Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: presse

IRA : Nouvelle incinération en vue

altL’organisation de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) a de nouveau menacé de procéder à une nouvelle incinération des traités du rite Malékite (Misbah Essalek Ala Eshel Elmessalek, El Adwa, Delil Erivagh Vi Messaili El Itivagh entre autres) qu’elle considère comme un vecteur essentiel de la promotion du Fiqh de l’esclavage. S’exprimant dans un meeting organisé à Magta Lehjar le dimanche 27 janvier 2012, le Faqih de l’organisation Mohamed Vall Ould Mohamed a déclaré que son organisation cherche actuellement quelques livres de ce rite pour les incinérer assurant que l’incinération passée n’est qu’un début.

Mohamed Vall Ould Mohamed a invité les Oulémas de Mauritanie à une émission télévisée pour que chacun expose ses arguments puisés strictement du Coran et de la Sunna sur la problématique de l’esclavage loin des points de vue et des opinions d’un quelconque être humain.

L’Initiative pour la Résurgence Abolitionniste entreprend depuis quelques jours une caravane depuis la ville de Néma à plus de 1000 kilomètres à l’est de Nouakchott. Déjà plusieurs meetings populaires ont été organisés tout au long de la route de l’espoir : Néma, Aioun, Kiffa, Magta Lehjar, Aleg (lundi 28 janvier), Boutilimit (mardi 29 janvier) avant que les caravaniers n’arrivent à Nouakchott où ils prévoient de faire un important rassemblement populaire.

Source: Le calame

Partagez

Arafat Mesjid Ennour: AJD/MR sensibilise pour l’abolition de la loi d’amnistie de 1993

altL’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) d’Ibrahima Moctar Sarr a organisé, dans la soirée du vendredi 18 janvier, une réunion à Mesjid Ennour (Arafat 5 extension). Cette rencontre prépare la marche prévue le 9 février prochain. Elle avait pour principal objectif d’expliquer, aux militants et sympathisants de ce parti, l’état d’avancement des préparatifs et de sensibiliser les populations sur la nature discriminatoire de la loi d’amnistie protégeant les auteurs des crimes commis sous le régime d’Ould Taya.
Après un mot introductif de la responsable de la section d’Arafat, madame Binta Diop, Diallo Mohamed, le secrétaire aux affaire politiques, a brièvement campé le décor et rappelé les précédentes rencontres avec la section d’Arafat. Prenant la parole, le président Ibrahima Moctar Sarr, entouré des membres du bureau politique de l’AJD/MR, a d’abord remercié les militants et sympathisants, avant de regretter l’absence, à cette réunion, des autres composantes, notamment arabo-berbère. « L’AJD/MR n’est pas un parti de négro-mauritaniens. Mon premier adjoint est maure blanc, il y en a dans toutes les structures du parti. Mais aujourd’hui, nous devons constater cette absence. Nous la regrettons. Je pense que le jour où le parti pèsera lourdement dans les décisions, offrira des postes de responsabilité, garnira les marmites, alors, toutes les composantes accourront… ».

La marche du 9 février prochain

Poursuivant son propos, le président Sarr est revenu longuement sur les péripéties qu’a connues sa formation, rappelant la performance qu’il a réalisée, contre toute attente, lors de la présidentielle de 2007, les négociations entre les deux tours, son choix porté, au second, sur Ahmed Daddah ; les accusations, pour ne pas dire les dénigrements, à son encontre et à celle de son parti, au lendemain de la rectification d’août 2008 ; son départ de la majorité présidentielle, etc.
Revenant sur la marche du 9 février, Ibrahima Moctar Sarr a rappelé que l’abolition de la loi de 1993 a toujours été et demeure une des principales revendications de l’AJD/MR. Cette loi d’amnistie consacre l’impunité dont jouissent les auteurs des massacres perpétrés pendant la période d’exception 1987-1991. Son maintien constitue un obstacle majeur, vers la réconciliation et la cohabitation entre les différentes composantes, estime le président de l’AJD. Rappelons que l’abolition de ce texte voté, à la sauvette, par le premier parlement de l’ère démocratique en Mauritanie, est également réclamée par le COllectif des VIctimes de la REpression (COVIRE nouveau) et figure dans la plateforme revendicative de cette organisation.
Après le devoir de mémoire, initié, à Kaédi, le 25 mars 2009, par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, et les réparations octroyées, les victimes, les rescapés et les organisations de défense des droits de l’Homme réclament le devoir de vérité, afin de permettre, aux victimes, de connaître les auteurs des exactions et d’intenter des poursuites judiciaires en Mauritanie, contre leurs bourreaux. En refusant d’abolir cette loi scélérate, le pouvoir en place se fait le complice, en les protégeant, des criminels. Lors du pèlerinage de Sorimalé et d’Inal 2012, l’ensemble des organisations de défense des victimes de la période d’exception ont, toutes, réclamé l’abolition de la loi d’amnistie. Celles de la diaspora ont révélé les différentes démarches entreprises pour faire avancer l’action en justice engagée en Belgique.
La marche s’ébranlera à partir de la nouvelle Maison des jeunes où sera, dès 15 heures, dressé un podium. S’y succéderont plusieurs artistes qui entendent fustiger l’inique loi et toutes les violations commises durant la période d’Ould Taya. Après cet intermède, le cortège se dirigera vers l’Assemblée nationale, en passant par le carrefour de la Polyclinique, l’état-major de la Garde, l’ancienne Maison des jeunes. Devant la représentation du peuple, le président de l’AJD/MR remettra sa lettre revendicative à un groupe de députés.

