Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Escalade au sommet : Le peuple n’a-t-il pas le droit de savoir ?

altLes Mauritaniens se posent beaucoup de questions sur ce qui se passe entre les ancien et nouveau présidents de la République. Ils s’inquiètent  même  des implications politiques,  voire  sécuritaires,  que pourraient avoir ces agitations au sommet  de l’État. En bref, un combat pour le contrôle  du pouvoir, entre  deux généraux l’ayant partagé pendant des décennies, connaissant et maîtrisant, l’un et l’autre, ses diverses officines des renseignements. Chacun s’est tissé un réseau de relations fidèles et disposant de capacités analogues de nuisance, avec, tout de même, une petite longueur d’avance  pour l’actuel locataire du Palais… puisqu’il occupe celui-ci.

Pourquoi Ould Abdel Aziz a-t-il engagé un bras de fer ?

En quelque sorte, le retour de l’ex-Président et les manœuvres qu’il a engagées ont relégué au second plan les festivités de l’Indépendance que le pouvoir voulait très grandioses. La politique a pris le devant, poussant ainsi le président Ghazwani à siffler la fin des gesticulations au sein de l’UPR dont le contrôle s’est imposé en enjeu principal du moment. Ould Abdel Aziz en revendiquait la paternité et la légitimité de contrôle, tandis que Ghazwani s’y opposait, en sa qualité de président de la République. Mais, selon Ould Abdel Aziz, les textes interdisent à un président de la République de diriger un parti politique. Fondateur de l’UPR alors qu’il était lui-même au Palais, il avait tout de même trouvé l’astuce d’en nommer à sa guise le président et comptait bien, une fois quitté le pouvoir, faire valoir sa qualité de fondateur.  L’ambiguïté a provoqué des fissures au sein du parti fondamentalement dévolu au pouvoir en place. Une écrasante majorité de son directoire et des élus a fini par lâcher l’ex-président et reconnaît  Ghazwani  comme seule et unique référence de l’UPR.  Le parti, disent-ils, n’est  la propriété de personne.

À ce feuilleton à rebondissements est  venu s’ajouter le limogeage du patron de la Garde présidentielle,  un corps  également fondé  par Ould Abdel Aziz  et qui lui a servi de bras armé durant tout son règne. Placé à la tête du bataillon  quelque temps avant la passation de pouvoir, le chef du BASEP, un des fidèles  d’Ould Abdel Aziz, aurait  reçu des coups de fil de son ancien patron. À quelles fins ? Mystère pour le moment, le contenu de ses communications n’étant pas rendu public. Ghazwani n’aurait pas voulu en faire le déballage… du moins pour l’instant. L’homme sait manifestement garder la tête froide et… les atouts dans sa manche.

Une chose est cependant certaine : intervenue  quelques heures avant le démarrage des festivités du 28 Novembre,  la présidence a changé de plan, confiant la sécurité présidentielle à un autre bataillon, celui des commandos paras d’Atar, les fameux et redoutables BCP.  Puis le président Ghazwani  écourte son séjour à Akjoujt et  regagne la capitale pour, entend-on dire alors, diriger la « résistance». Et de procéder illico à des nominations au sein de l’État-major de la Garde nationale. Même si le ministre de la Défense a déclaré, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, qu’il n’y a eu «Â aucune tentative de coup d’État » et que «Â la situation est sous contrôle », des doutes subsistent sur ces manœuvres peu ordinaires.

