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FLAMNET-AGORA: Quand Biram Ould Dah et son INAD-MC défendaient les acquis démocratiques de Ould Taya
Biram Ould Dah ould Abeid, je vois que vous ne résistez pas à la tentation de « tuer le père » pour exister.
Malgré les initiatives de bonne volonté, malgré la mansuétude dont Messaoud fait preuve à votre égard, vous n’arrêtez pas de vous en prendre à lui chaque fois que vous avez l’occasion de cracher votre venin dans un micro. Mais vous poursuivez un fantôme. Si vous avez le courage de vous prononcer aujourd’hui c’est parce que des gens comme Messaoud Ould Boulkheir ont sacrifié leur vie pour que des gens comme vous puissiez être libres. Vous pouvez remuer ciel et terre mais vous n’atteindrez pas Messaoud Ould Boulkheir à la cheville. A vous entendre, personne n’a rien fait avant vous. C’est comme si la lutte pour la libération des hratines n’a commencé que depuis que Biram s’est réveillé en 2008 !
Depuis que vous avez fait irruption sur la scène médiatique en Mauritanie, vous vous êtes spécialisés dans la surenchère, l’entourloupe, l’amalgame et la théâtralisation outrancière. Mais votre zèle n’a pour seul objectif que de cacher votre compagnonnage coupable avec le régime le plus sanguinaire que la Mauritanie ait jamais connu. Malgré vos dénégations, je vais vous rafraîchir la mémoire. Contrairement à ce que pensent beaucoup de Mauritaniens qui ne vous connaissent que depuis 2008, IRA n’est pas votre première Initiative. Sous le dictateur Ould Taya, vous étiez à la tête d’une organisation obscure dénommée Initiative pour la Défense des Acquis Démocratiques – Mouvement Citoyen (IDAD-MC).
Après la seconde tentative de prise du pouvoir par les Cavaliers du Changement, vous avez publié un communiqué dans lequel vous écriviez, je cite (y compris avec les fautes) « Il est maintenant claire, qu’une frange de notre élite politique et militaire privilégiée sur les plans social, matériel, politique et militaire, a tendance à s’inscrire en faux, et par la violence aveugle et destructrice, au grand projet de modernisation sociale, politique et économique conduit par le Président de la République Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya » fin de citation.
Ce communiqué, vous le savez et les archives existent, vous l’avez publié le 15 aout 2004.
Dans la foulée, vous aviez fait une déclaration à la télévision mauritanienne toujours pour apporter votre soutien « à son excellence Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya, père de la démocratie mauritanienne, grand bâtisseur. ». Et ceux qui vous connaissent et qui connaissent vos pérégrinations savent qu’avant de poser votre baluchon sur la juste lutte des hratines contre l’esclavage, vous aviez essayé de tirer du système tout ce que vous pouviez lui soutirer. Vous avez suivi Zein Ould Zeidane pendant sa campagne et vous avez fait des mains et des pieds pour aller à la Commission Nationale des Droits de l’Homme. En réalité vous ne vous êtes radicalisé que quand vous avez échoué à obtenir le poste que vous convoitiez.
Biram, vous êtes un danger pour les militants sincères parce que vous ne vivez que de l’imposture, du mensonge, de la brutalité, de la menace, de l’invective. Les journalistes, les opposants, les militants des droits de l’homme qui mangeaient la poussière quand vous fricotiez avec Ould Taya sont tous aujourd’hui vos cibles préférées. Comment voulez-vous que les personnes conscientes et qui tiennent à la liberté n’aient pas peur de vous?Vous présentez tous les signes d’un futur tyran si jamais (mais Allah sait ce qu’il fait) il vous arrivait d’avoir un minimum de pouvoir.