Source: Le calame

Partagez

Dakar dans la hantise d’un péril islamiste

La percée des djihadistes inquiète au plus haut point au Sénégal. Et le chef de l’Etat, Macky Sall, semble faire l’unanimité quant à l’envoi de contingents de soldats pour chasser hors du Mali les fanatiques islamistes. Car Bamako est le dernier bastion avant Dakar…

alt

Un militant d’Ansar Dine qui arme son véhicule dans le Nord-Mali. Le 18 juin 2012. Reuters

Le Sénégal, a annoncé  aux premières heures du déclenchement de l’opération Serval le 11 janvier, l’envoi de 500 Jambars (soldats en wolof, langue la plus parlée au Sénégal).

«Par devoir de solidarité envers un voisin. Nous sommes frontaliers du Mali. Déjà les conséquences de  ce conflit sont présentes au Sénégal. (…) Pour sa propre sécurité le Sénégal interviendra dans les prochaines heures, dans les prochains jours», a justifié le président Macky Sall, élu en mars 2012.

Le Sénégal est bien conscient qu’il n’est pas épargné par la menace terroriste. 

«Il existe des cellules dormantes de réseau terroristes au Sénégal», a annoncé le chef de la diplomatie sénégalaise, Mankeur Ndiaye qui explique que «le Sénégal ne vas pas simplement voler au secours d’un voisin, mais en toile de fond, ce sont nos bases que l’on cherche à protéger contre toute infiltration».

Le pays vit dans la psychose d’un péril islamiste. Le chef de l’Etat a même mis à contribution les concitoyens pour bouter hors les frontières les islamistes. En marge d’une cérémonie au Port Autonome de Dakar, il a appelé les Sénégalais à être vigilants et à dénoncer aux autorités administratives tout prêcheur qu’il trouverait suspect.

Dans un message délivré par le ministre des Affaires Etrangères à l’Assemblée nationale, Macky Sall a appelé les Sénégalais de tous bords à s’unir autour d’un élan consensuel pour soutenir le contingent sénégalais déployé au Mali. Car, il va s’en dire que «aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale en mettant hors d’état de nuire des groupes terroristes, c’est prévenir un danger qui guette nos frontières, défendre notre propre paix et notre sécurité, protéger le Sénégal et  sa population», a-t-il précisé.

Consensus autour de l’engagement sénégalais

Pour bon nombre d’analystes de la scène politique, le Sénégal ne pouvait pas rester neutre dans ce conflit. Car pour beaucoup, «l’étape suivante des djihadistes c’est forcément Dakar», comme l’a noté le président de la Rencontre Africaine des Droits de l’Homme (Raddho), Alioune Tine dans une interview accordé à Sud Quotidien.

En outre, le Sénégal a une histoire commune particulière avec le Mali. Les deux pays ont formé un seul et même territoire jusqu’à l’éclatement de la Fédération du Mali en 1960. La frontière terrestre entre le Sénégal et le Mali est la plus petite frontière internationale du pays. Seule une bande de 419 kilomètres sépare les deux pays.

«Si le verrou malien saute, si l’Etat se désintègre, les islamistes seront sur les bords de la Falémé (ndlr: affluent le plus important du fleuve Sénégal et qui forme la frontière entre le Mali et le Sénégal). Un boulevard va se dégager de Kidal à Kidira. Et ce serait dangereux pour le Sénégal», explique Babacar Justin Ndiaye, spécialiste des questions géopolitiques.

