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Tintane réserve un accueil officiel au fils du président
Les autorités administratives, communales et de sécurité de Tintane ont réservé ce lundi 21 décembre un accueil de marque au fils du président de la république en visite dans ce chef-lieu de département en sa qualité de président de la fondation Errahma. Parmi les officiels, on signale le hakem de la Mougataa, le maire de la ville, le DREN, le commandant de la brigade de gendarmerie, le commissaire de police et plusieurs autres personnalités du sérail. Il n’a manqué au festif que la prise d’armes. 
Urgent: Le ministère de l’Intérieur livre un récépissé au Parti de l’Alliance Démocratique de Ould Moine
Mourassiloun – Le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation a accordé lundi 21 décembre dernier, pendant les heures de permanence, un récépissé de reconnaissance au projet de parti, tout fraichement déposé de l’Alliance Démocratique, dirigé par le transfuge du RFD, Dr Abderrahmane Ould Moine.
Un temps record pour la reconnaissance d’un parti politique mauritanien, surtout si l’on sait que d’autres formations politiques qui avaient déposées leur projet de parti pour reconnaissance, continuent de s’impatienter sur le sort qui leur sera réservé, si leurs partis seront autorisés ou non.
Ould Moine a claqué la porte du RFD à la suite d’une divergence des points de vue sur le dialogue politique avec le parti d’Ahmed Ould Daddah. Abderrahmane Ould Moine, ex député à l’Assemblée nationale, s’est illustré pendant de la dernière législature par ses joutes oratoires qui ont indisposées plus d’un ministre du gouvernement du Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.
Son ex parti le RFD ainsi que d’autres formations de l’opposition radicale dont l’UFP avaient boycotté de briguer les élections législatives et municipales passées, ouvrant la voie à Tawasoul, qui avait réalisé une forte percée dans le parlement et les conseillers municipaux.
Cridem avec Mourassiloun
Burkina Faso: Affaire Sankara, Blaise Compaoré visé par un mandat d’arrêt international –
Blaise Compaoré Search Blaise Compaoré est visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice Burkinabé dans l’affaire de l’assassinat du président Thomas Sankara, apprend lundi KOACI.COM de sources judiciaires.
L’annonce émane de la défense de la famille deThomas Sankara Search Thomas Sankara alors que le général Gilbert Dienderé, poursuivi dans cette même affaire, a été présenté ce jour au tribunal militaire à Ouagadougou.
Près d’une dizaine de personnes ont été inculpées dans le cadre de l’affaire de Tomas Sankara.
Dienderé, inculpé dans le dossier Sankara pour “attentat”, “assassinat” et “recel de cadavre” a été auditionné. C’est autour de 10 heures que le général détenu depuis deux mois à la Maison d’arrêt et de correction des Armées (MACA), a été conduit devant le tribunal militaire comme constaté sur place par KOACI.COM.
Selon la justice militaire, il s’agit de l’entendre sur le tragique évènement du 15 octobre 1987 qui a conduit à l’assassinat deThomas Sankara Search Thomas Sankara et de 12 de ses compagnons.
En outre, la publication des résultats des tests ADN du présidentThomas Sankara Search Thomas Sankara et de ses 12 compagnons d’infortune, initialement prévus ce lundi 21 décembre 2015 au tribunal militaire de Ouagadougou a été reportée à mercredi.
En rappel, la présumée tombe deThomas Sankara Search Thomas Sankara avait été ouverte le 26 mai pour déterminer, à parti d’analyses, si il s’agit bien de la dépouille ‘Ché africain’’ qui y repose.
Un premier rapport d’examen livré par la justice militaire avait indiqué que le présumé corps de Sankara avait été criblé de balles.
Le présidentBlaise Compaoré Search Blaise Compaoré a par ailleurs été mis en accusation devant la Haute cour de justice pour ‘’haute trahison’’ et ‘’attentat à la Constitution’’.
Blaise Compaoré a été chassé du pouvoir fin octobre 2014 par un coup d’Etat populaire alors qu’il s’apprêtait à modifier la constitution pour se représenter. Il a trouvé refuge en Côte d’Ivoire auprès du régime qualifié de “complice” d’Alassane Ouattara.
