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Flamnet-Agora: Ma réflexion sur la question d’unité
Nous avons tous appris la formule sacrée selon laquelle « l’union fait la force ». Elle est si gravée dans nos mémoires qu’elle est devenue vraie par la force de la représentation, mais je ne suis pas de cet avis qui selon moi, est loin de concrétiser ce qu’on veut en faire, c’est-à-dire que la résultante des forces disparates n’est pas une somme arithmétique à chiffres positifs dans laquelle on obtient plus grand que la valeur de départ. Et pourtant c’est ce qu’on nous a toujours fait croire.
Je ne sais pas dans quelle mesure l’union peut faire la force et cela m’intéresse peu d’autant plus que j’ai compris comment elle ne faisait pas la force. Rien qu’en partant d’une vérité mathématique qui démontre que la résultante d’une somme vectorielle peut être inférieure au plus petit de ces vecteurs, à cause des directions opposées qui peuvent exister, on s’aperçoit que l’union ne donne pas forcément cette supposée force. Je n’appelle pas aux divisions mais je n’encourage pas l’union obsessionnelle qui mettrait dans le même sac loups et poules ou hyènes et ânes, bref des fauves et des proies qui au lieu de prospérer ensemble vont se détruire par la raison du plus imposant. A ce propos, je disais dans « la guerre des poètes » qu’une seule personne peut faire ce que mille n’en sont pas capables, parce que leurs efforts s’opposent et se neutralisent. Ceci peut expliquer l’immobilisme dans certaines situations, malgré le besoin incessant d’agir.
Je préfère l’unité qui est en fait une sorte de compromis s’appuyant sur ce qu’il y a de commun entre les différentes parties tout en tenant compte des divergences qui constituent les points de blocage vers une évolution consensuelle. L’unité c’est avant tout une articulation autour des mêmes valeurs, un partage du même idéal, une marche commune dans la même direction et vers le même objectif. L’unité, c’est ce pas difficilement franchissable, qui consiste à reconnaitre et accepter l’autre dans sa différence, et ne jamais songer à l’asservir à notre raison ou notre méthode. L’unité c’est un peu l’anarchie maitrisée qui laisse à chacun, et la liberté de suivre son itinéraire personnel-et le choix de partager un idéal commun, en sorte que les divergences deviennent secondaires pour les uns et les autres par rapport à cet idéal.
Concrètement, l’union c’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui, ou ce que nous tentons timidement de faire : réunir l’ensemble des mouvements et partis politiques d’opposition autour d’une structure qui revendique la même chose, sans se préoccuper de la nature désunie des différents groupes, de leurs différences méthodologiques ou idéologiques, de leurs statuts et positions par rapport aux différentes questions à traiter.
Mis à part les problèmes d’égo et de leadership qui sont inhérents à la condition humaine, chaque mouvement a une politique d’existence et une stratégie interne qui peut-être ne va pas dans le même sens que les autres. Alors, ce serait un leurre de croire à une union qui ferait de tout ce micmac une ossature rigide indivisible. Voilà pourquoi depuis des décennies, nous n’arrivons pas à nous unir, à fédérer toutes les forces d’opposition, à galvaniser les troupes, à mobiliser les masses populaires, à exercer une pression suffisante sur ces criminels au pouvoir.
Je ne prétends pas détenir la solution magique, mais je crois qu’il faut la chercher du côté de l’unité et non de celui de l’union. L’unité a cette force qui vient de ce que tous ceux qui y adhèrent tirent le morceau dans la même direction, de sorte que l’effort final soit la somme des efforts individuels, contrairement à l’union dans laquelle chacun tire vers son côté. Je sais à quel point cette idée d’unité peut paraitre théorique et vide de sens, il importe alors de fixer les idées pour que chacun puisse comprendre ce qu’elle peut nous apporter et où elle va nous mener.
Si les FLAM organisaient une manifestation, qui va participer ? Les flamistes ! Si l’AVOMM manifestait, qui va assister ? Ses membres ! Le problème se pose de la même façon quel que soit le mouvement qui organise une activité (je ne pourrai citer ici tous les mouvements associatifs et partis d’opposition, mais je n’en oublie aucun puisque je m’identifie à tous et me considère comme membre par principe). Nous avions tenté le collectif des associations, mais des problèmes auxquels on n’était pas préparés sont venus rappeler les limites de l’union et l’impossibilité de la mettre en œuvre. La déconstruction s’avère une alternative prometteuse avec la diaspora et l’OTMF, mais il ne faut pas oublier qu’elle a ses limites et qu’il faut explorer d’autres pistes capables d’apporter un nouveau souffle à cet élan, et l’unité pourrait entre autres, être une solution envisageable.
