Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Des solutions pour atténuer les ondes de chocs identitaires !

altDans une vision généralisante, la Mauritanie est un pays arabo-africain où coexistent des identités culturelles différentes. Sous l’angle des spécificités, il y a des cultures, des identités, des ethnies, des tribus mais qui partagent quelques valeurs communes dont la mieux affirmée est la religion musulmane. Dans ce contexte, tous les mauritaniens se reconnaissent dans une seule et unique religion dominée par le rite Malékite suivi du Wahabisme.Il y a aussi des liens de sang qui unissent les communautés ayant tissé des relations de métissage biologique entre les différentes composantes noires et blanches du pays se revendiquant arabe ou non et qui selon des estimations se situent autour de 3% de la population nationale globale. D’autres avancent des chiffres beaucoup plus importants. A cela il faut ajouter les métissages « extra –nationaux » entre mauritaniens avec des étrangers ou des étrangers avec des mauritaniens toutes races confondues.

Cette tendance est rendue difficilement perceptible en raison des sentiments de complexes qui habitent certains individus qui ont du mal à assumer cet héritage naturel pour lequel ils devaient être fiers. Dans le débat actuel sur la problématique de l’unité nationale, cette frange de la population a un rôle important à jouer dans la régulation des rapports inter- communautaires. Non pas qu’elle soit en mesure de résoudre les contradictions mais qu’elle puisse être porteuse d’un discours équilibré capable d’atténuer les ondes de chocs culturels. Un noir mauritanien de mère blanche ou un maure de mère noire par exemple qui assume les deux parties de son Etre culturel peut disposer d’arguments de taille pour construire un discours à l’image de sa personnalité et de la spécificité de son pays. Il peut être accepté par son rang social comme un modèle de rapprochement entre les composantes de la Mauritanie. Un président de la République, un premier ministre, un président de l’assemblée nationale de type métis pourrait-il être un bon stabilisateur des contradictions identitaires ? Il faudrait orienter la réflexion sur la recherche de pistes par lesquelles le débat sur l’unité nationale pourrait évoluer et déboucher sur des projets de résolutions d’une question aussi fondamentale et urgente qui se pose de plus en plus dans le pays. Il y a aussi ceux qui pensent qu’il faut instituer un système de quotas de manière plus explicite et plus significative dans la haute hiérarchie gouvernementale, au sein de l’administration centrale et territoriale, des forces armées et dans les fonctions électives. En effet, si 51 ans après les indépendances la Mauritanie vit encore une crise identitaire sérieuse, c’est que les solutions politiques prises ne sont pas à la hauteur de cette problématique. Le plus souvent, elles sont utilisées pour accentuer les dissensions épidermiques et développer les foyers de contestations. On doit reconnaitre que des problèmes de coexistence communautaires existent et constituent une menace pour la cohésion nationale. Il s’agit des les analyser et de les traiter objectivement par le dialogue et la concertation.

Cheikh Tidiane Dia –LE RÉNOVATEUR

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Flamnet-Agora: La Mauritanité ! Qu’en dit l’histoire ? (troisième partie): Du non règlement de la question nationale à la reconnaissance du génocide par Boubacar DIAGANA & Ciré BA

alt28 Novembre 1960 – 28 Novembre 2011 : Un demi siècle de vie commune, d’oppression, d’injustices, de domination, de persistance de l’esclavage, de déportation, de luttes et …. un pays à reconstruire. Pourtant, à la veille de l’accession du pays à la souveraineté internationale des signaux clairs avaient été lancés de part et d’autre. Mais celui qui présidait aux destinées du pays, croyant en sa bonne étoile, s’est lancé comme si de rien n’était dans la construction « d’un Etat moderne, trait d’union entre l’Afrique Noire et le Maghreb » dans lequel devraient disparaitre tous les particularismes. Cet équilibre affiché sera foulé dès les premières années de l’indépendance à travers une série de politiques préparant l’ancrage de la Mauritanie à l’ensemble maghrébin et arabe :