Alors qu’une affaire d’écoute impliquant Guillaume Soro, Dienderé et Bassolé indique que le coup d’Etat avorté de septembre dernier visait à remettre son camp au pouvoir, Compaoré était un très proche et compagnon de lutte de l’ancien président Sankara.
Nombreuses sont les thèses qui pointent sa responsabilité directe dans l’assassinat de ce dernier qui permettra à Compaoré de prendre par la suite le pouvoir au Burkina Faso. Certaines vont même jusqu’à affirmer que c’est Compaoré qui aurait lui même exécuté le 15 octobre 1987 sur ordre de la France, son “frère” Sankara.
Reste désormais à savoir si le régime d’Alassane Ouattara, déjà embrouillé avec l’affaire des écoutes, livrera à la justice burkinabé son hôte burkinabé.
koaci.com/
Mauritanie: des migrants dénoncent « humiliation et violation » de leurs droits
ALAKHBAR (Nouakchott)-Des représentants de ressortissants de pays subsahariens, établis en Mauritanie, ont déclaré subir « humiliations et violations de leur droits » en tant que migrants.
Alakhbar a recueilli leurs témoignages lors de la quatrième édition de «Migrant’scène» au lendemain de la Journée internationale des migrants :
Bah Bobo, président de la communauté guinéenne : «Un Guinéen a été arrêté, le 23 novembre dernier, au quartier de la Medina 3 à Nouakchott et reconduit à la frontière pour séjour illégal, alors qu’il restait 3 jours de l’expiration de sont titre de séjour »
Des compatriotes sont reconduits à la frontière alors qu’ils disposent du reçu de dépôt de renouvellement de leur carte de séjour.
Une guinéenne a vu ses habits déchirés lors de son arrestation en novembre dernier au niveau du ‘’Carrefour Polyclinique’’ lors d’un control de titre de séjour»
Mor Kane Ndiaye, vice-président de la Fédération des associations et groupements des Sénégalais en Mauritanie (FAGSEM): «Parfois, des Sénégalais sont arrêtés parce qu’ils ont oublié de circuler avec la carte de séjour. Quand des recomposables de la communauté leur apportent leur titre de séjour au commissariat la police refuse de les libérer prétextant qu’ils étaient en situation irrégulière pendant l’arrestation»
Morufu Akanni, président de la communauté nigériane: «Depuis un an, les ressortissants nigérians sont interdits d’entrer en Mauritanie par Rosso (Sud) y compris nos compatriotes résidant légalement en Mauritanie.
L’absence de système de duplicata de la carte de séjour oblige le migrant à payer encore 30.000 UM, en cas de perte de sa carte».
Pedro Batica Ferreira, président de la communauté Bissau guinéenne : «Des policiers se sont subitement jetés sur moi avant même de demander mes papiers. C’était en février 2015 lors d’un contrôle de titre de séjour. En résistant, ils ont déchiré ma chemise et m’ont conduit au commissariat. J’ai été libéré après trois heures de garde à vue.
À plusieurs reprise la police perquisitionne un domicile et arrête plusieurs ressortissants Bissau guinéens parce qu’elle recherchait une seule personne»
Harroune Ousmane, président de la communauté Sierra Léonaise «L’entrée des Sierra en Mauritanie est interdite. L’ambassade de Mauritanie à Dakar nous demande d’allers à Rosso (frontière terrestre) pour obtenir le visa. Arrivés sur place, on ne nous donne ni visa ni justification Nous avons reçu des ordres.
La police et les banques mauritaniennes ne reconnaissent pas notre carte de refugié délivrée par le HCR. Elles nous exigent la carte de séjour pour circuler ou retirer de l’argent».
Halilou Mahamane président de la communauté nigérienne en Mauritanie : « nous signons des contrats avec des parties mauritaniennes devant le notaire mais en cas de litige la justice mauritanienne ne reconnait pas ces contrats, ce qui nous fais perdre de grosses sommes d’argent».
