Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Samba Thiam, président des Forces Progressistes pour le Changement (FPC, non reconnu) : ‘’La rencontre avec le Président aura surtout permis de communiquer quelque peu, de se jauger, voire se juger, sans plus …’’

Le Calame: Le président Mohamed Cheikh El Ghazwani préside aux destinées de la Mauritanie depuis bientôt deux ans. Vous l’avez rencontré récemment et en sortant vous avez écrit que la glace est brisée. Faudrait-il comprendre que vous avez trouvé chez lui, une oreille sensible aux préoccupations des FPC, de ses militants et de tous ceux qui se sentent marginalisés par le « système », comme vous le dites ?

Samba Thiam : Non, pas jusque-là. Ce que j’ai voulu dire c’est que le mur de préjugés dressé entre nous par l’effet de  toute une campagne de diabolisation menée  contre le parti FPC et  son leader  est, me semble-t-il , tombé;  à tout le moins amoindri quelque peu. C’est, en tout cas, l’impression que j’ai eue en fin d’entretien. Juste une impression … Il faut se rappeler que j’ai été, parmi les acteurs politiques, le dernier à avoir été  reçu à la Présidence ; ce qui, je crois, est à mettre  sur le compte d’une querelle  de clans ou de factions dans le sillage du pouvoir, les unes favorables, les autres  hostiles … Ce que j’ai voulu exprimer, en fait, sur le sens de cette entrevue, c’est qu’il  s’est plutôt agi d’une découverte des personnalités respectives ; chacune dans sa  perception  des choses, chacune dans son tempérament, en somme, une sorte d’échange sur soi, comme  pour mieux se découvrir… Bref cette rencontre aura surtout permis de communiquer quelque peu, de se jauger, voire se juger, sans plus …

-Le dernier remaniement ministériel a été l’occasion, une fois de plus, de  dénoncer la « marginalisation » de la communauté noire du pays (négro-africains et Haratines). Quels sont les éléments constructifs de cette marginalisation ?

Des fois, par lassitude de voir ces discriminations s’égrener, interminables, je me dis  à quoi bon ? A quoi bon répéter la même rengaine sur leur dénonciation? Mais une voix intérieure, toujours, retentit pour dire : ’’ surtout ne pas lâcher, ne pas céder, quoi qu’il coûte … On cherche à  vous avoir à l’usure…’’.

Sur ce, je dois, avant tout,  m’insurger contre le terme de ‘’ marginalisation’’ que vous employez qui, à mon avis, est  impropre à rendre compte de notre situation actuelle qui se résume à un présent amer et  un horizon  incertain, car il traduit un stade dépassé des années 70. Il faudrait plutôt parler d’exclusion totale voire  de liquidation … A partir de la période post-évènement (86-92), le racisme d’Etat a pris des proportions et une ampleur qui fait dire qu’il ne s’agit plus d’une discrimination ordinaire, mais de liquidation pure et simple  de la communauté négro-africaine, à tous les niveaux . Et ça se poursuit. Vous avez observé ces dernières nominations en conseils des ministres et toutes ces promotions, de l’Ecole des Instituteurs à l’Université en passant par l’ENS, toutes monocolores… On ne se gêne même plus ! Après l’atelier organisé récemment sur la diversité par la HAPA, au cours duquel le Président de cette institution alertait  sur le déséquilibre dans le traitement des langues nationales dans les médias publics et privés, voilà, curieusement, ce même  responsable  qui attribue, ces jours-ci, deux médias rien qu’à  des arabo-berbères…comme par défi ! Incohérence ou démagogie ? Probablement la démagogie … La société civile et la classe politique observent tout cela sans rien dire, et tous ces intellectuels arabo-berbères, pour l’essentiel, qui ne semblent pas même s’en offusquer, outre mesure ! Si c’est cela le ‘‘programme du président de la République sur l’Unité nationale ‘’, alors nous ne pouvons y souscrire, car cette unité-là  n’est rien d’autre que ‘’ l’unité du cavalier  et de sa monture’’. Nous n’en voulons pas !

Les origines de ce  racisme d’Etat sont à  chercher à la fois et dans l’idéologie suprémaciste sous-jacente  de race ‘’aryenne’’ et dans des peurs, enfouies, que rien ne justifie. Une  vidéo a circulé ces derniers temps dans les réseaux sociaux, où un journaliste arabo-berbère demandait à deux touristes  Blancs leurs impressions sur la Mauritanie : ceux-là, en toute innocence, répondirent :’’ La Mauritanie c’est comme le Sénégal ! ‘’ –entendez … noire comme le Sénégal’’… Tel est  ce que les chauvins perçoivent ‘’comme un péril’’, et qui  justifie, à leurs yeux,  ces  politiques stupides de contrôle systématique de tous les leviers  et rouages de l’Etat par une seule composante nationale… La raison nous dit  que  cette parade est absurde et  ne conduisait nulle part, au regard de l’expérience historique d’autres pays.