–          Une conduite tendancieuse des affaires de l’Etat visant à donner une image exclusivement arabe du pays à l’étranger. Cette diplomatie a tellement réussi que bon nombre de Noirs Mauritaniens sont régulièrement suspectés de mentir sur leur nationalité ; pour cause « la carte postale Mauritanie » est autre. Il n’est pas rare de voir des compatriotes mondialement connus par leurs talents, par honte ou par facilité, être catalogués originaires du Mali ou du Sénégal.

–          l’imposition de la langue l’arabe dans le système éducatif s’avèrera être un subtil moyen de sélection par l’école : en quelques années les résultats des examens de l’entrée en sixième et au baccalauréat, jusque là marqués par un fort taux de réussite d’élèves francophones, majoritairement Noirs, vont s’inverser en faveur des élèves arabophones. Comme langue de travail, le rôle de l’arabe va être déterminant dans la réussite aux examens et concours, notamment d’accès à la fonction publique. En tant qu’unique langue officielle à travers la politique d’« arabisation des ministères qui n’ont pas un caractère technique et qui sont en relation directe avec l’ensemble de la population comme la Justice et l’Intérieur », l’utilisation de l’arabe dans la sphère administrative se révèlera comme un puissant outil de domination et d’exclusion : l’Etat laisse entendre sa volonté de s’adresser à toute la population mauritanienne au moyen de la seule langue arabe.

–          la concentration de l’essentiel des pouvoirs économiques, politiques et militaires depuis le coup d’Etat  de Juillet 1978 entre les mains d’une partie de la composante maure. Cette armée budgétivore, véritable fonction publique parallèle, qui dirige le pays depuis, a trouvé le moyen de se débarrasser de sa composante noire ou de l’écarter des centres de décisions.

–          l’entrée en vigueur brutale à partir de 1983 d’une réforme foncière mal préparée et dont le seul objectif est l’expropriation, eut pour conséquence l’accentuation de la pression sur les terres agricoles de la vallée du Fleuve Sénégal d’investisseurs privés maures, bénéficiant de largesses de bailleurs arabes, et plus récemment d’investisseurs étrangers.

–          Plus généralement, les frustrations et les injustices ressenties par les Noirs, nées des traitements différenciés qui leur sont réservés et autrement plus sévères que ceux rendus pour les Maures. L’opinion publique noire a souvent du mal à comprendre que les auteurs du dernier coup d’Etat manqué en Mauritanie, (appelé « coup d’Etat de Hannana », mai 2004, certainement le plus violent du genre), n’aient été condamnés qu’à des peines d’emprisonnement de quelques mois. Moins compréhensible encore la reconversion de deux des présumés auteurs qui se sont présentés à leur libération aux suffrages de nos compatriotes et réussi à se faire élire à la représentation nationale. Leur mandat court toujours. Alors que quatorze années plus tôt, en 1987, pour une tentative de coup d’Etat qui n’a jamais connu de début d’exécution, le régime d’alors, a, au terme d’une procédure expéditive, jugé, condamné et exécuté trois officiers Noirs. S’en est suivie une purge au sein de la grande muette qui a laissé dans le secret des tombes hâtivement creusées à Inal, Jreida, Akjoujt, Azlat, …  des dizaines d’hommes qui s’étaient engagés au service de leur pays.

Les effets cumulés de tous ces facteurs présageaient d’une explosion de conflits. Une partie des Maures, embrigadés par les mouvances pan arabistes et ayant le sentiment de plus en plus renforcé, et le disent, d’être chez eux, le seul chez qui leur soit propre (ça rappelle quelque chose), où l’Etat leur garantit tout : sécurité, impunité. La majorité des Noirs vivent cette condition comme un non choix, une condamnation à cohabiter, avec le recensement discriminatoire (enrôlement) en cours, ils ont fini par se dire qu’ils ne sont que tolérés ? Leurs revendications ont toutes été réprimées dans le sang ; sans qu’à aucun moment le régime en place ne prenne le temps de réfléchir sur les motivations réelles de ces crises à répétition, et ne propose des solutions qui aillent dans le sens du maintien de l’unité nationale.

