Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Décès du grand dramaturge Djibril Hamet Ly

altLes arts et lettres mauritaniens sont en deuil. Le Poète et dramaturge mauritanien Djibril Hamet Ly s’est éteint dans la nuit du vendredi 16 octobre 2015 au Canada où il était en mission. Cet ancien inspecteur de l´enseignement et militant des langues nationales fut aussi un grand combattant des libertés.

Membre fondateur des Forces de Libération africaines de Mauritanie(FLAM), Ly fut le premier président élu du mouvement jusqu´à son arrestation en septembre 1986 suite à la publication du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé. Arrêté et condamné à 5 ans de prison ferme, il sera détenu à la prison mouroir de Oualata, en compagnie de Tène Youssouf Guèye et Djigo Tafsirou entre autres.

Natif de Lobbudu (Daarel Barka), Djibril Hamet Ly qui fut aussi la muse de Baaba Maal, est auteur de plusieurs pièces de théâtre dont “L’arbre à la cour criminelle”.  Ly Djibril  s’en va à l’âge de 69 ans. «Notre pays perd une de ses grandes voix, une de ses plus belles plumes, une conscience politique….».

La culture mauritanienne vient de perdre un de ses géants. Le Fouta perd un de ses illustres fils. Inna Lillaahi wa Inna ileyhi raajioune.

 

source: le calame

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Guinée : Alpha Condé réélu président, l’opposition envisage des recours légaux

content_imageLa Commission électorale guinéenne a annoncé, vendredi soir, la réélection du président sortant Alpha Condé, selon des résultats provisoires portant sur 92 % des électeurs inscrits. L’opposition menace des recours et de descendre dans la rue.

 

Le président guinéen sortant Alpha Condé a obtenu la majorité absolue au premier tour de la présidentielle, selon des résultats provisoires, proclamés vendredi 16 octobre par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et contestés par l’opposition, qui envisage recours légaux et manifestations.

 

Selon les derniers résultats provisoires du premier tour, Alpha Condé obtient près de 2,2 millions de voix sur environ 92 % des six millions d’inscrits, un score qui, compte tenu de la participation d’environ 66 %, lui assure une majorité absolue.

 

Seuls restaient à annoncer les résultats de Ratoma, la commune la plus peuplée de Conakry où se trouvent les banlieues favorables à l’opposition, et du consulat de Guinée à New York.

 

« Une farce électorale » selon le chef de l’opposition

 

Le chef de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, crédité d’un peu plus d’un million de voix, arrive loin derrière, mais, distance très largement les six autres candidats. Ce dernier a fustigé une « farce électorale ». « Nous ne pouvons donc pas reconnaître une telle victoire », a-t-il déclaré à l’AFP.

 

Cellou Dalein Diallo a mis en cause les taux de participation d’environ 90 % annoncés dans les bastions électoraux du président sortant, favorisés selon lui par une série de décisions de la commission électorale assouplissant les règles de vote pendant le scrutin, ainsi que des inégalités géographiques dans la distribution des cartes d’électeur.

 

La communauté internationale inquiète des risques de violences post-électorales

 

« Lorsque dans une élection, le président de la [commission électorale] décide que tout détenteur de carte électorale peut voter, avec ou sans enveloppe, en violation du code électoral, une telle décision met en évidence le caractère illégal dans lequel l’élection a eu lieu », a estimé le chef de l’opposition après les derniers résultats.

 

Cellou Dalein Diallo a expliqué qu’un recours devant la Cour constitutionnelle faisait partie des options en discussion. « On se réserve le droit d’utiliser tous les recours légaux, donc y compris les manifestations pacifiques », a-t-il précisé.

 

La communauté internationale et les organisations de défense des droits de l’Homme, inquiètes du risque de violences post-électorales, fréquentes en Guinée, exhortent toutefois les candidats à régler leurs litiges en justice et non dans la rue.

 

Selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et des ONG guinéennes, toutes les contestations doivent être « portées devant la Cour constitutionnelle, seule habilitée à trancher les différends électoraux. Les porter dans la rue ajouterait aux tensions actuelles le risque de nouvelles violences ».

