Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Mariame Kane la grande combattante de liberté rend hommage aux FLAM

altGoonga weeli Allah !!! Les Flam nous ont permis à découvrir les atrocités que le système avait comme programme contre notre communauté. Nous n’oublierons jamais !

30 ans de lutte contre l’injustice, le racisme et l’inégalité des races ! Il faut être constant et déterminé pour résister 30 longues années. D’autres ont laissé tomber ( ça fait partie de la politique ) et d’ autres ont trahi tout bonnement . Quelques soient les erreurs faites de part et d’autres, les Flam sont toujours présentes. Joyeux anniversaire et je vous souhaite des années d’existence encore et encore jusqu’à l’élimination complète de l’Apartheid en Mauritanie . LLC !

Mariame Kane-Présidente de l´Association des femmes mauritaniennes du fleuve en France (AFMAF).

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Nouvelles d’ailleurs : Amnésie collective par Mariem Mint Derwich

alt    29 Mai 1993 : une loi d’amnistie est votée par les parlementaires, loi qui interdit toute poursuite à l’encontre « des membres des forces armées et de sécurité auteurs de délits qui ont rapport avec les évènements qui se sont déroulés au sein de celles ci et qui ont entraîné des opérations armées et des actes de violence pour la période allant du 1er Avril 1989 au 18 Avril 1992 ».
La loi accorde aussi l’amnistie pleine et entière aux citoyens mauritaniens auteurs d’infractions suite aux actions armées et à des actes de violence et d’intimidation entrepris durant la même période…..
« Toute plainte sera classée sans suite ».
Rideau judiciaire sur ce que l’on qualifie poliment de « passif humanitaire », rideau sur les morts, les exécutés, les actes de torture, les disparitions, les viols, les destructions, les chasses à l’homme, les purges au sein de la Grande Muette et de la Fonction Publique. Rideau sur les années de braise qui ont vu toute une frange de la Mauritanie, la communauté négro-mauritanienne, être accusée de tous les crimes.
Des centaines de morts, des centaines d’hommes torturés à Inal, Jreïda…., des centaines de fosses communes, des cadavres jetés à la mer, des hommes rendus à leurs familles estropiés, des centaines d’orphelins, des centaines, des milliers de déportés, des centaines de militaires arrêtés à leur travail, embarqués de force, emprisonnés, soumis à des actes de barbarie, à l’innommable….
Des hommes émasculés, des hommes écartelés entre des jeeps, des hommes pendus, des hommes battus, des hommes brûlés, écorchés, tabassés, massacrés….
Il est utile de rappeler ces faits à l’heure où l’homme de la rue semble plus préoccupé par les péripéties de l’histoire de désamour entre notre président et son ex argentier et où l’opinion publique défile pour soutenir Bouamatou.
Samedi avait lieu la marche contre la loi d’amnistie de 1993, marche organisée par l’AJD/MR et soutenue par quelques associations (FONADH, COVIRE, TPMN, IRA, mouvement du 25 Février, PLEJ, ODH….).
Et, comme d’habitude, a participé à cette marche la communauté négro mauritanienne, quasi exclusivement.
Point de partis politiques d’opposition, point de raz de marée pour réclamer l’abrogation de cette loi de l’impunité.
L’Homo Mauritanicus semble plus prompt à manifester pour la Palestine ou pour Bouamatou que pour la justice.
Comme si l’exigence de justice n’avait qu’une couleur, celle de la peau et ne concernait pas les « blancs » de Mauritanie…
Y aurait-il donc des citoyens de seconde zone chez nous?
Apparemment oui : les malheurs des communautés noires ne pèsent visiblement rien face aux « tracasseries » fiscales d’un Bouamatou sur puissant, ancien soutien du président actuel et homme le plus riche de Mauritanie.
Imaginons un instant, un tout petit instant, que ce soit les communautés maures qui aient été les victimes des exactions et pogroms des années noires. Imaginons un tout petit instant que telle ou telle tribu ait été victime de déportations, de massacres et de tortures. Nous aurions vu se mettre en branle la solidarité tribale, les sit in, les manifs, les grandes messes féodales, femmes hystériques en tête des cortéges. Toute la Mauritanie de la bonne conscience aurait crié au scandale, le Parlement se serait enflammé….
Oui, imaginons l’indignation vertueuse, vertueuse comme celle que l’on voit aujourd’hui se développer pour soutenir Bouamatou…..
Certaines vérités ne sont pas bonnes à dire chez nous.
Par exemple de dire que nous vivons dans une société de racisme banalisé qui se pare de voeux pieux. Que nous vivons dans une société qui « gradue » les impératifs de souffrance et de protestation et où le sort d’un palestinien est meilleur que celui d’un citoyen noir de notre belle république….
Amnésiques nous avons été; amnésiques nous sommes.
Nous tentons de construire une nation sans expurger le passé; nous avons érigé l’impunité comme instrument de concorde nationale.
Nous avons accepté que les bourreaux, les tueurs, les assassins vivent libres sans avoir à répondre de leurs crimes contre l’humanité.
Quand un misérable voleur de portable est condamné à la prison, un violeur ou un tueur est dehors.
Les victimes les rencontrent tous les jours, ces bourreaux blanchis par une république schizophrène qui, en 1993, tout en reconnaissant les exactions, décidait que la paix ne pouvait passer que par l’effacement de l’ardoise.
Souvenez vous du retour rocambolesque du capitaine Ely Ould DAH, mis en examen en France en 1999 pour tortures et actes de barbarie, et qui fut accueilli en grande pompe, après avoir profité de sa libération sous contrôle judiciaire pour s’enfuir, à l’aéroport de Nouakchott par le chef d’Etat major et reçu par Taya…..Le déni de justice jusqu’au bout…..
Il y a bien quelque chose de pourri dans notre royaume : cette faculté que nous avons à nous cacher les yeux pour ne pas voir, à nous boucher les oreilles pour ne pas entendre, à préférer toutes les causes internationales plutôt que de se battre pour les causes nationales, à applaudir au recensement de sahraouis et de touaregs en ignorant certains de nos concitoyens négro mauritaniens niés dans leur mauritanité,
Quelque chose de pourri, jusqu’à la nausée des dénis et des manquements humains.
L’histoire a prouvé qu’elle rattrape toujours les peuples…..
Apparemment nous on s’en fiche….
Pauvre Mauritanie de l’amnésie collective, de la discrimination, du racisme feutré…..
Pauvres de nous incapables d’être justes.
D’être des hommes tout simplement.