A relire
Mauritanie: une ONG dénonce des “violations” lors des contrôles de titre de séjour
Mauritanie: plus de 7 mille étrangers, expulsés en 2015
Dr Hussein Dia, psychiatre retraité : « Il y a beaucoup de familles mauritaniennes avec trop de malades mentaux, car les gens se marient entre eux chez nous »
Dr Hussein Dia. Crédit : MLK/Mozaikrim
Docteur Dia. Un nom qui résonne dans la conscience atavique de la plupart des Nouakchott. Premier psychiatre à pratiquer à Nouakchott en 1975, il rentrait alors de ses études médicales à Dakar, où il enchaîne avec des études psychiatriques, de 1963 à 1973. A la fin de ses études, il obtient une bourse de l’OMS, pour un perfectionnement en France de trois années. Des stages dans plusieurs hôpitaux sanctionnent ce cycle académique. A la retraite depuis 11 ans, il revient dans cet entretien sur la genèse de sa discipline en Mauritanie,les écueils rencontrés, la cohabitation parfois difficile avec la médecine traditionnelle, et l’avenir de sa profession.
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Depuis quand peut-on parler d’une médecine psychiatrique en Mauritanie ?
La psychiatrie a commencé dès mon retour des études en novembre 1975. A l’époque j’étais seul, et pour être explicite, même le premier spécialiste de la question. Il n’y avait pas du tout de psychiatrie; les malades étaient pris en charge en majeure partie par les thérapeutes traditionnels, ou envoyés à Dakar; ceux qui avaient plus de moyens continuaient à Rabat, ou en Europe.
Avez-vous été confronté à des difficultés à votre retour, pour la mise en place, et la diffusion de cette discipline ?
Il y a d’abord l’aspect de l’information sur la psychiatrie. Les gens ne savaient pas qu’il existait en Mauritanie un spécialiste. Se faire connaitre par les populations, et reconnaitre par les autorités a pris quelques mois. Durant ces premiers temps, ce sont plus les autorités médicales, qui ont aidé la discipline à émerger. Le directeur de l’hôpital national de l’époque, un collègue, m’a facilité mon installation dans l’enceinte de sa structure, avec ses propres moyens. C’est là que j’ai commencé à travailler. Il y avait un projet de construction d’un service pour malades mentaux; le directeur m’a affecté une zone de l’hôpital où j’ai commencé à prodiguer des consultations.
Les médecins généralistes et les infirmiers, je me rappelle, trouvaient assez incongrue ma présence sur « leurs » lieux. Quand j’allais au service de médecine générale, très souvent le personnel avait une réponse assez laconique, me répétant à l’envie : « Docteur, vous n’avez pas de malades ici ».
Finalement ce qui est arrivé, c’est qu’ils reçoivent une malade qui avait des symptômes particuliers et refusait de s’alimenter. Plusieurs bilans ont été faits, et aucune maladie organique n’a été décelée. Après plusieurs jours hospitalisée sous perfusion, ils font appel à mes services. J’ai accédé à leur demande, mais après l’avoir vue, j’ai demandé à la consulter dans mon local. J’ai demandé aux parents de la malade de m’installer une tente à l’endroit même où se situe la maternité aujourd’hui. C’était une place vide à l’époque. Et là, je l’ai mise sous traitement; au bout de trois jours elle a recommencé à s’alimenter et à parler. C’était un cas compliqué de troubles de la personnalité, une psychose schyzophrénique précisèment.
A partir de là, les gens ont commencé petit à petit à venir me consulter, d’autant que les populations sont assez curieuses de ces débuts. Particulièrement nos concitoyens maures, qui ont une très grande facilité d’adaptation à un contexte neuf. Ils ont appris que ça existait, et ils sont venus : Après avoir traîné des années chez les marabouts, et que la maladie ne disparaissait pas, ou ne s’atténuyait pas, ils sont venus tester cette nouvelle méthodologie scientifique. Les résultats étant relativement positifs, de bouche à oreille, ça s’est répandu assez rapidement. J’ai commencé à hospitaliser sous des tentes de la cour de l’hopital national. L’administration n’était pas contre, mais bon la majorité du personnel médical était composé de français. C’est allé assez vite; en quelques mois j’ai pu hospitaliser parfois jusqu’à 30 malades sous tentes. C’était un véritable campement psychiatrique au milieu de la cour de l’hôpital !
L’hôpital psychiatrique sera construit quand ?
Un pavillon psychiatrique sera achevé en 1978. Nous avons commencé à y hospitaliser quelques malades dans les chambres, tout en gardant parallèlement les tentes à l’hôpital.
Quelle a été la nature de vos relations avec les premiers patients qui venaient à vous ?