Le Mali va mal depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, qui a entraîné la chute du président Amadou Toumani Touré, refugié au Sénégal. Occupé au Nord-Mali par des groupes islamistes radicaux et rongé au sud par une instabilité politique, le pays s’effondre comme un château de cartes. «Un péril potentiel et latent», guette la région.

Aujourd’hui, l’envoi d’un contingent de soldats sénégalais, est au fond «un mal nécessaire» même s’il est de l’avis du journaliste Yoro Dia «trop peu» et arrive«trop tard». Pour lui, cette intervention confirme une fois de plus que «la France est une puissance africaine». Et regrette comme en Côte d’Ivoire que ce soit toujours  la France qui siffle le début ou la fin de la partie. En laissant la voie la priorité de la France, les troupes africaines semblent avoir raté le coche.  

 «La crise du Mali démontre que les deux seuls pays qui peuvent jouer ce rôle de puissance régionale à savoir le Sénégal et le Nigeria n’ont pas été à la hauteur même s’ils essaient de rattraper le train de l’histoire. Le Nigeria qui a toujours rêvé d’appliquer la doctrine de Monroe (gendarme de l’Afrique de l’Ouest comme les Etats Unis l’ont été pour l’Amérique latine) est tellement miné  par des problèmes internes que le géant songe plus à sa survie qu’à jouer au gendarme. Pour le Sénégal, toutes les conditions sont réunies parce que nous avons une grande armée (Gabou, Fode kaba, Congo, Cote d’Ivoire….) mais le Président Macky Sall ne semble  pas être à la hauteur des circonstances exceptionnelles», juge Dia. 

Et, le Sénégal, plus que ses autres voisins semble encore plus exposé à cette menace. Le pays, composé d’une population à plus de 90% musulmane, constitue «un terreau plus fertile pour ce genre d’OPA (offre publique d’achat) islamiste», fait remarquer Babacar Justin Ndiaye.  Même si au Sénégal l’islam confrérique du pays est un rempart rédhibitoire et que le modèle de laïcité est  «une sorte de troisième voie entre la laïcité française (fredoom from religion) et la laïcité américaine ( fredoom of religion)», souligne pour sa part le sieur Dia.

Aujourd’hui, une question essentielle demeure également : celle de savoir si les soldats français et africains présents sur le terrain pourront venir à bout de ces fous d’Allah.

Un voisinage inquiétant 

Dakar ne peut pas rester sourd aux cris de détresse de Bamako. Car quand Bamako est enrhumé, Dakar éternue. Et comme l’a montré l’exemple de l’Afghanistan les mouvements islamistes transcendent la question nationale et celle des frontières. 

 «Senghor théorisait l’unité africaine par cercle concentrique mais notre premier cercle est un cercle de feu avec la guerre au Mali, Gambie qui nous soutient le jour et arme le MFDC la nuit, un coup d’état presque tous les 6 mois à Bissau, la Guinée où les allégeances primaires comme l’ethnie l’emporte sur l’allégeance collective et la Mauritanie en quête d’identité nationale. Cette situation doit mériter toute l’attention de nos diplomates et de nos soldats parce que nous avons été pendant des années une exception démocratique mais nous ne pourrons pas rester longtemps une exception de stabilité dans un océan d’instabilité», fait remarquer le journaliste sénégalais Yoro Dia.

Et les islamistes ne sont pas encore prêts à capituler. La partie entre les islamistes et les soldats s’annoncent très serrée.

«S’il y a l’avènement d’un régime islamiste à Bamako avec des éléments venus de pratiquement tous les horizons, et dans lequel on aurait des ministres yéménites, ou soudanais, il va s’en dire que cela va être un précédent extrêmement dangereux et contagieux. Ce serait un scénario cauchemardesque pour les pays voisins. Il ne faut pas oublier que le Mali est porté par sept Etats. Son écroulement va diffuser des ondes de chocs dévastatrices sur le Burkina, le Niger, l’Algérie, la Côte d’ivoire et sur la Guinée. Et ce sera le crépuscule de la démocratie et de la stabilité dans la région ouest-africaine», observe Babacar Justin Ndiaye.