Mariem mint DERWICH- LE CALAME

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FLAMNET-AGORA: Quand le vent se lèvera par Bâ Kassoum Siddiki

altUsure, temps qui passe, gestes d’oubli dans le quotidien d’une banalisation n’ont fait que renforcer l’effervescence protestataire. D’Inal au Parvis des Droits de l’Homme à Paris, les voix et les marches résonnent encore d’hommage. Les consciences se sont aiguisées contre les commémorations fictives, le détournement des pardons, le déni de justice. C’est que l’hybris fut atteint, dans une stupéfaction dont nous ne sommes jamais relevés : des hommes comme offrande dans une profanation inédite des préceptes de l’Islam. Ils étaient vingt huit. Condamnés à mourir dans la nuit du 27 novembre 1990, à la veille de la fête de l’indépendance de la Mauritanie. Ils avaient la possibilité de parler, d’accuser, pour sauver leur vie mais ils se sont tus. Ils n’élevèrent aucune plainte qui puisse abdiquer leur dignité. Ils n’ont ni crié ni courtisé leurs geôliers et bourreaux. Dans le bruit de leur ombre, leur silence clamait l’extrême grandeur de leur humanité. Résistance de la victime amplifiée par la voie sacrée de l’innocence qui enragera les milices et les commis de la mort. Ils étaient simples soldats qui, dans une ultime épreuve, ont choisi la perspective : ne pas faiblir devant l’ennemi. Dans la souffrance contenue de leurs supplices, ils affirmèrent une éthique, celle qui dit non à la mécanique meurtrière d’un racisme d’Etat. Ils ne demandèrent ni pardon ni n’avouèrent, étouffant leur souffrance intérieure de ne revoir l’enfant et l’épouse, la chaleur de la maisonnée, la terre ferme. Ils étaient tels Jean Moulin qui, soumis à la torture, en proie à l’agonie, fait face, trouve cette force tranquille, transparence par elle-même de la déshumanisation du détenteur du fusil et de la baïonnette ; s’obstinant par leur attitude emprunte de retenue à la plus haute affirmation de l’idée de soi.