Concrètement en quoi consiste l’unité ? Je vais aborder la question sous deux aspects sans entrer dans les détails :
-Le partage d’un idéal commun qui est de vouloir rétablir un ordre juste en Mauritanie, au-delà de toute considération religieuse, raciale, ethnique, tribale ou régionale. Cet idéal a pour fondement la liberté, l’égalité et la justice. –L’adhésion massive et inconditionnelle de tous dans tous les mouvements qui existent. Ceci veut dire que pour le lambda que je suis, je dois être flamiste, adhérer à AVOMM…, et que tous les lambda comme moi vont faire de même. Ceci règle la question d’appartenance, parce que tout le monde est membre de tout groupe et la masse est présente partout. Voilà ce que j’appelle l’unité et non l’union. Si on met en pratique cette notion d’unité, je ne doute pas un instant, la peur va changer de camp. Croyez-moi chers camarades, rien que ces lignes peuvent faire peur à l’oppresseur, parce qu’il sait que la déconstruction en cours ne le laissera pas longtemps valser sur un air de Mozart en plein désert.
Nous avons trop dilapidé nos forces, l’oppresseur en a trop profité. Nous avons trop baissé les têtes, l’oppresseur s’en est élevé. Nous avons trop marché lentement, l’oppresseur nous a devancés. Nous avons suffisamment de ressources, pensons à les exploiter.
Dia Ousmane dit Samba.
FLAMNET-RÉTRO: LES FLAM des années de braise par Ciré BA- Paris-France
Le long règne du colonel génocidaire Maawiya Ould Sid’ Ahmed Ould TAYA a modifié voir ébranlé profondément et durablement les fondements de notre jeune pays. Me présenter, c’est un peu faire l’état des lieux du règne du colonel TAYA, dans la sérénité pour qu’ensemble, nous transmettons aux générations futures des valeurs de tolérance et de solidarité pour que différences soient richesses. Je fais partie du petit groupe de rescapés de la chasse menée par le génocidaire Maawiya Ould Sid’Ahmed Ould TAYA en Septembre et Octobre 1986 suite à la publication du très célèbre Manifeste et aux arrestations arbitraires qui ont suivi. Chrono-bilbalistique: Kleman le nouveau nègre de service de Nouakchiottes
“La Mauritanie n´est pas ce que vous croyez, elle est non raciale et non esclavagiste… la couleur n’est pas une frontière étanche dans ce pays. Comme je l’ai dit, autant en Mauritanie que dans les représentations diplomatiques, les hommes de toutes les couleurs et de toutes les ethnies se rencontrent à tous les niveaux sociaux et l’une des plus hautes personnalités aujourd’hui, le ministre des finances, Monsieur Thiam Diombar est un Soninké.”.
En un mot voilà ce qu´on retient du plaidoyer amphigourique et ubuesque du nouveau nègre de service de l´Etat mauritanien. Gaston Kleman est un écrivassier ou écrivaillon particulier qui ne mange pas le manioc mais boit le cognac des oppresseurs ! Ce maniaque “con-sultant” de l´Etat mauritanien est décidement un adepte du manichéisme des petits roitelets, après avoir sucé l´ex-putschiste en chef et ex-chef de la police de Taya pendant les années de braise, il revient aujourd´hui pour prêter sa plume aux partisans du système et verser dans le nihilisme pour aider ses nouveaux maitres.
Les mauvaises langues disent que le plumitif camerounais écrit ses articles au dos d´un chèque, comme l´ancien journaleux de JA de Ould Bothaya(suivez mon regard). Trop méchant. Disons seulement que Gaston, bien en cours au palais ôcre de Nouakchott sait faire preuve de gratitude au point de douter de l´évidence. Selon Kleman, les Combattants de la liberté et abolitionnistes mauritaniens ne sont pas crédibles, ils ” instrumentalisent cette situation, font preuve d’une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle, trompent l’opinion internationale, veulent museler ceux qui ne pensent pas comme eux en usant de l’invective, du mensonge, d’un chantage abject et de l’insulte” donc Crédit pour crédit (entendez crédibilité), nous en faisons volontiers aux victimes qu´à un nègre de service, qui pense à ses fins de mois qu´à un peuple qui se noit. Mister Kleman mangez votre manioc sans sourciller mais ne touchez pas à la dignité de notre peuple. A bon mercenaire…chahut!
La lutte continue!
Elimane Bilbassi.
Flamnet-Agora : Les Forces de Libération Africaines de Mauritanie: Quelles réponses aux fadaises de nos détracteurs? Par Mamadou Barry et Yakhya Thiam

Depuis que les FLAM ont décidé de se redéployer en Mauritanie, et après avoir dépêché le Vice-President sur le terrain pour préparer ce retour, l’organisation fait l’object de vives critiques, quelques fois, dépassant même l’entendement humain. J’avoue que nous étions tenté de réagir de manière brutale par des boutades ou des slogans à la mesure de ces calomnies envers des hommes d’une intégrité reconnue par tous ceux qui les connaissent. Mais, finalement on a jugé que la réponse appropriée aux critiques, même de mauvaise foi, c’est celle qui éclaire et/ou édifie n’importe quel lecteur objectif. En effet, certaines de ces diatribes nous incitent à penser à des thèmes importants tels que les rapports entre la lutte interne et la resistance extérieure, les notions de valeurs morales dans une lutte de libération, ainsi que la culpabilisation des victimes par leurs détracteurs. Nous donnerons une attention particulière au premier point annoncé et nous nous permettrons de commenter certaines de ces attaques.