-L’expropriation des terres de la vallée constitue une préoccupation majeure des FPC. Quelle est votre réaction aux propos du ministre de l’économie et des secteurs productifs qui a annoncé que l’Etat fera appel à des investisseurs privés, via la Banque Mondiale, pour exploiter ces terres parce que les mauritaniens n’en seraient pas capables tout seuls ?

Oui, l’expropriation des terres de la vallée constitue, entre autres, une préoccupation centrale des FPC, et ce d’autant plus que nous avons presque tout perdu ;  c’est le  dernier  carré qui nous reste. Et si d’aventure,  par pusillanimité, nous nous hasardions à perdre  ces terres, à leur tour, alors il ne nous restera plus qu’à nous écrier, comme ces  dames noires -uniques résidentes rescapées d’un petit village de Turquie – : «  Ils nous ont tout pris…il ne nous reste plus que la couleur de notre peau ! » 

Lorsque  nous nous arrêtons un instant sur certains segments du propos du  ministre sur la question, ministre dont on ne peut douter du patriotisme  , ‘’-pour avoir sacrifié  bien des avantages financiers et matériels personnels  afin de  se mettre au  service de  son pays’’-, force nous est tout de même de   reconnaître  qu’ils appellent des remarques et soulèvent un tas de questions, toutes légitimes .

 « Associer les populations, créer des emplois, attirer le privé national et international pour valoriser nos terres », est en soi excellent. Mais sous quelle forme, à quel prix et dans quelles  conditions ? Autant de questions dont les réponses, claires et officielles,  attendues et souhaitées, au plus vite, permettraient de voir plus  clair  … On dit souvent que le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions et que le diable se cache dans les détails…

Sur les emplois  évoqués par exemple,  se traduiraient-ils par la mutation de ces paysans en  ouvriers agricoles sur leurs propres terres ?  L’enjeu, alors, n’en vaudrait pas  la chandelle. S’il  y a, ensuite, ‘’  gâchis’’ comme dit le ministre, que ces terres soient laissées en l’état, depuis toujours, à qui la faute ?  Certainement pas aux populations, délaissées par un Etat qui préfère, par chauvinisme, appuyer des hommes d’affaires spéculateurs qui voient leur ardoise effacée, au détriment  des paysans qui ployaient  sous des charges et redevances multiples, et qui ne cherchaient qu’à s’en sortir. A qui la faute si l’Etat, par idéologie chauvine, s’est toujours refusé  à faire de ces paysans  des entrepreneurs,

Par ailleurs, est-il possible, à tout le moins souhaitable, de tenter de mener à bien ce projet dans un  climat inapaisé, pollué par des  contentieux fonciers non purgés ? Rappelons, au passage, les termes de la  lettre adressée aux Gouverneurs et Préfets par feu Gabriel  Cymper, ministre de l’intérieur, : ’ ’Au plan social ,vous vous garderez d’accorder des autorisations à titre précaire à des collectivités  traditionnelles pour éviter toute confusion pouvant perpétuer  la situation à laquelle la loi a voulu mettre fin, à savoir l’existence d’un droit qui ne se rattache ni à une personne morale, ni à une personne physique.’’ 

Je n’ai entendu nulle part  dire que cette lettre n’était plus de référence, ni que la  réforme foncière scélérate  qui la suscita avait cessé de considérer les  terres de  la vallée du fleuve comme relevant du  ‘’ domaine national’’ et celles  d’Atar …des Atarois !

Question clou,  est-il, par ailleurs, lucide de penser qu’un Système qui s’est, jusqu’ici, attelé  à  exclure, déposséder, à tour de bras,  négro-africains  et  haratines sur tous les plans, puisse, en toute logique, épargner leur dernière possession que sont ces terres de culture ?

 L’expérience désastreuse menée au Trarza, pendant et après les années de plomb, que la Banque mondiale, abusée, avait accompagnée, à travers la  réforme foncière scélérate -à deux vitesses-de 1983, et qui s’était traduite  par des dépossessions massives  de terres, l’encerclement de villages par des périmètres agricoles, cette expérience douloureuse donc est encore dans les mémoires . En 1988, aux dires de  Leservoissier,  il y avait  sur 20.000 ha  aménagés, cédés au  privé mauritanien, avec seulement  6000 qui furent cultivés ; la plupart des éléments du Privé voulaient juste obtenir la terre à des fins de spéculation’’. Cette réalité demeure … Bref, ce fut, au bout du compte, une spoliation tous azimuts  des paysans négro-africains.