 

Auteur: afp – France 24

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Ces nombrilismes qui risquent d’engloutir le Sénégal.

Un schisme ethnique des plus sournois plane sur le Sénégal. Les signes avant-coureurs de la tempête sociale qui risque d’emporter la fibre nationale dans les décombres de nos égoïsmes morbides sont là, étalés le long des commentaires sous les articles des sites web. Rien qu’en glanant et en compilant quelques unes de ces diatribes à la mode, on risque d’en avoir le cœur chaviré entre dégouts et craintes.

Un listing compulsif de toutes les nominations du Président de la République aux postes civils et militaires est dressé chaque semaine et mis à jour régulièrement pour illustrer la « Poularisation/Toucouleurisation » de l’Etat. Le même exercice avait été mis en œuvre sous  la présidence de WADE de 2009 à 2012 (même si les mémoires sont courtes sous nos minarets). Tout est orchestré pour un clash entre WOLOF et HALPULAAR, le SERERE étant le beau-frère de l’AUTRE……. ou alors son cousin. Anna Sémou et Mansour demeurent des FAYE comme Marème.

 Derrière ces chapelets de conneries égrainés à longueur de commentaires par des idiots tapis dans l’anonymat illusoire de leurs claviers, il est facile de reconnaitre le résultat d’une manipulation très adroite de quelques experts qui jouent avec le feu. Le remix est au goût du jour car on ne se lasse pas de jouer dans l’émotif afin de mieux inhiber la réflexion. A chaque saison politique, on nous rejoue la ritournelle ethnique. Et le Sénégal est un espace très propice aux prédicateurs du culte de Thanatos. La peur du futur incertain pollue notre pensée collective au point de nous faire renoncer à l’A-venir tant redouté.

Au pays de la Téranga, le salut est dans les bondieuseries et les croyances animistes. Seuls les voyants et les sermonneurs sont écoutés et entendus. Tous courent les arènes et les théâtres, à la recherche de la transe libératrice ou de l’éblouissement salvateur dans les spectacles de lutte avec frappes, les concerts religieux, de mbalax ou de Rap. Entre naïveté pathétique et nombrilisme ahurissant, le sénégalais est devenu partisan du trinôme de la fratrie de Thanatos : (Hypnos (le sommeil), Moros (la fatalité), et Kères (les morts violentes), trinité new age qui renforce au quotidien la pulsion vers les tendances destructrices du ciment de la nation.

Voilà pourquoi les qualités et vertus des hommes et des femmes de ce pays se noient dans leurs appartenances ethniques. Bientôt tout haut fonctionnaire devra décliner son obédience confrérique avant sa nomination à tout poste suspecté de stratégique. Le patronyme et l’origine clanique  seront, sous peu, exigés dans les CV, en lieu et place des diplômes, des compétences et des centres d’intérêt.

Et pourtant Cheikh Tidjane mérite bien le poste de Premier Ministre Sous MACKY………..mais sous le prisme de certains, la dynastie FAYSALL ne peut souffrir de l’intrusion des  GADIO après ceux des MAAL.  C’est le prix à payer pour un Sénégal stable à transmettre aux générations futures, qui elles n’oublieront pas qu’un Patronyme n’a pas de terre ou d’ethnie d’appartenance et que la PATRIE est avant tout un droit de sol et de sang.

 

Seneweb

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Le dialogue réflexif

DialogueMalgré un pessimisme jamais dissimulée, j’ai toujours encouragé un dialogue constructif entre les différentes « forces politiques » du pays. La dernière occasion où je me suis exprimé à ce propos, j’avais même dit qu’on était en train de rater le train de l’histoire, et que celui-ci n’a jamais attendu personne.

Pourquoi ce pessimisme récurrent ? La raison en est d’une simplicité élémentaire. Je ne vois pas ce qui peut pousser, objectivement, le Président de la République à faire des concessions significatives à une opposition émiettée et essoufflée.

