Dans une tribune, une Marocaine dit sa honte du racisme à l’encontre des noirs africains. Un racisme qu’elle a souvent cautionné par son silence.
Ismaïla Faye, un jeune Sénégalais assassiné pour une place de bus, le 14 août dernier. Cette histoire est la dernière d’une longue liste d’actes racistes contre les Africains qui résident au Maroc. Dans une tribune intitulée «Je ne suis pas raciste, je suis pire» et publiée sur le site collaboratif Quandisha, une Marocaine crie sa colère et sa honte de porter la nationalité d’un pays qui traite aussi mal «ses frères». Ismaïla Faye, comme tous les autres, ont espéré rejoindre un pays accueillant. Ils n’ont finalement trouvé que du mépris. Au nom de tous les Marocains défenseurs des droits de l’homme, l’auteure de la tribune demande pardon:
«Mes lâches silences face à l’ignominie ôtent toute sa beauté à mes grands discours humanistes et mes honorables pensées sur la justice et l’égalité entre les Hommes.(…)Pour toi Mon Frère, je fais mon mea culpa et je te dévoile ma face honteuse. Pour toi Mon frère, je dis tout ce que je fais semblant de ne pas entendre. Comprends que je veux te regarder dans les yeux, sans honte car…
Quand je ne trouve aucun mal à ce qu’on appelle nègre, Âazzi, Âabd ou Kahlouch, le jeune homme qui porte la couleur de ma terre sur sa peau, j’ai honte de moi…
Quand je souris, même gênée, lorsque ma mère me demande de ne pas lui ramener un mari noir, au fond, j’ai honte de moi…
Quand je ne commente pas lorsque mon voisin me raconte fièrement comment il s’est opposé à la location de l’appartement du 5e à un jeune couple noir, j’ai honte de moi…»
Source: Slateafrique
Le gouvernement mauritanien est sur le point d’attribuer une concession rurale de 31.000 hectares à une mystérieuse entreprise saoudienne, Al Rajihi, dans le département de Boghé. Cette perspective provoque la colère des populations de plusieurs villages (des communes de Ould Birome, de Dar El Barka et d’Ajouer) qui seront touchés par la mesure. Propriétaires traditionnels de ces terres, les villageois prévoient une série de manifestations « pour faire respecter leurs droits coutumiers » restés inviolés du temps de la colonisation française. Ce vaste projet, qui a fait l’objet d’une affiche devant les locaux de la préfecture et des chefs-lieux des communes depuis le 5 juin 2013, est délimité au nord par les villages de Boutimbiskitt et Bougoutra, au sud à environ 4 km de la route Rosso-Boghé, à l’est par l’affluent Loueïd et le village de Zem-Zem et à l’ouest par la limite administrative entre le Trarza et le Brakna. La commission départementale de prévention et d’arbitrage des conflits fonciers s’est réunie, le 19 août, pour envoyer à la région, un procès-verbal rejetant les réclamations des populations riveraines du projet. L’arrivée sur les lieux de la société saoudienne « signerait un arrêt de mort du secteur agro-pastoral dans de vastes zones, accentuant la pauvreté et l’insécurité alimentaire », selon les populations. Les protestataires, fondant leur argumentaire sur le juridique, évoquent l’article 8 du code pastoral qui stipule que « le principe de la communauté des ressources pastorales est de droit ». Selon nos informations, l’Etat vient, en catimini, de déclarer ces terres “domaniales”. Le préfet adjoint de Boghé, Mohamed Salem O. Sellahi a confié que « ce projet a fait l’objet d’une affiche publique depuis le 5 juin accordant un délai de 60 jours aux personnes physiques ou morales qui ont des prétentions sur lesdits terrains délimités mais celles-ci n’ont pu apporter des documents administratifs justifiant leur propriété ». L’adjoint au préfet rappelle que la terre appartient à l’Etat et exclut toute revendication basée sur la tenure traditionnelle. Il confie cependant « qu’une commission du MDR sera dépêchée pour examiner toutes les réclamations avant l’exécution du projet ». Le Forum National des Organisations de Droits de l’Homme (FONADH), un collectif d’une quinzaine d’ONG est fortement opposé au projet. Son président, Sarr Mamadou, lance ainsi un appel en vue de l’organisation des Etats Généraux du Foncier Rural « qui constitue une bombe à retardement en Mauritanie».
Le chef de file de l’opposition mauritanienne Ahmed Ould Daddah, président du Regroupement des forces de progrès RFD, a décliné la demande de rencontre que lui a adressé le président Mohamed Ould Abdelaziz.
Le report des élections législatives et municipales au 23 Novembre 2013 a crée un profond désaccord au sein des partis de l’opposition mauritanienne dite modérée, a révélé une source autorisée à Alakhbar. 