Expliquez-nous un peu comment vous gérez IRA, comment vous tyrannisez ses militants, comment vous vous comportez avec certains d’entre eux comme un esclavagiste ayant droit de vie et de mort. Mais des gugus comme vous, on en a vu beaucoup. Ils ont cru que la cause des hratines était un fleuve dans lequel chacun pouvait venir se servir et partir. Ils se sont servis au lieu de servir la cause. Tôt ou tard vous serez démasqués. Les illuminés qui vous suivent aujourd’hui n’ont pas encore compris quel personnage vous étiez. Quand ils comprendront on verra la suite.
Mohamed Ould Boilil
Source : Kassataya.com
FLAMNET-AGORA: KHOUTBA DU VENDREDI : DANS LES YEUX D’UN CHEF…
Pour choisir un chef, il faut toujours suivre son regard, car c’est dans son regard que se trouvent logées toutes ses capacités à diriger, le processus et la durée de sa maturation, enfin sa vraie nature tout au bout du chemin parcouru avec lui. Même si l’accompagnement n’a duré qu’une petite heure. Elle renseigne toujours. Car des traces subsistent et on se les remémore toujours. Elles sont insidieuses.
Un chef est surprenable aussi bien dans sa gestuelle que dans son grognement perpétuel. Et tous les mouvements qu’il exécute en public déterminent sa carrure, mais aussi peut renseigner sur ses possibles déviances. Le débit de son discours trahit le ton avec lequel il commande, et donne des ordres sans se rendre compte que ses gestes sont exagérés, son chuchotement dangereux, car il peut finir toujours par une prise de parole alors qu’il est normalement en posture d’écoute. Donc nous pouvons y déceler ce terrible manque de sérénité et un penchant pour la précipitation. Alors que la sérénité commande l’intelligence, car c’est elle qui se rend sur les tables où les compromis se décident. Sans cela, le chef risque de prendre des décisions tout seul et là l’autoritarisme advient comme une fécondation in-vitro.
Être chef, est un réel poids qui énerve, use et finalement dévoile toutes les faiblesses de l’homme qui pense être désormais investi d’une mission presque divine. Erreur fatale quand on met en place l’utopie de l’impossible dans le combat pour lequel nous optons. Le messie doit mourir en nous dès que nous nous mettons en posture de diriger les hommes, parce que tout simplement le principe de l’interchangeabilité doit primer pour mieux relativiser la capacité de toujours tenir la flamme. Les vents internes sont plus destructeurs, ce sont des ouragans comme ceux des Caraïbes.
Il n’est pas donné à n’importe qui d’être chef. Ses yeux ne doivent jamais briller ni être gros aux cils et sourcils touffus. Son visage ne doit jamais être toujours fermé comme pour signifier l’intransigeance. Cette attitude rend compte de la figure d’une momie. Son sourire doit toujours illuminer ou le paraître, ses lèvres bien rendues et non gonflées comme pour signifier le dépit. Sobre en tout, le chef doit donc être mesuré dans ce qu’il prononce, car les interprétations sont libres et logiques. Parce que la rumeur est destructrice de l’aura acquise dans le temps de l’infini parcours vers la prise de conscience. Humilité et détachement doivent servir de tapis qui, toujours, se déroulent pour limiter les dégâts provoqués par une chute éventuelle.
De toutes les façons personne n’est si vierge que ça au point de se permettre un seul petit degré d’amnésie, « les eaux de l’oubli » sont toujours troubles. Les réponses évasives et la désinvolture qui les accompagne figurent les contours du mépris. Ce que le chef doit impérativement éviter, car le piège à tendance à se refermer sur sa seule personne.
Dans sa démarche, le chef ne doit pas ramener, par sa main gauche ou droite, ceux qui l’accompagnent et qui le dépassent d’un pas. Ce n’est pas son rôle de remettre l’ordre dans la marche de la foule par des actes, mais par une pédagogie d’ensemble partagée et réfléchie. Il doit accepter d’être entouré jusqu’à se sentir dans un étau bien serré, car là nous comprendrons que celui qui dirige ne doit pas étouffer quand il y a affluence. Pour ce faire, il doit être agile et souple même s’il traîne une bedaine. Sinon l’embourgeoisement attirera l’attention de la foule en présence, et elle se dira que trop de graisse tue le chef. La vanité est donc un ennemi redoutable, car elle entame la personnalité et détruit le socle de modestie sur lequel doit prospérer son aura.
