Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Réaction : Declaration UFP

altJ’ai du mal parfois à comprendre les communiqués disproportionnés de l’UFP face à des faits divers qui impactent peu ou pas la société Mauritanienne. J’ai du mal à comprendre parce que ce parti regorge de cadres, d’intellectuels renommés capables de faire le discernement et la part des choses.
C’est trop facile pour l’UFP de condamner ce jeune homme mais difficile à ce parti de comprendre la souffrance intérieur de celui-ci. Ils avaient condamnés à mort SyBaSaar en 1987 pour un coup d’état imaginé et jamais exécuté. Ce parti récidive encore par leur communiqué actuel.
Ce jeune souffre tout simplement de la hiérarchisation sociale de notre société. Ceux qui font tel métier sont inférieurs aux autres qui ne font rien parfois ou qui font tel autre métier etc. Cette souffrance qui découle de la classification de la société mauritanienne est faite par les mauritaniens et cela n’a aucun rapport avec notre religion l’islam.

Ce jeune homme qui souffre, s’égare quand il essaie d’analyser les décisions du prophète sallahou Alleyhi wa salam en son temps. Ce qu’il n’a pas compris c’est que notre prophète est un être humain et surhumain à la fois. Il est humain parce qu’il est comme nous et surhumain parce qu’il porte une mission divine. Il voyait ce qu’on ne pouvait pas voir, il entendait ce qu’on ne pouvait pas entendre et il savait ce qu’on ne pouvait pas savoir. Ces décisions sont dans l’intérêt de l’islam et l’humain que nous sommes. On ne peut pas analyser les jugements de quelqu’un qui connait notre présent et notre avenir sur cette terre. Pour étayer ce que je dis, dans le coran il est dit qu’il nous arrive de solliciter notre bon dieu pour quelque chose qu’on croit bon pour nous alors qu’il s’avère être mauvais pour nous ou qu’on lui demande de nous repousser quelque chose qu’on croit mauvais pour nous alors qu’il s’avère être bon pour nous. Allah choisit bien entendu ce qui est meilleur pour nous. Cela ne se discute pas c’est comme ça. Le prophète choisissait ce qui était meilleur pour nous et il n’est en rien responsable des injustices au sein de notre société.

Il y’a des peuples discriminés partout à travers le monde (les intouchables en inde, les aborigènes en Australie, etc …) sans que cela soit en rapport avec la religion.

Source: Koddaba@gmail.com

 


Dimanche 12 Janvier 2014

Boolumbal Boolumbal

Réaction : Declaration UFP
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La honte toujours recommencée*: Par Abdoulaye Ciré Ba

Avertissement

Des militants d’organisations de droits de l’homme, parmi lesquels des dirigeants de l’IRA-Mauritanie ont été, si l’on en croit les témoignages vidéo, agressés par les forces de l’ordre, aux environs de Wocci, dans le département de Bababé (Brakna). Leur crime ? Avoir voulu rendre hommage aux victimes des « événements » des années 89-91, et se prosterner, du moins symboliquement, sur les charniers de Wocci où certaines d’entre elles furent ensevelies.

Les « pélerins » de Wocci devraient pourtant s’estimer heureux. Á la différence des victimes des “années noires” qui ne sont plus que des restes pitoyables couchées dans les charniers de Sori Malee, Wocci, Azlat ou Inal, mortes sans avoir su pourquoi, eux savent les raisons de la brutalité de leurs agresseurs.

Leur acte comme la réaction des forces de l’ordre, c’est-à-dire de l’État, montrent que si l’ombre est toujours au dessus de nous et dans nos têtes, la lumière est aussi en nous, et en dehors de nous, et que chaque parole et chaque acte de liberté et de justice la fait grandir.

