Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Attribution imminente de 31 hectares dans le département de Boghé: Courroux des populations

altLe gouvernement mauritanien est sur le point d’attribuer une concession rurale de 31.000 hectares à une mystérieuse entreprise saoudienne, Al Rajihi, dans le département de Boghé. Cette perspective provoque la colère des populations de plusieurs villages (des communes de Ould Birome, de Dar El Barka et d’Ajouer) qui seront touchés par la mesure. Propriétaires traditionnels de ces terres, les villageois prévoient une série de manifestations « pour faire respecter leurs droits coutumiers » restés inviolés du temps de la colonisation française. Ce vaste projet, qui a fait l’objet d’une affiche devant les locaux de la préfecture et des chefs-lieux des communes depuis le 5 juin 2013, est délimité au nord par les villages de Boutimbiskitt et Bougoutra, au sud à environ 4 km de la route Rosso-Boghé, à l’est par l’affluent Loueïd et le village de Zem-Zem et à l’ouest par la limite administrative entre le Trarza et le Brakna. La commission départementale de prévention et d’arbitrage des conflits fonciers s’est réunie, le 19 août, pour envoyer à la région, un procès-verbal rejetant les réclamations des populations riveraines du projet. L’arrivée sur les lieux de la société saoudienne « signerait un arrêt de mort du secteur agro-pastoral dans de vastes zones, accentuant la pauvreté et l’insécurité alimentaire », selon les populations. Les protestataires, fondant leur argumentaire sur le juridique, évoquent l’article 8 du code pastoral qui stipule que « le principe de la communauté des ressources pastorales est de droit ». Selon nos informations, l’Etat vient, en catimini, de déclarer ces terres “domaniales”. Le préfet adjoint de Boghé, Mohamed Salem O. Sellahi a confié que « ce projet a fait l’objet d’une affiche publique depuis le 5 juin accordant un délai de 60 jours aux personnes physiques ou morales qui ont des prétentions sur lesdits terrains délimités mais celles-ci n’ont pu apporter des documents administratifs justifiant leur propriété ». L’adjoint au préfet rappelle que la terre appartient à l’Etat et exclut toute revendication basée sur la tenure traditionnelle. Il confie cependant « qu’une commission du MDR sera dépêchée pour examiner toutes les réclamations avant l’exécution du projet ». Le Forum National des Organisations de Droits de l’Homme (FONADH), un collectif d’une quinzaine d’ONG est fortement opposé au projet. Son président, Sarr Mamadou, lance ainsi un appel en vue de l’organisation des Etats Généraux du Foncier Rural « qui constitue une bombe à retardement en Mauritanie».

Source: Le calame

Partagez