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Edito: Wade ou la fin d’un règne peu glorieux !
Ce qui se passe au Sénégal inquiète le monde. L’Afrique au premier chef. La déferlante ne semble pas prête de s’arrêter.À l’entêtement du vieux Gorgui, le peuple répond par une détermination infaillible de déloger le locataire opiniâtre de son palais qu’il ne veut pas céder sous la pression populaire. Prêt à livrer une épreuve sanglante avec le peuple, Wade n’a plus de tête que celle d’un roi qui se meurt mais prêt à mettre le Sénégal à feu et à sang. C’est ce souffle fort de violence qui se déchaine dans tous les sens qui s’empare d’une démocratie désavouée à cause de ses mensonges, ses débilités. L’heure est devenue grave dans ce pays considéré longtemps comme un modèle de démocratie en Afrique. Si le vieux lion édenté n’a plus d’autres alternatives à proposer que de laisser le Sénégal compter ses morts, la constitution doit trancher conformément à la disposition selon laquelle de nouvelles élections doivent être organisées en cas d’incapacité du chef de l’Etat d’exercer le pouvoir.
Le président n’est plus maitre de soi. Il a perdu la raison. Le démettre pacifiquement est devenu une urgence légale. Les appels lancés partout dans le monde n’y peuvent rien pour un homme aveuglé par un fauteuil qui ne tient plus à son état de santé. Wade n’a plus les nerfs pour présider aux destinées du Sénégal ni la force pour résister à la volonté du peuple. Autant quitter pendant qu’ile est encore possible d’échapper à l’échafaud ou à la justice. Wade a suffisamment été un bon conseiller des autocrates qu’il ne doit pas commettre les mêmes erreurs de ceux qu’ils appelait à quitter le pouvoir. Il avait demandé à Kadhafi de s’en aller, à Gbagbo avant cela. Dans la crise politique mauritanienne il avait pu apaiser les tensions en réussissant là où l’UA avait échoué. Pourquoi après tous ces points engrangés avec succès par le vieil avocat, tout d’un coup la main de Satan vient aveugler la conscience de cet homme qui a marqué le paysage démocratique sénégalais ? Non, Excellence, c’est incroyable pour votre fin de carrière et dangereux pour votre famille politique et naturelle. Vous n’êtes plus en mesure de gagner par les urnes de manière transparente ni par les armes car l’armée ne sera pas prête à tirer sur le peuple. Vous êtes confrontés à une fin de règne des plus hypothétiques. Personne ne souhaite que vous soyez le premier président sénégalais à être déposé par l’armée républicaine encore fidèle à vos ordres. Ce même conseil constitutionnel qui vous a investi comme candidat sera celui qui changera d’avis quand les choses prendront de l’ampleur. Le chaos est à la porte de la présidence, il a déjà détruit des vies humaines dans le pays. Aujourd’hui la bataille n’est plus celle d’une course à la présidence mais celle de la résistance d’un chef à la volonté de son peuple. Même vos militants ont compris la gravité de l’heure pour vous apporter leur soutien. L’intérêt de tous les sénégalais est dans la paix et non dans les batailles pour le pouvoir qui font plus de victimes que ce qu’elles peuvent servir. Entre gagner un troisième mandat et décimer le peuple Wade a-t-il préféré verser le sang ?
Cheikh Tidiane Dia –Le Rénovateur
De l’enrôlement au recensement général : vers quelles convergences ?
Alors que les opérations d’enrôlement peinent à avancer et dont la lenteur a perturbé la date des élections municipales et législatives, les autorités des services statistiques se préparent à lancer un recensement général de la population et de l’habitat. L’office national des statistiques est à pied d’œuvre pour mobiliser les moyens en vue d’engager cette vaste opération dans le courant de l’année 2012. Les experts de l’ONS ont déjà apprêté l’ensemble des documents techniques, élaboré les questionnaires et les fiches techniques. Il a été annoncé que « le recensement de la cartographie pilote pourrait avoir lieu en février et le recensement pilote en avril». Sur le plan financier, en plus de ce que la Mauritanie prévoit de débloquer, certains partenaires ont déjà consenti des financements importants pour aider à la mise en œuvre de cette opération d’envergure. Dès lors des questions se posent encore aussi bien sur la signification d’une telle opération que sur son impact sur le développement économique, social et politique du pays. Depuis les indépendances de la Mauritanie, il y a eu en moyenne un recensement tous les dix ans. Mais cela n’a pas permis de donner des chiffres fiables sur l’évolution de la courbe démographique du pays moins encore sur la structure de sa population de manière précise. Alors qu’à l’époque on considérait la Mauritanie comme un pays de faible démographie. Avec les flux migratoires consécutifs à la sécheresse et la pauvreté, les grandes villes du pays ont accueilli des populations venues des endroits déshérités chassés par l’insécurité alimentaire.