J’ai fait partie, en juillet 1992, des découvreurs d’un des charniers de Wocci (il yen a probablement d’autres), et au retour de cette découverte, j’ai écrit un article sur le sujet, que le journal Al Bayane m’a fait l’honneur de publier. Je livre à nouveau cet article, en guise de solidarité avec les militants brutalisés, et pour l’éclairage des jeunes nés après 1980, mais aussi de nombre de leurs ainés, abusés, en majorité, par le discours chauvin officiel et l’ambiance délétère de l’époque, ou simplement ignorante des faits ou, pour certains, consciemment sourds, aveugles et complices.  

Et, évidemment, je ne m’excuse pas pour ceux qu’un tel rappel pourrait déranger.

 

La honte toujours recommencée*

Par Abdoulaye Ciré Ba

Le soleil n’était pas encore levé, mais la matinée s’annonçait lourde. Nous avions quitté le village de Waalalde* à l’aube. Les terres du waalo s’étendaient devant nous en un ruban long et étroit, coincé entre l’oued de Wabbunde et le fleuve Sénégal. Au bout de la plaine, une ligne sombre d’arbres obstruait l’horizon. « La foret classée de Waalalde », m’informa un de mes compagnons.

Contournant celle-ci par le nord, nous pénétrâmes, au bout d’une demi-heure de marche, dans un petit bois. Cela semblait le vestige d’une vieille forêt. Une profusion de souches indiquait que bûcherons et charbonniers y avaient fait des coupes claires. Quelques bosquets touffus donnaient à la forêt meurtrie les allures d’un maquis en débandade.

Nous nous arrêtâmes devant un petit tertre. Au dessus de nos têtes, les chants des oiseaux, qui quelques instants plus tôt vrillaient l’air de leur stridence, s’étaient brusquement tus. «C’est là», dit un de nos guides. «Là», selon nos informations, se trouvait une fosse commune renfermant, les restes de victimes d’exécutions extra judiciaires, au cours de l’année 1990.

Il n’y eut pas besoin de creuser profond. Quelques ossements épars heurtés par nos outils nous avaient déjà convaincus de la réalité que nous redoutions. Puis deux, trois pelletées, et un crâne surgit, figé dans un sourire maculé de boue. Ensuite, l’insoutenable tâche de libérer les restes de leur gangue de terre.

Quatre squelettes entremêlés dans une même fosse. Enterrés. Non, ensevelis. Jetés dans un vague trou, comme on se débarrasse de bêtes mortes, et hâtivement recouverts d’une pellicule de terre. L’un des crânes porte deux trous, immédiatement visibles. Un sur la tempe, le second, au bas de la mâchoire inférieure. Ils sont trop nets et trop précis pour être naturels. Sans aucun doute, des impacts de projectiles provenant d’armes à feu.

Plus loin, un autre tertre, plus petit. Et la même horrible tâche recommencée. Une tombe, si on peut appeler ainsi ce qui est à peine un trou. Dedans, un corps. Un seul, réduit à un tas d’ossements. Sur le sommet du crâne, image incongrue, presque indécente, une épaisse touffe de cheveux semble prolonger un souffle depuis longtemps éteint. Dérisoire et vaine obstination de la vie face à l’éternité inexorable de la mort.

Mes compagnons sont des habitants de Waalaldé. Ils n’ont aucune difficulté à «identifier» ces ossements. On dirait même qu’ils les reconnaissent. Ils parlent de ces squelettes tragiques comme s’ils étaient encore des hommes de chair et de sang.

« Celui-là, seul dans sa tombe, dit quelqu’un, s’appelle Sy Kalidou Samba. Au village nous l’appelions Baarka Téné. C’était un handicapé mental. Il avait l’habitude d’aller d’un village à l’autre, sur les deux rives du fleuve. A peine savait-il ce qu’était une frontière. L’interdiction de traverser le fleuve lui pesait plus qu’à nous tous. »

« Un jour, c’était, je crois, au début du mois de Ramadan, en 1990, nous l’entendîmes crier. Il était comme enragé. Il hurlait que les hommes du village étaient des gens sans courage. Et que lui traverserait le fleuve. Qu’il y avait trop longtemps qu’il n’avait aucune nouvelle de ses parents sur l’autre rive. Nous tentâmes de le calmer, mais il repoussa violemment ceux qui essayèrent de le retenir. Il était d’une force physique peu commune. Il descendit à grandes enjambées la dune et se dirigea vers le fleuve. Une rafale d’arme automatique l’abattit. Les soldats qui avaient tiré arrivèrent quelques instants plus tard, jetèrent son corps dans leur véhicule, et prirent la direction de leur camp ».

