éducatif, avant de plaider pour l’appui des organisations onusiennes et internationales représentées, en vue de la mise en place, par l’Etat mauritanien, d’un état civil accessibles à tous les enfants du pays.

Nouakchott, le 14 novembre 2019

La Cellule de Communication

le calame

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« Voleurs d’âmes », mon livre. Par Pr ELY Mustapha

« Voleurs d’âmes », mon livre. Par Pr ELY MustaphaPr ELY Mustapha – Un criminel peut tuer une fois.

Un gestionnaire public véreux, tue tous les jours.

Lorsqu’un individu ouvre le feu sur une foule faisant des dizaines de victimes, ou qu’un individu détourne le budget d’une structure publique, ou dilapide ses ressources, entrainant des milliers de victimes sur le court, le moyen et le long terme, le premier est un fou, le second est un gestionnaire public. Et tous les deux sont des criminels.

Lorsque des personnes se meurent dans les hôpitaux faute de soins, que des automobilistes trouvent la mort sur des routes mal conçues, que des ponts s’effondrent faisant des victimes, que des infrastructures mal conçues prennent des vies aux premières inondations …. Le responsable est unique : le gestionnaire public.

Un criminel peut tuer une fois, un gestionnaire public véreux, tue tous les jours

Lorsque le gestionnaire public détourne le budget de son département (santé, transport, équipement…) il est non seulement un délinquant financier, mais aussi un véritable criminel ; car bien plus que celui qui tue, une fois, à bout portant, le gestionnaire public fait, chaque jour, par son acte, des milliers de victimes. Il est alors couvert par une impunité que lui assure souvent la technicité de sa gestion. Et l’impunité lui assurant le statut de serial killer, c’est un voleur d’âmes.

De tranches de vie

D’autre part, lorsqu’un fonctionnaire, payé sur les ressources publiques, n’assure pas l’emploi qui justifie son existence professionnelle (absence, fainéantise, congés indus, inefficacité, inefficience etc.), il est assimilable à un être qui se nourrit de la vie des autres.

En effet comme, nous le montrons dans ce livre, toute allocation de ressources publiques prend son origine dans la confiscation d’une vie. Le salaire de ce fonctionnaire, étant payé sur des recettes ordinaires, il provient principalement du prélèvement de l’impôt, or l’impôt n’est qu’une ponction sur un revenu issu d’un travail auquel le contribuable a consacré une tranche de sa vie.

L’impôt n’est rien d’autre que des tranches de vie. Le fonctionnaire est payé sur des tranches de vie. C’est autant dire la sacralité de l’emploi qu’il occupe et l’importance du travail qu’il doit réaliser. C’est la raison pour laquelle la rigueur est de mise et l’inexécution du travail public revêt une telle gravité.

La Fonction publique fonctionne sur la saisie de tranches de vies de millions d’âmes. Et la consommation d’une vie en éteignant une autre correspond à la définition même du vampirisme. Vivre en prenant la vie des autres. Le fonctionnaire, incapable, incompétent et improductif est tout autant qu’un gestionnaire public, un voleur d’âmes.

Nous développons, dans ce livre, une approche nouvelle qui permet d’appréhender l’acte de gestion publique, sous un éclairage plus à même de livrer sa véritable nature et son impact sur la vie humaine. Un acte que l’on devrait soumettre, non seulement à une simple appréciation financière de sa régularité (juridique) ou opportunité (économique), mais à une analyse de la responsabilité pénale spéciale qui devrait être présente à toutes les étapes du processus de la dépense publique et de la gestion des allocations budgétaires (ordinaires ou en capital/de fonctionnement ou d’investissement).

Ainsi nous abordons et critiquons les concepts de « faute de gestion », « de responsabilité budgétaire », de « gestion budgétaire », de « gestion comptable », du régime « statutaire et réglementaire » du fonctionnaire public, du « fonctionnariat à vie », du « corporatisme dans la fonction publique », du « copinage des promotions énarques » , « du management public introuvable », « du forfait du politique » , de l’ignorance des « processus financiers » par le juge pénal, de l’absence d’un « droit pénal spécial » à la répression des délits et crimes de gestion des finances publiques , de la nécessité de « juridictions spécialisées de juges experts en finances publiques », « de la révision des peines des délits et crimes » pour s’adapter à l’évolution de la criminalité financière publique, de l’édiction « d’un code de procédures pénales spéciales » pour l’investigation, la preuve et l’inculpation des criminels, eut égard à la technicité de la matière et aux moyens mis en œuvre, de « l’inefficacité des contrôles a priori, concomitant et a posteriori des finances publiques », de l’IGF, de l’IGE, de la Cour des comptes et des structures de contrôles et d’inspections départementales et sectorielles, de « l’inefficience des contrôles politiques » et notamment le contrôle de l’action gouvernementale par le Parlement , de la « complicité » tribale et clanique pour le maintien de l’impunité , de la « solidarité » du fonctionnariat mafieux au sein des structures de l’Etat, du « silence » des Partenaires économiques et financiers (PTF) face à la gestion calamiteuse des ressources publiques, « la complaisance » des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, quant à la destination des ressources publiques empruntées et à leur gestion manifestement frauduleuse, la « mainmise » des ONG internationales, sur le pouvoir décisionnel et de gestion effective des ressources publiques et la manipulation des gestionnaires publics, etc.

