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L’islam, ce n’est pas le terrorisme
Rien n’est plus blasphématoire que de crier le nom d’Allah avant de se faire exploser au milieu d’une foule, tuant aveuglément des innocents ! Tuer un homme, au nom de Dieu, est la pire des hérésies. Il ne se passe un seul jour sans qu’il y ait quelque part dans le monde des morts au nom de l’islam. Comment peut-on expliquer, par exemple, la destruction en janvier 2012 par Boko haram, de seize villages, faisant 2 000 morts (jeunes, vieillards, femmes, enfants) et plus de 20 mille déplacés ? Au nom de la foi. Mais Allah n’a dit nulle part aux croyants qu’il faut tuer pour manifester sa foi.
On ne manifeste pas sa foi en tuant, mais en se faisant tuer pour elle. Se faire tuer, non pas au sens d’une attaque-suicide (à la kamikazes), car le Coran condamne clairement le suicide, mais en mettant toute sa vie, tout son savoir et toute sa fortune au service de la bonne foi. Ces «terroristes» qui prétendent faire du djihâd en massacrant des innocents, ne peuvent pas être des musulmans. Ce sont des opportunistes qui se servent du nom Très Haut d’Allah pour accomplir leurs sombres desseins. Satan est leur référence, car Allah, lui, est miséricordieux. Le jour du Jugement, quand ils diront à Dieu : «Nous avons été avec Toi.» Il leur répondra : «Ne vous approchez pas de moi, assassins ! Tuer un homme ce n’est pas défendre la foi, c’est tuer un homme, c’est transgresser.»
En réalité, le musulman, c’est celui-là qui, dès qu’il prononce le nom d’Allah, renonce à tous les maux, aux injures et à la violence, quoique légitimes soient-ils. Quels que soient le degré de corruption et de mécréance d’un homme, s’il n’a tué personne et, tant qu’il ne constituerait pas une menace à la communauté musulmane, il ne faut pas s’attaquer à lui et le tuer. Il faut tenter de sauver son âme. S’il refuse de suivre la voie de Dieu, alors il est recommandé de le laisser en paix aussi longtemps qu’il se tiendra hors d’état de nuire.
A baqarah (La vache) est la sourate du Saint Coran qui renseigne sur le rapport du croyant à «ceux qui ont troqué leur chemin contre l’égarement» (2 :16). Elle enseigne nettement qu’il faut combattre par la dissuasion, sans jamais agresser : «Combattez-les dans le soutien d’Allah ceux qui vous combattent et ne transgressez pas. Certes Allah n’aime pas les transgresseurs» (2 :190). Or ceux qui se livrent au terrorisme en tuant des innocents, transgressent. En bravant ainsi les interdits du Coran aux yeux des musulmans, ces transgresseurs ont jeté l’anathème sur l’islam qui est la religion de l’humanité entière, enseignée par tous les prophètes envoyés par Dieu. En réalité, il ne s’agit pas d’une nouvelle religion, la troisième des trois religions «abrahamiques». L’islam était la religion de Adam, de Abraham, de Moïse et de Jésus (paix sur eux). Peu importe que l’on s’appelle musulman, chrétien, juif ou «animiste», l’essentiel c’est de connaître Dieu et de se soumettre à sa volonté. Et l’islam est, sans doute, la meilleure des voies qui mène à Dieu. C’est une religion qui est riche des enseignements de tous les prophètes, apporte à l’humanité la solution à tous ses problèmes.