Ce facteur permettait de fournir un indicateur sur l’indice démographique d’un pays vaste et sous-peuplé il y a deux décennies mais qui a vu sa population augmenter sans que les chiffres précis viennent confirmer cette tendance. Les seules données qui servent de base à l’évaluation démocratique sont fournies par le RANVEC et le RAVEL. Sachant les conditions peu fiables dans lesquelles ces opérations sont effectuées, il serait difficile d’obtenir des résultats objectifs. Mais le problème n’est pas tant de recenser les populations que de publier les résultats correctement à un temps “T” opportun. A ce niveau, des contradictions à caractère politique entourent un mystère sur les chiffres démographiques en particulier sur la densité des villes , la structure sociale et ethnique du pays, l’adoption des patronymes, le nombre de décès, les différentes couches d’âge, le genre etc.… il ya surtout maintenant un autre problème qui concerne les mauritaniens vivant à l’étranger qu’il faut pouvoir répertorier méthodiquement quantitativement et « apolitiquement ».
Si les autorités d’un pays décident d’injecter des moyens pour faire le décompte de ses habitants et des ses citoyens il faut se débarrasser de tout ce qui est étranger à une telle initiative plus technique que politique. Au moment où le pays vit une situation sociale et politique peu sereine, il faut clarifier les règles du jeu pour circonscrire les contours de cette opération d’envergure nationale.
Aujourd’hui les maladresses doivent être évitées eu égard à la modernisation des outils techniques et le niveau des compétences. Enrôler, recenser doivent servir à quelque chose : rétablir l’ordre et garantir l’équité à tous les citoyens du pays tout en sécurisant la résidence des expatriés y séjournant.
Cheikh Tidiane Dia-LE RÉNOVATEUR
Agora-Flamnet: Monsieur, que voulez vous? par Bocar Daha Kane
Les FLAM ont un « drapeau » comme l’AJD, et l’UFP et d’autres organisations politiques ou non, en ont. Je ne vois nullement le mal en cela ! Pensez-vous que le fait que l’AJD ou l’UFP aient leur propre emblème fait qu’elles ne se retrouvent pas sous le drapeau national ? Pensez-vous que le fait qu’elles aient leur emblème, elles revendiquent par conséquent un territoire ? Soyons un peu à la hauteur de nos accusations. Le raccourci est assez friable pour soutenir certaines divagations ! Au fait que prônent les FLAM sur leur drapeau ? Une suprématie des négro-mauritaniens ? L’exclusion des Beydan ? Le drapeau auquel vous faites allusion, les FLAM lui ont donné une explication. Conscient de votre honnêteté intellectuelle, vous allez certainement ns éclairer sur ce qu’elles en pensent, afin que ceux qui grimpent votre mur virtuel sur la toile soient éclairés de façon non parcellaire !!!
Depuis quand, et en vertu de quoi, nommer Beydan, Hratiin, Znaga, Wolof, Bambana, Sonninko, constitue un crime ? UN ACTE DE NATIONALISME ÉTROIT, comme dirait l’autre ? Nous n’allons pas rentrer dans des détails historiques, sociologiques, ou anthropologiques sur l’identité des Hratîîn. Une chose est certaine, la grande majorité des Beydan historiquement descendent des Benni Hassan, on ne peut dire de même des Hratîîn. Même si on intègre le fait que lorsqu’ils sont affranchis de leur statut d’ Abd (esclaves) ils épousent le statut social du désormais ancien maître. Que faisons-nous de ces populations victimes de razzia ? Il y a ce que nous aurions aimé faire et ce que l’Histoire nous impose. N’essayons pas de travestir l’Histoire, d’autant plus nous ne sommes pas comptables des faits qu’elle nous lègue.