A tous ceux ensevelis sous-terre sans sépulture, aux corps dispersés dans les sables torrides écumant de préjugés racistes, nous ne cesserons de saluer leur substance d’homme. Devoir de mémoire que l’écrivain guinéen Thierno Monembo, dans l’épitaphe (citant Senghor) de son dernier roman Le terroriste noir, rend touchant :

« On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat inconnu,
Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme
».

Comment alors dire l’après quand le présent nous submerge dans une continuité. La douleur est si lancinante en nous qu’elle rend la narration inaccessible, le récit infirme dans une chute impossible. Il reste alors le souvenir de vingt huit visages, le regard, témoin authentique de vingt huit bannis, quelques uns très jeunes, qui par le mépris de la mort énoncèrent une leçon de sens plus que le tribun révolutionnaire. Dans l’impératif du devoir, ils s’étaient engagés pour défendre leur patrie à la souveraineté très souvent contestée. Mais ils furent réduits à des numéros, à une quantité d’hommes à immoler. Nous les croisions dans les enceintes de nos mosquées, assis sur les mêmes tapis, dans les palabres de nos villages. Au détour des rues, dans les cours de récréation nous nous perdions avec ceux de notre génération dans des camaraderies joyeuses. Les aînés nous grommelaient par de sages conseils. Mais une ingéniosité génocidaire répartit les mauritaniens en Beydanes et Noirs, fit de la différence un absolu alors que toute diversité n’est qu’une variation de l’universel humain.

Ce que les civilisations exprimaient d’éminent, l’un et le multiple, l’addition et la somme, les chiffres et les nombres pour se repérer dans le mobilisme universel furent érigés en Mauritanie en d’innommables opérations de soustraction et de division. Déchiffrer le monde à travers l’ordre et l’organisation pour configurer les éléments, qui fit écrire à Platon devant le frontispice de l’Académie « que nul n’entre ici s’il n’est géomètre » (mathématicien) fut subverti en négations humaines. Trier, compter pour démembrer, participaient d’une action d’épuration. Le choix d’un symbole, celui de l’indépendance, pour arracher à la vie des hommes qui n’étaient coupables que d’être des Négro-Mauritaniens, de parler Peulh, Soninké, Wolof, constitua une épreuve de plus. Désormais la fête de l’indépendance est ainsi marquée du sceau négatif de ces vies brisées. D’autres exécutions suivront sans faire sourciller les membres de la hiérarchie militaire. C’est dire à quel point la négation d’autrui et de sa dignité fut entreprise comme une besogne d’état par des officiels et leurs fidèles suppôts.

L’Etat porta au paroxysme la prescription d’une identité, une citoyenneté à sens unique, refusa sa dimension plurielle par l’amputation. La Mauritanie comme entité est alors doublement niée dans ses racines africaines et arabes. La singularité des hommes et de leurs cultures devint suspecte et finit par l’assassinat. Dans un riche rappel du sens et de la promotion de la tolérance, Claude Lévi-Strauss nous enseigne dans Race et histoire : « La diversité des cultures humaines est derrière nous, autour de nous, devant nous. La seule exigence que nous puissions faire valoir à son endroit est qu’elle se réalise sous des formes dont chacune soit une contribution à la plus grande générosité des autres.»

