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Les présidents burkinabe et malien se fâchent et le font savoir
Ciré Ba – Sous pression et vexés par la convocation du président français Emmanuel Macron à Pau, les présidents du Burkina Faso et du Mali se fâchent et le font savoir.
Le premier, Roch Marc Christian Kaboré, estime que “la forme et le ton utilisés par Macron posent problème… On doit tenir compte du respect mutuel”. Le second, Ibrahima Boubacar Keïta, pour être en phase avec sa rue, évoque des “conditions pour son déplacement”.
Un journal malien parle de « ton péremptoire, frisant l’époque coloniale, qu’Emmanuel Macron, oubliant les canaux diplomatique ou téléphonique, a invité pour ne pas dire convoqué ses pairs sahéliens pour discuter de l’avenir de Barkhane et du Sahel ».
Le président Idriss Deby du Tchad aurait décliné d’avance cette convocation finalement reportée en 2020 depuis l’attaque de la garnison nigérienne d’Inates qui aurait fait au moins 71 morts et des disparus. Une attaque revendiquée par le groupe État islamique qui donne un bilan de «100 tués » côté armée nigérienne.
Ce report est présenté par l’Elysée comme concerté avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou. Plusieurs sources affirment qu’il est unilatéral. Le président Emmanuel Macron, occupé par la grève en France, ne peut et ne voudrait ouvrir en même temps un autre front sensible.
Ciré Ba – Paris, le 14/12/2019
G5 Sahel, Emmanuel Macron devra revoir sa copie
Mondafrique – Le président français Macron, qui tente de renvoyer la responsabilité des échecs du G5 Sahel sur les partenaires de la France, a été mal briefé sur les accords qui dès maintenant et à l’exception du Burkina, encadrent la présence française.
En marge du Sommet sur le 70 ème anniversaire de l’OTAN, le président français Emmanuel Macron a laissé entendre le mercredi 4 décembre à Londres qu’il attendait que les pays du G 5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) clarifient leurs demandes à l’égard de la présence militaire française.
En réalité, le Mali, le Niger et le Tchad ont passé des accords militaires bilatéraux qui justifient les opérations de la force Barkhane sur leur territoire. En revanche, le Burkina Faso et la Mauritanie n’ont pas signé d’accord pour permettre à Barkhane d’intervenir de façon permanente.
Tchad, le bon élève
Aucun accord militaire global entre le G 5 Sahel pris comme entité et la France n’est possible. Le G 5 Sahel est né en décembre 2014, soit cinq mois après le début de l’opération Barkhane lancée en aout 2014 par la France, à la suite de l’opération Serval engagée en janvier 2013 au Mali pour stopper l’avancée des djihadistes, partis du Nord Mali vers Bamako.
La France maintient une présence militaire permanente au Tchad depuis 1986 d’abord dans le cadre de l’opération Epervier déclenchée à la demande du président Hissène Habré pour faire face à l’arrivée sur son territoire des troupes libyennes. Après avoir évolué au gré de très nombreux accords entre Paris et N’Djamena, Epervier est devenu Barkhane en aout 2014. C’est d’ailleurs au Tchad que se trouve le quartier général de Barkhane.
Niger et Mali, la France chez elle
Avec le Niger, l’accord bilatéral qui régit l’intervention de Barkhane date de 2013. Il définit les conditions de stationnement sur le sol nigérien (précisément sur l’aéroport de Niamey) de la composante « Air » de Barkhane. En vertu de l’accord entre entre Niamey et Paris, le Niger accorde, entre autres, une liberté totale de stationnement aux mirages ainsi qu’aux drones et au personnel de l’opération Barkhane.
Avec le Mali, Barkhane hérite des accords passés lors de l’opération Serval. Une smiple demande était alors adressée en janvier 2013 par le président de transition Diancounda Traoré à son homologue français François Hollande. L’accord d’intervention a ensuite été formalisé sous forme d’un accord bilatéral franco-malien qui précise, notamment, le statut du personnel militaire de Barkhane, les conditions d’atterrissages et de décollage des aéronefs de Barkhane ainsi que les exonérations sur le matériel et équipement introduit par l’opération militaire française.
Mauritanie, des échanges encadrés
Pour des raisons différentes, le Burkina Faso et la Mauritanie n’ont pas avec la France des accords qui encadrent les opérations de Barkhane sur leur territoire.
Depuis près de dix ans, la Mauritanie n’a pas connu d’attaque djihadiste d’envergure sur son territoire. Le pouvoir mauritanien estime donc qu’il n’a pas besoin de forces étrangères pour lutter contre la menace terroriste. Ici, la coopération militaire bilatérale avec la France concerne non pas des opérations de Barkhane, mais la formation d’officiers mauritaniens dans les écoles françaises. La France envoie également des instructeurs en Mauritanie. Les deux pays échangent du renseignement et partagent des expériences dans la lutte contre le terrorisme grace à l’antenne que la DGSE possède en Mauritanie.