Nous écoutions dans un silence profond.

« Pauvre Baarka ! Les enfants le moquaient pour sa grosse tignasse hirsute et sale. Et voyez, la terre elle même n’aura pas réussi à lui arracher sa folle chevelure!»

Je sentais chez mes compagnons une espèce d’impatience, comme si en eux une digue se rompait. Comme si ces mots, et le spectacle macabre sous leurs yeux, avaient libéré un désir de parole trop longtemps et trop durement réprimé.

 « Cela s’est passé sous nos yeux! »

 « Presque tout le village était là »

« On l’a abattu sans sommation! »

« Ils ont tué un fou qui voulait seulement saluer ses parents sur l’autre rive! »

Une voix s’éleva, tonnant comme une protestation.

« Baarka Téné n’était pas un fou, c’était un simple d’esprit, un innocent.» La personne qui parle est la seule femme du groupe. Aïssé Houraye est un petit bout de femme, légèrement boulotte. Mais sous ses apparences rondouillardes, on devine une indomptable énergie. «Ceux qui l’ont tué, eux, sont des fous et des criminels.»

Un silence s’établit, profond. Nous avions besoin d’assimiler les implications de ces dernières paroles. Leur évidence émerge peu à peu, et c’est une amère et triste vérité : pour les chauvins et les racistes invétérés, et pour leurs exécuteurs, il est plus facile, et infiniment plus profitable et gratifiant, d’abattre un Négro-africain que d’essayer de faire entendre raison à un demi fou exalté.

Et pourtant, soulignent les habitants de Waalaldé, suite aux doléances des villageois, le ministère de l’Intérieur, avait accordé à ceux-ci une autorisation permanente d’accès au fleuve, entre 7H et 18H (Il n’existe pas de puits dans le village; le fleuve est l’unique possibilité de ravitaillement en eau).

C’est encore le fleuve, une dizaine de jours après ce qu’il faut bien appeler l’assassinat de Baarka Téné, qui sera le prétexte aux événements qui conduiront les quatre autres dans cette fosse commune au dessus de laquelle nous sommes comme pétrifiés.

Si les détails do la mort de Lô Boubacar Hamat, Dia Hamadi Amadou, Sow Demba Moussa et Niang Hamet Amadou restent du domaine des conjectures, les circonstances de leur arrestation sont parfaitement connues.

« Cela s’est passé le 14 avril 1990, soit le 18e jour du mois de Ramadan” (quelle force impie et maléfique pousse donc, depuis avril 1989, les chauvins de ce pays à souiller de sang innocent, avec une si farouche constance, le mois béni du Rama­dan?)

Altiné Mayram Sarr, veuve de Niang Hamet Amadou (dit Samba Djenga) :

« Ce matin là, ces quatre hommes s’étaient rendus à l’enterrement d’un habitant du village. A la fin de la cérémonie, ils allèrent se baigner au fleuve. C’est à leur retour, au moment où ils atteignaient les premières maisons, qu’ils furent interpellés par une patrouille militaire. Ils hésitèrent un moment sur la conduite à suivre, et c’est mon mari qui persuada les autres qu’ils avaient le devoir d’obéir à l’autorité. Nous étions là quand les soldats les conduisirent à la base » (établie à l’époque dans le bois même où nous nous trouvions. La fosse commune et la tombe sont situées à environ cinquante mètres au sud-est de l’ancien emplacement de la base).

« Il était exactement 14 H 15 quand ils les emmenèrent », précisa un autre.

Nul au village ne devait les revoir vivants.

