Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Forces libération africaines de Mauritanie : Grandes manœuvres politiques avant le retour

altOuld Abdel Aziz a rencontré au palais présidentiel, le 28 avril dernier, le vice-président des FLAM, Ibrahima Mifo Sow et le membre de son bureau exécutif National chargé de la jeunesse et des droits de l’homme, Mamadou Wane.

A en croire la note d’information publiée par le site du mouvement, «les échanges francs et respectueux entre les parties ont porté, d’une part, sur la situation sociale, politique et économique du pays, et d’autre part, sur les préoccupations de sécurité et de liberté des Flam et de leurs militants». Le mouvement s’est félicité de la «diligence avec laquelle le Président de la République a bien voulu recevoir leur délégation» indiquant au passage que ses représentants animeront très prochainement une conférence de presse à Nouakchott.

Samba Thiam aurait-il amorcé le retour des Flam en Mauritanie ? Sans doute ! Et cela conformément aux décisions du 7ème congrès des flam tenu en France les 28,29 et 30 Mai 2011 en France. Ce congrès, venait après celui de Cincinnati (USA) de 2005, pour se pencher sur le redéploiement du mouvement en Mauritanie.

Car beaucoup de militants grinçaient des dents puisqu’ils se posaient des questions. En effet, ils pensaient que l’exil du mouvement ne se justifiait plus, même si les candidats au retour ne vont pas se bousculer, alors que sur le terrain en Mauritanie, des organisations politiques égrènent de plus en plus le chapelet de revendications des FLAM, cohabitation, esclavage, langues nationales, passif humanitaire, partage équitable du pouvoir, problème des terres…

On l’aura d’ailleurs noté, à l’ouverture de ce congrès, Samba Thiam très remonté contre le président Mohamed Ould Abdel Aziz, dénonçait l’absence d’équilibre dans la représentativité dans la haute administration, l’évacuation de la question du passif humanitaire, l’arrêt brutal du retour des réfugiés, la spoliation des terres de la Vallée, et le laxisme dans la gestion de la question de l’esclavage. Pour le président des FLAM, le constat est clair et amer : « le régime, par toutes ces pratiques, est entrain de révéler sa vraie nature : une dictature camouflée, arrogante, répressive et raciste, qui œuvre à préserver le même Système discriminatoire, à l’origine des régimes militaires arabo-berbères qui l’avaient précédé !

Comme ces derniers, le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz élude les questions centrales pour n’aborder, au petit bonheur la chance, que les questions périphériques, techniques, secondaires ». Il reviendra ensuite sur les violences contre les étudiants noirs à l’université de Nouakchott avant de minimiser la portée de la décision prise par les autorités mauritaniennes de répertorier les tombes des disparus depuis l’indépendance. La charge est violente contre le régime en place durant ce congrès de 2011. Elle le sera à peine moins pour « les forces de la résistance ».

Samba Thiam ne se montre pas tendre en effet avec ces organisations, les FLAM comprises, qui se livrent à une querelle de clochers, « jouant au leader », organisant leurs propres manifestations… Il fustigera également la gestion des sites électroniques sur fond de chasse aux visiteurs, regrettant qu’elles donnent dans l’auto flagellation au lieu de s’attaquer au Système.

« A situation nouvelle, stratégie nouvelle »

Le fantôme du congrès de Cincinnati a-t-il été conjuré ? Congrès qui a vu l’organisation traverser une sévère crise qui semble s’éloigner. Samba Thiam a poursuivit en appelant à l’unité la plus large possible avec les forces patriotiques, démocratiques et progressistes qui partagent, avec eux, les mêmes aspirations. « S’unir ou périr tel est le sens et l’alternative de l’instant, tel est l’enjeu du moment ». Les lignes semblent bouger. Et le président des FLAM de déplorer l’autosatisfaction et la condescendance auxquelles son organisation a pu céder par moments.

C’est qu’après avoir rendu un hommage appuyé aux martyrs qui ont donné leur vie et aux militants qui font preuve de persévérance, Samba Thiam en est arrivé à la conclusion qu’ « il serait illusoire de croire qu’une seule organisation, même toute puissante, au vu des conditions internes de plus en plus difficiles et complexes, fut en mesure de venir à bout, toute seule, du Système en cours ». L’auditoire saisit la portée de la déflagration et la couvre de ses applaudissements.

