Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: Agora

Flamnet-Agora: réaction à l´article de Ba Mamadou Kalidou sur Flamnet par Ahmed Jiddou Aly

altJe félicite Mamadou Kalidou BA, enseignant chercheur à l’Université de Nouakchott, pour l’effort qu’il a fait  d’étudier les menaces auxquelles notre pays peut faire face. Cette étude a été publiée sur le site FLAMNET: WWW.FLAMNET.INFO Ce genre d’article ou d’étude peut servir un pouvoir responsable, soucieux de mettre en place une réponse adéquate à ces menaces à travers une politique de défense cohérente et efficiente. Il participe aussi au débat et l’enrichit dans un domaine, la sécurité, que nos intellectuels désertent malheureusement. Je n’ai pas la même lecture que l’auteur de l’article de certains évènements, particulièrement de ceux de 1989 ; je n’ai pas non plus la même appréciation des sanctions infligées aux putschistes de 1987 ; enfin je n’ai pas la même perception quant au poids démographique de chacune de nos composantes ni de leurs alliances réelles ou rêvées. Ceci dit, il y a au moins deux menaces qu’il a oubliées de mentionner et qui sont réelles. Je vais commencer par ces dernières:
1) le conflit du Sahara occidentale est en veilleuse certes mais toujours là et peut s’animer à chaque instant. Ses protagonistes sont autrement plus puissants que les rebelles touaregs et l’animosité ou même la haine que se vouent les belligérants de ce conflit est historique (Maroc d’un côté, Algérie et Polisario de l’autre). J’ajoute que deux de nos richesses que nous exploitons maintenant et qui rapportent pour le pays des revenus substantiels sont à un jet de pierre de notre frontière avec ce territoire disputé. Il s’agit du fer de Zouérate et  des installations portuaires  de Nouadhibou.

2) une catastrophe naturelle à laquelle la Mauritanie n’est pas préparée. Comme par exemple une marée noire sur nos côtes ou un gigantesque incendie d’une usine chimique ou d’un dépôt de matières inflammables, etc. Aucune préparation de la population, très peu de moyens et pas de réflexion sur le sujet.  Je ne suis pas sûr que la Mauritanie soit plus outillée aujourd’hui qu’en 2007 au moment de l’inondation de Tintane ou l’explosion d’un stock de gaz au Ksar dernièrement.

La menace la plus actuelle est celle que représente Al Qaïda.  C’est une chance qu’elle soit une menace globale, c’est-à-dire qu’elle vise toute la sous-région
et même le monde entier. La Mauritanie n’est pas la seule à la combattre. Cette menace se présente sous deux formes. La première forme est représentée par des Katibas agissants à partir d’un territoire connu, se déplaçant avec des moyens de transport ordinaires identifiés et dotés d’un armement renforcé. Le nombre des combattants de ses Katibas est évalué à quelques centaines et la base de leur recrutement est réduite et le recrutement lui-même problématique.  Pour cette aile d’Al Qaïda, la politique de défense suivie par la Mauritanie est appropriée et efficace.  La stratégie appliquée qui vise à prévenir les incursions, à tisser des rapports de bon voisinage, à former des coalitions avec les pays du front, à éloigner l’ennemi des frontières nous protège jusqu’à présent assez efficacement. Les derniers développements au nord Mali ne sont pas, à moyen terme, dans l’intérêt d’Al Qaïda. Le MNLA devient un ennemi de plus à ces terroristes.

La deuxième forme d’Al Qaïda est la plus pernicieuse,  la plus secrète, la plus difficile à combattre surtout. Ce sont les cellules internes. Depuis 2007 elles
ne cessent de se manifester soit par des opérations, soit par des attentats. Même si les forces de sécurité ont déjoué certains de leurs attentats  et fait échouer  d’autres actions, la Mauritanie reste exposée et leur menace n’a pas disparu.  La lutte contre ces cellules s’inscrit dans le long terme et les victoires ne sont jamais définitives. Une menace identifiée par Monsieur Ba et  qu’il a appelée « la cohabitation raciale et ethnique » est moins prégnante qu’avant. C’est une menace qui est née avec le pays. Elle est récurrente. Et les revendications qui la portent évoluent et changent selon les acteurs et les circonstances. Les premiers hommes politiques de la Vallée ne cherchaient que l’égalité des droits ; ceux de 66 rejetaient le bilinguisme et niaient qu’il y’eût une majorité maure ; les mouvements actuelles cherchent le partage du pouvoir. Difficile de croire que le pays est au bord d’une guerre civile comme en 1989. Le retour de la majorité des réfugiés, les prémisses d’une solution pour le passif humanitaire, le choix dernièrement de l’un des mouvements les plus irréductibles de la cause noire en Mauritanie de s’investir dans le combat politique local sont autant de signaux d’une évolution vers un climat apaisé. Le recul du gouvernement sur une grande partie des critères posés pour l’enrôlement et qui paraissaient injustes pour une partie des citoyens est la preuve que le combat politique non violent peut donner de bons résultats.  Il faut maintenant chercher à renforcer  cette tendance en créant le climat politique nécessaire pour la mise en place d’un dialogue franc en vue de s’accorder sur un Pacte National qui deviendra la base d’une cohabitation future. Dans tous les cas, il faut que tous en Mauritanie sachent que l’infériorité numérique ne doit pas signifier l’inégalité des droits.