Evidemment les populations sont partagées : certains sont passés par ces thérapeutes, et ont eu des résultats parfois positifs mais de manière éphémère, car certaines maladies sont durables, chroniques, et la guérison est très temporaire. Souvent même il n’y a pas de véritable guérison, et ce sont ces personnes frustrées qui sont venues en grand nombre me voir, après 10 ou 20 ans de maladie d’un proche. A cela se sont ajoutés les nouveaux cas psychiatriques. A partir de là je consultais jusqu’à 40 malades quotidiennement. C’était beaucoup.
Est-ce qu’il y a des ponts aujourd’hui entre la médecine psychiatrique moderne, et la thérapie traditionnelle ?
C’est normal que les patients consultent beaucoup traditionnellement; ce n’est pas particulier à la Mauritanie. La difficulté c’est d’arriver à faire la différence entre ceux qui ont une certaine pratique adaptée à la culture mauritanienne, qui arrivent à faire la différence entre les maladies simples, graves, voire mortelles, et ceux qui n’ont pas cette fibre de thérapeutes traditionnels, et qui le font pour des raisons strictement pécuniaires. Ils ont une vision étriquée de la science et de la médecine. Pour eux les maladies psychiques sont des maladies liées aux djinns et esprits. Le prisme de la médecine traditionnelle est donc très variée.
On passe des marabouts informés qui n’hésitent pas à mener leurs patients en soins psychiatriques, à ceux empêtrés dans leur ignorance et qui laissent impuissants, la maladie de leurs patients s’aggraver, leur interdisant même de prendre des médicaments modernes. Ces derniers sont très dangereux. Ils ne savent pas faire la différence entre la science et le traitement traditionnel, qui existe partout dans le monde d’ailleurs. Ces tradtions peuvent être liées à la religion, à des connaissance splus ou moins occultes. Mais il est indispensable de faire la différence entre les maladies graves, chroniques, et qui ne guérissent pas avec des traitement psychologiques simples, parce que le traitement traditionnel c’est un traitement psychothérapeutique en général, or beaucoup de maladies mentales ont des origines biologiques, même organiques. Certaines sont mortelles. L’épilepsie est un de ces cas.
La recherche du savoir, même scientifique est un aspect de l’Islam pourtant…
Bien sûr ! Mais ceci n’est pas seulement propre à la psychatrie. Mais le thérapeute tradtionnel n’ayant pas fait tous les bilans nécesaires, ne connaissant pas toute la médecine, ayant une approche limitée, comme toute personne par ailleurs, il attribue toujours à la sacralité la maladie, et veut la soigner exclusivement par des formules sacrées. C’est toujours bien, quand on est bon croyant de consulter ce type de personnes, mais il y a des maladies organiques. Et notre religion musulmane, ne nous interdit pas, au contraire même, d’approfondir nos connaissances techniques, notre savoir, pour notre usage. Ça fait partie à mes yeux du devoir religieux du musulman, qui doit se dire qu’il n’y a rien en dehors d’Allah, et de sa Création. Tout ce qu’on peut trouver et utiliser dans cette Création, se fait donc sous Son regard, et Ses règles. La science n’est qu’une autre façon de détailler et découvrir Sa création. La science est un don d’Allah donc. C’est une compréhension plus simple et inclusive des choses. Les deux peuvent être associées tant que ça ne nuit pas à la guérison du malade.
On a eu l’exemple de ce type à Gassambery, qui a drainé des foules monstres. Il a émergé d’on ne sait où et prétendait soigner le diabète l’hypertension, et les gens jetaient les traitements suivis pour aller le voir; il y a eu beaucoup de morts. C’est un cas extrême montrant les dangers de ce type de traitement, avec un thérapeute mégalomaniaque et ignorant, prétendant tout soigner, sans ouverture sur la science, et le monde. Ces gens-là font de terribles dégâts.
Qu’est-ce que les autorités peuvent faire pour endiguer ces effets négatifs ?
Le sentiment que j’ai, c’est que les autorités montrent un certain laxisme. Il n’y a pas assez de rigueur pour canaliser ça. Je sais qu’il y a eu une tentative de créer une association de thérapeutes traditionnels; mais je ne la connais pas dans son focntionnement. C’est une bonne chose, mais cette association devrait être contrôlée un minimum. Il faut donner à ses membres les plus compétents, des indications : qu’ils doivent avoir des référents médicaux modernes, et avoir éventuellement des informations plus étendues sur les types de maladies rencontrées. Ce serait le début d’une coopération efficace. L’association contrôlerait ses membres, et interdirait à certains la pratique exclusive de la thérapie traditionnelle; elle ferait sa propre police.
