Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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ARCHIVES-FLAMNET: Quand Biram se confiait à l´Authentique: ” pourquoi j´ai adhéré au PRDS, le parti du colonel Ould Taya”

alt« ….il quitta l’UFD en 1993 et se présenta en candidat indépendant aux municipales à Nouadhibou. Il avait en face de lui plusieurs poids lourds du PRDS et de l’UFD.

Naturellement, l’échec fut total face à la machine PRDS et à la campagne pernicieuse que l’UFD avait menée contre lui, souligne-t-il en substance. Selon lui, l’opposition faisait courir le bruit que sa candidature a été suscitée par le PRDS et que c’est Maaouyia qui le finançait pour affaiblir ses rangs. “Une campagne très méchante et déloyale fut ainsi menée contre moi par mes anciens compagnons” se souvient-il.

L’homme de conviction.

Après la campagne électorale de 1993, Birame dit avoir reçu la visite de deux membres du Bureau exécutif du PRDS, en l’occurrence Cheyakh Ould Ely et Bennahi Ould Ahmed Taleb. Ils venaient encore une fois lui demander d’adhérer au PRDS. Birame affirme leur avoir dit qu’il ne pouvait pas travailler dans un parti politique où on ne peut pas militer pour les droits de l’homme.

Ceux à quoi ses interlocuteurs lui auraient répondu que le PRDS était un parti ouvert à toutes les idées et à toutes les initiatives tendant à améliorer la situation des droits de l’homme en Mauritanie. Malgré tout, Birame aurait demandé des garanties. Ses interlocuteurs lui dirent alors qu’il sera contacté à un échelon supérieur. Il sera convoqué de nouveau par le défunt Ahmed Ould Minni, devenu entre temps, Secrétaire général de la Présidence de la République.

“Les pourparlers, dira-t-il, ont duré plus d’une semaine”. Malgré, tout, Birame hésite encore. Il contacte les responsables du Mouvement El Hor, notamment Boubacar Ould Messaoud qui provoqua une rencontre entre lui et Messaoud Ould Boulkheïr, alors Secrétaire général de l’UFD.

Boubacar défendit le dossier de Birame, susurrant à Messaoud l’intérêt que le Mouvement avait de garder Birame, le combat qu’il mène s’inscrivant, selon lui, en droite ligne dans la politique d’émancipation défendue par El Hor.

Mais selon Birame, Messaoud refusa l’offre, le trouvant indiscipliné, assenant que Birame “ne pouvait pas militer dans un même parti que lui”. Déçu par ce refus, Birame intensifia ses discussions avec Feu Ahmed Ould Minni. C’est comme ça qu’il a selon lui, intégré le PRDS, dans la mesure où on lui avait assuré qu’il pouvait y aborder tous les sujets sans tabou.

“Depuis lors, souligne Birame, tout ce que j’ai posé sur la question de l’esclavage et du racisme d’Etat, Ahmed Ould Minni le récupérait, promettant de le transmettre à qui de droit”. Il remarquait cependant que ses analyses et ses suggestions sur ces deux questions n’avaient eu aucune suite en terme de changement social. Il ne voyait rien venir. Au bout de quelques mois, il décida d’arrêter et de cesser de multiplier les déclarations.

Il se mit peu à peu en retrait. Dans son dos, il entendait dire “voilà le petit Messaoud”. Il sentait au sein du PRDS une once de suspicion planer sur lui. Il décida de s’éloigner de la scène politique et repris ses études en 1996.

 

SOURCE : Cheikh Aidara – L´Authentique (Biram Ould Dah Ould Abeid, bref biographie d´un activiste hors commun).

Lire l´intégralité de l´article au lien suivant:

http://bocar.hawo.over-blog.com/article-birame-ould-dah-ould-abeid-bref-biographie-d-un-activiste-hors-du-commun-74559131.html.

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Biram: Tout feu tout flamme contre les Flam

Dans un texte adressé à Ivana Dama, membre de la section IRA-Italie, Birame s’en prend aux Flam.

