Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Ibrahima Mifo Sow, vice président des Forces Africaines de Mauritanie (FLAM) : ’’L’unité nationale doit être garantie par le partage équitable du pouvoir entre nos différentes composantes nationales’’

altDans le cadre des préparatifs du retour de ce mouvement en exil depuis les années de braise pour les négro-mauritaniens (86-92), qui ont poussé au départ beaucoup d’étudiants et cadres de cette couche et contraint à la déportation des milliers de familles au Sénégal et au Mali, le vice-président des FLAM, M. Ibra Mifo Sow séjourne en Mauritanie où il a rencontré le président de la République, d’autres acteurs politiques de la place et la presse. Au sortir justement de sa rencontre avec la presse en présence de Wane Mamadou, secrétaire national chargé de la jeunesse et des droits humains, M Sow s’est prêté aux questions du Calame.

 Le Calame : Annoncé depuis  quelques mois, le redéploiement des FLAM en Mauritanie  tarde à se concrétiser. C’est un problème de logistique ou  une question de stratégie ?

 Ibrahima Mifo Sow : La mise en œuvre du processus de retour de notre organisation en Mauritanie se poursuit selon le plan que nous avons, nous-mêmes, déterminé. Comme annoncé dans la déclaration distribuée à l’occasion de la conférence de presse que j’ai animée hier, nous entamons désormais l’ultime phase de nos préparatifs.

Par ailleurs, nous sommes rassurés de savoir que notre peuple est prêt à recevoir nos leaders et, je puis vous affirmer qu’il leur accordera un accueil triomphal.

-Lors de sa première conférence de presse, les FLAM avaient laissé entrevoir la création d’un parti politique. Où en êtes-vous ? Les nombreux  contacts que vous entreprenez maintenant entrent-ils dans cette perspective ?

-Notre organisation va certainement connaitre de profondes mutations qui  lui permettront d’encadrer les attentes et les aspirations de nos populations à la liberté et à l’égalité. Notre prochain congrès, qui se tiendra sur le sol national, déterminera en dernier ressort le cadre d’action qui conviendra à nos ambitions nationales. En attendant, nous allons continuer notre programme de contact, d´échange et de redynamisation de nos structures internes.

-Pour les FLAM, le pouvoir et l’opposition  portent  la même  responsabilité dans la crise politique que vit la Mauritanie. Les FLAM seraient-elles centristes ?

 

-Comme je le disais hier à la conférence de presse, plusieurs acteurs politiques ne sont préoccupés que par un agenda électoraliste. Nous, nous n’avons pas encore ce souci. Notre préoccupation prioritaire c’est la réalisation d’une unité vraie de ce pays. Cela passe nécessairement par la libération effective des esclaves et la reconnaissance de la diversité nationale à traduire dans les faits. Cette unité doit être garantie par le partage équitable du pouvoir entre nos différentes composantes nationales. Pour tout dire, notre priorité c’est la résolution de la question nationale. Ces préoccupations majeures ne sont pour le moment pas au centre ni  de la plate-forme du pouvoir ni de celle de l´opposition classique.

Nous sommes sans nul doute une opposition, une opposition de gauche, progressiste et démocratique.

-Le pouvoir a décidé de  la  clôture du  dossier dit passif humanitaire. Avez-vous  constaté chez le président de la République que vous venez de rencontrer la volonté d’aller au-delà  de ce que vous appelez des avancées significatives dans le règlement ?

 

-Il est très tôt de le dire mais il ne nous a pas paru inflexible!

-Pourrait-il par exemple demander au Parlement de procéder  à l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993  afin de permettre aux victimes de poursuivre et  éventuellement  de pardonner  leurs bourreaux ?

-Nous ne sommes pas dans les secrets du palais !  Ce qui nous importait, c’était de lui exprimer notre position qui repose sur  trois étapes pour le règlement définitif de ce dossier à savoir, trouver l´équilibre entre les exigences de réparations, le refus de l´impunité et la nécessité du pardon.