Dans la foulée de ces limogeages, l’étau se resserre autour de l’ex-président qui voit ses  fidèles le lâcher de presque toutes parts ; lui signifiera-t-on l’interdiction de quitter le territoire national ? Et l’on assiste, depuis, comme à un déballage des finances publiques. Ould Abdel Aziz est accusé d’avoir vidé les caisses de l’État, grevant particulièrement l’avenir des générations futures. Les Mauritaniens apprennent qu’Ould Djay, l’ex-ministre des Finances du président sortant, a été convoqué d’urgence au Palais, à propos de transferts opérés au profit d’Ould Abdel Aziz,  et qu’Ould Ghazwani l’aurait chargé de prévenir son ancien patron de restituer, au plus vite, les sommes évadées qui «Â appartiennent aux Mauritaniens ». Quelques jours avant le retour de l’ex-Président, des rumeurs  annonçant le lancement imminent d’audits sur sa gestion circulaient dans les salons de Nouakchott.  Et l’on nous sert  de surcroît une histoire de centaines de V8 parquées dans  une cour de TevraghZeïna…

Bref, le nouveau pouvoir semble visiblement s’intéresser à la gestion de l’ancien président. Suffisant  pour inquiéter celui-ci, tant elle est décriée. On se rappelle que les leaders de l’opposition réclamaient, avant même son départ des affaires, l’audit des dix dernières  années de cette gestion. Et qui de  mieux, pour ce faire, qu’un compagnon de 40 ans du principal accusé qu’il  servit dans l’ombre et la discrétion ?

Battre le fer à temps

Dernières questions : comment les deux amis en sont arrivés à ce point de quasi-rupture ? Avaient-ils signé un deal que l’actuel Président n’a pas voulu respecter ou pu, tant l’ancien a laissé de  passif impossible à assumer sans clarification publique ? On s’interrogeait, depuis l’intronisation de Ghazwani, sur lequel  des deux commettrait la première faute. Les Mauritaniens doutaient de la sincérité d’Ould Abdel Aziz cédant son fauteuil à son ami et de la capacité de Ghazwani  à s’émanciper de son  alter ego. Nombre d’observateurs s’attendaient à un clash. Et aujourd’hui, Ghazwani semble avoir réussi à pousser son ami à l’erreur. Mais Ould Abdel Aziz, le grand spécialiste des plans B, voire C, D et jusqu’à Z, s’avouera-t-il vaincu ? Baissera-t-il  les armes ?  Wait and se.

Ce qui est enfin  sûr, c’est qu’il  vient  d’offrir, à Ghazwani, l’occasion de s’imposer et de rompre définitivement avec le système de son prédécesseur, en  opérant des changements que les Mauritaniens attendent depuis qu’il a hérité du pouvoir. Que fera-t-il de cette victoire ?  Telle est, en définitive, la grande question posée à notre actuel Président. Le temps à y répondre déterminera la valeur de son indéniable succès et le plus tôt paraît le mieux : c’est bien quand il est chaud qu’il faut battre le fer…

DL

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Nancy Pelosi demande la rédaction de l’acte d”impeachment” contre Donald Trump

Nancy Pelosi demande la rédaction de l'acte dFrance24 – Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a demandé, jeudi, que soit formellementrédigé l’acte d’accusation contre le président américain Donald Trump, soupçonné d’avoir fait pression sur l’Ukraine pour servir ses intérêts politiques.

C’est un coup d’accélérateur donné à la procédure de destitution contre Donald Trump. La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a demandé, jeudi 5 décembre, que soit rédigé les articles de mises en accusation (“impeachment”) contre le président américain, coupable selon elle d'”abus de pouvoir”.

“Nous gagnerons” la bataille, a réagi le locataire de la Maison Blanche en disant être impatient du procès au Sénat, où la majorité républicaine devrait en toute probabilité l’acquitter, peut-être dès janvier.

Dans une allocution formelle, Nancy Pelosi a demandé à la commission judiciaire de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, d’entamer la rédaction des articles de mise en accusation du président (“impeachment” en anglais).

“Le président ne nous laisse pas d’autre choix parce qu’il a de nouveau essayé de corrompre nos élections pour son propre bénéfice”, a-t-elle justifié sur un ton solennel. Il “a commis un abus de pouvoir, affaibli notre sécurité nationale et mis en danger l’intégrité de nos élections”, a-t-elle encore assené.

Les démocrates ont ouvert une enquête en destitution contre Donald Trump après avoir appris qu’il avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

Leurs investigations, marquées par l’audition de 17 témoins, ont montré qu’une invitation à la Maison Blanche au président Volodymyr Zelensky avait été conditionnée à l’annonce des investigations sur Joe Biden.