Cela peut-il durer encore ? Combien de temps ?

Les gouvernants, tous régimes confondus – exception faite des parenthèses Ould Haidalla et Sidi Ould Cheikh Abdallah –  ont invariablement œuvré au maintien et au renforcement de l’option arabe irréversible de la Mauritanie. Une option que même l’opposition dans son écrasante majorité ne remet pas en cause, en dépit des conflits et  les risques d’explosion auxquels elle a exposé notre pays en cinquante et une années de vie commune.

L’exacerbation de cette politique raciste, injuste et d’exclusion donnera naissance aux évènements de 1989 et suivants, avec des massacres massifs des populations noires du Sud. Des actes que l’on peine encore à qualifier avec les mots qui conviennent.

La victoire a beaucoup de pères : Génocides reconnus

Historiquement, ce sont les vainqueurs qui ont imposé leur volonté quand il s’est agi de qualifier les faits. Leur camp ayant eu le soutien des instances internationales, quand il ne les a pas créées, pour traduire les bourreaux : le Tribunal de Nuremberg pour qualifier le traitement réservé aux Juifs lors des deux grandes guerres de crime contre l’Humanité, ceux d’Arusha pour le génocide des Tutsi au Rwanda et de la Haye pour le génocide des Musulmans de Bosnie Herzégovine. La Cour Pénale Internationale pour Charles Taylor et récemment Laurent Gbagbo pour les crimes commis contre les peuples Sierra Léonais et Ivoirien respectifs.

La défaite est hélas orpheline : Génocide voilé

altCe qui s’est passé en Mauritanie entre 1989 et 1992 présente toutes les caractéristiques d’un génocide au sens retenu par les Nations Unies en 1948 dont une des conventions reconnait comme tel tout acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Abstraction faite du débat que peut soulever l’usage des concepts renvoyant au nombre de victimes, à l’ethnie, à la race, voire à la religion notamment chez certains scientifiques puristes,  cette définition lève toute ambiguïté sur le caractère des massacres commis lors de la période référencée.

Trois facteurs accablants sont à considérer ici, pris séparément ou mis ensemble.

Premier facteur : l’intention (de détruire tout ou partie d’un groupe national). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle y était, on est allé les chercher là ils se trouvaient : villages, lieux de travail (bureaux, écoles et marchés), au sein des forces armées et de sécurité.

Deuxième facteur : le motif apparent pour désigner puis massacrer les cibles, était leur appartenance à une ethnie. A l’exclusion des exécutions au sein de l’armée, les pogroms le long de la vallée ont ciblé les peulhs.  La population victime a donc délibérément été sélectionnée (tous ceux qui ont été massacrés avaient la particularité d’être Noirs). 

Troisième facteur : ces massacres ont été pensés, planifiés, et exécutés au nom d’une idéologie raciste dont l’objectif était la purification ethnique. Le maître d’œuvre en était le Colonel Ould TAYA, conseillé par des idéologues civils se réclamant du Baathisme.

Il en découle que les crimes commis l’ont été sur la base d’une sélection, un tri. Une effroyable opération qui a précédé l’exécution collective des victimes. La sélection confère donc à ces crimes la condition nécessaire de leur qualification en génocide, tandis que le caractère collectif érige le mal en crime d’Etat.

Faut-il encore un argument supplémentaire pour convaincre qu’il s’agit bien là d’un génocide. La réponse est assurément NON.