Ma chère Ivana, j’ai bien écouté et apprécié ton plaidoyer pour une entente avec Flam, et j’ai bien noté le message que tu m’as transmis de la part de ton ami sur Facebook Kaaw Touré qui voudrait une médiation pour faire la paix, dit- il avec IRA;

je te dis tout de suite chère Ivana, de transmettre à ce monsieur et ses compagnons, que nous, nous sommes en guerre contre le système étatique et social en Mauritanie et pas contre les aboyeurs faiseurs des sales besognes de ce système, donc nous ferons la paix avec le système quand il se sera repenti, mais pas avec une poignée d’enragés qui vient d’inaugurer un marché avilissant à l’odeur nauséabonde dont les termes sont :

accueillez nous et nourrissez nous et nous augmenterons le pelletons des chiens de gardes du pouvoir d‘Aziz qui aboient sur IRA et l’invectivent sur la toile;

et j’apprends à ces nouveaux chiens de gardes du système esclavagiste et raciste en Mauritanie, que 5000 organisations fantômes, de vendus et d’aboyeurs, chasseurs de primes comme la leur, ne pourrons en rien stopper ni ralentir l’ascension irrésistible d’IRA vers la déconstruction du système d’esclavage et de racisme en vigueur en Mauritanie;

le mensonge et les contre-vérités que distillent les Flam à propos de l’argent versé à IRA , le prétendu soutien des Flam, tout ceci se fait sur les directives des services de renseignement de Aziz, qui ont accueilli les représentants des Flam et leur ont donnés la mission d’avilir IRA aux yeux de l’opinion publique noire de Mauritanie sachant que la meilleure manière de faire désolidariser les Noirs de Mauritanie d’un mouvement ou d’une personne c’est de dire que cette personne ou ce mouvement sont proches des Flam.

Les Flam, ou plutôt ce qui en reste , sont un porte-malheur pour les communautés noires de Mauritanie;les Flam aussi se sont rabattus comme des fauves affamés sur une charogne que le système esclavagiste et raciste en Mauritanie a depuis plusieurs années usé sans pouvoir entacher la respectabilité toujours grandissante de Biram Dah Abeid et de IRA au sein de l’opinion nationale et internationale;

depuis le commencement de notre action nous avons entendu tous le groupes et personnes qui collaborent avec le système ouvertement ou d’une manière souterraine, nous leur avons entendu dire et écrire Biram est un ami à Maawiya, alors qu’il y a des faits parlant que moi je n’ai jamais daigner dire ou écrire pour la simple raison que les mauritaniens et la communauté internationale ont toujours répondu à ces aboyeurs en me gratifiant de larges adhésions et soutiens populaires à mon action à l’intérieur et de prix de reconnaissance internationale à l’extérieur, des reconnaissances et des honneurs que les aboyeurs, anciens ou nouveaux ne pourraient jamais rêver bénéficier;

mais, aboyeurs invétérés et acolytes des services de renseignement. Dites à vos interlocuteurs quel poste j’ai occupé auprès de Mawiya? Dites leurs quel discours j’ai fait pour le soutenir? Et où ? Quand?

Dans quelle section de son parti j’étais membre? et, d’autre part, ma haute responsabilité que vous prétendez, que vous utilisez comme arme des lâches et d’impuissants, elle est plus importante auprès de Maawiya ou celle qu’occupait l’ancien bras séculier de Maawiya et son protecteur actuel, après qu’il est devenu son successeur et votre allié à vous et votre protecteur, comme vous le lui avez demandé lâchement devant tout le monde?

Chers aigris remplis de venin et de haine, je vous donne rendez-vous vous et votre Aziz, en Mauritanie quand il vous débloquera la rançon du retour au pays, la prime de l’aboiement contre IRA et Biram Dah Abeid, je vous attends de pied ferme, dans les villes de Mauritanie, dans le monde rural, au sein des jeunes et des étudiants, aux sein des veuves et des orphelins, au sein des déportés, aux sein de la vallée du fleuve, nous allons voir qui est l’ennemi du peuple.

Moi je sais que je suis voué à rentrer de nouveau en prison, y sortir vainqueur avec le peuple ou y mourir, vous, vous avez déjà et préalablement assuré votre pacte, votre pactole et votre sécurité avec votre maître et protecteur Ould Abdel Aziz; moi je pourrais bien libéré les esclave qui l’ont été malgré eux, je sais comment le faire et je l’ai toujours fais, mais je ne sais pas encore libéré des gens « nobles» comme ils aiment le dire et fiers depuis toujours, des Diimmoo , qui se font eux-mêmes esclaves à cause de la lâcheté ou l’appétit du gain.

