Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Administration tribale et diversité en question : le cri d’alerte d’Al Housseine Ba

Dans une publication virulente sur Facebook, Al Housseine Ba dénonce la dérive tribaliste de l’administration mauritanienne et appelle l’opposition à aborder les questions de diversité et d’unité nationale dans le dialogue politique.

Dans une récente publication sur Facebook, l’activiste et intellectuel Al Housseine Ba dénonce ce qu’il qualifie de dérive tribale de l’administration mauritanienne. Il interpelle également l’opposition sur la nécessité d’aborder en profondeur les questions de diversité et d’unité nationale dans le cadre du dialogue politique en cours.

Nouakchott – Dans un message direct publié sur les réseaux sociaux, Al Housseine Ba n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive inquiétante de l’État mauritanien vers une administration dominée par les logiques tribales.

« Chazo n’est venu que pour accomplir la mission des autres : créer une administration tribale », écrit-il en référence au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, souvent surnommé « Chazo ». L’auteur accuse le pouvoir en place de renforcer une organisation étatique basée sur les appartenances claniques, au détriment d’une représentation équitable et nationale.

Selon lui, le pays, pourtant officiellement multiethnique, voit son administration se transformer en un système familial et tribal fermé, où les principes de diversité et de méritocratie semblent s’effacer. « Où est l’unité nationale dont parlent les hypocrites ? Où est la diversité ? », interroge-t-il avec virulence.

Ce coup de gueule intervient alors que la classe politique mauritanienne est engagée dans un processus de dialogue, censé apaiser les tensions et poser les bases d’un consensus national. Al Housseine Ba en appelle aux partis d’opposition, les exhortant à aborder « toutes ces questions majeures » dans les négociations en cours, et notamment celles liées à la représentativité, à l’égalité d’accès aux fonctions publiques et à la reconnaissance de la diversité culturelle du pays.

L’intervention de Ba illustre un malaise croissant chez une frange de la population mauritanienne, qui voit dans la concentration du pouvoir et des postes administratifs au sein de certains groupes une menace pour la cohésion nationale.

Un débat relancé sur la nature de l’État

Cette sortie vient raviver le débat, souvent évité, sur les fondements sociaux de l’État mauritanien. Si les Constitutions successives affirment l’unité et la diversité du pays, les critiques sur la tribalisation de l’administration ne sont pas nouvelles. Plusieurs observateurs, nationaux et internationaux, ont déjà souligné les risques d’un tel déséquilibre en matière de gouvernance et de justice sociale.

Vers un dialogue plus inclusif ?

Reste à savoir si les revendications exprimées par des voix comme celle de Ba trouveront un écho dans le cadre des discussions politiques actuelles. Les observateurs attendent des actes forts en matière de réformes structurelles et de promotion de la diversité. L’inclusivité du dialogue, la transparence du processus et la volonté réelle de rompre avec certaines pratiques anciennes seront des indicateurs majeurs du sérieux de l’engagement politique en Mauritanie.

Rédaction Rapide info

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« L’arabisation comme instrument de domination : une lecture critique de l’héritage Daddah »

« L’arabisation comme instrument de domination : une lecture critique de l’héritage Daddah »

1. Moctar Ould Daddah : père de l’indépendance ou architecte de la domination beïdane ?

Dès ses mémoires Contre vents et marées, Daddah décrit un enseignement français qui favorisait les jeunes du Sud, marginalisant les arabophones :

« …les jeunes hassānophones, n’accédant pas à l’école moderne…, ne purent fournir en nombre suffisant les fonctionnaires subalternes dont l’administration française avait besoin. […] Lors de notre accession à l’indépendance, ce déséquilibre culturel… apparut insupportable aux arabophones… Pour ma part, je n’ai pas attendu l’accession à l’indépendance… pour penser que cette réhabilitation était inéluctable. »

Sa position est claire : l’arabe devait être réhabilité en priorité, comblant un déficit culturel créé par le colonialisme. Ce choix servit cependant un projet politique ciblé, favorisant une élite beïdane.

2. L’arabe comme langue identitaire et de civilisation

Daddah insiste sur le rôle symbolique et politique de l’arabe :

« L’arabe constitue l’essence identitaire de la Mauritanie, […] c’est notre langue de civilisation. Il s’agit d’un instrument de cohésion nationale, tandis que le français reste une langue utilitaire… »

Selon lui, l’arabe devait redevenir la langue dominante, non seulement fonctionnelle, mais identitaire, mettant ainsi en place un pilier linguistique de pouvoir.