A l’évidence, ce drame est bien issu d’une volonté systématique et planifiée d’extermination. La Mauritanie doit porter un regard apaisé sur son passé d’autant que certaines franges pan arabistes n’hésitent pas à accuser les exilés et déportés Mauritaniens au Sénégal d’avoir participé aux massacres de leurs compatriotes en 1989 dans ce pays, telle la réplique de l’Etat Turc accusant la France de génocide en Algérie en réponse au vote par le Parlement Français, le 22 décembre 2011, de la proposition de loi pénalisant la contestation du génocide Arménien.

Pourquoi alors s’obstine-t-on à utiliser d’autres qualificatifs ?

D’abord parce que les bourreaux sont encore en activité, dans les premiers cercles du pouvoir. Conscients de leur responsabilité certainement directe dans les forfaits commis, ils font tout pour retarder ou empêcher la manifestation de la vérité.

Ensuite, la majorité des partis politiques ont préféré laisser les ONG sous-traiter la question, désertant ainsi cet épineux terrain rendu glissant par sa connexion avec la question nationale. Le débit des autres partis est faible, presqu’inaudible, en raison d’un réseau saturé par des dissensions des associations des victimes.

Enfin les divisions au sein des associations de victimes elles mêmes, liées peut être aux traumatismes subis, sont un pain béni pour les présumés coupables, pourtant répertoriés, qui n’ont eu aucun mal à surfer sur ces divergences pour essayer de passer la solution de cette question par pertes et profits.  Victimes et ayant droit s’accommoderont du discours édulcorant les crimes en « passif humanitaire ». En acceptant ainsi de suivre les autorités dans cette démarche, ils espéraient peut être donner une chance à ces dernières de cheminer vers une véritable réconciliation, impliquant  réparations et pardon.

Mohamed Ould Abdel Aziz aurait été épargné pour accorder une chance supplémentaire à la chance de réconcilier la Mauritanie avec elle-même. Ce fut un coup de poker perdant. La « prière aux morts » qu’il a orchestrée en grande pompe, n’avait d’autres motivations que mystiques. La campagne qui l’a suivie, autour du pardon participait à une démarche de diversion, visant à faire passer les victimes pour des haineux, des rancuniers qui ne pouvaient pardonner. N’entendions-nous pas les chantres de cette campagne répéter à qui voulait l’entendre que « Allah, dans Son infinie bonté, accordait Son pardon à Ses créatures (fautives) qui le Lui demandaient ». Ce qu’ils omettaient de dire, c’est qu’Allah n’a jamais fait de mal à personne. Les victimes des exactions n’ont pas de contentieux avec Allah, mais bien avec des créatures comme elles qui se sont adonnées à des abominations, dont elles doivent répondre ici bas, avant de devoir en rendre compte devant notre Créateur et Ses Anges. Ils semblent être frappés d’amnésie, oubliant que certains de ces crimes ont été commis pendant le mois de Ramadan.

Faute d’avoir pu l’empêcher de se produire, nous n’avons pas le droit de laisser les autorités ajouter au crime la bêtise de le minimiser. En effet, les expressions utilisées pour qualifier ces faits de « passif humanitaire », l’ont été, parfois sous la pression des bourreaux et de leurs amis au pouvoir. Comme si ce qui s’est passé n’était pas suffisamment grave pour mériter d’être qualifié autrement.

Le « passif » (et l’ « actif »),  usité en comptabilité ou en grammaire, ne peut ni ne doit en aucun cas être employé pour parler de cette abomination. On est en politique. En politique, comme en tout autre domaine, il est préférable d’utiliser les mots qui conviennent pour désigner les maux causés au risque de tomber dans le négationnisme. Les propos tenus récemment par le Général Meguett en constituent un début de commencement.

Souvenons nous qu’Hitler, tirant la leçon de la non application des résolutions du traité de Sèvres, signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l’empire Ottoman, qui prévoit la mise en jugement des responsables du génocide arménien, aurait lancé en 1939 « Qui se souvient des massacres des Arméniens » à la veille de massacrer les handicapés, l’extermination des Juifs viendra deux ans plus tard.