Le lendemain de leur arrestation, des habitants entendirent des détonations provenant de la base. Quatre, selon certains, beaucoup plus, selon d’autres .Mais personne no pensa que l’irréparable était déjà accompli. Un silence de plomb s’abattit sur le sort des disparus. A peine rompu par quelques rumeurs.

« Des gens nous ont affirmé qu’ils avaient été tués. Puis, les mêmes, et d’autres nous ont dit que non. Qu’ils étaient encore en vie, qu’ils avaient été transférés à Bouhdida, qu’ils avaient été vus à Civé, travaillant dans des champs… »

Rumeurs mensongères, probablement véhiculées par les assassins eux-mêmes. Mais parents et proches s’accrochaient à ces lambeaux d’espoir. Aujourd’hui, l’espoir eut mort. Aussi mort que ces quatre squelettes disloqués, dispersés aux quatre coins d’une fosse ouverte qui semble demander justice au ciel.

Aïssé Houraye reprend la parole.

« Ces hommes, je les connaissais comme on connaît un voisin, un ami, un parent très proche. Ils étaient tout cela pour moi. Celui-ci – elle indique un des squelettes – était mon cousin ; l’autre là-bas, était le cousin de mon mari… Il y a longtemps que je sais qu’ils sont morts. Dès que j’ai entendu les détonations venant du camp, j’étais convaincue qu’ils avaient été tués. Je ne pouvais, je n’osais rien dire. Leurs parents, leurs épouses espéraient encore un miracle. »

 Les preuves formelles manquent cruellement. Le mystère demeure entier pour la période qui sépare l’arrivée, sous bonne garde, des quatre hommes dans la base et celui où on les fit passer de vie à trépas (après quels tourments?). Qui les reçut, qui les interrogea? Furent-ils libérés? Si, oui, pourquoi nul ne les revit-il? Sinon, qui décida de leur sort? Quel tribunal les jugea?

Ces questions devront bien un jour trouver réponse.

Des réponses qui jusqu’ici sont refusées aux parents et aux épouses de ceux qui sont maintenant passés du statut de disparus à celui de défunts. Obstructions, réponses dilatoires, fins de non-recevoir. Lô Kadjata Hamat, épouse de Dia Hamadi Amadou, et sœur de Lô Boubacar Hamat, a parcouru toutes les étapes de ce parcours d’humiliations.

« J’ai vu le préfet de Bababé, le gouverneur du Brakna. On m’a reçu avec de bonnes paroles, ou on m’a menacée Je me suis rendue à Nouakchott. Je me suis adressée à l’état major de l’Armée, car mon mari et mon frère étaient tous deux d’anciens militaires. On m’a promis une enquête, mais ce n’était que duperie. J’ai contacté un avocat, il s’est révélé incapable de m’apporter la moindre information. Au ministère de l’Intérieur, une secrétaire, Haal- pulaar de surcroît, m’a honteusement renvoyée. Il n’y a qu’auprès du collectif des veuves des victimes de la répression que l’on m’a manifesté de la solidarité. »

Niang Hamet, 48 ans l’année de sa mort, était père do huit enfants. Simple cultivateur, il n’avait que rarement quitté son village. Les trois autres étaient d’anciens militaires. Lô Boubacar Hamat était adjudant dans la marine. Dia Hamadi Amadou était gendarme, et Sow Demba Moussa, garde national.

Soupçonnés d’avoir participé à une tentative de coup d’Etat fomenté par des éléments négro-africains, ils avaient été victimes des grandes purges de 1987-1988. Radiés de leurs corps, ils avaient été assignés à résidence à Bababé. Relâchés en 1989, et rendus à la vie civile, ils étaient retournés dans leur village.

Emmenés de force dans un camp militaire, le 14 avril 1990 et  – c’est  jusqu’à preuve du contraire, l’hypothèse la plus vraisemblable – exécutés, avec leur compagnon, le 15 avril, à l’aube, par leurs anciens frères d’armes.

Tragiques et singuliers détours du destin.