3. Arabisation = stratagème de pouvoir beïdan

L’arabisation n’était pas un hasard historique : elle répondait à un dessein politique précis. En écartant les langues africaines (Pulaar, Soninké, Wolof, ainsi que les Haratines) de l’administration et de l’école, Daddah a constitué une machinerie hégémonique. L’arabe devint un filtre dans les concours, l’éducation, les recrutements — garantissant la suprématie culturelle de l’élite beïdane.

Aujourd’hui encore, le régime de Ghazouani poursuit ce modèle : les textes officiels sont désormais exclusivement en arabe, renforçant la dépendance des populations non arabophones. Une dynamique permanente d’institutionnalisation et de confiscation identitaire.

4. Une uniformisation identitaire dangereuse

Empêcher les langues africaines d’accéder aux écoles et forums publics, c’est nier la pluralité historique de la Mauritanie : un pont entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe. L’arabisation exclusive ne construit pas l’unité ; elle impose un repli identitaire, occultant l’apport civilisationnel africain.

Cet effacement, ou cette “soudanisation”, fragilise la cité : la diversité n’est ni un obstacle ni un luxe, mais une ressource pour un vivre-ensemble équilibré.

5. Le français comme rempart d’inclusion

En Inde , où l’anglais a été maintenu comme langue du savoir afin d’empêcher l’hindisation culturelle exclusive. De même, officialiser le français, aux côtés de l’arabe, offre une voie de résistance à l’uniformisation. Ce n’est pas la négation de l’arabe, mais la nécessité d’un équilibre multilingue.

6. Le nouvel arsenal répressif : exclusion, uniformisation, impunité

2019 a vu l’institutionnalisation de l’arabisation : les débats nationaux excluent le français, les concours sont publiés uniquement en arabe, et la dissidence linguistique se heurte à la répression. Le contrôle de la langue devient une arme politique.

7. Repenser le contrat national : une refondation nécessaire

Tout projet national qui ne s’attaque pas à ce socle identitaire inégal est voué à l’échec. Il faut engager une refondation :

 • Reconnaître toutes les langues (Pulaar, Wolof, Soninké) dans les écoles, l’administration et le débat public.

 • Maintenir le français comme langue d’histoire, de savoir et de citoyenneté.

 • Introduire l’anglais comme langue d’avenir, instrument de modernité et d’ouverture cosmopolite.

Ainsi, la Mauritanie redeviendra un pont entre cultures, non un monolithe.

Moctar Ould Daddah, en initiant l’arabisation du bled , a posé les bases d’un État mono-identitaire favorisant une élite dominante. Ce projet n’a jamais été achevé, mais poursuivi jusqu’aujourd’hui. Il s’agit moins d’une erreur historique que d’un choix politique délibéré. La refondation du contrat national requiert une relecture honnête de cet héritage, fondée sur l’égalité, la diversité linguistique et la justice.

En refusant l’effacement de la pluralité mauritanienne, on construit une nation plus juste, plus cohérente, à la hauteur de sa riche combinaison de patrimoines culturels…..Wetov

Sy mamadou

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Discours du Président Mamadou Moustapha Bâ

Président du Parti de la Renaissance pour le Vivre Ensemble (PAREN VE)

Assemblée constitutive – 14 juin 2025 – Salle Polyvalente de la CASE

Chers compatriotes, chers camarades, chers frères et sœurs de Mauritanie,

Mesdames et Messieurs,

Lorsque les vents de l’Histoire soufflent, il revient aux consciences éveillées de dresser les voiles. Aujourd’hui, ce 14 juin 2025, est un jour qui, à n’en point douter, s’inscrira dans les annales de la République islamique de Mauritanie comme celui d’un éveil, celui d’un espoir, celui d’un pari collectif sur la dignité, la justice et le vivre ensemble. En ce jour solennel, par la volonté du peuple et la détermination d’hommes et de femmes libres, naît officiellement le PAREN VE, Parti de la Renaissance pour le Vivre Ensemble.