Wa salam»

Biram Dah Ould Abeid

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Kaaw Touré à KASSATAYA : « Biram n’est pas à sa première pique, malgré son passé de collaborateur de Taya »

altLes propos tenus par M. Biram Ould Dah, président de l’IRA sur www.kassataya.com ont suscité une vive réaction des FLAM qui ont tenu à exercer leur droit de réponse. Au micro KASSATAYA de Saidou Nourou DIALLO dit Thierno, le secrétaire national à la Communication et porte-parole des FLAM M. Kaaw Mouhamadou s’est dit « quelque peu surpris par cette attaque malveillante, maladroite, irresponsable, ce jugement infondé qu’il [M. Biram Ould Dah] a formulé à l’adresse de notre mouvement. »

Passé le temps de la surprise, le porte-parole des FLAM a renvoyé l’ascenseur au leader de l’IRA pour qui, « en rencontrant Ould Abdel Aziz pour demander protection, les FLAM ont basculé dans la soumission et deviennent une branche du système. » M. Kaaw Touré se montre d’autant moins disposé à accepter cette attaque que, de son point de vue, elle émane d’un homme qui n’en « n’est pas à sa première pique, malgré son passé de collaborateur de Taya qui est l’auteur et l’instigateur du génocide qu’il dénonce partout. Il [Biram Ould Dah] a adhéré au PRDS ; quand on adhère à un parti c’est qu’on épouse son idéologie et à ma connaissance le PRDS n’était pas un parti anti esclavagiste et encore moins contre le racisme mais nous l’avons [Biram Ould Dah] accepté malgré son passé de collaborateur avec le système d’apartheid en Mauritanie. Cela ne nous a pas empêchés de travailler avec lui, de consentir des efforts, de le soutenir politiquement et financièrement à chaque fois qu’IRA se trouvait dans le besoin. »

Sur sa lancé, M. Touré fustige cette politique qui consiste à foncer « sans discernement sur ses adversaires et sur ses alliés naturels. Cette politique du bric à brac c’est de l’amateurisme politique, sans ligne définie ni stratégie claire et qui se grise à l’idée de se comparer à Mandela pour avoir fait la prison. »

Pour finir, le porte-parole des FLAM s’inscrit en faux contre l’accusation qui leur est faite de s’être précipitées dans les bras du pouvoir avant d’avoir rencontré leurs partenaires. « Les FLAM n’ont pas rencontré Ould Abdel en premier. Elles ont d’abord rencontré leurs militants puis les partis politiques de l’intérieur en commençant par l’IRA. Le vice président des FLAM M. Ibrahima Mifo Sow est arrivé à Nouakchott le 13 avril, le 15 il a rencontré le secrétaire aux relations extérieures de l’IRA M. Balla Touré en présence du SG de l’AJD/MR M. Mody Cissé. Ensuite, le 19 avril, Ibrahima Mifo Sow a eu M. Biram Ould Dah au téléphone. Ils ont convenu d’une rencontre. Mais entre temps, Biram est parti sans nous prévenir. Si, comme il dit, nous avions eu des consignes, nous n’allions pas le contacter ; ses accusations sont légères et non fondées parce que nous avons des témoins. Nous n’arrivons pas à comprendre les motivations de sa sortie. »

Source : www.kassataya.com

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L’ex-commandant Sidi Ould Lekhdeyim, membre de la commission d’enquête sur le coup d’Etat avorté des officiers négro-mauritaniens de 1987

altLe Calame : La tentative de putsch dit « des officiers négro-mauritaniens » de 1987 continue à alimenter la polémique. Un voile opaque l’entoure encore. Pour tirer les choses « au clair », le pouvoir de l’époque avait mis en place une commission d’enquête. Qui composait cette commission d’enquête ? Comment menait-elle ses investigations ?

Sidi Ould Lekhdeyim : Cette commission d’enquête était composée essentiellement de l’actuel général N’Diaga Dieng, entouré d’un certain nombre d’officiers, notamment le lieutenant-colonel Mohamed M’Bareck qui assurait, sur le terrain, le contact avec la commission de renfort de l’armée, dirigée par le colonel Lekhal. Du fait que les éléments venaient de tous les corps et de toutes les régions, il y avait comme deux commissions ; celle dirigée par le commandant N’Diaga s’occupait, essentiellement, des aspects techniques et professionnels. Il m’a pris comme adjoint et j’ai donc eu le privilège de travailler avec lui. J’assistais à certaines auditions et menais des enquêtes à ses côtés.