Aujourd’hui, cette religion est assimilée, particulièrement en Occident, au terrorisme et le Coran présenté comme un livre de la haine et de la violence. L’Occident a produit tout un univers de diatribes à l’encontre de l’islam et du Saint Coran. Lord Gladstone (1809-1898) qui a été quatre fois Premier ministre britannique, appelait le Coran «an accursed book» («un livre maudit»). Lors d’une session parlementaire en 1868, il déclarait : «So long as there is this book, there will be no peace in the world» («Tant qu’il y a ce livre, il n’aura aucune paix dans le monde»). En 1988, le romancier britannique, Salman Rushdie, publie The Satanic verses (Les Versets sataniques), ouvrage qui reçoit un accueil favorable en Occident, malgré l’indignation qu’il a suscitée dans des communautés musulmanes de certains pays, qui y voient une attaque blasphématoire contre le Coran, Mahomet et la foi islamique. Le 18 octobre 2012 sur la chaîne française Lci, le philosophe français, Michel Onfray, était l’invité de «On n’est pas couché…». Au cours de l’émission, il soutient que «l’islam n’est pas une religion de paix, de tolérance et d’amour». Pour appuyer son propos, Onfray invite à lire la conclusion de la chronique de Hélios de Alexandrie intitulée : L’islam et la sanctification de la violence, publiée le 17 septembre 2012. En voici un extrait : «La violence islamique se distingue nettement des autres violences religieuses par le fait qu’elle ne peut être dissociée de la divinité qui l’ordonne, qui la sacralise et qui en fait la voie la plus sûre du salut. Le jihad est indissociable de la foi en Allah, la terreur est son instrument de conquête privilégié. Le musulman qui s’engage dans le jihad doit tout faire pour instiller la terreur dans le cœur du non-musulman, c’est par la terreur que l’islam conquiert et se répand. […] L’arbre de la terreur et de la tyrannie a été planté il y a quatorze siècles, depuis, l’humanité n’a cessé de récolter ses fruits empoisonnés. Les musulmans sont prisonniers du coran et de la violence dont il est rempli ; ils ne peuvent embrasser sincèrement la paix, la tolérance et le bon voisinage sans renier, en tout ou en partie, leur croyance ; […].» Yves Durand, dans un article publié le 27 novembre 2013, adhère parfaitement à cette idée quand il écrit : «Il faut lire le coran pour comprendre les versets qui appellent à tuer, et comment il faut tuer, en décapitant, et qui il faut tuer, c’est de la pure violence pour effrayer les gens, c’est du terrorisme pure. Prétendre que c’est une religion de paix et d’amour…c’est de l’hypocrisie du diable.» Pour beaucoup d’occidentaux, l’islam n’est pas une religion, mais une dangereuse idéologie au même titre que le communisme et le fascisme, qu’il convient d’éradiquer.
Non, l’islam n’a rien à voir avec la violence, ce n’est pas le terrorisme, bien au contraire. C’est une religion au service exclusif de la paix dans le monde, à travers la promotion des valeurs de l’égalité, de la solidarité et de l’assistance mutuelle. Le djihad ne doit pas être réduit exclusivement au combat armé. Celui-ci n’en est qu’une forme parmi d’autres. Il existe quatre types de djihad en islam : par le cœur, par la langue, par la main et par l’épée. Le djihad ne prend la forme armée que quand des non-musulmans envahissent une terre musulmane, capturent ou emprisonnent un groupe de musulmans. Nous voyons qu’il s’agit là d’une sorte de légitime défense, une résistance naturelle à la domination et à l’oppression, qui n’a rien à voir avec la religion. Le djihad par l’épée est destiné soit pour se défendre soit pour libérer. Par conséquent, il n’est sous-tendu par aucune idéologie ; il est tout simplement réglementé, notamment dans son mode opératoire et en ce qui concerne le traitement des prisonniers. Hocine Kerzazi (doctorant en histoire à l’université de Maine) pense que la lutte armée ne fait même pas partie du djihad : «Nulle part le Coran n’attribue au terme «djihad» le sens de conflit armé, lequel est désigné par l’expression «qital» («combat», «guerre»)», écrit-il dans Le djihadisme n’existe pas en Islam, publié le 6 juillet 2014.