Un chef doit maîtriser son souffle quand il parle pour, que même dans la colère, qu’il puisse être saisi quand il déroule son discours. Dans ce cas, il doit éviter les réflexes et cultiver l’intuition pour mieux diffuser et maintenir la flamme de son pouvoir de guide respectueux et respecté à la mesure de la mission qui lui est confiée. Un chef doit être très déférent, puisque c’est cela qui rassure les militants intelligents, les sympathisants nationaux comme internationaux et les futurs partenaires pour la gouvernance de la cité. Parce que tout simplement le pouvoir sera, obligatoirement, partagé car la démocratie n’a jamais atteint le record des 100% même aux temps des dictatures les plus loufoques. Elles acceptaient l’existence de 2% d’insoumis dans le corps électoral qui leur a permis de réajuster leur siège. Donc un chef averti doit avoir ce regard calculateur, certes, mais qui lui permettra d’appliquer ne serait-ce qu’une partie de son programme. Il doit donc cultiver la générosité mais être intransigeant quand le contexte le demande. Tout avoir ne peut être qu’une éventualité, car s’accaparer de tout conduit à la dictature et aux restrictions des libertés individuelles.
Un chef aux yeux hagards, les gestes vigoureux, la voix caverneuse, le discours menaçant est prédestiné à occuper ce siège où le simple doigt indique la direction. Cela s’appelle agir comme un dresseur de cirque. Alors que les militants ne sont pas une simple foule d’incrédules venus suivre un rêveur solitaire qui continue de faire le désert autour de lui. La solitude dans l’exercice du pouvoir utilise les ressources de la tactique alimentée à une banalisation outrancière des autres. Erreur de programme, de discours et de comportement qui détruit la noblesse d’une lutte.
Les gloires et les médailles recensées ne doivent pas toujours être exposées à l’air libre ; sinon elles s’usent d’elles-mêmes et perdent leur part dans la construction du mythe fondateur des adhésions. D’ailleurs elles sont faites pour tuer en soi ce surmoi égoïste. Un guide se fabrique dans l’humilité et les reconnaissances constituent des charges et non des sinécures pour imposer sa stature présente au monde avec mépris. Brûler les étapes de l’initiation débouche sur la médiocrité intellectuelle et la pauvreté du caractère. Donc le chef doit s’en méfier comme si c’était une peste.
L’impatience n’est pas une vertu qu’un chef doit toujours arborée. Elle le conduit directement dans un précipice dangereux, et son corps risque – dans ce cas -de faire l’objet de tous ces regards qui afflueront pour constater les dégâts induits par ce qui ressemble à une véritable immaturité et un manque de vision stratégique. Voilà ce que je vois dans les yeux d’un chef qui emprunte le chemin qui mène au sable mouvant de la démultiplication des fronts contraires. Un chef doit éviter de se métamorphoser en cible. Il doit respecter les règles de la bienséance sinon son bouclier s’effiloche et les balles l’atteignent et donc, comme je viens de le dire, la foule se presse pour enterrer ses restes.
À tous nos chefs, je dis changer la direction de vos regards et regardez ce que nous regardons, car vous êtes sur le point d’être dépassés.
Excellent ramadan.