Deux petites choses relevées dans l’article de Monsieur Mamadou Kalidou BA. La première concerne son analyse des causes de la situation au Mali. La chute du régime de Mouammar El Kadhafi n’a pas été « l’une des causes « lointaines » de la situation au Mali » mais bien la cause immédiate de cette situation ! Quand les soldats touaregs de l’armée libyenne ont vu que leur parrain tombait, ils décidèrent de se replier vers les pays voisins. L’Algérie et le Niger n’ayant pas accepté que les « fuyards » restassent sur leurs territoires, ils se rabattirent sur le nord Mali croyant que la zone était à prendre. Ils n’ont réussi jusqu’à présent qu’à donner des idées aux véritables  maîtres des lieux  (Al Qaïda et ses excroissances que sont MUJAO et Ansar Dine) qui hésitaient à franchir le pas vers une sécession.

Enfin, je me permets de rappeler à l’auteur de l’article que l’exécution des principaux auteurs de la tentative de putsch de 1987 n’est pas «  la seule fois où des Mauritaniens sont tués pour une tentative de coup d’Etat, sans doute parce qu’ils étaient noirs ». En 1981, les principaux auteurs de la tentative de prise depouvoir des Colonels Ahmed Salem et Kader le 16 Mars, s’est terminée par leur exécution en compagnie de Niang. Et seul Niang était noir !
 
Ahmed Jiddou Aly-Journaliste et ancien officier de l´armée mauritanienne.

Partagez

Flamnet-Agora: Ces graves menaces d’instabilité qui, à l’instar du Mali, pèsent sur la Mauritanie

altIntroduction

Le développement des tristes événements, ces derniers mois au Mali, et surtout les lectures qui en sont faites par de nombreux analystes m’ont conduit à me poser un certain nombre d’interrogations que je juge pertinentes. En effet, c’est sans aucun doute l’écrasante majorité des communicateurs qui semble stipuler que le « triomphe » des mouvements islamistes (AQMI, Ansar Eddine) et la victoire de la rébellion touareg (MNLA) qui ont abouti à la proclamation de l’indépendance du Nord-Mali sous l’appellation de l’Etat de l’Azawad ont été possibles à cause du laxisme du régime d’Amadou Toumani Touré. Tout en reconnaissant que la chute du régime de Moamar El Khaddafi engendrée par l’intervention militaire de l’OTAN, sous l’égide des Nations Unies, a été l’unen des causes « lointaines » de la situation au Mali, les mêmes commentateurs ajoutent que ces seules causes ne sont pas suffisantes, puisqu’au Niger, en Mauritanie et en Algérie, les mêmes effets qu’au Mali (rébellion), n’ont pas été enregistrés. Ainsi, à en croire ces analystes, si le Mali s’est retrouvé dans cette situation, c’est uniquement de la faute des Maliens, en l’occurrence de l’ancien pouvoir d’Amadou Toumani Touré ; que les risques pour les pays limitrophes sont minimes. De ce point de vue, la Mauritanie – puisqu’elle combat activement contre le terrorisme – ne peut en aucune manière se retrouver dans une situation similaire. Mais ces allégations sont-elles rationnellement fondées ? Le caractère offensif et apparemment équipé et structuré de l’armée mauritanienne est-il une garantie suffisante de prévention contre toute instabilité ? Rien n’est moins sûr lorsqu’on évalue objectivement un certain nombre de risques.

1. L’état des lieux

La situation de crise multidimensionnelle que vit la Mauritanie d’aujourd’hui est censée interpeller, non seulement les Mauritaniens, mais aussi toutes les grandes puissances soucieuses de la paix et de la stabilité du monde. En effet, tant par sa position géographique que par sa configuration démographique, la Mauritanie occupe naturellement une place stratégique dans la géopolitique de la sous-région ouest-africaine.