Il ne faut donc pas tomber dans le piège des «mécréants» qui sèment la terreur et la désolation partout dans le monde au nom de l’islam. Ce sont des fanatiques «assoiffés» de sang d’innocents qui ne comprennent pas le Coran et refusent d’agréer les enseignements du prophète. Mouhamed (Psl) interdisait aux soldats de tuer les enfants, les fous, les femmes, les prêtres, les vieillards et les infirmes sauf s’ils ont pris part au combat. On retrouve une interdiction analogue dans une ode du fondateur du «mouridisme», Cheikh Ahmadou Bamba, intitulée Poème de la fin des temps : «Ne tuez jamais un être innocent. C’est une interdiction sans équivoque», écrit-il. En 1886, après la mort de Lat Dior, dans une Sénégambie marquée par le recul de la religiosité et, face à la domination et la violence coloniales françaises, Cheikh Ahmadou Bamba va éditer une ligne de conduite assez particulière pour sauver l’âme et la personnalité des Africains. Il se sentait investi d’une mission, celle de faire de ses contemporains, non par l’épée, mais par la douceur, la dissuasion et l’exemple, les meilleurs musulmans possibles, sans jamais verser une seule goutte de sang. A la forme guerrière du djihad, Serigne Touba préférait la «guerre sainte de l’âme» qu’il considérait comme le «suprême combat». Et dans l’ode intitulée Education des disciples, il écrit : «Quiconque s’applique à la guerre sainte de l’âme sera vainqueur au jour de la résurrection». Aujourd’hui, les mourides du Sénégal sont parmi les musulmans les plus pieux, les plus tolérants, les plus dociles, les plus humbles et les plus rigoureux dans le travail. A travers le mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba a mis à la disposition des hommes les moyens d’améliorer la société et de bâtir le développement dans la paix et le respect des dispositions du Coran et de la Sunna prophétique.
C’est tout à fait inexact de penser que le djihad est indissociable de la terreur. Les musulmans qui maîtrisent le Coran savent que le djihad n’a aucun caractère agressif ou violent. Ceux qui se livrent à la violence aveugle et à la destruction de biens sont des mercenaires au service des «démons» du «Système-Monde» actuel dont l’ambition est de conduire l’humanité à l’abîme, conformément au bon vouloir de Satan le diable. Le terrorisme, sous la forme du «djihadisme» radical, ne relève que du banditisme transnational, organisé et financé par des «bailleurs invisibles» qui sont mus par des raisons politiques, économiques ou idéologiques. C’est une nouvelle forme de poussée impérialiste dont la méthode consiste à semer la terreur partout pour déstabiliser les Etats, dépraver pour affaiblir l’humanité par la promotion des anti-valeurs véhiculés par la «mondialisation», dans le seul but de dominer le monde et de le réorganiser sur la base des principes et règles du capitalisme néolibéral.
Invisibles et très puissants, ces sataniques «maîtres du monde», soi-disant défenseurs d’un «Nouvel ordre mondial» (The new world order ), sont des thuriféraires de Satan dans son eternel combat pour détourner les créatures de la voie indiquée par le Créateur. Ils sont certes puissants, car possesseurs de la bombe H et des missiles de croisière, mais non invincibles. Allah est si puissant qu’il est capable de les anéantir en un clin d’œil. Mais qu’ils cessent de se faire des illusions, car tôt ou tard, la vérité triomphera sur le mensonge. Et ce sera à l’issue d’un «mortal kombat» entre le bien et le mal que la terre sera délivrée de ce fléau qu’est le «terrorisme» religieux qui instrumentalise de soi-disant musulmans pour discréditer l’islam et le Coran.
Mais s’il existe des pays, comme le Sénégal, qui ne peuvent jamais être des terres de prédilection du «djihadisme» à la Boko haram, il est fort évident qu’aucun pays sur terre n’est aujourd’hui à l’abri de la «délinquance transnationale» communément appelée «terrorisme», contre laquelle il est nécessaire de protéger nos jeunes qui représentent des proies faciles à cause de l’ignorance, le manque de formation et surtout d’emplois. A cet effet, il faut leur donner une bonne éducation. Il s’agira d’une éducation à la paix pour la reconversion des cœurs et des esprits que la mondialisation «néolibérale» est en train de corrompre dangereusement. Aujourd’hui, le manque de sérieux et la méchanceté gratuite gagnent du terrain dans toutes les sociétés. Cela s’explique, bien sûr, par le fait, nous l’apprend l’historien tunisien Mohamed Talbi, que l’«homme, par nature, est à la fois sociable et agressif». Il est «Eros» et «Thanatos», nous explique Sigmund Freud, dans Pulsions de vie et pulsions de mort. Par l’éducation à la paix, il est possible de décourager «Thanatos» et d’encourager «Eros». Pour bâtir une paix durable dans le monde, il faut combattre la dépravation des mœurs, limiter les libertés individuelles et lutter efficacement contre l’injustice qui est la mère de toutes les formes de violence.