Propos recueillis par DL

Source: LE CALAME du 06 mai 2013

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Retour des Flams : « La lutte continue » sous quelles formes ?

altDepuis quelques jours le retour des flam est à l’ordre du jour en Mauritanie. Ce n’est plus une simple causerie politique de salon mais un message officiel que le vice-président de ce mouvement a déjà déchargé auprès du chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz.

L’envoyé spécial de l’organisation Monsieur Ibrahima Mifo Sow a élargi cette nouvelle aux différents partis politiques, à la société civile. Hier, le haut responsable des flam a présidé une conférence de presse pour répondre aux nombreuses questions que se posent bien de mauritaniens.

Si après deux longues décennies d’exil et de lutte, les Flam décident de revenir au pays, c’est que bien de choses se sont passées tant en Mauritanie qu’à l’étranger.

Selon les premières déclarations que le vice-président a fournies au sujet de ce retour, il s’agit d’une décision souverainement prise par l’organisation suite à l’évaluation de la situation politique en Mauritanie et sur la nouvelle stratégie adoptée par l’organisation lors de son congrès tenu en 2012 en France au cours duquel les Flam ont jugé que le combat doit se poursuivre en Mauritanie de manière plus légale sur le terrain national .

C’est pour se rapprocher mauritaniens et se laver de mille et une campagne d’intoxication ayant entaché le mouvement et recentrer le combat autour de questions de l’heure que le transfert en Mauritanie de cette organisation se fait une nécessité absolue, commentent les ténors de ce mouvement. Les responsables des Flam se sont donc engagés sans réserve et sans conditions à revenir « armes » et bagages.

Ce n’est ni pour négocier des postes, ni se mettre au service du pouvoir que ce retour est motivé soutiennent les combattants des forces de libération africaines de Mauritanie. Les seules conditions posées concernent la sécurité des responsables des Flam ainsi que la levée de toute entrave à l’exercice de leurs activités. Des exigences adressées directement au président Aziz lors d’une audience qu’il a accordée aux responsables de l’organisation en exil.

En revenant au pays un travail important attend ces cadres exilés que les générations d’après les événements ne connaissent pas. La charge idéologique associée à ce mouvement a suscité une certaine défiance dans les milieux arabes du pays. Pour les auteurs des exactions et déportations, le retour de ce front de lutte ne laisse pas indifférent.

Pour un mouvement qui a battu le record de la clandestinité et dont la célébrité a traversé tous les continents, le défi est de taille. Il faut réinventer de nouvelles méthodes de lutte, se forger un discours plus pédagogique et investir le champ politique avec la force des idées et la volonté de s’inscrire dans une dynamique plus fédératrice de l’ensemble des composantes du pays en dépit des adversités , des résistances et des négations.

Les Flam traînent des divergences qui ont fragilisé le mouvement mais elles disposent d’une expérience et d’un capital idéologique énorme. Son projet politique pour une Mauritanie unitaire à travers « Le Manifeste du négro-mauritanien opprimé » qui lui a valu tant de souffrance constitue un socle qui pourrait être mieux exploité maintenant que le contexte a évolué. (A suivre…)

Les Flam rencontrent l’AJD et le Plej

Dans le cadre de leurs rencontres avec les acteurs politiques, les militants de la société civile et des Mauritaniens en général, le camarade Ibrahima Mifo Sow Vice-président des FLAM accompagné du camarade Mamadou Wane Secrétaire national chargé de la jeunesse et des droits humains ont été reçu vendredi dernier, dans un premier temps par le président Ibrahima Moktar et le Secrétaire général du parti AJD/MR Mody Cissé au siège de cette formation, puis dans un second temps par le leader du PLEJ Mr Ba Mamadou Alassane à son domicile.