Car, ce qu’il ne faut pas oublier c’est que :

«Les djihadistes sont des fanatiques. Ils sont prêts à se battre le dos au mur parce qu’ils ne peuvent pas se replier en Algérie parce que certains d’entre eux sont venus de là-bas. Et aujourd’hui, la Mauritanie et l’Algérie ne participent pas à l’opération. Et leur inaction va aider un tout petit peu le déroulement des opérations».

 Mais au-delà de l’action des djihadistes sur le terrain, l’enjeu est également militaire.

 «Avant les groupes djihadistes l’adversaire numéro 1 c’est le terrain. Le Mali est un grand territoire, qui fait 1,2 million de km carrés. Rien que la région de Tombouctou c’est 500 mille Km carré, c’est-à-dire deux fois et demi le Sénégal. La région de Kidal également est plus large que le Sénégal, de même que la région de Gao. Le Nord-Mali, doit faire autour de 5 ou 6 fois le Sénégal. On est aussi dans une région où il fait 45 degrés à l’ombre, il y a que des grottes et des massifs montagneux. Même si on réussit à chasser les islamistes, ils pourront toujours se retrancher dans les environs. Ils seront toujours là »,précise le politologue.

Arrêter des groupes islamistes, relèverait d’une tâche herculéenne. C’est comme jeter un grain de sable dans le désert.

Lala Ndiaye

slateafrique

Partagez

Mauritanie: Aziz refuse un gouvernement d’union nationale, selon Ould Boulkheir

ALAKHBAR(Nouakchott) – “Le président Mohamed Ould Abdelaziz est d’accord sur notre initiative à l’exception du point concernant la formation d’un gouvernement d’union nationale”, a confié le président de l’Assemblée nationale et leader de l’APP Messoud Ould Boulkheir lors d’un dîner qu’il a offert, la nuit de dimanche à lundi, à l’honneur d’un nombre de dirigeants des partis et chefs syndicaux.Il a ajouté qu’il annoncera dans les prochains jours son initiative et prendra aussi des contact avec les différents acteurs de la scène politique nationale.

Partagez

Le ministre de la défense annonce la fin du dossier du passif humanitaire : Le compte n’est pas bon !

1987/1991 – Mille sept cent soixante militaires négro-mauritaniens exécutés ou renvoyés de l’armée : une véritable épuration ethnique! Le ministre de la défense annonce la fin du dossier du passif humanitaire : Le compte n’est pas bon !

 

 

Le dernier Conseil des ministres a validé l’indemnisation de la dernière vague des militaires négro-mauritaniens rescapés des évènements de 1987/1991.

Les chiffres reconnus par le ministre de la Défense révèlent, au grand jour, l’ampleur d’une entreprise qu’il n’est pas exagéré de qualifier d’« épuration ethnique au sein de la grande Muette. » Attribuable au seul Ould Taya ou à des extrémistes ayant infiltré tous les corps ? En tout cas, le mal a été fait. Mille sept cent soixante militaires exécutés ou torturés par leurs « frères d’armes ». Il s’agissait bien d’une volonté délibérée de ne conserver, dans l’armée, que la « race pure ». Les relations diplomatiques scellées, à l’époque, avec l’ « ennemi juif » trouvaient, ici, tout leur sens.

Et ce n’est que le volet purement militaire de ce fameux dossier du passif humanitaire que le pouvoir a décidé de « classer », selon les mots du ministre de la Défense. Mais, pour classer un dossier, encore faut-il en avoir épuisé les volets et dressé le bilan. Or les termes de l‘accord, scellé entre le président Aziz et le COVIRE, son interlocuteur initial, restent inconnus de la majorité des ayant-droits, des rescapés et des défenseurs des droits de l’Homme.

Le Calame a vainement cherché à entrer en possession de ce document qui ne contiendrait, selon certains rescapés, qu’un seul article stipulant que les victimes renoncent à toute autre réclamation, notamment des poursuites judiciaires. A l’époque, des rumeurs circulèrent, cependant, laissant croire que les indemnisations des victimes ouvraient un long processus vers la vérité et, donc, la justice. Peu à peu instruits sur l’éventualité de l’« arrangement », beaucoup d’ayant-droits, comme la maman du lieutenant Sall Abdoulaye Moussa, mort à Inal, sous les yeux de ses amis dont le lieutenant Sy Mahamadou, rescapé et auteur de « L’Enfer d’Inal », ne l’ont pas admis et le COVIRE a connu une scission. En annonçant la clôture du dossier, sur quel déni de justice s’appuie donc le gouvernement ?