Une aide de près de 400 millions de dollars destinée à l’Ukraine, en conflit armé avec la Russie, a, selon de hauts responsables, également servi de moyen de pression.

Donald Trump devrait être acquitté au Sénat

Après cette phase d’enquête, les parlementaires ont entamé mercredi le débat juridique pour savoir si les faits reprochés au président correspondent à l’un des motifs de destitution prévus par la Constitution: “trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs”.

Trois professeurs de droit d’universités prestigieuses, invités par les démocrates, ont répondu par l’affirmative. Un quatrième, convié par les républicains, a jugé les preuves “insuffisantes”.

Sur cette base, Nancy Pelosi a souhaité passer à la mise en accusation du président. Ces chefs d’accusation pourraient figurer dans les articles qui seront mis au vote en séance plénière à la Chambre des représentants, sans doute avant Noël.

Compte tenu du rapport de forces dans cette enceinte, Donald Trump est quasi assuré de devenir le troisième président de l’Histoire mis en accusation au Congrès, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998.

Comme eux, il devrait être acquitté au Sénat. Il faudrait une majorité des deux tiers pour le destituer, ce qui paraît très improbable tant les élus de son parti font bloc autour de lui.

“Nous allons gagner”

“Les républicains n’ont jamais été aussi unis. Nous allons gagner”, a tweeté Donald Trump après l’annonce de Mme Pelosi, à qui il a aussi lancé: “si vous devez me mettre en accusation, faites-le maintenant, vite, afin que nous ayons un procès équitable au Sénat, et pour que notre pays puisse se remettre au travail.”

Le magnat de l’immobilier a laissé entendre qu’il utiliserait son procès comme tribune politique. “Nous révélerons, pour la première fois, à quel point le système est corrompu”, a-t-il affirmé.

Selon un sondage publié par le site FiveThirtyEight.com, les Américains sont très partagés quant à l’éventuelle destitution de leur président: 46,8% des personnes interrogées sont pour, et 44,5% sont contre.

Avec AFP

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LA RÉACTION DU PRÉSIDENT SAMBA THIAM AU DISCOURS DE GHAZOUANI 

altDiscours de célébration du 59ème anniversaire par Ghazouani, le 28 novembre 2019 à Akjoujt,