Vaste zone tampon entre l’Afrique noire (Sénégal, Mali) et le Maghreb arabe (Algérie, Maroc), le pays s’étend sur 1 039 000 km carré dont plus des deux tiers sont désertiques. Il s’agit d’une étendue de sable réfractaire à l’épanouissement de toute vie humaine, de sorte que la densité démographique y avoisine un (1) à deux (2) habitants au km carré. C’est pourquoi cette grande partie du territoire, peu fréquentée, est privilégiée par des groupes de malfaiteurs de tous genres (extrémistes islamistes, cartels de drogue) qui ne ménagent aucun effort pour en faire leur bastion. Quand on sait que cette bande saharienne du territoire mauritanien est naturellement prolongée d’une part dans le territoire malien, et d’autre part jusqu’en Algérie, il devient alors plus aisé d’imaginer l’ampleur des enjeux en rapport avec la maîtrise de ces espaces immenses

 
1.1. Facteurs exogènes

Il pèse sur la Mauritanie deux menaces extérieures d’instabilités graves : la présence au sein du territoire malien de 5000 à 10 000 réfugiés négro-mauritaniens qui se sont inscrits dans les liste du HCR pour rentrer dans leur pays et que les autorités mauritaniennes actuelles s’évertuent à nier alors même que Sidi Ould Cheikh Abdallahi (renversé par le putsch du 06 Août 2009) avait reconnu officiellement l’existence de ces réfugiers. Rappelons que la présence de ces réfugiers au Mali date de 1989 où le régime anti-noir de Mouawiya ould Sid’Ahmed Taya (actuellement réfugié au Qatar) a déporté et chassé plus de 120 000 Mauritaniens de race négro-africaine avant de s’adonner, à l’encontre de la même communauté, à une véritable tentative de génocide. Grâce au Président Sidi, une bonne partie de ces anciens déportés au Sénégal sont rentré à la suite de l’accord tripartite signé entre l’Etat du Sénégal, le HCR et la Mauritanie en 2008.

L’opération de retour qui devrait également concerner les 10 000 réfugiers du Mali, à été brutalement interrompue par le Président Aziz qui ne l’a jamais souhaitée en réalité. Aussi, ces réfugiers qui désespèrent de rentrer chez eux seraient bien tentés de prendre des armes pour reconquérir leurs terres et leur citoyenneté mauritanienne. Ils sont d’ailleurs encouragés en cela par la situation d’anomie dans laquelle se trouve leur pays d’accueil (absence d’autorité de l’Etat au Mali) et surtout la réussite de la rébellion touareg. Pourquoi pas nous, pourraient-ils se dire ?

La deuxième menace est sans aucun doute la plus importante. Il s’agit du danger que constitue Al Qayda au Maghreb Islamique (AQMI). En effet, depuis 2007, un noyau d’extrémistes salafistes originaires pour l’essentiel d’Algérie, précédemment appelés Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) a prêté allégeance à l’internationale Alqayda pour devenir sa section opérante au Maghreb d’où leur nouvelle dénomination d’AQMI. Leur première action d’éclat contre la Mauritanie a été l’assassinat de touristes français, en 2007, aux alentours d’Aleg (ville située à 250 km à l’Est de Nouakchott, la capitale).
Depuis, cette organisation terroriste s’est renforcée à la foi en moyens humains (recrutement dans les banlieues de Nouakchott, d’Alger…) qu’en équipements militaires (véhicules Tout-terrain neufs, fusils mitrailleurs, lance-roquettes…) grâce aux fonds perçus ça et là comme rançons de
ressortissants européens souvent pris en otage.

L’armée mauritanienne fait ce qu’elle peut pour anéantir cette organisation, mais la grande mobilité de l’ennemi sur un territoire grand comme presque deux fois la France rend sa tâche presque impossible, eu égard à la proportionnalité des forces en présence. Aujourd’hui encore AQMI reste une menace sérieuse, tant directe (possibilité d’attentats, prise en otage de ressortissant occidentaux) qu’indirects (instabilité dans la sous-région) pour la Mauritanie.

1.2. Facteurs endogènes

Il existe au moins trois  principaux facteurs internes qui, même pris séparément, sont  chacun, suffisants pour plonger la Mauritanie dans une instabilité sans précédent dont elle aura du mal à se relever. Ces facteurs – que nous allons citer par ordre de dangerosité – sont le crucial problème de la cohabitation raciale et ethnique, la crise du jeu démocratique, et enfin la position et le poids de l’armée nationale dans les institutions de la république.

–       La cohabitation raciale et ethnique

Le non traitement du problème de la cohabitation constitue de loin la plus grande menace historique interne que traverse la Mauritanie. En effet, depuis 1960, année de l’accession du pays à la souveraineté internationale, la Mauritanie est minée par l’incapacité dont firent preuve les différents régimes qui se sont suivis à sa tête quant à se positionner à équidistance par rapport à ses composantes nationales. Car de par sa configuration démographique, la Mauritanie est composée d’une majorité raciale noire (Hratines[1], (autour de 40%) Peuls, Soninké et Wolof (autour de 40%, communément appelés
Négro-africains) et d’une minorité arabo-berbère (autour de 20%)[2]. Toutes les communautés noires sont confrontées à une discrimination qui se traduit par un déni d’humanité pour une partie des Hratines, encore aujourd’hui soumis à l’esclavage, et un déni de citoyenneté pour les Peuls, les Soninkés, les Wolofs et l’autre partie des Hratines libérée du joug esclavagiste.