Un véritable tournant s’annonce. Ce congrès ne ressemblera décidément pas aux autres. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, le président des FLAM martèle qu’il faudra se préparer à « prendre les décisions courageuses qu’impose l’évolution de notre organisation, voire sa survie ». Un autre tabou va tomber : le mouvement va se redéployer en Mauritanie. C’est l’objet d’une vieille querelle qui vole en éclats.

Désormais, plus rien ne sera comme avant. En se débarrassant de ces écueils, les FLAM renvoient habilement la balle dans le camp des autres organisations et partis. Les FLAM se disent prêtes pour le rassemblement et le combat sur le terrain.

Enfin que le mouvement de Samba Thiam ait opté pour cette stratégie du retour au bercail. Flam rénovation de Bâ Mamadou Bocar l’avait compris très tôt en décidant de quitter le mouvement et de créer un parti avec l’AJD devenu AJD/MR dirigée par Ibrahima Moctar Sarr. L’homme fût cofondateur du Flam en 1983. Vivement un regroupement d’anciens camarades de combat au sein d’un même parti plutôt que la dispersion des forces.

Moussa Diop- Quotidien de Nouakchott

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Exclusif : Kaaw Touré Porte-parole des Flam à « mauriweb.info »: «Tout se conjugue pour le grand retour au pays natal »

altMauriweb.info : Les Flam avaient annoncé un retour pour poursuivre la lutte de l’intérieur du pays. Où en êtes-vous de ce retour du leadership de votre mouvement ?

Comme vous l´avez dit, notre mouvement a décidé depuis le dernier congrès de se redéployer à l´intérieur pour continuer cette lutte que nous avions entamé il y a bientôt  trois décennies. Certains camarades sont déjà sur place notamment les militants et sympathisants  du mouvement anciens déportés au Sénégal. Ils ont même tenu une conférence de presse le 30 juin dernier à Nouakchott pour annoncer les couleurs  et ils ont été dans la délégation des pèlerins d ´Inal du 28 novembre dernier. Les structures dormantes de l´intérieur sont mises en branle et la redynamisation s´effectue sur le terrain au quotidien dans la capitale et dans les régions du pays. Quant aux structures en exil, les commissions d´organisation ne chôment pas, tout se conjugue pour le grand retour au pays natal ; dont  chaque  aspect  doit- être pris en compte et correctement traité. Bref nous y travaillons sérieusement. 

M.W : Quelle forme prendra cette poursuite du combat à l’intérieur ?

Nous n’écartons aucune option à priori, mais c´est une fois sur le terrain et après consultations avec nos partenaires naturels que nous verrons plus clair . Et le dernier mot reviendra au congrès des FLAM que nous espérons tenir en Mauritanie, qui déterminera le cadre politique capable de porter nos ambitions.

M.W : Quelle perception avez-vous des tentatives du règlement du passif humanitaire ? Et quelles réserves auriez-vous sur ces tentatives ?

Il faut reconnaitre que quelques actes positifs ont été posés par les autorités,  il s’agit, entre autres, de la poursuite du programme de rapatriement des déportés entamé par le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, de l’amorce de solution au dossier des fonctionnaires -déportés ou  arbitrairement radiés de la fonction publique. Il faut peut-être rappeler que  nous avons toujours dit que nous  nous insurgeons contre la démarche singulière choisie par le pouvoir en place qui consiste à vouloir  solder un problème de fond par des réparations pécuniaires et matérielles. Voilà pourquoi dès notre Mémorandum de mars 2000, nous écrivions  que le règlement du passif humanitaire doit plutôt reposer ‘’sur l’équilibre à trouver entre le refus de l’impunité, les exigences de vérité et des réparations et la nécessité du pardon, au bout  ». Soulager les ayants droit c´est une bonne chose mais on ne peut acheter notre silence par des compensations pécuniaires. Si certains sont prêts à le faire, il y en a beaucoup d´autres qui le refusent et qui se battront jusqu´au bout pour que la justice soit rendue et pour que plus jamais des mauritaniens ne soient réprimés, torturés ou tués parce qu´ils sont nés différents.Nous continuerons à faire pression pour que la lumière soit faite sur cette page sombre de notre histoire.