Voilà, me semble-t-il, qui explique la posture de réserve légitime des populations et cadres de la vallée du fleuve face à la nouvelle initiative. Ces populations n’avaient aucune  garantie que l’Etat chauvin – qui traitait différemment ses citoyens jusqu’ici –  ne ferait  pas  main basse sur leurs terres ;  aucune, pour l’instant, que  la parole d’un ministre, tout patriote qu’il soit … Il ne faut pas que l’indulgence pour les larrons  l’emporte sur la pitié des crucifiés, disait A. Mbembe.

Le Syndrome Mame NDiack est encore vivant dans les esprits…

Autre question, non moins troublante, pour clore ce chapitre : peut-on, raisonnablement, croire à l’applicabilité de la transparence à laquelle semble attaché Monsieur le ministre, dans un environnement administratif fait d’anarchie et de résistances sourdes à tout changement de pratiques ? Lui laissera-t-on la liberté de manœuvre, avec un Système fossilisé et des lobbies réfractaires à tout changement ?  Le ministre de la santé- Nedhirou- qui s’y était essayé, malgré toute sa bonne volonté et toute l’énergie déployée, en a fait les frais !

Je doute, pour ma part,  qu’une réforme, de quel que secteur que ce soit, puisse aboutir, sans que dans  un vaste mouvement d’ensemble, impulsé d’en haut, tout  se redressât en même temps …

C’est peut -être pour moi –Président des Fpc – l’occasion de rappeler, ici, notre  projet, ficelé,  et tout réfléchi  et qui – s’il  peut servir- se décline ainsi :

Pour les FPC, la prise en charge des terres de la vallée du fleuve, pour être efficiente, devra s’inscrire dans une réforme globale, territoriale,  administrative, plus juste. Il s’agira, pour limiter les antagonismes et baisser les tensions, de découper le territoire en quatre grandes régions, à vocation naturelle, fonctionnant sur la base d’une Décentralisation réelle, poussée, -que nous appelons Autonomie-. La région no 1, ce sera le Trarza, le Brakna et le Tagant; la région no 2, le Guidimakha, le Fuuta et le Waalo;  la région no 3, l’Assaba et les 2 Hodhs, la quatrième région, l’Adrar et le Tiris. Nouakchott et Nouadhibou auront un statut particulier. Une réforme foncière à caractère national, plus juste, qui  s’articulera sur  au  moins  deux  axes : la reconnaissance et l’affirmation du droit de propriété au sens large. Dans la vallée du fleuve, dont la vocation naturelle est l’agriculture, l’accès égal à la terre pour  tous les autochtones sera de mise ; le redécoupage  des zones de culture  se fera en paliers : La Zone du Waalo reviendra aux populations locales, toutes confondues, le moyen Dierri (12 km au dessus du fleuve ) sera affecté aux hommes d’affaire nationaux et régionaux , le haut Dierri ( 20 km au dessus) sera attribué aux  investisseurs internationaux -à grand capital. Tout ceci, bien entendu, dans le respect strict des espaces vitaux des villages et l’aménagement de couloirs de parcours pour le cheptel. Il faut certes ouvrir la vallée du fleuve au capital international, mais sans omettre  toutefois  de donner   également  aux paysans l’opportunité et  la possibilité  de se muer en entrepreneurs…

Où en est-on avec les préparatifs du dialogue politique dont les échos semblent s’estomper ? La gestion du dossier d’Ould Abdel Aziz serait-elle beaucoup plus urgente pour le gouvernement que ce conclave politique ?

En toute honnêteté je ne saurais  vous répondre…La chose semblait engagée tambour battant, et tout d’un coup, paff ! Comme si on passait à autre chose…Les mauritaniens sont surprenants ! Nos initiatives sont généralement comme nos lois… qui ne durent qu’un instant, faîtes pour quelques jours, au plus pour quelques semaines. Il faut dire que ce projet de dialogue avait aussi ses détracteurs qui ont peut- être remporté cette  manche …Aidés en cela -il faut se l’avouer- par un commandant en chef  qui n’avait que très peu marqué son  enthousiasme … Mais attendons encore un peu, l’UPR, semble-t-il, est en conclave; nous verrons bien …

Que la gestion du dossier de Abdel Aziz  soit perçue comme prioritaire, pour être source d’inquiétude voire de désarroi, ça se peut. Mais même là, il y aurait à redire sur une stratégie du silence opposée à un adversaire, retors, qui ne reculait devant rien , excellait  dans l’art de semer la confusion, et à qui, de surcroît, on laissait les coudées franches, au risque de perdre l’opinion  …Comprenne qui pourra !