Quelles sont les maladies mentales les plus chroniques en Mauritanie ?
Il n’y a pas eu d’étude scientifique comparative, mais le sentiment général partagé par les spécialistes de la question, est que notre société ayant ses coutumes (mariages consanguins, intertribaux, intercommunautaires…), il y a beaucoup de facteurs génétiques prédisposant une part importante de la population à certaines maladies. Du coup, nous avons un contexte où nous trouvons des familles avec beaucoup de malades.
Au niveau mondial, 1% de la population est schyzophrène, en Mauritanie la comparaison n’a pas été faite. Les troubles bipolaires (dépressions, maniaques- ndlr) me semblent un peu plus fréquents en Mauritanie, que ce que j’ai pu voir en France ou au Sénégal. Maintenant, les maladies les plus fréquentes, statistiquement, certaines études convergent vers le chiffre que 35% de la population mondiale pourrait avoir des troubles psychiques, mais seuls 5% sont vraiment graves, et sont des cas cliniques. Les autres sont des maladies relativement bénignes (anxiété, dépression…).
Objectivement, il ne semble pas y avoir une spécificité mauritanienne de ce point de vue, si ce n’est une pléthore de familles où il y a trop de malades mentaux, car les gens se marient entre eux.
Vous êtes à la retraite depuis 2004. Estimez-vous que la relève est assurée ? Quelle est l’évolution du personnel psychiatrique ces dernières années ?
Aujourd’hui, nous avons 3 psychiatres diplomés actifs (deux autres sont présents mais ne sont pas stables dans leur fonctionnement professionnel- ndlr). Si on compare ce nombre à celui de neurologues par exemple, on en a au moins sept, pareil pour les neurochirurgiens, peut-être même un peu plus, si certains sont en fin de formation. Or ces disciplines n’étaient pas pratiquées jusqu’en 1990 pour la neurologie, et 1998, pour la neurochirurgie en Mauritanie, mais elles ont cru plus vite dans leur personnel spécialisé. La différence est encore plus criante par rapport aux spécialistes de la médecine générale, comme la gynécologie, pédiatrie, gastroentérologie etc. La relève en psychiatrie a donc été très lente; j’ai appris récemment que trois personnes sont en formation à Dakar, et qu’elles devraient être prêtes d’ici deux ans.
Un dernier mot ?
(Il réfléchit longuement) Je disais au tout début de cet entretien que l’administration a été relativement positive à mon égard pour mon installation, mais je pense qu’elle est restée trop figée dans son attitude : c’est plus de la neutralité, qu’une acceptation active de cette nouvelle réalité médicale en Mauritanie. Il a fallu faire l’effort à mon niveau d’inciter des jeunes à faire des études dans cette voie psychiatrique dont les mauritaniens ont besoin. Or c’est à l’état de planifier les besoins médicaux de sa population, et d’en déduire les formations adéquates vers lesquelles pousser une partie de ses étudiants.
J’ai pu former des infirmiers de l’état, comme techniciens supérieurs en santé mentale : il y en a 30 à 35 aujourd’hui; certains se sont perfectionnés au Maroc, quelques-uns en Algérie, et trois promotions formées en Mauritanie même. Ils occupent des postes de responsabilité au niveau des régions. Il y a un manque de planification à ce niveau. C’est dû à une certaine négligence des autorités.
Chaque 10 octobre on inaugure une journée mondiale de la santé mentale, mais c’est assez formel : un laïus dans les locaux d’une administration, et le lendemain on oublie les enjeux de cette journée. Il y a des besoins dans les régions qui ne sont pas couverts : même les infirmiers que l’on avait réussi à placer là-bas ont été utilisés à d’autres fins, dans les soins généraux, certains ont été négligés et se sont orienté vers des activités plus rémunératrices comme ouvrir des dépôts de pharmacie ou prodiguer des consultations personnelles. Espérons que les prochaines générations de psychiatres mauritaniens sauront inciter plus de jeunes à s’orienter vers cette discipline. Le pays en a besoin.
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