Mais la scission l’emporta sur ce « qui scellait » la république. Derrière le carnaval de célébration la mort, dans ce qui était l’annonce d’une espérance, nous nous effondrâmes du naufrage des idées de fraternité et de communauté de destin. Dans l’idéal d’une cohésion des nationalités les forces de division n’ont jamais cessé d’être à l’œuvre. Dans ce qui fut appelé « les événements », dans un trouble saisissant de l’esprit, les plus fines plumes dont le président des maires de l’époque, se mirent à tout justifier dès les premières heures des déportations : l’esclavage, l’expropriation des terres aux habitants de la vallée, la désignation d’une communauté. Le quotidien national Horizons ancien Chaab, censé être dépositaire de la représentation nationale de tout citoyen mauritanien, se répandit dans le journalisme de crispation et d’intolérance. Dans le déchaînement des médias de la haine, les éditoriaux donnaient dans des titres à l’évocation sans équivoque. La volonté des Négro-Mauritaniens de préserver leur patrimoine, la terre, passait pour de « L’Egoïsme enragé ». Volonté qui pour un rédacteur en chef bien en vue n’était destiné qu’à « priver les Pulaars mal nés du Fouta». C’est tel philosophe, écrivain de surcroit, qui dans l’envers du précepte aristotélicien « Je suis davantage amoureux de la vérité »se fit l’interviewer glorieux à la télévision mauritanienne d’un militant de l’extrême droite française.

Ce ne fut donc ni l’œuvre d’un tyran ni de quelques illuminés mais bien d’une pensée qui trouva en Ould Taya l’arme fatale, en son régime le manifeste d’une violence acérée qui nous extorqua le rêve d’une république possible avec toutes ses originalités culturelles. La proscription délibérée de l’entité multinationale s’étalait à tous les niveaux : administration, armée, éducation et culture. Les scènes répressives se répétaient dans une phase toujours ascendante, pour finir par des exécutions extrajudiciaires. Des civilisations qui ont préservé leur personnalité historique depuis les temps anciens furent interdites d’expression.

Un totalitarisme naissant aux accents de douceur et de tromperie guette encore. L’arbitraire ne tient plus à la mitraillette mais à une omission volontaire avec la bénédiction d’en haut : tout tient dans le carnet du fonctionnaire dont les humeurs variables décident qui est mauritanien et qui ne l’est pas, avec l’encouragement du gouvernement. Aucun recours n’est possible contre de tels agissements. Apatrides de l’intérieur par un recensement qui va dépeupler la Mauritanie de sa composante africaine est l’aspect récent de la nouvelle exclusion. L’état civil présenté comme le socle de statistiques fiables, comme proposition d’objectivité, n’est en réalité qu’une fabrique d’une manipulation plus élaborée de la citoyenneté. L’Etat, dans le registre partisan qui est le sien, décide à lui seul des élus et des relégués, se ferme au débat sur une question aussi importante, instaure de fait une fracture entre citoyens d’un même Etat, use de la violence systématique pour toute forme de contestation. Ainsi une figure du Négro-Mauritanien est construite, il devient un schéma : le contraste de l’arabité. S’édifie alors une ligne intérieure, un moule idéologique jamais avoué mais qui inspire toute la politique menée jusqu’ici, à l’exception du courageux pouvoir démocratique du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. La discrimination s’insinue, rend toujours plus marginale la composante négro-mauritanienne. C’est une ligne directrice à laquelle les différents régimes se sont attelés. Intérioriser un non dit, celui de donner toujours plus à la communauté arabe de Mauritanie, principe d’une discrimination négative que Calliclès, dans une incompréhension de l’essence de la justice opposait à Socrate comme ce qui est « l’avantageux au plus fort ». Ould Abdel Aziz ne fait pas exception. Il inaugure même une forme de réparation et d’attention mais dans une volonté de contrôle plus efficace. Conscient que la violence ne peut parfaire une domination, il trouva en l’état civil un moyen plus neutre, plus sûr même, puisqu’accepté par les bailleurs de fond au nom de la lutte contre le terrorisme. Auto-défense d’un système qui absout les crimes par une loi d’amnistie en même temps qu’il l’associe à l’objectif noble d’unité nationale. Ruse d’unité factice quand l’exigence de justice n’est pas le rempart de l’Etat, quand l’Etat de droit fait défaut.