– L’insécurité atteint des proportions plus qu’inquiétantes à Nouakchott et pour y faire face, le gouvernement a lancé un projet dénommé “système de sécurité publique et de surveillance de Nouakchott’’ financé par la Chine à hauteur de 20 millions de dollars. Quelle appréciation vous en faites?

– « Il n’y a plus d’Etat  depuis la réorganisation judiciaire sous Haidalla…qui procède à une réforme qui prend la Charia islamique comme source du droit et intègre automatiquement les cadis et même leurs secrétaires dans le corps des magistrats ‘’ », dixit Isselmou ould Abdel Kader dans son ouvrage -Où va la Mauritanie. Il ajoute plus loin : ‘’ les réformes de la justice, de l’Administration et de l’Education nationale permirent le recrutement de milliers de nouveaux fonctionnaires qui n’avaient jamais connu un enseignement approprié auparavant. Des magistrats qui n’ont jamais entendu parler de procédure {…}, fin de citation. ( Faire de la place ‘’aux autres’’ , disait Moktar…).

Avec un tel tableau – sans éducation, sans justice,  et cette impression de navigation à vue – vous voulez espérer vivre dans un environnement urbain sécurisé ? Jouir de sécurité dans un climat  de désordre général ? Mais, à tout peser, pour être juste, lui offrait-on des perspectives d’avenir à cette jeunesse  qui  troublait et  notre sommeil et  notre quiétude ? La stratégie apparemment choisie pour lutter contre cette sécurité laisse rêveur…pour traquer  des bandits à coups de sirènes …

Cela étant, je suis quand même  vraiment gêné d’apprendre que  même pour notre sécurité urbaine, il nous faut faire appel à l’aide  extérieure ! Triste  attitude de main tendue permanente. …Pauvre l’Afrique !

– Quel est l’état de vos rapports avec l’autre CVE ? N’avez –vous pas scellé un rapprochement à travers une contribution commune, en perspective du dialogue ?

-Nous essayons de garder de bons rapports, à tout le moins des passerelles de communication, car, après tout, nous ne sommes pas des ennemis, que je sache…. Pour ma part, je suis de ceux qui pensent qu’il faut savoir  garder  la juste mesure des choses et  l’esprit  lucide  face aux enjeux qui l’exigent, par moment…

Quant à l’action  commune en perspective  du dialogue, oui, nous nous y attelons, tant avec la CVE qu’avec l’Opposition en  général. Nous tentons, en effet, de plancher sur  une plateforme commune, si minima soit-elle.

                               Propos recueillis par Dalay Lam

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La coupe est pleine /Par Samba Thiam, président des FPC

Samba Thiam – La discrimination qui nous frappe durement avait – et a toujours – cours dans les médias, l’Administration, l’enrôlement, la Justice, dans les écoles d’excellence et toutes ces Ecoles spéciales (l’Ecole de la magistrature, l’Ecole aéro-navale, l’Ecole de médecine, l’Ecole polytechnique, l’Ecole des mines, l’Ecole des officiers, le Prytanée militaire,) toutes monocolores.

L’Université, en voie d’arabisation, pousse dehors des Professeurs de formation francophone. Les Examens et Concours et les chapelets des nominés en conseils des ministres viennent boucler la boucle!

Depuis quelque temps cependant, cette discrimination, à l’allure de provocations outrancières, prend des proportions et une tournure inquiétantes, graves.

Récemment le Professeur Gourmo Lo, Vice président de l’UFP a subi une humiliation –qu’il a lui-même rapportée- : Sommé de s’exprimer en arabe s’il ne voulait pas voir sa voiture immobilisée par des agents de la circulation …l’ incident passa presque inaperçu sans susciter aucune protestation sérieuse. IL avait été précédé par celui d’un Député de la République (Sooninke) qui s’est vu refuser de déposer sa plainte dans un Commissariat parce que celle-ci était rédigée en français. Là aussi rien !. Pratique, du reste, qui avait déjà cours dans l’Armée nationale depuis quelques années , imposée aux officiers et soldats négro-africains qui seraient tentés de rédiger une demande en français, sous peine de subir des arrêts de rigueur…L’Armée parle arabe, et rien qu’arabe !