Saluant la disponibilité de ces responsables politiques ainsi que leur ouverture d´esprit, les Flam ont indiqué que les entretiens avec les responsables de ces partis ont porté sur le redéploiement de l’organisation ainsi que sur la volonté de ce mouvement de travailler avec toute la classe politique nationale soucieuse du règlement de la question nationale et sociale.

Amadou Diaara- LE RÉNOVATEUR

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Forces libération africaines de Mauritanie : Grandes manœuvres politiques avant le retour

altOuld Abdel Aziz a rencontré au palais présidentiel, le 28 avril dernier, le vice-président des FLAM, Ibrahima Mifo Sow et le membre de son bureau exécutif National chargé de la jeunesse et des droits de l’homme, Mamadou Wane.

A en croire la note d’information publiée par le site du mouvement, «les échanges francs et respectueux entre les parties ont porté, d’une part, sur la situation sociale, politique et économique du pays, et d’autre part, sur les préoccupations de sécurité et de liberté des Flam et de leurs militants». Le mouvement s’est félicité de la «diligence avec laquelle le Président de la République a bien voulu recevoir leur délégation» indiquant au passage que ses représentants animeront très prochainement une conférence de presse à Nouakchott.

Samba Thiam aurait-il amorcé le retour des Flam en Mauritanie ? Sans doute ! Et cela conformément aux décisions du 7ème congrès des flam tenu en France les 28,29 et 30 Mai 2011 en France. Ce congrès, venait après celui de Cincinnati (USA) de 2005, pour se pencher sur le redéploiement du mouvement en Mauritanie.

Car beaucoup de militants grinçaient des dents puisqu’ils se posaient des questions. En effet, ils pensaient que l’exil du mouvement ne se justifiait plus, même si les candidats au retour ne vont pas se bousculer, alors que sur le terrain en Mauritanie, des organisations politiques égrènent de plus en plus le chapelet de revendications des FLAM, cohabitation, esclavage, langues nationales, passif humanitaire, partage équitable du pouvoir, problème des terres…

On l’aura d’ailleurs noté, à l’ouverture de ce congrès, Samba Thiam très remonté contre le président Mohamed Ould Abdel Aziz, dénonçait l’absence d’équilibre dans la représentativité dans la haute administration, l’évacuation de la question du passif humanitaire, l’arrêt brutal du retour des réfugiés, la spoliation des terres de la Vallée, et le laxisme dans la gestion de la question de l’esclavage. Pour le président des FLAM, le constat est clair et amer : « le régime, par toutes ces pratiques, est entrain de révéler sa vraie nature : une dictature camouflée, arrogante, répressive et raciste, qui œuvre à préserver le même Système discriminatoire, à l’origine des régimes militaires arabo-berbères qui l’avaient précédé !

Comme ces derniers, le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz élude les questions centrales pour n’aborder, au petit bonheur la chance, que les questions périphériques, techniques, secondaires ». Il reviendra ensuite sur les violences contre les étudiants noirs à l’université de Nouakchott avant de minimiser la portée de la décision prise par les autorités mauritaniennes de répertorier les tombes des disparus depuis l’indépendance. La charge est violente contre le régime en place durant ce congrès de 2011. Elle le sera à peine moins pour « les forces de la résistance ».

Samba Thiam ne se montre pas tendre en effet avec ces organisations, les FLAM comprises, qui se livrent à une querelle de clochers, « jouant au leader », organisant leurs propres manifestations… Il fustigera également la gestion des sites électroniques sur fond de chasse aux visiteurs, regrettant qu’elles donnent dans l’auto flagellation au lieu de s’attaquer au Système.

« A situation nouvelle, stratégie nouvelle »

Le fantôme du congrès de Cincinnati a-t-il été conjuré ? Congrès qui a vu l’organisation traverser une sévère crise qui semble s’éloigner. Samba Thiam a poursuivit en appelant à l’unité la plus large possible avec les forces patriotiques, démocratiques et progressistes qui partagent, avec eux, les mêmes aspirations. « S’unir ou périr tel est le sens et l’alternative de l’instant, tel est l’enjeu du moment ». Les lignes semblent bouger. Et le président des FLAM de déplorer l’autosatisfaction et la condescendance auxquelles son organisation a pu céder par moments.