Abdarahmane NGAIDE (Bassel), Dakar, le 12/07/2013
FLAMNET-AGORA: KHOUTBA DU VENDREDI : DANS LES YEUX D’UN CHEF…
Pour choisir un chef, il faut toujours suivre son regard, car c’est dans son regard que se trouvent logées toutes ses capacités à diriger, le processus et la durée de sa maturation, enfin sa vraie nature tout au bout du chemin parcouru avec lui. Même si l’accompagnement n’a duré qu’une petite heure. Elle renseigne toujours. Car des traces subsistent et on se les remémore toujours. Elles sont insidieuses.
Un chef est surprenable aussi bien dans sa gestuelle que dans son grognement perpétuel. Et tous les mouvements qu’il exécute en public déterminent sa carrure, mais aussi peut renseigner sur ses possibles déviances. Le débit de son discours trahit le ton avec lequel il commande, et donne des ordres sans se rendre compte que ses gestes sont exagérés, son chuchotement dangereux, car il peut finir toujours par une prise de parole alors qu’il est normalement en posture d’écoute. Donc nous pouvons y déceler ce terrible manque de sérénité et un penchant pour la précipitation. Alors que la sérénité commande l’intelligence, car c’est elle qui se rend sur les tables où les compromis se décident. Sans cela, le chef risque de prendre des décisions tout seul et là l’autoritarisme advient comme une fécondation in-vitro.
Être chef, est un réel poids qui énerve, use et finalement dévoile toutes les faiblesses de l’homme qui pense être désormais investi d’une mission presque divine. Erreur fatale quand on met en place l’utopie de l’impossible dans le combat pour lequel nous optons. Le messie doit mourir en nous dès que nous nous mettons en posture de diriger les hommes, parce que tout simplement le principe de l’interchangeabilité doit primer pour mieux relativiser la capacité de toujours tenir la flamme. Les vents internes sont plus destructeurs, ce sont des ouragans comme ceux des Caraïbes.
Il n’est pas donné à n’importe qui d’être chef. Ses yeux ne doivent jamais briller ni être gros aux cils et sourcils touffus. Son visage ne doit jamais être toujours fermé comme pour signifier l’intransigeance. Cette attitude rend compte de la figure d’une momie. Son sourire doit toujours illuminer ou le paraître, ses lèvres bien rendues et non gonflées comme pour signifier le dépit. Sobre en tout, le chef doit donc être mesuré dans ce qu’il prononce, car les interprétations sont libres et logiques. Parce que la rumeur est destructrice de l’aura acquise dans le temps de l’infini parcours vers la prise de conscience. Humilité et détachement doivent servir de tapis qui, toujours, se déroulent pour limiter les dégâts provoqués par une chute éventuelle.
De toutes les façons personne n’est si vierge que ça au point de se permettre un seul petit degré d’amnésie, « les eaux de l’oubli » sont toujours troubles. Les réponses évasives et la désinvolture qui les accompagne figurent les contours du mépris. Ce que le chef doit impérativement éviter, car le piège à tendance à se refermer sur sa seule personne.
Dans sa démarche, le chef ne doit pas ramener, par sa main gauche ou droite, ceux qui l’accompagnent et qui le dépassent d’un pas. Ce n’est pas son rôle de remettre l’ordre dans la marche de la foule par des actes, mais par une pédagogie d’ensemble partagée et réfléchie. Il doit accepter d’être entouré jusqu’à se sentir dans un étau bien serré, car là nous comprendrons que celui qui dirige ne doit pas étouffer quand il y a affluence. Pour ce faire, il doit être agile et souple même s’il traîne une bedaine. Sinon l’embourgeoisement attirera l’attention de la foule en présence, et elle se dira que trop de graisse tue le chef. La vanité est donc un ennemi redoutable, car elle entame la personnalité et détruit le socle de modestie sur lequel doit prospérer son aura.