Ce type d’incident continue avec un ministre de la République-Mr Kane – qui, face aux parlementaires se voit rabroué, bruyamment, par un énergumène s’opposant vivement à ce qu’il s’exprimât en Français ! Pour la première fois on note zéro admis à l’ENS et à l’ENI, en filière français…On invoque pour justifier l’échec la baisse de niveau, comme si celle-ci épargnait la filière arabophone!!!

Que dire, sinon que ces faits parlent d’eux-mêmes et que nous assistons, de facto, à l’extinction progressive et programmée de la langue française, sans transition ! Comme pour ôter rapidement et définitivement le pain de la bouche de ceux qui en usent comme langue de travail. Extinction programmée, sans que rien ne soit fait, en retour, pour la promotion des autres langues nationales pulaar, sooninke, wolof!

L’aile chauvine de l’élite arabo-berbère, sourde et aveugle, dénie toute valeur aux langues nationales pulaar, sooninke et wolof, et freine des quatre fers ; elle continue de se cramponner, obstinément, au projet funeste de l’assimilation, sans en mesurer tous les dangers sur notre coexistence pacifique. Refusant de voir qu’à côté, il y a officialisation du berbère ( l’Amazigh) par le Maroc et l’Algérie, depuis déjà quelques années. La France, aujourd’hui, vient de surmonter ses résistances jacobines ancestrales en s’engageant dans la voie de “la préservation et de la promotion des langues régionales”. La Mauritanie, seule, reste encore cabrée sur cette question.

En lieu et place de la rupture attendue et souhaitée après l’ère Aziz, nous assistons plutôt, hélas, à une continuité du Système… le Danseur et le style ont changé certes, mais non la musique… C’était peut-être là le sens du coup de gueule de Maouloud, en conférence de presse ?

Bref, la descente aux enfers continue de plus belle, par tous les moyens, dans la voie de l’assimilation, à marche forcée ! Sans susciter, quasiment, la moindre réaction de la part de “nos frères utérins” Arabo-bèrbères, plus soucieux de compatir avec leurs frères de Palestine… Aucune indignation compatissante à nos douleurs, à l’exception d’une infime minorité d’hommes et de femmes, justes et honnêtes, au courage téméraire … Mais le plus déroutant dans tout ça demeure ce silence même des victimes – directes ou collatérales, internes ou externes – comme frappées d’hébétude, perdant jusqu’à la capacité à s’indigner !

La coupe est pleine d’un présent amer d’injustices et de l’avenir confus … Ces mauritaniens Justes se doivent de se lever et sonner l’alerte, pour dire que la voie choisie, jusque-là, est dangereuse et ne menait nulle part, afin de jouer leur “rôle d’alerte au danger” qui sied aux intellectuels, comme dirait P. Bourdieu !

“Si l’on ne peut vivre ensemble qu’au prix de l’oppression à l’égard d’une composante , c’est une position pas raisonnable et qui, surtout, n’est pas tenable”, rappelait feu Yehdih…

Samba Thiam

Pr des FPC

31 Mai 2021

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Mauritanie: Samba Thiam et Ould Beib sur les consultations présidentielles