Les humains meurent de tout. D’un mauvais rhume comme d’un accident de train, d’un cancer comme d’une noyade. Mais il faut que la malignité et la bêtise propres à l’homme s’en mêlent pour que quelqu’un soit tué pour s’être baigné dans un cours d’eau. Et surtout, il faut que la bêtise se mue en haine, que la haine soit élevée au rang de politique d’exclusion, que celle-ci contamine les secteurs déterminants de l’État, pour que des citoyens soient massacrés pour s’être baignés dans un cours d’eau sous le prétexte viril que ce cours d’eau est une frontière, que ceux d’en face sont de prétendus ennemis, et que les prétendus alliés objectifs des prétendus ennemis sont « expulsables » et « exécutables » à merci.

Cette logique d’apparence guerrière, camoufle bien mal des motifs moins avouables. Mais elle a fonctionné, et fonctionne encore, avec une effroyable efficacité. Ce soir, demain, tout peut recommencer.

Même si, malgré tout, les choses changent. Même si la peur s’est momentanément éloignée, si les cœurs s’affermissent, si les langues se délient et que la liste des tués et des disparus s’allonge, à Waalalde comme ailleurs, en une monotone et douloureuse litanie.

Abou Saara Diop, 30 ans, parti chercher du bois, abattu par des gardes qui, pour faire bonne mesure, tuèrent aussi son âne. Sans doute voulaient-ils éviter au pauvre anima! le chagrin de se savoir désormais sans maître. La dépouille d’Abou Saara resta deux jours au soleil. Sa vieille mère dut se rendre à Bababé, adresser une supplique au préfet. Celui-ci (les habitants du département vantent encore ses qualités humaines) se rendit sur les lieux, et autorisa l’enterrement du corps dans le cimetière du village.

Aliou Poulal et ses deux compagnons, arrêtés dans le village par des gardes. Motif : ne sont pas originaires de Waalalde. Embarqués dans un véhicule militaire qui quitte aussitôt les lieux. Destination inconnue. Personne, à ce jour, ne les a revus.

Deux jeunes gens qui avaient assisté à la scène, et tenté de défendre les victimes, sont interpellés. Les gardes placent le village devant un choix : payer une amende collective de 18 000 UM, ou voir les deux jeunes gens subir le sort de ceux qu’ils tentaient de défendre. Le village a payé.

Et d’autres, et d’autres encore.

En deux sombres années, la rive droite du fleuve est devenue un immense charnier. Des dizaines de fosses communes restent à découvrir, des centaines, des milliers de squelettes blanchis à exhumer, qui diront, mieux que tout, le martyre atroce de communautés entières, la profonde blessure faite au peuple de ce pays et à son unité. Il y va de notre dignité et de notre avenir.

Nous avons refermé la fosse et la tombe. Dans quelques jours, les villageois procéderont aux transferts des cendres au cimetière de Waalaldé. Nous quittons lentement le petit bois. Derrière nous, les oiseaux ont repris leurs pépiements joyeux. Nos cœurs à nous résonnent de chants de deuil. Devant nous, la mosquée semble écraser les maisons du village de sa masse immense, ses minarets flamboyant dans la blancheur du soleil.

 

A.C.B.

Nouakchott, juillet 1992

 

  • Cet article a été publié dans l’hebdomadaire Al Bayane (n° 33, du 29 juillet 1992). Le titre de l’article est dû à la plume inspirée de Habib Ould Mahfoud

  • Walaalde est le nom historique) du village de Wocci. Avec son village-jumeau, sur la rive gauche du fleuve (qui porte toujours leur nom originel), il formait la double capitale des farbas du Laaw.

  • PS : Wocci (Waalalde) est le village natal du deuxième personnage officiel de l’État, le Président du Sénat, son excellence M. Dieng Boubou Farba.
  •  
  • SOURCE: LA PAGE FACEBOOK DE ABDOULAYE CIRÉ BA.