Ne voyons pas le mal partout, énumérez nos diversités n’est pas synonyme de diviser FORCÉMENT. Considérons cela comme l’étalage de notre richesse dont ne profite pas forcément le Znaga, l’Abd, le Hartani, le Maccudo (esclave chez les négro-africains) du fait du mépris et/ou de l’exploitation dont ils sont victimes. Et mobilisons nos énergies afin que ces derniers occupent une place juste et qui leur revient, c’est sans doute le sens de la phrase qui vous a inspiré, duquel vous avez trié quelques mots. Elle parlait d’une “Mauritanie où le fait d’être Znaga, Hratiin, Berbère, Wolof, Pular, Soninké…. ne serait ipso-facto une condition rédhibitoire”.
J’ai toujours entendu et souvent lu ailleurs que sur le site des « nationalistes étroits » que les Bambara constituaient bien une communauté de notre chère Mauritanie. J’ai encore souvenirs de mes camarades bambara, je croise (certes pas souvent) des promotionnaires bambara et mauritaniens en même temps! Si aujourd’hui on me dit qu’ils ne sont pas mauritaniens, ou qu’ils sont mauritaniens mais pas bambara, alors dites-moi qui sont-ils ? Ou peut-être le simple fait qu’officiellement ils ne soient pas reconnus suffit comme VÉRITÉ?
Ce qui est extraordinaire, depuis que l’on parle des Bambara en Mauritanie, c’est aujourd’hui que « la bambarité » de certains mauritaniens ou « la mauritanité » de certains Bambara jaillit, par hasard comme on dit !
La lutte continue!
Bocar Daha KANE-Bordeaux-France.
Un compatriote beydane qui force notre estime et respect
Je partage avec vous cette réaction d´un compatriote et ami, ancien officier dans l´armée mauritanienne, radié arbitrairement en 1988 sur la base des fausses accusations et aujourd´hui journaliste à ses heures perdues. Il est l´un des rares intellectuels et compatriotes Beydanes à s´insurger ouvertement et sans complaisance contre l´enrôlement initié par le régime du Général-président à travers son texte devenu historique : “Recensement : Nous sommes tous des étrangers !”. Il mérite notre respect et considération. Je l´ai rencontré pour la première avec notre regretté ami feu Habib Ould Mahfoudh et Moussa Ould Abdou ancien rédacteur en chef du journal Albayane, un certain jour d´avril en 1994 dans un hôtel à Dakar et depuis je garde un bon souvenir de notre échange malgré la petite”mise en garde”( avec un brin de plaisanterie) de notre ami Habib qui me disait : “Kaaw, attention Ould Jiddou est un ancien baathiste, il est dangeureux et il n´est pas flamiste comme moi…”.
Voilà le texte et appréciez sa réponse à certains compatriotes chauvins panarabistes qui voulaient diaboliser les FLAM dans un forum mauritanien de Facebook devenu le répère de certains courants chauvins et extrémistes et autres sympathisants du Système!
Mettez vous à la place de l’autre: parce qu’il a publié un manifeste où il démontre qu’il est lésé dans son pays, il est arrêté, enferré et embastillé dans des conditions si inhumaines que plusieurs éléments de son mouvement (et non des moindres) en meurent. Vous Trouvez cela proportionnel à la faute si faute il y a? Parce que le Sénégal a pillé, tué et exclu des sénégalais d’origine mauritanienne et des mauritaniens vivant sur son sol, la Mauritanie répond par l’expulsion de 60 000 de ses propres fils. Vous trouvez cela une réponse appropriée vous? Une tentative de coup d’Etat qui n’a pas eu de début d’exécution se termine par trois condamnations à mort: vous trouvez cela juste vous alors que dans toute cette République tout le monde a fait ou tenté de faire ou pensé à faire ou rêvé que l’on fasse un coup d’Etat? Une accusation de sorcellerie (vous préféreriez “une diarrhée sélective”?) se termine par une véritable hécatombe, vous trouvez cela humain vous? Maintenant l’on veut que tous ces tords, tous ces crimes soient passés par pertes et profits. Reconnaissez avec moi que si cela avait été fait à ma communauté nous aurions, vous et moi, pris les armes! La meilleure chose à faire c’est de dialoguer même avec le Diable. La paix, la concorde, la fraternité, la justice, tout ce qui renforce l’unité nationale n’a pas de prix. Puisque nous sommes sur un Forum Pour une Mauritanie Unie et Indivisible, écoutez au moins l’autre et ne l’excluez pas parce qu’il a injurié ou invectivé. Laissez-le même verser son vénin, après il se sentira soulagé et vous pourriez passer aux choses importantes: trouver des solutions à des questions réelles!