Un chef doit maîtriser son souffle quand il parle pour, que même dans la colère, qu’il puisse être saisi quand il déroule son discours. Dans ce cas, il doit éviter les réflexes et cultiver l’intuition pour mieux diffuser et maintenir la flamme de son pouvoir de guide respectueux et respecté à la mesure de la mission qui lui est confiée. Un chef doit être très déférent, puisque c’est cela qui rassure les militants intelligents, les sympathisants nationaux comme internationaux et les futurs partenaires pour la gouvernance de la cité. Parce que tout simplement le pouvoir sera, obligatoirement, partagé car la démocratie n’a jamais atteint le record des 100% même aux temps des dictatures les plus loufoques. Elles acceptaient l’existence de 2% d’insoumis dans le corps électoral qui leur a permis de réajuster leur siège. Donc un chef averti doit avoir ce regard calculateur, certes, mais qui lui permettra d’appliquer ne serait-ce qu’une partie de son programme. Il doit donc cultiver la générosité mais être intransigeant quand le contexte le demande. Tout avoir ne peut être qu’une éventualité, car s’accaparer de tout conduit à la dictature et aux restrictions des libertés individuelles.
Un chef aux yeux hagards, les gestes vigoureux, la voix caverneuse, le discours menaçant est prédestiné à occuper ce siège où le simple doigt indique la direction. Cela s’appelle agir comme un dresseur de cirque. Alors que les militants ne sont pas une simple foule d’incrédules venus suivre un rêveur solitaire qui continue de faire le désert autour de lui. La solitude dans l’exercice du pouvoir utilise les ressources de la tactique alimentée à une banalisation outrancière des autres. Erreur de programme, de discours et de comportement qui détruit la noblesse d’une lutte.
Les gloires et les médailles recensées ne doivent pas toujours être exposées à l’air libre ; sinon elles s’usent d’elles-mêmes et perdent leur part dans la construction du mythe fondateur des adhésions. D’ailleurs elles sont faites pour tuer en soi ce surmoi égoïste. Un guide se fabrique dans l’humilité et les reconnaissances constituent des charges et non des sinécures pour imposer sa stature présente au monde avec mépris. Brûler les étapes de l’initiation débouche sur la médiocrité intellectuelle et la pauvreté du caractère. Donc le chef doit s’en méfier comme si c’était une peste.
L’impatience n’est pas une vertu qu’un chef doit toujours arborée. Elle le conduit directement dans un précipice dangereux, et son corps risque – dans ce cas -de faire l’objet de tous ces regards qui afflueront pour constater les dégâts induits par ce qui ressemble à une véritable immaturité et un manque de vision stratégique. Voilà ce que je vois dans les yeux d’un chef qui emprunte le chemin qui mène au sable mouvant de la démultiplication des fronts contraires. Un chef doit éviter de se métamorphoser en cible. Il doit respecter les règles de la bienséance sinon son bouclier s’effiloche et les balles l’atteignent et donc, comme je viens de le dire, la foule se presse pour enterrer ses restes.
À tous nos chefs, je dis changer la direction de vos regards et regardez ce que nous regardons, car vous êtes sur le point d’être dépassés.
Excellent ramadan.
Abdarahmane NGAIDE (Bassel), Dakar, le 12/07/2013
FLAMNET-AGORA: KHOUTBA DU VENDREDI : DANS LES YEUX D’UN CHEF…
Pour choisir un chef, il faut toujours suivre son regard, car c’est dans son regard que se trouvent logées toutes ses capacités à diriger, le processus et la durée de sa maturation, enfin sa vraie nature tout au bout du chemin parcouru avec lui. Même si l’accompagnement n’a duré qu’une petite heure. Elle renseigne toujours. Car des traces subsistent et on se les remémore toujours. Elles sont insidieuses.