Moustapha CAMARAProfesseur d’histoire et
de géographie mcamara57@yahoo.fr
lequotidien.sn
L’éditorial du calame: Bonne année pour les autruches?
Il est de coutume, quand une nouvelle année commence, de faire des vœux. Prêtons-nous donc au jeu. Prions pour que 2016 soit meilleure que 2015. Pour que le climat général soit moins morose. Que la situation économique s’améliore. Que les prix du fer et de l’or redressent le nez. Qu’il y ait moins de vols, de viols et de braquages. Que les routes soient moins dangereuses. Que l’agriculture donne, enfin, un riz de bonne qualité. Que l’hivernage soit bon. Qu’il y ait moins de gabegie ou qu’elle soit moins sélective. Que Polyhone Dong plie bagages. Que les sociétés d’Etat soient mieux gérées. Qu’il y ait moins de chômage des jeunes. Que le Trésor public puisse faire face au service de la Dette et aux engagements de l’Etat. Que le Président voyage moins souvent et plus utilement. Que les anciens militaires soient moins présents dans la vie de tous les jours. Qu’on ne parle plus de dialogue ou d’Oum Tounsi. Pour que l’Accord de Dakar soit enfin appliqué. Que l’Assemblée nationale et le Sénat ne se réunissent plus. Que les ministres soient, enfin, des responsables et non plus seulement des exécutants. Que les mairies ne soient plus des coquilles vides. Que la zone franche de Nouadhibou réussisse à attirer des investisseurs. Qu’il n’y ait pas de nouveaux agréments bancaires. Que le fisc arrête de pressurer les sociétés privées au-delà du raisonnable. Que nos structures de santé ne soient plus des mouroirs. Que nos médecins et nos enseignants soient plus consciencieux. Que les rapports de l’IGE et de la Cour des comptes soient suivis d’effets. Que les prévaricateurs ne soient plus réhabilités à la pelle. Qu’il n’y ait plus autant de népotisme et de tribalisme. Qu’il y ait moins de détentions arbitraires et de dénis de justice. Que Biram ould Abeïd et Brahim ould Ramdhane retrouvent la liberté. Que tous les partis politiques soient autorisés. Que l’opposition comprenne, enfin, combien sa démarche sert plus le pouvoir qu’elle ne le dessert. Et l’on pourrait allonger la liste des vœux à l’infini. Tellement de choses clochent, en effet, qu’il serait illusoire de les énumérer une à une.
Aussi bizarre que cela puisse paraitre, nous devons être le seul pays au Monde où les problèmes essentiels sont occultés au profit d’autres totalement inutiles. Au moment où nous éprouvons des problèmes de survie, où tous nos secteurs vitaux battent de l’aile, où nos comptes sont vides, où une minorité pille nos maigres ressources, on continue à débattre d’un hypothétique dialogue avec des questions surréalistes. Avec qui faut-il dialoguer ? Faut-il exiger du pouvoir une réponse écrite à la plateforme de l’opposition ? De quoi faut-il discuter et sous quelle forme ? Une situation kafkaïenne qui en dit long sur nos incertitudes. De quoi discutent les autruches, lorsqu’elles s’enfouissent, de concert, la tête dans le sable ? Figurez, ma chère, qu’hier soir, le Président m’a dit… – Non ? – Si ! Ah, le dialogue inclusif… Et de papotages en coups de pied dans le popotin, les années passent, et leurs bons vœux, comme des rêves…tandis que s’appesantit une menaçante réalité, concoctée, ailleurs, par des prédateurs autrement plus lucides…
Ahmed ould Cheikh
Sécurité : Le département d’Etat américain avertit des risques de voyager en Mauritanie
« Le Département d’État américain avertit les citoyens américains des risques de voyager en Mauritanie » en raison des menaces d’enlèvements perpétrées par des groupes terroristes dont Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi), peut-on lire mercredi sur la liste des pays à risque identifiés par les Usa.
