Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Discours d’Inal – prononcé le 28 novembre 2012 sur les lieux du massacre de 1990 (Par Sy Mahamadou)

altMesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers amis

En ce jour où beaucoup de mauritaniens commémorent le 52ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, ce jour où notre armée parade fièrement dans toutes nos villes, ce jour de liesse populaire, nous voici réunis ici, loin de toutes les réjouissances de nos semblables tels des proscrits ou des bannis. Et pourtant nous ne sommes ni l’un ni l’autre. Nous sommes des citoyens mauritaniens.

Pleinement. Entièrement. Nous sommes des citoyens comme tous ceux qui, partout dans le pays, célèbrent la fête nationale mauritanienne. Mais aujourd’hui cette fête n’est pas la nôtre. Elle n’est plus la nôtre depuis 22 ans. Elle ne l’est plus parce qu’il y a 22 ans des citoyens mauritaniens, en mission de défense nationale furent, en son nom, sacrifiés ici, en ces lieux. Sacrifiés, oui, ils le furent. Etrange situation. Jour de joie et de bonheur pour les uns, jour de peine et de tristes souvenirs pour les autres, au sein d’une même nation.

Comment cette déchirure a-t-elle pu se produire ? Comment, 22 ans après, est-elle encore si vive ? Il y a 52 ans nous avons, nous peuple mauritanien, exulté à l’idée de construire ensemble une nation. Malgré la disparité des populations, toutes les bonnes volontés ont été mobilisées dans ce but. Malgré quelques heurts, inévitables pour toute nation en cours de construction, nous y avons cru. Malgré quelques crises aigües, parfois dramatiques, nous avons persévéré. Mais le ver était déjà dans le fruit. Nous n’avons pas su interpréter les signes avant-coureurs du malheur qui nous attendait. Insidieusement, les nuages s’accumulaient dans le ciel mauritanien, prémices de l’orage à venir. Malgré les alertes lancées par des esprits éclairés, alertes vite étouffées, nous nous dirigions inexorablement vers le désastre.

Soupçons, répressions, clandestinités, radicalisations, répressions, résistance, répressions, répressions, répressions. Schéma classique. L’orage est là. Il n’y a plus de nation. Il n’y a plus qu’un pouvoir contre une partie de la population. Un pouvoir qui devient de plus en plus paranoïaque et qui se radicalise à mesure, face à une frange de sa population désignée à sa vindicte. Désormais, pour ce pouvoir, il y a deux sortes de mauritaniens. D’un côté les « authentiques » mauritaniens et de l’autre, ceux qui ont à prouver qu’ils appartiennent à cette nation Ce réductionnisme manichéen, fruit d’une vision étroite se basant sur la sémantique et les découpages arbitraires de l’ancien colonisateur, conduira à un vaste programme de nettoyage ethnique, avec son lot de tueries et de déportations. Ne tenant compte d’aucune des réalités historiques, sociologiques et ethnologiques qui gouvernent les populations du Sud, une sorte de furia étatique va s’abattre dans la vallée du fleuve Sénégal, exacerbée par le réveil de vieilles rancœurs et les cupidités suscitées par les terres riches du bord du fleuve.

Jamais, au cours de son Histoire, cette région ne connut autant de morts, de réfugiés, de déportés. Pourtant, ce n’était que le début. La fièvre épuratrice gagnera les grandes villes, jusqu’aux deux capitales, économique et administrative que sont Nouadhibou et Nouakchott. On verra ainsi se séparer des familles, se briser des liens que l’on croyait indéfectibles. Dans les institutions et dans les administrations c’est la suspicion et la défiance qui règnent. Certains se sentent désormais étrangers en leur propre pays, parfois aidés en cela par le regard de certains de leurs collègues de l’autre bord. La situation ne pouvait évoluer que vers le pire. C’est ce qui arriva.