Bien qu’à leur création les FLAM n’étaient pas destinées à s’exiler, aujourdhui c’est une évidence, les FLAM sont une
organisation en exil. Pour certains, ce seul fait suffit pour disqualifier ce mouvement à la prétention à tout crédit dans la lutte pour l’égalité en Mauritanie. De ce fait, les Flamistes ne pouvaient être que des experts dans la recupération du travail accompli par les organisations évoluant à partir de l’intérieur du pays. Cette position ne pouvait voir que de l’antagonisme dans les relations entre les partis internes et les FLAM. Et pourtant, cette manière de voir n’est ni bénéfique pour les besoins de la cause, ni réaliste compte tenu des faits . En effet, les FLAM considèrent que la lutte contre la discrimination raciale est un devoir pour chaque citoyen. Et, à l’image de la France sous l’occupation pendant la deuxième guerre mondiale, la collaboration entre une aile intérieure et l’aile extérieure des résistants contre le système oppressionniste de la Mauritanie devenait une obligation pour résussir leur combat. C’est pour cette raison que les FLAM ont travaillé inlassablement pour maintenir des relations sincères avec les différentes organisations politiques et humanitaires de l’intérieur militant pour la même cause. C’est d’ailleurs ce qui justifiait ce témoignage poignant de feu Mamadou Samba Diop dit Murtudo à l’intention de l’organisation quand il disait que“les Flam sont un parti d’avant-garde qui pose de vrais problèmes et qui propose de vraies solutions”.
Alors, nous pensons objectivement que les choses sont claires, nous ne devons pas voir de l’antagonisme entre le travail interne et les FLAM, mais plutôt une complémentarité entre les deux. Dès lors, comment comprendre les critiques dirigées contre les FLAM. Pour se faire, nous allons revenir sur l’essentiel de ces critiques; en l’occurrence, la responsabilite de l’organisation dans la souffrance des opprimés.
Les FLAM sont incriminées par certains de nos détracteurs comme responsables du malheur des populations opprimées mauritaniennes. Hier, c’était le pouvoir raciste qui était l’auteur de ces campagnes ignobles contre les FLAM. Aujourdhui, malheureusement, ce sont des individus supposés être des alliés naturels qui viennent joindre leurs voix à celles des baathistes et des nasseristes pour dénigrer les FLAM. Quand Taya et son régime empêchaient les enfants noirs de s’inscrire dans des écoles publiques sous prétexte que leur péres étaient responsables de leur sort, puisque criminels, leur objectif était de blâmer les victimes et de rendre responsables les enfants de l’action de leurs parents. Phénomène connu par les juristes sous le vocable de “responsabilite in- solidum”, solidarité dans les crimes commis par un autre. Les FLAM avaient dénoncé cette pratique en son temps. Dans une de leurs interventions à Génève en 1993, pendant les travaux de la sous-commision des Droits de l’Homme, elles fustigeaient ce comportement des autorites mauritaniennes. D’ailleurs en Mauritanie, c’est une répetition de l’histoire, car quand Thierno Souleymane Baal (paix à son âme) faisait renoncer au peuple du Fuuta le paiement du tribut connu sous le nom de “Muudo Horma”, les maures pillaient et incendiaient des villages entiers en représailles. Ainsi, ils tentaient de créer une dissension entre la population du Fuuta et leur leader. Ces pratiques de la part des bourreaux sont universellement connues. Sans aucune prétention de notre part, de faire une analyse de la pschycologie de ces détracteurs, on peut penser qu’ils ont fini par s’identifier aux bourreaux de notre pays. Alors , très vite les FLAM sont passées de victimes et de héros de la résistance au statut de responsables de leurs propres malheurs et ceux des autres opprimés, comme dirait l’expression pulaar “nay njardi laaceeje”! Ainsi, les Flam “doivent faire amende honorable a l’endroit des paisibles citoyens”. Si on suivait leur logique, il n’y aurait pas une personne, ou une organisation qui serait épargnée dans le pays. Ainsi, Ahmed Daddah et L´UFD seraient responsables de la mort de Ibrahima N’Diaye dit James et Abdoulaye Mbéri Sarr après les manifestations de Nouadhibou en janvier 1992 contre les élections truquées de Taya. Abdoul Birane Wane et TPMN seraient responsables de la mort du jeune Lamine Mangane. Birame Ould Abeid et IRA seraient responsables des arrestations de leurs militants après chacune de leurs manifestations. Enfin Ibrahima Moctar Sarr et AJD/MR seraient responsables des grenades lacrymogènes reçues par des manifestants à chaque fois qu’ils organisent une protestation. Voyez vous comme c’est aberrant de vouloir incriminer les victimes. Pour nous, c’est le système discriminatoire mauritanien qui est le seul responsable de nos déboires. Aujourdhui, il ne devrait plus y avoir de doute puisque l’Etat mauritanien lui-même a déjà reconnu ses forfaits.
