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DÉCLARATION
DÉCLARATION
Le pays connaît depuis un certain temps un déclin inquiétant des libertés individuelles et collectives et une détérioration continue des conditions de vie de la population, dans les zones rurales comme urbaines. Le cercle de la répression s’élargit pour inclure les journalistes, les blogueurs, les acteurs politiques et les militants, et l’on constate une augmentation des attaques contre toute voix libre qui exprime les préoccupations et les souffrances des citoyens ou qui révèle des aspects de déséquilibres, de corruption et de mauvaise gestion. Toutes les composantes de la société, en particulier les classes pauvres, ont atteint des niveaux de pauvreté et de privation sans précédent, ce qui menace gravement l’unité nationale et la cohésion sociale.
Dans le même temps, le citoyen mauritanien vit au quotidien une souffrance croissante due à la dégradation des services de base tels que l’eau, l’électricité, l’éducation, la santé et la sécurité publique, ainsi qu’à la montée du chômage, en particulier chez les jeunes et les femmes. Par ailleurs, depuis plusieurs mois, une véritable campagne à l’allure d’une chasse à l’homme est menée contre les immigrés au motif de la lutte contre le trafic des personnes et l’immigration clandestine. Cette campagne s’accompagne souvent de graves violations de droits humains y compris dans de nombreux cas, contre des citoyens mauritaniens victimes de délit de faciès.
Tout cela se produit en l’absence d’une réelle volonté de réforme ou d’une intention de changement.
Les forces politiques d’opposition en Mauritanie, qui élèvent la voix pour dénoncer et protester contre cette dangereuse réalité politique et sociale, affirment ce qui suit :
* Nous demandons la libération de tous les prisonniers d’opinion et nous condamnons toutes les formes d’entrave et de restriction des libertés individuelles et collectives. Nous demandons le respect de la Constitution qui garantit les droits à l’expression, à l’organisation et à la manifestation pacifique et qui criminalise les atteintes à ces droits. Nous réclamons l’ouverture des medias publics à l’opposition et l’arrêt de toutes les campagnes de diabolisation contre les opposants politiques. Nous demandons également la légalisation de tous les partis, aussi bien ceux qui ont déposé leurs dossiers auprès des autorités compétentes conformément à la loi num 91-024 du 25 juillet 1991 que ceux qui ont rempli les conditions exigées par la nouvelle loi 010-2025 sur les partis politiques.
* Nous condamnons toutes les formes d’injustice et de discrimination dont sont victimes tous les citoyens en raison de leur appartenance ethnique, tribale ou de classe, de même que nous exigeons l’arrêt immédiat des pratiques illégales de chasse à l’homme contraires aux normes et valeurs nationales et universelles contre les étrangers subsahariens et la fin de l’amalgame dont sont victimes certains de nos compatriotes pour délits de faciès;
* Nous tenons le gouvernement pour entièrement responsable de la détérioration des conditions de vie et des services, et nous soulignons la nécessité d’adopter des solutions indispensables aux problèmes de la nation et des citoyens.
* Nous rappelons au régime qu’il n’y a pas de solution aux problèmes croissants du pays sans le lancement d’un dialogue national sérieux qui n’exclut personne et ne néglige aucun sujet.
Jeudi 25 Rabî’ al-Awwal 1447 H
Correspondant au : 18 septembre 2025
Partis et forces politiques signataires :
Parti du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement – Tewassoul
Parti Sawab
Parti Union des Forces de Progrès
Parti Forces Progressistes – FPC
Parti Rassemblement des Démocrates Progressistes – RDP
Parti El-Rak
Parti Renouveau du Mouvement Démocratique – RMD
Parti Renaissance et Coexistence
Mouvement Majd
Pacte pour une Citoyenneté Équitable
Alliance pour la Coexistence Commune
Parti Pour une Mauritanie Forte
Parti DEKAALEM
Alternance Démocratique – UNAD
Parti Mauritanie en Avant – Hazm PMA
Parti PV
Parti RENNDO
La Coexistence Commune
PAREN CVE
Rassemblement des Forces Démocratiques
Alliance Populaire Progressiste
L’APP met en garde contre les discours de haine et appelle à un sursaut national
SHEMS MAARIF – Dans un contexte marqué par des tensions croissantes sur les réseaux sociaux et dans certains discours publics, le Parti de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) a publié un communiqué ce week-end dans lequel il condamne fermement toute forme d’incitation à la haine ou à l’extrémisme, quel qu’en soit l’auteur ou le canal.