Il faut du reste rappeler que le dossier des déportés est loin d’être clos puisque que les déportés Mauritaniens au Mali sont toujours oubliés dans cette politique du rapatriement.

Le problème de fond, encore une fois, ce n´est pas le retour des déportés ou l´indemnisation des veuves, des ayant droits ou des rescapés, mais l’essence ou le  fondement même de l´Etat mauritanien, à savoir cette politique chauvine et raciste qui est érigée en règle de gestion du pays. La question nationale est au début et à la fin de tous nos problèmes et il faut donc  impérativement lui trouver une solution juste et durable, en osant rompre résolument avec la politique de l´autruche.

 

M .W : Entre les deux camps, majorité et Cod, où vous situez-vous aujourd’hui ?

Notre place ne peut-être que dans  le camp qui s´oppose aux injustices raciales et sociales en Mauritanie. Nous serons avec tous ceux qui  combattent l´impunité, l´esclavage, le racisme et  toute velléité dictatoriale en Mauritanie. En un mot, si nous  nous situons  dans l’opposition, nous   demeurons une opposition hors du Système!

C’est une précision qui a son importance !

M.W : Quelles solutions possibles croyez-vous pouvoir finir avec les dissidences raciales dans notre pays ?

Vous savez c´est l´existence de ces dissensions raciales- difficulté de cohabitation –exacerbées par des politiques qui est à la base de la création des FLAM.

La question nationale ou le problème de la cohabitation a été et restera toujours au centre de nos  préoccupations. L´appel du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé que nous avions rédigé et diffusé en 1986 reste toujours actuel et comme nous le disions il faut un débat national ouvert et sincère sur cette question. Nous avons une solution, nous ne disons pas que notre proposition sera une panacée mais nous la livrons à l’examen critique, et notre seul souci  vise à sortir notre pays de cette impasse qui a trop duré. En vrais patriotes nous devons nous surpasser pour outrepasser l´impasse. Nous avons des ambitions pour ce pays et un projet de Changement  pour  une Mauritanie  multi-ethnique, pluri- culturel et démocratique.
Notre plate-forme pour une Mauritanie réconciliée  et notre Charte sont  bâties sur les questions essentielles, telle que  la Question nationale et la question sociale de l’esclavage, pour conduire à une vraie Démocratie aux fondements plus justes.
Nous ne le dirons jamais assez notre Démocratie ne saurait reposer, pour être viable, sur une question nationale non résolue; trainer, comme un boulet aux pieds, notre « passif humanitaire » pendant.

Nous proposons l´autonomie comme solution la mieux adaptée à cette question de la cohabitation. Et la lutte continue !

Propos recueillis par Jedna Deida de Mauriweb.info et Le Quotidien de Nouakchott.

07 janvier 2013.

URL courte: http://www.mauriweb.info/news/?p=884

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Kaaw Touré, porte-parole des FLAM: « En Mauritanie, l’esclavage et le racisme d’Etat continuent à sévir » .

altMohamadou Touré dit Kaaw Touré est un réfugié politique mauritanien résidant en Suède. Originaire de Djéol dans le Sud de la Mauritanie, il est le Porte-parole des Forces de Libération des Africains de Mauritanie (FLAM), un mouvement créé le 14 mars 1983. Il a été arrêté en 1986 et condamné suite à la publication du manifeste du Négro-mauritanien opprimé. Poursuivi en 1987 pour avoir dirigé des soulèvements scolaires à Kaédi après l´exécution de trois officiers noirs, il s´exile au Sénégal jusqu’en 1999 après son expulsion. Depuis, il vit en Suède. Dans cet entretien, il revient sur le sens du combat que mène leur mouvement et l’actualité politique mauritanienne.

1. Vous êtes le porte-parole des Forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM), un mouvement créé en mars 1983 et vous vivez en exil depuis 1991 en Suède. Quel est le sens du combat que vous menez contre l’establishment en Mauritanie depuis 30 ans?

D´abord je tiens à préciser que j´ai vécu mes 12 premières années sur les 25 ans d´exil au Sénégal jusqu’à mon expulsion de ce pays-frère, que je considère toujours comme ma seconde patrie, en juillet 1999 pour la Suède suite aux pressions diplomatiques des autorités de Nouakchott. Depuis, et bien avant notre exil, nous dénonçons et combattons le racisme d´Etat et l´esclavage en Mauritanie. Ce que nous mettons en cause en Mauritanie c´est le système raciste mis en place depuis l´indépendance qui opprime la communauté Négro-mauritanienne. Ce Système repose sur des mécanismes bien conçus:

– Le contrôle de la réalité du pouvoir politique, militaire et économique par l´élément arabo-berbère.