Samba Thiam et Ould Beib partagent presque les mêmes points de vue sur les consultations présidentielles. Cheikhan Ould Beib, dirigeant du Rassemblement national pour la réforme et le développement Tawassoul, a déclaré que le rapprochement entre l’opposition et les autorités constitue un danger pour l’équilibre du processus démocratique. « Je soutient la consultation initiée par le chef de l’Etat ces jours-ci. Ce sera peut-être le début de la fin de la rupture entre les deux pôles du processus politique dans le pays. Mais Je ne trouve pas assez de contenu pour justifier l’optimisme dans ce que j’entends ». “Je considère également que le rapprochement qui prévaut d’ici et là entre les acteurs de l’opposition et l’Autorité constitue un danger pour la loi sur l’opposition et l’équilibre du processus démocratique. Cette consultation est donc dans l’intérêt d’un seul parti politique de manière claire et nette“. Ajoute t-il. Il a conclu en déclarant que “l’intérêt de l’opposition n’est pas la mise en place d’une structure incluant la dispersion après avoir été aggravée par les blessures causées par les récentes élections. Son intérêt est pour un dialogue sérieux et approfondi et pas simplement une consultation qui facilite la congestion.“ De sa part Samba Thiam dans un interview au journal le calame a déclaré «Nous dirions que les signes annonciateurs, significatifs, émis ne sont pas de nature à inciter à l’optimisme ; pour être en porte-à-faux à la fois avec l’esprit de son discours d’investiture et celui du premier ministre dans l’hémicycle…. ». Il a également touché sur le vote ethnique que la CVE est accusée d’être en soulignant que « L’unité serait menacée à cause du vote ethnique, vote ethnique qui se découvre à travers l’alignement massif de la vallée du fleuve sur le candidat de la CVE…Voilà qui fait problème ! Quand les arabo-berbères s’alignent, et ce depuis toujours, sur un candidat bidhaani, c’est naturel et normal ! Quand les harratines, se retrouvent, toutes tendances confondues, dans le ‘’Manifeste’’, ou s’alignent derrière Messaoud, il n’y a pas débat. Mais dès que les négro-africains adoptent la même attitude, ça devient insolite, contre nature ! On crie au danger de l’unité menacée ! Mais, en vérité, cette unité est menacée depuis fort longtemps, aggravée depuis l’avènement du 12/12 et sous le mandat du président Aziz; en raison des politiques pernicieuses des hommes au pouvoir, et de certains militaires en particulier ». Sur l’unité national le leader des FPC préconise que « la véritable solution à cette question de l’unité réside, à mon avis, dans la prise en compte effective de la diversité ethnique et culturelle du pays, qui passe par l’égalité des langues et cultures, encore une fois, par l’équité et l’égalité des chances des citoyens devant les opportunités, par l’égale dignité des communautés, à travers la reconnaissance de chacune dans son identité et dans son altérité ». « Oui, si tous ces acteurs politiques l’abordent avec un esprit empreint de franchise et d’honnêteté, indispensables en pareil cas. Oui, un dialogue honnête, franc, sérieux et serein pourrait nous sortir de cette situation grave et dangereuse qui dure près de 60 ans ». Ajoute-t-il. Sur la question de la division de l’opposition mauritanienne après la présidentielle, Samba Thiam a conclu « Sombre, si elle se révèle incapable de se ressaisir. Aller en solo voir le Président, sans stratégie commune et sans plan concerté, est porteur de risques pour ne rien dire de plus … »

senalioune

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Solidarité des FPC avec les sinistrés de la Vallée

altLes régions du Sud de la Mauritanie font face depuis quelques semaines à des graves intempéries. Les précipitations diluviennes ont causé des des dégâts matériels et des pertes en vies humaines notamment dans la région du Guidimakha. Les précipitations ont entraîné des crues gigantesques dans la vallée. Les villes et des villages entiers sont inondés par des eaux torrentielles et les routes sont parfois coupées entrainant des longs retards dans le transport en commun. Les forces progressistes du changement(FPC) apportent leur soutien moral , compassion, empathie et expriment leur solidarité agissante aux populations sinistrées. Elles s´inclinent devant la mémoire des victimes et lancent un appel pressant à toutes les bonnes volontés, aux ong-humanitaires, à nos militants et à la diaspora mauritanienne de venir en aide aux victimes qui ont besoin des secours d´urgence.

 

Nouakchott le 28 août 2019

Le département de la communication

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Samba Thiam, président des Forces Progressistes du Changement (FPC) : ‘’Le général a compris que l’opposition n’était pas prête à se battre, quelque que fussent les enjeux ou les provocations ourdies contre elle’’

altLe calame: Les FPC  n’ont pas pris part aux  élections, elles ont tout de même une idée de ce qui s’est passé. Que pouvez-vous en dire ?

S Thiam: Ce qui s’est passé, c’est qu’au premier tour le pouvoir s’est senti suffisamment assuré et rassuré pour jouer à la transparence. A l’arrivée, l’Upr-parti au pouvoir-est battu à plate couture par endroits, sinon, serieusement  secoué, ici et là, par l’opposition. Echaudés, les hommes du pouvoir reviendront, au 2eme tour, aux pratiques habituelles marquées par la fraude, le bourrage des urnes, le vote multiple, le transport d’électeurs d’un centre à l’autre ; comme ce fut le cas pour ce groupe de jeunes gens du quartier Sebkha de Nouakchott  transportés à Wothie. Il existe des dizaines de cas semblables. L’Afrique n’arrive pas, hélas, à se départir de ces tares…

 L’autre faiblesse de ces élections, occasionnant la vaste pagaille, c’est le manque d’imagination, pour user de cinq bulletins à la fois, avec des logos miniscules, pour une population moitié analphabète ! D’où ces dizaines de milliers de bulletins nuls.