Les enquêtes que nous menions à l’état-major de la gendarmerie se déroulaient selon les règles de l’art et respectaient toutes les règles édictées par les lois et règlements en la matière. L’officier qui la dirigeait était, au plan professionnel, très apte. Il maîtrisait son sujet, connaissait la psychologie des officiers. Pour lui, l’enquête était un travail intellectuel qu’il fallait mener avec tact et à-propos. Il procédait à des vérifications et des recoupements, conformément à la méthodologie enseignée dans les écoles de la gendarmerie.

 

– Vous commandiez, comme le lieutenant N’Gaïdé, l’un des instigateurs de ce putsch avorté, un des deux bataillons de sécurité présidentielle. Aviez- vous senti « quelque chose », chez cet officier que vous côtoyiez ?

– Effectivement, N’Gaïdé et moi commandions les deux escadrons de sécurité présidentielle. Il avait été choisi par le président Ould Taya qui l’avait promu directement capitaine, moi, par l’état-major de la gendarmerie, alors que je revenais d’une formation en France. Je n’ai jamais rien décelé chez lui, quant à la tentative avortée de coup d’Etat de 1987. Les seuls faits marquants que j’ai gardés de lui, c’est son zèle excessif et une trop grande autorité, que je m’expliquais par sa proximité et la confiance qu’il avait du président Taya. Il est toujours vivant, il peut vous le confirmer.

– On a accusé la commission d’avoir eu recours à la torture pour extorquer des aveux ?

– Il n’y a jamais eu de torture. Sur ce point, je suis formel, il n’y en a jamais eu et je puis vous affirmer que le général N’Diaga n’a jamais porté la main sur qui que ce soit, n’a jamais autorisé quelqu’un à torturer les hommes arrêtés. Je mets au défi les officiers impliqués dans le coup, qui sont encore là et que je rencontre tous les jours, de me donner le nom d’une seule personne qui aurait été torturé par ou sur ordre de N’Diaga. La torture, ce n’était pas son genre, il la haïssait. En tout cas et comme je l’ai dit, je suis catégorique : il n’y a jamais eu de torture à l’état-major de la gendarmerie.

– Pouvez-vous nous dire le nombre d’officiers, de sous-officiers et d’hommes de troupe qui furent arrêtés, auditionnés et traduits à la justice, à l’époque ?

– Non, je n’ai pas les chiffres en tête.

– Que pouvez-vous dire, vous qui avez travaillé comme adjoint du commandant N’Diaga, à ceux qui continuent à penser, dans le milieu négro-mauritanien, que N’Diaga fut promu directeur général des douanes, à cause des « services » qu’il aurait rendus au pouvoir d’Ould Taya, en produisant un « rapport accablant » sur les présumés conspirateurs ?

– Dans sa démarche, je peux vous l’affirmer, le commandant N’Diaga procédait à un tri, systématique, entre les gens sur lesquels pesaient de réels soupçons, étayés, par exemple, par des correspondances où figuraient des noms, des gens dénoncés par d’autres, etc. Il ne gérait directement que l’affaire des officiers. J’ai eu à remarquer qu’il ne s’intéressait pas aux gens de la périphérie. Il ne ciblait que les instigateurs et auteurs réels de la tentative de putsch. Il n’a jamais arrêté un garde, un militaire ou un soldat lambda. Tous ceux sur lesquels il n’avait pas suffisamment de preuves ont été élargis. Je vais vous raconter une anecdote. Je me suis permis, une fois au cours de notre enquête, de lui faire remarquer qu’il relaxait beaucoup de personnes, sans procéder à des perquisitions chez eux. Il me répondit, sèchement : « occupe-toi de ce qui te concerne ». J’ai obtempéré, comprenant qu’il ne s’intéressait qu’aux principaux instigateurs.

Pour en revenir à votre question proprement dite, je peux vous confirmer qu’il a été promu directeur des douanes en 1991. De 90 à cette date, il est venu me voir, à Kiffa où j’étais commandant de compagnie, avec la commission d’enquête sur les évènements dans l’armée. Cette commission était dirigée par le colonel Sidiya Ould Yahya, secondé par le colonel Baby, et comprenait également le colonel Hafedh Ould Mamy. J’attire votre attention sur le fait que le commandant N’Diaga était le moins gradé de la commission et que sa présence, en son sein, se justifiait par le fait qu’il était à même de s’occuper, en tant que gendarme et, donc, officier de police judiciaire, des aspects techniques de l’enquête. J’ajoute qu’il y menait son travail, tandis que ses trois autres collègues disposaient de plus de responsabilités que lui. A mon sens, si cette enquête avait été complaisante, comme le pensent certains, l’Etat n’aurait pas recouru à la loi d’amnistie de 1993.