Au tout début de son second mandat, élu avec un très confortable score dépassant les 82 % des suffrages officiellement exprimés, ‘’dirigeant’’ un parlement dont la chambre basse lui est assurément inféodée, et dont le sénat se mue au fil du temps en Panthéon avec le mérite en moins, ayant une justice qui obtempère au clin d’œil, soutenu par une armée qui marche au pas (jusqu’ici) cadencé, je ne vois pas ce qui peut l’inciter à courber l’échine.

Pourquoi mon attachement au dialogue ? Je considère que c’est une valeur démocratique cardinale. Qu’il est la meilleure approche pour aplanir les différends et bâtir de façon consensuelle et sereine le socle d’un avenir commun meilleur pour toute vie en communauté.

J’avoue que j’ai été très emballé par les récentes tractations pour enclencher une amorce de dialogue politique. Malheureusement, j’ai été contraint de déchanter rapidement. Le Gouvernement n’aurait pas accepté de consigner, par écrit, la teneur des entretiens que ses représentants auraient eu avec ceux de l’une des oppositions. La frange de l’opposition en question, aurait émis un éventail de préalables à réaliser par l’exécutif pour « instaurer un climat de confiance ». Voilà le mot lâché : la confiance n’y est pas. Mais la confiance ne se donne pas, elle se construit, se bâtit, s’acquiert. Naturellement, on  n’y parviendra que si on se mettait autour d’une table pour échanger les points de vue.

Suite à ce regrettable blocage, l’exécutif va prendre l’initiative d’organiser « rencontres consultatives préliminaires au dialogue national inclusif». A cette initiative, l’opposition opposera une fin de non recevoir. Il aurait été préférable, à mon avis, de ne pas adopter la politique « des chaises vides », et de venir faire entendre son point de vue à tous. Le compromis n’est pas synonyme de compromission, et participation n’est pas nécessairement accointances. On peut assister, débattre et rester fidèle à ses opinions et conformes à ses principes.

Les journées de concertations finiront par avoir lieu, sans présence significative de l’opposition, à l’exception de quelques dissidences. Ce qui fera dire à certains observateurs qu’il s’agissait d’un monologue. Elles auraient abouti à des recommandations. Aussi, des missions de haut niveau ont été chargées d’expliquer aux citoyens, sur l’étendue du territoire, les résultats et recommandations des « rencontres consultatives préliminaires au dialogue national inclusif».

J’ai suivi à la radio (du service public) certaines de ces explications à Nouakchott et dans d’autres contrées du pays. Mon étonnement a été à son paroxysme lorsque j’ai constaté que ce qui devait être une incitation à la participation de tous au « dialogue inclusif », s’était transformé en réquisitoire en règle contre « une opposition irresponsable, irrespectueuse de ses engagement (Dakar), ne sachant pas ce qu’elle veut, irréaliste, et dont on n’a pas réellement besoin, forts que nous sommes de nos mandats populaires et de nos grandioses réalisations… ». Ce discours ne m’a semblé aussi fédérateur qu’il était censé l’être, en prélude à un conclave national d’une importance (théoriquement) vitale pour l’avenir de la cohésion nationale. On ne risque pas d’avoir beaucoup de « récalcitrants’ » se bousculer devant les portails du palais des congrès. Au lieu d’être inclusif, le dialogue risque ainsi de demeurer réflexif.

Devant le flou ambiant, d’un côté une opposition aux abonnés absents, et un exécutif auto-suffisant et sûr de ses assises, j’ai déchanté pour penser à mes propres brebis.

Mais voilà que je me réveille ce jeudi 15 octobre 2015, premier jour de l’Hégire, et de surcroît l’anniversaire  de mon cadet, avec une subite et folle envie d’aller au « dialogue national inclusif » prévu un jour quelconque de ce mois d’Octobre.

Après réflexion, je me rends compte que  j’ai plusieurs handicaps :

  • Tout d’abord, mes préalables. Là-bas, il parait qu’ils ont horreur des préalables. Et moi, on doit obligatoirement me donner suffisamment de temps pour exprimer ce que j’ai dans la jugeote. C’est sans concession possible.
  • Je ne représente rien et personne. Pas de tribu, pas de notabilités, absolument rien. Quelques idées éparses et disparates, dans un pays où on vous conseille gentiment de garder vos idées pour vous jusqu’à ce qu’elle vous servent, peut-être, dans l’au-delà. Comme j’apporte donc une valeur ajoutée nulle, mon cas ne s’en trouve pas facilité.
  • Je suis affilié au néant et n’émarge nulle part, auprès de quiconque. Qui va perdre son temps à m’inviter avec un profil pareil ?