Vous ne connaissez apparemment pas l’histoire de votre pays. Deux régions de ce pays (les deux Hodhs) appartenaient au Soudan (aujourd’hui le Mali). Beaucoup de Bambaras y habitaient. Plusieurs fonctionnaires qui y travaillaient ont été sollicités par la Mauritanie pour continuer à y exercer parce qu’elle avait besoin d’eux. Le congrès de l’unité des partis mauritaniens, le fameux Congrès d’Aleg, personne ne l’a jamais encore dit, doit tout à un bambara: qui connaît aujourd’hui Tiécoura DEMBELE? Le deuxième dialecte parlé à Néma, tu sais Mohmed Taher que c’est le Bambara? Ce n’est pas parce que cette communauté est moins bruyante que les autres qu’elle n’existe pas en Mauritanie. Tout comme les Touaregs: en 1974, une troupe artistique touarègue appartenant à la délégation du Hodh Charghi a été honorée par Moctar. Ah oui! il n’y a pas de Touaregs en Mauritanie! Autre chose: l’Etat mauritanien tue un demi millier de ces citoyens soldats et vous estimez que c’est positif que d’avoir accordé une indemnité aux ayants droits? Etes-vous musulmans? Que faites vous de la justice? Mais Mohamed Taher, renseignez-vous mon ami! En 1989, le Sénégal a expulsé 500 000 personnes vers la Mauritanie dont 200 000 étaient des sénégalais d’origine mauritanienne. Et il en restait, après que les autorités sénégalaises se soient ressaisies! Taher, combien aujourd’hui y a-t-il de mauritaniens au Mali, au Burkina, au Niger, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, aux Congo(s), en Angola, en Afrique du Sud, et la liste n’est pas exhaustive, combien? Combien sont-ils en France, aux Etats-Unis, au Golf, en Norvège et en Chine? Vous ne savez pas quel est leur sport favori? Je vous le donne en milles: pour la plupart, chercher à acquérir la nationalité du pays d’accueil! Alors Taher, vous n’étiez pas au courant?
“1) ce qui est sûr et certain que l’état MAURITANIEN, dès son indépendance a reconnu comme population vivant sur le sol mauritanien :LES MAURES,LES TOUCOULEURS ,LES SONINKES ET LES WOLOFS et jusqu’à preuve du contraire c’est ce qui existe encore malheureusement…2) toutefois la MAURITANIE abrite sur son sol des bambaras, des touaregs, des sahraouis qui sont devenus MAURITANIENS et ils vivent en paix et sans problèmes.” : Alors Mohamed Taher laquelle de tes deux assertions dois-je considérer: la 1ère ou la 2ème? Ce que tu refuses c’est que des bambaras soient ici en Mauritanie avant l’Indépendance. Malheureusement pour toi une bonne communauté bambara y était. Quant au problème de l’enrôlement, ce que nous voulons tous , et pas seulement les Flam, c’est que tous les mauritaniens soient enrôlés sans humiliations. Est-ce trop demander?
Ahmed Jiddou Ould Aly- Journaliste et ancien officier de l´armée mauritanienne
FLAMNET-RÉTRO: De l’identité des Haratines ! par Bara Ba
Les Haratines, cette force montante, constitueront, de plus en plus, un enjeu important dans l’évolution future des rapports de force inter- communautaires. Voilà pourquoi ce groupe ne laisse personne indifférent . Voilà pourquoi, également, le doute, la réflexion et un questionnement qui traversent actuellement certains segments de ce courant sur la meilleure voie devant mener à leur liberation interpellent chacun de nous. Lorsque j’ai lu la réponse de Samory à Nany, suite à une lettre, naïvement, adressée aux Nations-unies, j’ai décidé, à mon tour d’entrer dans le débat . à ma manière. Prenant d’emblée le contre-pied de Ould Nany, je pose que la libération de l’esclave – tout esclave- passe par une rupture ombilicale d’avec le maître , nécessairement.
