Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Ce qu’ignore Aziz

altLa politique n’est l’art de l’avenir qu’en sachant d’abord être celui du présent » J.F.Revel

 Le président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz devrait adresser un discours à la nation au lendemain des émeutes de Kaédi. Qui l’a dissuadé  encore ?  Qu’allait-il dire ? Qu’il parle… Qu’il se taise… la situation a pris une autre proportion, car il eut mort d’homme dans la vallée. L’adolescent Lemine Mangane (19 ans) a été abattu par un gendarme. Ce dernier sera-t-il jugé avant que les populations de Maghama se révoltent contre son impunité ? Dans cette situation chaotique, beaucoup de choses échappent au Président de la République. Avec lui, la Mauritanie tend vers un régime autoritaire, car selon les observateurs et certains éditorialistes tous les ingrédients sont réunis. Tout le monde s’accorde à dire que le pays est présidé par un homme pour lequel  « l ’Etat se limite à sa personne et uniquement ». Car, en dehors de lui, nul autre ne connait la Mauritanie et les mauritaniens. Ce n’est un secret pour personne, Aziz est un « Louis XIV» moderne.

Depuis son coup de force en août 2008, il s’est lui-même arrogé le statut d’un « homme fort », « d’un putschiste-politique » et d’un « militaire-machiavélique ». La preuve se justifie. Le Président ordonne à son Ministre de l’intérieur d’affirmer dans une conférence de presse : «  que toute personne (jeunes négros-mauritaniens) attentant à l’ordre public sera sévèrement réprimée ». C’est ainsi qu’un fort dispositif militaire a été envoyé dans la vallée rien que violenter les fils de cette nation épris de retour de justice sociale en Mauritanie. Que certaines personnalités politiques et des notables négro-mauritaniens rentrent au bercail en pompiers-pyromanes. Que Mohamed Ould Boilil sillonne les camps réfugiés pour ouvrir des centres d’enrôlement réservés à la population rapatriée. Que ceux-là soient enregistrés une deuxième fois pour prouver encore qu’ils sont réellement ce que Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait entamé leur retour en Mauritanie en 2007. L’Etat n’a-t-il pas confiance à ces deux partenaires à savoir le  Haut Commissariat aux Réfugiés ( HCR) et l’Etat Sénégalais? Que cherche-t-on dans le double-recensement des rapatriés?  Qu’un Ouléma soit dépêché en catimini à Dakar pour mettre fin à la crise du transport entre les deux pays. Que les agents de renseignements cherchent à tout coup de justifier une main étrangère dans la mobilisation des jeunes négros mauritaniens. Tous ces agissements y comprises   certaines machinations politiciennes montrent à tel point que l’homme sait donner des ordres sans consultation aucune.

En fin « connaisseur » des rouages politiques de la Mauritanie, il pense qu’un simple enrôlement de la population va rétablir « un ordre dans l’administration civile ». Il a oublié que les papiers de l’Etat civil ont été utilisés comme un fonds de commerce à Nouakchott et à travers toutes les contrées du pays. On achetait un Acte de Naissance, comme s’il s’agissait du pain chez le boutiquier. Et la nationalité mauritanienne, on la marchandait avec des « samsara » au marché, comme s’il s’agissait d’une gazra.  Dans les bureaux des services de l’Etat civil National, le tumulte avait atteint son paroxysme. Les fonctionnaires avaient quasiment plus de prérogatives chez eux que dans leurs lieux de travail. Il fût une époque où le préfet ordonnait à son subalterne à signer et d’apposer des cachets sur les papiers des citoyens lequel pouvait entrer en contact avec les reseaux des passeurs de l’immigration clandestine.

A monsieur le Président et  à son ministre de l’intérieur on demande qui était le responsable ? L’Etat ou les négros-mauritaniens  humiliés aujourd’hui par des questions chauvines ? Non, beaucoup ne le pense pas. Les responsables demeurent  toujours sous la protection de la tribu, du clan ou par un officier de l’armée. Il faut les trouver et les traduire en justice.  Voilà la véritable cible.

 

Aziz ignore ou pas que notre Etat Civil se vendait comme des petits pains. Donc, il ne faut pas cibler une communauté et la rendre responsable des forfaits commis par des fonctionnaires-commerçants. Cet enrôlement ne doit pas saboter certains acquis de notre unité nationale. Notre Etat est encore fragile pour supporter une déchirure ethnique.  L’on voit les prémisses d’un chaos qui s’installent.