– Une arabisation sélective visant à éliminer les écoliers Négro-mauritaniens de la compétition;

– Une option fondamentale de tous les régimes pour une Mauritanie exclusivement arabe.- L’exacerbation par ce Système des problèmes de cohabitation entre les deux communautés racio-culturelles dont les rapports historiques ont toujours été jalonnés à la fois de conflits et de serments d´amitié.

Pour les FLAM, il faut changer ce système vicié à la base parce que ne prenant pas en compte les Négro-Mauritaniens dans la vie de la nation. Il faut œuvrer pour l’unité et non pour l´unitarisme; une unité qui tienne compte de la réalité sociologique, historique et géographique du pays qui est un carrefour culturel-;une unité qui respecte la dignité de chaque Mauritanien et garantisse l’équilibre entre les grandes composantes nationales. Oui pour l’unité, mais qui soit assise sur des fondements inébranlables parce que intrinsèquement justes et égalitaires, afin de construire “le mieux vivre ensemble”, dans une Mauritanie viable, parce que réconciliée avec elle-même. Grâce à notre combat, grâce à la pression internationale et au rôle non négligeable d’acteurs politiques, de la société civile de l´intérieur, le Système a vacillé se parant d´un vernis démocratique, sans changer dans ses fondements. Nous ne nous arrêterons pas avant sa destruction complète, condition nécessaire pour la mise en place d’un Etat de droit, égalitaire et démocratique. Voilà le sens de notre combat.

2. Votre mouvement se définit comme une force de libération, est-ce que dans votre plan d’action la lutte armée est une option ?

N’allez pas croire que «libération» rime forcément avec lute armé! Nous voulons libérer le peuple mauritanien de la misère, de l’obscurantisme, du racisme, de l´esclavage, du joug des militaires; en particulier libérer ses composantes les plus opprimées que sont les Négro-africains et les Harratines.

Enfin, précisions que si, par le passé, l’action armée fut une option, aujourd’hui cette option reste loin derrière nous. Nous nous inscrivons résolument dans la lute politique, pacifique. Nous sommes porteurs d’idées et de projets novateurs que nous souhaitons faire connaitre au people mauritanien, qui seul sera juge.

Bref les FLAM sont un mouvement pacifiste qui privilégie la lutte politique, le dialogue et la concertation, et entendent inscrire leur action dans la confrontation des idées.

3. Votre mouvement dont la plupart des membres ont été contraint à l’exil n’est-il pas coupé des réalités mauritaniennes ?

Comme vous l’avez bien dit, nous avons été contraints à l´exil. Hier, on ne pouvait pas s’exprimer et agir de l´intérieur, sans risquer la prison et même la mort; ce droit à l´expression nous a valu la dénonciation, la répression jusqu’à l’élimination physique de ceux que nous comptions de plus chers dans notre mouvement. L’exil ne peut être une orientation politique parce qu´il n’y a rien de plus pénible que de vivre loin des siens et de sa patrie. L’exil doré n´est qu´un fantasme pour ceux qui n´ont jamais subi les affres de cette contrainte. Mais depuis notre dernier congrès ordinaire, tenu à Paris, notre mouvement a décidé de se redéployer à l´intérieur et de poursuivre notre lutte dans la légalité, pour le règlement de la question nationale et sociale, en vue de l´instauration d´un Etat de droit garant de l´épanouissement économique, social et culturel de toutes nos communautés. Le retour au pays natal se prépare sérieusement et certains de nos camarades anciens déportés au Sénégal sont déjà sur place.

J’ajoute que notre mouvement n’a jamais été, à vrai dire, totalement absent de notre pays, ni socialement, ni politiquement. Nous allons donc reprendre notre place dans notre milieu naturel, entièrement, très bientôt.

4. L’actualité récente a été marquée par l’affaire dite « des tirs amis » qui ont blessé le président Ould Abdel Aziz qui est en convalescence en France. Quel commentaire en faites-vous ?