Réaction

Je ne pense pas qu’il y’ait quelqu’un sur la scène politique nationale, qui se soit, plus que moi, opposé au Président Abdel Aziz. Si on en trouve c’est une minorité. Je l’ai fait en toute objectivité, de façon directe et frontale, à chaque fois que j’avais à apprécier, ou redire sur son action politique. Je voudrais adopter la même position avec Ghazouani, même si je sais qu’il ne fait pas ‘’ bonne image ’’, en ces temps d’euphorie et de retournement de vestes coutumier, d’adopter une telle attitude. L’intellectuel, comme le journaliste, – je ne suis ni l’un ni l’autre-, se doit nous dit A Londres , non pas de plaire mais d’armer, de dire ce qui est. En soumettant le Discours de Ghazouani à ma grille de lecture, qu’est ce que je retiens ? Un discours général, évasif, toujours avec des déclarations d’intention louables, mais qui reste muet sur les questions de fond qui me préocupent … Promesse d’honorer ses engagements, rappel de ses actes posés, entre autres celui d’avoir ‘’consolidé l’unité nationale’’ par l’ouverture aux acteurs politiques. Une vision tout à fait réductrice, étriquée à mon sens, de la question centrale de l’Unité , qui ne peut se résumer à l’ouverture à une Opposition. Cela participe , sans nul doute, de l’apaisement du climat politique, mais pas nécessairement de la consolidation de l’Unité. Loin s’en faut; il en faut beaucoup plus ! Ouverture du reste marquée par des limites…Jusqu’ici un parti politique légal comme l’Ajd-mr n’a pas été convié, certaines notabilités et acteurs politiques significatifs non plus. Pourquoi, si comme on le distille, nous avons tourné le dos avec Ghazouani, à l’esprit et à la pratique ethniciste et de copinage qui imprègne nos mœurs politiques? Autre aspect noté, cette multiplication de structures comme la Délégation à la pauvreté, le Conseil présidentiel, le Conseil superieur et la haute Autorité de l’Education, en fait, des structures peu ou prou de même type ou de même vocation que le médiateur de la République de naguère, qui n’avait rien donné , ou pas servi à grand-chose …Le mal, profond, est dans l’Administration ; tant qu’elle reste en l’état, gangrenée par la corruption , le laxisme , la complaisance des agents, l’absence de conscience morale et professionnelle, (des dossiers non plus transmis aux services par des plantons mais par les interessés eux-mêmes ) cette flopée de structures n’y feront rien… L’allure générale du mouvement ou du changement doit être impulsée du sommet pour forcer au changement des comportements. Par ailleurs ,‘’ L’Ecole républicaine fédératrice’’ -au sens premier que lui donnait Jules Ferry- dont on parle ici, n’éclosera, que lorsqu’on se sera attaqué au nœud du problème qui est l’inégalité structurelle, instaurée entre les enfants à la base, par la domination et l’instrumentalisation d’une langue, d’une culture sur les autres … Ce texte, en conclusion, s’il recèle quelque chose de positif, une offre quelconque, c’est en direction, une fois de plus, des fils d’esclaves, et de certains segments d’une communauté, sans plus. Il tente d’adresser, en filigrane, la problématique haratine surtout . Le président, visiblement, ne semble pas accorder l’attention particulière requise à la question centrale de l’Unité. Enfin, que dire d’une structure qui, pour être chargée de débloquer des dossiers des citoyens, se voit logée au ministère des Transports ??? A qui parle-t-on ? Non, le Discours de Ghazouani ne me parle pas, ne nous parle pas… Cela dit, j’avoue ne pas comprendre l’indifference des cadres intellectuels et politiques face à l’ actualité ; actualité aussi cruciale que le discours du Président de la république qui ne suscite aucune réaction des plus concernés par cette oppression dévastatrice! Je ne peux pas comprendre cette passivité générale qui s’installe….On lit, on consomme et on garde le silence …

Samba Thiam

Nckchott 4 /12/2019

source : Samba Thiam officiel, facebook page

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Mauritanie: Entretien téléphonique entre Ghazouani et Ould Taya

Mauritanie: Entretien téléphonique entre Ghazouani et Ould Taya

Senalioune– Le président Mohamed Ould Ghazouani aurait eu une conversation téléphonique avec l’ancien président Maaouya Sidi Ahmed Ould Taya.

Ce dernier se trouve toujours à Qatar depuis son renversement lors d’un coup d’État militaire de 2005. L’appel a duré 41 minutes selon une source mais le contenu n’a pas été révélé.

Le président Ghazouani est entrain de régler le statut de l’ancien président Sidi Mohamed ould Abdallah en tant que ancien président du pays, bénéficiant de tous les droits et privilèges conféré par le droit mauritaniens.

Parmi les droits et privilèges, une allocation financière régulière et un garde du corps.

La compensation et les privilèges de l’ancien président ont été approuvés dans les années 80 par Maaouya Sidi Ahmed Ould Taya qui devrait également bénéficier de la décision de Ghazouani.

senalioune.  

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Les discours dans l’histoire et celui de Ghazouani

Les discours dans l’histoire et celui de GhazouaniIl y quelques années, j’écrivais un article où je disais que pour être célèbre, un homme devrait traverser un cours d’eau pour rentrer dans l’Histoire. Donnant des exemples, je convoquai César, qui franchit le Rubicon ; de Gaulle, qui traversa la manche et Moctar Ould Daddah qui ‘’enjamba’’ le fleuve Sénégal pour fonder Nouakchott.