Aziz ignore que l’emprisonnement arbitraire des militants pacifiques est la marque des régimes totalitaires. L’arrestation des étrangers et leur jugement à des lourdes peines de prison est une provocation diplomatique et une violation de certaines règles du droit international. Un marchand ambulant est un  petit commerçant qui vaque à la recherche de son pain quotidien. Comment peut-on le confondre à un indigné ?   Une justice qui envoie arbitrairement des étrangers en prison n’est qu’une justice xénophobe. Que l’Etat mauritanien n’oublie pas que dans d’autres pays, l’exécutif peut aussi influencer sur l’appareil juridique et qu’en Afrique, tout est possible. Et nos citoyens sont partout en Afrique. Concernant ces étrangers,  aucun journaliste n’a confirmé leur implication dans les manifestations organisées par le mouvement TPMN.

Aziz ignore qu’être un Président démocrate consiste à prendre en considération les opinions des tous les citoyens et mêmes de ses détracteurs. Dans une République digne de ce nom, le Président devrait écouter toutes les tendances afin de trouver un consensus national gage de sa stabilité politique. Or, s’afficher avec une stupide sourde oreille, tout en discréditant les autres, confère pour le président-auteur de ce comportement une attitude autoritaire.

Aziz ignore que même sous une dictature, il vaut mieux caresser le peuple au lieu de le violenter. Car à long terme, le peuple s’adapte au pire. Il finit par intérioriser la violence et les exactions sommaires. Ce qui est le cas me semble-t-il dans certains pays arabes actuellement envahis par des mouvements révolutionnaires. Cependant, le discours largement relayé par les jeunes négros-mauritaniens à travers les réseaux sociaux en dit long. Quand la peur disparait, elle se transforme en héroïsme. L’acteur social devient un héros devant son bourreau. Et  la mort se substitue tout simplement à un acte de  sacrifice.   

Combien parmi ces jeunes-là voudront suivre le même sort Djiguo Tapsir ? Combien d’adolescents veulent mourir en martyrs comme Lemine Mangane. Nous n’en arriverons peut-être pas à cette lugubre situation . Cette fois,  les années du sang épargneront-elles le peuple opprimé? Mais à défaut d’obtenir une histoire nationale, l’individu peut se créer son propre histoire. Il n y aura pas non plus  un Hara kiri communautaire, comme d’autres s’immoleront par le feu…

Aziz ignore que pour conserver son pouvoir le plus long temps possible (mandats constitutionnels), il devrait impérativement écouter les jeunes du mouvement TPMN avant que la « rue noire » sont inondée par le  sang des martyrs innocents pour lequel il sera tenu responsable comme Taya devra repondre pour les exécutions des années 89-90. Son égo-militaire, son esprit patriotique, sa responsabilité politique et morale et sa sensibilité diplomatique et régionale, ne devraient pas céder devant son « égoïsme ethnique » et « sa fibre tribale ».

Aziz ignore que  la première crise identitaire des années 60 n’est pas jusqu’ici résolue, c’est celle-là même qui nous rattrape aujourd’hui. Ce n’est ni par  la démagogie, ni par  la langue du bois, encore moins par le refus du dialogue de la part des parties concernées que cette crise identitaire sera résolue.

La Mauritanie n’est pas une caserne militaire, elle n’est pas non plus un terrain idéologique. Elle est une nation biraciale et multiculturelle.  Elle ne supporte plus la division. Arrêtez ce recensement au nom  de la paix sociale.

Bâ Sileye

 

Urgent : Permettez-moi chers lecteurs d’attirer votre attention sur un fait urgent. Car, il est de notre devoir d’informer l’opinion publique sur l’actualité nationale. La vie du jeune citoyen et leader au sein du mouvement  Ne touche pas à ma nationalité  Bakary Bathilly est en danger. Il a été gravement atteint au niveau des mâchoires lors de la manifestation de Kaédi au cours de laquelle à cause d’un complot ourdi par certaines autorités locales, il a été remis aux forces de l’ordre. C’est ainsi que les éléments de la police anti-émeute l’ont sauvagement brutalisé provoquant des traumatismes partout dans son corps. Nous avions tenté à le joindre par téléphone pour prendre plus d’informations concernant sa situation, mais hélas Bocar Bathilly n’est pas en mesure de prononcer un mot. Son pronostic vital est en jeu selon un proche. L’aide de l’Etat, l’unique responsable de cette forfaiture, se limite à l’achat des ordonnances, a-t-on appris de sources bien informées.  Le cas de Bathilly mérite une évacuation urgente afin de lui offrir des soins nécessaires et le faire sortir de son calvaire quotidien. Et si l’Etat s’entête toujours pour procéder à so,  évacuation dans certains pays de la sous région, on se joint à sa famille, en lançant un appel à attention des personnes de bonne volonté. 