C’est qu’après avoir rendu un hommage appuyé aux martyrs qui ont donné leur vie et aux militants qui font preuve de persévérance, Samba Thiam en est arrivé à la conclusion qu’ « il serait illusoire de croire qu’une seule organisation, même toute puissante, au vu des conditions internes de plus en plus difficiles et complexes, fut en mesure de venir à bout, toute seule, du Système en cours ». L’auditoire saisit la portée de la déflagration et la couvre de ses applaudissements.

Un véritable tournant s’annonce. Ce congrès ne ressemblera décidément pas aux autres. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, le président des FLAM martèle qu’il faudra se préparer à « prendre les décisions courageuses qu’impose l’évolution de notre organisation, voire sa survie ». Un autre tabou va tomber : le mouvement va se redéployer en Mauritanie. C’est l’objet d’une vieille querelle qui vole en éclats.

Désormais, plus rien ne sera comme avant. En se débarrassant de ces écueils, les FLAM renvoient habilement la balle dans le camp des autres organisations et partis. Les FLAM se disent prêtes pour le rassemblement et le combat sur le terrain.

Enfin que le mouvement de Samba Thiam ait opté pour cette stratégie du retour au bercail. Flam rénovation de Bâ Mamadou Bocar l’avait compris très tôt en décidant de quitter le mouvement et de créer un parti avec l’AJD devenu AJD/MR dirigée par Ibrahima Moctar Sarr. L’homme fût cofondateur du Flam en 1983. Vivement un regroupement d’anciens camarades de combat au sein d’un même parti plutôt que la dispersion des forces.

Moussa Diop- Quotidien de Nouakchott

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Exclusif : Kaaw Touré Porte-parole des Flam à « mauriweb.info »: «Tout se conjugue pour le grand retour au pays natal »

altMauriweb.info : Les Flam avaient annoncé un retour pour poursuivre la lutte de l’intérieur du pays. Où en êtes-vous de ce retour du leadership de votre mouvement ?

Comme vous l´avez dit, notre mouvement a décidé depuis le dernier congrès de se redéployer à l´intérieur pour continuer cette lutte que nous avions entamé il y a bientôt  trois décennies. Certains camarades sont déjà sur place notamment les militants et sympathisants  du mouvement anciens déportés au Sénégal. Ils ont même tenu une conférence de presse le 30 juin dernier à Nouakchott pour annoncer les couleurs  et ils ont été dans la délégation des pèlerins d ´Inal du 28 novembre dernier. Les structures dormantes de l´intérieur sont mises en branle et la redynamisation s´effectue sur le terrain au quotidien dans la capitale et dans les régions du pays. Quant aux structures en exil, les commissions d´organisation ne chôment pas, tout se conjugue pour le grand retour au pays natal ; dont  chaque  aspect  doit- être pris en compte et correctement traité. Bref nous y travaillons sérieusement. 

M.W : Quelle forme prendra cette poursuite du combat à l’intérieur ?

Nous n’écartons aucune option à priori, mais c´est une fois sur le terrain et après consultations avec nos partenaires naturels que nous verrons plus clair . Et le dernier mot reviendra au congrès des FLAM que nous espérons tenir en Mauritanie, qui déterminera le cadre politique capable de porter nos ambitions.

M.W : Quelle perception avez-vous des tentatives du règlement du passif humanitaire ? Et quelles réserves auriez-vous sur ces tentatives ?