Ayant pris conscience de mes faiblesses, à défaut de mieux on fait ce qu’on peut, comme on dit. Je vais donc dialoguer avec moi-même. Ce sera un auto-dialogue. Non pas inclusif, mais réflexif.

Allons-nous trouver un compromis, moi et moi-même ? Rien n’est moins sûr ! C’est tellement brouillé dans ma petite tête. Que faire avec le mouvement Birame le les autres mouvances Haratines? C’est une réalité qu’il faut inéluctablement prendre en compte. Que dire aux Flam, TPMN et autres mauritaniens qui se sentent victimes de discriminations raciales, économiques et /ou sociales ? Comment satisfaire les forgerons qui se sentent, eux aussi, lésés et marginalisés ?

Comment consoler les griots pour leur trouver la place qui leur sied dans ces ‘’Mauritanies’’ nouvelles ?

Comment rassurer les victimes de la Dengue qu’ils n’en seront jamais plus dingues ? Que dire aux éleveurs dont le bétail connait actuellement, suite à la fièvre de la vallée du Rift, des avortements en série ? Quelle date d’ouverture des écoles donner au personnel, aux élèves, et à leurs inopérantes associations parentales ?

Comment convaincre les jeunes qu’un conseil supérieur, avec un exécutif pourra leur assurer de bonnes qualifications professionnelles et leur procurer des emplois stables et équitablement rémunérés ?

Comment faire comprendre aux « noiretaniens » ( je n’ai pas inventé ce mot ) et aux ‘’mauretaniens »  ( je ne l’ai pas non plus imaginé) qu’il y a de la place dans tout œil pour son blanc et son noir, et qu’ils ne marchent qu’en symbiose ?

Vais-je trouver les mots qu’il faut pour expliquer que la Mauritanie est immensément riche, qu’elle est sous-peuplée et qu’il y a de la place pour toutes ses filles et tous ses fils ?

Réussirai-je à faire passer le message que le pays au million de poètes s’est transformé, bêtement, en pays aux millions de politicards. On a certes besoin de gens qui font la politique ( la vraie), mais nous avons besoin d’autres, plus nombreux, compétents et consciencieux pour faire l’Etat. Ce dernier n’est pas que politique, partisanerie, ou courtisanerie : il est sécurité, économie, éducation, santé, culture, sports, infrastructures, aménagement du territoire, planification, urbanisation, assainissement, théologie, écologie, industrie, recherches, prospectives, analyses, critiques, autocritiques, sanctions, récompenses, mérite, égalité, justice, etc..

Il n’est pas, non plus, la phraséologie élogieuse, les satisfactions pompeuses, les descriptions idylliques, les images paradisiaques et fantasmagoriques. La réalité est plus probante que les rêves éveillés.

Si je ne venais pas baragouiner au dialogue, vous- voilà, au moins, sensibilisés, et suffisamment je l’espère.

Vos enfants ont leur avenir ici, dans cette Mauritanie, au sein de laquelle nous devons nous résigner à vivre ensemble. Il vous revient d’assumer cette responsabilité. Que vous le veuillez ou non, elle est la vôtre.

Debellahi

 

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Madame Lalla Aïcha Ouedraogo, présidente du Comité de solidarité avec les victimes de violations des droits de l’Homme :

alt‘’Je suis indignée qu’au 21e  siècle, dans un pays qui se veut démocratique et se réclame d’Etat de droit, on arrête des personnes pour  leur opinion’’

Le Calame : A l’occasion de la fête de l’Aïd El Adha, le président de la République a accordé sa grâce à un certain nombre de détenus. Biram Dah ould Abeïd et  ses codétenus n’en ont pas  profité.  Cela vous surprend-il ?