– Vous êtes donc catégorique : le général N’Diaga n’a pas produit de rapport « complaisant », comme le suspectent nombre de Mauritaniens, en particulier dans le milieu négro-mauritanien, et sa promotion ultérieure n’a rien avoir avec ce rapport ?

– Oui,je suis formel et catégorique en ces points, parce que je connais l’homme, pour avoir servi treize ans sous ses ordres directs. N’Diaga n’a jamais maquillé une enquête, il a toujours fait preuve de professionnalisme, d’indépendance d’esprit et, donc, d’impartialité. Je l’affirme sans détour : N’Diaga est un professionnel consciencieux, un homme honnête et généreux… C’est ce qui lui a valu le mérite de commander, en tant qu’adjoint du chef d’état-major, toutes les unités opérationnelles sur le terrain. Tous les chefs d’état-major qui ont eu cet officier comme adjoint n’ont jamais commandé l’aspect professionnel et opérationnel de ce corps. Leur gestion se limitait tout juste à l’aspect administratif.

A propos de sa promotion à la tête des douanes, je signale qu’il fut le 4ème officier de la gendarmerie à être nommé à ce poste. D’aucuns ont même cru que la direction des Douanes était réservée, depuis les années 80, à la gendarmerie. On ne peut pas empêcher les gens de spéculer, au lieu de se poser de bonnes questions. Pourquoi les trois autres officiers ont-ils été promus à cette direction ? Qu’ont-ils fait pour y atterrir ?

– Ne craignez-vous pas qu’on vous accuse de vouloir prendre la défense de votre ancien patron ?

– Loin de là ! Il est suffisamment outillé pour se défendre lui-même, si tant est qu’il eût quelque chose à se reprocher dans cette enquête. La plupart des acteurs du putsch sont encore vivants, ils peuvent confirmer qu’il n’en est rien. Mais, en ce qui me concerne, si des gens voyaient les choses sous cet angle, je leur répondrais en disant qu’il s’agit là d’une accusation gratuite, comme celle, du reste, qu’on a portée contre N’Diaga.

– Vous avez côtoyé l’homme pendant longtemps. Quelles qualités lui reconnaissez-vous ?

– Par pudeur et respect à moi-même, je préfère ne pas répondre à cette question. Par contre, je lui reconnais un défaut majeur.

– Lequel ?

– (Rires) Il est trop bon.

– Quelles preuves avez-vous pu réunir, pour la Cour spéciale de justice qui condamna à mort les trois « principaux auteurs » de la tentative avortée de putsch ?

– Nous avons pu mettre la main sur le projet écrit de putsch où figurait le changement du drapeau national et de la monnaie actuelle. Je précise, ici, que durant tout le procès, aucun des principaux accusés n’a dit avoir fait l’objet de torture de la part des enquêteurs.

– A votre avis et avec le recul, qu’est-ce qui peut justifier les exactions commises contre les militaires négro mauritaniens, en 1990, dans les casernes ?

– Je n’ai pas d’explications et je ne ferais que spéculer. Ce que je sais, par contre, c’est qu’à un certain moment, l’armée comptait beaucoup d’officiers très politisés, recrutés qu’ils étaient, sans respect de certaines normes. Au sein de ce corps, cohabitaient des Nasséristes, des Baathistes et des Flamistes. Ce sont ces trois courants idéologiques qui ont conduit, par à-coups et vengeances, à ce qui s’est produit dans l’armée. Je tiens à préciser, en outre, qu’aucun militaire, aucun garde, aucun policier n’est mort, je suis catégorique là-dessus, dans un camp ou une brigade de gendarmerie. Le corps de la gendarmerie n’a pas été touché par les évènements de 1990. Aucun gendarme n’a été muté d’une brigade à une autre. On aurait dit que ce corps vivait sur une autre planète. La seule fois où nous avons été concernés, c’est par la présence du colonel N’Diaga dans la commission d’enquête de 1990 et je vous ai déjà dit le rôle qu’il y a joué. Pour ma part, étant commandant de compagnie à Kaédi, au moment où les arrestations ont commencé, on m’a demandé de détenir les militaires arrêtés. Je me suis aussitôt référé à ma hiérarchie. Or, c’était, justement, le colonel N’Diaga qui commandait, comme je l’ai dit tantôt, les unités opérationnelles. Il m’a dit de ne pas me mêler de ces affaires sans saisine officielle. C’est ce que j’ai fait. Il y a trois formes de saisines : une réquisition du parquet de la Cour spéciale de justice ; une dénonciation ou une plainte devant moi-même ; enfin, une plainte transmise par un juge d’instruction, sur commission rogatoire pour opérer à sa place. Comme vous le remarquez, le cas de ces militaires ne relevait d’aucune de ces trois.