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Aziz, l’Etat, le peuple, la démocratie : chronique d’un rendez-vous avec l’histoire !

altIl est des rencontres où il est difficile de séparer la part du destin de celle de la volonté.Mais quand une telle liaison se fait il devient nécessaire de remonter les causes pour situer les mobiles et d’en tirer les enseignements qu’il faut.Cet exercice est d’autant plus possible, qu’après les moments de l’euphorie, est venu le temps de l’angoisse.Qu’en est –il de cette ascension fulgurante d’un ancien homme de caserne appelé Mohamed Ould Abdel Aziz ?L’homme par qui la Mauritanie se délivrera d’une dictature implacable de deux décennies. La chute de Taya n’est pas l’événement le plus tonitruant pour les mauritaniens même si les prévisions sur son départ étaient en décalage par rapport à la date. C’est l’après Taya qui polarisera encore l’attention. Cette parenthèse « post-tayienne » est pleine de rebondissement. Elle s’ouvrit d’abord sur une transition militaire sous la houlette du CMJD pour se refermer sur une lucarne démocratique présidée par Sidi Ould Cheikh Abdallahi. De nouveau une deuxième transition militaire s’ouvrit pour enfanter une élection présidentielle. Fin nette de la partie ou le début d’une ère qui n’a pas encore révélé toutes ses surprises ? Les mauritaniens veulent bien y croire mais ont-ils toutes les raisons de retrouver espoir ? Les avis ne semblent pas beaucoup diverger sur la sortie de Taya. Dire que cela n’était pas nécessaire serait prendre le parti pour l’autocratie sur la démocratie. Un anathème monstrueux ! Mais à quel prix, pour quelle fin et pour quelle finalité doit se faire cette rupture ? Le rendez-vous de Aziz avec l’Etat est un accident, celui avec le peuple une surprise devenue aujourd’hui une réalité. Sa rencontre avec l’histoire est une fatalité. Ould Taya lui-même aurait manifesté son étonnement que ce soit à Ely qu’on déroula le tapis rouge et qu’Aziz soit aujourd’hui à la tête du pays. Ce qui devrait arriver est pourtant arrivé. Nous voilà donc en plein dans la logique du destin. Un destin que le nouvel homme fort dit pouvoir assumer, un lourd fardeau qu’il a de la peine toujours à porter sur ses épaules à deux ans seulement d’un mandat. Face au triptyque : Etat, peuple, démocratie, ce rendez-vous devenue antithétique car à la fois plaisir et douleur ne fait que commencer. Le mystère est dans la suite de ce processus. L’après Taya que les mauritaniens souhaitent voir s’instaurer doit impérativement se faire dans la reconstruction de l’Etat, la restauration de son image ternie par des années « d’absence de sa présence », et de sa vocation régalienne. Là les faits de ces derniers jours survenus dans le pays à cause d’un enrôlement dont l’arrêt serait plus salvateur pour le pays que sa poursuite. A ce titre, Aziz ferait mieux de prendre soin de son apprentissage avec l’exercice du pouvoir pour ne pas tomber dans les mêmes travers que son ancien patron qu’il a envoyé loin, à Qatar. Puisque cette rencontre avec l’Etat était un jeu de hasard, il doit positiver ce hasard pour l’objectiver. Sachant aussi que le destin a aussi joué pour cette ascension fulgurante de l’ancien commandant du Basep, la volonté peut bien être une arme en mesure de transformer le cours de l’histoire dans un pays à la recherche d’un dirigeant providentiel. L’une de ces passerelles capables de faciliter ce travail laborieux et sauver la Mauritanie s’appelle la démocratie. Mais c’est quoi la démocratie sans l’expression de la volonté du peuple. Et c’est quoi l’Etat sans cette volonté de tous les mauritaniens de vivre ensemble dans la paix et le respect mutuel ? Entre l’Etat, le peuple et la démocratie, Aziz est au confluent de l’histoire. Une histoire qui ne se lassera pas d’inscrire dans ses annales les grandeurs et les bassesses des hommes…

A suivre…

Cheikh Tidiane Dia- Le Rénovateur.