Ces très graves discriminations (Racisme et esclavage) se sont traduites dans l’histoire lointaine et récente de la Mauritanie par des soubresauts qui, à chaque fois, ont creusé davantage l’écart entre les composantes nationales mauritaniennes.
En 1986, le Manifeste du Négro-mauritanien opprimé publié par les Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM)[3] aboutit à l’arrestation et l’incarcération de toute l’élite progressiste négro-africaine ; en 1987 une tentative de putsch attribuée à des officiers négro-africains se termine par l’exécution de trois d’entre eux (ce fut la seule fois où des Mauritaniens sont tués pour une tentative de coup d’Etat, sans doute parce qu’ils étaient noirs). En 1989, le pouvoir mauritanien de l’époque (dominées par le courant Nassériste et Batthiste) entreprend d’amputer à la Mauritanie sa composante noire d’abord en déportant et chassant plus de 120 000 Négro-africains, avant de s’adonner à l’extermination de ceux qui sont restés. La dernière grande opération sanguinaire a été l’exécution de 500 officiers et sous-officiers noirs en 1991 avec une pique jamais égalée : la pendaison de 28 militaires d’entre eux, la veille du 28 novembre 1960 pour « célébrer funestement » l’indépendance de la Mauritanie. Plus récemment, la lutte négro-africaine, après une longue période « d’hibernation », à l’intérieur du pays, a connu une recrudescence aiguillonnée par quelques discours racistes prononcé par les membres de l’actuel gouvernement sur le poids et l’importance accordés aux langues mauritaniennes mais encore et surtout par les débuts d’exclusion de cette même communauté dans les enrôlements sensés sécuriser par la biométrie l’état civil mauritanien. Constatant l’orientation exclusionniste que prenaient ces enrôlements (rejets massifs de la composante négro-africaine) plusieurs organisations à caractère politique ou non se sont regroupées au sein d’un collectif dénommé « Touche pas à ma Nationalité »[4] entamant ainsi une série de manifestations pour exiger l’enrôlement de tous.
Par ailleurs, le même collectif réclame également l’introduction dans le système éducatif des langues poular, wolof et soninké dans le système éducatif.

Parallèlement à la lutte des Négro-africains (Peuls, Soninkés et Wolofs) pour la reconquête totale de leur citoyenneté, c’est-à-dire de l’égalité avec les Arabo-berbères, lecombat des Hratines contre le déni d’humanité a été peut-être moins sanglant, mais certainement pas moins douloureux. Les militants de SOS Esclave[5] et plus récemment de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA)[6] ont souvent séjourné en prison, subi des tortures et humiliations de toutes sorte à l’instar de leurs frères négro-africains.

Aussi, depuis 2010, il est rare qu’un mois se passe sans que l’actualité ne signale des heurts entre les militants – toujours plus nombreux – antiracistes et
anti-esclavagistes et les forces de l’ordre dans la capitale mauritanienne. Il suffit d’ailleurs de se promener dans Nouakchott pour se rendre compte, par
l’omniprésence des forces de l’ordre, que le pays est sous haute tension.

–       La crise dans le jeu démocratique.

Comme si la situation n’était pas suffisamment compliquée avec les graves problèmes de cohabitation, la crise du jeu démocratique vient s’y ajouter accroissant ainsi les risques d’instabilité. Après l’échec des négociations entre la majorité présidentielle et une partie de l’opposition démocratique (RFD, PLEJ, UFP …), cette dernière ne cesse de faire monter la tension en invitant à ses partisans à renverser le pouvoir par une descente massive et permanente dans la rue, à l’instar que ce qui s’est passé dans les pays arabes. La dernière sortie de l’opposition aurait réuni près de 30 000 personnes, du jamais vue
auparavant en Mauritanie. En réalité la stratégie de l’opposition semble être d’harceller le régime d’Aziz pour le pousser à commettre des erreurs et
justifier ainsi l’exécution d’un nouveau coup d’Etat par une partie de l’armée.
N’a-t-on pas entendu un certain nombre de leaders de l’opposition appeler ouvertement à un putsch contre Aziz ? En outre c’est un secret de polichinelle que de savoir qu’Ely Mohamed Vall, le tombeur de Maouya devenu opposant d’Aziz, compte toujours des amis haut placés dans l’appareil sécuritaire de l’Etat. Tout porte à croire que cette tension ira en s’amplifiant puisque, ni cette opposition, ni le pouvoir ne semblent vouloir laisser du lest. Il ne serait même pas exagéré d’affirmer que par les temps qui courent, la Mauritanie n’est pas à l’abri d’un coup d’Etat imminent. La situation délétère que l’on connait dans la capitale ces dernières semaines, est très analogue à celle qui prévalait en 2009 lorsque Mohamed ould Abdel Aziz se préparait à faire son putsch contre Sidi ould Cheikh Abdallahi.