Je me tiens devant vous, non pas en conquérant de pouvoir, mais en serviteur d’un idéal. Cet idéal, c’est celui d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même, fidèle à ses diversités, consciente de ses blessures, mais résolue à marcher vers un avenir partagé. Cet idéal, c’est celui d’un État juste, d’une démocratie forte, d’une gouvernance équitable, où l’égalité des droits ne sera plus un slogan, mais une réalité quotidienne.

Aujourd’hui, dans cette salle  polyvalente symbolique de la Case, où résonnent encore les mots pleins de dignité de notre regretté Kane Hamidou Baba, nous posons un acte historique. Nous fondons le PAREN VE, Parti de la Renaissance pour le Vivre Ensemble, non pas comme un parti de plus, mais comme le cri d’un peuple longtemps réduit au silence, la volonté d’un peuple debout, prêt à reprendre en main son destin. Ce lieu n’a été choisi au hazard mais plutôt honorer et marquer la mémoire de notre regretté Président Docteur Kane Hamidou Baba.

Le président Docteur Kane Hamidou Baba ne nous a pas quittés. Il est là, dans chaque mot de ce discours, dans chaque engagement de ce programme, dans chaque cœur sincère qui refuse de céder au mensonge, à la résignation, à l’oubli.

Son combat pour l’égalité, pour l’unité nationale, pour une Mauritanie plurielle et juste nous inspire encore. Et c’est à lui que je dédie cette renaissance.

Notre pays souffre. Il souffre d’avoir été trahi.

Trahi par des élites qui ont confondu pouvoir et privilège.

Trahi par des institutions qui ont cessé de protéger les faibles pour servir les forts.

Trahi par des pratiques anciennes, le tribalisme politique, la corruption normalisée, l’exclusion programmée, qui freinent toute dynamique de développement.

Comment accepter que dans un pays aussi riche de ses terres, de ses eaux, de ses minerais, des enfants dorment encore le ventre vide ?

Comment tolérer que nos écoles tombent en ruine, que nos hôpitaux soient désertés par les moyens, que notre jeunesse voie son avenir se faner dans l’attente et la frustration ?

Comment continuer à vivre dans une société où la couleur de peau, l’ethnie ou le nom déterminent encore l’accès à l’emploi, à la justice ou à la dignité ?

Notre pays, depuis son indépendance, peine à résoudre une équation simple : comment faire coexister harmonieusement ses différentes composantes nationales ? Comment bâtir une nation sur les ruines des divisions ethniques, tribales, sociales, voire même régionales ? La réponse est connue, mais elle a trop longtemps été ajournée : le vivre ensemble ne se décrète pas, il se construit.

Le PAREN VE naît d’un cri et d’une espérance : le cri des laissés-pour-compte, des humiliés de l’histoire, des voix qu’on a volontairement rendues inaudibles ; et l’espérance d’une génération debout, qui refuse la fatalité de l’exclusion et la répétition des fractures.

Nous ne sommes pas un parti de trop. Nous sommes le parti de la dernière chance pour l’unité nationale. Notre mission est immense : réconcilier la Mauritanie avec toutes ses Mauritanies, faire en sorte que nul ne se sente étranger sur sa propre terre, que nul ne soit suspecté à cause de son nom, de sa langue ou de la couleur de sa peau.

Le mot “renaissance” n’est pas un hasard. Il signifie d’abord recommencement, réinvention, résistance créatrice. Nous assumons le fardeau de l’histoire, mais nous ne nous y résignons pas. Nous portons la responsabilité d’une génération qui refuse de reproduire les erreurs du passé.

Le PAREN VE est un parti de gauche patriotique, profondément ancré dans les valeurs africaines de solidarité, d’hospitalité, et de respect. Mais il est aussi un parti d’action, d’intelligence collective, de modernité. Nous croyons que la politique doit redevenir une pédagogie du service, non un théâtre de l’ambition personnelle. Que l’État est un bien commun, non un butin électoral.

Nous nous engageons pour :

Une justice indépendante et impartiale

Une école publique de qualité et équitable

La promotion de toutes les langues nationales

La reconnaissance des crimes historiques : déportations, purges, exclusions

Une vraie réforme foncière au service des paysans et non des spéculateurs

Une politique étrangère digne, panafricaniste et souveraine

Notre engagement est clair :

Nous mènerons notre combat sans violence, mais avec détermination.

Nous rétablirons la vérité sans haine, mais avec rigueur.