Le parti alerte sur les risques majeurs que représentent ces dérives pour l’unité nationale et la cohésion sociale, et rappelle que « toute parole ou action visant à diviser les Mauritaniens ou à encourager la confrontation affaiblit la nation et freine son évolution démocratique ».
Face à ce qu’il qualifie de « moment délicat » de l’histoire politique et sociale de la Mauritanie, l’APP appelle l’ensemble des forces vives à faire preuve de responsabilité et de lucidité, estimant que la consolidation du tissu social doit être une priorité absolue.
Dans ce sens, le parti réaffirme que l’unité nationale reste l’enjeu central et vital du pays, et constitue « le véritable bouclier contre les risques de fragmentation, la seule garantie de stabilité durable et de paix civile ».
L’APP lance un appel solennel à tous les citoyens, les invitant à défendre ce choix de l’unité, à le promouvoir dans leurs discours et leurs comportements, et à rejeter toute forme de rhétorique ou de posture susceptible de menacer l’harmonie collective.
S’adressant également à ses partenaires de l’opposition, le parti insiste sur l’impérieuse nécessité de l’unité, de la cohésion et du renforcement des rangs, pour jouer pleinement leur rôle dans la défense des acquis démocratiques et la construction d’un État de droit fondé sur la justice et l’équité.
Le communiqué revient également sur les positions historiques de l’APP, soulignant sa fidélité à l’intérêt supérieur de la nation comme boussole de son action politique depuis sa création.
Enfin, le parti réitère son engagement en faveur d’un dialogue national inclusif, qu’il considère comme le seul cadre crédible pour résoudre les crises du pays, reconstruire des institutions plus justes, et relever les défis économiques, sociaux et politiques. Il estime que ce dialogue ne peut réussir qu’avec la participation de toutes les parties prenantes, dans un esprit d’ouverture, de responsabilité et de recherche sincère de solutions durables.
Dans sa conclusion, l’APP réaffirme sa volonté de continuer à lutter pour le renforcement de la démocratie, la justice sociale, la défense de l’unité nationale et la construction d’un État moderne, fort et solidaire, fondé sur les principes de liberté, de coexistence pacifique et de fraternité entre tous les citoyens.
QUAND CERTAINS VEULENT NIER L’ÉVIDENCE, LE SAGE PARLE !
Cher ami Mohamed Ould Echriv Echriv ton insistance obsessionnelle tendant à nier sans raison l’identité negroafricaine des harratines me surprend. Le fait de chercher des raisons pour conforter ta position en interrogeant les anciens esclaves des autres ethnies sera balayee d’un revers de main. Je te propose qu’on aille ensemble au marché pour que tu tentes d’identifier ces macudos et autres esclaves des autres ethnies noires par rapport aux membres de leur ethnie. Tu n’y parviendras jamais. Alors qu’on pourra identifier sans peine tous les harratines qui peuplent le marché. Alors trêve de philosophie et d’abstraction inutile qui ne font pas avancer le débat. Attachons-nous au concret et au factuel. Oui sans l’ombre d’un doute les Harratines sont de culture araboberbere – une évidence – avec des spécificités sur le plan musical et de la danse entre autres. En revanche, ils sont d’une descendance négro africaine incontestable et la couleur de leur peau – Noire – que tu persistes à passer sous silence est leur marqueur prédominant avant leur culture arabo berbère y compris la langue. Tant que tu n’admettras pas cette évidence et que tu continues de nier une identité propre aux Harratines, tes publications ne sont que diversion. Sans parler du manque de respect notoire dû à une grande composante du pays dont la dignité est déjà largement entamée par des siècles d’oppression, de privation du minimum aujourd’hui l’éducation des enfants, les services de base essentielle pour une vie décente. Au contraire, ils continuent de croupir dans une pauvreté extrême.
Béchir Fall
RÉTRO: DÉBATS D´HIER ET TOUJOURS ACTUELS.
DE L´IDENTITÉ DES HARATINES.
Les Haratines, cette force montante, constitueront, de plus en plus, un enjeu important dans l’évolution future des rapports de force inter- communautaires. Voilà pourquoi ce groupe ne laisse personne indifférent .
Voilà pourquoi, également, le doute, la réflexion et un questionnement qui traversent actuellement certains segments de ce courant sur la meilleure voie devant mener à leur libération interpellent chacun de nous. Lorsque j’ai lu la réponse de Samory à Nany, suite à une lettre, naïvement, adressée aux Nations-unies, j’ai décidé, à mon tour d’entrer dans le débat à ma manière.