L’avertissement actualisé d’une annonce publiée dans ce sens le 12 mars 2014 atteste également que l’Ambassade américaine à Nouakchott met en garde contre tout voyage qui ne serait indispensable, dans les régions frontalières comme le « Guidimagha, le Hodh El Charghi et Hodh El Gharbi les régions de la Mauritanie du Sud-Est, la moitié orientale de la région Assaba (à l’est de Kiffa), Tidjikja, la moitié orientale de la région Tagant (à l’est de Tidjika), la moitié orientale de la région Adrar (à l’est de chinguetti) et la région Zemmour de la Mauritanie du nord ».
Les Etats-Unis indiquent, par ailleurs, qu’en raison de leur engagement antiterroriste leurs citoyens restent une cible privilégiée et des réseaux de terroristes et leurs affiliés «présents en Mauritanie ».
Dans les conseils aux voyageurs américains, les autorités américaines recommandent également l’extrême vigilance pour les usagers sur les routes mauritaniennes précisant que « les citoyens américains ne devraient se risquer à l’extérieur des zones urbaines à moins de faire parti d’un convoi.
Enfin, l’ambassade américaine propose à ses ressortissants sur le territoire mauritanien de s’inscrire sur le système «STEP» pour rester informer de tout développement sécuritaire dans ce pays hôte.
(https://travel.state.gov/content/passports/en/alertswarnings/mauritania-…)
mauriweb
Un détachement de l’armée mauritanienne à Bangui pour se joindre à la force africaine du maintien de la paix
Le président Mohamed O. Abdel Aziz a salué ce mardi le bataillon de l’armée nationale, 750 hommes au total, devant se rendre en Centrafrique pour intégrer la force africaine de maintien de la paix dans ce pays.
La cérémonie s’est déroulée sur la base du 3ème groupe d’escadron mobile de la gendarmerie nationale dans la moughata de Ouad Naga au Trarza.
Mohamed Ould Abdel Aziz s’est ensuite enquis des équipements et matériels de ce bataillon entraîné et formé dans toutes les disciplines militaires liées à la mission de maintien de la paix.
Il a également suivi un film documentaire sur la formation et l’entrainement de ce bataillon et s’est assuré de son aptitude à s’acquitter de sa mission sur le terrain.
Le Chef de l’Etat a souligné que la réussite des efforts entrepris par l’Etat pour la réussite de cette mission était tributaire de l’engagement et du dévouement des officiers et sous officiers composant ce bataillon dans l’exercice de la mission qui leur est confiée afin de garantir le succès de la participation – pour la première fois – de la Mauritanie dans une force internationale relevant des Nations Unies.
saharamedias
La cérémonie s’est déroulée sur la base du 3ème groupe d’escadron mobile de la gendarmerie nationale dans la moughata de Ouad Naga au Trarza.
Mohamed Ould Abdel Aziz s’est ensuite enquis des équipements et matériels de ce bataillon entraîné et formé dans toutes les disciplines militaires liées à la mission de maintien de la paix.
Il a également suivi un film documentaire sur la formation et l’entrainement de ce bataillon et s’est assuré de son aptitude à s’acquitter de sa mission sur le terrain.
Le Chef de l’Etat a souligné que la réussite des efforts entrepris par l’Etat pour la réussite de cette mission était tributaire de l’engagement et du dévouement des officiers et sous officiers composant ce bataillon dans l’exercice de la mission qui leur est confiée afin de garantir le succès de la participation – pour la première fois – de la Mauritanie dans une force internationale relevant des Nations Unies.