Nous avons suivi comme tout le monde l´accident subit du président ou « l´erreur des tirs amis » comme le dit la version officielle. Nous déplorons comme tous les Mauritaniens l´opacité qui entoure aussi bien cette hospitalisation que les circonstances réelles du prétendu accident. Nous pensons que le peuple a droit à l´information sur l´état de santé du président de la République. Le Conseil constitutionnel devait se saisir du dossier et statuer s´il y a vacance du pouvoir ou si le président est capable de diriger le pays et préparer la transition le cas échéant.

Puisque de plus en plus on entend parler de transition, la classe politique devra prendre garde de reconduire celle, désastreuse, du Colonel Ely Ould Mohamed Vall, qui avait occulté les problèmes essentiels du pays, tel le problème de la cohabitation. Il ne faudrait surtout pas que cette transition, si elle avait lieu, se réduise, une fois de plus à un changement de régime ou d’homme. C’est le système qu’il faut changer.!

5. En Mauritanie, Messaoud Ould Boulkheir, le président de l’Assemblée nationale, est issu de la communauté Haratine. N’est-ce pas là une avancée remarquable ?

Les nominations des présidents du Sénat, Ba Mbaré, et de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir entrent dans le cadre de la politique de réconciliation qu´avait initiée le président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallah et ses engagements pendant les négociations du 2ème tour des élections de 2007. Ces deux personnalités Négro-mauritaniennes n´ont malheureusement pas le pouvoir de décision, ils sont maintenus seulement pour banaliser la question noire et tromper l´œil de l´observateur étranger. La réalité du pouvoir est ailleurs. Depuis le putsch du mois d´août 2008, la page de réconciliation ouverte par le président Sidi a été mise sous le boisseau malgré les larmes de crocodile du nouveau président à travers la prière de Kaédi. Le dossier du passif humanitaire reste entier, l´esclavage continue à sévir, le racisme d´Etat continue de plus belle au vu des nominations de chaque conseil de ministres sous l´ère du Général-président. Tout cela vient montrer qu’on n´est pas encore sorti de l´auberge.

N’deye Khady Lo

Slateafrique

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Interview de Sow Ibrahima Mifo Vice-président et chargé à l´organisation et à l´orientation politique des FLAM

alt« La place des Flam est naturellement du côté de ceux et celles qui posent la question nationale et sociale comme une priorité absolue à résoudre ». 


Les forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM) après des décennies d’exil, ont décidé de regagner leur pays pour continuer le combat. Comment se fera ce retour, comment les FLAM vont se positionner sur la scène politique, quelles sont les implications humaines de ce retour….Nous avons interrogé, Sow Ibrahima Mifo, Vice-président et chargé à l´organisation et à l´orientation politique des FLAM.

LQN: Quand sera effectif le retour annoncé des FLAM en Mauritanie?

IBRA: Les Flam ont déjà commencé à reprendre effectivement pied sur le sol national avec le retour de notre section sénégalaise conduite par notre camarade Mamadou Wane. Avant cela, nos émissaires s’étaient rendus en Mauritanie pour y engager des missions de terrain, de contacts. Notre retour est désormais un processus irréversible mais nous tenons à le mener en bon ordre, en étapes contrôlées. L’enjeu de cet évènement est si important que nous devons en maitriser tous les facteurs concourants. Et ils sont aussi divers que complexes, allant des préjugés et des appréhensions à apaiser, des exigences politiques et administratives à ménager jusqu’aux carrières et des vies de familles à réorganiser. Mais je peux vous assurer que nous sommes à l’oeuvre, et qu’il ne s’agit plus qu’une question de mois jusqu’au parchèvement de notre redéploiement dont le couronnement sera le retour de notre Président en compagnie d’un nombre important de nos militants.

LQN: Entre l’opposition degagiste, qui demande le depart de Ould Abdel Aziz du pouvoir, l’opposition dialoguiste, qui a pris langue avec le pouvoir, la majorite presidentielle …Une fois en Mauritanie, où se situeront les Flam dans la scene politique?