Prenant d’emblée le contre-pied de Ould Nany, je pose que la libération de l’esclave – tout esclave- passe par une rupture ombilicale d’avec le maître , nécessairement. Cette rupture ombilicale d’avec le maître se justifie en raison de la nature même de la relation d’intérêt maitre-esclave, par essence conflictuelle, antagonique;
En effet l’un cherche à asservir, à aliéner une liberté, l’autre cherche à recouvrer cette liberté, à se soustraire à l’asservissement. On entend souvent dire, comme par définition, que « l’esclave est celui-là qui manque de tout , qui fait tout et qui n’a aucun droit , et que le maître est celui qui a tout , qui ne fait rien et qui a tous les droits ».
Par ailleurs l’histoire enseigne qu’en général, l’esclave recouvre rarement sa liberté, par la volonté du maître, ou au gré de celui-ci ! L’esclave se libère ou rompt les chaînes de servitude, par la seule force de sa volonté, dans certaines conditions favorables. Il me paraît alors normal et tout naturel, pour revenir au cas mauritanien, que le “haratine -abeid”, pour se libérer, empruntât, lui aussi, cette même voie de rupture; il devra, pour se faire, s’affranchir du lien tribal , psychologique et économique .
J’ai dit s’affranchir du lien tribal car celui-ci participe de l’instrumentalisation du groupe Haratine par le montage, à dessein, d’une « majorité maure », dont les bénéfices et retombées positives reviennent presqu’exclusivement au seul sous- groupe dominant Bidhaan! La tribu, en fait, constitue un carcan subtil qui entretient un semblant de relations affectives inter-membres destiné, en réalité, à maintenir l’esclave dans la dépendance, sentimentalement et socialement .
Autre chaîne dont il faudrait se défaire: ce mensonge « religieux », grossier, déliberement entretenu par le maître, afin de renforcer la dépendance psychologique de l’esclave, qui stipule que “ne pas obeir à la volonté du maître conduirait au purgatoire”; que le maître serait celui- là, seul , capable de lui garantir le paradis, chose au dessus du pouvoir même des prophètes ! Enfin dernière dépendance à briser, et non des moindres, la dépendance économique; “l’autonomie économique” de l’esclave vis-à-vis du maître est indispensable pour sa véritable libération.
Il est heureux de constater que ce processus est dejà en marche en milieu urbain, forcé par les sécheresses des années 70; à ce niveau les Haratines qui vivent en milieu urbain ont un rôle majeur à jouer, dans le réveil de la multitude, encore endormie dans le fin fond du pays ! Rompre donc, en conclusion, les chaînes tribale, psychologique et économique , afin d’accéder à l’affranchissement définitif et irréversible, telle me paraît être la seule voie qui puisse mener vers la liberté .
Mais attention à ne pas tomber dans l’illusion que cette liberté, une fois conquise, conduirait automatiquement à l’émancipation du haratine et surtout à sa pleine citoyenneté; il en faudrait beaucoup plus ! Tant que demeurera le racisme anti-Noir il serait illusoire de nourrir un tel espoir . Sans l’élimination de la discrimination raciale, érigée en Système, contre les Négro -mauritaniens ( Haratines et Négro- africains ), les Haratines, en se libérant de l’esclavage, changeraient, simplement, de type de « ghetto » ; ils auront quitté le “ghetto” de l’esclavage pour retomber dans celui du racisme, ni plus ni moins !
Voilà pourquoi ils devront comprendre que la voie la plus courte pour leur libération et émancipation totale passe, nécessairement, par la fin du racisme d’Etat . Voie toute politique, on en convient ! Cette approche, on le voit, milite, par voie de conséquence, si tant est qu’elle est bien comprise, pour un changement dans la stratégie actuelle, adoptée jusqu’ici par certains leaders Haratines, axée essentiellement sur la dimension exclusive « droits de l’homme», qui se mène comme en vase clos !
L’engagement politique militant est nécessaire, qui prendrait en charge toutes les dimensions de la lutte devant mettre fin à l’esclavage … Ici se situe mon incompréhension à voir certains militants activistes de cette cause, se tenir en marge des chapelles politiques, comme par évitement, alors que les choses restent fortement imbriquées ! Bien entendu cet « engagement politique » ne se fera pas sans un choix difficile, voire douloureux !