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Aziz, êtes vous mieux informé ?

altLa marche de TPMN organisée hier samedi dans la capitale, a le mérite de révéler au moins une chose essentielle: les jeunes qui ont arpenté les rue ne sont pas des délinquants, ni des gens manipulés par des politiques, ni par des extrémistes comme certains se plaisent à désigner ceux qui se battent pour l’égalité et la justice.Ce sont des citoyens comme tout citoyen attaché à ses droits ayant mesuré la gravité de cette opération d’enrôlement pour leur présent et leur avenir qui se sont mobilisés pacifiquement pour demander justice. Lorsque l’Etat a opposé une fin de non recevoir à leurs marches pacifiques, des affrontements ont éclaté à cause de la brutalité des forces de sécurité.

Les débordements qui ont eu lieu à Kaëdi et Maghama sont bel et bien l’œuvre des forces de sécurité aveugles qui ont usé de la violence pour mater les manifestants. Avec des consignes dignes d’un autre âge, la police a tiré sur des jeunes sans défense. A Nouakchott, les scènes de violences des jours passés ont été aussi favorisées par les mêmes ordres de disperser par la force, le mouvement des contestataires. L’Etat, au lieu d’adopter une attitude responsable et sereine s’est contenté de brandir la menace « du tout sécuritaire » pour réprimer dans le sang la moindre marche pacifique. En changeant de tactique, les résultats ont donné des effets contraires. Pas un coup de projectile, ni de tentative de pillage n’ont été signalés. C’est la preuve que le mouvement TPMN est bien au –dessus de toute provocation. Si dès le départ de faux préjugés n’avaient pas été entretenus par les barbouzes dus système répressif dans le but de semer la confusion et dresser les communautés entre elles (heureusement que cela n’a pas eu lieu), des dérapages n’auraient pas été notées dans tout le pays. Monsieur le président peut maintenant tirer les conclusions lui-même et renvoyer loin ses mauvais conseillers ainsi que ses services de désinformation. Aussi, le président doit savoir que les temps ont changé pour qu’il s’entoure non pas de petits mouchards morveux, mais par des individus respectables et décomplexés. Il est fort à parier que Aziz ait trop tôt cédé aux faux pas de son ministre de l’intérieur lui –même dépassé et noyé dans le flot des BR produits par des commandants de brigades et des commissaires de police zélés et nostalgiques de la période sinistre. Le président a été induit en erreur et dupé par les marchands de la propagande fumeuse. A moins que Mohamed Ould Abdel Aziz veuille cracher dans sa soupe- et pour quel intérêt-, il ne doit pas écouter ces prêcheurs de la division qui le poussent à broyer du noir s’il veut ramener l’ordre. Si tel est le cas, tant que l’injustice est érigée en règle et utilisée comme mécanisme d’exclusion, on broiera du noir dans ce pays. Non , Aziz, vous n’allez pas dire que personne ne vous a prévenu dès votre arrivée au pouvoir. Vous n’allez pas dire que des plumes averties et objectives n’ont pas alerté son excellence sur le danger qui couvait depuis longtemps. L’enrôlement n’est pas la seule menace qui plane sur l’unité nationale. Les nominations à caractère népotistes et racial opérés en conseil des ministres vous échappent –elles Monsieur ? La « dénégrification » de l’armée dans son ensemble, l’occupation du sud par une administration totalement blanche est-ce une vue de l’esprit ? Les expropriations des terres de la vallée par des chasseurs de trésor n’est –il pas encore un autre danger qui pèse sur le pays. Monsieur le président, on ne peut pas continuer à opprimer un peuple et lui demander de la fermer. Vous avez le temps de réfléchir et bien agir pour éviter l’irréparable, car personne ne veut voir ce pays voler en fumée…

Cheikh Tidiane Dia – Le Rénovateur.

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Lettre ouverte aux parlementaires remise ce matin à l’issue de la manifestation pacifique par le coordonnateur du mouvement “TOUCHE PAS A MA NATIONALITE” Abdoul Birane Wane.

altDepuis le mois de mai 2011,le régime de Mohamed Ould  Abdel Aziz a démarré, de façon unilatérale et sans consultations, les opérations d’enrôlement  qui sont aujourd’hui  contestées  par une  bonne partie de la population  mauritanienne. Devant cette situation, des jeunes appartenant à des organisations de différentes obédiences politiques ont constitué le  mouvement   “TOUCHE PAS A MA NATIONALITE” qui se veut à l’avant-garde du combat contre cet enrôlement qui a montré ses limites et  sa gravité par des pratiques discriminatoires et  racistes.Dés  le  30 juin dernier, le mouvement a initié, une série de sit in devant les différents centres de recensement de la capitale en protestation contre la manière par laquelle  l’opération d’enrôlement est menée, notamment  vis-à-vis des populations de souche négro-mauritaniennes.Devant le mutisme des autorités, le mouvement décide mener des actions plus engagées en  instituant à partir du 10 septembre 2011, des marches hebdomadaires les samedis. Ces marches ont toujours été  brutalement et sauvagement réprimées par les forces de sécurité.