IBRA: La place des Flam est naturellement du côté de ceux et celles qui posent la question nationale et sociale comme une priorité absolue à résoudre. Nous nous allierons avec les Mauritaniens, de quelque bord qu’ils soient, qui se préoccupent de débarrasser notre pays du plus grand danger qui menace son existence et compromet son avenir, à savoir les discriminations raciales et sociales érigées en régles immuables de gestion de la Mauritanie. Nous avons bon espoir que notre retour impulsera l’émergence d’un vaste pôle patriotique dont l’ambition première sera de guérir la Mauritanie de sa perilleuse fuite en avant en la réconciliant avec avec sa diversité.

LQN: La première option pour les Flam, c’est la creation d’un parti politique. Y a-t-il une seconde option comme la fusion avec un parti politique.

IBRA: La seule option absolument intangible pour les Flam est le devoir de poursuivre en Mauritanie le combat qu’elles ont initié, il y a bientôt 30 ans, et pour lequel nous restons plus mobilisés que jamais. Il s’agit de déconstruire le système raciste et esclavagiste qui aliène et assujettit la vaste majorité de nos populations pour offrir, en lieu et place, un nouveau contrat d’unité nationale fondé sur les principes de liberté, de justice et d’égale dignité de nos identités. C’est un sacerdoce pour nous, une mission vitale pour la Mauritanie, et pour la mener à son terme, les Flam ne lésineront sur aucune opportunité.

LQN: Après des decennies d’exil, une integration dans les pays d’accueil, le retour au pays pour y mener le combat politique, humainement, ça pose des difficultés…

Et comment pouvait-il en être autrement quand on sait que pour beaucoup cela dure plus d’un quart de siècle! Pendant ce temps, il a fallu vivre, s’adopter à de nouvelles réalités. Mais rassurez-vous, il n’y aura pas de drame car les Flamistes, en hommes et femmes de foi et de convictions, ont toujours su mettre l’appel du devoir militant au dessus des situations de convenances personnelles. Pour nos militants, les moyens de l’exil ne peuvent servir qu’à assurer le succès du retour.

Propos recueillis par Khalilou Diagana- Le Quotidien de Nouakchott du jeudi 26 juillet 2012.

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Quelle place pour les FLAM ?

altLe mouvement des « Forces de Libération Africaine de Mauritanie » (FLAM) a annoncé son prochain retour au pays pour continuer la lutte de l’intérieur. Et ce, après 30 années de combat politique mené de l’extérieur. Quelle sera sa place au sein d’un échiquier politique très éclaté ?

Retour sur l’histoire. En 1986, des cadres négro-africains publièrent un document intitulé : « Manifeste du négro-mauritanien opprimé ». La découverte de ce document par le pouvoir que dirigeait, à l’époque, le Colonel Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, entraînera une répression féroce. Djibril Ould Abdallahi, nommé ministre de l’Intérieur, en remplacement d’Anne Amadou Babaly, limogé pour avoir refusé de sévir, y jouera le premier rôle. Un procès expéditif fut organisé et certains des cadres auteurs du document comme Bâ Abdoul Ghoudouss, Bâ Alassane Oumar, Djigo Tafsirou, ancien ministre, Tène Youssouf Guèye, éminent intellectuel, seront envoyés au sinistre fort d’Oualata où ils périront des suites de mauvais traitements. Certains y sortiront miraculeusement vivants à la faveur d’une amnistie : Ibrahima Sarr, Bâ Fara… D’autres prendront le chemin de l’exil, à l’image de Samba Thiam, l’actuel président des FLAM.

L’annonce de la démocratisation par le régime d’Ould Taya, suite aux injonctions du président François Mitterrand, dans son fameux discours de La Baule, en 1990, mettra les FLAM, comme d’autres mouvements d’opposition africains en exil, dans des situations des plus difficiles. Dans le cas mauritanien, la France fera, sans états d’âme, abstraction de tous les crimes du régime. Chemin de croix pour les FLAM qui n’auront plus l’oreille des politiciens français, à l’image du Conseiller de Mitterrand pour Affaires africaines, Bruno Délaye, qui qualifiera, lors d’un passage éclair en Mauritanie, les violations massives des droits de l’homme de «détail» jusqu’à susciter l’indignation de l’opposition, mais créant l’euphorie chez les tenants du pouvoir.

 Printemps arabes

L’usure du temps et les revers de l’exil aboutiront donc à une profonde réflexion sur l’avenir du mouvement. Le temps de l’aggiornamento était venu. Au dernier Congrès, tenu en France, en mai 2011, les Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM), dans une de leurs résolutions, décideront leur redéploiement en terre mauritanienne. Soit peu de temps avant le déclenchement des printemps arabes.