Ainsi c’est à la constitution, résultat d’un contrat multinational, de préserver la coexistence pacifique, inspirée d’une éthique égalitaire. La coexistence de nos différentes nationalités doit découler de leur reconnaissance sans prééminence d’un groupe sur un autre, d’une culture sur une autre. L’Etat est si mal parti qu’il faut le refonder en son caractère multinational en aménageant un dispositif de droits qui garantissent la représentation politique, la langue, la nationalité, l’emploi, une école pour tous où le prétexte d’une unité de culture et de formation ne doit pas servir d’instance ségrégative contre une communauté, notamment négro-mauritanienne. Claude Lévi-Strauss notait dans Tristes tropiques que « Le consentement est à l’origine du pouvoir, et c’est aussi le consentement qui entretient sa légitimité.»

Un tel prérequis d’une configuration dynamique de la cohésion nationale n’est pas d’actualité. Il existe même des signes alarmants d’hégémonie culturelle comme l’attestent les dernières lois sur l’audiovisuel privé où radios et télévisions privées sont obligées d’émettre majoritairement en Hassanya alors que la BBC à Londres a des éditions intégrales, de manière continue, en langues étrangères ; de même qu’aux Etats-Unis nombreux sont les organes de presse éditant uniquement en Espagnol sur le sol américain où pourtant l’Anglais est prépondérant. Ainsi le sésame démocratique n’a mis fin ni à l’esclavage, ni au racisme d’Etat, ni à la gabégie, aux grandes injustices qui gangrènent le pays.

Et Marx, dans le désordre qui caractérisait la montée de la bourgeoisie, écrivait dans une lettre en mai 1843 : « Vous ne direz pas que je me fais une trop haute idée du temps présent, et si malgré tout je ne désespère pas de lui, c’est que sa situation désespérée est précisément ce qui m’emplit d’espoir. »

Je ne pourrai mieux conclure en plaçant cet espoir dans l’engagement de deux figures de proue que sont Birane Ould Abeïd et Abdoul Birane WANE. Incarnation d’une société civile nouvelle, leurs organisations posent les questions fondamentales dont les résolutions détermineront l’avenir serein de notre pays. : rien de plus ni rien de moins qu’une citoyenneté entière pour tous, la primauté généralisée de la règle de droit, en lieu et place des conservatismes arriérés, nulle distinction autre que celle fondée sur l’utilité publique. La société civile, par sa vigilance alerte, se présente ainsi comme notre conscience de soi. Accompagner ce mouvement, comme le font l’AJD et le PLEJ, exige l’émergence d’une force de dépassement dont le nœud est l’opposition à toutes les lois iniques : lois d’amnistie, sur l’éducation nationale pérennisant l’injustice et l’exclusion. Le sens de la modernité démocratique se jaugera en fonction des droits culturels et sociaux effectifs et réels, dans une garantie de la préservation et de l’expression de la culture de chacune de nos nationalités. C’est donc dans une large autonomie du Sud au sein d’une dynamique fédérale que se trouvent les chances d’un ancrage démocratique. En somme il n’ ya de monde que par le territoire. Et c’est quand les hommes et les femmes contrôleront au sein de leur territoire, là où ils vivent, les moyens de production et d’échange, qu’ils pourront avoir le sentiment de la maîtrise de leur existence. Ce jour où l’administration des choses se substituera au gouvernement des hommes où des citoyens décident dans une libre association l’institution du vivre-ensemble, le vent de liberté se lèvera alors à partir de l’Eden matinal de nos souffrances affranchies.

BÂ Kassoum Sidiki- Paris-France

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FLAMNET- AGORA : Face au manque de solidarité du monde arabo-musulman envers le Mali, Faut-il rétablir les relations diplomatiques avec Israël?

altLes derniers développements de la crise qu’il traverse devraient donner au Mali l’occasion d’assouplir les principes qui sous-tendent sa diplomatie et réajuster sa carte diplomatique en y intégrant, pourquoi pas, Israël