Il faut reconnaitre que quelques actes positifs ont été posés par les autorités,  il s’agit, entre autres, de la poursuite du programme de rapatriement des déportés entamé par le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, de l’amorce de solution au dossier des fonctionnaires -déportés ou  arbitrairement radiés de la fonction publique. Il faut peut-être rappeler que  nous avons toujours dit que nous  nous insurgeons contre la démarche singulière choisie par le pouvoir en place qui consiste à vouloir  solder un problème de fond par des réparations pécuniaires et matérielles. Voilà pourquoi dès notre Mémorandum de mars 2000, nous écrivions  que le règlement du passif humanitaire doit plutôt reposer ‘’sur l’équilibre à trouver entre le refus de l’impunité, les exigences de vérité et des réparations et la nécessité du pardon, au bout  ». Soulager les ayants droit c´est une bonne chose mais on ne peut acheter notre silence par des compensations pécuniaires. Si certains sont prêts à le faire, il y en a beaucoup d´autres qui le refusent et qui se battront jusqu´au bout pour que la justice soit rendue et pour que plus jamais des mauritaniens ne soient réprimés, torturés ou tués parce qu´ils sont nés différents.Nous continuerons à faire pression pour que la lumière soit faite sur cette page sombre de notre histoire.

Il faut du reste rappeler que le dossier des déportés est loin d’être clos puisque que les déportés Mauritaniens au Mali sont toujours oubliés dans cette politique du rapatriement.

Le problème de fond, encore une fois, ce n´est pas le retour des déportés ou l´indemnisation des veuves, des ayant droits ou des rescapés, mais l’essence ou le  fondement même de l´Etat mauritanien, à savoir cette politique chauvine et raciste qui est érigée en règle de gestion du pays. La question nationale est au début et à la fin de tous nos problèmes et il faut donc  impérativement lui trouver une solution juste et durable, en osant rompre résolument avec la politique de l´autruche.

 

M .W : Entre les deux camps, majorité et Cod, où vous situez-vous aujourd’hui ?

Notre place ne peut-être que dans  le camp qui s´oppose aux injustices raciales et sociales en Mauritanie. Nous serons avec tous ceux qui  combattent l´impunité, l´esclavage, le racisme et  toute velléité dictatoriale en Mauritanie. En un mot, si nous  nous situons  dans l’opposition, nous   demeurons une opposition hors du Système!

C’est une précision qui a son importance !

M.W : Quelles solutions possibles croyez-vous pouvoir finir avec les dissidences raciales dans notre pays ?

Vous savez c´est l´existence de ces dissensions raciales- difficulté de cohabitation –exacerbées par des politiques qui est à la base de la création des FLAM.

La question nationale ou le problème de la cohabitation a été et restera toujours au centre de nos  préoccupations. L´appel du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé que nous avions rédigé et diffusé en 1986 reste toujours actuel et comme nous le disions il faut un débat national ouvert et sincère sur cette question. Nous avons une solution, nous ne disons pas que notre proposition sera une panacée mais nous la livrons à l’examen critique, et notre seul souci  vise à sortir notre pays de cette impasse qui a trop duré. En vrais patriotes nous devons nous surpasser pour outrepasser l´impasse. Nous avons des ambitions pour ce pays et un projet de Changement  pour  une Mauritanie  multi-ethnique, pluri- culturel et démocratique.
Notre plate-forme pour une Mauritanie réconciliée  et notre Charte sont  bâties sur les questions essentielles, telle que  la Question nationale et la question sociale de l’esclavage, pour conduire à une vraie Démocratie aux fondements plus justes.
Nous ne le dirons jamais assez notre Démocratie ne saurait reposer, pour être viable, sur une question nationale non résolue; trainer, comme un boulet aux pieds, notre « passif humanitaire » pendant.

Nous proposons l´autonomie comme solution la mieux adaptée à cette question de la cohabitation. Et la lutte continue !

Propos recueillis par Jedna Deida de Mauriweb.info et Le Quotidien de Nouakchott.

07 janvier 2013.