Nous pouvons dire que ces assertions résultent de l’ignorance ou de malhonnêteté de leurs auteurs. Quand ils sont à court d’arguments et qu’ils n’ont pas des faits pour refuter les thèses avancées par les Flam, ils se résolvent à invoquer le contexte de la situation. Par exemple, ils diront que dans une réunion de commémoration de la disparition de feu Mamadou Samba Diop-Murtudo- (paix a son âme) il est anormale de parler de politique. Seulement, ils oublient qu’il s’agit de la Mauritanie, un pays où il n’y a jamais de réunion sans politique. Ils ont oublié encore que Murtudo a depuis longtemps franchi le pas du culturel au politique. C’est Baaba Leñol (le nom qu’on lui a donné ici aux USA) lui même qui disait “nous devons combattre le racisme sous quelque forme qu’il se manifeste, de nous impliquer dans les batailles culturelles pour éradiquer l’ignorance car politique et culture sont dialectiquement liées” (13 octobre 2008 Flamnet).
Bien que nous soupçonnions que ces détracteurs aient d’autres motivations inavouables, nous sommes toujours optimistes en leur capacité de se ressaisir et de travailler positivement dans l’esprit d’unification des forces patriotiques et progressistes du pays; Puisque nous sommes convaincus que pour vaincre définitivement ce système de discrimination raciale en Mauritanie, nous avons besoin de toutes les énergies disponibles.
La lutte continue!
Mamadou Barry conseiller du président des Flam &Yakhya Thiam-membre du conseil national des Flam.
Flam USA
L’autre Mauritanie racontée à monsieur Gaston Kelman par Ciré Ba et Boubacar Diagana
Mauritanité ! Radioscopie d’une exclusion programmée ?
Depuis son accession à l’indépendance, le 28 novembre 1960, la Mauritanie a mis en place un système d’exclusion de sa composante noire tendant à l’affirmation d’une identité exclusive arabe et la négation de tout soubassement africain à travers la mise en place d’une série de reformes politiques. Le pouvoir militaire a procédé, au détour d’un conflit banal à l’origine, entre éleveurs mauritaniens et agriculteurs sénégalais en avril 1989, à des déportations massives de plusieurs dizaines de milliers de noirs mauritaniens vers le Sénégal et le Mali.
Entre 1989 et 1992, sous le régime du Colonel Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya, des milliers de civils et militaires noirs mauritaniens furent tués selon un mode opératoire présentant toutes les caractéristiques d’un génocide au sens retenu par les Nations Unies en 1948, dont une des conventions reconnait comme tel tout acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux».
Le général président Mohamed Ould Abdel Aziz a lancé depuis 2011 une opération dite d’ «enrôlement des populations» visant officiellement à doter la Mauritanie d’un état civil fiable et sécurisé, comme dans tous les pays. Cet enrôlement s’est révélé dans son application être une opération d’exclusion et de bannissement des noirs, suspectés d’être sénégalais ou maliens, ou d’avoir acquis frauduleusement les états civils en leur possession. Nombre d’entre eux qui se sont vu refuser l’enregistrement, deviennent donc apatrides dans leur (propre) pays, d’autres l’ont été au prix d’humiliations de toutes sortes. Même de hautes personnalités civiles et militaires, ayant servi le pays pendant des décennies, se sont dans un premier temps fait exclure de l’enrôlement. Dans le même temps, échappent à ces exactions, des étrangers, originaires de pays arabes, installés parfois depuis peu en Mauritanie. Parmi eux, des libanais, des maghrébins, et … des touareg maliens ou nigériens. Aujourd’hui, cette opération se poursuit dans une relative opacité après de violentes manifestations encadrées par un mouvement de défense des droits civiques dénommé « Touche Pas à Ma Nationalité » et une partie de l’opposition.
La deuxième phase de cet enrôlement réservée aux étrangers vivant en Mauritanie a commencé, brutalement imposée par les autorités depuis mai 2012, sans en avoir précisé les modalités, par la traque de ressortissants d’Afrique noire donc majoritairement des sénégalais et des maliens. Des expulsions (comme en 1989) ont suivi vers le Sénégal, puis des tractations avec certains pays ont donné un répit à ces étrangers auxquels l’Etat mauritanien impose de se munir de carte de séjour dans un délai très court.
La troisième phase réservée aux mauritaniens établis à l’étranger met à nu les intentions et la ferme volonté du régime actuel de retirer la nationalité à la majorité des mauritaniens établis en France et en Europe. Pour parvenir à cette fin, les autorités de Nouakchott qui clament sous tous les cieux leur attachement à la souveraineté nationale, exigent pourtant à leurs citoyens la présentation d’une carte de séjour délivrée par le pays hôte pour mériter de rester mauritaniens.
Une immersion dans l’histoire de création récente de notre pays nous invite pourtant à la tolérance, à la mesure et à l’acceptation de notre diversité pour construire la nation et entretenir des relations apaisées avec nos voisins. La Mauritanie n’est pas une île, elle est le reflet de ses voisins avec sa propre personnalité.