Ben abdalla LE CALAME

 

 

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Qui a intérêt à saboter la transition démocratique en Egypte ?

Que se passe-t-il réellement en Egypte ? Quels sont les enjeux politiques et diplomatiques de cette nouvelle bataille qui a démarré le 30 juin ?


Qui a intérêt à saboter la transition démocratique en Egypte ?
 

 

L’opinion publique arabe et musulmane qui a tant parié sur la révolution du 25 janvier en Egypte qui a balayé le régime autoritaire et corrompu de Moubarak retient son souffle. La polarisation à laquelle ont donné lieu les manifestations des pro et des anti-Morsi n’augure rien de bon dans la mesure où les manifestations peuvent à tout moment dégénérer en affrontements violents entre partisans et adversaires du nouveau régime. Le risque de guerre civile plane sur le pays. Par la bouche de ses chefs, l’armée a déclaré qu’elle ne permettrait à aucun prix que le pays tombe dans la guerre civile, en brandissant en des termes à peine voilés la menace d’un coup d’Etat. Que se passe-t-il réellement en Egypte ? Quels sont les enjeux politiques et diplomatiques de cette nouvelle bataille qui a démarré le 30 juin ?

Comme dans toute grande crise, les éléments de politique intérieure et extérieure interfèrent de manière complexe dans cette crise égyptienne. Les médias spécialisés dans la désinformation font tout pour cacher cette interférence qui pourrait expliquer les alignements des uns et des autres et les véritables motivations qui animent les acteurs sociaux et politiques. Si on suit la version proposée par les médias occidentaux et certains médias arabes, ce qui se passe en Egypte ne serait qu’une sorte de « révolution dans la révolution », une continuation de la révolution du 25 janvier que les Frères Musulmans auraient accaparée à leur profit exclusif alors qu’ils n’en étaient même pas les initiateurs. Nous aurions donc affaire à une seconde révolution en vue de réaliser les aspirations démocratiques trahies par le régime des Frères Musulmans.

Qu’en est-il dans la réalité ? Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Guardian, le président Morsi vient de reconnaître ses erreurs politiques et notamment l’erreur d’avoir promulgué la fameuse Déclaration constitutionnelle qui lui a donné des pouvoirs élargis et qui a contribué ainsi selon ses dires à susciter un climat d’incompréhension et de méfiance au sein de la classe politique égyptienne.

 


Enjeux politiques

Sans aucun doute, par des actes politiques et institutionnels inconsidérés, le nouveau régime des Frères Musulmans a donné l’impression à ses nombreux adversaires qu’il se dirigeait vers un hégémonisme politique inquiétant. Mais cette tendance doit être analysée avec circonspection si on ne veut pas tomber dans la désinformation et les procès d’intention.

Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui en Egypte, il est important de rappeler quelques faits essentiels :

  1. Le président Morsi dont les manifestants hostiles exigent le départ immédiat n’est pas Moubarak. Contrairement à ce dernier, il a été élu dans le cadre d’une élection démocratique libre. Quand le président Morsi dit que les opposants qui exigent sa démission défient la légalité constitutionnelle et risquent de créer un précédent grave puisque la rue pourrait à l’avenir destituer n’importe quel président élu démocratiquement entraînant ainsi le pays dans une instabilité politique et institutionnelle grave, il n’a pas complètement tort.

  1. Le mouvement de contestation du président Morsi n’est pas un mouvement homogène. Loin de là. On y trouve pêle-mêle les « foulouls » de l’ancien régime, les opposants libéraux et nationalistes, les représentants de l’Administration, de la police et de la Justice qui craignent de perdre leurs privilèges à côté des manifestants révolutionnaires radicaux qui aspirent à pousser la révolution du 25 janvier jusqu’au bout de ses potentialités démocratiques et sociales.