En effet cet engagement politique et militant suppose, au préalable, une clarification sur « l’identité des Haratines » ! Qui sont -ils ? Négro-africains ? Arabo-berbéres ? Une entité spéciale à part ? ou encore juste une classe sociale tout court ? Il leur appartiendra de se définir, de déterminer leur identité ou ce qu’ils souhaitent devenir. Alors seulement se dégagerait une stratégie claire et adaptée, pour leur libération et émancipation ! Nous avons dit que ces choix ne seront pas sans douleur, ni sans passion et sans heurts, car le front Haratine n’est plus ce qu’il paraît , c’est- à -dire uni .
J’ai encore en mémoire certains propos de leaders Haratines, teintés d’une sorte de dilemme douloureux qui définit le Hartaani comme objet d’un double rejet, coincé entre « le mépris des uns et l’esclavage des autres », coincé entre« un déni de statut dans un cas, et un déni d’humanité dans l’autre », pour emprunter cette formule à quelqu’un. J’avoue pour ma part ne pas bien comprendre ce dilemme, fondé sur des termes aux effets négatifs certains , mais dont les préjudices moraux et sociaux respectifs sont sans commune mesure, l’un de l’autre !
J’ai aussi entendu parler d’une certaine terminologie, comme de « Hartaani arabe», assumée de surcroît , que je trouve doublement absurde . En s’identifiant au maître, l’esclave, quelque part, ne retardait-il pas ou pire, n’hypothéquait-il pas par là même, les chances mêmes de sa libération? En second lieu, il m’avait toujours semblé que, biologiquement, l’Arabe était de race sémitique et le Hartaani nègre! Hartaani arabe(1) ? Peulh arabe ? ces notions étaient pour moi un non sens, et cachaient une vaste tromperie ! J’affirme qu’il est faux de prétendre que le Hartaani « est essentiellement de culture arabe ».
Le fond culturel du Hartaani est nègre, encore une fois, fait de vestiges sur lesquels se sont déposés, progressivement, des éléments de culture arabe. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’habitat du Hartaani, d’observer son pas de danse rythmé par la “Taballa”, ses cérémonies festives qui rappellent étrangement celles de fin des travaux champêtres, cette manière bruyante et joyeuse de s’éclater, toute sédentaire, ces coeurs de l’Est qui vibraient au moindre grincement des cordes « noires » de Banzouman Sissoko, et j’en passe…
Ce sont là, sans aucun doute, des débris de culture négro- africaine, ensevelie sous le limon de l’apport arabo-berbère . Le Hartaani est donc de culture hybride ; il n’est pas culturellement arabe mais « linguistiquement » arabe, comme le soutenait à juste titre quelqu’un, récemment à Flamnet. Et la nuance est de taille ! Ce fond culturel nègre est si présent chez le Hartaani, que l’intégration des Haratines en milieu négro- africain ne posait pas de problème.
Cela est prouvé au Sénégal voisin, et cela a également été prouvé dans la région duTooro où les évènements de 86 /89 ont révélé des groupes entiers insoupçonnés de Haratines qui s’étaient complétement fondus dans les populations Négro-africaines locales ; ces « Hartaanis assimilés » , se sont vus forcés de se démarquer, de s’expurger des villages sur exigence de l’Armée , afin d’éviter de se faire réprimer ou déporter .
Si l’intégration a pu être ainsi possible et même aisée dans ces milieux, c’est bien parce que le fond culturel nègre était là, enfoui dans leur inconscient collectif, qui ne demandait peut-être qu’à revivre !. Alors, Hartaanis arabes ? Hartaanis nègres , ou « awlad hartaani » tout court ? Quand le choix sera fait, les leaders du mouvement se devront alors d’identifier le camp des forces-partenaires ou des alliés naturels .
Il est à penser qu’ils se rangeront au coté de ceux avec qui ils partageaient cette commune discrimination profonde, cette commune oppression subie, cette commune exclusion imposée, côtoyant les forces avec lesquelles ils partageaient aussi, « cette communauté de résistance continue et de lutte opiniâtre pour la liberté et l’indomptable esperance » , pour citer Césaire.
Alliance du camp des opprimés dans leur marche pour l’émancipation et la conquête d’une pleine citoyenneté , non pas pour opprimer, à leur tour, qui que ce soit, mais pour jeter les bases d’un Etat de droit , respectueux de la dignité des uns et des autres, sans distinguo. Une nation ne peut pas vivre moitié libre, moitié esclave, disait A Lincoln. J’ai déjà dit que ces choix ne seraient pas sans passion, ni sans heurts.