La frontière avec le Sénégal, un enjeu humain d’abord
Le nom de la Mauritanie n’apparait officiellement que le 27 décembre 1899 par décision ministérielle qui délimitait un territoire qui englobe les régions s’étendant de la rive droite du fleuve Sénégal et de la ligne entre Kayes et Tombouctou, jusqu’aux confins du Maroc et de l’Algérie. Cette décision ministérielle et le choix du nom ont été inspirés par Xavier Coppolani.
En 1900, la première limite du Territoire fut fixée à travers un tracé théorique délimitant les zones d’influences franco – espagnoles au Nord. Le 10 avril 1904, par arrêté, tous les territoires situés sur la rive droite du fleuve Sénégal sont rattachés aux protectorats des pays Maures. Le 25 février 1905, un décret précise et fixe la frontière au milieu du fleuve Sénégal puis le 8 décembre 1933, un autre décret repousse la frontière sur la limite du lit majeur du fleuve, c’est-à-dire sur la rive droite englobant le sud de la Mauritanie. En 1975 puis en 1989 surtout, l’internationalisation des eaux du fleuve dans le cadre de l’Organisation de Mise en Valeur du fleuve Sénégal a permis d’éviter le pire entre les deux pays mais jusqu’à quand ?
A chaque crise majeure, chaque partie brandit « son décret », à ce jeu dangereux la Mauritanie donne plus l’impression de vouloir en découdre militairement. Les deux pays ont tout intérêt à trancher ce flou juridique au grand bonheur des populations riveraines. Enfin, le décret du 5 juillet 1944 rattache la région du Hodh, jusqu’alors sous dépendance du Soudan (actuel Mali), à la Mauritanie. Ce rattachement revêt un cachet sécuritaire, l’administration cherchant à neutraliser le mouvement Hamalliste (Cheikh Hamahoullah) dans cette région.
En lieu et place des Émirats (Adrar, Trarza, Brakna, Tagant) et des États du Sud (Guidimakha, Waalo, Fouta Tooro) se substitue et se superpose le futur État de Mauritanie. Jusqu’au 2 juin 1946, le nom de la Mauritanie continuera d’être associé, jumelé avec celui du Sénégal sous l’appellation de « Circonscription Mauritanie – Sénégal » et Saint Louis du Sénégal restera capitale de la Mauritanie jusqu’à la veille de l’indépendance. On comprend dès lors que bon nombre de Mauritaniens soient nés au Sénégal.
Tel est le contexte historique et politique dans lequel a été enfantée la Mauritanie actuelle, regroupant Sooninko, Wolofs, Maures, Bambaras, Haratines et Haal Pulaaren qui vont devoir désormais vivre sur un même territoire unifié et placés sous une même autorité. Il va s’en dire que pour présider aux destinées de notre pays, il vaut mieux connaître ce contexte et tenir compte de toutes les pièces du puzzle. Le prix à payer pour les fils de notre pays, maures comme noirs, sera énorme.
Dès 1946 lors des premières élections législatives dans le cadre de l’Union Française, la question était déjà posée. En 1945, en prévision de ces élections, deux tendances s’étaient dessinées : Chez les maures « le représentant de la Mauritanie ne saurait être un noir » tandis que les notables noirs, inquiets, font appel à une candidature européenne (source : Sous – série : 2G45 : 134, Archives Nationales du Sénégal).
Un territoire, deux administrations et un système éducatif différencié
Paradoxalement, la fracture entre maures et noirs de la vallée du Fleuve était déjà « officialisée » par les arrêtés n°469 et 470 du 20 août 1936 qui organisaient séparément les commandements et administrations : une administration indirecte chez les « indigènes maures », avec des émirs dépendant désormais de l’administration coloniale ; et une administration directe chez les populations sédentaires noires, avec la création de cantons dont les chefs étaient auxiliaires de police judiciaire et percepteurs des impôts.
Ce mode de gestion séparée est renforcé par la mise en place d’un système éducatif différencié. En effet l’administration coloniale, pour asseoir son autorité, affirme son intérêt pour l’école en vue d’une plus grande emprise sur les populations autochtones. Dans sa circulaire du 22 juin 1897, le Gouverneur Général E. Chaude écrit : « l’école est le moyen le plus sûr qu’une nation civilisatrice ait d’acquérir à ses idées les populations encore primitives». « C’est elle (l’école) qui sert le mieux les intérêts de la cause française » ajoutera le Gouverneur Général William Ponty dans une circulaire du 30 août 1910, comme pour confirmer les propos de son prédécesseur.
Simplement, l’implantation de cette école en Mauritanie se fera, et pendant longtemps, dans le Sud : Kaédi en 1898, Boghé en 1912…. alors que les Médersas le seront seulement à partir de 1916 à Boutilimit, puis à Atar en 1936…., en raison notamment de l’hostilité affichée en pays Maures. C’est ce qui explique qu’à l’accession de notre pays à sa souveraineté le 28 novembre 1960, l’essentiel des cadres et des lettrés en langue française sont du Sud.