Nous démontons le processus de la dépense publique, et ses modes d’allocation et de gestion pour situer aux différents niveaux de la gestion publique, les responsabilités et leur nature. Les voleurs d’âmes bénéficiant, en effet, d’une légalité et d’une légitimité financière qui couvrent leurs forfaits dans les méandres des procédures budgétaires et comptables. La mauvaise gestion, autant que celle concertée, est aussi criminelle que la malversation financière. Et à ce niveau, le gestionnaire public, véreux, fait bien plus de victimes que le criminel de droit commun.

La nouvelle approche que nous préconisons, vise à centrer les finances publiques, notamment celles des entités publiques (Etat, collectivités publiques, établissements publics), non pas sur « l’avoir » mais sur « l’être » pour montrer que la matérialité même des finances publiques, que représente cet avoir, soit les deniers publics, est en fait fictive et que cet avoir n’est rien d’autres que des âmes confisquées à travers la confiscation de la vie des individus, agents économiques.

L’aune d’évaluation et de mesure des finances publiques, ne sera plus l’unité monétaire mais l’unité de vie. Cette dernière n’est que traduite en unités monétaires et prélevée d’autorité.

Cette approche des finances publiques les place dans une autre sphère d’analyse qui va accentuer leur dimension humaine et faire apparaitre davantage (et de façon dramatique) comment leur gestion relève de la gestion des âmes humaines, bien plus que du simple maniement de deniers. Et donc, conséquemment, la mauvaise gestion des finances publiques (détournement de biens publics, concussion, malversation, corruption etc.) constitue non seulement un acte répréhensible et sanctionnable financièrement, mais davantage un acte qui porte atteinte à la vie des personnes. Ainsi un détournement de deniers publics n’est en fait rien d’autre que le détournement de tranches de vie et donc une confiscation du souffle de vie, de l’âme du contribuable.

Cette relation entre la contribution aux ressources publiques et la vie du contribuable porte la gestion des finances publiques à un niveau de répression bien plus élevé que celui préconisé par le droit financier ou par le droit pénal général à travers ses dispositions répressives du maniement des deniers publics. La législation sur la criminalité financière publique doit, en tous points, être revue pour y introduire une répression assimilable à celle relative aux crimes de sang, aux séquestrations et à tous les actes portant atteinte de façon directe ou indirectes à la vie des personnes.

La liaison deniers publics/vies humaines, démontre que toute infraction à la gestion et au maniement des deniers publics est une vampirisation du contribuable. Le vol des âmes.

Tel est le sens de mon livre, qui, je l’espère, contribuera par les solutions qu’il propose à rendre justice aux âmes que l’on sacrifie, encore aujourd’hui, sur l’autel de la gestion publique, ou au moins à permettre à celles parties en souffrance de reposer en paix.

Pr ELY Mustapha

Note : Ce livre étant publié à compte d’auteur, il peut être commandé sur le lien suivant :

https://forms.gle/cmHqW9fLhfz7aSsz7

cridem

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DÉBAT: QUAND LE PRÉSIDENT SAMBA THIAM DES FPC RÉPOND AU MINISTRE ET CHEF DE TRIBU AHMED OULD SIDI BABA.

altEt maintenant …que Dire ?