Cette rupture ombilicale d’avec le maître se justifie en raison de la nature même de la relation d’intérêt maitre-esclave, par essence conflictuelle, antagonique; En effet l’un cherche à asservir, à aliéner une liberté, l’autre cherche à recouvrer cette liberté, à se soustraire à l’asservissement. On entend souvent dire, comme par définition, que « l’esclave est celui-là qui manque de tout, qui fait tout et qui n’a aucun droit, et que le maître est celui qui a tout, qui ne fait rien et qui a tous les droits ».
Par ailleurs l’histoire enseigne qu’en général, l’esclave recouvre rarement sa liberté, par la volonté du maître, ou au gré de celui-ci ! L’esclave se libère ou rompt les chaînes de servitude, par la seule force de sa volonté, dans certaines conditions favorables.
Il me paraît alors normal et tout naturel, pour revenir au cas mauritanien, que le ? “haratine -abeid ?”, pour se libérer, empruntât, lui aussi, cette même voie de rupture; il devra, pour se faire, s’affranchir du lien tribal , psychologique et économique .
J’ai dit s’affranchir du lien tribal car celui-ci participe de l’instrumentalisation du groupe Haratine par le montage, à dessein, d’une « majorité maure », dont les bénéfices et retombées positives reviennent presqu’exclusivement au seul sous- groupe dominant Bidhaan! La tribu, en fait, constitue un carcan subtil qui entretient un semblant de relations affectives inter-membres destiné, en réalité, à maintenir l’esclave dans la dépendance, sentimentalement et socialement .
Autre chaîne dont il faudrait se défaire: ce mensonge « religieux », grossier, déliberement entretenu par le maître, afin de renforcer la dépendance psychologique de l’esclave, qui stipule que ?’ ne pas obeir à la volonté du maître conduirait au purgatoire”; que le maître serait celui- là, seul , capable de lui garantir le paradis, chose au dessus du pouvoir même des prophètes !
Enfin dernière dépendance à briser, et non des moindres, la dépendance économique; ?’l’autonomie économique” de l’esclave vis-à-vis du maître est indispensable pour sa véritable libération. Il est heureux de constater que ce processus est dejà en marche en milieu urbain, forcé par les sécheresses des années 70; à ce niveau les Haratines qui vivent en milieu urbain ont un rôle majeur à jouer, dans le réveil de la multitude, encore endormie dans le fin fond du pays !
Rompre donc, en conclusion, les chaînes tribale, psychologique et économique , afin d’accéder à l’affranchissement définitif et irréversible, telle me paraît être la seule voie qui puisse mener vers la liberté ; mais attention à ne pas tomber dans l’illusion que cette liberté, une fois conquise, conduirait automatiquement à l’émancipation du haratine et surtout à sa pleine citoyenneté; il en faudrait beaucoup plus !
Tant que demeurera le racisme anti-Noir il serait illusoire de nourrir un tel espoir .
Sans l’élimination de la discrimination raciale, érigée en Système, contre les Négro -mauritaniens ( Haratines et Négro- africains ), les Haratines, en se libérant de l’esclavage, changeraient, simplement, de type de « ghetto » ; ils auront quitté le ?’ghetto” de l’esclavage pour retomber dans celui du racisme, ni plus ni moins !.
Voilà pourquoi ils devront comprendre que la voie la plus courte pour leur libération et émancipation totale passe, nécessairement, par la fin du racisme d’Etat .
Voie toute politique, on en convient !
Cette approche, on le voit, milite, par voie de conséquence, si tant est qu’elle est bien comprise, pour un changement dans la stratégie actuelle, adoptée jusqu’ici par certains leaders Haratines, axée essentiellement sur la dimension exclusive « droits de l’homme », qui se mène comme en vase clos ! L’engagement politique militant est nécessaire, qui prendrait en charge toutes les dimensions de la lutte devant mettre fin à l’esclavage …
Ici se situe mon incompréhension à voir certains militants activistes de cette cause, se tenir en marge des chapelles politiques, comme par évitement, alors que les choses restent fortement imbriquées !