La conjoncture internationale aidant, la machine infernale s’emballa. Cette fois il fallait frapper à l’intérieur des structures étatiques et jusque dans le saint des saints : l’Armée Nationale. Selon la même logique, l’ennemi, où qu’il soit, doit être éradiqué. Arrestations, tortures, exécutions sommaires, tout sera utilisé pour déjouer un soi-disant complot. Prétexte ? Paranoïa ? Qu’importe ! La souffrance et la mort, elles, seront bien au rendez-vous. L’armée se retrouva, en quelques jours décapitée de ses élites non arabophones. Du jour au lendemain, le pays se transforme en une vaste prison pour cette jeunesse prometteuse. Des sites de détention, d’interrogatoire et de torture fleurissent un peu partout.

INAL

JREIDA

AZLATT

TIGUINT

AKJOUJT

BIR MOGHREIN.

FDERICK

NEMA

Qui dira la détresse de ces innocents face à leurs bourreaux implacables et déshumanisés !

Nous voici dans l’un de ces sites. INAL. Symbole de l’ignominie. Exemple de l’inacceptable. Nous voici à INAL où résonne encore l’écho des râles et des pleurs. Nous voici à INAL pour être en communion avec les âmes de nos martyrs, et rendre hommage à leur sacrifice suprême pour qu’ils ne soient plus les oubliés de la Nation. Nous sommes réunis ici à INAL pour réhabiliter leur mémoire afin qu’ils retrouvent leur juste place dans le panthéon de nos héros qui comme eux, sont morts pour la Mauritanie, morts pour la patrie. Morts pour la Mauritanie. Morts pour la patrie. Nul ne doit plus ignorer cette réalité-là.

Pour la deuxième année consécutive, nous avons organisé cette manifestation commémorative. Mais cette manifestation va bien au-delà de la commémoration. Elle se veut aussi une demande pressante de justice.

HONNEUR – FRATERNITE – JUSTICE

Telle est notre devise nationale. Ces mots sont aujourd’hui vides de sens. Tous les évènements qui se sont déroulés ici démontrent, s’il en était besoin, de l’inanité de ces mots. Or nos martyrs peuvent permettre à notre devise de retrouver sa pleine signification. Restaurer l’honneur perdu de l’Etat. Réaffirmer er raffermir la fraternité entre tous les mauritaniens. Rétablir la Justice enfin.

Comment ? par :

L’annulation de la loi d’amnistie, L’application du décret d’identification des sépultures, La construction, à INAL, d’un Mémorial pour les Martyrs, L’enregistrement des plaintes, L’organisation d’un procès juste et équitable. L’indemnisation correcte des victimes et ayant-droits.

L’adoption des enfants de Martyrs comme des pupilles de la Nation.

Il y aura même une certaine grandeur, pour un gouvernement, à officialiser la commémoration annuelle des martyrs. Alors, alors seulement, le 28 Novembre sera une Fête Nationale pour tous. Je vous remercie.

INAL le, 28 novembre 2012

 

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28 novembre: devoir de mémoire et refus de l´impunité

altA l’occasion du 28 novembre 2012 nous aurons encore une pensée particulière pour les 28 Noirs pendus le 28 novembre 1990 . Pour célébrer le trentième anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, le colonel Sid´Ahmed Ould Boïlil commandant de région militaire de Nouadhibou, donna ordre que 28 parmi les prisonniers militaires Noirs de la base d’Inal fussent choisis au hasard et pendus.

Nous ne saurions oublier cette terrible nuit pendant laquelle ces soldats au service de leur pays avaient été tirés, un par un, pour être pendus; les vivants contraints de regarder celui qui se débattait à la corde; Inerte, on le décrochait alors, et on tirait un autre, et ainsi de suite. Ces hommes c´étaient nos frères, nos époux, nos oncles, nos fils, nos cousins. Jetés, avec dedain dans une fosse commune , sans sépulture.

Et pour clore ce dossier, comme si de rien n´était, le régime raciste de Nouakchott, proclama une Amnistie pour absoudre ses bourreaux.