 

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Flamnet-Agora: De la participation de l´AJD/MR aux élections et les attaques racistes de Ould Mah par Mamadou Barry

altCe premier janvier 2014 marquera une situation inédite dans la vie politique en Mauritanie. En effet, pour la première fois l’Assemblée Nationale mauritanienne accueillera un nombre représentatif d’un parti politique qui est résolument inscrit dans la lutte contre les injustices et pour l’égalité entre les différentes communautés de la Mauritanie en vue du règlement de la question nationale. C’est l’occasion pour moi de féliciter et d’encourager ces représentants de l’AJD/MR qui ont été investi de la confiance du peuple pour porter leurs intérêts très haut au sommet du pouvoir mauritanien.

Il faut reconnaître aux dirigeants de ce parti de cette avancée méritée, car ce n’était pas du tout évident au début de ce processus électoral. Le parti d’AJD/MR faisait face aux difficultés de moyens financiers énormes et d’un déficit déjà préétabli de leur électorat lié aux problèmes d’enrôlement d’un nombre important de la population noire mauritanienne. C’est pourquoi certains ont fondé leurs critiques de la participation de l’AJD/MR aux élections sur ces difficultés réelles précitées. Puisqu’ils ne pouvaient pas imaginer que le parti allait gagner de sièges dans ces conditions très défavorables. D’autres plus méchants que critiques ce sont attaqués au Président du Parti, Ibrahima Moctar Sarr en lui qualifiant d’opportuniste, non mauritanien et raciste.

Si je ne peux intervenir dans un différend qui oppose certains membres de l’organisation à leur direction, par contre je ne peux rester indifférent aux attaques racistes de certains compatriotes contre la personne d’Ibrahima Moctar Sarr. En effet, Mohamed Mahmoud Ould Mah saisissait les prétextes de la disparition de Nelson Mandela et les élections législatives et municipales en Mauritanie pour lancer des diatribes contre le président de l’AJD/MR. Alors, Dr Ould Mah nous dit qu’il profitait de l’occasion de ‘’la mort de Nelson Mandela pour évoquer deux questions liées d’ailleurs entre elles : la contribution de notre pays à la lutte de libération de l’Afrique du Sud, notamment par la fourniture de passeports de voyage pour les militants de l’ANC et une lettre de Mr Ibrahima Moctar Sarr à Nelson Mandela’’. En parcourant rapidement son texte, on se rend compte immédiatement de l’intention malveillante de son auteur tellement que le déséquilibre est évident. En effet sur un texte de vingt-deux paragraphes, six petits paragraphes étaient assignés aux biens faits de notre pays pour la libération des peuples étrangers discriminés et les seize paragraphes restants étaient consacrés à la destruction de la personnalité du président de l’AJD/MR.

Ainsi, Ould Mah disait tout dans l’intention de minimiser, ridiculiser et humilier Président Sarr. C’est dans cette optique qu’il accouchât les phrases suivantes : ‘’Ibrahima Moctar Sarr cherche à s’identifier à Mandela…’’, ‘’les propos concernant Baba Maal est un tissu de mensonges’’. En plus il qualifie Mr Sarr d’incapable de différencier le Président Nelson Mandela avec toute autre personne ordinaire du coin.

De ces assertions, je tire les conclusions suivantes : si Ibrahima Moctar Sarr voulait se comparer avec Nelson Mandela, il y’a bien des éléments objectifs qui lui permettraient de le faire : d’abord, tous les deux ont vécu dans des pays oppressifs et ils ont politiquement et physiquement soufferts et que chacun d’eux a combattu pour se libérer et libérer leur peuple. -Et qu’IMS continue toujours le combat. Ensuite tous les deux ont subi les affres de la prison, Mandela libéré après 27ans, tandis que Président Sarr (sans exagération de ma part) se trouve dans une situation de prisonnier depuis 1960. Et que la prison de Walata (1986-1990) ne constituait que la matérialisation cynique de l’enfer carcéral déjà vécu- et dont il continue de subir les conséquences néfastes. Enfin, il est indéniable que Mandela a reçu une reconnaissance internationale à la fin de sa vie. Quelque chose qu’Ibrahima Moctar Sarr attend encore la réalisation. Mais, personne ne peut prédire ce qui adviendra dans l’avenir-Heureusement, il est toujours vivant et reste engagé pour la résolution de la question nationale.