J’ai lu l’article de Monsieur Ahmed Sidi Baba, paru récemment, intitulé ‘’Et maintenant’’ ? En ces temps de crise, la prise de parole des leaders politiques ou des notables tribaux sur la situation nationale tendue est une nécéssité qu’il faut souhaiter et saluer. ‘’The hotest place in the Hell is reserved for those who remain neutral in times of injustice ‘’disait Martin Luther King Jr ; entendez, en substance, que ( la place la plus incandescente dans le feu de l’Enfer est réservée à ceux –là qui , en temps de grande injustice ( ou de grave crise), gardent le silence ). Cette sortie de Ould Sidy Baba, toutefois, résonne en moi, par son ton, comme en écho à celle de 1986, qu’il avait faite sur les ondes de RFI, à propos du groupe flamiste emprisonné. A la question du journaliste portant sur la situation agitée, il avait répondu, en substance, que c’était là des jeunes en mal de notoriété qui cherchaient à se tester, à se mettre en valeur. La moyenne d’âge du groupe se situait entre 38 et 40 ans ; Djigo Tapsirou avait dépassé la cinquantaine et Tène Youssouf Gueye avoisinait les 6o ans, voire plus ! Nous posions alors, avec calme et sérénité, et l’ouverture d’esprit requise, cette problématique nationale qui, aujourd’hui, hante notre sommeil à tous. Passé déjà lointain , mais toujours présent .… Dans l’éventail de solutions proposées par l’auteur, pour revenir à l’article, on en trouve qui sont dignes d’intérêt ; d’autres me paraissent inadaptées, voire carrément discutables, pour reposer soit sur un diagnostic biaisé, insuffisant , soit sur un déni persistant. Qu’il faille ‘’ travailler sur la mise en place d’un Etat de droit qui passe par la réforme de la constitution devant redéfinir la nature du régime politique, à réajuster, la réforme des institutions dans leur rapport, avec plus ou moins de séparation ou d’indépendance, la scène politique à pacifier , apaiser, ou encore la valorisation de notre patrimoine culturel national, le tout dans un climat de paix et de justice sociale , ou qu’il faille se dresser contre ‘’les dérives idéologiques, réligieuses, ou communautaristes’’, l’esprit du ‘’ Parti-Etat’’, il n’y a pas à redire. Concernant les recommandations formulées pour la solution du Passif humanitaire, de l’Unité nationale, du problème culturel, là non plus pas grand-chose à dire, du moins sur certains aspects…Mais là où je ne suis plus le raisonnement de Monsieur Ould Sidi Baba, c’est d’abord lorsqu’il part d’un socle ou d’un postulat formulé, ambigu dans son esprit , pour bâtir ensuite ses propositions de solutions : la Nation, l’unité nationale … Tantôt cette Nation existe, comme par vertu de la force de l’affirmation; elle est même ‘’garantie’’ en raison du ‘’ciment de la civilisation islamique’’ ; renforcée par la rengaine habituelle de ‘’nos prestigieux érudits, nos imams, nos cadis …‘’, les ‘’ valeurs spirituelles et morales de notre réligion’’…Tantôt cette ‘’ Nation’’ est à construire , à forger , tantôt elle est reconnue vivante, solide … Il faut savoir ! Si je devais me risquer à donner ici mon appréciation des choses , je dirais que la nation mauritanienne n’existe pas encore, pour n’avoir pas suivi le processus historique d’homogéneisation, selon Cheikh Anta Diop. Sur ce territoire se côtoient deux aires culturelles, deux entités politiques historiques, deux peuples aux habitudes mentales et mœurs différents que le colonialisme a agrégés . J’en avais donné quelques illustrations au cours d’un débat à Téle-Mourabitoune qu’il serait superflu de rappeler ici. Non il n’y a pas de nation mauritanienne qui reste à construire ; pas encore, même s’il faut s’y atteler. L’argument‘’ réligion comme ciment solide, indestructible de notre unité’’, utilisé à tout vent, ne résiste pas à l’analyse, pour être contredit, formellement, par l’histoire du Pakistan et du Bengladesh, de l’Irak et du -Kuridistan, du Soudan du nord et du Darfur, etc … Le coté flou et ambigu de ce texte se révèle, par ailleurs, à travers une série de solutions préconisées, qui ne reposent pas toujours sur un diagnostic exhaustif, clair et sans complaisance des choses… Il propose l’indépendance de la justice, mais il omet de nous préciser de quelle Justice il parle ? Celle actuelle d’un secteur judiciaire monoethnique, mal rendue, malade du népostisme, ou une toute autre, moderne, bâtie sur le respect de la diversité ? Et quelle diversité ? Celle scandée comme un slogan creux par Abdel Aziz, qui écarte Négro-africains et Haratines des médias, de l’Armée , de la superstructure pour tout dire ? Il demeure des zones d’ombre, une ambiguité dans ce discours … A aucun moment Ould Sidy Baba ne dénonce le racisme d’Etat qui frappe des composantes