Mais nous ne laisserons à Ould Taya et à ses bourreaux aucun répit tant que la lumière n´aura pas été faite, et les responsabilités situées .

Nous en appelons à la communauté internationale, aux hommes et femmes épris de paix et de liberté dans notre pays pour que justice soit rendue en MAURITANIE.

Nous avons une pensée pour tous nos martyrs tombés pendant les années de braises : 1986, 1987,1988, 1989, 1990-1991.

Voilà la liste des 28 pendus du 28 novembre 1990

1- Adjudant-chef Djigo Abdoulaye

2-1ére classe Samba Baba N´diaye

3-1ére classe Ndiaye Samba Oumar

4-1ére classe Diallo Ibrahima

5-1ere classe Sy Mamadou Hamadi

6-Sergent Sy Mbodj Abdel Kader

7-2éme classe Samba Demba Coulibaly

8-2éme classe Diallo Demba

9-1ére classe Thiam Amadou Saïdou

10-1ére classe Sy Mamadou Oumar

11-1ére classe Diallo Abdarahmane

12-1ére classe Ly Mamadou Ousmane

13-Caporal Sy Mamadou Demba

14-Soldat Sarr Alassane Yéro

15-Caporal Ba Amadou Mamadou

16-Sergent-chef Lam Toro Camara

17-Sergent chef Ba Souleymane Moussa

18-2éme classe Ba Oumar Kalidou

19-Sergent Thiam Amadou Mamadou

20-Sergent Sall Samba

21-2éme classe Diallo Abdoulaye Boye

22-1ére classe Dia Cheikh Tidiane

23-2éme classe Soumaré Samba Bocar

24-1ére classe Ngaïdé Moussa

25-1ére classe Lô Ciradio

26-1ére classe Sy Demba Oumar

27-Sergent Ly Adama Yéro

28-Caporal Ba Djibril Samba

La lutte continue et demain il fera jour INCHAALLAH!

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L´Édito du Calame: Fais-toi rare, on t’aimera !

altOuld Abdel Aziz est enfin rentré à Nouakchott. Quarante jours après son évacuation vers la capitale française, pour y subir des soins, après avoir reçu une balle ‘’amie’’, le président a foulé le sol national ce samedi 24 novembre. Une foule immense est venue l’acueillir à sa descente d’avion et tout au long du parcours menant à la Présidence. Un accueil pas aussi spontané qu’on s’est efforcé de nous faire croire et que n’ont cessé de marteler les commentateurs de Radio-Mauritanie et de la TVM. Les ministères, les directions, les établissements publics et, même, certains privés ont obligé leurs employés à être présents en ce jour de repos, pour participer à l’accueil, et chaque département avait un emplacement bien réservé, sur le chemin de la Présidence. Aucun ministre ou directeur ne voulait être en reste. L’UPR a, lui aussi, battu le rappel de ses troupes. Les hommes d’affaires proches du pouvoir se sont également joints à la fête. Ils ont mobilisé d’énormes moyens pour louer des bus et assurer le transport des populations des quatre coins de la capitale. Pour l’oligarchie politico-militaro-affairiste, qui tient ce pays en otage depuis 1978, il fallait, à tout prix, réussir le challenge. Trois jours après l’imposant meeting de l’opposition, les ténors du pouvoir tenaient à montrer au président que l’Azizanie se porte toujours bien et que ni la bévue du boss ni son absence n’ont en rien altéré le soutien des Mauritaniens à sa politique ‘’éclairée’’. Quitte à employer des méthodes dignes des structures d’éducation des masses dans leur plus vile expression. Feignent-ils d’ignorer que la présence massive des foules n’est un baromètre pour rien du tout ? Ont-ils oublié que Maaouya drainait autant de monde ? Et que, le 3 août 2005, cette même foule qui acclamait celui-ci s’est retournée, comme un seul homme, pour dénoncer son pouvoir et applaudir ses tombeurs ? Personne ne semble s’en soucier. Les mêmes visages ont débité les mêmes insanités. Comme frappés d’amnésie. Sans se poser la moindre question. Il y a pourtant de quoi s’interroger.
Quarante jours sont passés. On ne sait toujours rien sur les circonstances exactes de la blessure du président, pas grand-chose sur sa santé, ni sur les éventuelles séquelles du dol. Après deux apparitions, furtives, avec le ministre français de la Défense et le médecin qui le soignait, et, alors qu’on glosait sur une probable rechute, le voilà qui surprend tout le monde, en se faisant recevoir par Hollande. Le président français qui l’évitait, pourtant, comme la peste et ne lui avait envoyé ni son Premier ministre, ni son ministre des Affaires étrangères, durant sa convalescence, lui a offert, ainsi, un cadeau inespéré. A 24 heures d’un meeting de l’opposition, qui devait dénoncer la vacance du pouvoir, l’intrusion de la France, dans le jeu politique national, ne peut être fortuite. A-t-elle reçu des garanties, quant à l’implication de la Mauritanie dans la guerre au Mali, alors qu’Ould Abdel Aziz s’y refusait jusque là ? Hollande n’a-t-il pas déclaré, à leur sortie d’audience, que « le dialogue est impossible avec les terroristes » ? Autrement dit, « nous sommes tous les deux d’accord : la guerre est la seule issue pour libérer le Nord-Mali ». Aziz a, aussitôt, opiné du chef, avant de se dédire, quelques heures après, lors d’une interview à France 24, où il a dit et répété que le dialogue doit être privilégié. Un revirement que les Français n’ont certainement pas manqué de relever. Et qui n’est pourtant pas surprenant, de la part d’un homme habitué à toutes sortes de pirouettes pour arriver à ses fins. Mais, tôt ou tard, il faut faire face à la réalité. Et la nôtre s’appelle : pouvoir personnel, forclusion des institutions, échéances électorales à préciser, gestion opaque des deniers publics, incapacité gouvernementale, omnipotence de l’Armée. La liste n’est pas exhaustive. Trouvons d’abord des solutions à ces maux. Il y va de notre survie.