La question déborde largement du seul passif des années de braise. Combien de Noirs servent, aujourd’hui, sous le drapeau national ? La proportion est, certainement, très en deçà de la réalité démographique. Durant plusieurs années, il leur fut, en effet, interdit de concourir pour la Garde, la police ou la gendarmerie. Sous Ould Taya, certains chefs d’état-major ne se cachaient même pas d’une telle discrimination, en donnant des instructions, explicites et fermes, en ce sens. Les Maures noirs qui avaient le tort de porter des noms à consonance négro-africaine ont aussi fait les frais de ces purges dans les listes de candidats ou d’admis.

Dignité d’abord

Les propos prêtés au ministre de la Défense, par l’Agence de Presse Africaine (APA) et repris par CRIDEM, le 5 janvier, « sont très choquants par leur banalité et leur légèreté, pour ne pas dire leur mépris », s’indigne un rescapé militaire. Aucun sentiment de regret ou de repentance. En mettant en avant les montants de la « compensation » et de la pension, le ministre laisse croire, à l’opinion, que les victimes ne réclamaient que ces miettes, pour tirer un trait sur une des plus sombres pages de l’histoire du pays. En agissant ainsi, le gouvernement oublie que ces négro-mauritaniens qu’on a froidement exécutés, spoliés et expulsés hors de leur pays sont, plus que jamais, attachés à leur terroir, par eux-mêmes ou par leur descendance. Les auteurs des purges misaient, à tort, sur leur exil définitif.

« L’argent n’est rien pour nous. Ce qui compte, c’est notre dignité, notre droit à vivre chez nous, comme tous les citoyens de ce pays, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs », nous confiait Dia Ibrahima, un rescapé du mouroir d’Inal, le 28 novembre dernier, sur le site où il a vu mourir, devant ses yeux, tant de frères d’armes, pour, simplement, la couleur de leur peau. « Devions-nous attendre cette misère, pour vivre et faire vivre nos familles ? », s’est interrogé Dia. Et Abou Tahirou Gaye, orphelin, de renchérir : « Que représentent les montants brandis par le ministre, face à une seule vie perdue ? Peut-on compenser la perte d’un père trop peu connu ? Nul n’échappe à la mort mais la manière dont mon père nous a été arraché et l’ignorance du lieu de son tombeau où nous voudrions, depuis tant d’années, prier, est plus qu’affligeant ».

Certes, les Négro-mauritaniens doivent quelque chose au président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui aura sauvé certains de ses frères d’armes, leur permettant, ainsi, de survivre aujourd’hui, et su reconnaître, à Kaédi, le 25 mars 2009, le tort causé à leur communauté. Une attitude qu’ils lui reconnaîtront, par leur engagement à ses côtés, lors de l’élection présidentielle de juillet de la même année. Certes, c’est avec lui que le tabou est tombé, à Kaédi. L’Etat a porté le chapeau et son chef s’est engagé, personnellement, à faire quelque chose pour les victimes de la répression ; il l’a fait mais l’option retenue donne l’impression que c’était, là, une affaire personnelle et non celle de la République, ce qui diminue, singulièrement, la portée du geste. Une commission nationale, constituée par des personnes-ressources, aurait eu plus de crédit au règlement de ce dossier.

Nombre de vecteurs de la propagande raciste ont pignon sur rue et ont tout fait, font encore tout, pour étouffer leurs agissements. Ils ont, notamment, beaucoup de mal à admettre que les Noirs mauritaniens, de façon générale, hormis ceux qui firent preuve d’excès de zèle, lors des tragiques évènements, placent, d’abord, leur patrie et leur dignité, au dessus de tout. Ils l’ont prouvé pendant la guerre du Sahara, aux différents postes de responsabilité où ils avaient été placés. L’argent, seul ne fait pas le bonheur. Regardez-les geindre, les retraités occidentaux, les poches pleines dans leurs asiles de vieux…

Après devoir de mémoire, devoir de justice

Ce que les Noirs ne comprennent pas, c’est pourquoi, dans un Etat dit de Droit, les victimes ne peuvent pas intenter aujourd’hui, des poursuites contre leurs tortionnaires qu’ils côtoient quotidiennement. « Nous connaissons les bourreaux de nos époux, nous les voyons tous les jours et cela accentue notre désarroi et notre frustration », disait, à Inal, Maïmouna Alpha Sy, épouse du lieutenant des douanes, Baïdy Alassane Bâ, assassiné à la brigade de gendarmerie de Nouadhibou. « Vous rendez-vous compte ? Le 28 novembre est un jour de deuil, pour nous, les ayant-droits des victimes et des rescapés », se lamentait cette dame, chapelet en main.