nationales entières, l’hégémonie, patiemment mise en œuvre, d’une seule fraction … Il sait que les terres d’Atar appartiennent aux gens de l’Adrar, réalité censée être en porte-à-faux avec l’esprit de notre réforme fonciere quand, hélas à double standard, qu’il se garde bien d’indexer …( pour la petite histoire, un jour qu’un Gouverneur négro-africain en exercice à Atar voulut s’attaquer à un contentieux foncier sur leurs terres, il s’entendit répondre par les notables de l’Adrar –tout gouverneur qu’il fut -,ceci : ’’ ne vous mêlez pas de ça, ce sont nos terres’’) ! Les terres d’Atar, des Hodhs , du Tiris, relèvent du Trab-El bidhaans, comme le terroir de ‘’Sangrava appartient aux El- Maali et affiliés -‘’refusé aux Meshdoufs-‘’ et Lemden, à la parentèle du Président Sidi ; mais les terres de la vallée du fleuve relèvent, elles, … du domaine national !!! Elles sont pour tout le monde ! C’est ça notre réforme foncière, nos lois …L’auteur de l’article feint d’ignorer cette réalité factuelle des choses qui pourtant crève les yeux. Il ne dénonce pas … On ne l’entendit pas, à l’opposé de ces quelques voix courageuses, sur le cas de racisme flagrant des 47 officiers arabo-berbères sélectionnés du ‘’concours’’ dernier, ni sur celui des 700 fonctionnaires de l’Etat , récemment recrutés, pour une portion congrue de Négro-africains ; Sur l’épuration ethnique qui prévaut dans les écoles spéciales et d’excellence ces 10 dernières années il a toujours gardé le silence… Comment donc peut-on proposer des solutions sur l’Unité, sans toucher le fond du mal ? C’est à croire que l’unité nationale, prônée par Ould Sidi Baba, soit de même nature que celle en vigueur, c’est-à-dire celle du cavalier et de sa monture ; cette Unité-là nous n’en voulons pas ! L’unité se fera dans l’égalité des chances et dans l’égale dignité ou ne se fera pas ! Notre identité culturelle ethnique nègre ne semble être prise en compte ici, comme avec le général Abdel Aziz, que lorsqu’il s’agit de nous exposer, dansant et virevoltant comme des forcenés, dans les festivals des villes anciennes de Chinguitty et Walata … sans plus ! Lorsque O S Baba se risque à effleurer la question controversée des langues, il le fait sous l’angle, unique, de l’arabe – instrumentalisé depuis toujours – comme seule langue officielle, dominante; sur l’officialisation des autres langues nationales wolof, soninke et pulaar motus ! Pourquoi donc se cabre-t-on sur ce terme ‘’officialisation’’ ? Ces langues doivent être érigées en langues de travail , au bénéfice des populations administrées, si tant est qu’on tient réellement à procéder à une véritable décentralisation, viable, des régions .Ould Sidi Baba parle de ‘’redonner vie à l’institut des langues’’ sans se poser la question sur les mobiles-inavoués- qui avaient conduit à le fermer , arbitrairement, en 1990. Mais le plus surprenant dans le propos de cette notabilité de l’Adrar a été d’affirmer, haut et fort, au mépris des expériences historiques d’autres peuples semblables à nous, que ‘’ l’unité nationale n’est pas menacée, et qu’elle ne pouvait jamais l‘être’’; qu’elle est même ‘’garantie’’, pour diverses raisons historiques; et d’ajouter que cette (prétendue) menace n’était, en fait, que le produit de fantasmes et d’élucubrations de certains, un épouvantail, tout trouvé, agité par les esprits populistes, et rien que ça ; alors que la tension ethnique et sociale, vive, est partout perceptible, palpable. Etrange observation que peu de gens partageraient… A moins d’être négationnistes. La question de l’esclavage est effleurée d’une tirade sur le ‘’ Mouvement–Manifeste’’, adossée sur la fameuse fatwa de nos fameux érudits, toute récente … L’article, heureusement, clôt sur une note, résolument optimiste, portant sur la nécéssité de débattre des problèmes, en dépit de désaccords de points de vue qui pourraient survenir, et l’injonction, en même temps, à accorder place et respect à toutes les spécificités culturelles, à percevoir, comme partie intégrante, un patrimoine partagé et assumée en commun. Encore un slogan ? Enfin, J’ai cru décéler dans ce texte comme un appel à l’esprit de renouveau, un vœu pour l’instauration d’une ère nouvelle sous le régime de Ould Ghazouani…Mais comment y parvenir sans nous dire la vérité sur la cohabitation et sur les crimes ? Comment le réaliser sans, au préalable, assainir nos mœurs politiques et de gestion ? sans nous dresser impitoyablement contre la corruption et cette mentalité grégaire, perverse, qui incite et encourage au vol ? Sur cette question, hélas, l’ancien ministre reste muet …

Samba Thiam- Président des FPC

Nouakchott 14 Novembre 2019

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