Dossier Sécurité Sahel : 1-Blanchiment de carte / par Ian Mansour de Grange, chercheur associé au LEHRI et au CEROS
Peut-on évoquer la sécurité au Sahel, cette relativement étroite bande traversant le continent africain, entre le 20ème et le 23ème parallèle Nord, en dehors de celle, générale, de ce continent avec ses homologues ? Ou, plus précisément, de cette zone avec ses adjacentes, de la Méditerranée au Golfe de Guinée ? Inscrite, de force, dans le « système-Monde » [1] mis en place par les puissances occidentales depuis quatre cents ans, l’Afrique n’a cessé d’y opposer, dans la plus totale anarchie, tout un enchevêtrement d’« économies-mondes » [2] localisées, contribuant, paradoxalement, à renforcer l’oppression de celui-là. Jusqu’à ce point-limite où les effets pervers d’une telle situation semblent menacer cette domination en ses établissements centraux mêmes. Avec, notamment, les multiples débordements des mouvements migratoires, trafics en tous genres et menées terroristes, diversement provoqués par la paupérisation entretenue du continent.
On en parle d’autant plus – des nuées d’experts et de media sont, désormais journellement, convoquées à cet effet – que les éminents [3] stratèges du Système, grands manipulateurs, s’il en est, des menaces sur leur « ordre », ont enfin décidé l’exploitation de celles des réserves foncières africaines, sur- et souterraines, qu’ils jugeaient, jusqu’ici, peu ou prou rentables. Dont celles, justement, de l’espace saharo-sahélien. Au point même, d’ailleurs, où l’on peut, à bon droit, se demander si lesdits débordements n’ont pas été, sinon commandités, du moins variablement orchestrés, par ces maestro de la programmation. De fait, l’Afrique, traditionnelle banlieue lointaine des civilisations urbaines – Indus, Croissant fertile, Occident – ne fut longtemps exploitée directement, en tant que pourvoyeuse d’énergie (esclaves), de minerais (or) et d’exotisme (ivoire, fruits…) que sur ses côtes, et les cinquante années de la première partie du 20ème siècle d’efforts à s’imposer jusqu’en ses plus profondes entrailles avaient fini de convaincre de la rentabilité supérieure à entretenir, plutôt, des intermédiaires locaux soudoyés, dans le ratissage des matières premières « intérieures ». Une politique « raisonnable », tant que les investissements mobilisés à cette fin le restaient.
Certes, il est très peu probable que la carte suivante [4] ait suffi même à l’ordinaire des discussions de ces états-majors discrets. Nul doute qu’ils n’aient disposé, et depuis belle lurette, d’informations autrement détaillées et précises. Mais elle est, dans son esprit, singulièrement significative des décisions prises à l’orée des indépendances.
Carte blanche pour une zone de non-droit
Une vaste zone de quelque six millions de km² – Sahara pour ses trois-quarts Nord, et Sahel, au Sud – fut ainsi abandonnée à elle-même, en attendant l’inéluctable rentabilisation de son exploitation, du fait de l’épuisement des ressources plus accessibles. Une zone gommée, juste partagée, à la règle – c’est dire toute la désinvolture avec laquelle on traita l’affaire – entre huit Etats – Algérie, Libye, Egypte, Soudan, Tchad, Niger, Mali et Mauritanie – incapables d’en gérer la moindre surface, sinon vaguement, en quelque couloir d’échanges d’autant moins productif que le Système assurait l’hégémonie sans partage du fret maritime. Une situation guère préoccupante, au demeurant, pour ces Etats qui n’ont justement d’existence qu’en ce qu’ils sont rouages de celui-là, mais autrement plus cruciale pour les quelques millions d’autochtones dont l’essentiel des revenus n’avaient cessé, des millénaires durant, de s’appuyer sur le commerce entre les deux rives du Sahara.
Du jour au lendemain, des populations naguère maîtresses de leurs allées et venues – en dépit de l’épisode colonial – se sont retrouvées fracturées en diverses minorités nationales, aux marges obligées d’Etats largement plus tournées vers les rentes tirées du bradage, à moindre prix, des ressources minières de leurs territoires que du bien-être de leurs administrés, ordinairement exclus du pactole. Quarante années durant, les gens ont oscillé entre résignation, en s’initiant à d’autres techniques de survie (agriculture, pastoralisme, pêche), révolte (rébellion touarègue), délinquance (trafics de migrants clandestins, cigarettes, drogue, armes), établissant, en ces situations hors-la-loi, divers arrangements avec de segments de plus en plus conséquents des autorités administratives nationales, en relation plus ou moins directe avec des cartels mafieux internationaux.