Dans le sillage de Nouakchott, des localités de l’intérieur décident de marcher pour dire non à l’enrôlement raciste. A Kaédi, les forces de police ont fait un usage  excessif de grenades et ont  brutalement réprimé  nos manifestants pacifiques. Elles  seront plus tard appuyées dans la Besogne par des  éléments de  la garde avant d’être renforcées par les forces armées.  Durant  deux jours, les populations de Kaédi  furent soumises à la violence et à l’humiliation. L’armée  nationale  y agissait comme en territoire conquis. Résultat : plusieurs blessés et  plus d’une  trentaine d’arrestations. Pendant que Kaédi brulait, les autorités, (jouant comme  à leur habitude la carte de  la division des  mauritaniens) appelaient les  commerçants arabes de  la ville à l’auto-défense, les  incitant et les encourageant à s’armer.

A  Maghama, le 26 septembre, la police et la gendarmerie  dispersent des manifestants  qui marchaient pacifiquement contre l’opération d’enrôlement.

Dans la journée du 27, la police et  la gendarmerie tirent à balles réelles sur de jeunes manifestants désarmés. Le bilan fut lourd : un mort et sept blessés graves.

Nouakchott  voit la spirale de la violence s’intensifier le jeudi 29, quand la garde et la police empêchent  les militants du mouvement de se regrouper  pour manifester en solidarité  avec les habitants de Kaédi et pour dénoncer le meurtre du jeune Lamine Mangane à Maghama. La aussi, les forces censées maintenir l’ordre infiltrent des voyous  notoirement connus de tout Nouakchott parmi les manifestants pour piller  et saccager les  biens  de paisibles citoyens dans  le but de discréditer   “TOUCHE PAS A MA NATIONALITE” et de ternir la nature pacifique de son combat. L’objectif dérisoire du pouvoir est de nous  présenter  comme un mouvement sectaire visant  et menaçant les intérêts de la communauté arabe.

Ce  faisant, les autorités jouent à un jeu dangereux en montant les communautés nationales les unes contre les autres. Elles doivent cependant  savoir que les humiliations, les  exécutions sommaires, les massacres et déportations des années de braise ne pourront plus se répéter aujourd’hui, car les mauritaniens ne sont pas dupes et  n’acceptent  plus d’être divisés pour prolonger les  jours d’un pouvoir anti-national.

Nous tenons pour responsable, le régime de Ould Abdel Aziz  de la tournure grave et  violente qu’ont prises les évenements à Kaédi, Maghama, Nouakchott et ailleurs.

Nous  exigeons que la lumière soit faite sur ces événements graves qui sont de nature à compromettre  jusqu’à l’existence  même de notre pays.  

Aussi, nous  lançons un appel aux élus du peuple afin qu’ils fassent preuve de solidarité  sans faille avec les revendications légitimes, exprimées par une importante frange de notre peuple et exiger l’arrêt des opérations d’enrôlement en cours.

En un mot, nous demandons aux élus de prendre leurs responsabilités pour éviter le pire à la Mauritanie.

Tous unis, nous ferons échouer ce projet cynique de diviser notre peuple et de détruire notre nation.

 Nouakchott, le 08 octobre 2011.

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Taisez-vous, vous n´avez aucune leçon de patriotisme ou de civisme à donner !

altDepuis quelques jours, la presse écrite, électronique et audio – visuelle ne cesse de transmettre des messages, avis et commentaires, relatifs aux manifestations des jeunes Négro-Africains, qui protestent contre l’enrôlement, organisé depuis mai 2011 par les nouvelles autorités mauritaniennes. Le plus souvent, les auteurs se présentent en donneurs de leçons de civisme et / ou de patriotisme. Presque personne ne se pose la question de la cause profonde. Pourquoi ces jeunes gens, au risque de leur vie –on compte déjà des morts -, s’en prennent – ils à cette opération ? Tous ces donneurs de leçons sont – ils frappés d’amnésie ou bien ont – ils décidé d’enterrer définitivement les évènements de 1989, avec tous les drames qui continuent de persécuter les familles de milliers de Négro-Africains, en Mauritanie même et à travers le monde ?