Rappelons aussi que le général père de la nation Turque, Moustapha Kemal avait pris soin de faire voter une amnistie générale des dits crimes le 31 mars 1929.

En Mauritanie le colonel Maawiya Ould Sid’Ahmed TAYA a fait voter une loi d’Amnistie de ses crimes, adoptée en 1993 par une Assemblée à ses ordres. La tentation de tracer un trait sur les faits était déjà là.

Le temps ne doit donc pas avoir de prise sur notre détermination et notre volonté à œuvrer pour la reconnaissance de ces crimes en génocide et la traduction pendant qu’il encore temps de leurs commanditaires devant la Cour Pénale Internationale.

 decembre 2011.

Suivra : AZIZ NOUS A TUER – Les sacrifiés de l’enrôlement

 Boubacar DIAGANA & Ciré BA

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Flamnet-Agora: Prendre en main son propre destin par Abou Hamidou Sy des FLAM-Amérique du Nord

altLe génie d’un peuple se réside dans sa capacité à relever les défis qui l’interpellent, à explorer des voies inédites pour raffermir sa cohésion et à s’abstenir de tout acte qui peut menacer sa survie. C’est ainsi que les États modernes ont inventé toute une panoplie de lois et régulations pour assurer une cohabitation harmonieuse entre touts les concitoyens. Il  arrive hélas parfois, que l’Etat soit lui-même le principal pourfendeur de cette harmonie. C’est alors que se mettent en branle des mécanismes de régulations informels pour juguler toute éventuelle crise. 

En  Mauritanie, modèle de pays ethnocentriste; inutile de dire que l’Etat a renoncé à sa mission régalienne/ ses responsabilités républicaines, si tant est qu´il n’en a jamais eu. Sa vocation première est de donner un visage exclusivement arabe au pays.Toute expression de la différence doit être anéantie advienne que pourra. En effet, chez nous chaque acte républicain posé est un pas de plus vers l’exclusion des Négro-Africains. Il en est des différentes réformes foncières, éducatives et administratives …

 

La dernière trouvaille du régime en la matière est cet enrôlement dont le caractère raciste n’échappe à personne.

Devant cette énième provocation, la communauté négro-africaine particulièrement sa jeunesse n’a qu’une seule alternative : prendre en main son propre destin. Et les différentes réactions que cela a suscité trahissent les différentes positions des uns et des autres. Cette propension à vouloir ménager  le choux et la chèvre est tout simplement choquante. La donne est simple : il y a d’un côté les manifestants qui veulent s’enrôler et de l’autre le pouvoir qui veut les en empêcher . Et comme d’habitude, le spectre des réactions n’est pas très varié. Il va de la condamnation timide au silence coupable. Cette attitude n’est cependant pas surprenante eu égard à la compositions du paysage politique mauritanien . Il faut dire qu’entre une armée  pouvoiriste au pouvoir, une classe politique empêtrée dans d’éternelles dialogues et des intellectuels préoccupés par le pain quotidien on n’est pas bien lotis.

 

En réalité il manque un maillon à notre scène socio-politique; des régulateurs sociaux nous font défaut. Il s’agit de personnalités  religieuses ou coutumières suffisamment indépendantes et fortement influentes capables de se dresser en rempart contre les dérives du pouvoir.

Partout ou des avancées démocratiques significatives ont été notées , les chefs religieux et les notables  y ont joué un rôle primordial. C’est grâce à la pugnacité d’Isidore Da Souza archevêque de Cotonou d’alors que le Benin s’est hissée au rang des nations démocratiques. Plus près de nous au Sénégal, Abdoul Aziz Sy Dabbakh a désamorcé plus d’une crise . Malheureusement en Mauritanie, le pouvoir a réussi a rallier à sa cause la quasi- totalité des leaders d’opinion . Ainsi, ils sont devenus des faire -valoir à la plus abjecte  des forfaitures.