URL courte: http://www.mauriweb.info/news/?p=884

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Kaaw Touré, porte-parole des FLAM: « En Mauritanie, l’esclavage et le racisme d’Etat continuent à sévir » .

altMohamadou Touré dit Kaaw Touré est un réfugié politique mauritanien résidant en Suède. Originaire de Djéol dans le Sud de la Mauritanie, il est le Porte-parole des Forces de Libération des Africains de Mauritanie (FLAM), un mouvement créé le 14 mars 1983. Il a été arrêté en 1986 et condamné suite à la publication du manifeste du Négro-mauritanien opprimé. Poursuivi en 1987 pour avoir dirigé des soulèvements scolaires à Kaédi après l´exécution de trois officiers noirs, il s´exile au Sénégal jusqu’en 1999 après son expulsion. Depuis, il vit en Suède. Dans cet entretien, il revient sur le sens du combat que mène leur mouvement et l’actualité politique mauritanienne.

1. Vous êtes le porte-parole des Forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM), un mouvement créé en mars 1983 et vous vivez en exil depuis 1991 en Suède. Quel est le sens du combat que vous menez contre l’establishment en Mauritanie depuis 30 ans?

D´abord je tiens à préciser que j´ai vécu mes 12 premières années sur les 25 ans d´exil au Sénégal jusqu’à mon expulsion de ce pays-frère, que je considère toujours comme ma seconde patrie, en juillet 1999 pour la Suède suite aux pressions diplomatiques des autorités de Nouakchott. Depuis, et bien avant notre exil, nous dénonçons et combattons le racisme d´Etat et l´esclavage en Mauritanie. Ce que nous mettons en cause en Mauritanie c´est le système raciste mis en place depuis l´indépendance qui opprime la communauté Négro-mauritanienne. Ce Système repose sur des mécanismes bien conçus:

– Le contrôle de la réalité du pouvoir politique, militaire et économique par l´élément arabo-berbère.

– Une arabisation sélective visant à éliminer les écoliers Négro-mauritaniens de la compétition;

– Une option fondamentale de tous les régimes pour une Mauritanie exclusivement arabe.- L’exacerbation par ce Système des problèmes de cohabitation entre les deux communautés racio-culturelles dont les rapports historiques ont toujours été jalonnés à la fois de conflits et de serments d´amitié.

Pour les FLAM, il faut changer ce système vicié à la base parce que ne prenant pas en compte les Négro-Mauritaniens dans la vie de la nation. Il faut œuvrer pour l’unité et non pour l´unitarisme; une unité qui tienne compte de la réalité sociologique, historique et géographique du pays qui est un carrefour culturel-;une unité qui respecte la dignité de chaque Mauritanien et garantisse l’équilibre entre les grandes composantes nationales. Oui pour l’unité, mais qui soit assise sur des fondements inébranlables parce que intrinsèquement justes et égalitaires, afin de construire “le mieux vivre ensemble”, dans une Mauritanie viable, parce que réconciliée avec elle-même. Grâce à notre combat, grâce à la pression internationale et au rôle non négligeable d’acteurs politiques, de la société civile de l´intérieur, le Système a vacillé se parant d´un vernis démocratique, sans changer dans ses fondements. Nous ne nous arrêterons pas avant sa destruction complète, condition nécessaire pour la mise en place d’un Etat de droit, égalitaire et démocratique. Voilà le sens de notre combat.

2. Votre mouvement se définit comme une force de libération, est-ce que dans votre plan d’action la lutte armée est une option ?

N’allez pas croire que «libération» rime forcément avec lute armé! Nous voulons libérer le peuple mauritanien de la misère, de l’obscurantisme, du racisme, de l´esclavage, du joug des militaires; en particulier libérer ses composantes les plus opprimées que sont les Négro-africains et les Harratines.

Enfin, précisions que si, par le passé, l’action armée fut une option, aujourd’hui cette option reste loin derrière nous. Nous nous inscrivons résolument dans la lute politique, pacifique. Nous sommes porteurs d’idées et de projets novateurs que nous souhaitons faire connaitre au people mauritanien, qui seul sera juge.