–         La position de l’Armée.

Si face à la menace du terrorisme islamiste, l’institution des Forces armées et de sécurité constitue une grande partie de la solution, il n’en demeure pas moins qu’au point de vue de l’instauration et de la consolidation de la démocratie, ellereste un frein sérieux. En effet, depuis la prise du pouvoir par l’armée le 14 juillet 1979, elle n’a en réalité jamais consenti à retourner définitivement dans ses casernes. Les militaires tiennent soient à gouverner directement
(régimes de Khouna ould Haydalla, celui de Maouya ould Taya, la transition d’Ely ould Mohamed Vall et enfin celui de Mohamed ould Abdel Aziz) soit
indirectement  Et lorsque le pouvoir civil élu démocratiquement s’exerce souverainement, refusant ainsi d’être une marionnette entre leurs mains, l’élite militaire n’hésite pas à mettre un terme au jeu démocratique en orchestrant – comme à ses habitudes – par coup d’Etat.
Ce fut exactement ce qui s’est passé en Août 2008 lorsque l’Armée, avec à sa tête l’actuel locataire du palais gris, déchut Sidi ould Cheikh Abdallahi, le
seul Président démocratiquement élu et qui comprit réellement les enjeux vitaux du problème de la cohabitation intercommunautaire en Mauritanie.

Les coups d’Etat étant devenus une tradition dans ce pays, il n’est pas étonnant que la moindre querelle dans la hiérarchie de l’armée se traduise par un nouveau putsch. C’est d’ailleurs ce qu’à compris l’opposition actuelle qui fait tout pour, d’une part créer une situation d’instabilité pour justifier un coup d’Etat et d’autre part inciter insidieusement une partie de l’armée à renverser le pouvoir en place.

Conclusion

On voit bien au terme de notre analyse que la Mauritanie est bien plus en danger que ne semblent s’en apercevoir bien des observateurs. Aussi, en ce moment, la pertinente question est celle de savoir si l’actuel Président Mohamed ould Abdel Aziz est suffisamment outillé pour parer aux graves dangers qui menacent organiquement la sécurité du pays. Difficile de répondre par une simple affirmative ou négative à cette interrogation.

Toutefois, en considérant, d’une part les actes posés ça et là par l’homme, son mode de gouvernance caractérisé par un exercice à la fois absolutiste et individuel du pouvoir, il est permis de douter raisonnablement sur ses capacités à sauver la Mauritanie des grandes tensions, en tout cas de l’instabilité institutionnelle du moins de l’implosion.

Parmi les éléments qui corroborent à cette inquiétude, on peut citer d’abord son incapacité à faire l’égalité entre les composantes raciales et ethniques et à combattre efficacement l’esclavage qui se traduit par l’identification de plus en plus partagée des communautés hratines, peules, soninkés et wolofs à un destin commun de race opprimée, malgré les différences de langues et de cultures.

Ensuite son incapacité à promouvoir un dialogue inclusif pour s’entendre avec toute l’opposition sur le minimum, et réussir ainsi à ramener à l’intérieur le calme et la sérénité nécessaires pour pouvoir de consacrer plus efficacement à la lutte contre le danger extérieur représenté par AQMI, Ansar eddine et autres menaces aux frontières.

C’est pourquoi, si la communauté internationale (notamment la France et les USA) qui a déjà exprimé ses vives inquiétudes quant à la situation qui prévaut au Mali, a intérêt à ce que l’instabilité ne s’étende pas à la Mauritanie, elle doit alors d’ores et déjà user de toute son influence pour que le gouvernement de Mohamed ould Abdel Aziz prennent les devants et ouvre un débat national tant sur le problème de la cohabitation que sur celui de la refondation effective de la démocratie. Il semble que plutôt que d’attendre l’éclatement des conflits pour jouer aux pompiers, elle gagnerait à œuvrer dans le sens de la prévention de ces conflits.

Dr Mamadou Kalidou BA

Enseignant-chercheur à

l’Université de Nouakchott

Mauritanie. www.flamnet.info


[1] Les Hratines sont racialement noirs, linguistiquement hassanophones (langue
arabo-berbère) et culturellement hybrides (sédiment culturel négro-africain et
apparence arabo-berbère. Cette communauté comporte les Esclaves et anciens
esclaves.