Alors, j’incitais un jeune Premier Ministre à traverser ‘’la lagune’’ qu’infestait la mafia du PRDS putrescent. Aussi, il faut réussir un discours pour écrire son nom à l’encre indélébile de l’Histoire.

En effet, le verbe serait l’apanage de l’Homme ; il le distinguerait de l’animal, qui n’est pas un être locuteur au sens humain du terme, même si de par leur rugissement, leur croassement, leur coassement, leur glapissement, leur meuglement ou leur beuglement (j’en passe), bêtes et bestioles s’expriment entre elles.

L’homme, parleur et parlementeur, par excellence, a fait du discours un outil, voire une arme redoutable, qui fait parfois mieux que les canons et la cavalerie.

Mettant en veilleuse le Littré, nous pourrions proposer une définition qui n’engage que nous : « propos plus ou moins long émis par un homme, le plus souvent un leader, faisant face à une situation particulière, qui l’oblige à s’époumoner pour convaincre ou vaincre sans combattre ». Justement, dans son livre fétiche ‘’ l’art de la guerre’’ Sun Zu (5eme siècle av. Jésus), proposait aux princes et aux généraux de conquérir des cités sans combattre.

Pour exister et réussir leurs petites ou grandes œuvres, les hommes communiquent par les mots. Mais, fatalement, Dieu ne donne pas toujours les mêmes aptitudes à tous. Ainsi, n’est pas éloquent qui le veut. Les grands orateurs seraient même rares. Réussir son discours n’est pas pour autant évident ; parler est parfois contre-productif.

On entend souvent dans la foule ou dans la presse, « il aurait pu se taire » ou « il fallait qu’il fasse l’économie d’une sortie malencontreuse.» Le verbe, arme à double tranchant, a, malheureusement, des effets pervers en flèche de Boomerang. Pour qualifier un discours raté, les épithètes, les attributs, les adjectifs et les adjectifs substantivés ne manquent pas : « Abscons, inepte.

C’est un galimatias. C’est de la faribole. C’est une logorrhée. Biasé !… Par contre, quand l’orateur atteint sa cible, on trouve tous les superlatifs absolus pour les aligner devant le discours dont la magie a dû marcher.

Etre cultivé ou bien éduqué, ou beaucoup parler ne suffit pas pour enregistrer un long texte dans les annales de l’Histoire ou dans le Guinness des records. Fidel Castro aurait lu quelques milliers de discours, sans que les auditeurs en retiennent un seul pour la postérité. En cela, le physique est déterminant, ainsi que la belle voix.

Quant on est peu gracié par la nature et que les cordes vocales émettent des paroles chevrotantes et hésitantes, quels que soient la nature, la forme et le fond du texte, l’orateur rate le coche, et d’aucuns le trouveraient « à côte de la plaque.» Par contre, la beauté, et le charisme (une vertu qui ne se décrète pas mais que la Providence attribue à qui elle veut), sont nécessaires pour un leader.

L’on s’est demandé : « Le Che Guevara aurait-il été influent s’il n’avait pas une si belle gueule ? En fait de beauté et de charisme, de Gaulle et Nasser n’auraient pas réussi sans leur charisme que portent de grandes silhouettes et un beau blair.

Le Top 7 des discours

A travers le cheminement houleux et chaotique de l’Humanité, des hommes sont arrivés à allier qualités intellectuelles et physiques pour graver un message quasi eternel pour la postérité. Faire un classement n’est pas ici aisé, le choix étant toujours teinté d’impartialité inconsciente. Cependant, sept célèbres discours ont marqué l’Humanité ad vitam aeternam, peut-on dire.

En 1963, une silhouette noire se détache sur le paysage de Washington City. Un jeune Noir déluré donne un discours précédé d’une sentence de quatre mots, qui vont structurer la cause et le mouvement des Noirs dans l’Amérique, alors honteusement raciste : « I have a dream » Le discours aux élans prophétiques disait en substance : « je fais un rêve où mes quatre enfants pourront un jour vivre dans un pays où ils ne seront pas jugés sur leur couleur de peau, mais sur leur personnalité ».