«Qu’on nous dise où étaient ces donneurs de leçons le jour où un couple victime d’une justice inique et expéditive était lapidé à mort, soit disant pour adultère? Où étaient donc ces voix lorsqu’à Aguel Hock des soldats de l’armée régulière malienne étaient égorgés par dizaines voilà un an? ».
Le Président de la Transition, Dioncounda Traoré, n’avait pas de mots assez forts, à la clôture du dernier sommet de l’Union Africaine, pour dénoncer l’hypocrisie des premiers responsables de certains pays, surtout du monde arabo-musulman. C’était lundi 27 janvier au siège de l’Union Africaine, à Addis Abeba, devant une auguste assemblée de chefs d’Etat et de gouvernement africains et de hautes personnalités de la planète.
Politiquement correct, le Président Traoré s’est bien gardé de citer des noms. Mais comment ne pas penser à la sortie du Président égyptien Mohamed Morsi, qui n’a pas hésité à condamner l’intervention française, à travers l’Opération Serval. Une opération qui, a contrario, a été jugée salutaire par les Maliens, dans la mesure où elle aura permis de stopper la dangereuse progression des narco-jihadistes et d’éviter au Mali de sombrer dans le chaos, avec des conséquences catastrophiques pour la stabilité de l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest.
En Tunisie, on a entendu le même son de cloche qu’en Egypte. Pour tout dire, du Maghreb au Machreck, la réaction du monde arabo-musulman fut une véritable déception pour les Maliens, qui s’attendaient à l’expression d’une solidarité agissante de la part de la Ummah islamique. Dans le meilleur des cas, les pays arabes se sont emmurés dans un silence assourdissant.
Cette attitude, pour le moins étrange, des pays arabo-musulmans est interprétée par plus d’un Malien comme la manifestation subtile d’un racisme anti-Noir qui ne dit pas son nom. Un Malien ayant séjourné en Egypte confiait récemment qu’un ami arabe de ce pays avait eu le cynisme de lui confier, mi-blagueur mi-sérieux, que les Noirs se fatiguaient inutilement dans la prière, car ils n’entreront jamais au Paradis, tout simplement parce qu’ils sont noirs (sic). Le drame dans cette affaire c’est que le quidam en question avait l’air de croire à ce qu’il disait. Cette anecdote n’est pas un cas isolé.
Seul le Maroc semble faire figure d’exception. Sans préjugé et avec un volontarisme de bon aloi, le Royaume chérifien a entrepris, il y a de nombreuses années, de tisser des relations de coopération économiques et socioculturelles mutuellement avantageuses avec la plupart des pays au sud du Sahara. Récemment, n’a-t-il pas activement contribué à l’adoption de la Résolution 2085 des Nations Unies autorisant l’intervention d’une force internationale au Mali. Sur le plan multilatéral, il est aussi heureux que la Banque Islamique de Développement (BID) n’ait pas suspendu sa coopération malgré la crise.
Ces exceptions ne doivent pas, cependant, cacher le manque de solidarité des pays arabes à l’égard du Mali, au moment où celui-ci a le plus besoin de cette solidarité. Ne dit-on pas que c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses vrais amis? Précédant le Président de la Transition, des leaders religieux, à l’image du Président du Haut Conseil Islamique (HCI) l’Imam Mahmoud Dicko, avaient à leur tour déploré cette absence de solidarité et de compassion envers le Mali, pays musulman à 95%.
Un pays où la pratique du vrai islam est une réalité tangible et où les musulmans sont profonds et sincères dans leur foi. Enfin, un pays qui, au nom de la défense des droits de la Palestine à l’existence en tant qu’Etat souverain, a rompu ses relations diplomatiques avec Israël après la Guerre des six jours. Depuis, cette cause est devenue un élément sacro-saint de la diplomatie malienne, en dépit de l’évolution des données géopolitiques à l’échelle mondiale. Et au détriment de ses propres intérêts.
Pendant ce temps, des pays musulmans comme le Sénégal ont vite fait de rétablir leurs relations diplomatiques avec l’Etat hébreux. Ce qui n’a pas empêché le pays de Léopold Sedar Senghor d’abriter des fora de la Ummah Islamique, à l’image du Sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), en engrangeant les substantielles retombées liées à l’organisation d’un tel événement. Faut-il encore rappeler que l’Egypte, la plus grande nation arabe, entretient des relations diplomatiques avec Israël depuis des lustres. Cela depuis les Accords de Camp David, signés le 17 septembre 1978 par le Président égyptien Anouar el Sadate et le Premier ministre israélien Menahem Begin, sous la médiation du président des Etats-Unis Jimmy Carter? Depuis, ces relations continuent de courir.
Pourquoi alors le Mali serait-il plus royaliste que le roi? En vérité, au nom de la realpolitik, les décideurs maliens seraient bien inspirés d’assouplir quelque peu les principes qui sous-tendent et ajustent sa carte diplomatique à la lumière des derniers développements de la crise que notre pays traverse. Et donc rétablir nos relations diplomatiques avec Israël, à l’instar d’autres pays africains.
Cela ne devrait pas empêcher notre pays de plaider, comme il l’a toujours fait, en faveur de l’avènement d’un Etat palestinien, jouissant de tous ses droits de souveraineté et reconnu par l’ONU, car cette cause noble est tout simplement une question de justice. Sans tomber dans la naïveté, avec de la bonne volonté de part et d’autre, cet Etat peut bien coexister et vivre en bonne intelligence avec l’Etat d’Israël. Une nouvelle situation qui permettrait aux autorités maliennes d’exercer une discrète pression sur le gouvernement de Tel Aviv.
En retour, le Mali pourra bénéficier, entre autres domaines de coopération, de l’expertise d’Israël dans les domaines de l’agriculture et de la sécurité. Car Israël est l’un des leaders mondiaux dans les technologies de l’agriculture: de l’agriculture high tech aux serres chaudes à l’irrigation, en passant par l’industrie laitière, l’aquaculture et les énergies alternatives. Avec ses immenses potentialités agricoles, le Mali pourrait en profiter pour opérer sa révolution verte et nourrir ainsi toute l’Afrique de l’Ouest.