Lalla Aïcha Ouedraogo : Je suis plutôt indignée qu’au 21e  siècle, dans un pays qui se veut démocratique et se réclame d’Etat de droit, on arrête des personnes pour  leur opinion. A mon avis, Biram et ses compagnons sont des prisonniers d’opinion. Le président de la République aurait pu profiter de cette grâce pour les libérer. Ils doivent l’être. J’en profite pour lancer un appel à la solidarité, afin que Biram soit transféré à Nouakchott et y être soigné, comme son médecin le demande.

– Au cours d’un point de presse tenu, jeudi dernier,  par  une délégation de la  Confédération Syndicale Internationale (CSI), point de presse auquel vous assistiez, le chef de celle-ci a affirmé que le la place du président Biram n’est pas en prison, il doit recouvrer sa liberté et exprimer librement son opinion. Partagez-vous son avis ?

– Oui,  je le partage largement. Biram et ses compagnons sont des militants anti-esclavagistes qui combattent les inégalités sociales, pour l’avènement d’une société égalitaire où toute personne jouit de sa liberté et de ses droits fondamentaux, tels que consacrés par le Droit international et les lois nationales, comme la Constitution mauritanienne.

– Le chef de la délégation de la CSI  a déploré le traitement dont sont victimes des travailleuses mauritaniennes en Arabie saoudite. Il a exigé, non seulement, leur rapatriement et leur indemnisation mais, aussi, la fermeture des bureaux de recrutement. Que font vos organisations  pour faire évoluer ce dossier ?

– Ce qui se passe actuellement en Mauritanie, à ce propos, est cruel et dépasse l’entendement. C’est une véritable traite de la personne humaine, de l’esclavage moderne. Ce qui est étrange – inacceptable, même – c’est que ce commerce de jeunes femmes se déroule sous l’œil indifférent des autorités  mauritaniennes qui n’ont pas encore pris de mesures radicales, pour y mettre fin. Les  responsables des réseaux qui l’organisent ne sont pas inquiétés. Ils sont même protégés, chapeautés qu’ils sont par ue certaine classe bourgeoise et diverses familles de notabilités.

Nos organisations de défense des droits humains  suivent les dossiers qui nous parviennent. Nous recevons les plaintes des familles, parfois même des victimes qui nous appellent d’Arabie saoudite, nous avons ouvert des unités d’écoute en nos différents sièges. Nous les aidons dans la constitution des dossiers juridiques et apportons notre appui, pour une prise en charge psychologique et sanitaire adéquate.

– Qu’il y a-t-il lieu de faire, de façon urgente ?

– En un, les autorités mauritaniennes devraient, dans le cadre d’un plan coordonné et concerté entre les différents départements concernés – à savoir : les ministères de l’Intérieur, de la Justice, des Affaires sociales, des Affaires étrangères, de la Fonction publique et du Travail – procéder à la fermeture des agences de voyage qui s’adonnent à ce genre de pratiques illégales qu’il faut interdire fermement ; arrêter et traduire en justice les intermédiaires des réseaux mafieux qui organisent le trafic ; recenser les femmes parties travailler en Arabie saoudite ; rapatrier celles qui le désirent ; permettre, à ceux ou celles qui veulent aller travailler en Arabie saoudite, de profiter de l’opportunité, en  formalisant, organisant et encadrant le circuit, de telle sorte que les droits des travailleurs soient protégés et garanties, les conditions de travail libre et décent ; mettre en place un programme de réinsertion et d’indemnisation des victimes ; et conduire, enfin, en collaboration avec la Société civile, une campagne de sensibilisation des populations sur le danger, en l’absence de contrat formel préalable, de travail forcé, assimilable à de l’esclavage moderne.

– Tout en saluant les efforts du gouvernement,  pour  éradiquer toutes les formes d’esclavage, le responsable de la CSI a réclamé une plus « grande implication des bénéficiaires »  dans les actions de Tadaamoun. Partagez-vous  cette préoccupation ?