[2]
Jusqu’au jour d’aujourd’hui, il n’existe pas de statistiques basées sur un
recensement démographique précis. Les chiffre que l’on retrouve à l’Office
National des Statistique chiffrant notamment les Négro-africains à 16%
correspondent à une estimation faite sous l’ère de Maouya ould Taya dont le
régime est connu pour son extrémisme anti-négro-africain.

[3] Dont le leader charismatique est Samba Thiam, aujourd’hui encore réfugié aux USA
avec de nombreux militant de cette organisation

[4] Parmi les Organisations membres, on peut citer : l’Initiative Mauritanienne pour
l’Egalité et la Justice ‘IMEJ), Fede jokere endam, (groupe pour la bienfaisance
et la concorde) Conscience Citoyenne (CC) et des Individualités venant de
plusieurs partis politiques.

[5]
Toujours dirigé par l’infatigable Boubacar ould Messaoud ; Messaoud oul
Boulkheir, l’actuel Président de l’Assemblée nationale aussi a été membre
fondateur de SOS-Esclave et reste toujours militant de cette cause.

[6]
Organisation dirigée par Biram Abeid ould Dah, en ce moment même en prison pour
autodafé d’ouvrages d’interprétation islamique qui cautionnent l’esclavage.

Partagez

Flamnet-rétro: Ils veulent solder nos souffrances !!!

altLa démocratie doit-être la chose la mieux partagée si l´on ne veut pas rester dans des voeux pieux. Nous avons revendiqué la démocratie en Mauritanie en exigeant, depuis des décennies, une égalité de droits et de devoirs pour tous les citoyens. La dénonciation des oppressions culturelles, économiques et politiques nous a valu d´être la cible de la plus grande répression dans l´histoire politique de la Mauritanie. Et nous avons toujours continué de revendiquer une Mauritanie de tous les Mauritaniens. On ne peut douter de notre volonté. Mais à quelles conditions?A écouter certains de nos compatriotes, on est frappé par leur volonté à vouloir solder nos souffrances, nos morts et nos droits. Comme certains marchands, ils veulent vider l´abcès comme on vide les stocks.

 

Partagez

Midas, ou le paradigme de la cécité mauritanienne

altConnaissez-vous l’histoire du roi Midas?

C’est ce roi de Phrygie (VIIIème siècle avant JC) qui avait reçu de Dionysos le pouvoir de transformer tout ce qu’il touchait en or. Appelé à arbitrer un concours de musique entre le satyre Marsyas, joueur de flûte et Apollon, qui joue de la Lyre, il proclame Marsyas vainqueur, alors que les Muses, également juges, préfèrent Apollon au satyre. Pour punir cette injustice, Zeus fit pousser à Midas des oreilles d’âne. Pour dissimuler sa difformité, le roi Midas se fit coudre un bonnet spécial. Nul dans le royaume n’osait parler de sa difformité. Nul ne le voyait découvert. Mais un jour, il eût besoin des services d’un barbier, et se trouva alors dans l’obligation d’enlever son bonnet. Le service terminé, le barbier s’en alla. Il n’osa parler à personne de ce qu’il venait de voir. Mais pour se soulager la poitrine d’un si lourd secret, il alla jusqu’à l’orée du village et là, aux abords du sentier, il creusa un trou profond, s’y pencha et répéta trois fois: « Le roi Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! ». Il referma le trou et s’en alla. A la saison des pluies, des roseaux poussèrent à l’endroit, et à la saison sèche, à la faveur des vents, les roseaux se frottaient entre elles et laissaient entendre bruyamment dans l’air cette terrible vérité qui faisait se boucher les oreilles les plus peureux du royaume: « Le rois Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! »

Si j’ai choisi de vous conter cette légende que vous connaissez sans doute, c’est pour en conclure cette belle phrase de Thalès, fort éloquente aujourd’hui pour le cas mauritanien: « Le Temps est plus sage que toutes les choses, car il finit toujours par découvrir la vérité ». Et c’est précisément contre ce Temps, têtu et coriace que tentent de lutter ceux comme Ely Ould Mouhamed Vall et Mouhamed Ould Abdel Aziz, qui sont détenteurs des lourds secrets d’une terrible époque. Or cet entêtement à vouloir braver le temps conduit forcément à des bégaiements sémantiques.

Quand un président en exercice fait de la délation en pointant du doigt de présumés (par lui) criminels sans jamais les nommer, oubliant même au passage que c’est lui qui a le pouvoir de les remettre entre les mains de la justice, c’est qu’on est en plein bégaiement de sens. Monsieur le Président, vous ne pouvez pas jouer ainsi avec une communauté en souffrance. Vous devez aux familles de victimes la vérité qui les apaisera, et aux mauritaniens, celle qui les réconciliera. Nous n’avons que faire des bouts de phrases lâchés comme tirs d’intimidation à l’endroit de vos adversaires politiques, ni des manifestations sur commande pour gêner ou intimider votre cousin ennemi avec qui vous avez en partage la lourdeur des grands secrets de la République. La seule chose qui nous importe, c’est la vérité qui remettra la nation en dynamique de retrouvailles, donc de réconciliation. Alors, organisez la manifestation de cette vérité. Vous en avez les moyens et l’impérieuse obligation, sous peine de suspicion d’implication, ou tout au moins, de complicité!