Yaya Sidibé –Maliweb.com

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FLAMNET-AGORA: L’Exil doré d’honneur et de dignité de KAAW TOURE!

altMr Ba Tijane dit Eldiaspora du Fleer,

L’exil de KAAW TOURE est doré d’honneur, de dignité et surtout de fierté, car le gouvernement raciste et esclavagiste dont tu prêtes la main l’a emprisonné avant de le jeter en dehors des frontières nationales. A Dakar, toute la presse sénégalaise et les chancelleries internationales l’adorent et chantent son dévouement car il n’était qu’un jeune lycéen déporté qui portait avec courage de fer haut et fort le combat contre le racisme d’Etat et l’esclavage que ses aînés (emprisonnés à Walata), lui ont transmis. Ceci lui a valu une menace d’expulsion vers NKTT suite à une demande d’extradition formulée par le pouvoir mauritanien avant que l’ambassade de Suède à Dakar ne lui accorde le statut de réfugié sans qu’il ait eu le besoin de formuler la demande. Il détient ce record au monde en tant que militant de son âge à l’époque à Dakar. Quelques années plus tard, c’est au tour du bureau national des FLAM d’être déporté aux USA.

Malgré le luxe, le froid, la distance et tous les mauvais esprits opportunistes, inconscients et corrompus qui ne cessent depuis mars 1983 de chercher à briser et à éteindre cet élan pour la dignité et la liberté des nègro-mauritaniens – et les Noirs de manière générale qui subissent l’arbitraire, le racisme d’Etat, l’esclavage – le camarade KAAW TOURE et les Flam ne sont pas ébranlés.

Notre combat a commencé en RIM, les Flam sont créées le 13 mars 1983 chez le feu Aboubackri khalidou BA, l’exil c’est un « accident de parcours pour notre mouvement », revois l’histoire de ton pays pour te rendre compte que les Flam n’ont pas choisi l’exil comme terrain, mais elles ont adaptés l’exil à leur combat.

Notre section sénégalaise s’est redéployée depuis avril dernier, elle a commencé le travail et prépare le retour de notre bureau national.

Tes attaques contre les Flam à travers la personne de KAAW TOURE s’apparentent à des insultes gratuites, indignes, et je ne sais pas si tu mesures la portée et la gravité de tes propos injurieux. Nous devons profiter pour dialoguer dignement et respectueusement. Ce n’est pas parce qu’on a des opinions et de point de vus différents que nous devons nous insulter. Ce genre de comportement trahit le manque de sérénité, d’éducation mais surtout la mauvaise foi de l’auteur pour faire passer son point de vue.

La lutte continue !

Mamadou Abdoul SOH dit Hamadi

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