Bref les FLAM sont un mouvement pacifiste qui privilégie la lutte politique, le dialogue et la concertation, et entendent inscrire leur action dans la confrontation des idées.

3. Votre mouvement dont la plupart des membres ont été contraint à l’exil n’est-il pas coupé des réalités mauritaniennes ?

Comme vous l’avez bien dit, nous avons été contraints à l´exil. Hier, on ne pouvait pas s’exprimer et agir de l´intérieur, sans risquer la prison et même la mort; ce droit à l´expression nous a valu la dénonciation, la répression jusqu’à l’élimination physique de ceux que nous comptions de plus chers dans notre mouvement. L’exil ne peut être une orientation politique parce qu´il n’y a rien de plus pénible que de vivre loin des siens et de sa patrie. L’exil doré n´est qu´un fantasme pour ceux qui n´ont jamais subi les affres de cette contrainte. Mais depuis notre dernier congrès ordinaire, tenu à Paris, notre mouvement a décidé de se redéployer à l´intérieur et de poursuivre notre lutte dans la légalité, pour le règlement de la question nationale et sociale, en vue de l´instauration d´un Etat de droit garant de l´épanouissement économique, social et culturel de toutes nos communautés. Le retour au pays natal se prépare sérieusement et certains de nos camarades anciens déportés au Sénégal sont déjà sur place.

J’ajoute que notre mouvement n’a jamais été, à vrai dire, totalement absent de notre pays, ni socialement, ni politiquement. Nous allons donc reprendre notre place dans notre milieu naturel, entièrement, très bientôt.

4. L’actualité récente a été marquée par l’affaire dite « des tirs amis » qui ont blessé le président Ould Abdel Aziz qui est en convalescence en France. Quel commentaire en faites-vous ?

Nous avons suivi comme tout le monde l´accident subit du président ou « l´erreur des tirs amis » comme le dit la version officielle. Nous déplorons comme tous les Mauritaniens l´opacité qui entoure aussi bien cette hospitalisation que les circonstances réelles du prétendu accident. Nous pensons que le peuple a droit à l´information sur l´état de santé du président de la République. Le Conseil constitutionnel devait se saisir du dossier et statuer s´il y a vacance du pouvoir ou si le président est capable de diriger le pays et préparer la transition le cas échéant.

Puisque de plus en plus on entend parler de transition, la classe politique devra prendre garde de reconduire celle, désastreuse, du Colonel Ely Ould Mohamed Vall, qui avait occulté les problèmes essentiels du pays, tel le problème de la cohabitation. Il ne faudrait surtout pas que cette transition, si elle avait lieu, se réduise, une fois de plus à un changement de régime ou d’homme. C’est le système qu’il faut changer.!

5. En Mauritanie, Messaoud Ould Boulkheir, le président de l’Assemblée nationale, est issu de la communauté Haratine. N’est-ce pas là une avancée remarquable ?

Les nominations des présidents du Sénat, Ba Mbaré, et de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir entrent dans le cadre de la politique de réconciliation qu´avait initiée le président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallah et ses engagements pendant les négociations du 2ème tour des élections de 2007. Ces deux personnalités Négro-mauritaniennes n´ont malheureusement pas le pouvoir de décision, ils sont maintenus seulement pour banaliser la question noire et tromper l´œil de l´observateur étranger. La réalité du pouvoir est ailleurs. Depuis le putsch du mois d´août 2008, la page de réconciliation ouverte par le président Sidi a été mise sous le boisseau malgré les larmes de crocodile du nouveau président à travers la prière de Kaédi. Le dossier du passif humanitaire reste entier, l´esclavage continue à sévir, le racisme d´Etat continue de plus belle au vu des nominations de chaque conseil de ministres sous l´ère du Général-président. Tout cela vient montrer qu’on n´est pas encore sorti de l´auberge.

N’deye Khady Lo

Slateafrique

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