Quand un ancien chef des renseignements explique, pour se justifier de propos qu’on lui aurait prêtés, que lors des douloureux événements de 1989, le rôle de ses services « consista uniquement au contrôle de nationalité », (entendez de ceux qui ont été déportés), pensant ainsi se dédouaner, on est là aussi en plein bégaiement de sens. Cher Ely ould Mouhamed Vall, il n’a pas certainement du vous échapper après interview, que si vous assumez le travail d’enquête de vos services, vous ne pouvez qu’en assumer et les conclusions (la négation de la mauritanité des déportés), et les conséquences directes de ces conclusions: la déportation de dizaines de milliers de mauritaniens au Sénégal et au Mali. Vous ne pouvez même pas ne pas assumer du coup, les multiples dérives qui ont vu, le long de la vallée ou j’ai grandi, des personnes destinées à la déportation finir par être violées ou exécutées. Ce à quoi vous cherchez à échapper n’est pas dupe; car il s’agit de l’Histoire. Celle-là même à laquelle vous avez demandé de présenter ses excuses à votre place… Drôle d’esquive!

L’un comme l’autre, sachez que vous ne pourrez pas éternellement fuir ce débat dont vous savez pertinemment qu’il est le seul à pouvoir refonder notre contrat républicain sur des bases saines. Chercher à le gérer par la vacuité, ne démontre rien d’autre que la pauvreté de votre vision de l’avenir de ce pays, et d’une certaine manière, votre incapacité à lire l’Histoire. Et nous savons tous ce qui arrive à ceux qui ne savent pas lire le sens de l’Histoire…

Bocar Oumar BA

Partagez

Ely Ould Mohamed Vall , persiste et signe à travers une mise en scène cynique !

altAprès avoir été avec loyauté et beaucoup de zèle, le Directeur de la Sûreté nationale d’Ould Taya, Ely est en train de se donner bonne conscience, en s’attaquant au régime de Mohamed Ould Abdoul Aziz.

La frustration d’Ely quant à ses ambitions présidentielles ne nous intéresse guère, encore moins la lutte fratricide que se livrent les deux rivaux. Ce qui nous intéresse, par rapport à l’exigence de justice et de réparation, c’est la traduction de l’ancien patron de la police devant une juridiction nationale ou internationale pour répondre du crime de génocide.

Il est curieux de constater que des hommes, qui ont occupé les plus hautes responsabilités fassent preuve d’une lâcheté incroyable. La contribution d’Ely comme Directeur de la Sûreté nationale fut décisive dans les arrestations, les interrogatoires, les tortures à mort, les exactions et les déportations, durant près d’un quart de siècle de règne de la dictature tribale, raciste et esclavagiste d’Ould Taya. Si avec tous les crimes qu’il a commis, Ely entend jouer à la victime, c’est qu’il est convaincu, en âme et conscience, qu’il répondra un jour ou l’autre de son vivant à ces crimes odieux et inqualifiables.

Encore une fois, il convient de s’interroger sur l’humanité de ces hommes dont la puissance de mort, d’humiliation pose la question de la nature du régime d’Ould Taya qui a dirigé notre pays durant les années de Terreur absolue, avec comme principaux acteurs : Ely ould Mohamed Vall et Djibril Ould Abdellahi. Il y a, assurément, au sein de la police, de l’armée, de la gendarmerie, de la garde nationale, de l’administration et de la magistrature, des hommes qui ont pris une part de responsabilité considérable, mais les deux hommes cités sont les grands artisans qui ont agi auprès de l’architecte du racisme d’Etat qu’a été Ould Taya. C’est dire que ce n’est pas une question d’orchestration ou de mauvaise interprétation des propos d’Ely, mais une indignation relative au déni de réalité qui vient renforcer un déni d’humanité qui a été opérationnel. Ce n’est pas une question de maîtrise de la langue, française, arabe ou nationale, mais une question de mépris et d’irresponsabilité quant au fait de ne pas assumer des crimes commis par un personnage important de la machine à anéantir des êtres humains dont le tort est la couleur de leur peau.