En 1963, John Fitzgerald Kennedy inscrivit son nom sur le tableau des grands orateurs de son temps par son ‘’ Ich bine in Berliner.’’ Son éloquence quasi-légendaire trompait la maladie d’Addison, qui l’empêche parfois de se lever.

Un jour alors que son P-104 venait d’être torpillé, il n’abandonna point la force des mots, balbutiant : « Voila se qu’on ressent quand on est mort ». Par le truchement de discours prononcés sur fond de pleine guerre froide dans une Allemagne divisée, Kennedy s’adressait au peuple ouest-allemand, lui rappelant les liens forts qui unissent leurs deux pays.

De Gaulle, l’homme du 18 juin, n’est pas seulement l’auteur du discours de cette même date, avec lequel il préparait la résistance à l’occupation nazie, mais de deux autres textes restés célèbres, ceux de Bayeux prononcés dans le contexte de la libération, après le débarquement spectaculaire des Alliés en Normandie.

C’est, bien entendu, par la force de l’expression que cet homme dirigeait la France toujours insoumise. Son intervention à la télévision, après le coup d’Etat d’Alger, fit tout de suite échouer la conjuration du « quarteron de généraux en retraite».

Un autre très beau Noir peut dire « veni vidi vici grâce à sa rhétorique doublée d’un physique admirable. Les communicants disent que « Beaubama » n’a jamais été surpris en défaut de symétrique par les photographes, achevant de séduire ses fans que son verbe impressionnait profondément. Son discours d’investiture en 2008, en tant que Président des USA, compte aujourd’hui parmi les plus beaux textes lus par des chefs d’Etat ou monarques.

La taille ne semble pas être un handicap pour le discours. Pour s’en rendre, il faut se souvenir de Winston Churchill, le Chef du gouvernement britannique, un bout d’homme arrivé au pouvoir en 1940 et qui rentra par la grande porte de l’Histoire, par un texte d’anthologie lu devant la chambre des Lords le consacrant comme l’homme le plus emblématique de l’empire britannique. Bien qu’agréable à entendre, le discours ne promettait pour tant que blood, toil, tears and sweat. Entendez : du sang, du labeur, des larmes et de la sueur.

L’un des discours les plus marquants de l’Histoire est celui de Mahatma Ghandi, la grande âme. « L’homme à demi-nu » et squelettique prononçait, en 1922, un texte qui inspirera tant de mouvements du xx° siècle et d’icones, comme Dalai Lama, Nelson Mandela et Martin Luther King. Ses mots pacifiques éloignaient la guerre, tout en imposant la paix.

Tout prés de nous, au Maroc, un monarque a fait valoir un talent d’orateur hors pair soutenu par une grande maitrise des subtilités politiques. On se rappelle son discours du 5 novembre 1975 marquant la Marche verte.

Cette marche inspirée de la longue marche d’un autre tribun passé maitre des manipulations des masses, Mao Tse Toung, était plutôt un acte physique actionné par le verbe cinglant et envoutant d’Hassan II.

La voie nasillarde affectée pourtant par un asthme chronique, fit tout de suite affluer des vagues d’hommes, de femmes et d’enfants vers un terroir qu’ils n’ont jamais vu, mais le magicien du verbe leur fit croire qu’ils y ont toujours vécu à perpétuelle demeure. Ainsi il s’adressa au peuple marocain : « Demain, tu franchiras la frontière.

Demain, tu entameras ta marche. Demain, tu fouleras une terre qui est tienne. Tu palperas des sables qui sont tiens. Demain, tu embrasseras un sol qui fait partie intégrante de ton cher pays ».

Le discours du Sahel

Etre d’un « petit pays du Tiers-monde » n’arrange pas les choses. Tant de talents et de virtuoses passent inaperçus en Afrique du fait de la « petitesse » de nos Etats africains, n’ayant pas accès à l’avant-scène internationale.