Burkina, le grain de sable
Si elles paraissent claires avec quatre pays du G 5 Sahel, les relations militaires entre la France et le Burkina Faso sont, en revanche, beaucoup plus complexes. La demande de clarification d’Emmanuel Macron concerne surtout ce pays. En dépit de la dégradation de la situation sécuritaire intérieure, le Burkina Faso a choisi comme doctrine de refuser toute installation d’une base de Barkhane sur son territoire.
Mieux, dans une lettre au ton ferme adressée à l’attaché militaire auprès de l’ambassade de France à Ouagadougou, le pouvoir burkinabé a exigé qu’il soit avisé de toute opération de survol de son territoire par tout aéronef étranger. A la veille d’une élection présidentielle incertaine, le pouvoir burkinabé ne souhaite pas s’aliéner une bonne partie de l’opinion publique hostile à l’installation d’une force étrangère.
Dans ces conditions où chaque pays du G 5 Sahel a fait son choix en tenant compte de ses réalités nationales, on ne voit pas à quoi pourrait bien servir le Sommet auquel le président Macron a convié le 16 décembre à Pau, dans le sud-ouest de la France, ses pairs du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad.
Un sommet franco-africain pour rien? L’hypothèse est plus que probable.
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le monde
Rencontre CVE – UCN
CVE – Le Conseil des Présidents de la CVE (non signataire de la charte) a reçu ce mercredi 4 décembre 2019, au siège des FPC, une délégation de la coalition Union pour la Cohésion Nationale ((UCN) comprenant :
– M. Mohamed Dellahi, Président du Parti Mauritanien pour la Défense de l’Environnement (PMDE),
– M. Boullah Ould Mohamed, Président du Parti Choura,
– M. Diop Elhadj, Secrétaire général du Parti Choura,
– M. Sidi Ould Moilid, Secrétaire exécutif chargé des affaires politiques du Parti Choura,
– M. Elias Mohamed, Secrétaire général du Parti Libéral Mauritanien,
– Mme Aminetou Laweissi, Présidente de l’ONG El Hanane,
– M. Mahfoudh Ould Mohamed, Président de l’Association Mauritanienne pour la Protection de l’Environnement
Cette rencontre qui s’est tenue à l’initiative de l’UCN a permis aux deux parties de faire le tour des grandes préoccupations nationales et de constater une convergence de vue quant aux questions prioritaires.
Il ressort de cette première rencontre l’urgence du règlement de la question de l’unité nationale dans ses différentes dimensions, règlement qui passe notamment par une analyse sans tabou des problèmes qui la minent, en vue de leur trouver des solutions.
La CVE et lUCN se sont promis de se retrouver très vite après cette première rencontre de prise de contact. Elles espèrent pouvoir travailler ensemble, dans un cadre dont les contours restent à définir.
Nouakchott, le 4 décembre 2019
Naufrage au large de la Mauritanie : le bilan passe à 63 morts
Apanews – Cinq nouveaux corps de migrants ont été repêchés, jeudi soir, par les secouristes mauritaniens qui signalent que le nombre des décès issus du naufrage d’une pirogue, survenue mercredi au large de Nouadhibou (745,2 km de Nouakchott), passe ainsi de 58 à 63.
ayant péri mercredi dans le naufrage de leur embarcation de fortune non loin des côtes mauritaniennes de l’Océan atlantique ont été récupérés jeudi soir par les autorités mauritaniennes, a-t-on appris de source sécuritaire à Nouadhibou.
Les mêmes sources font état de 85 rescapés qui étaient parmi les 150 à 180 passagers ayant pris place à bord de la pirogue. Des femmes et surtout des jeunes âgés de 20 à 30 ans voyageaient dans l’embarcation qui, selon le ministère mauritanien de l’Intérieur, était partie de Banjul (Gambie) pour rallier l’Espagne.
Dans un communiqué publié jeudi, le ministère de l’Intérieur avait fait savoir que « tous les rescapés ont bénéficié de l’assistance nécessaire et sont humainement traités », suivant « les règles d’hospitalité qu’exigent la solidarité humaine, la fraternité et l’hospitalité africaines ».
Les ambassades et consulats dont les ressortissants figurent parmi les victimes ont été impliqués dans l’opération de secours par souci de transparence, indique le communiqué, ajoutant que le département de la Justice a été sollicité pour déclencher les enquêtes nécessaires en pareille circonstance.
Selon des sources sécuritaires à Nouadhibou, les corps des 58 morts ont été enterrés dans des tombes individuelles à l’extérieur de la ville.