 Les appels intéressés au calme sont très mal venus et à la limite hypocrites. Il n’appartient ni aux chefs religieux ou coutumiers ni aux organisations de la société civile encore moins aux intellectuels d’être les suppôts du pouvoir. Ils ont un rôle de régulateurs sociaux et ont le devoir d’user de leurs influences pour ramener le gouvernement à la raison .

 

 

 

La lutte continue!

 

Abou Hamidou Sy

Secrétaire Général des FLAM-Amérique du Nord

Tampa,Florida- USA

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Flamnet-Agora: Le Wali de Kaëdi veut diviser pour mieux régner par Gando Dia

altLe 17 Décembre 2011, la jeunesse Kaëdienne avait décidé de manifester  dans les rues de la capitale du Gorgol à la suite de l’ emprisonnement arbitraire et infondé du jeune Abass Kane Originaire du village de Bagodine situé à 45 kilométres de kaédi,  venu accompagner son père âgé de 96 ans, aveugle pour le faire recenser au centre d’accueil de Kaédi où les choses impensables n’auraient jamais pu se passer compte tenu de l’âge et de la situation de handicap du père d’Abass Kane. Les agents de recensement toujours avec les mêmes excès de zèle, et avec la même volonté d’humilier et de poser d’ennuis sérieux aux futurs candidats au  fameux papier à la carte , plus précisément le responsable Mr Mohamed El  Moctar Ould Behey, avait ordonné au jeune de sortir du centre, ce dernier lui précisa, qu’ il accompagnait une personne âgée et de surcroit aveugle, donc ne pouvait le laisser seul sans surveillance. Se croyant à la place du roi, le chef du centre, méprise et insulte au vu et au su de tous, le jeune Abass  Kane , qui  lui aussi à juste titre  a réagi à la provocation et à l’humiliation, puis une altercation  et échanges virulents  s’en suivent. Immédiatement, le responsable du centre et ses camarades  agents recenseurs se précipitent au commissariat pour porter plainte contre le jeune, qui depuis le 13 Décembre dernier est en prison dans un pays ou la justice est inféodée au pouvoir du putschiste, le général Abdel Aziz ,ou l’on ne cherche à mener une enquête sérieuse….

 

Ce qui me révolte en tant que citoyen et natif de la ville de Kaëdi, c’est l’attitude irresponsable et  anachronique du gouverneur de la ville, celle des élus locaux complices d’une telle politique de mépris vis à vis de leurs administrés  mais encore celle des Imams ou chefs religieux qui emboitent le pas, sans comprendre les enjeux  aux politiques qui pratiquent depuis des lustres dans notre région la politique du ventre et de la désinformation pour le seul but de se maintenir à leurs différents postes usurpés.

 

Le Gouverneur de Kaëdi, dans cette épreuve difficile ou la ville était  assiégée, les activités  de la ville complétement paralysée  a voulu jouer à la politique de diviser pour régner, une méthode classique d’une autre époque, qui malheureusement ne marchera plus jamais dans notre ville. Il tenait à séparer la communauté pulaar ; la communauté Soninké et la communauté Haratine pour mieux réussir à casser le mouvement des jeunes, c’était vraiment peine perdue pour lui . Et la détermination au beau fixe.

Ses rencontres discrètes avec les uns et les autres ont été  immédiatement dévoilées , tous convaincus que désormais seule l’unité peut sauver la Mauritanie , ils  ont refusé la corruption morale et matérielle  au profit de la cohésion régionale et nationale, encore une fois toutes mes félicitations à ces hommes de valeur à la pointure du jeune Lehbouss  de l’IRA qui refusait 110 millions d’ouguiya du général, choisissant sa dignité et la noblesse de sa lutte contre l’esclavage et le racisme d’état. Je constate que le  wali  ou gouverneur régional a  failli à son devoir,il doit immédiatement être relever de ses fonctions et poursuivi en justice pour incitation à la haine raciale et à la division en période de crise, lui qui était sensé sécuriser, unir , protéger, jouait terriblement avec le feu  en opposant les uns aux autres  à des fins politiciennes.