  1. Quand on accuse les Frères Musulmans de tentatives hégémoniques, il y a sans doute du vrai mais le tableau est contrasté. Si certaines conduites laissent penser que les Frères Musulmans ont essayé de profiter de leur arrivée au pouvoir- comme l’aurait fait n’importe quel courant politique dans la même situation- d’autres indices montrent paradoxalement que les Frères Musulmans ont été victimes de leur manque de radicalisme puisque le nouveau président a hésité à nettoyer en profondeur les administrations, la Justice, la police et les médias publics des anciens fonctionnaires qui sont aujourd’hui dans les premières loges de la contestation « révolutionnaire » ! Si le président Morsi avait tenté de nettoyer l’Administration des fonctionnaires de l’ancien régime comme le demandent les jeunes manifestants radicaux, d’autres lui auraient sans doute reproché une violation du principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs. La difficulté de répondre en même temps à des demandes aussi contradictoires explique l’impasse dans laquelle s’est retrouvé le nouveau régime de Morsi.

  1. Mais le plus important à rappeler est que la transition démocratique en Egypte n’est pas chose aisée en raison de facteurs structurels autrement plus déterminants que la couleur politique de la force appelée à la mener à bon port. Le Président Morsi a été élu il y a un an. Il est pour le moins hâtif d’émettre un jugement définitif sur les performances économiques, sociales et politiques d’un nouveau président obligé de gérer une transition démocratique dans un contexte aussi défavorable marqué par le lourd héritage de trente années d’autoritarisme, de corruption et d’infiltration d’intérêts étrangers puissants.

 


Enjeux diplomatiques

S’il était prévisible que les forces internes qui redoutent le changement allaient tout faire pour torpiller cette transition démocratique, il fallait aussi compter avec les forces externes qui n’ont pas intérêt à voir l’Egypte se relever pour reconquérir son statut géopolitique perdu. Si les médias mainstream mettent tant d’efforts dans leur œuvre de désinformation en cherchant à faire passer la « rébellion » civile du 30 juin pour une nouvelle « révolution » démocratique, c’est qu’ils y trouvent un intérêt géopolitique inavoué. Quel est cet intérêt caché qui fait baver journalistes et ONG du « monde libre » accourus en Egypte pour prêter main forte aux « démocrates » de ce pays mobilisés pour se libérer de la nouvelle « dictature islamiste » ?

Pour comprendre la levée de boucliers des médias mainstream contre les Frères Musulmans en Egypte, il faut rappeler les principes qui guident la politique des puissances occidentales dans la région :

  1. Contrairement aux slogans servis ici et là, les puissances occidentales ne se soucient que de deux choses essentielles : 1) Leurs intérêts stratégiques- au premier rang desquels il faut compter la sécurité énergétique- 2) La sécurité et la suprématie régionale de l’Etat d’Israël. C’est dans ce cadre que ces puissances chercheront à adapter leur politique de soutien à la « transition démocratique ». Si la stabilité et la démocratie ne contrarient pas leurs intérêts, elles seront prêtes à les soutenir. Le cas contraire, elles seront prêtes à payer le prix de l’instabilité et même de la guerre comme cela se passe en Syrie.

  1. Si les Frères Musulmans égyptiens sont devenus subitement affreux et méchants aux yeux des médias occidentaux, ce n’est pas tant à cause de leurs violations des libertés individuelles qu’à cause des desseins géopolitiques qu’on leur prête et des velléités d’indépendance nationale qu’ils n’ont cessé de montrer depuis leur arrivée au pouvoir. A cet égard, le nouveau régime égyptien paie le prix de ses nouvelles orientations diplomatiques : 1) Soutien à la cause palestinienne et au Hamas même si le régime égyptien ne le crie pas sur tous les toits pour ne pas s’attirer les foudres de ses adversaires. 2) Rapprochement avec l’Iran. 3) Rapprochement avec les pays membres du BRICS en vue de diminuer la dépendance à l’égard des Etats-Unis héritée de l’ancien régime.