MOO/cat/APA
cridem
Biram Dah député, candidat à l’élection présidentielle de juin 2019 Remarques liminaires à la conférence de presse du 4 décembre 2019
A la suite d’une annonce, par des collègues députés, d’une commission d’enquête sur les crimes économiques de la décennie, je tiens à lever le doute relatif aux allégations de mes prétendues réserves.Â
- Je soutiens toute investigation indépendante qui contribuerait à établir la vérité sur la mauvaise gouvernance et la délinquance en col blanc, de la part des agents de l’Etat et réfute toute forme d’immunité au profit des contrevenants. Cependant – et il s’agit ici – d’une condition préjudicielle, je n’accorderais mon concours ni celui de mes compagnons de lutte, à une telle initiative tant que les auteurs ne prendraient l’engagement, solennel et écrit, de voter l’abrogation de la loi « Loi numéro 93-23 du 14 juin 1993, portant amnistie » des crimes d’épuration ethnique. Je demande, aux promoteurs de la Commission d’enquête, de bien vouloir signer leur résolution à effacer, de notre corpus législatif, cet obstacle de la honte. Ainsi, à la mémoire des centaines de soldats tués de sang froid, des victimes civiles de la torture, de la déportation, de la spoliation foncière et de l’humiliation, nous rétablirions l’échelle de valeurs de l’humanité, quand elle place l’intégrité du corps et de la vie, au dessus de la matière. Un pays libre, s’il aspire au respect, se doit, à l’évidence, d’éradiquer la banalisation du racisme et son substrat, le déni par le silence. Sans la promesse, individuelle, de voter la levée de la norme scélérate de 1993, je ne participerais à aucune entreprise de moralisation, parce que la sélectivité y prévaudrait.Â
-  Si mes collègues acceptent ce préalable minimal du point de vue de l’éthique, je m’associerai à eux, sans réserve et irait au terme de l’effort commun. Néanmoins, en guise d’avertissement, il convient de rappeler que l’opération d’assainissement ne s’arrêterait plus à l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz mais couvrirait l’ensemble des infractions imputables aux bénéficiaires de ses deux quinquennats. Je suis d’autant plus à l’aise dans le zèle envers l’industrie tribale de la rapine que nos électeurs et partisans n’en ont jamais tiré fortune. Depuis la constitution du capital privé national sous les régimes de junte, licences de pêches, subventions, prêts sans garantie, exonérations de taxes, permis d’exploration minière, agréments de banques, importation de faux médicaments, tolérance de diplômes frauduleux, nominations complaisantes et bien des forfaitures du genre n’enrichissent ni ne reproduisent que le noyau de la domination ethnique. Une vraie tentative d’assainissement de la gestion de l’Etat, selon la dynamique « mains propres » ou « tolérance zéro », ne saurait viser une seule personne.Â
- Â Une faction de législateurs qui entend jouer, à plein, son rôle de gardien du droit, est tenue de diligenter une demande d’information, au gouvernement, sur les pratiques de torture et le classement des plaintes visant les auteurs d’esclavage, pendant la décennie écoulée. L’une de nos lois qualifie un tel « crime contre l’humanité » et, pourtant, nos juges endoctrinés à l’école de l’extrémisme, continuent à décourager les victimes et dédouaner les tortionnaires ; le récente affaire Ghaya Maïga illustre mon propos. Demain, n’importe lequel de nos concitoyens peut subir l’arbitraire et la contrainte physique. La roue de l’histoire tourne.Â
-  Enfin, les élus de l’Assemblée nationale, pour leur honneur, devraient annuler l’article 306 du code pénal, qui viole nos engagements internationaux en matière de protection de la personne contre les groupes terroristes et la haine religieuse. Je tiens, ici, à rappeler que la Mauritanie ne peut prétendre combattre le jihadisme au titre du G5 Sahel et continuer d’appliquer le programme juridique de Daesh. C’est un non-sens et une imposture monumentale envers nos alliés dans la guerre. Il est temps de lever l’hypocrisie. Ce genre d’hypocrisie tue.Â
En conclusion, je le répète, à l’endroit de mes collègues députés : soit nous sommes une chambre d’enregistrement – et alors vivons à l’ombre du pouvoir exécutif – soit nous respectons le suffrage de nos compatriotes ; le second choix comporte l’obligation de légiférer en conscience, dans l’intérêt général. Comme l’exprime si bien le proverbe hassaniya, « la discrétion et l’avidité sont incompatibles ». Je n’insulte et ne renvoie nulle accusation mais souhaite, seulement, élever le discernement et la vérité au rang de vertu parlementaire.
Nouakchott le 04/12/19
Biram Dah Abeid, député à l’Assemblée nationale
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le calame