C’est justement ce sentiment d’une Mauritanie à deux vitesses, une Mauritanie de frustrés et une Mauritanie de gens au-dessus de la loi – autrement dit, hors la loi – qu’il faudrait que Mohamed Ould Abdel Aziz accepte de prendre en compte. Et, pour prouver sa sincérité, accepter d’abroger, comme le réclament les organisations de défenses des victimes et des droits de l’Homme, la loi d’amnistie votée, en 1993, par le Parlement soutenant le régime sous lequel ont été commis d’abominables horreurs. Le président de tous les Mauritaniens doit, également, permettre, à tous ses concitoyens, d’accéder aux corps de l’armée et de la sécurité, en signant une loi rendant le service militaire obligatoire, comme l’a suggéré Ibrahima Moctar Sarr, président de l’AJD/MR. Cette mesure aura l’avantage de rapprocher tous les jeunes Mauritaniens dans les casernes et de faciliter, ainsi, la cohabitation et la réconciliation. Certes, cela ne sera pas facile, parce que le fossé, creusé par le système en place, est très profond. Mais ne rien faire ne le comblera pas ; l’approfondira même, très probablement.

Oser franchir le Rubicon pour « plus jamais ça ! »

C’est le souhait que formulent l’ensemble des ayant-droits, des rescapés et des ONG des droits humains. Dans la voie de la réconciliation, Mohamed Ould Abdel Aziz doit aller beaucoup plus loin, en mettant en place, comme cela a été fait en Afrique du Sud, au Rwanda, en Côte d’Ivoire et, plus près de nous, au Maroc, une commission « Vérité Réconciliation ». Cette structure permettra d’une part, d’extirper le mal, parce qu’on laisse croire, aux Beïdanes, que les Kwars sont leurs pires ennemis, et d’obtenir, ensuite, un réel pardon salvateur.

Les ayant-droits des victimes et des rescapés de l’affreuse épuration ne souhaitent pas que les bourreaux soient envoyés au poteau, comme ceux-ci l’ont fait à Inal, Jreïda, Azalat, Oualata, La Guera et autres sites de tortures. A Sorimalé et à Inal, cette année, les victimes et les organisations des droits de l’Homme ont seulement demandé, à l’unanimité, la fin de l’impunité que le pouvoir semble cautionner, en refusant d’abroger la loi d’amnistie protégeant les bourreaux. Le recours au Droit transitionnel pourrait permettre, aux ayant-droits et aux rescapés de s’expliquer avec ceux qui ont cru aux chimères racistes, en vue de sceller une réelle réconciliation nationale, une vraie paix des cœurs et des esprits.

Le refus du pouvoir de franchir ce pas ne s’explique pas. En tout cas, pas avec la volonté politique affichée à Kaédi. En renversant le pouvoir démocratiquement élu en 2008, en s’emparant des thèmes de la lutte contre la corruption, de président des pauvres et de l’unité nationale, le général Aziz avait bénéficié d’un immense élan de sympathie de ses concitoyens. Plus de trois ans ont passé et le bilan n’est pas très rose. En tout cas, pas sur le volet passif humanitaire qu’il faut auditer, ni sur celui de la consolidation de l’unité nationale qu’il reste à mettre en chantier. Le président de la République n’a pas voulu ou pu s’attaquer à certains symboles du système dont il a hérité. Pourquoi, par exemple, n’a-t-il pas supprimé la règle des quotas au sein du gouvernement, des établissements publics et de l’administration territoriale ?

Pourquoi Sall Seïdou, actuel wali du Hodh El Gharbi, et Diallo Oumar, actuel wali de l’Adrar, ne peuvent-ils servir au Trarza, au Brakna, au Gorgol ou au Guidimakha, alors que leurs collègues maures sont envoyés dans n’importe quelle circonscription administrative ? Sont-ils des dangers dans ces contrées ? Depuis Moctar Ould Daddah, quasiment plus un hakem ou un wali adjoint noir, dans la vallée du fleuve Sénégal. La ségrégation est bien là et pas que là, hélas. Le racisme est implanté, sournois. L’extirper est aussi vital, pour notre Mauritanie commune, que tordre le coup à la gabegie. Il en va de notre avenir commun.

Dalay Lam
Pour le calame

 

Partagez