Un chef est surprenable aussi bien dans sa gestuelle que dans son grognement perpétuel. Et tous les mouvements qu’il exécute en public déterminent sa carrure, mais aussi peut renseigner sur ses possibles déviances. Le débit de son discours trahit le ton avec lequel il commande, et donne des ordres sans se rendre compte que ses gestes sont exagérés, son chuchotement dangereux, car il peut finir toujours par une prise de parole alors qu’il est normalement en posture d’écoute. Donc nous pouvons y déceler ce terrible manque de sérénité et un penchant pour la précipitation. Alors que la sérénité commande l’intelligence, car c’est elle qui se rend sur les tables où les compromis se décident. Sans cela, le chef risque de prendre des décisions tout seul et là l’autoritarisme advient comme une fécondation in-vitro.
Être chef, est un réel poids qui énerve, use et finalement dévoile toutes les faiblesses de l’homme qui pense être désormais investi d’une mission presque divine. Erreur fatale quand on met en place l’utopie de l’impossible dans le combat pour lequel nous optons. Le messie doit mourir en nous dès que nous nous mettons en posture de diriger les hommes, parce que tout simplement le principe de l’interchangeabilité doit primer pour mieux relativiser la capacité de toujours tenir la flamme. Les vents internes sont plus destructeurs, ce sont des ouragans comme ceux des Caraïbes.
Il n’est pas donné à n’importe qui d’être chef. Ses yeux ne doivent jamais briller ni être gros aux cils et sourcils touffus. Son visage ne doit jamais être toujours fermé comme pour signifier l’intransigeance. Cette attitude rend compte de la figure d’une momie. Son sourire doit toujours illuminer ou le paraître, ses lèvres bien rendues et non gonflées comme pour signifier le dépit. Sobre en tout, le chef doit donc être mesuré dans ce qu’il prononce, car les interprétations sont libres et logiques. Parce que la rumeur est destructrice de l’aura acquise dans le temps de l’infini parcours vers la prise de conscience. Humilité et détachement doivent servir de tapis qui, toujours, se déroulent pour limiter les dégâts provoqués par une chute éventuelle.
De toutes les façons personne n’est si vierge que ça au point de se permettre un seul petit degré d’amnésie, « les eaux de l’oubli » sont toujours troubles. Les réponses évasives et la désinvolture qui les accompagne figurent les contours du mépris. Ce que le chef doit impérativement éviter, car le piège à tendance à se refermer sur sa seule personne.
Dans sa démarche, le chef ne doit pas ramener, par sa main gauche ou droite, ceux qui l’accompagnent et qui le dépassent d’un pas. Ce n’est pas son rôle de remettre l’ordre dans la marche de la foule par des actes, mais par une pédagogie d’ensemble partagée et réfléchie. Il doit accepter d’être entouré jusqu’à se sentir dans un étau bien serré, car là nous comprendrons que celui qui dirige ne doit pas étouffer quand il y a affluence. Pour ce faire, il doit être agile et souple même s’il traîne une bedaine. Sinon l’embourgeoisement attirera l’attention de la foule en présence, et elle se dira que trop de graisse tue le chef. La vanité est donc un ennemi redoutable, car elle entame la personnalité et détruit le socle de modestie sur lequel doit prospérer son aura.
Un chef doit maîtriser son souffle quand il parle pour, que même dans la colère, qu’il puisse être saisi quand il déroule son discours. Dans ce cas, il doit éviter les réflexes et cultiver l’intuition pour mieux diffuser et maintenir la flamme de son pouvoir de guide respectueux et respecté à la mesure de la mission qui lui est confiée. Un chef doit être très déférent, puisque c’est cela qui rassure les militants intelligents, les sympathisants nationaux comme internationaux et les futurs partenaires pour la gouvernance de la cité. Parce que tout simplement le pouvoir sera, obligatoirement, partagé car la démocratie n’a jamais atteint le record des 100% même aux temps des dictatures les plus loufoques. Elles acceptaient l’existence de 2% d’insoumis dans le corps électoral qui leur a permis de réajuster leur siège. Donc un chef averti doit avoir ce regard calculateur, certes, mais qui lui permettra d’appliquer ne serait-ce qu’une partie de son programme. Il doit donc cultiver la générosité mais être intransigeant quand le contexte le demande. Tout avoir ne peut être qu’une éventualité, car s’accaparer de tout conduit à la dictature et aux restrictions des libertés individuelles.