Clairement, les attaques du Dr Ould Mah ne visent pas seulement que Mr Sarr mais, en réalité, elles sont destinées à la majorité de la communauté noire mauritanienne qu’il méprise tant.  Il a utilisé le cas du Président Sarr comme passerelle pour atteindre son objectif. Ould Mah nous raconte qu’il avait ‘’éprouvé une immense fierté’’ quand en 2000 la délégation sud-africaine avait remercié la Mauritanie pour son assistance durant leur lutte contre l’Apartheid. J’ai envie de savoir qu’est ce qu’il pourrait sentir si pendant cet instant là il s’était rappelé qu’il y’avaient plus d’une centaine de milliers de refugies noirs mauritaniens au Sénégal et au Mali déportés par le régime de Taya. Que répondra-t-il aujourd’hui quand mes enfants-les enfants de mon grand-frère Sergent-Chef Demba Baba lui demandaient son sentiment par rapport à la pendaison de leur père (avec 27 autres militaires noirs) par l’État mauritanien un certain 28 Novembre 1990 pour célébrer la fête de l’indépendance du pays.

Naturellement, il s’en ficherait comme il a indiqué dans son texte, car il s’est montré agacer à chaque fois qu’Ibrahima Moctar Sarr parlât des événements de 1966. Il a même avoué la complicité et le mépris des autres membres du système raciste présents en reconnaissant qu’ à ‘’chaque fois, ses propos ont été accueilli par un silence de mort’’ ! En plus dans sa lettre de ‘’droit de réponse’’ à CRIDEM, il a dit ne pas apprécier Mr Claude et son site parce que tout simplement le webmaster avait commencé ses activités en tant que « chasseur de têtes d’officiers mauritaniens qui auraient commis des crimes contre l’humanité » !

Alors, c’est dans cet environnement difficile que les élus de l’AJD/MR vont prendre fonction. Prions Dieu pour qu’il les donne la santé et la force de réussir dans leur mission.

La lutte continue!

 

Mamadou Barry dit Hammel

USA.

www.flamnet.info

 

 

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TPMN: Discours inaugural de la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela à La Case

altMessieurs les Présidents et Représentants des Partis politiques et des Organisations de la Société civile,

Monsieur le Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott,

Honorables invités,

Chers Militantes et Militants de TPMN

Nous voilà réunis aujourd’hui pour célébrer un homme que la planète entière a consacré. Nelson Rolihlahla Mandela, qui nous a quitté le 05 décembre dernier, après 95 ans d’une vie remplie a inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire de l’Humanité. L’icône mondiale du combat contre l’Apartheid aura réussi l’ultime exploit de se muer en symbole d’une Afrique du Sud réconciliée et en marche vers un avenir arc-en-ciel radieux et prometteur pour le pays, pour l’Afrique et pour le monde.

Rolihlahla Mandela, natif de Mvezo d’une famille de chefs coutumiers, aurait pu, aurait du suivre le cours d’une existence ordinaire de fils de chef mais des circonstances exceptionnelles feront de lui un homme exceptionnel. Entré à l’ANC en 1044, soit quatre ans avant la proclamation officielle de l’Apartheid, Mandela qui sur le modèle de Gandhi prônait une lutte pacifique dut se résoudre à recourir à la force au lendemain du massacre de Sharpeville en mars 1960, en fondant l’Umkhonto we Sizwe ( fer de lance du peuple, fondé avec le communiste blanc Joe Slovo).

Arrêté en août 1962 et il déclarera lors du sinistrement célèbre procès de Rivonia en 1964 qui le condamnera à la perpetuité :

« Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et agir. Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir51. »

Mandela s’en tiendra à cet idéal toute sa vie : Les vingt-sept longues années passées en prison, dont dix-huit au sinistre bagne de Robben Island, au lieu de développer en lui un esprit d’aigreur, de haine et de vengeance, ont été pour lui au contraire une source d’inspiration pour mieux appréhender les bourreaux de son peuple, an se mettant notamment à l’afrikaans, et parvenir ainsi à les apprivoiser.