Du non règlement de la question nationale à la reconnaissance du génocide
Plus de cinquante deux ans de vie commune, d’oppression, d’injustices, de domination, de persistance de l’esclavage, de déportation, de luttes et …. un pays à reconstruire. Pourtant, à la veille de l’accession du pays à la souveraineté internationale des signaux clairs avaient été lancés de part et d’autre. Mais celui qui présidait aux destinées du pays, croyant en sa bonne étoile, s’est lancé comme si de rien n’était dans la construction « d’un Etat moderne, trait d’union entre l’Afrique Noire et le Maghreb » dans lequel devraient disparaitre tous les particularismes. Cet équilibre affiché sera foulé dès les premières années de l’indépendance à travers une série de politiques préparant l’ancrage de la Mauritanie à l’ensemble maghrébin et arabe. Les clefs de ce nouvel ensemble, fraichement créé, encore fragile, ont été confiées à Mokhtar Ould Daddah. Si celui-ci appelait à construire ensemble la nation mauritanienne, sa conduite des affaires sera très tôt considérée comme partisane :
– Une conduite tendancieuse des affaires de l’Etat visant à donner une image exclusivement arabe du pays à l’étranger. Cette diplomatie a tellement réussi que bon nombre de Noirs Mauritaniens sont régulièrement suspectés de mentir sur leur nationalité ; pour cause « la carte postale Mauritanie » est autre. Il n’est pas rare de voir des compatriotes mondialement connus par leurs talents, par honte ou par facilité, être catalogués originaires du Mali ou du Sénégal.
– l’imposition de la langue l’arabe dans le système éducatif s’avèrera être un subtil moyen de sélection par l’école : en quelques années les résultats des examens de l’entrée en sixième et au baccalauréat, jusque là marqués par un fort taux de réussite d’élèves francophones, majoritairement noirs, vont s’inverser en faveur des élèves arabophones. Comme langue de travail, le rôle de l’arabe va être déterminant dans la réussite aux examens et concours, notamment d’accès à la fonction publique. En tant qu’unique langue officielle à travers la politique d’« arabisation des ministères qui n’ont pas un caractère technique et qui sont en relation directe avec l’ensemble de la population comme la Justice et l’Intérieur », l’utilisation de l’arabe dans la sphère administrative se révèlera comme un puissant outil de domination et d’exclusion : l’Etat laisse entendre sa volonté de s’adresser à toute la population mauritanienne au moyen de la seule langue arabe.
– la concentration de l’essentiel des pouvoirs économiques, politiques et militaires depuis le coup d’Etat de Juillet 1978 entre les mains d’une partie de la composante maure. Cette armée budgétivore, véritable fonction publique parallèle, qui dirige le pays depuis, a trouvé le moyen de se débarrasser de sa composante noire ou de l’écarter des centres de décisions.
– l’entrée en vigueur brutale à partir de 1983 d’une réforme foncière mal préparée et dont le seul objectif est l’expropriation, eut pour conséquence l’accentuation de la pression sur les terres agricoles de la vallée du Fleuve Sénégal d’investisseurs privés maures, bénéficiant de largesses de bailleurs arabes, et plus récemment d’investisseurs étrangers.
– Plus généralement, les frustrations et les injustices ressenties par les noirs, nées des traitements différenciés qui leur sont réservés et autrement plus sévères que ceux rendus pour les maures. L’opinion publique noire a souvent du mal à comprendre que les auteurs du dernier coup d’Etat manqué en Mauritanie, (appelé « coup d’Etat de Hannana », en juin 2003, certainement le plus violent du genre), n’aient été condamnés qu’à des peines d’emprisonnement de quelques mois. Moins compréhensible encore la reconversion de deux des présumés auteurs qui se sont présentés à leur libération aux suffrages de nos compatriotes et réussi à se faire élire à la représentation nationale. Leur mandat court toujours. Alors que quatorze années plus tôt, en 1987, pour une tentative de coup d’Etat qui n’a jamais connu de début d’exécution, le régime d’alors, a, au terme d’une procédure expéditive, jugé, condamné et exécuté trois officiers noirs. S’en est suivie une purge au sein de la grande muette qui a laissé dans le secret des tombes hâtivement creusées à Inal, Jreida, Akjoujt, Azlat, … des dizaines d’hommes qui s’étaient engagés au service de leur pays.
Les effets cumulés de tous ces facteurs présageaient d’une explosion de conflits. Une partie des maures, embrigadés par les mouvances pan arabistes et ayant le sentiment de plus en plus renforcé, et le disent, d’être chez eux, le seul chez qui leur soit propre (ça rappelle quelque chose), où l’Etat leur garantit tout : sécurité, impunité. La majorité des noirs vivent cette condition comme un non choix, une condamnation à cohabiter, avec le recensement discriminatoire (enrôlement) en cours, ils ont fini par se dire qu’ils ne sont que tolérés ? Leurs revendications ont toutes été réprimées dans le sang ; sans qu’à aucun moment le régime en place ne prenne le temps de réfléchir sur les motivations réelles de ces crises à répétition, et ne propose des solutions qui aillent dans le sens du maintien de l’unité nationale.