De jeunes loups émergeaient enfin, au discours controversé, et dont la virulence du propos dérange les cercles du pouvoir, agace les figures de proue du mouvement . Entre autres, Biram Ould Dah Ould Abeid – sorte de Malcom X des Haratines -.Ould Abeid qui se voit accusé de précipiter la violence alors qu’il est, lui même, la victime première de cette violence exercée par ceux- là mêmes qui l’accablent aujourd’hui, et pourtant le condamnent à l’inhumaine indignité de l’esclavage !
Ould Abeid fait face, présentement, à la même situation qu’avait vécue Martin Luther King Junior, auprès des Blancs du Sud ( Etats-Unis), pendant les campagnes chaudes du “Civil rights movement”. Je crois que Ould Abeid, tout comme Samory ( en plus timide ), tente d’une certaine manière, de s’inspirer de la méthode et des justifications du Dr King.
King rappelait, à travers une lettre écrite à partir de sa cellule de prison àBirmingham, la nécessité de ‘créer la tension’, seule façon, disait -il, « d’amener en surface l’injustice vécue par les négros, et d’aider les honnêtes gens à se hisser au dessus de l’esclavage et du racisme, et à tendre vers la fraternité ».
Une différence essentielle toutefois entre les deux hommes, King, lui , bénéficia d’une complicité interne de taille à la maison blanche, en la personne de Lyndon B Johnson qui incita au jeu de rôle « inside-outside »(2) ; circonstance favorable très éloigné de Ould Abeid, quand on sait que le « Président des pauvres » tergiversait et hésitait encore à s’attaquer aux problèmes de fond , en s’offrant quelque diversion ! King , songeur , soulignait par ailleurs sa déception à l’endroit « des Whites moderate »( Blancs modérés ) qui restaient plus dévoués à l’ordre qu’à la justice ; qui préferaient la paix négative -qui est absence de tension -, à la paix positive -ou présence de justice.
Whites moderate qui, constamment, vous disent, ajoutait -il,« je suis d’accord avec vous sur vos objectifs, mais je ne puis être d’accord avec vos méthodes » ! Ces « whites moderate » sont symbolisés, chez nous, par Ould Nany et ce type de professeurs à l’image des Ould Bilal, Ould Maouloud et consort et qui sont légion …Miské , Yehdih Bredeleil , Babaha, Mohameden Ould Babah symbolisaient le KKK! Daddah et Jemil, eux, avancaient, masqués ,mais non loin des seconds.
Ould Abeid, Samory, et tous ces jeunes loups, se devraient, je crois , de méditer cette maxime de Césaire , « une révolte qui n’est que révolte conduit à une impasse historique » ! Hartaanis arabes, Hartaanis-négro-africains ou « awlad Hartaani » tout court ? La problématique est posée, qu’il appartiendra aux haratines de trancher !
Bara Ba
Militant FLAM
Dakar, Sénégal
Le 30 Mars 2010
Site: www.flamnet.info
Notes :
1) Certains esprit retors se plaisent à arguer que « tous les Haratines ne sont pas noirs, et que tous les Bidhaans ne sont pas blancs » !…
Nous fondons nos assertions sur l’immense majorité, et n’avons que faire de quelques rares cas d’exception isolés ! Aussi, ces quelques Bidhaans qui sont noirs de peau, se sentaient-ils ou se considéraient-ils dans leur tête , comme Noirs ? certainement pas !
2) « role inside -outside » Le Président Johnson s’était entendu secrétement avec M L King dans la distribution des rôles : King devait agiter le système de l’extérieur en lui donnant le prétexte d’apporter les changements de l’intérieur!
Pourquoi les Haratine refusent de s’identifier aux maîtres
Un héritage trop lourd pour être effacé
Pendant des siècles, les Haratine ont été réduits à un statut servile au service des tribus beydanes. Leur condition sociale a été façonnée par la dépendance et la subordination. Dans un tel système, s’assimiler aux maîtres aurait signifié accepter une hiérarchie profondément inégalitaire. Le refus de se fondre dans l’ethnie dominante est donc un acte symbolique de rupture avec cet héritage de domination.
Le déni de dignité et de citoyenneté
Même après l’abolition officielle de l’esclavage (1981) et sa criminalisation (2007), les Haratine continuent d’être marginalisés :
• exclus des postes de responsabilité,
• limités dans l’accès à la terre et aux ressources,
• enfermés dans des stéréotypes d’infériorité et de dépendance.