 – Quelle évaluation vous faites de votre rapprochement avec  l’AJD/MR lors  des élections passées? Pouvez-vous nous expliquer pourquoi, les cadres des FPC n’ont pas figuré sur les listes candidates de l’AJD ? Quel est  aujourd’hui  l’avenir des FPC qui  courent derrière un recours contre le refus du ministère de l’intérieur de les reconnaître?

S Thiam : Nous avions souhaité un bien meilleur résultat pour l’AJD/MR qui demeure, pour nous, un allié naturel ; malheureusement ce ne fut pas le cas, en raison d’une conjonction de facteurs défavorables qu’il serait fastidieux d’énumerer ici…

Pour le reste, nous n’étions pas vraiment demandeurs, pour être en conformité avec l’esprit même de notre déclaration de soutien à ce partenaire privilégié…Nous avions une position à prendre, par devoir, nous l’avons prise…

Concernant maintenant notre avenir, au regard de l’arbitraire d’un régime qui nous frappe, je dirais que les Fpc continueront malgré tout, à exister, à se battre pour leurs  droits jusqu’au bout, même si notre justice demeure inféodée.

– Certains Négro-africains se demandent pourquoi les leaders de la communauté n’arrivent pas à s’entendre pour peser lors des élections. Leurs résultats aux dernières élections ont été catastrophiques ; aucun n‘a réussi à se faire élire ou à élire quelques députés ou conseillers.

S Thiam : Il faudra nuancer l’affirmation: il y a eu tout de même quelques élus dans les rangs de l’AJD/MR notamment, même si c’est dérisoire par rapport aux attentes. Mais votre  question reste toutefois légitime; pour  comprendre ce qui s’est passé  il faut peut-être remettre  les choses dans leur contexte .

Avant les élections, les partis, à tout le moins les directoires de ces partis, se faisaient, chacun, une haute idée de leurs capacités ou de leurs possibilités.A l’épreuve de l’expérience, la réalité se découvre toute autre, dessillant les yeux… De cette douche froide, il peut cependant sortir  quelque chose de positif : plus d’humilité, des  ambitions revues à la baisse et plus d’ouverture d’esprit…Mais, à mon sens, la bonne question aurait été de se demander pourquoi donc ces leaders, en raison même du contexte général extrêmement préocupant, demeurent incapables de se retrouver, de temps à autre, pour se concerter, échanger, débattre simplement de ce qu’ils ont en commun, en dehors même de toute  élection ? That’s  the question !

–  L’un des enjeux de  ce scrutin complexe  est  la prochaine  présidentielle.  Ces scrutins présagent-ils d’une présidentielle consensuelle, crédible ,sereine?

S Thiam: Consensuelle et crédible sûrement pas ! Au regard du jeu actuel fermé  et de la CENI sous coupe réglée. Elections consensuelles, transparentes et crédibles supposent un esprit d’ouverture, des concertations, un respect mutuel entre  adversaires, toutes choses inconnues du  général. Sereines, elles le seront, sans nul doute ! Le Prince semble avoir parfaitement bien compris la psychologie de l’Opposition. Il a compris qu’il pouvait la traiter comme bon lui semblait, sans risques en retour. Il a compris qu’elle n’était pas prête à se battre quelque  fussent les enjeux ou les provocations ourdies contre elle.

 Voilà pourquoi je dirais à mon tour que cette opposition est dans les fers, pour paraphraser quelqu’un qui posait que ’’ lorsque nous acceptons de subir ce que nous  refusons nous sommes dans les chaînes ‘’ !

– Quelle appréciation vous faites des résultats de l’opposition et du travail de la CENI ?

S Thiam : Ces résultats de l’opposition me semblent acceptables, sans plus. Mais  n’en rajoutons pas, car nous savons tous qu’elle a pris ce que le prince a bien voulu lui donner ; ni plus ni moins .

Pour le nouveau Président de la Ceni, il a fait montre d’une bonne volonté, sans conteste. Mais une bonne volonté, toute seule, suffit-il pour s’affirmer ? Nous avons tous noté comment le Ministre de l’interieur et la Cour Suprême ont rabroué Ould Bellal, pourtant dans son bon droit…Non, il faut plus pour que notre Ceni soit indépendante, à égale distance des parties ; seulement  lorsque l’Opposition se décidera à croiser le fer…

– Votre réaction au dernier réaménagement du gouvernement qui a consacré l’entrée en tant que ministre de la défense du dauphin présumé d’Ould Abdel Aziz et  la  sortie de  l’AEOD qui a dénoncé la marginalisation de  la composante  noire du pays. Que faudrait- il faire, à votre avis,  pour  éviter de pareilles frictions  pour ne pas dire de frustrations?