Si l’opération vise à fournir au pays un état civil fiable et donc à extirper des registres les noms de tous ceux qui ont « frauduleusement acquis la nationalité mauritanienne » (citation d’un ministre d’Ould Taya en 1989), on comprend aisément la crainte des milliers de Négro – Africains, brutalement expulsés de leur pays en 1989, sous le fallacieux prétexte de « nationalité frauduleusement acquise ». Or donc, « chat échaudé craint l’eau froide ». Pourquoi ces personnes, leurs enfants et petits enfants feraient-ils confiance à un Etat, qui tout en faisant semblant de reconnaitre la faute, n’en continue pas moins de sévir.

On a écrit ici et là qu’il ne faut pas réveiller le démon de 1989. La vraie question est : est-il endormi ? Je soutiens que non ! En effet, si les « Journées Nationales de Concertation et de Mobilisation pour le Retour des Réfugiés et le Règlement du Passif Humanitaire » de novembre 2007 avaient suscité de l’espoir et un certain enthousiasme, force est de noter qu’elles n’ont pas été l’occasion d’une véritable catharsis, qui aurait permis une meilleure compréhension des véritables causes de ces douloureux évènements.

Qui, en effet, peut dire pourquoi des citoyens ont été déportés ? Qui en est le donneur d’ordre ? En outre, si l’opération de rapatriement des réfugiés s’est poursuivie, avec des interruptions, depuis 2008, personne n’ignore que nulle part un rapatrié n’a récupéré un champ de culture, ni même une maison en ruine…

D’ailleurs, le fait même qu’une structure aussi importante que la « Commission Nationale d’Orientation et de concertation » créée en même temps que les commissions d’identification (locales, départementales, régionales et nationale) –véritables tamis-, n’ait jamais fonctionné, depuis 2008est assez éloquent pour montrer l’état d’esprit des représentants de l’Autorité…

Depuis bientôt 22 ans, aucun des auteurs des crimes de faciès et des déportations n’a exprimé ne serait-ce qu’un regret. Hormis le discours du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, du 29 juin 2007 et la prière à Kaédi, le 25 mars 2009, de l’actuel Président, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, aucune voix de repentance n’est audible.

Or, les auteurs de ces crimes sont connus et circulent librement à côté de leurs victimes encore vivantes et des ayants droit de celles qui ne sont plus de ce monde. Cela ne permet pas à tous ceux qui prétendaient ignorer l’ampleur des violations des droits humains des années dites de braise, de se débarrasser de leurs préjugés. Il n’est pas rare d’entendre dire des rapatriés, que ce sont des Sénégalais, y compris par des représentants de l’Autorité.

En fait, aux yeux de beaucoup de compatriotes arabes, tous les Négro – Africains seraient des Sénégalais. Il est banal d’affirmer que tous les originaires de la vallée du fleuve (des deux rives) sont effectivement un même peuple : chaque famille d’une rive a effectivement une parentèle sur l’autre rive. Est-ce leur faute si le colonialisme a décidé de les séparer ?

Le Waalo, le Fuuta Tooro et le Guidimakha / Gadiaga, ont constitué des états souverains bien avant que ne se constituent les colonies françaises érigées en Etas indépendants aujourd’hui. Ces préjugés sont renforcés par une propagande exclusiviste véhiculée jusqu’au sein de la jeunesse, qu’une « école à deux vitesses » a contribué à entretenir.

C’est pourquoi depuis au moins trois décennies, le Négro-Africain est « translucide » -selon l’expression d’un chercheur mauritanien- au sein d’une communauté nationale, qui se « hassanise » de plus en plus : ne pas parler hassania, s’habiller autrement qu’en boubou à la manière maure, etc. constituent des signes extérieurs de non appartenance nationale…L’affirmation de la multi ethnicité de la Mauritanie dans des discours officiels n’annihile en rien cet état de fait.

Ce sont toutes ces brimades réprimées, toutes ces frustrations bues et cette marginalisation sans retenue, entre autres, qui expliquent la colère des jeunes Négro-Africains. C’est dire que la Mauritanie ne peut pas faire l’économie d’un débat national, franc et sérieux, sur la coexistence nationale. En attendant, que ceux qui se sont tus pendant les années de braise, par opportunisme ou par peur se taisent! Ils n’ont aucune leçon de patriotisme ou de civisme à donner !

Balla Thierno Cissé.

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