Ceux-ci auraient-ils finalement inspiré les dirigeants des FLAM, au point qu’ils décidèrent de précipiter leur retour au pays pour mener la lutte de l’intérieur ? En partie, certainement. Mais la raison de ce retour s’expliquerait surtout par le fait que le combat mené de l’extérieur n’a plus l’attraction d’antan. Le soutien international s’est amenuisé, au fur et à mesure que le temps passait. Les vicissitudes politiques liées aux évolutions démocratiques en Afrique, en Asie et dans le Monde arabe ont fait que, désormais, les luttes internes sont plus que privilégiées. D’autant plus que la lutte des FLAM était centrée sur le renversement du régime de l’ex président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, à qui elles imputaient la dégradation de la cohabitation des communautés nationales. Avec le départ de ce dernier du pouvoir et le tassement de l’intérêt accordé aux violations massives des droits, surtout celles de 1989-90, les FLAM en sont arrivées à la conclusion que, pour continuer d’exister, voire survivre, il leur faudra un redéploiement en terre nationale.

Cependant, ce redéploiement risquerait d’être mouvementé. Le créneau, sur lequel se fondait le programme des FLAM, est déjà occupé par des partis qui ont derrière eux des années d’existence officielle. A commencer par l’AJD/MR et le PLJEJ. D’où cette interrogation : les FLAM, une fois au pays, chercheront-elles à fédérer avec ces partis ? Si oui, à quelles conditions ? Si Kaw Touré, le porte-parole du mouvement a tenu à déblayer le terrain, en esquissant une réponse, en ces termes : « Nous ne rentrons pas pour faire concurrence aux autres qui ont eu le mérite de rester sur le terrain pour poursuivre le même combat que nous. Nous allons rechercher le rassemblement de toute la mouvance, mais en cas d’échec, nous estimons qu’il y a suffisamment de place pour une nouvelle structure politique. Beaucoup de Mauritaniens ne sont pas structurés et pourraient se retrouver dans notre combat : des noirs déçus des différentes orientations, des beïdanes progressistes», la donne est plus compliquée. Il emploie, certes, une jolie métaphore, mais l’approche risque de s’avérer plus ardue que prévue, tant que les relations entre les FLAM et l’AJD/MR resteront mouvementées. Seul le PLEJ pourrait se targuer de n’avoir pas d’atomes crochus avec les FLAM, mais celles-ci ont en mémoire le rôle qu’avait joué le président de ce parti pendant le règne de Mokhar Ould Daddah. Autant dire que le terrain est miné ! A moins que l’on fasse abstraction d’une éventuelle guerre des égos pour trouver un terrain d’entente, afin d’éviter toute lutte fratricide.

Quel positionnement pour les FLAM ?

Du côté du pouvoir, même si le retour d’un mouvement qui prônait la lutte armée et l’autonomie du sud pourrait être source d’inquiétude, il n’en demeure pas moins que la perspective de voir cesser les attaques contre lui, à partir de l’extérieur, le réjouirait. Reste à savoir quelle sera le positionnement des FLAM sur la scène politique nationale. Se rangeront-elles du côté de la COD ? Dans l’affirmative, arriveront-elles à surmonter leur contentieux avec l’Ufp et le Rfd, leurs bêtes noires ?  Ou adopteront-elles la ligne centriste du CAP ? Au risque de brouiller leur discours politique, comme leur sœur siamoise, l’AJD/MR, dont l’amère expérience au sein de la Majorité présidentielle lui est restée en travers de la gorge ?

Les FLAM gardent sûrement en mémoire leur rencontre, aux Etats-Unis, avec Sidi Ould Cheikh Abdallahi, fraîchement élu président de la République, qui tentait beaucoup à les convaincre de renter au pays pour y mener leur combat politique. C’est cette rencontre qui sera, sans aucun doute, le prélude à la mutation du mouvement qui ira même jusqu’à soutenir le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) qui combattait le coup de force du Général Mohamed Ould Abdel Aziz qui deviendra, entre temps, président de la République, après avoir remporté l’élection de 2007. Continueront-elles encore à s’opposer à la politique de ce dernier, une fois au pays ?

THIAM Mamadou pour GPS

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