Il ne s’agit pas de faire des débats sur la réalité ou non de la responsabilité criminelle d’Ely, mais de décence par rapport aux rescapés militaires, aux orphelins, aux veuves et aux populations africaines noires mauritaniennes, aux autres Mauritaniens non victimes, mais profondément blessés par ce génocide en attente de reconnaissance et de justice. Une politique inhumaine, raciste et barbare a été menée en Mauritanie de 1986 à 1992 de manière intense et s’est poursuivie autrement jusqu’en 2005 avec la chute d’Ould Taya. Ce régime n’a pas pris fin jusqu’en 2007 avec ce fameux CMDJ dont Ely a assumé la présidence sous le contrôle d’Ould Abdoul Aziz avec ses amis en attente de légitimité. Ce régime qui a joué les prolongations avec l’élection de Sidi Ould Cheikh Abdellahi.

Durant la période de transition, Ely n’a pas su impulser une dynamique de réconciliation nationale du fait de leurs responsabilités criminelles non assumées. D’autres criminels, coupables comme lui, continuent à se promener tranquillement et à tenir des propos négationnistes. Il n’y a pas eu de rupture dans la mesure où, Ould Abdoul Aziz, son successeur militaire n’est pas disposé à respecter ses engagements.
Il y a une forme de fuite en avant victimaire qui prouve un manque de courage et un cynisme non assumé. La Mauritanie souffre de ce phénomène qui est profond : le déni de la réalité. Ely s’est permis tous les crimes ignobles, horribles, mesquins et atroces contre la communauté africaine noire et il ne semble douter un tant soit peu de cette réalité, mais il ne veut surtout pas en entendre parler. Malheureusement pour lui, les temps ont changé. La roue de l’Histoire a tourné. L’heure des bourreaux a sonné, celle d’Ely comme celle de Taya. On ne peut pas effacer l’avoir eu lieu des faits. La méchanceté, quand elle s’accomplit sous le mode de la destruction des vies laisse des traces indélébiles et irréversibles. La folie et le délire de la puissance de mort des années de la toute puissance au service de la barbarie ont piégé Ely, l’ancien redoutable patron de la police mauritanienne. Ceux qui ont mis leur pouvoir au service du mal devront répondre et Ely en fait partie.

Les crimes commis finissent toujours par rattraper leurs auteurs. La question n’est pas dans les délais, mais elle est dans les rapports de force et les enjeux. Pour le moment le président mauritanien est en train de distraire le monde avec la question du terrorisme dans le Sahel pour ne pas faciliter la poursuite du travail de la justice internationale par rapport aux crimes de génocide. Ould Abdoul Aziz devra un jour s’expliquer sur l’obstruction de ce dossier. Mais il ne pourra pas rester longtemps sans se positionner. Autrement, il induit une innocence douteuse ou une part de responsabilité à explorer. Nous surveillons sérieusement Ould Abdoul Aziz, mais nous ne permettrons pas à Ely de vouloir semer le doute ou entretenir l’amalgame. Ely doit répondre des crimes de génocide, il doit s’expliquer devant une juridiction nationale ou internationale. La question de sa responsabilité ne se pose pas. Quant à sa sensibilité humaine, nous la mettons radicalement en doute au vu des faits et des tentatives désespérées du déni de sa responsabilité. Décidément le cynisme d’Ely Ould Mohamed Vall n’a pas de limites. Les victimes ne sont pas des victimes, mais les bourreaux sont devenus des victimes. Quel mépris de l’Humanité et de la dignité humaine des victimes, des orphelins, des veuves, de toute une communauté et de tout un pays ? Ely répondra devant le Tribunal Pénal International (TPI). C’est ce qu’il mérite.

En attendant, s’il peut soutenir une confrontation avec les militants pour l’avènement d’une société mauritanienne débarrassée du racisme, de l’esclavage, de l’injustice, de l’impunité et du mensonge, il est le bienvenu. Mais qu’il sache que cette Mauritanie ne se fera pas sans le devoir de mémoire et l’exigence de justice qui passent par la traduction des criminels comme Ely Ould Mohamed Vall devant la justice pour répondre des crimes de génocide dont ils sont pleinement responsables. Le courage et le sens de la dignité seraient pour nos responsables criminels comme Ely de reconnaître publiquement leurs crimes et de nous expliquer ce qui s’est effectivement passé afin que nous puissions nous libérer de ce traumatisme et d’entamer le travail de deuil, et de nous inscrire dans une perspective d’apaisement. L’avenir de la Mauritanie en dépend ; le malheur et les souffrances de la communauté noire ne peuvent être occultés au profit de querelles ridicules et minables.

La confrontation entre deux hommes aux ambitions démesurées est une mise en scène qui ne nous intéresse pas. Ely doit savoir raison gardée, après un règne cynique et barbare. La charge qui pèse sur lui s’alourdira du déni de réalité qu’il est en train d’ajouter au déni d’humanité qui a caractérisé sa contribution au pouvoir mortifère d’Ould Taya.

SY Hamdou Rabby
Philosophe
Paris-France
 

Partagez