Bien entendu cet « engagement politique » ne se fera pas sans un choix .difficile, voire douloureux !
En effet cet engagement politique et militant suppose, au préalable, une clarification sur « l’identité des Haratines » !
Qui sont -ils ? Négro-africains ? Arabo-berbéres ? Une entité spéciale à part ? ou encore juste une classe sociale tout court ?
Il leur appartiendra de se définir, de déterminer leur identité ou ce qu’ils souhaitent devenir. Alors seulement se dégagerait une stratégie claire et adaptée, pour leur libération et émancipation !
Nous avons dit que ces choix ne seront pas sans douleur, ni sans passion et sans heurts, car le front Haratine n’est plus ce qu’il paraît , c’est- à -dire uni .
J’ai encore en mémoire certains propos de leaders Haratines, teintés d’une sorte de dilemme douloureux qui définit le Hartaani comme objet d’un double rejet, coincé entre « le mépris des uns et l’esclavage des autres », coincé entre« un déni de statut dans un cas, et un déni d’humanité dans l’autre », pour emprunter cette formule à quelqu’un.
J’avoue pour ma part ne pas bien comprendre ce dilemme, fondé sur des termes aux effets négatifs certains , mais dont les préjudices moraux et sociaux respectifs sont sans commune mesure, l’un de l’autre !
J’ai aussi entendu parler d’une certaine terminologie, comme de « Hartaani arabe », assumée de surcroît , que je trouve doublement absurde .
En s’identifiant au maître, l’esclave, quelque part, ne retardait-il pas ou pire, n’hypothéquait-il pas par là même, les chances mêmes de sa libération?
En second lieu, il m’avait toujours semblé que, biologiquement, l’Arabe était de race sémitique et le Hartaani nègre!
Hartaani arabe** ? Peulh arabe ? ces notions étaient pour moi un non sens, et cachaient une vaste tromperie !
J’affirme qu’il est faux de prétendre que le Hartaani « est essentiellement de culture arabe ».
Le fond culturel du Hartaani est nègre, encore une fois, fait de vestiges sur lesquels se sont déposés, progressivement, des éléments de culture arabe.
Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’habitat du Hartaani, d’observer son pas de danse rythmé par la “Taballa”, ses cérémonies festives qui rappellent étrangement celles de fin des travaux champêtres, cette manière bruyante et joyeuse de s’éclater, toute sédentaire, ces coeurs de l’Est qui vibraient au moindre grincement des cordes « noires » de Banzouman Sissoko, et j’en passe .
Ce sont là, sans aucun doute, des débris de culture négro- africaine, ensevelie sous le limon de l’apport arabo-berbère .
Le Hartaani est donc de culture hybride ; il n’est pas culturellement arabe mais « linguistiquement » arabe, comme le soutenait à juste titre quelqu’un, récemment à Flamnet. Et la nuance est de taille !
Ce fond culturel nègre est si présent chez le Hartaani, que l’intégration des Haratines en milieu négro- africain ne posait pas de problème. Cela est prouvé au Sénégal voisin, et cela a également été prouvé dans la région du Tooro où les évènements de 86 /89 ont révélé des groupes entiers insoupçonnés de Haratines qui s’étaient complétement fondus dans les populations Négro-africaines locales ; ces « Hartaanis assimilés » , se sont vus forcés de se démarquer, de s’expurger des villages sur exigence de l’Armée , afin d’éviter de se faire réprimer ou déporter .
Si l’intégration a pu être ainsi possible et même aisée dans ces milieux, c’est bien parce que le fond culturel nègre était là, enfoui dans leur inconscient collectif, qui ne demandait peut-être qu’à revivre !.
Alors, Hartaanis arabes ? Hartaanis nègres , ou « awlad hartaani » tout court ?
Quand le choix sera fait, les leaders du mouvement se devront alors d’identifier le camp des forces-partenaires ou des alliés naturels .
Il est à penser qu’ils se rangeront au coté de ceux avec qui ils partageaient cette commune discrimination profonde, cette commune oppression subie, cette commune exclusion imposée, côtoyant les forces avec lesquelles ils partageaient aussi, « cette communauté de résistance continue et de lutte opiniâtre pour la liberté et l’indomptable esperance » , pour citer Césaire .