Un chef aux yeux hagards, les gestes vigoureux, la voix caverneuse, le discours menaçant est prédestiné à occuper ce siège où le simple doigt indique la direction. Cela s’appelle agir comme un dresseur de cirque. Alors que les militants ne sont pas une simple foule d’incrédules venus suivre un rêveur solitaire qui continue de faire le désert autour de lui. La solitude dans l’exercice du pouvoir utilise les ressources de la tactique alimentée à une banalisation outrancière des autres. Erreur de programme, de discours et de comportement qui détruit la noblesse d’une lutte.
Les gloires et les médailles recensées ne doivent pas toujours être exposées à l’air libre ; sinon elles s’usent d’elles-mêmes et perdent leur part dans la construction du mythe fondateur des adhésions. D’ailleurs elles sont faites pour tuer en soi ce surmoi égoïste. Un guide se fabrique dans l’humilité et les reconnaissances constituent des charges et non des sinécures pour imposer sa stature présente au monde avec mépris. Brûler les étapes de l’initiation débouche sur la médiocrité intellectuelle et la pauvreté du caractère. Donc le chef doit s’en méfier comme si c’était une peste.
L’impatience n’est pas une vertu qu’un chef doit toujours arborée. Elle le conduit directement dans un précipice dangereux, et son corps risque – dans ce cas -de faire l’objet de tous ces regards qui afflueront pour constater les dégâts induits par ce qui ressemble à une véritable immaturité et un manque de vision stratégique. Voilà ce que je vois dans les yeux d’un chef qui emprunte le chemin qui mène au sable mouvant de la démultiplication des fronts contraires. Un chef doit éviter de se métamorphoser en cible. Il doit respecter les règles de la bienséance sinon son bouclier s’effiloche et les balles l’atteignent et donc, comme je viens de le dire, la foule se presse pour enterrer ses restes.
À tous nos chefs, je dis changer la direction de vos regards et regardez ce que nous regardons, car vous êtes sur le point d’être dépassés.
Excellent ramadan.
Abdarahmane NGAIDE (Bassel), Dakar, le 12/07/2013
FLAMNET-AGORA: Injustice, La bête sauvage !
Je suis dépassée par les événements qui se sont succédés devant moi à l’ambassade de Mauritanie à Paris, un vieux monsieur, un certain Samba Niang, un magamois, né en 1935, ancien militaire, se présente avec tous ses dossiers au complet, jusqu’à même avoir en sa possession le certificat de décès de ses deux parents, le recensement de 98 aussi bien évidemment sa carte de séjours mais on le rejette quand même parce que tout simplement on lui dit de présenter une sœur ou un frère qui s’est déjà recensé(e) pour qu’on puisse le recenser à son tour, le monsieur n’ayant guère de frère ni de sœur, alors on refuse tout bonne de le recenser en ajoutant que c’est un cas spécial. Qu’est ce que ça veut dire un cas spécial, je n’y comprends plus rien, c’est interdit d’être fils unique ? Lui faudrait-il fabriquer un frère ou une sœur virtuelle ?
Franchement il faut revoir ces conditions d’enrôlement parce que là ça ne va vraiment pas, non seulement, il y’a un manque d’organisation énorme et l’état de l’ambassade n’en parlons pas, des gens viennent à 4h du matin pour se faire recenser mais comme vous savez l’administration mauritanienne aime bien faire la grâce matinée, la commission ne daigne se présenter qu’à 9h, elle papote pendant 1h de temps et décide enfin de prendre la liste des inscrits. Les candidats de cette liste doivent attendre, parce qu’il y’a des gens spéciaux, qu’il faudrait faire passer d’abord sous prétexte qu’ils ont rendez-vous avec tel ou tel autre, bizarre toute cette foule qui entre soudainement et ils ont tous rendez-vous.