  1. Le nouveau régime du président Morsi paie également les frais de l’atavisme idéologique qui habite les appareils académiques et médiatiques occidentaux suivant lesquels il ne saurait y avoir d’autre modèle de démocratie que celui que l’occident a produit dans son aventure de sécularisation en partant de son noyau théologico-politique judéo-chrétien. L’occident peut à la rigueur utiliser les islamistes dans ses opérations stratégiques soft pour balayer les régimes nationalistes qui lui posent problème mais il a du mal à admettre qu’une modernité endogène puisse émerger dans les pays d’islam à partir des valeurs propres à cette civilisation. L’acharnement des médias occidentaux contre la Turquie d’Erdogan et l’Egypte de Morsi dénote un ethnocentrisme des plus aveugles et qui pourrait avoir des conséquences diplomatiques graves sur la paix et la sécurité régionales. A cet égard, il faut rappeler l’amalgame systématique fait par les médias occidentaux quand ils rapportent les dépassements commis par des groupes salafistes radicaux au demeurant minoritaires mais qu’ils cherchent à confondre sciemment sous le vocable « islamistes » pour mieux les diaboliser.

  1. Mais le plus grave est que le nouveau régime égyptien a également échoué sur un autre front diplomatique sensible. Les Frères Musulmans n’ont pas réussi à mobiliser auprès de leurs riches voisins arabes les investissements nécessaires au lancement d’une nouvelle politique économique et sociale. Les aides de l’Arabie saoudite et du Qatar n’ont pas été à la hauteur des attentes. Pire, aussi incroyable que cela puisse paraître, il est désormais acquis que le front anti-Morsi bénéficie du soutien actif de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. Il suffit de voir comment la télévision satellitaire à capitaux saoudiens Al Arabiya est devenue le vecteur numéro 1 de la nouvelle « révolution » du 30 juin pour s’en convaincre. Israël et ses alliés occidentaux se frottent les mains. Outre les ONG « démocratiques » acquises à leur cause qui activent en Egypte, ils peuvent compter sur la capacité de nuisance autrement plus efficace de ces deux pétromonarchies du Golfe qui mettent leurs milliards de dollars au service de la subversion du régime de Morsi.

Ce faisant, ces pétromonarchies font payer au régime de Morsi le prix de son rapprochement avec l’Iran et de sa volonté de renouer avec le leadership régional arabe qui leur fait de l’ombre. Mais plus que tout, ces pétromonarchies redoutent la contamination de la révolution du 25 janvier et le fait que les Frères Musulmans puissent être appelés dans un avenir proche à jouer les premiers rôles dans les processus de changement dont les prémisses commencent à apparaître dans ces sociétés conservatrices qui doivent au robinet de la rente pétrolière le fait d’avoir été jusqu’ici épargnées par le « printemps arabe ».

 


Quelles perspectives ?

Il est triste de voir l’argent arabe servir à saboter la transition démocratique dans un pays arabe dont le redressement donnerait le signal à une renaissance arabe prometteuse aussi bien pour la prospérité des nations que pour la liberté et la dignité des citoyens. Mais le peuple égyptien n’a pas encore dit son dernier mot. Comme il s’est débarrassé hier du régime autoritaire, corrompu et vendu de Moubarak, il saura éviter les pièges de ceux qui voudraient le voir succomber aux démons de la division et de la guerre civile. Comme l’ont rappelé à juste titre les éditorialistes du célèbre quotidien Al Ahram, des deux côtés, du côté des pro comme du côté des anti-Morsi, il y a un élan patriotique que nulle puissance intéressée ne saurait dévier vers l’autodestruction de l’Egypte.

Le président Morsi a reconnu ses erreurs et a appelé ses adversaires à une concertation en vue d’une sortie consensuelle de la crise. On aurait souhaité qu’il le fasse plus tôt pour épargner à son pays les risques d’un déchirement préjudiciable à ses intérêts supérieurs. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Dans un contexte politique où la volonté populaire est si divisée puisque les deux camps sont presque à égalité, les élites politiques devraient faire preuve d’une grande sagesse et accepter volontairement de faire des concessions pour éviter le pire.

Dans ce contexte, l’armée égyptienne dont le commandement s’est honoré en refusant d’intervenir contre la volonté du peuple durant la révolution du 25 janvier 2011 sera appelée à jouer un rôle décisif. Mais elle serait mal avisée d’intervenir aujourd’hui contre un président démocratiquement élu tant que ce dernier ne s’est pas rendu coupable de violation flagrante de la légalité constitutionnelle sous peine d’apparaître comme une armée qui aura pris la défense d’une partie de la société contre l’autre, ou pire encore, comme une armée qui aura succombé aux pressions des puissances régionales et internationales qui redoutent par-dessus tout le retour de la grande Egypte sur la scène géopolitique du Moyen Orient.

Mohamed Tahar Bensaada

 

Oumma.com




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