Nous dénoncerons les dérives du système sans complaisance, mais avec foi dans l’intelligence collective.

Notre projet est celui d’une Renaissance mauritanienne. Une renaissance réelle, authentique, profonde.

Une renaissance institutionnelle, qui exige une justice réellement indépendante, une presse libre, une démocratie vivante.

Une renaissance économique, qui met fin au pillage des ressources naturelles, redonne du souffle à l’agriculture, soutient l’initiative privée et assure l’accès équitable à la richesse nationale.

Une renaissance éducative, où l’école forme des citoyens libres, égaux, éveillés.

Une renaissance culturelle, qui assume et valorise toutes les composantes de notre nation : Arabo-berbères,Haratines, (peulhs, soninkés, wolofs, bambaras) et toutes les autres voix qui composent la symphonie mauritanienne.

Mes chers compatriotes,

Il n’y aura pas de paix sans justice.

Il n’y aura pas de développement sans inclusion.

Il n’y aura pas de Mauritanie prospère sans une rupture nette avec les pratiques anciennes et un sursaut collectif pour le respect de tous.

Le PAREN VE est cette alternative.

Un parti populaire, propre, jeune, féminin, divers, engagé.

Un parti de parole et d’action, de mémoire et de projet, d’héritage et de dépassement.

Chers frères, chères sœurs,

Le PAREN VE se veut inclusif et non exclusif, ouvert et non fermé, décentralisé et non centralisé. Ce ne sera pas le parti d’un homme ou d’une région. Ce sera le parti d’un projet collectif, horizontal, consultatif, intergénérationnel et intercommunautaire.

Nous mettrons en place un secrétariat général participatif, un bureau politique représentatif, des coordination régionales autonomes, avec un vrai souci de rotation, de représentativité des femmes et des jeunes. La diaspora, en particulier, aura sa place pleine et entière. Car le combat pour la Mauritanie se joue autant à Nouakchott qu’à Paris, à Rosso qu’à New York.

Nous ferons de la culture politique, de l’éducation citoyenne et du débat public les piliers de notre action. Nous lancerons des universités populaires, des ateliers de formation, des tribunes de vérité partout où des citoyens veulent parler, proposer, bâtir.

À la jeunesse mauritanienne, souvent méprisée, utilisée comme chair à meeting, marginalisée des sphères de décision : votre heure a sonné. Prenez vos responsabilités. Rejoignez le mouvement. Osez penser, contester, rêver. Refusez d’être les spectateurs résignés d’un film que d’autres ont écrit pour vous. Devenez les auteurs de votre propre histoire.

La jeunesse est notre priorité. Nous investirons dans l’école, l’emploi, la culture, l’innovation. Le PAREN VE sera le parti de la jeunesse montante, de la jeunesse réfléchissante, de la jeunesse agissante.

Mes chers compatriotes,

La Mauritanie peut encore se sauver. À condition que nous soyons nombreux à le vouloir. À condition que nous mettions de côté les querelles futiles, les égos surdimensionnés, les calculs de boutique. L’heure est grave. L’heure est belle. L’heure est à la résurrection des consciences.

Que vous soyez Arabo-berbères, Haratines, halpulaar, soninké, wolof, bambara ; que vous soyez de la vallée, du désert ou du littoral ; que vous soyez croyant ou non, intellectuel ou agriculteur, nous avons tous notre place dans ce projet de refondation nationale.

Le PAREN VE vous tend la main.

 S’unir ou périr – vivre ensemble ou mourir séparés

En lançant aujourd’hui ce parti, nous ne faisons pas que la politique, nous écrivons une page d’histoire. Une page que nous voulons lumineuse, juste et fraternelle.

Et comme l’écrivait Aimé Césaire, ce géant de la conscience noire :

> « Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

À vous tous, militants, sympathisants, curieux et observateurs : rallumons ensemble les étoiles de la Mauritanie.

vous, peuples de Mauritanie, du fleuve au désert, du Nord au Sud, de Nouadhibou à Bassiknou, de Kaédi à Atar,

Ce parti est le vôtre. Il n’est pas contre qui que ce soit, il est pour la vérité, la justice, la paix et la dignité.

Vive la Mauritanie une, plurielle et juste.

Vive le PAREN VE !

Et que commence la Renaissance !

Vive la Renaissance !