 

Quant aux élus, c’est  la honte, pratiquement  ou presque tous natifs de la ville de Kaëdi, s’adonnent  à une politique dangereuse , celle qui consiste à plaire au Général, comme  au temps de Taya, faisant croire qu’ils drainent , assez de monde derrière eux, alors qu’il n’en est rien. En réalité , ils  ne peuvent même pas mobiliser leurs propres familles, le réveil des kaédiens est spontané, on ne peut plus les mentir, on ne peut plus tricher avec eux. Nos Imams et chefs religieux aussi, malheureusement , sans rien comprendre à la danse ont été subtilement utilisés pour  venir au   secours des politiques , nous leur demandons garder la ligne de  leurs obligations religieuses,.la politique et la religion ne font pas bon ménage sous risque de tomber dans les pièges, dans les mensonges dans la corruption et d’autres vices qui handicaperont  la société. Ils doivent lire strictement sans parti pris la religion , l’Islam et sans y rajouter leur égo et leur idéologie souvent importée, ainsi, ils pourront garder leur aura, dignité et personnalité.

Partout dans le monde ou les religieux se sons subordonnés aux politiques, ils ont réussi à briser la démocratie à créer un malaise au sein de la société par des partis pris non pas religieux mais politiques, nous pouvons entre autre prendre l’exemple de la pratique de l’esclavage et d’autres tares de la société Mauritanienne , je demande alors aux  Imams et aux  religieux de la ville de Kaëdi d’observer leur neutralité  et de refuser à tout prix  de servir les oppresseurs et des élus peu soucieux de l’harmonie et de la cohésion sociale, au vu de leur bilan catastrophique et surtout en cette période de crise et de sécheresse ou rien n’est fait pour soulager la souffrance des populations.

 

Je finirai mon message, en lançant un appel au général  Abdel Aziz afin qu’il revoye sa copie sur ce recensement  discriminatoire et surtout qu’il est mené par des hommes qui ne sont pas à la hauteur de la tâche, c’est bien ceux qui ont saigné la Mauritanie depuis des années et ceux qui ont endeuillés la vallée qui continuent en toute impunité à sévir sans le moindre carton rouge de la part d’un Président qui s ‘est autoproclamé ,”Président des pauvres”‘ Et pourtant , il n’ y a que ces pauvres qui continuent à souffrir, la gabegie, le racisme, le népotisme et autres méthodes ont prix le dessus sur un véritable état de droit., mon général, le slogans et la démagogie ne trompent plus grand monde

Sachons une chose, si  rien n’est fait pour arrêter à temps cette hémorragie, notre jeunesse finira par déborder, alors ” mieux vaut tard que jamais,” faisons quelque chose dès maintenant et arrêtons de se tirer dans les pattes, personne n’y gagnera.

Wa salam.

 

Gando Dia dit Mamadou Aly

Citoyen du monde et militant des Droits de l’Homme.

 

Massy le 20 Décembre 2011

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L’éditorial de La Nouvelle Expression : Non, mon Général

Le Général Ould Meguett nie les tueries au sein de l’armée et accuse les « maladies diarrhéiques ». Le patron du Bureau d’Etudes et de la Documentation, BED (renseignement), dit que les civils et militaires victimes de la barbarie, voire de la bestialité de leurs compatriotes ou compagnons d’armes sont morts à cause de la diarrhée. Plus de 500 tués, victimes de la diarrhée. Où sont leurs tombes et pourquoi ils ont été enterrés sans sépulture, une obligation musulmane, pourtant ?