– C’est même ma conviction. Gandhi avait l’habitude de dire : « Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, vous le faites contre moi ». Il est par ailleurs reconnu que l’échec des projets humanitaires et de développement provient, en partie, de la manière dont les décisions sont prises. Les coordonateurs et donateurs de projets ont tendance à penser et à décider à la place des populations-cibles,  sans se référer à leurs avis. Tenues à l’écart dans la prise de décision, celles-ci ne se sentent pas parties prenantes. Pour qu’une personne ou un groupe de personnes s’intéresse à une activité, il faut, nécessairement, l’associer à l’identification des besoins, à la détermination des priorités, à la recherche des solutions et à la prise de décision.

 – Le FNDU et la CUPAD ont décidé de ne pas participer aux journées préliminaires de concertation pour  un dialogue national inclusif. Le pouvoir  poursuit, malgré tout, son agenda : des missions de sensibilisations sont dépêchées à l’intérieur du pays et le « dialogue » pourrait se tenir vers le 10 Octobre. Mais quelle portée pourrait avoir cette discussion, sans les deux principaux  pôles  de l’opposition ?

– De mon point de vue, le seul dialogue qui puisse avoir une portée politique, sociale et économique, favorable au développement durable du pays, dans la paix et la cohésion sociale, est celui qui réunira toutes les composantes de ce pays (majorité au pouvoir, opposition, personnalités indépendantes, société civile, femmes, jeunes, personnes vivant avec un handicap, etc.), lui donnant, ainsi, un caractère réellement inclusif. Tout autre ne peut être que parcellaire, fragmenté, sans grand intérêt ni enjeu : nous en avons déjà fait l’expérience avec le dialogue passé.

– Pensez-vous  que le dialogue annoncé puisse « régler les problèmes du pays » ? Sinon, que faudrait-il faire pour  rapprocher les deux camps ?

– Avec la tournure qu’il prend, non. Dans sa forme actuelle, il ne fera qu’exacerber les contradictions.

Il faudrait, pour bien faire, en confier la préparation à un comité composé de personnalités mauritaniennes de consensus, connues pour leur sérieux, honnêteté, impartialité et uniquement mues par le souci de sauver la Nation, dans sa diversité ; et lui donner toutes les prérogatives de préparer les parties et de diriger un  dialogue franc, dans un esprit d’ouverture, de tolérance et de franchise, loin de toute adversité et animosité.

– Il y a quelques jours, Mooyto Kota a tenu une réunion pour sortir de l’oubli et bénéficier de leurs droits, comme d’autres victimes et rescapés des évènements  de 89/91. Les membres de ce groupe ont déploré le silence des ONG sur leur sort. Que pensez-vous  de  ce dossier  et de la clôture par l’Etat de celui du passif humanitaire ?

– J’estime que les Mooyto Kota sont aussi des victimes ; autant que celles des événements de 89/91. Ils ont le droit de réclamer leurs droits et de lutter pour les recouvrer.  Je ne suis pas d’avis,  par contre, que les ONGs de défense des droits humains, en tout cas celles regroupées au sein du  FONADH, se soient tues sur leur sort. Cela dit, le suivi d’un dossier et le résultat qu’on obtient dépend, non seulement, du degré de mobilisation des concernés mais, aussi, de leur engagement. Je les exhorte à bien se mobiliser et réitère notre disponibilité à les accompagner, dans la lutte pour recouvrer leurs droits.

Pour ce qui est du passif humanitaire, je ne pense pas que son dossier puisse être clos par une invocation unilatérale de pardon, fût-elle décidée par la plus haute instance de l’Etat. Les choses sont plus complexes. Il s’agit de violations, graves et massives, de droits humains, qui ont coûté la vie de vaillants fils de notre pays ; violations doublées d’un caractère ethnique et racial. Même si je reste convaincue que ces crimes furent l’œuvre d’une minorité, celle-ci reste toujours protégée, à cette heure encore. C’est seulement par l’avènement d’un élan national d’empathie, de solidarité, de regret et de réprobation de ce qui s’est passé qu’on peut aller vers des solutions justes qui respectent les devoirs de mémoire, de justice et, au bout du compte, de réparation. 

Propos recueillis par Ben Abdalla

le calame

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