Si c’est vrai qu’ils viennent pour d’autre service, pourquoi alors faire attendre la liste des candidats au recensement ? J’ai découvert que c’était un leurre, je les retrouve tous dans la salle d’enrôlement, pauvre de nous qui sommes venus depuis 4h du matin, rien que pour faire parmi cette liste de quarantaine de personne et d’ailleurs sans savoir quelle caprice devrons-nous tolérer encore afin de se faire recenser. J’ai compris qu’une fois de plus que c’est un crime d’être noir en Mauritanie.
Etant étudiante, je viens me présenter avec tous mes paperasses, à savoir le recensement de ma mère, mon acte de naissance, nationalité, passeport, carte de séjours, certificat de décès de mon père, l’on me rejette parce qu’on me demande de fournir une preuve que mon père est bien décédé, quel scandale, ça m’a choquée, je vous avoue que j’ai même pleuré, ayant perdu mon père toute petite, je ne me rappelle même pas la couleur de ses yeux, l’on me demande de justifier que mon père est bien mort, alors là c’est le comble, honteux, sur le certificat de décès que je leur ai fourni tout y très claire, que veulent-ils au juste que je leur fasse le curriculum vitae de mon père qui est nous a quitté il y’a 18 ans.
L’on va finir par dire que je suis raciste et pourtant non je ne le suis pas, notre ambassade est là, elle travaille mais pas pour nous les blacks, je vous conseille avant de s’y rendre, allez-y creuser, fouiller mais ne venez pas sans amener le cv de votre arrière, arrière grand-père, ce n’est pas grave si à l’époque la Mauritanie n’existait pas, l’essentiel c’est que vous soyez capable de le fournir. Ensuite une fois à l’ambassade, pour ne pas perdre votre bonne humeur, veillez fermer vos yeux et boucher vos oreilles, je vous assure mes amis(es) Vous allez voir et entendre des choses qui déplaisent. Et si l’occasion vous ai donné de voir des gens passer devant vous, ne vous inquiétez surtout pas, c’est comme je le disais au plus haut, il y’a des gens spéciaux, en plus de toutes les façons vous aurez beau gueuler, ça ne servira absolument à rien, c’est un consigne et ça vient d’en haut.
J’ai bien envie de changer de registre, donc excusez-moi mais je vais me permettre d’hausser un tout petit peu le ton, il y’en a marre de l’injustice, elle me soûle, n’empêche de m’épanouir, elle me fout la honte partout, elle est sans pudeur vous savez, j’ai une folle envie de la saisir et de l’enfouir au fond de l’océan. Elle est dure à combattre, éparpillée un peu partout dans le monde, elle a finalement retrouvé son royaume en Mauritanie, là bas, c’est elle qui gouverne, elle décide si tu dois faire partie de ce royaume ou pas, c’est elle qui décide pour toi si tu mérites de travailler ou pas, elle est libre par exemple de te caser dans les zones où tu ne te sentirais vraiment pas dans un royaume, ne t’inquiète pas si des eaux usées et polluées viennent retrouver refuge chez toi. Ah j’ai oublié aussi de vous avertir, c’est aussi elle qui décide quand tu dois parler, respirer, boire, manger, enfin bref, disons VIVRE tout simplement.
Gare à vous mes amis(es) si vous dites au génial général président que vous avez droit à la dignité, droit au respect, de vivre comme vous l’entendez, il ne faut surtout pas l’énerver, je vous préviens ce n’est pas dans votre intérêt sinon vous avez ce que vous attend, on vous fout en taule et il faudra beaucoup prier afin de connaitre votre sort, on peut vous détenir sans vous juger, on peut vous torturer, vous humilier mais n’oubliez surtout pas que toute société est grosse de révolution.
Anna GADIO