Aux brimades et à l’humiliation de l’ennemi raciste, Mandela a opposé la dignité du résistant, à la haine aveugle du régimealt d’apartheid et à son cortège de massacres, Madiba a répondu, suprême générosité, par un désir de vie pour tous. C’est ce sens de la générosité, qui a fondé la réconciliation sud-africaine et jeté les bases de la nation nouvelle, que le Président Obama a voulu saluer déclarant que Madiba était un homme « profondément bon ». En cela Mandela a redoré le blason du continent noir terni par les nombreuses guerres fratricides et massacres semant famine et désolation dans nombre de nos pays.

Nous sommes ici réunis aujourd’hui, en terre de Mauritanie pour célébrer la mémoire de cet homme mais surtout pour tirer des leçons de cette vie et de ce combat héroïques contre un système abject qui par bien des aspects nous rappelle notre quotidien.

Si en effet à la différence de l’Afrique du Sud, la Mauritanie n’est pas officiellement bâtie sur un système d’apartheid, les réalités du terrain y ressemblent fort. D’une école bicéphale ayant façonné deux Mauritanie qui se côtoient mais ne se mélangent pas à une armée qui n’a plus de nationale que le nom en passant parla négation de la culture d’une importante composante de la population et une tentative de génocide en bonne et due forme contre cette même population en n’oubliant pas le recensement raciste et discriminatoire, il y a matière à comparaison entre les deux situations.

C’est le sens que Touche pas à ma nationalité, mouvement qui se bat pour une Mauritanie une et plurielle, pour la citoyenneté pleine et entière de tous les Mauritaniens, sans considération de race, d’ethnie ou de tribu veut imprimer à la cérémonie qui réunit aujourd’hui.

Dr Alassane DIA,

Président de TPMN

 

Nouakchott le 29 décembre 2013

 

 

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“Mauritanie-IRA/FLAM, quelle comparaison?”, Réaction de Me Salah Eddine SY

Le titre: “Mauritanie-IRA/FLAM, quelle comparaison?”, a comme un cheveu dans un bol de lait attiré immédiatement mon attention. L’auteur et ici c’est d’abord le nom totémique Ndiaye qui forcèment et traditionnellement étant mon alter-égo a suscité ma curiosité.

En définitive la lecture du texte a refroidit mon ardeur. L’on a comparé plutôt les hommes mieux que les organisations et dans les deux cas a mon avis il n’ya pas comparaison. Il n’ya pas comparaison entre les hommes pour les raisons qui suivent:

1- Les deux hommes sont de générations différentes, ont des hstoires politiques et personnelles différentes et ne clament pas a mon sens une victoire quelconque de l’un vis à vis de l’autre.

2- Il n’ya pas comparaison entre les organisations pour les raisons qui suivent : IRA est connu et reconnu universellement comme une organisation des droits humains.Tous les prix obtenus par son leader au nom de l’organisation l’ont été pour des raison des droits humains. Le champs de compétence s’il ya lieu de l’IRA est une triptique: Lutte contre l’esclavage, la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les négro-africains par le système, l’éradication du racisme.

 

Pour les FLAM, les question émminement politiques soulevées ont comme base de fondation: La résolution de la question nationale dont les pendants sont entre autre aussi une triptique: La cohabitation, le racisme d’Etat et l’esclavage.

L’on peut dire que les deux organisations sont en réalité complémentaires et non antinomiques. L’une est specialisée en droit humains et l’autre en politique. Les domaines d’interventions des deux peut facilement induire les bonnes gens en erreur quant l’on considère les effets induits des résultats obtenus ou à obtenir par ces organisations. Pour rappel les effets d’un phénomène ne constituent pas des éléments de comparaisons mais plutôt des élèments de corroboration.

 

Me Salah Eddine Sy Membre fondateur des Flam

Militant des droits humains- Groupe des juristes.

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