Ahmed Ould Cheikh-LE CALAME

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Pélérinage d’Inal sur radio pulaarspeaking

altA l’occasion de la deuxième édition du pélérinage d’Inal commémorant la pendaison des détenus Négro-mauritaniens dans le camp d’Inal le 28 novembre 1990 et les victimes des années de braise du régime de Ould Taya, la radio pulaar speaking diffuse une émission sepecilale ce mercredi 28 Novembre 2012 à partir de 19h ( heure de New york).

Vous pouvez suivre cette importante emission au lien suivant: www.pulaarspeaking.org

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La police empêche la marche de la caravane d’Inal

altLa police mauritanienne a empêché ce soir la caravane d’Inal au poste de sortie sur la route de Nouadhibou, selon le rapporter d’Alakhbar.
Notre rapporter ajoute que les services sécuritaires exigent un bon de sortie pour les voitures de location, alors que les caravaniers estiment que les contrats de location qu’ils détient les permettent de continuer le chemin.

Plus de dix-sept ONG de défense des droits humains, dans un convoi de 26 véhicules s’apprêtent à quitter Nouakchott pour aller effectuer le deuxième pèlerinage à Inal, une localité située dans la région de Dakhlet Nouadhibou (nord Mauritanie).

Elles rendront hommage aux «28 soldats noirs pendus dans ce village sous le régime du président Maouya Ould Sid Ahmed Taya, à l’occasion d’un 28 novembre», date de commémoration de l’indépendance de la Mauritanie.

Les ONG sont accompagnées des familles des victimes, de religieux, de médecins de syndicalistes et des journalistes. Il y a également provisions alimentaires et du matériel pour implanter des tantes durant les quelques heures de séjour à Inal.

Les ONG participantes sont IRA-Mauritanie, TPMN, les FLAM, SOS esclave, AFCF, Rêve 89-91, Kawtal, le comité de solidarité avec le veuves d’Inal et entre autres.

Source: Al Akhbar

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