Le calcul politique qui sous-tendait ces mesures, les conditions de leurs applications, la mauvaise gestion des conséquences de ces applications en termes de contestations cristalliseront toutes les frustrations et « pollueront » pour ainsi dire le climat politique de notre pays. La brèche ouverte depuis est devenue un fossé, si grand aujourd’hui qu’il fait courir à notre pays le risque de conflits à répétitions.
L’exclusion peut-elle durer encore ? Combien de temps ?
Les gouvernants, tous régimes confondus – exception faite des parenthèses Ould Haidalla et Sidi Ould Cheikh Abdallah – ont invariablement œuvré au maintien et au renforcement de l’option arabe irréversible de la Mauritanie. Une option que même l’opposition dans son écrasante majorité ne remet pas en cause, en dépit des conflits et les risques d’explosion auxquels elle a exposé notre pays en cinquante et une années de vie commune.
L’exacerbation de cette politique raciste, injuste et d’exclusion donnera naissance aux évènements de 1989 et suivants, avec des massacres massifs des populations noires du Sud. Des actes que l’on peine encore à qualifier avec les mots qui conviennent.
La victoire a beaucoup de pères : Génocides reconnus
Historiquement, ce sont les vainqueurs qui ont imposé leur volonté quand il s’est agi de qualifier les faits. Leur camp ayant eu le soutien des instances internationales, quand il ne les a pas créées, pour traduire les bourreaux : le Tribunal de Nuremberg pour qualifier le traitement réservé aux Juifs lors des deux grandes guerres de crime contre l’Humanité, ceux d’Arusha pour le génocide des Tutsi au Rwanda et de la Haye pour le génocide des Musulmans de Bosnie Herzégovine. La Cour Pénale Internationale pour Charles Taylor et récemment Laurent Gbagbo pour les crimes commis contre les peuples Sierra Léonais et Ivoirien respectifs.
La défaite est hélas orpheline : Génocide voilé
Ce qui s’est passé en Mauritanie entre 1989 et 1992 présente toutes les caractéristiques d’un génocide au sens retenu par les Nations Unies en 1948 dont une des conventions reconnait comme tel tout acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Abstraction faite du débat que peut soulever l’usage des concepts renvoyant au nombre de victimes, à l’ethnie, à la race, voire à la religion notamment chez certains scientifiques puristes, cette définition lève toute ambiguïté sur le caractère des massacres commis lors de la période référencée.
Trois facteurs accablants sont à considérer ici, pris séparément ou mis ensemble.
Premier facteur : l’intention (de détruire tout ou partie d’un groupe national). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle y était, on est allé les chercher là ils se trouvaient : villages, lieux de travail (bureaux, écoles et marchés), au sein des forces armées et de sécurité.
Deuxième facteur : le motif apparent pour désigner puis massacrer les cibles, était leur appartenance à une ethnie. A l’exclusion des exécutions au sein de l’armée, les pogroms le long de la vallée ont ciblé les peulhs. La population victime a donc délibérément été sélectionnée (tous ceux qui ont été massacrés avaient la particularité d’être Noirs).
Troisième facteur : ces massacres ont été pensés, planifiés, et exécutés au nom d’une idéologie raciste dont l’objectif était la purification ethnique. Le maître d’œuvre en était le Colonel Ould Taya, conseillé par des idéologues civils se réclamant du Baathisme.
Il en découle que les crimes commis l’ont été sur la base d’une sélection, un tri. Une effroyable opération qui a précédé l’exécution collective des victimes. La sélection confère donc à ces crimes la condition nécessaire de leur qualification en génocide, tandis que le caractère collectif érige le mal en crime d’Etat. Faut-il encore un argument supplémentaire pour convaincre qu’il s’agit bien là d’un génocide. La réponse est assurément NON.
A l’évidence, ce drame est bien issu d’une volonté systématique et planifiée d’extermination. La Mauritanie doit porter un regard apaisé sur son passé d’autant que certaines franges pan arabistes n’hésitent pas à accuser les exilés et déportés Mauritaniens au Sénégal d’avoir participé aux massacres de leurs compatriotes en 1989 dans ce pays, telle la réplique de l’Etat Turc accusant la France de génocide en Algérie en réponse au vote par le Parlement Français, le 22 décembre 2011, de la proposition de loi pénalisant la contestation du génocide Arménien.
Pourquoi alors s’obstine-t-on à utiliser d’autres qualificatifs ?
D’abord parce que les bourreaux sont encore en activité, dans les premiers cercles du pouvoir. Conscients de leur responsabilité certainement directe dans les forfaits commis, ils font tout pour retarder ou empêcher la manifestation de la vérité.
Ensuite, la majorité des partis politiques ont préféré laisser les ONG sous-traiter la question, désertant ainsi cet épineux terrain rendu glissant par sa connexion avec la question nationale. Le débit des autres partis est faible, presqu’inaudible, en raison d’un réseau saturé par des dissensions des associations des victimes.