Se dissoudre dans l’ethnie des maîtres reviendrait à accepter un système qui n’a jamais reconnu leur égalité réelle.
Une identité forgée dans la douleur et la lutte
Comme les Afro-Américains aux États-Unis, les Haratine portent une mémoire collective distincte, façonnée par l’expérience de la servitude et de la libération progressive. De cette mémoire est née une conscience politique : celle d’une communauté opprimée qui doit s’affirmer par elle-même et non à travers ses anciens maîtres.
L’instrumentalisation politique des maîtres
Les élites beydanes ont souvent instrumentalisé la question haratine :
• en refusant de reconnaître leur autonomie politique,
• en tentant de les diluer dans une arabité abstraite,
• en entretenant des alliances clientélistes pour perpétuer la dépendance.
Le refus de s’y fondre est une manière de dénoncer cette instrumentalisation et d’affirmer une autonomie politique légitime.
La quête de dignité et de reconnaissance
Les Haratine aspirent à être reconnus comme une composante spécifique de la nation mauritanienne, avec une mémoire et des revendications propres. Cela ne signifie pas un rejet de l’unité nationale, mais un refus de l’effacement identitaire. Leur affirmation de soi est un acte de libération et de justice.
• Amílcar Cabral : « Revendiquer notre identité, c’est refuser de disparaître. »
• Nelson Mandela : « La liberté n’est pas seulement l’absence de chaînes, mais le droit de vivre dans le respect de sa dignité. »
• Messaoud Ould Boulkheir : « Les Haratine ne sont ni des esclaves d’hier, ni des maîtres de demain, mais des citoyens à part entière. »
Le droit universel d’affirmer son identité
Affirmer son identité n’est pas un privilège, mais un droit universel inscrit dans l’histoire et le droit international. Nul État, nulle majorité dominante ne peut imposer une identité contre la volonté d’un groupe.
Dans le monde, les Afro-Américains, les Noirs sud-africains ou les écrivains de la Négritude ont montré que l’égalité commence toujours par l’affirmation de soi. La Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones (2007) et l’UNESCO rappellent que la diversité culturelle et linguistique est un patrimoine commun à protéger.
Une résonance particulière en Mauritanie
Depuis l’indépendance, l’État mauritanien a tenté d’imposer une identité unique, au détriment de la pluralité réelle du pays :
• Les Haratine, héritiers d’une histoire douloureuse, revendiquent le droit de s’affirmer comme une composante spécifique de la nation. Refuser cette auto-identification, c’est prolonger l’assignation à l’invisibilité.
• Les communautés négro-mauritaniennes (Pulaar, Soninké, Wolof) ont elles aussi été victimes d’une arabisation forcée niant leurs langues et leur culture. En 1966, les lycéens noirs protestaient déjà contre l’imposition exclusive de l’arabe dans l’enseignement. En 1989, la crise dite « des événements » révéla une identité nationale fragile, construite sur l’exclusion.
• Même dans les symboles de l’État — hymne, drapeau, billets de banque —, l’effacement de la diversité est manifeste. Une partie du peuple n’y reconnaît ni son histoire ni ses visages.
Identité et République : une question de survie nationale
La République se renforce lorsque chaque citoyen peut dire librement : « Voilà qui je suis », sans craindre la stigmatisation ni le silence imposé. Amílcar Cabral rappelait : « Il n’y a pas de révolution sans culture. » De même, il n’y aura pas de Mauritanie républicaine solide sans reconnaissance et respect des identités réelles qui la composent.
Les Noirs américains n’ont pas affirmé leur différence par rejet gratuit, mais parce qu’ils étaient niés comme égaux. Leur identité fut une stratégie de survie et de dignité. Comme le disait Malcolm X : « Nous ne pouvons pas penser à l’intégration tant que nous ne nous sommes pas d’abord respectés nous-mêmes. »
Conclusion : l’affirmation comme condition de justice
Si les Haratine refusent de se fondre dans l’ethnie des maîtres, c’est parce qu’ils savent qu’il n’y a pas d’égalité sans reconnaissance de leur singularité. Accepter l’assimilation, ce serait accepter de voir leur histoire et leur lutte niées.
L’affirmation haratine n’est pas un facteur de division, mais une condition de dignité, de justice et de démocratie. Une nation ne se construit pas en imposant l’uniformité, mais en garantissant à chacun la liberté d’être soi….wetov
SY MAMADOU