S Thiam : Il n’y a rien de nouveau sous le soleil !

 Pour nous, Négro-africains, Aziz et Ghazouani c’est kif kif ! Supputer donc les chances ou la probabilité pour l’un de remplacer l’autre me paraît simplement oiseux. C’est bien ce duo qui fut le cerveau du putsch contre le Président Sidi Ould C. Abdallah, non ? Dans les deux cas, notre sort est scellé -nous Négro-africains- , puisque nous refusons de faire face à notre descente aux enfers…

Pour en venir maintenant à la récente position de l’Opposition sur la marginalisation de la composante négro-africaine, je dirais qu’il  faut s’en féliciter ; l’on dit bien ‘’ qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire’’.

 Hier, dès que nous qualifions la Mauritanie d’apartheid, par boutade, le Fruidem- autre déguisement du mnd en exil- nous tombait dessus à bras raccourcis ! C’est heureux que les certitudes d’hier se soient quelque peu estompées…

Cela étant, cette nouvelle position de l’Opposition me parait tout de même surprenante, pour ne sembler s’apercevoir de notre exclusion – qui crève les yeux depuis plusieurs  décennies – que maintenant et de surcroît, à la seule lumière de la nomination du Président de l’assemblée nationale, récemment ? Comme si notre exclusion  se réduirait  à la nomination d’un président de l’assemblée !

 Come on ! 

Dommage que l’on n’ait pas pu voir venir ce que nous montrions au loin, car aujourd’hui les dégâts sont  énormes… presqu’irréparables !

Je me demande si tout ceci ne participe pas de la mystification habituelle…Si nous nous sommes retirés du G8, c’est bien pour avoir constaté, entre autres, que ces questions qui fâchent n’étaient pas abordées avec franchise. Et que la revendication sur l’officialisation de nos langues nationales–Pulaar,Soninké,Wolof- principe intangible dans l’égalité en dignité des Nationalités – paraissait excessive aux yeux de ces mêmes gens !

Soit fait en passant, je voudrais relever la pirouette de  monsieur le ministre de la communication, à ce propos ;non Monsieur le ministre !Si le gouvernement mauritanien appliquait le principe ou la règle de la citoyenneté, sans consideration de Noirs et Blancs , il jouerait aux dés ! Où c’est parfois le chiffre 3, parfois 6, puis 4 ,qui sort, mais jamais toujours 6,  indéfiniment… 

  Depuis votre retour, vous courrez derrière  votre régularisation, conformément aux instructions visant la réinsertion  des déportés  et des  victimes des événements 86 -91. Qu’est-ce qui  explique cette espèce d’ « obstruction » ?

S Thiam .Rien d’autre, me semble-t-il, que ma posture d’opposant jugé pas commode, pour refuser les compromissions! j’ai rempli toutes les conditions prescrites par la fonction publique pour régulariser ma situation administrative.Tous mes collègues et anciens détenus politiques de Walata, présents  sur le territoire, ont été réintégrés et perçoivent actuellement leurs pensions de retraite.Tous, sans exception. Il n’y a que mon cas qui  bloque… pour le seul motif que je m’oppose radicalement à cette politique d’épuration ethnique, sournoisement suprémaciste, en vigueur! Lorsqu’un directeur de la Fonction Publique vous avoue son impuissance et que son ministre de tutelle vous accorde un rendez-vous pour se dérober à la dernière minute, c’est parlant ! L’obstruction vient d’en haut . La loi c’est le prince.

Mais un jour le  changement viendra …  

– Que pensez-vous de l’incarcération, depuis août dernier, du député élu Biram Dah Abeid ?

S Thiam: Que faut-il en dire sinon qu’un  constat s’impose : nous sommes dans une république bananière, dans une jungle ou règne la raison du plus fort ! Le dossier des Fpc , rigoureusement conforme à la loi, mon cas personnel, celui de Dah Abeid en sont les symboles vivants, qui montrent, une fois de plus, que la loi c’est le prince, le prince la loi !

– Que pensez-vous de la loi qui préconise la dissolution de tout parti n’ayant pas  obtenu 1% lors de 2 élections  consécutives ?

S Thiam: J’y adhère entièrement, et j’aurais même exigé un peu plus. En posant que tout parti politique devrait, pour  justifier son existence, avoir des  activités publiques régulières qui animent la vie publique, tenir des réunions et assemblées périodiques, disposer d’une comptabilité et d’un siège.

 

 Propos recueillis par DL

 

 

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