Enfin les divisions au sein des associations de victimes elles mêmes, liées peut être aux traumatismes subis, sont un pain béni pour les présumés coupables, pourtant répertoriés, qui n’ont eu aucun mal à surfer sur ces divergences pour essayer de passer la solution de cette question par pertes et profits. Victimes et ayant droit s’accommoderont du discours édulcorant les crimes en « passif humanitaire ». En acceptant ainsi de suivre les autorités dans cette démarche, ils espéraient peut-être donner une chance à ces dernières de cheminer vers une véritable réconciliation, impliquant réparations et pardon.
Mohamed Ould Abdel Aziz, qui fut aide de camp du président Ould Taya et commandant du Bataillon de Sécurité de la Présidence de la République (BASEP) de 1987 à 1991 puis commandant du bataillon de commandement et des services à l’Etat Major national d’août 1991 à juillet 1993 selon son cv, aurait été épargné pour accorder une chance supplémentaire à la chance de réconcilier la Mauritanie avec elle-même. Ce fut un coup de poker perdant. La « prière aux morts » qu’il a orchestrée en grande pompe, n’avait d’autres motivations que mystiques. La campagne qui l’a suivie, autour du pardon participait à une démarche de diversion, visant à faire passer les victimes pour des haineux, des rancuniers qui ne pouvaient pardonner. N’entendions-nous pas les chantres de cette campagne répéter à qui voulait l’entendre que « Allah, dans Son infinie bonté, accordait Son pardon à Ses créatures (fautives) qui le Lui demandaient ». Ce qu’ils omettaient de dire, c’est qu’Allah n’a jamais fait de mal à personne. Les victimes des exactions n’ont pas de contentieux avec Allah, mais bien avec des créatures comme elles qui se sont adonnées à des abominations, dont elles doivent répondre ici bas, avant de devoir en rendre compte devant notre Créateur et Ses Anges. Ils semblent être frappés d’amnésie, oubliant que certains de ces crimes ont été commis pendant le mois de Ramadan.
Faute d’avoir pu l’empêcher de se produire, nous n’avons pas le droit de laisser les autorités ajouter au crime la bêtise de le minimiser. En effet, les expressions utilisées pour qualifier ces faits de « passif humanitaire », l’ont été, parfois sous la pression des bourreaux et de leurs amis au pouvoir. Comme si ce qui s’est passé n’était pas suffisamment grave pour mériter d’être qualifié autrement.
Le « passif » (et l’ « actif »), usité en comptabilité ou en grammaire, ne peut ni ne doit en aucun cas être employé pour parler de cette abomination. On est en politique. En politique, comme en tout autre domaine, il est préférable d’utiliser les mots qui conviennent pour désigner les maux causés au risque de tomber dans le négationnisme. Les propos tenus récemment par le Général Meguett en constituent un début de commencement.
Souvenons nous qu’Hitler, tirant la leçon de la non application des résolutions du traité de Sèvres, signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l’empire Ottoman, qui prévoit la mise en jugement des responsables du génocide arménien, aurait lancé en 1939 « Qui se souvient des massacres des Arméniens » à la veille de massacrer les handicapés, l’extermination des Juifs viendra deux ans plus tard.
Rappelons aussi que le général père de la nation Turque, Moustapha Kemal avait pris soin de faire voter une amnistie générale des dits crimes le 31 mars 1929. En Mauritanie le colonel Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya a fait voter une loi d’Amnistie de ses crimes, adoptée en 1993 par une Assemblée à ses ordres. La tentation de tracer un trait sur les faits était déjà là. Le temps ne doit donc pas avoir de prise sur notre détermination et notre volonté à œuvrer pour la reconnaissance de ces crimes en génocide et la traduction pendant qu’il encore temps de leurs commanditaires devant la Cour Pénale Internationale.
Est-il possible d’éviter à notre pays un futur incertain?
Les mauritaniens peuvent-ils s’arrêter un instant pour s’accorder sur l’essentiel en vue de construire un destin commun ? Quel modèle pour la Mauritanie : Etat unitaire, Etat fédéral ? Ancrage dans le monde Arabe ou dans l’Afrique noire ? Trait d’union ?
Quoi qu’il en soit, nul ne peut gouverner paisiblement notre pays en méconnaissance totale de son histoire ou au mépris de celle-ci, faite de recompositions, de brassages, de mélanges de sociétés si différentes que tout éloignait au début, mais qu’il faut désormais administrer harmonieusement selon un principe si simple de justice et d’égalité, non pas de principe, mais d’égalité effective. Pour cela l’armée au pouvoir depuis 1978, n’ayant pas vocation à faire de la politique et considérée comme comptable et responsable de ce génocide, n’est pas qualifiée à diriger la Mauritanie.
Monsieur Kelman, maintenant vous savez.
Ciré Ba et Boubacar Diagana – Paris, le 22 juin 2013.