Des mondes, parfois objectivement alliables, parfois réputés antagonistes, se sont ainsi imbriqués, aux grès de la survie, l’opportunité, l’avidité ou autre mobile encore moins avouable, dans des proportions d’autant plus grandes et complexes qu’est vaste la zone blanche dont tous tiraient profit, plus souvent hors d’elle, d’ailleurs, qu’à l’intérieur même. Une situation certes à même d’accélérer l’affaiblissement d’Etats déjà fortement entamés par les ajustements structurels imposés par les institutions de Brettons Wood et la généralisation des dessous-de-table, népotismes et détournements des deniers publics. Mais pas assez, cependant, pour imposer une restructuration de cette zone si juteuse dans son non-droit. Deux évènements vont concourir à cette fin pressentie par les stratèges du Système : l’instrumentalisation des contestations sociales centrées sur l’islam, au Maghreb, notamment en Algérie, et l’annonce, fin 2002, par la Banque mondiale, de la « découverte » de gisements phénoménaux d’hydrocarbures aux frontières de divers Etats sahéliens. En moins de cinq ans, la carte blanche retrouve alors des couleurs… (A suivre)
Ian Mansour de Grange
Article réalisé dans le cadre d’un projet éditorial
soutenu par VITA/Afronline (Italie)
associant 25 média indépendants africains
Encadré :
Projet “Media africani per los viluppo dell’Africa ; Piano strategico di informazione su pace e sicurezza ”
La société VITA SOCIETA’ EDITORIALE SPA (forme abrégée VITA SPA), domiciliée à Via dei Missaglia, 89 – 20142 Milan (Italie), a décidé de développer, avec l’appui de la Direzione Generale Mondializzazione e Questioni Globali (DGMO) du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) de l’Italie, un projet d’informations, en partenariat avec vingt-cinq media indépendants africains, autour des trois thèmes suivants : paix et sécurité (dont lutte contre le terrorisme, trafics d’armes et de drogue) ; dialogue interreligieux ; migrations.
Le Calame s’y est engagé. Aussi retrouvera-t-on, de façon récurrente en cette année 2016, ces thèmes développés, dans nos colonnes, sous les formes les plus variées : dossiers de fond, reportages, interviews, tribunes, etc. C’est tout particulièrement sur cette dernière forme que nous interpellons nos lecteurs, en ouvrant trois tribunes libres –paix et sécurité, dialogue interreligieux, migrations – où chacun pourra émettre ses avis, suggestions, critiques ou autres. Merci de nous faire parvenir vos contributions, sous format informatique, aux deux adresses suivantes : aocheikh@gmail.com et manstaw@gmail.com ; en vous efforçant de ne pas dépasser la limite de 5000 caractères (plus ou moins 800 mots) par intervention, à l’exclusion – bien évidemment : nos lecteurs connaissent l’esprit et la ligne éditoriale du Calame – de tout propos injurieux, raciste, belliciste ou autre démesure. Merci, d’avance, de contribuer à faire mieux entendre la voix de l’Afrique et, tout particulièrement, de la Mauritanie musulmane, dans l’effort de paix des hommes et femmes de bonne volonté.
[1] Voir le concept mis à jour par Immanuel Maurice Wallerstein. Par exemple, https://lectures.revues.org/780
[2] Espace économiquement autonome (dans la réalité africaine de ces deux derniers siècles, toujours parasite), un concept élucidé par Fernand Braudel.
[3] Peu ou prou visibles, au demeurant. Nous parlons, ici, du pouvoir « au-dessus » du pouvoir, les quelques consortiums qui détiennent – en très petit comité, quelques centaines de décideurs, peut-être moins – suffisamment de leviers économico-financiers pour imposer la marche à suivre du Système-Monde dont les Etats nationaux, petits ou grands, ne sont que des rouages…
[4] Publiée bien évidemment complète, en 2006, mais on verra, plus loin, que l’intérieur de la partie blanche se résume à ce que j’en ai retenu ici, juste augmenté de la vague délimitation des zones de turbulences touarègues et djihadistes…
le calame