Vive le Vivre Ensemble !

Vive le PAREN VE !

Et que vive la Mauritanie, debout, digne et unie !

Je vous remercie.

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« Mon devoir de me taire (puis de parler quand c’est trop tard) » : chronique ironique sur Kane Ousmane

Le 13 juin, dans une salle feutrée de Nouakchott, Kane Ousmane Mamoudou, ancien grand commis de l’État, ex-haut responsable international, vient de découvrir un nouveau métier : celui d’opposant… à la retraite.

Avec son ouvrage « Mon devoir de servir », il nous gratifie enfin — après des décennies de loyauté feutrée et de silence stratégique — d’un regard lucide et tranchant sur les dysfonctionnements du système… qu’il a si bien servi.

Quand le silence devient courageux… à la fin

Pendant ses années aux commandes — à la BAD, à la SNIM, à la Banque centrale, au ministère — Kane Ousmane s’est fait un devoir de ne surtout rien dire publiquement de travers. Pas une note dissonante. Pas une critique. Pas un mot sur le passif humanitaire, la langue d’enseignement ou la corruption. À l’époque, l’obsession, c’était l’efficacité technocratique dans le respect de la hiérarchie politique. En clair : faire le job, et surtout ne pas trop penser à haute voix.

Mais voilà qu’après avoir manqué de peu le fauteuil de président de la BAD (que le pouvoir n’a pas soutenu), notre héros découvre soudain la vertu de la parole libre. Il dénonce, il critique, il conseille, il regrette. Il parle même de “nominations de convenance”. Le même système de convenance qui l’a pourtant hissé jusqu’aux sommets de l’appareil d’État.

Ministres à 35 ans ? Mauvaise idée… sauf s’ils me soutiennent Dans une formule magistrale, il lâche :

« Les ministres à 35 ans, ce n’est pas une bonne idée. »

Très juste. Mais où était ce discernement quand des ministres ignares mais bien nés peuplaient les gouvernements auxquels il appartenait ? Où était cette rigueur quand des jeunes bien introduits héritaient de postes dans les banques publiques, les agences de développement et les institutions internationales, pendant que des diplômés compétents erraient sans emploi ? Ah oui, il ne fallait pas déranger la machine.

Aujourd’hui, il plaide pour le mérite. Mais le mérite de parler arrive souvent après l’échec d’une ambition.

Passif humanitaire, langue, corruption : un éclairage soudain…

Kane Ousmane découvre aussi que :

• L’éducation va mal. (Mais qui était là quand on faisait semblant de réformer ?)

• Le débat sur la langue est bloqué. (Mais où était sa voix lorsque l’unilinguisme s’est renforcé au nom de l’unité ?)

• Le passif humanitaire est un frein. (Mais que disait-il quand l’État faisait dans l’oubli organisé ?)

• La corruption est destructrice. (C’est donc maintenant que l’on réalise que la voiture publique est détournée vers le domicile privé ?)

On pourrait presque croire qu’il a lu un rapport d’ONG… ou une chronique écrite par les gens qu’on accusait hier d’être des perturbateurs anti-républicains.

Un legs d’éthique… à géométrie variable

À travers ses mémoires, Kane Ousmane dit vouloir transmettre un héritage d’éthique et de rigueur à la jeunesse. Fort bien. Mais de quelle rigueur parle-t-on ?

• Celle du fonctionnaire compétent qui exécute sans broncher, même quand le politique déraille ?

• Celle du cadre prudent, qui pense dans sa tête mais se tait dans les journaux ?

• Celle de l’ambitieux discret, qui ne se découvre une conscience qu’au moment où les ambitions ne passent plus ?

Le courage politique, ce n’est pas de parler quand on est à la retraite, c’est de prendre position quand on est encore utile, visible, et influent.

Mémoires d’un silence stratégique

Dans le fond, Kane Ousmane est le symbole élégant du haut fonctionnaire mauritanien : compétent, intelligent, loyal… mais terriblement prudent.

Il n’est ni corrompu, ni médiocre. Mais il a été utile au système en gardant le silence quand il fallait parler, et en parlant quand ce silence n’avait plus de prix à payer.