Mon Général, que vous affirmez devant les rescapés et les orphelins que vous êtes accusé à tort, passe encore ; que vous clamez que votre nom, cité dans la liste des présumés assassins et tortionnaires, est anormal car vous ne pouvez faire mal à une mouche, c’est votre droit le plus absolu. On peut le comprendre.

 

Mais de là à banaliser la mort de tant de compatriotes qui, plus est, étaient vos compagnons d’armes, cela ne peut relever que d’une cruauté rare ; en tout cas un manque criant d’esprit du corps. Une telle attitude nous fixe sur votre personne, tout comme elle renseigne sur votre vision.

 

Mon Général, le monde entier sait maintenant combien les purges au sein de notre armée furent sanglantes ; combien l’assassinat gratuit était courant. Il ne sert donc plus à rien de le nier, encore moins de vouloir l’occulter. Ce serait au mieux prendre les citoyens de ce pays et du monde comme des idiots ; et au pire, insulter la mémoire des disparus, alors même que les Mauritaniens (dans leur grande majorité), maintenant bien au fait des atrocités dont se sont rendus coupables certains membres des forces armées, cherchent à panser les plaies et tourner la page.

 

Mon Général, votre façon de raisonner va même à l’encontre des actes déjà posés par le Président Ould Abdel Aziz qui a reconnu les faits, demandé pardon et prié à Kaédi pour le repos des assassinés d’Inal, de Jreida, d’Azlat et d’ailleurs. Ou bien, voulez-vous insinuer qu’Ould Abdel Aziz n’avait pas à demander pardon à des soldats morts après une crise de diarrhée ?

 

Non, mon général, retirez cette insulte qui n’honore point un officier de votre rang, car nulle part au monde on a vu, d’un coup, plus de 500 soldats, presque tous de la même ethnie, mourir, comme ça, de leur belle mort, après une attaque de diarrhée. En tout cas, ce serait la première fois qu’une diarrhée aussi sélective s’attaque à nos soldats !

 

La Mauritanie n’a pas besoin d’affront ; elle veut avancer en assumant son histoire, même la plus cruelle. Au moment des faits incriminés, vous étiez capitaine. Vous et d’autres membres des forces armées ont été accusés d’avoir commis des atrocités. Ce n’est donc pas toute l’armée mauritanienne qui est accusée et vous êtes présumé innocent jusqu’à ce que votre culpabilité soit établie par une juridiction compétente.

 

Mon Général, la Mauritanie, notre pays a trop souffert du négationnisme. Cette page doit être tournée pour le bien de cette Mauritanie qui nous a tout et tant donné mais que certains continuent à triturer et vouloir plonger dans la mouise. Tous, ensemble, nous devons prier pour l’âme de nos morts ; nous leur devons vérité pour qu’ils reposent en paix.

 

Reconnaître la vérité c’est d’abord reconnaître les mouroirs d’Azlat, de Tiguint, de Nbeika, d’Atar, de Nouadhibou, d’Aleg, de F’derik, d’Inal ou de Jreida. Le devoir de vérité. Le devoir de mémoire. Le devoir de justice. Avant les réparations et le pardon. Avec sérieux et loin de cette « commission du passif humanitaire » qui donne l’aumône à certains et omet le grand nombre.

 

Mon Général, il est temps pour nous tous de prendre de la hauteur. Il est temps de cesser de recouvrir du voile de la honte les sépultures sans prière de tous ces morts qui continuent d’interpeller les vivants. Il est temps d’arrêter d’accuser les mouches ou les moustiques ; le béribéri ou le choléra. Les enterrés de Sori Malé, les entassés de Wothie, à ce que l’on sache, ne souffraient ni de palu ni de courbatures.

 

De deux diarrhées, Mon général, il faut se méfier : la diarrhée « ventrale » et la diarrhée verbale…

 

Seydi Moussa Camara- La nouvelle Expression

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