Mais on sait que des hommes rares de la petite mais grande Afrique se faufilent et se rendent célèbres, d’une façon ou de l’autre. Récemment, un homme, cultivant à fond la modestie, se rendit à Dakar « sans idée de manœuvre », comme disent les tacticiens. Tout porte à croire que le Président Ould El Ghazouani point m’as-tu- vu et loin d’être fanfaron, n’était pas allé au Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique pour rafler la mise à ses pairs.

Son discours qui ressemblait à un coup d’essai fut un coup de maitre. A s’en tenir à la presse internationale, les propos du tout-nouveau président sonnèrent comme un tonnerre dans le firmament de la scène internationale.

De la portée du discours de Dakar

Ecrit dans un style assez correct, rompant avec la greule de bois, il tranchait nettement avec la majorité des textes écrits après Moctar Ould Daddah. Les contributions de nos chefs d’Etat se limitaient à un verbiage grossier et mal écrit et souvent mal lu. Non pas le texte de Dakar était bien écrit, mais le Président Ghazouani l’a aussi rendu avec une très grande maestria.

La voie monocorde, le ton sûr et régulier, sur cinq grosses pages, on ne marqua aucune bévue, aucun cuir, aucun pataquès. Le souffle rendait compte de chaque virgule, chaque point-virgule, chaque point d’exclamation. La diction révélait la bonne éducation de l’orateur.

Bien concentré, le courage vissé sur le cœur, comme d’habitude, on ne décelait aucun chevrotement dans sa voix. Respectueux de son auditoire, il n’oubliait jamais de lever la tête à chaque phrase ou périphrase s’il le fallait. Le texte bien ficelé a su allier modestie, souplesse et fermeté.

L’orateur commença par la formule de politesse en usage, par sa modestie congénitale : « Je ne vous apprends rien » ; « avec un esprit d’humilité » ; « sans la moindre prétention de donneur de leçon » Mais toute de suite, il ne cache pas que « c’est sans langue de bois » A l’entame du discours, le Président rompit avec les sentiers battus. Ainsi les plus fortes épithètes sont employées : « croissante », « inquiétante », « structurelle », « défaillant».

Aussi les substantifs les plus sonnants sont enrobés dans un style courtois : « incapacité », « faiblesse », ainsi que des adverbes pas moins cinglants « embrasement », « drastiquement ». Quand il s’agit de l’ONU, qui se veut l’usine de la paix, le Président n’hésite pas à lui rappeler ses devoirs, d’un ton presque péremptoire.

Le verbe devoir, conjugué au présent de l’indicatif, jamais au conditionnel, est employé avec redondance : « l’ONU doit » est prononcé trois fois au moins. Pour s’exprimait, l’orateur de Dakar ne se contente pas de lettres ; aussi les chiffres sont convoqués : les numéraux cardinaux « cent, milliers, millions » prennent tout un paragraphe, pour rendre compte du nombre des morts, des déplacés et des personnes menacées par l’insécurité alimentaire.

En ce qui concerne le fond, un constat amer est annoncé par le Président et ancien général. D’un ton désabusé il combine les facteurs catalyseurs de la mauvaise situation du Sahel : « Nos Etats se sont rapidement vu confrontés à des défis majeurs concomitants : un grand déficit de la gouvernance et de la justice sociale, des faiblesses capacitaires en matière de défense et de sécurité… Pour conclure, le Président, proactif, ne se contente pas d’une chute lyrique, mais tout un kit de mesures ambitieuses est annoncé.

Certainement sans « langue de bois », la maladie endémique dans nos Etats qu’il a fustigée à l’entame de son discours à jamais gravé dans les annales du Sahel et dans le registre dans lutte contre le terrorisme. Comme le discours d’ouverture de sa campagne pour la Présidentielle et celui de son investiture, le discours de Dakar est, tout au moins, une sortie de bon augure et de bon aloi, pour la Mauritanie des incertitudes et des mauvaises habitudes.

Brahim Bakar Sneiba,

Auteur et journaliste

le calame

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