Alors oui, son témoignage est utile. Mais à condition que la jeunesse ne l’imite pas. Qu’elle parle plus tôt. Qu’elle dérange plus fort. Qu’elle serve avec conscience, sans attendre que le fauteuil se vide pour devenir courageuse….wetov

Sy mamadou

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*Naissance d’un espoir : le PAREN VE, un cri pour la justice et le vivre-ensemble en Mauritanie*

Le 14 juin 2025, dans une salle chargée de mémoire et d’émotion, le président Mamadou Moustapha Bâ a officiellement lancé le Parti de la Renaissance pour le Vivre Ensemble (PAREN VE). Un mouvement politique inédit qui se veut l’alternative pour une Mauritanie réconciliée avec son histoire, sa diversité et son avenir. Entre hommage vibrant à Kane Hamidou Baba, dénonciation des injustices structurelles et appel à la jeunesse, ce discours fondateur marque un tournant.

Dans l’atmosphère solennelle de la salle polyvalente de la CASE, symbole de résistance et de mémoire, le président Mamadou Moustapha Bâ a donné naissance au Parti de la Renaissance pour le Vivre Ensemble (PAREN VE). Plus qu’une simple création partisane, l’événement s’est voulu un acte de rupture, une proclamation de foi politique pour une Mauritanie nouvelle : plurielle, juste et rassemblée.

Un parti, un projet, une promesse

« Lorsque les vents de l’Histoire soufflent, il revient aux consciences éveillées de dresser les voiles », déclare le président Bâ en ouverture. D’entrée de jeu, le ton est donné : le PAREN VE ne se positionne pas comme un parti classique, mais comme une réponse à une urgence nationale. Une renaissance. Un réveil.

Ce nouveau mouvement s’ancre dans un contexte politique tendu, où le tribalisme, la corruption, l’exclusion et la confiscation de l’État par une minorité sont dénoncés sans détour. Mamadou Moustapha Bâ fustige « des élites qui ont confondu pouvoir et privilège », des institutions « au service des forts », et une Mauritanie « encore incapable de faire coexister harmonieusement ses composantes nationales ».

Un héritage assumé : hommage à Kane Hamidou Baba

Dans un moment d’intense émotion, le président Bâ rend un hommage appuyé à feu Dr Kane Hamidou Baba. L’homme, figure emblématique de la lutte pour la justice et l’égalité en Mauritanie, plane sur le lancement du parti. « Il est là, dans chaque mot de ce discours, dans chaque cœur sincère », affirme-t-il. Le choix du lieu n’est pas anodin. Il s’agit de « marquer la mémoire » d’un combat inachevé.

Un programme de rupture et d’espérance

Le PAREN VE se veut un parti de gauche patriotique, moderne, panafricaniste, profondément ancré dans les valeurs africaines. Il ambitionne une refondation à tous les niveaux :

*Une justice indépendante*,

*Une école publique équitable,*

*La promotion de toutes les langues nationales,*

*La reconnaissance des crimes historiques (déportations, purges…),*

*Une véritable réforme foncière,*

*Une politique étrangère souveraine et digne.*

Mais au-delà des programmes, c’est l’approche qui frappe : consultative, inclusive, intergénérationnelle et décentralisée. Le parti promet des universités populaires, des ateliers citoyens, un rôle actif pour la diaspora, une parité réelle et une jeunesse au centre du dispositif.

*Un appel à la jeunesse et à toutes les Mauritanies*

Le président Bâ s’adresse longuement à la jeunesse, qu’il exhorte à « refuser d’être les spectateurs résignés d’un film que d’autres ont écrit pour eux ». Il appelle à un sursaut, un engagement collectif, une renaissance des consciences. Dans une envolée lyrique, il martèle : « S’unir ou périr – vivre ensemble ou mourir séparés. »

 *Ecrire une page d’histoire*

Le discours se clôt sur une vision grandiose : faire du PAREN VE le parti de la dernière chance pour l’unité nationale. Il ne s’agit pas simplement de faire de la politique, mais de réparer une nation. Le président Bâ convoque même Aimé Césaire pour l’inspiration : « Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

En somme, le lancement du PAREN VE marque un moment politique fort en Mauritanie. Porté par une parole rare et une vision ambitieuse, ce parti entend redonner voix à ceux que l’histoire a oubliés. Reste à voir si, au-delà des mots, la dynamique militante suivra. Mais une chose est certaine : le 14 juin 2025 entre dans l’histoire.

#senalioune

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