Alliance du camp des opprimés dans leur marche pour l’émancipation et la conquête d’une pleine citoyenneté , non pas pour opprimer, à leur tour, qui que ce soit, mais pour jeter les bases d’un Etat de droit , respectueux de la dignité des uns et des autres, sans distinguo.
Une nation ne peut pas vivre moitié libre, moitié esclave, disait A Lincoln .
J’ai déjà dit que ces choix ne seraient pas sans passion, ni sans heurts.
De jeunes loups émergeaient enfin, au discours controversé, et dont la virulence du propos dérange les cercles du pouvoir, agace les figures de proue du mouvement .
Entre autres, Biram Ould Dah Ould Abeid – sorte de Malcom X des Haratines -.
Ould Abeid qui se voit accusé de précipiter la violence alors qu’il est, lui même, la victime première de cette violence exercée par ceux- là mêmes qui l’accablent aujourd’hui, et pourtant le condamnent à l’inhumaine indignité de l’esclavage !
Ould Abeid fait face, présentement, à la même situation qu’avait vécue Martin Luther King Junior, auprès des Blancs du Sud ( Etats-Unis), pendant les campagnes chaudes du “Civil rights movement”.
Je crois que Ould Abeid, tout comme Samory ( en plus timide ), tente d’une certaine manière, de s’inspirer de la méthode et des justifications du Dr King.
King rappelait, à travers une lettre écrite à partir de sa cellule de prison à Birmingham, la nécessité de ?’créer la tension?’, seule façon, disait -il, « d’amener en surface l’injustice vécue par les négros, et d’aider les honnêtes gens à se hisser au dessus de l’esclavage et du racisme, et à tendre vers la fraternité ».
Une différence essentielle toutefois entre les deux hommes, King, lui , bénéficia d’une complicité interne de taille à la maison blanche, en la personne de Lyndon B Johnson qui incita au jeu de rôle « inside-outside »*** ; circonstance favorable très éloigné de Ould Abeid, quand on sait que le « Président des pauvres » tergiversait et hésitait encore à s’attaquer aux problèmes de fond , en s’offrant quelque diversion !
King , songeur , soulignait par ailleurs sa déception à l’endroit « des Whites moderate »( Blancs modérés ) qui restaient plus dévoués à l’ordre qu’à la justice ; qui préferaient la paix négative -qui est absence de tension -, à la paix positive -ou présence de justice. Whites moderate qui, constamment, vous disent, ajoutait -il,« je suis d’accord avec vous sur vos objectifs, mais je ne puis être d’accord avec vos méthodes » !
Ces « whites moderate » sont symbolisés, chez nous, par Ould Nany et ce type de professeurs à l’image des Ould Bilal, Ould Maouloud et consort et qui sont légion …
Miské , Yehdih Bredeleil , Babaha, Mohameden Ould Babah symbolisaient le KKK !
Daddah et Jemil, eux, avancaient, masqués . mais non loin des seconds.
Ould Abeid, Samory, et tous ces jeunes loups, se devraient, je crois , de méditer cette maxime de Césaire , « une révolte qui n’est que révolte conduit à une impasse historique » !
Hartaanis arabes, Hartaanis-négro-africains ou « awlad Hartaani » tout court ?
La problématique est posée, qu’il appartiendra aux haratines de trancher !
Bara Ba – Militant FLAM- Dakar Sénégal
Le 30 Mars 2010
Notes
** Certains esprit retors se plaisent à arguer que « tous les Haratines ne sont pas noirs, et que tous les Bidhaans ne sont pas blancs » !… Nous fondons nos assertions sur l’immense majorité, et n’avons que faire de quelques rares cas d’exception isolés !
Aussi, ces quelques Bidhaans qui sont noirs de peau, se sentaient-il ou se considéraient-ils dans leur tête , comme Noirs ? certainement pas !
*** « role inside -outside » .le Président Johnson s’etait entendu secrétement avec M L King dans la distribution des rôles : King devait agiter le système de l’exterieur en lui donnant le pretexte d’apporter les changements de l’interieur !




